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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 9 novembre 2021 25 minComplaisantActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiSolidarités & familleNumérique

Prix des produits alimentaires, mesures sanitaires... Le "8h30 franceinfo" d'Alexandre Bompard

Source d'origine 2 locuteurs

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 10 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:36OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous la voyez, vous aussi, dans les rayons de vos super et de vos hypermarchés et dans la consommation de vos clients ?

  • 2:12OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous aussi, vous êtes inquiet pour cette question du portefeuille ?

  • 3:09FerméeRéponse directe

    On est sur combien, par exemple, pour ces deux produits qui sont des produits quotidiens ?

  • 3:49OuverteRéponse directe

    Comment allez-vous faire quand les industriels vont vous demander de payer plus ?

  • 5:58FerméeRéponse directe

    Combien de salariés concernés ?

  • 6:09FerméeRéponse directe

    Ça veut dire 100 euros de la poche de l'État et 100 euros versés par le groupe. C'est ça.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:09PrésentateurChiffre
    « 320 000 salariés dans le monde, 12 000 magasins répartis dans 30 pays. »
  • 0:18PrésentateurChiffre
    « Vous lancez aujourd'hui, et ce sera le dernier chiffre, un plan à 3 milliards d'euros d'investissement pour tenter de concurrencer Amazon. »
  • 0:47InvitéFait
    « On va retrouver fin 2021 le niveau d'avant Covid, avant ce qui avait été anticipé. »
  • 1:32InvitéFait
    « une attention très forte des clients sur les prix, une question, un questionnement, une inquiétude sur le pouvoir d'achat qui est évidemment liée à l'augmentation des dépenses contraintes, hausse de l'énergie, hausse des coûts de transport. »
  • 2:31InvitéFait
    « Mon camarade Michel-Édouard Leclerc, il voit toujours l'inflation à des niveaux records. »
  • 2:46InvitéChiffre
    « Sur l'alimentaire, au jour d'aujourd'hui, depuis le 1er janvier, les prix ont augmenté de moins de 1%. »
  • 3:13InvitéChiffre
    « Entre 5 et 12% sur farine et pâte. »
  • 4:01InvitéFait
    « Moi, j'ai une mission principale, première. C'est le pouvoir d'achat de mes clients. »
  • 4:33InvitéFait
    « nos partenaires traditionnels vont venir nous voir du monde agricole. Là, on va s'attacher à revaloriser les prix, comme on l'a fait les dernières années, sur le laitier ou sur la viande bovine. »
  • 4:57InvitéFait
    « C'est Carrefour qui les fait. Donc, c'est notre essence et notre ADN. »
  • 6:18InvitéChiffre
    « 80 000 salariés vont la toucher chez nous. »
  • 7:41InvitéFait
    « C'est Carrefour qui paye le mieux ses collaborateurs dans notre secteur. »
  • 10:24InvitéFait
    « Cette révolution du digital, ce n'est pas un mot, elle est d'une puissance inouïe. »
  • 10:59InvitéChiffre
    « Ça va représenter au moins 30% la livraison le jour même. »
  • 22:59InvitéPromesse
    « Nous n'aurons aucune pénurie de jouets sur aucune référence à la fin de l'année. »

Temps de parole

  • Invité65 %
  • Présentateur17 %
  • Invité 29 %
  • Invité 37 %

4,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Alexandre Bampard, vous êtes à la tête du groupe Carrefour, c'est l'un des géants européens de la distribution. Je vais donner quelques chiffres et on essaiera de ne pas faire toute l'interview là-dessus. Mais tout de même, 320 000 salariés dans le monde, 12 000 magasins répartis dans 30 pays. En France, vous êtes le deuxième distributeur derrière votre concurrent Leclerc. Vous lancez aujourd'hui, et ce sera le dernier chiffre, un plan à 3 milliards d'euros d'investissement pour tenter de concurrencer Amazon. On va en parler dans quelques instants.

D'abord, si vous voulez bien, la reprise économique, puisque le gouvernement nous annonce des chiffres inédits depuis plus d'un demi-siècle avec une croissance qui devrait dépasser les 6% cette année. Est-ce que vous la voyez, vous aussi, dans les rayons de vos super et de vos hypermarchés et dans la consommation de vos clients ?

0:42
Invité

D'abord, réjouissons-nous. La reprise économique est là. On va retrouver fin 2021 le niveau d'avant Covid, avant ce qui avait été anticipé. Je pense que c'est dû à deux choses. Les entreprises, elles ont tenu partout en France. Et puis, le gouvernement a eu une action très résolue pour tenir pendant cette période. Sur la consommation, on le voit bien partout où nous sommes. Il y a un retour du monde dans les magasins, dans les restaurants. Et puis, il y a une envie un peu particulière qui est, il y a les fêtes de Noël qui arrivent et on a envie qu'elles soient normales. Donc, la consommation participe de ce mouvement-là.

En même temps, ce qu'on voit, nous, qui est très fort, qui est plus subjectif, mais qu'on sent très puissamment, c'est une attention très forte des clients sur les prix, une question, un questionnement, une inquiétude sur le pouvoir d'achat qui est évidemment liée à l'augmentation des dépenses contraintes, hausse de l'énergie, hausse des coûts de transport. Et donc, cette inquiétude de pouvoir d'achat, elle est là. Et donc, vous voyez de plus en plus de clients se serrer la ceinture et faire attention, plutôt privilégier les marques de premier prix ? Oui, ça se traduit notamment par ça.

Il y a une appétence, il y a un besoin d'aller vers les premiers prix, notamment des marques distributeurs. Nous, on a une marque distributeur puissante. Elle est tout particulièrement appréciée. Les formats discount aussi fonctionnent bien. Nous, on en a lancé un qui est très efficace qui s'appelle Supéco. On ressent cette attention, cette pression du pouvoir d'achat dans le comportement de nos clients.

2:12
Présentateur

Votre concurrent, Michel-Édouard Leclerc, dit que l'inflation dans les semaines qui viennent va sans doute aller bien au-delà de celle constatée par l'INSEE depuis plusieurs mois. On est autour de 2%. C'est une moyenne. L'inflation, c'est toujours difficile. Il y a des prix qui explosent, d'autres qui sont plus sages. Est-ce que vous aussi, vous êtes inquiet pour cette question du portefeuille ?

2:27
Invité

Mon camarade Michel-Édouard Leclerc, il voit toujours l'inflation à des niveaux records. Vous vous souvenez, quand il y a eu la loi EGalim, il nous disait que ça allait être 5 à 7%. Elle a été à 0 pendant 5 ans. Donc, il la voit toujours très très très haute. Néanmoins, qu'est-ce qui se passe ? Augmentation des dépenses contraintes de 20% sur les dépenses de l'énergie. Ça, c'est fort et ça pèse sur le pouvoir d'achat des ménages. Sur l'alimentaire, au jour d'aujourd'hui, depuis le 1er janvier, les prix ont augmenté de moins de 1%. Ça, c'est le résultat du travail de tous les distributeurs, pas seulement Carrefour, pour limiter l'inflation sur les prix alimentaires.

À l'intérieur de ça, il y a des augmentations fortes. Il y a des augmentations du prix des pâtes, par exemple, et de la farine, qui viennent des augmentations de matières premières, le blé dur et le blé tendre.

3:09
Présentateur

On est sur combien, par exemple, pour ces deux produits qui sont des produits quotidiens ?

3:13
Invité

Entre 5 et 12% sur farine et pâte. C'est beaucoup, c'est des produits essentiels. Mais au global de tous les produits alimentaires, on est à moins de 1%. Mais, pour répondre à votre question, il y a des inquiétudes sur la suite. Parce qu'on voit bien qu'il y a des tensions sur la production, parce que les chaînes d'approvisionnement sont désorganisées. Et la grande question, bien sûr, pour 2022, c'est qu'est-ce qui va se passer en termes d'inflation ? Comment on va nous répercuter les hausses de prix qui sont demandées par les industriels ? Et donc, le risque d'inflation sur les produits alimentaires, il est sur 2022. Mais à ce jour, sur l'année, on est à moins de 1%.

Alors, justement, comment allez-vous faire quand les industriels vont vous demander de payer plus ? Est-ce que forcément, en rayon, ça sera plus cher ? On va payer plus cher notre paquet de pâtes ? Ou alors, est-ce que vous, vous allez essayer de limiter les prix et donc diminuer vos marges ? Moi, j'ai une mission principale, première. C'est le pouvoir d'achat de mes clients. Ça, tous les patrons de grandes enseignes disent ça.

4:07
Présentateur

Oui, mais c'est notre métier. Et ensuite, les prix sont différents. Vous n'êtes pas l'enseigne la moins chère, par exemple.

4:12
Invité

Moi, c'est mon métier. Mon métier, c'est de préserver le pouvoir d'achat des clients. Donc, je ne peux pas répercuter des hausses comme ça, qui se traduiraient par des tickets de caisse qui s'envoleraient. La manière dont on va essayer de faire ça, c'est en distinguant très clairement deux catégories. Quand les producteurs agricoles vont venir nous voir, les PME vont venir nous voir, nos partenaires traditionnels vont venir nous voir du monde agricole. Là, on va s'attacher à revaloriser les prix, comme on l'a fait les dernières années, sur le laitier ou sur la viande bovine. Donc, on va jouer le jeu des producteurs. Donc, vous allez accepter les augmentations.

On va accepter des hausses qui viennent des éleveurs, des producteurs agricoles. Parce que c'est le lien qu'on a avec eux. On fait un tiers des contrats de filière. Vous savez, ces fameux contrats de filière pluriannuel. C'est Carrefour qui les fait. Donc, c'est notre essence et notre ADN. Donc, eux, vous les soutenez. Eux, on va les soutenir. Et eux, ça augmente. Et eux, ils en ont besoin. Et eux, il y aura des augmentations sur ces prix-là. Après, il y a les industriels. Les industriels vont se présenter avec des hausses. Évidemment, c'est des produits transformés.

Donc, la part du produit agricole à l'intérieur, pour peu qu'il soit français, quelquefois, il n'est même pas français, elle est limitée. Avec cela, on va jouer notre jeu de négociation. On va jouer notre rôle de négociateur pour le client final. Donc, si Red Bull vient me voir en me disant, vous savez, j'ai des fortes augmentations d'intrants, je vais lui dire, écoutez, vous avez 20% de marge, moi j'ai 3%. Il va falloir que vous reniez un tout petit peu sur vos marges, parce que sinon, c'est le consommateur final qui verra l'augmentation.

Quand ils ont eu, les industriels, ce qui était le cas en 2020, des baisses sur les mêmes matières premières qu'aujourd'hui de 20%, ils ne sont pas venus nous voir en nous disant, bonne nouvelle, il y a une baisse sur les prix. Donc là, il va falloir qu'ils fassent un effort, eux aussi, pour limiter les hausses qu'ils demandent, pour éviter que ça se retrouve sur le ticket de caisse du consommateur final.

5:58
Présentateur

Pour faire face, Alexandre, mon part, à l'inflation, Jean Castex a annoncé il y a environ un mois, une indemnité qui sera versée à tous ceux qui en France touchent moins de 2000 euros net, indemnité de 100 euros. Vous avez annoncé, vous, chez Carrefour, que vous souhaitiez la doubler, ça veut dire 100 euros de la poche de l'État et 100 euros versés par le groupe. C'est ça. Combien de salariés concernés ?

6:18
Invité

80 000 salariés vont la toucher chez nous.

6:20
Présentateur

Ça veut dire, je crois qu'il y a 120 000 salariés en France de Carrefour,

6:23
Invité

qui sont ceux qui ne vont pas la toucher. C'est donc, vont la toucher. Alors, pourquoi on l'a fait d'abord très rapidement ? Parce que les salariés de Carrefour, ils sont comme tous les Français, ils ont une augmentation, ils souffrent de l'inflation qui est là, notamment liée au prix à la pompe. Et donc, j'ai décidé de doubler cette prime. Qui va la toucher ? Les 80 000, ce sont essentiellement les employés, tous les employés, les achats de maîtrise et un certain nombre de cadres. Donc, 80 000 de nos collaborateurs... Les intérimaires ? Oui, enfin, c'est principalement ceux qui travaillent en ce moment, qui sont dans nos cadres. Que de la com, disent les syndicats.

C'est que de la com, parce que pour éviter d'augmenter les salaires, vous leur répondez quoi ? Je leur réponds, et ils le savent, il y a deux choses très différentes. Il y a, quand il y a des situations dites d'urgence, vous vous souvenez peut-être qu'au moment du Covid, au moment du démarrage de la crise de Covid, j'avais pris la décision d'octroyer une prime de 1000 euros net à tous ceux qui travaillaient dans les magasins, dans les entrepôts, etc. Ce n'est pas des augmentations de salaires. Première chose. Deuxième exemple, aujourd'hui, les 100 euros. Ça, c'est les décisions exceptionnelles que je prends quand j'estime qu'il y a des décisions, une situation exceptionnelle.

Après, vous avez pleinement raison. Il y a aussi les discussions annuelles sur les éléments salariaux. C'est ces discussions qui ont construit, qui se font sur la base d'un dialogue social, qui ont construit un modèle social qui est le mieux disant du secteur. C'est Carrefour qui paye le mieux ses collaborateurs dans notre secteur. L'année dernière, par exemple, on a versé une prime, une participation et un intéressement de 1200 euros. On a des salaires qui sont versés sur 14 mois. On a une protection sociale qui est plus protectrice qu'ailleurs, plus généreuse qu'ailleurs. Donc, il y a bien deux choses distinctes.

Des décisions et des primes parfois exceptionnelles que je décide quand la situation l'exige. Et puis après, un dialogue social, et ils ont pleinement raison, qui doit se faire de manière normale et qui se traduit par les augmentations, les intéressements, les participations.

8:13
Présentateur

Le PDG du groupe Carrefour, Alexandre Bompard, est notre invité jusqu'à 9h sur France Info. On va parler dans un instant du modèle du supermarché, puisque ça fait des années et des années qu'on nous annonce sa fin. Est-ce qu'on va arrêter bientôt d'aller pousser un caddie le week-end de l'hypermarché avec les enfants qui braillent dans nos pattes ? Dans les pattes, les jambes, pas les pattes dont on parlait tout à l'heure. On parlera aussi du plan que vous présentez aujourd'hui pour tenter de concurrencer le géant américain Amazon. Le fil info tout d'abord à 8h41 avec Mélanie Delonay.

8:40
Invité

98 000 rendez-vous prièrent pour un rappel de vaccin contre le Covid, selon Doctolib, un record avant l'allocution d'Emmanuel Macron. Ce soir à 20h à suivre sur France Info pour parler, entre autres, de la vaccination. La question de conditionner le maintien du pass sanitaire à une troisième dose est abordée en Conseil de défense sanitaire ce matin. Le Danemark, premier pays à adopter le pass sanitaire, vivait depuis deux mois quasiment sans restriction. Mais le pass va y faire son retour à cause d'un regain de l'épidémie. Un téléphone et des écouteurs avec des traces de sang retrouvées en Mayenne où une joggeuse de 17 ans est portée disparue depuis hier soir.

Une centaine de gendarmes ont repris les recherches ce matin dans les bois, appuyés par un hélicoptère. Des tests médicaux au centre de la NASA à Houston, au Texas pour Thomas Pesquet et ses coéquipiers, les quatre astronautes de retour sur Terre pendant la nuit à Mérissage réussie de leurs capsules, après six mois en orbite dans la Station Spatiale Internationale. France Info

9:45
Présentateur

Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel

9:49
Invité

On toujours avec Alexandre Bompard, le PDG du groupe Carrefour. La crise sanitaire récemment, mais surtout un géant comme Amazon a bouleversé notre manière de faire nos achats. Comment ferons-nous nos courses dans cinq ans ? Est-ce que vous le savez, Alexandre Bompard ? Dans cinq ans, je crois que je le sais à peu près. Vous m'auriez dit dix ans, j'étais un peu juste. Alors allons-y dans dix ans. Passons à l'étape d'après. Au fond, dans dix ans, il y aura la même tendance. Qu'est-ce qu'on va voir ? À quoi on assiste ? Cette révolution du digital, ce n'est pas un mot, elle est d'une puissance inouïe.

Elle va modifier tous les secteurs et le secteur de la distribution du commerce en premier lieu. Ça veut dire que le digital sera partout en 2026. Il sera évidemment extraordinairement présent pour nos courses en ligne, le e-commerce, avec comme élément qui l'accompagne, la livraison à domicile qui va se généraliser. La livraison à domicile sera dans tous les foyers et sera de plus en plus court. On le voit bien il y a quelques années. Quand j'étais à la FNAC, on me disait qu'au début, quand on livrait à jour plus deux, c'était une prouesse. Aujourd'hui, de plus en plus, c'est la livraison à domicile. Et c'est la livraison à domicile le jour même qui va se développer.

Ça va représenter au moins 30% la livraison le jour même. Mais ça veut dire quoi ? Qu'il n'y aura plus de grande surface ? On n'ira plus, comme disait Marc tout à l'heure, avec son casier ? Ça, c'est le digital et le e-commerce. Donc livraison quand je veux le plus rapidement possible. Vitesse de livraison. Et puis, en parallèle, les magasins vont changer à cause du digital. On va rendre nos magasins beaucoup plus agréables pour le consommateur grâce au digital. On aura une gestion de notre offre qui sera beaucoup plus personnalisée. On saura dans telle zone de chalandise qu'est-ce qui est priorisé par nos clients. On va mieux gérer nos stocks. On va mieux gérer nos ruptures.

Nos caissiers auront des outils à leur disposition qui permettront une relation plus facile avec le client.

11:39
Présentateur

Ça, ce n'est pas un peu le monde rêvé de la grande surface ? Parce que tout le monde ne prend pas forcément un plaisir immense, même si ça peut être le cas, à aller faire ses courses. Pour vous reposer la question de Salia, est-ce qu'on est sûr ? Est-ce que vous pensez-vous qu'il y aura encore des grandes surfaces dans 10 ans ?

11:53
Invité

Moi, je suis convaincu d'une chose, ça fait bientôt 12 ans que je suis dans ce secteur, c'est que le magasin a un avenir. Et rien depuis 12 ans ne m'a conduit à remettre en cause cette conviction.

12:03
Présentateur

Et est-ce qu'il y aura encore des caissiers et des caissiers à la sortie ? La plupart de vos concurrents Amazon, Monoprix, Auchan testent aujourd'hui des supermarchés sans caissiers, avec des paniers intelligents, on pose dedans, ça calcule tout seul et on paye en carte à la fin. Est-ce qu'il y aura toujours des caissiers dans quelques années ?

12:19
Invité

Je suis convaincu qu'il y aura toujours des magasins. Je suis convaincu que l'expérience en magasin va s'améliorer grâce au digital. Tous les irritants que nous connaissons les uns et les autres quand on va faire nos courses depuis des années sont en train de se régler par le digital. Parce que quand on va mettre de l'intelligence un peu artificielle, pardon, ce n'est pas de la science-fiction, c'est vraiment ce qu'on a aujourd'hui. Quand on va gérer tous les irritants, les ruptures, des stocks, une meilleure relation avec la caissière qui reconnaîtra tout de suite le produit, etc., ça se passera mieux, on aura une expérience utilisateur meilleure.

Et puis pour vous répondre, il y aura de l'humain toujours. Moi, je suis convaincu que l'humain dans les magasins est clé. Ce n'est pas une formule, ce n'est pas du politiquement correct. Une des raisons pour lesquelles on est en magasin, c'est pour avoir un boucher qui vous conseille ce qu'il faut prendre, c'est pour avoir un boulanger, c'est pour avoir une hôtesse de caisse qui vous dit bonjour, qui vous parle, qui grâce à des outils qui vont s'améliorer va pouvoir voir quelle promotion vous pouvez avoir, où vous en êtes dans vos tickets, etc., etc., et qui va favoriser cette relation.

13:21
Présentateur

Donc, Carrefour ne supprimera pas de poste dans les années qui viennent ?

13:24
Invité

Non, ce que je vous dis là, c'est que, vous savez, quand je suis arrivé, ça m'avait beaucoup frappé. Quand j'avais présenté mon premier plan, il y avait eu un de vos confrères qui avait titré « Le plan secret de Bompard, la fermeture de 50 hypermarchés ». Ça m'avait frappé, c'était le jour même. On n'en a pas fermé en France. Pourquoi ? Parce que moi, je suis convaincu que les magasins ont encore…

13:40
Présentateur

Vous en avez cédé sous forme de gérance.

13:42
Invité

Ça n'a rien à voir, on y reviendra si vous le souhaitez. Donc, en effet, on fait de la gérance, on fait de l'allocation gérance, on fait de la franchise. Mais en revanche, moi, je crois que le magasin a un rôle. On a ouvert, sur la période, depuis 2018, 3000 magasins de proximité. On ne cesse d'ouvrir. On a accéléré le rythme d'ouverture des magasins.

13:59
Présentateur

Avec plus ou moins de salariés dans les années qui viennent pour vous, chez vous.

14:03
Invité

Quand vous ouvrez des magasins, vous avez par nature des employés, des cadres dedans, et vous développez donc le nombre de personnes qui travaillent dedans. En France, il y a les salariés qui sont dans nos magasins intégrés. Il y a des salariés qui travaillent sous enseigne chez des franchisés. Au total, ça fait 150 000 personnes qui travaillent dans un magasin Carrefour. Donc, votre plan, c'est de former les caissières, les caissiers à plus de digital. C'est ça, pour mieux accueillir les clients en magasin. Et c'est aussi les livraisons à domicile, les améliorer en allant toujours, toujours plus vite. Or, ça inquiète, ça fait peur à Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT.

On écoute. En dix minutes, on se fait livrer de la crème fraîche. Je vais vous dire, on est dans un monde de dingue. Vous savez, c'est comme cette image, pendant les inondations dans le Gard ou je ne sais où, où on voit un livreur qui est avec un mètre de flotte en train d'essayer d'aller. Un livreur à vélo, je précise. Qui sont ces gens qui se font livrer en pleine inondation sans se préoccuper de la façon dont les gens se fassent ? C'est insupportable. Je vous le dis, je trouve ça insupportable. Ça m'effraie un peu, oui. Vous comprenez son inquiétude ? On livre de plus en plus vite. Est-ce que ça va aussi avec une paupérisation des métiers de livreurs ?

Si vous me permettez, juste un point sur le début de votre question. On va en effet investir 3 milliards d'euros pour former tous les collaborateurs. Parce que je ne veux pas qu'il y ait deux entreprises. Je ne veux pas qu'il y ait d'un côté ceux qui travaillent pour la data et le digital. Et de l'autre côté, 320 000 collaborateurs qui ne bénéficient pas des avantages du digital. Donc tout le monde sera formé pour améliorer les métiers. Après la question et l'intervention de Laurent Berger, elle est évidemment intéressante sociologiquement. C'est au fond cette course à la vitesse. Moi, ma responsabilité, c'est de donner accès pour mes clients à toutes les formules de livraison.

À toutes les formules d'accès à l'offre.

15:50
Présentateur

C'est plus vite quel qu'en soit le prix social à payer. Non, ce n'est pas quel qu'en soit le prix social à payer. L'exemple que donnait Laurent Berger de ce livreur à vélo en pleine inondation à Montpellier.

15:58
Invité

C'est évidemment un bon exemple de l'absurde.

16:01
Présentateur

Est-ce qu'il faut des garde-fous ? Ce que disait Laurent Berger ce jour-là, il réagissait à un reportage qu'on avait diffusé quelques minutes plus tôt sur France Info, d'un acheteur, je crois que c'était à Paris, qui disait « Il me manque un pot de crème fraîche au moment de faire le repas. Je commande et je l'ai 10 minutes après. Je ne regarde pas vraiment qui me l'apporte ou dans quelles conditions ça se fait. » Se faire livrer en 10 minutes un pot de crème fraîche, vous le feriez, vous ?

16:19
Invité

Je vais vous le dire autrement. D'abord, moi, je crois toujours que quand un métier se développe, quand une tendance forte se développe, au bout d'un moment, plus court qu'on croit aujourd'hui, le statut qui entoure ceux qui travaillent à l'intérieur de ce domaine-là s'améliore. Au fond, je crois que le statut des livreurs, au fur et à mesure des semaines, des mois qui passent, compte tenu de ce que ça représente, va s'améliorer. Ça va se faire tout seul ? Non, ça ne va pas se faire tout seul. Ça va se faire par le fait qu'il va y avoir un dialogue social, une construction sociale, comme ça s'est fait dans tous les secteurs d'activité.

Moi, ma responsabilité, je ne peux pas me dire, Groupe Carrefour, leader européen, qui a vocation à être un des leaders mondiaux, « Tiens, il y a des nouvelles tendances du commerce, la livraison le jour même, la livraison en une heure, je ne vais pas dessus, je ne le positionne pas, alors que les consommateurs le souhaitent, parce que je considère que je suis compte. » Je ne peux pas faire ça. Moi, mon sujet, c'est que ça soit facile pour le consommateur, que le consommateur soit satisfait, et puis que je construise avec des partenaires un modèle social qui soit un modèle social acceptable. Justement, vous êtes lié à Uber, justement, pour les livraisons le plus rapidement possible.

Est-ce que vous n'avez pas peur de vous faire manger, justement, tellement vous pourrez être indépendant de Uber pour faire face à Amazon ? Moi, j'ai une philosophie un peu personnelle. Je préfère toujours me concentrer sur un gâteau qui grandit, quitte à le partager, que me concentrer sur un gâteau qui ne cesse d'être plus petit.

17:46
Présentateur

Mais quand on se marie pour croquer le gâteau à la fin, est-ce que ce n'est pas toujours l'Américain qui gagne ?

17:49
Invité

Et donc, ce qui est intéressant dans ce qu'on fait avec Uber, et avec une jeune start-up dont on a fait l'acquisition, dont on a pris une participation, qui s'appelle Cajou, c'est de construire en effet ce modèle de quick commerce en France. Quels sont les deux garde-fous qui sont pour moi les garde-fous absolument essentiels ? Le premier, et c'est l'essentiel, c'est que je conserve le lien avec le client. C'est moi qui conserve le lien avec le client. Je connais mon client. Dès lors que vous perdez votre client, là, le risque que vous mentionnez est exact. Là, le client, c'est le mien. Deuxième chose, évidemment essentielle, je conserve la maîtrise de mes opérations.

L'assortiment, c'est un assortiment au carrefour. Le choix commercial, c'est un choix au carrefour. Quand j'ai ces deux garde-fous, je sais que je peux me développer et faire des partenariats. Parce que vous ne pouvez pas être compétitif demain sans vous allier avec un écosystème d'innovation qui vient de jeunes start-up françaises. On en a plein avec lesquels on travaille. Et puis, sur un certain nombre de sujets très précis, par exemple la livraison, le dernier kilomètre. Moi, je ne sais pas faire le dernier kilomètre. On s'associe avec celui qui le gère le mieux, qui est Uber, sur un certain nombre de sujets très ponctuels, en gardant la maîtrise des opérations.

Je préfère m'allier plutôt qu'avoir un mauvais service pour mes clients.

18:57
Présentateur

Alexandre Bompard, PDG du groupe Carrefour, invité de France Info, 8h52, le fil info, Mélanie Delaunay.

19:03
Invité

Le sourire des astronautes de retour sur Terre après 199 jours dans l'espace, direction Houston, au Texas. C'est le centre spatial de la NASA pour Thomas Pesquet et ses trois coéquipiers. Le français ira ensuite pendant trois semaines à Cologne, en Allemagne, pour mesurer l'effet de ce séjour sur son corps et se réacclimater. Deux hommes en garde à vue au lendemain de l'agression d'un policier à Cannes. Ce sont des connaissances du suspect, l'Algérien de 37 ans, blessé par un tir de riposte, sera entendu dès que son état le permettra. L'enquête est ouverte pour assassinat sur fonctionnaire de la police nationale.

Un conseil de défense sanitaire ce matin à l'Elysée pour aborder la question de la troisième dose pour le maintien du pass sanitaire, avant l'allocution d'Emmanuel Macron ce soir à 20h à suivre sur France Info. Outre le Covid, le chef de l'État doit aussi parler économie avec une annonce attendue sur le secteur du travail, selon les informations de France Info. Emmanuel Macron qui a rendez-vous demain avec Kamala Harris, la vice-présidente américaine, entame aujourd'hui sa première visite à Paris. Déplacement très diplomatique pour retisser la confiance après l'affaire du contrat de sous-marin australien. France Info

20:16
Présentateur

Toujours avec Alexandre Bompard, le PDG du groupe Carrefour.

20:24
Invité

Emmanuel Macron prend la parole ce soir à 20h à la télévision, dans un contexte de début de cinquième vague d'épidémie. Est-ce que le risque pour vous, c'est qu'il annonce le retour du pass sanitaire dans les centres commerciaux ? Vous savez, il y a un an à peu près a été inventé un dispositif qui a très bien fonctionné. C'était le calcul des jauges. Vous savez, c'est le nombre de clients par mètre carré. Ça a très bien fonctionné à un moment où le risque épidémique était très fort. Ça a été défini par les pouvoirs publics en lien avec le secteur du commerce. Ça a très bien fonctionné, ça s'appliquait partout.

Donc moi, j'espère que c'est ce dispositif, si un jour il devait y avoir à nouveau un dispositif de régulation qui s'applique dans les commerces, que c'est ce dispositif qui s'appliquera, et non pas le pass sanitaire dans les centres commerciaux de plus de 20 000 m², parce que celui-là, il a plusieurs effets négatifs. D'abord, il est contraire au pouvoir d'achat des ménages, parce qu'il y a plein de ménages qui ont besoin de leur hypermarché, notamment au moment des fêtes de Noël, pour aller faire leur course.

Et on sait que les prix sont plus bas dans les hypermarchés, donc dire « vous ne pouvez pas accéder à votre hypermarché si vous n'avez pas le pass sanitaire », c'est négatif pour le pouvoir d'achat des ménages. C'est très bureaucratique, parce que franchement, à part quelques préfectures, qui sait combien de m² il y a dans tel centre commercial, les clients étaient complètement perdus en août et en septembre dernier.

Et puis, ce n'est pas la bonne mesure, parce que vous pouvez vous retrouver, moi j'en ai des magasins comme ça, dans des magasins de petite taille, où tout à coup vous avez 200 personnes agglutinées, et des grands centres, des grands hypermarchés de 20 000 m², où vous avez de l'espace de la distanciation sociale, et où là ça ne s'applique pas. Donc j'espère vraiment que la bonne mesure, qui avait en plus été définie et décidée antérieurement, dans un moment de tension sanitaire beaucoup plus fort, ça ne fait pas si jamais il devait y avoir une nouvelle mesure.

22:03
Présentateur

Oui, il n'y avait pas du tout de vaccination à l'époque. Vous êtes inquiet, Saliah parlait il y a quelques instants, de la reprise de l'épidémie, on est très loin des niveaux atteints l'an dernier, mais effectivement les hospitalisations montent légèrement.

22:14
Invité

Je m'interdis une chose, sauf dans ma sphère privée. Je ne vais pas vous faire commenter la courbe de l'épidémie,

22:18
Présentateur

je voulais commenter la courbe des ventes dans vos enseignes. Est-ce que vous craignez qu'une éventuelle reprise vienne...

22:26
Invité

S'il y a des restrictions sanitaires fortes...

22:30
Présentateur

Non, je me garderais bien de vous poser la question sur l'épidémie.

22:33
Invité

J'aurais pu la commenter, mais ça n'a aucun intérêt. S'il y a des restrictions sanitaires fortes, oui, si vous appliquez un pass sanitaire dans des hypermarchés, qu'il y a un certain nombre de clients qui n'y ont pas accès, oui, c'est une mesure qui aurait des conséquences très sérieuses pour nous.

22:45
Présentateur

Vous parliez il y a quelques instants des courses de Noël qui approchent. Question pour les parents et pour les enfants qui nous écoutent. Il est 8h55, si tout va bien, ils sont à l'école. Les plus petits d'entre eux, en tout cas, est-ce que les cadeaux seront bien là ? Ou est-ce qu'il y a un risque de pénurie ?

22:57
Invité

Je ne peux pas faire une réponse plus nette. Nous n'aurons aucune pénurie de jouets sur aucune référence à la fin de l'année.

23:06
Présentateur

Donc c'est du flan, ce qu'on nous raconte depuis des jours et des jours.

23:09
Invité

Aucune. Alors je vais vous expliquer pourquoi. Parce que moi, je ne peux parler que pour le groupe Pierrefois. Nous, on a une chaîne d'approvisionnement qui est la plus professionnelle du secteur. On a travaillé en amont depuis le printemps dernier pour stocker, commander, avoir le maximum de jouets dans nos entrepôts. Ça nous coûte d'avoir le stock longtemps. Mais la priorité, c'était que les jouets soient disponibles pour les fêtes de Noël. Donc nous n'aurons aucune pénurie sur aucun produit à Noël. Je crois qu'on a un petit sujet sur une référence de mémoire. C'est la Barbie Reveal Color qui sera probablement remplacée par la Barbie Reveal Color paillettes. Ça, ça va poser un problème.

Mais oui, parce que c'est très attendu par ses enfants. Mais nous aurons donc la substitution qui, je crois, est bien, la paillette est bien aussi. Mais c'est tout. Pour le reste, aucune pénurie.

23:57
Présentateur

Ça veut dire que le matin, quand vous animez la radio ou quand vous regardez la télé régulièrement et que vous entendez parler des pénuries de jeux, de consoles vidéo, on en parlait, de consoles de jeux.

24:06
Invité

Alors la console vidéo, c'est un peu différent puisque, vous le savez, la PS5, elle est pénurique depuis le début.

24:13
Présentateur

C'est quasiment ça depuis qu'elle est sortie.

24:15
Invité

Depuis qu'elle est sortie. Alors on se bagarre, on en reçoit des milliers, on en a, puis on n'en a plus. Là, on est comme tout le marché. On se bagarre pour avoir le maximum de PS5. Heureusement, on a beaucoup de Switch Nintendo qui est le premier acteur du secteur. Mais sur la PS5, il y a toujours le sujet. Mais sur les jeux joués, on aura toutes les références jusqu'au 24 décembre.

24:34
Présentateur

Voilà, tout le monde est rassuré. Les enfants, vous pouvez revenir devant la télé ou tout près de la radio si vous les aviez éloignés ces quelques instants depuis qu'on parlait de Noël. Merci beaucoup, Alexandre Bompard, PDG du groupe Carrefour. Invité ce matin de France Info. Bonne journée à vous.

24:47
Invité

Merci de votre accueil. Merci.