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interviewPublic Sénat· 14 avril 2026 25 min

David Marguerite : « Le plaider coupable peut-être une solution pour les viols intrafamiliaux »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

par le Sénat. Mais d'abord, comme tous les jours dans cette émission, on regarde ensemble trois unes de la presse régionale. D'abord la une de Ouest-France, détroit d'Hormuz, bras de fer entre l'Iran et les Etats-Unis depuis lundi.

Américains et Iraniens veulent contrôler chacun de leur côté le franchissement du Détroit par des pétroliers et navires marchands. Le prix du baril de pétrole est reparti à la hausse. La deuxième une, c'est celle de la Marseillaise.

Le pot de Muguet l'emporte sur le pot de fer. Le journal de gauche qui dit que le 1er mai restera chômé et payé sous la pression des syndicats. Le gouvernement renonce à passer en force.

Et puis la dernière une, c'est celle de Sud-Ouest. Cadmium, comment manger sans danger ? Les autorités alertent sur les dangers du du cadmium métal dangereux, présent notamment dans les produits à base de blé.

Face à cette bombe sanitaire, des solutions existent pour préserver sa santé. De quelle ligne avez-vous envie de nous parler ? – Je dirais peut-être celle de la marseillaise sur le 1er mai.

J'ai envie de dire un petit mot pour dire qu'en effet, J'ai envie de dire un petit mot pour dire qu'en effet, on est face à un recul qui est assez symptomatique de l'ère du temps. Je pense que Il faut bien comprendre de quoi on parle. On parle en effet d'une tradition sociale qui est ancrée dans notre pays et personne ne la remet en cause.

Il s'agit simplement, dans le texte d'Initiative Sénatoriale, et Annick Billon en l'occurrence, de pouvoir sécuriser juridiquement ce qui relève d'une tolérance, c'est-à-dire permettre à des commerces de bouche, aux fleuristes, aux boulangers, de pouvoir assurer leur commerce le 1er mais sur la base du volontariat. On ne parle pas d'une révolution, on ne parle pas d'un recul social, on parle de ce qui existait depuis des années et qui ne posait de problème à personne. Quand je vois en effet ce type de une, on a l'impression qu'on qu'on a une conquête sociale avec ce nouveau recul du gouvernement, alors qu'en réalité, ce texte, encore une fois, permettait simplement d'acter un équilibre entre la tradition du 1er mai que personne ne remet en cause et la possibilité, pour ceux qui le souhaitent, de pouvoir travailler sur la base du volontariat.

C'est pour ça que j'ai précisé que La Versailles est un journal à tendance de gauche parce qu'effectivement c'est une une éditorialisée un très beau jeu de mots et une belle une mais est-ce que vous comprenez le positionnement de Sébastien Lecornu ? Est-ce que vous comprenez pourquoi il a reculé sur ce texte qui était défendu par son camp, qui était défendu par les LR ? – Non je ne le comprends pas sur le fond puisque encore une fois on avait un équilibre possibles et on ne remettait pas en cause ce qui existait.

Il n'y avait pas de révolution dans ce texte, il y avait juste la reprise de ce qui existait, de ce qui était une tolérance. – Mais c'est quoi ? C'est un manque de courage politique comme vous l'avez dit d'une partie de la droite ?

Il a eu peur pour son prochain budget ? Il s'assure quand même les faveurs de la gauche ? – Je constate que le Parti Socialiste a menacé une fois de plus de la censure et que Sébastien Lecornu a une fois de plus.

Et je le regrette. Pris ses ordres au Parti Socialiste sur un texte, encore une fois, qui n'était pas fondamental, mais qui donnait un peu d'air à ceux qui veulent travailler sur la base du volontariat. Donc oui, je le regrette profondément.

C'est un recul. La question de savoir si je le comprends. Je le comprends dans l'ère politique du temps, qui est celui quand même, il faut bien le dire, de l'absence de cap politique, du fait de naviguer à vue en permanence et des reculs auxquels nous sommes malheureusement habitués.

Allez, on va passer à l'actualité du Sénat. Le Sénat qui a donc entamé hier soir la réforme de la justice criminelle. Objectif, raccourcir les délais de jugement en texte qui suscite la colère des avocats qui manifestaient hier devant le Sénat.

On va les entendre. Mais d'abord, Steve, votre éclairage évidemment. Prenez votre place dans ce texte, une mesure phare, le plaidé coupable.

C'est un dispositif qui existe déjà en matière de délit. L'idée du gouvernement est donc de l'étendre au crime. En échange d'une reconnaissance de culpabilité, l'auteur des faits pourrait espérer une réduction de sa peine.

Le magistrat ne pourra pas requérir au-delà des deux tiers de la peine encourue. Tout ça en l'absence de procès et donc de jury populaire. Hier, Gérald Darmanin a défendu cette mesure contre la gauche.

La gauche qui est très opposée à un principe qui met à bas selon elle le principe de la justice criminelle. Vous allez écouter. Les faits de justice aujourd'hui ne sont plus justes et ne sont plus utiles quand on attend huit ans, une condamnation, un acquittement ou une relaxe.

Vous auriez pu faire le choix de doter la France de plus de juges d'instruction pour qu'ils puissent travailler dans de meilleures conditions et donc travailler plus rapidement. Vous n'avez pas fait ce choix. C'est à Ah, bah c'est déjà !

Malgré l'opposition de la gauche, le Sénat a adopté hier ce mécanisme du plaidé coupable en matière criminelle. Oui, le ministère de la Justice considère que 15 % des dossiers criminels pourraient être concernés par cette nouvelle procédures. Ça pourrait permettre de gagner du temps et de désengorger les tribunaux.

Précisons que cette pratique est courante dans les pays anglo-saxons, notamment en Angleterre. Elle permet d'obtenir une remise de peine jusqu'à 30 % en Espagne. Également, l 'accusé et la Défense peuvent se mettre d'accord sur une peine, par exemple en matière de violence sexuelle.

Monsieur le sénateur, vous êtes favorable à cette mesure. Dites-nous pourquoi c'est une bonne mesure et en quoi ça va permettre de désengorger les tribunaux ? Alors d'abord, je dirais que c'est une mesure qui repose sur un constat qui est largement partagé, qui est celui de l'embolisation progressive de la justice criminelle.

C'est-à-dire la difficulté aujourd'hui à apporter une réponse judiciaire rapide, efficace pour les victimes en particulier. Bien évidemment que le plaidé coupable en matière criminelle n'est pas la solution à cette embolisation de la justice. C'est une solution parmi d'autres.

Le problème structurel reste, et ça a été dit dans votre reportage, le manque de moyens de la justice. Nous le savons en France, nous sommes en retard par rapport à la moyenne de l'Union européenne puisque la France consacre 77 euros par an et par habitant pour le fonctionnement de son système judiciaire, la moyenne européenne est à 85 et c'est 136 en Allemagne. Donc nous avons en effet un problème de moyens qui est la réponse structurelle.

C'est ça, c'est la réponse structurelle, mais c'est ce que dit la gauche. La gauche dit à Gérald Darmanin, vous proposez quelque chose, mais en la solution c'est de mettre des moyens pour mettre plus de juges d'instruction. Mais il y a un consensus sur le fait de dire qu'il faut davantage de moyens, d'ailleurs des moyens supplémentaires ont été mis depuis plusieurs années, il y a 1400 magistrats supplémentaires notamment.

Mais recruter des magistrats ça prend du temps, il faut le temps de la formation et même avec une volonté politique extrêmement forte il faudrait des années. Donc en effet le plaidé coupable apporte une solution qui peut être une solution me semble efficace, notamment pour les victimes. Moi, j'ai forgé ma conviction tout au long des auditions en écoutant les uns les autres, les magistrats, les avocats, les enquêteurs en particulier.

Et j'ai acquis la certitude qu'en effet, dans certains cas, pour la victime, je pense notamment au cas de violences intrafamiliales, aux crimes sexuels dans la sphère intrafamiliale, que le plaidé coupable pouvait être une solution pour une justice plus rapide, une justice aussi où l'audience solennelle, la lenteur des procédures n'est pas la solution pour restaurer la victime dans ses droits et dans sa dignité. Donc je pense en effet que tel que que le Sénat, sa commission des lois, le propose, c'est-à-dire une procédure qui pose un certain nombre de garde-fous supplémentaires. – C'est-à-dire que vous encadrez la procédure souhaitée par Gérald Darmanin.

Concrètement, c'est qu'il y aura des avocats, notamment lors des audiences comment ça va se passer exactement concrètement nous avons donc posé plusieurs garde-fous avec la présence de l'avocat à toutes les étapes de la procédure pour la partie civile nous avons également établi une innovation très importante c'est celle de la consultation par le procureur de la République de la victime sur la peine qu'il envisage de proposer à l'accusé. Ce n'est pas une innovation dont on pourrait dire qu'elle est marginale, elle est extrêmement importante puisqu'elle permet de s'assurer d'un consentement réel, libre, éclairé de la victime sur cette procédure et je le crois en effet dans certains cas elle apporte une réponse et j'ajouterais qu'il s'agit d'une option, ce n'est en aucun cas une obligation, la victime pourra s'opposer à au plaidécoupable, à la mise en œuvre du plaidécoupable. Et donc nous avons avec cette nouvelle procédure une palette, une gamme de solutions supplémentaires qui n'a pas vocation à se substituer.

On parle, je le disais, de 10 % des cas qui pourraient être concernés, mais qui peut en effet répondre partiellement à l 'embolie de la justice et apporter une réponse réparatrice à la victime dans certains cas. – Donc vous pensez qu'aujourd'hui, dans sa rédaction, le Sénat a renforcé les droits de la victime – Oui, je dirais que le Sénat a non seulement renforcé les droits de la victime, qu'il a permis de mettre en œuvre dans la commission des lois, on verra à la séance cet après-midi, mais un équilibre réel entre l'accusé, la victime, les droits de la défense. Il a permis de faire en en sorte que cette procédure soit une procédure respectueuse des uns et des autres, qu'elle puisse, en effet, dans des situations bien précises, aller plus vite.

Et puis nous avons sorti aussi de la procédure un certain nombre d'infractions. Je pense aux viols aggravés, dont nous estimons qu'il doit en effet passer par le mécanisme de l'audience solennelle habituelle. Donc je crois que nous arrivons aujourd'hui à un équilibre et c'est celui qui sera discuté en séance aujourd'hui.

Donc j'irai aux avocats pour peut les rassurer, je l'ai été moi-même avocat et en 2010 un peu avant lorsqu'il était question du plaidé coupable en matière délictuelle nous étions très nombreux à nous inquiéter de cette procédure. On va les écouter on va les écouter parce qu'il y avait une manifestation qui était organisée hier juste devant le Sénat et les avocats dénoncent l'instauration d'une justice à deux vitesses et un affaiblissement des droits de la défense. On va écouter la présidente du conseil national du barreau, écoutez.

Ça fait du coup peser sur la victime, la charge mentale de décider si oui elle va accepter cela pour effectivement que la décision soit rendue plus rapidement ou si effectivement on va avoir un procès pénal avec le risque qu'il soit deux ans, trois ans plus tard et c'est vrai que je trouve que ce n'est pas très respectueux non plus de la victime de lui faire peser cette charge-là finalement de décider et de faire peser sur elle le retard de l'audiencement du procès criminel. Vous comprenez la colère des avocats ? Oui, je comprends.

Toutes les colères, partie des colères sont légitimes. Je comprends ce qui est dit ici mais il faut faire confiance aux avocats et notamment à la capacité de l'avocat de permettre à la victime de formuler un choix libre et éclairer. C'est ce que nous avons garanti dans la procédure.

Je le disais, lorsqu'il a été question du plaidé coupable en matière délictuelle qui existe depuis des années maintenant, il y a eu beaucoup d'inquiétudes. Vous aussi vous étiez inquiète ? Vous étiez avocat, c'est un sujet qui vous inquiète ?

Oui, moi aussi j était en effet inquiet parce que ça peut représenter une évolution, voire une révolution par rapport au système pénal français et susciter des craintes. Je constate qu'après des années de pratique du plaidé coupable en matière délictuelle, c grosso modo, ça fonctionne. Aujourd'hui, plus personne et aucun gouvernement n'a remis en cause aujourd'hui le plaidé coupable en matière délictuelle.

Donc j'ai envie de répondre. Oui, les inquiétudes s'expriment. On y a répondu d'une certaine manière à la Commission des lois du Sénat avec ces gardes-fous dont je parlais.

Et je crois qu'il faut bien rappeler à celles et ceux qui nous écoutent qu'on parle de 10%, 15 % peut-être des affaires, qu'il s'agit bien d'une option et que la victime sera bien consultée à toutes les étapes de la procédure. – Vous nous parlez de ces victimes qui veulent un procès rapide, que dire à ces victimes aussi qui ont besoin d'un procès qui leur est nécessaire dans le processus de reconstruction ? – Eh bien qu'elles auront le choix de s'opposer auprès des des coupables, qu'elles seront accompagnées de l'avocat pour formaliser leurs choix et que, en effet, l'audience, la plupart du temps, a une valeur restauratrice, c'est-à-dire qu'elle permet à la victime de se reconstruire.

Je pense à l'audience solennel à l'instruction qui d'ailleurs n'est pas du tout remise en cause donc je crois en effet que dans une majorité des cas la procédure telle qu'elle fonctionne aujourd'hui avec les améliorations auxquelles il faudra procéder sur l'accélération de la justice et davantage de moyens et la formule usuelle, celle qui correspond à la plupart des situations. Mais en effet, dans certaines situations, la victime, elle, a intérêt et aura le choix, en tout cas, de pouvoir s'opposer à la lenteur du procès, à sa solennité qui, parfois, peut être dévastatrice aussi dans sa reconstruction. Il y aura des remises de peine.

Les peines encourues seront inférieures d'un tiers pour les personnes qui acceptent ce plaidé coupable. Est-ce que vous dites, comme le garde des Sceaux, que des fois, il faut préférez la célérité à la sévérité ? – Je ne dirais pas ça, parce qu'en effet, on est sur deux tiers du quantum de la peine maximum.

Donc il y a en effet peut-être une prime pour l'accuser dans certains types de situations s'il accepte en effet de reconnaître, de passer aux aveux d'une certaine manière. Mais il y a une prime aussi pour la victime qui, dans le procès pénal, de façon générale, et parfois on le dit, la pièce rapportée, là elle va pouvoir être consultée sur la peine. Donc cet équilibre-là, en définitive, il permet d'apporter une solution à ces situations bien précises.

Est-ce que le texte que vous avez modifié en commission, est-ce que vous pensez, il devrait passer l'étape du Sénat, ça n'y a pas trop de suspense, mais est-ce que vous pensez que le gouvernement l'acceptera tel quel et qu'il passera l'étape de la commission mixte paritaire et d'un accord député. Je pense que compte tenu des garde-fous qui sont posés, il y a de bonnes chances que le texte puisse aller au bout de sa vie parlementaire. Et puis je dirais on parle du plaidécoupable mais dans ce texte, il y a d'autres points qui sont des points très importants pour accélérer l'élucidation des enquêtes.

Je pense en particulier à ce qui est fait sur la généalogie génétique, sur les moyens de recherche qui sont offerts aux enquêteurs, aux fichiers national automatisé des empreintes génétiques qui va être étendue, donc qui permettra à des enquêtes d'aller peut-être plus vite. Donc c'est une innovation importante. Je pense aussi au cours criminel départemental dont le fonctionnement sera fluidifié, allégé avec moins de magistrats professionnels tout en conservant bien sûr les garanties d'une bonne justice Ce sont ces cours qui jugent les crimes qui sont punis entre 15 et 20 ans de réclusion criminelle actuellement il y en a une par département Gérald Darmanin il veut les multiplier il faut les multiplier oui je le crois parce que en effet ces cours criminelles départementales qui existent depuis quelques années maintenant apportent des solutions plus rapides parfois en tout cas les procès sont plus courts qu'en cours d'assises et puis le Sénat On a aussi fait en sorte, la commission des lois, que l'appel se fasse toujours en cours d'assise.

On retrouve toujours un jury populaire, ce n'était pas le cas dans le texte initial. Donc je crois beaucoup à la tradition française du jury populaire en appel. Je crois aussi que la cour criminelle départementale apporte une solution plus rapide et efficace.

Le procès de Gisèle Pénicaud s'est fait par exemple dans une cour criminelle départementale, il faut le rappeler et c'est un système qui peut être en effet une bonne réponse, elles sont renforcées dans le texte pour qu'elles puissent continuer de se développer et d'apporter des réponses plus rapides au justiciable. Vous qui étiez encore avocat David Marguerite, comment vous le jugez aujourd'hui le monde judiciaire en France ? Comment vous le qualifiez ?

Je dirais qu'il va mal, incontestablement. Je dirais qu'il est face à des risques qui sont très importants. Je le disais, l'embolie de la justice, c'est-à-dire un engorgement tel que finalement les procès ne puissent se tenir dans des délais qui soient des délais raisonnables et que le prévenu soit libéré avant son procès.

Et s'il est libéré dans certains cas, si la détention provisoire est allée à son terme, parfois vous avez des procès sans prévenu et là il y a un vrai risque de déni de justice. Donc oui, la justice dans notre pays ne va pas bien et il va falloir au-delà de ce texte s'interroger sur ses moyens. Et pourquoi ?

Parce qu'il y a une augmentation du budget de la justice depuis plusieurs années. Pour vous, ce n'est pas suffisant – Les moyens ne sont pas mis là où il faut ? – Oui, il y a beaucoup de retard aussi qui a été pris.

Je citais les chiffres tout à l'heure du décrochage de la France par rapport au pays de l'Union européenne. Bien sûr qu'il faut du temps pour accélérer les moyens. Je crois qu'il faut une volonté politique extrêmement forte. – Elle est là, elle n'a pas été politique aujourd'hui avec Gérald Darmanin.

On parlait beaucoup aussi du 1er mai, tout à l'heure vous parliez du 1er avec Auriane. Il y a une dimension très politique aussi autour de cette réforme et Gérald Darmanin vraiment porte cette réforme à quelques mois maintenant de la présidentielle. Vous la voyez ce volet politique de la réforme ?

Je lui reconnais bien volontiers une volonté d'accélérer ses moyens de la justice. Il l'a dit hier en séance, il a rappelé des chiffres, je parlais des 1 400 magistrats supplémentaires mais au-delà de la volonté politique, il y a aussi du temps pour mettre en oeuvre ses moyens. Je pense que la justice a besoin d'une vraie visibilité pluriannuelle, elle a besoin de savoir où on va et comment on fait en sorte que la France qui est très en en retard par rapport aux Allemands, par exemple.

On a la moitié de leur magistrat. Vous vous posez la question différemment. Gérald Darmanin, c'est un bon ministre de la Justice ?

Je pense qu'il fait ce qu'il peut avec le contexte politique que nous connaissons, c'est-à-dire d'une absence de majorité, d'une difficulté aujourd Aujourd'hui, que tout le monde constate de faire passer des textes de grande envergure avec une ambition, un souffle. Et que dans ce contexte très difficile, oui, il fait preuve, et je le reconnais, d'une volonté et certaines de prendre le problème à bras-le-corps, parce que c'est un problème majeur. Et encore une fois, ce n'est pas un petit sujet, c'est un sujet qui concerne tous nos concitoyens que de ne pas pouvoir être jugé dans des délais raisonnables. – Alors on va reparler politique dans quelques instants, mais d'abord on voit l'actualité dans votre département de la Manche, où on va se rendre à Saint-Lau.

Bonjour Thibaut Lecoq, merci beaucoup d'être avec nous Thibaut, chef d'édition à Tendance Ouest. Dans la Manche, Thibaut, avec vous, on va parler des enclavements du territoire. Exactement parce que la Manche c'est pas le Finistère mais c'est quand même tout de même un petit bout du monde avec des dossiers importants notamment sur le ferroviaire avec la ligne Nouvelle Paris-Normandie, plus si nouvelle que ça, qui semble Éviter d'ailleurs soigneusement notre département pour se concentrer sur l'accessène.

Vous avez eu d'ailleurs, monsieur le sénateur, une réunion vendredi dernier, je crois, avec le préfet en charge de ce projet. Autre besoin des enclavements, celui routier aussi trois axes majeurs, Saint-Locoutance, Grand-Ville-la-Branche, contournement sous l'ouest de Cherbourg qui déchaîne d'ailleurs les passions. La Nationale 13 aussi avec notamment une partie limitée à 90 km heure de Valogne à Cherbourg que connaît bien je je pense monsieur le sénateur, enclavement du Cotentin et de tout le département, alors que derrière tout le monde ici ça déborde, ça bouillonne d'énergie, notamment en matière de projets industriels d'envergure à Val-du-Futur, il y a Navagroup, il y a l'Hydrolien, l'Hydrolien.

Alors moi ma question c'est vraiment en tant que parlementaire au Sénat, qu'est-ce que vous faites ? Qu'est-ce que vous pouvez faire pour pousser l'État à prendre toute sa part dans ces projets qui sont vraiment un besoin ici de son financement, les autorisations, les facilitations. Rien que ça peut-être parfois.

Pour Covac on a l'impression que ses projets soient quasiment plus longs à monter que de construire un EPR. D'abord je salue Thibault Lecoq. Il résume parfaitement la situation qui est celle de la Normandie et en particulier de sa partie ex-Bas-Normande.

En effet, le projet de ligne nouvelle Paris-Normandie, c'est un projet majeur qui date maintenant de 2010. Donc ça fait des années que nous en parlons, qu'il y a bien un sujet que la SNCF a identifié dès 2010 d'ailleurs, c'est celui de la dette qu'elle doit à l'égard de la Normandie. Puisqu'on est quasiment la seule région de France à ne pas être reliée à la capitale par une ligne à grande vitesse.

Et la ligne nouvelle Paris Normandie, elle est une réponse qui est probablement plus d'actualité que jamais à l'enclavement de notre territoire. Je pense en particulier au territoire de la Manche. On nous a vu en effet une réunion la semaine dernière.

La Manche, elle a des projet comme aucun département de France aujourd'hui ne peut s'en prévaloir. Nous allons, avec un projet d'Orano qu'on appelle Aval du Futur, avoir le plus grand chantier du monde occidental dans les prochaines années avec des milliers voire des dizaines de milliers d'emplois supplémentaires on ne peut pas se permettre de passer à côté de l'histoire et c'est la raison pour laquelle en effet on parlait de volonté politique tout à l'heure il y a une volonté politique très forte qui est en train de s'exprimer en normandie je suis également conseil régional président de région Hervé a une très forte volonté politique pour accélérer ce projet il n'est plus une option il est une nécessité et nous parlementaires de la manche en particulier nous sommes unis au delà des sensibilités politiques pour dire qu'il n'est pas acceptable il n'est pas acceptable que nous soyons relégués en quelque sorte en deuxième division au moment même où nous sommes le territoire le plus attractif de France le territoire qui crée le plus d'emplois industriels de notre pays et se contenter d'une vague promesse de passer Paris-Cherbourg à moins de trois heures dans quelques années peut-être d'ailleurs et de façon extrêmement hypothétique donc ce que nous demandons c'est une volonté politique nationale très forte nous nous nous adressons directement au premier ministre dans cette affaire il est normand, il comprend bien les enjeux de la Normandie et qu'en effet la ligne Nouvelle Paris-Normandie c'est Le Havre, Rouen et Paris mais c'est également l'ex-Basse -Normandie avec Caen et Cherbourg qui sont en pleine dynamique et vous avez raison, vous citez des projets comme la RN13 qui sont des projets extrêmement importants, le contournement ouest de Cherbourg auquel je suis très attaché, là et là aussi toutes ces questions de volonté politique, de mobilisation. Si les Bretons ont obtenu à un certain moment de l'histoire des routes, des liaisons à grande vitesse, c'est aussi parce qu'ils ont été unis qu'ils ont parlé d'une même Et aujourd'hui, la Normandie réunifiée maintenant depuis 10 ans parle d'une même voix. – Merci Thibault Lecoq, merci d'avoir été avec nous depuis Saint-Lô dans la Manche pour nous parler de ce sujet.

On termine par des questions sur votre parti, sur Les Républicains, David Margulé de samedi, les militants LR sont appelés à choisir leur mode de désignation pour la présidentielle. Bruno Retailleau candidat, une primaire ouverte, une primaire fermée. Est-ce que c'est un scrutin qui sert surtout à faire taire les oppositions internes celle de Laurent Wauquiez, celle de Xavier Bertrand ? – Non, moi je vais être très clair, je soutiens Bruno Retailleau.

Je voterai donc pour qu'il soit le nôtre candidat à l'élection présidentielle. – Il n'y a à peu près aucun suspens sur ce vote entre nous. – Écoutez, vous verrez ce que disent des militants.

Il y a peu de suspense dans le sens où l'année dernière, ils ont choisi Bruno Retailleau à 75%. C'est aussi, et je veux le rappeler, une procédure de plusieurs semaines qui a permis d'identifier les différents choix qu'il y allait proposer aux adhérents. Nous sommes à un an de l'élection présidentielle.

Nous ne pouvons pas passer à côté de ce rendez-vous décisif, on parlait de volonté politique, on parlait de rétro-pédalage, d'absence de cap pour notre pays. Moi je considère en effet que notre pays aujourd'hui aura un choix qui sera probablement le plus important de son histoire, soit de continuer comme on le fait depuis des années, soit avoir une rupture. Ce que Bruno Retailleau appelle la radicalité raisonnable, moi j'y crois beaucoup et je crois que ce qu'il porte aujourd'hui dans notre pays, bien au-delà du parti, va rencontrer un écho favorable parce qu'il parle vrai, il parle avec une sincérité qui fait du bien au monde politique aujourd'hui et il trace sa route.

Et je crois que ce qu'il va rencontrer, c'est un écho favorable dans l'opinion au-delà de la mousse médiatique en ce moment du phénomène sondagier et que le temps...

Il peut la tracer jusqu'où sa route ? Est-ce qu'il pourrait être candidat jusqu'au bout ? Est-ce que les LR auront un candidat à la présidentielle ou est-ce Parce qu'à un moment, il va falloir se mettre autour de la table avec Gabriel Attal, avec Édouard Philippe, avec Hervé Marseille et trouver un candidat commun.

Alors, la question de savoir si Bruno Retailleau ira jusqu'au bout, je l'espère, je le crois et je crois en effet qu'il correspond. L'offre politique qu'il présente correspond aux besoins du pays et qu'elle est d'ailleurs majoritaire. Je crois que le pays… – Il y aura un candidat LR, un candidat Macroniste ? – Je ne dis pas cela, je dis qu'aujourd'hui la question de la primaire, personne n'est d'accord sur son périmètre, sur le projet et je pense qu'en effet considérer aujourd'hui que l'on doit d'abord définir un projet commun avec les macronistes qui dont on ne peut pas dire qu'après dix ans au pouvoir le bilan comme leur adhésion dans l'opinion soit au sommet serait une erreur stratégique majeure.

Je crois que le temps aujourd'hui est celui de l'affirmation des convictions, des idées, c'est ce que fait Bruno Retailleau. Et je fais Je fais partie de ceux qui pensent que le temps viendra, ou nous verrons bien où nous en serons à l'automne prochain, que bien sûr il faudra que chacun prenne ses responsabilités, mais qu'aujourd'hui quand on parle – Et y compris Bruno Retailleau, ça veut dire que si Edouard Philippe est toujours mieux placé, il faut qu'il se range derrière Edouard Philippe ? – Je suis convaincu que dans les semaines qui viennent, les Français feront la part des choses entre la continuité et la rupture.

Et je crois que le pays a besoin de rupture. Je crois en effet… – Édouard Philippe, il n'en canne pas ? – Je crois qu'Édouard Philippe devra aussi être comptable du fait qu'il ait été au gouvernement de la France, Premier ministre.

Il devra affirmer ses idées. – On ne retaye aussi Moi, je connais Édouard Philippe. Je lui reconnais de nombreuses qualités.

Mais je crois aujourd'hui que l'offre politique qui est celle que le pays attend et celle qui est portée par Bruno Retailleau dans un grand nombre de Je pense au travail, à la reprise du contrôle de nos frontières, à l'ordre public et dans bien d'autres domaines. Et je crois qu'en effet, le débat sur la primaire aujourd'hui est un débat qui est faussé, puisque personne n'est d'accord pour la même primaire, personne n'est d'accord sur son périmètre, personne ne nous dit comment faire. Et donc je crois que le temps est venu d'affirmer ses convictions et ses projets et c'est ce que fait Bruno Retailleau et c'est ce que je ferai avec lui de toutes mes Merci David Marguerite, merci beaucoup d'être venu, d'autant que la séance s'est terminée très tard.

Donc merci encore plus d'avoir été avec nous ce matin très tôt. Steve, on se retrouve nous dans 20 minutes ? Oui, on parlera d'une nouvelle affaire de féminicine de la Vienne, Auriane.

Et c'est à suivre dans la revue de presse régionale et tout de suite c'est un invité exceptionnel qui nous rejoint, Boilem Sansal est l'invité de l'entretien.