Nicolas Dupont-Aignan sur la réforme des retraites : "Il faudrait insurrection nationale"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Sur la retraite et l'assurance chômage.
Sur la retraite, Emmanuel Macron a laissé entendre qu'il pourrait glisser un projet au sein du PLFSS. Qu'est-ce que vous pensez de la méthode et qu'est-ce que vous pensez du fond de la réforme ?
Emmanuel Macron est un pyromane. Pourquoi ? J'ai toujours pensé que c'était un homme dangereux qui se nourrit du conflit et qui a mis à feu et à sang la France au premier mandat.
Qu'est-ce que vous gêne là ? La méthode ou le fond ?
Les deux. La méthode d'abord. Enfin, pourquoi cette accélération ? On a 3 milliards d'excédents en 2022.
Il n'y a pas d'accélération, il maintient son calendrier promis pendant la campagne.
Aucun partenaire social, même le patronat, n'en veut. Personne. Il y a un excédent de 3 milliards cette année. 3 milliards. Le rapport du corps a été complètement biaisé pour faire plaisir au gouvernement en changeant les données. En changeant les données de productivité. C'est écrit dans toute la presse, vous regardez. On a changé les données. Ils ont changé les données de départ. Et de surcroît, même avec ce changement de données, même avec ce changement de données, on arrive à un déficit supposé, supposé, entre 7 et 20 milliards, ce qui est le prix des fausses cartes vitales. Et on donne 10 milliards à l'Union européenne en pure perte, nette.
Donc ce que je veux dire, c'est qu'on est en train, une nouvelle fois, le gouvernement, sciemment, est en train d'affoler les Français sur les retraites, alors qu'on a un excédent sans précédent en 2022.
Quelle est l'entrée du gouvernement à affoler les Français ?
Obéir à l'Union européenne qui a demandé la réforme des retraites pour que les retraités français souffrent comme les autres. Et je vous le dis, moi je préférerais que le gouvernement fasse des économies sur les gaspillages. Gaspillages. 20 milliards sur les fausses cartes vitales. 20 milliards, c'est plus que le déficit imaginé par le corps, le comité d'orientation des retraites, éventuellement en prenant les pires hypothèses dans 10 ans. Donc déjà il y a un gisement de pétrole là.
– Et le chantier a été engagé là-dessus ?
– Rien du tout, ça traîne, il faut avancer là-dessus. Nous donnons 10 milliards net, plus de 10 milliards net à l'Union européenne en pure perte. 10 milliards. Nous donnons des dizaines de milliards pour l'immigration. Et le président de la République, je sais qu'il n'aime pas les retraités, il les a massacrés au premier mandat, avec la hausse de CSG. Le gouvernement dit, oh c'est la faute des retraités. – Oui, il a voté leur pension de retraite. – Et après les avoir baissés énormément. C'est la faute des retraités, mais c'est honteux.
– Donc vous ne voterez pas cette réforme ?
– Mais je la combattrai s'il le faut dans la rue. Il faudra que les Français, si le président de la République, si le président de la République et le gouvernement, je pèse mes mots, il faudra une inséduction nationale. Et j'attends que tous les parlementaires votent contre, même les LR. Même les LR. Et les LR seront face à leur responsabilité. – Vous avez discuté avec eux ? – Pas encore. Soit ils votent la réforme des retraites et ils seront responsables d'un traumatisme social, soit ils attendent…
– Vous êtes parlementaire, si la représentation nationale vote en texte, que vous n'êtes pas d'accord avec ce texte, vous allez à l'insurrection nationale.
– Il faudra bloquer par tous les moyens.
– C'est fort l'insurrection nationale.
– On ne peut pas accepter, je le poèse mes mots, ce n'est pas possible au moment où la France affronte une crise énergétique majeure, où les Français souffrent, où nos entreprises sont dans des difficultés inouïes, de recrutement, de paiement des factures, d'avoir un président de la République aussi dingue qui lance un brûlot pour faire passer une réforme des retraites à la va-vite alors qu'on a un système excédentaire. Je ne comprends pas, je pèse mes mots, comment cet homme peut encore diriger la France. – Qu'est-ce que vous appelez insurrection nationale, Nicolas Dubé ?
– Mais je dis que si le gouvernement est assez fou pour lancer une réforme des retraites inutile, inutile, non souhaité, non souhaité, autant par le patronat que par les syndicats, je dis que ce gouvernement a perdu la raison et qu'il faudra le renverser. J'espère que la motion de censure sera… – Vous appelez une motion de censure ? – On pourra tout à fait le renverser par une motion de censure et j'espère que les Français se mobiliseront. Je ne souhaite pas en arriver là, mais je le dis très clairement au président de la République, il devient dangereux pour la France.
– Mobiliser par la rue, c'est ce que vous nous dites.
– Il faudra le bloquer par tous les moyens possibles. Mais je préférerais que ce soit par les parlementaires, par la censure et par de nouvelles élections s'il le faut, plutôt que par la rue. Je ne souhaite pas la rue, je ne suis pas révolutionnaire, mais je dis qu'il faut que le président de la République sache…
– Mais vous en appelez la rue quand même.
– Je dis qu'il faut que le président de la République sache que de toutes les gens n'appellent à rien du tout. Je dis que ça finira dans la rue s'il passe en force. Ça finira dans la rue. Et il faut à tout prix, au moment où notre pays affronte tant de difficultés, qu'on soit unis et qu'on essaye de résoudre les problèmes des entreprises, des salariés, plutôt que de mettre la France dans la rue. – Sous-titrage Société Radio-Canada
Nicolas Dupont-Aignan