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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 29 mai 2022 25 min

Crise des urgences, Mélenchon à Matignon et les ambitions du RN... Le "8h30 franceinfo" de Sébastien Chenu

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info. Bienvenue à tous sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT. On est avec Saveria Rogec, éditorialiste politique. Bonjour Saveria. Bonjour Racine, bonjour à tous. Notre invité ce matin, Sébastien Chenu, bonjour. Bonjour Monsieur, bonjour Madame. Député Rassemblement National du Nord, porte-parole du RN. Elisabeth Borne a tracé la feuille de route du nouveau gouvernement. Première priorité, le pouvoir d'achat. Le gouvernement souhaite aller vite. Un texte qui sera examiné juste après les législatives. Qu'en pensez-vous ?

0:32
Sébastien Chenu

Je pense d'abord que la parole d'Elisabeth Borne n'imprime absolument pas. Il y a eu une vacance du pouvoir d'abord depuis un mois. Le président de la République a été élu il y a un mois. Que s'est-il passé pendant un mois ? Rien. Strictement rien. On a l'impression d'ailleurs que la machine étatique est totalement à l'arrêt. Alors que les Français, pendant un mois, ils ont subi bien entendu l'augmentation des carburants. Mais également des augmentations très significatives sur l'alimentaire. Je pense aux oeufs, je pense aux tomates, etc. Le gouvernement n'a strictement rien fait. Aujourd'hui, Elisabeth Borne vient nous dire que c'est la priorité.

Mais enfin, ça fait déjà des mois que c'est la priorité des Français, le pouvoir d'achat. Or, il pouvait agir. Il pouvait agir très concrètement. Je vous donne un exemple, puisque nous, c'est une des propositions qui nous tient à cœur. C'est qu'en période d'inflation, nous tenons à ce qu'il n'y ait 0% de TVA sur un panier de 100 produits de première nécessité. Le gouvernement pouvait définir déjà ces produits de première nécessité pour tout de suite enclencher.

1:27
Invité

On va évoquer avec vous les solutions que vous proposez, comparé à celles du gouvernement, puisque le pouvoir d'achat, c'est effectivement que vous vous mobilisez au Rassemblement National là-dessus, notamment depuis la campagne présidentielle. Le gouvernement, une des premières mesures, c'est le chèque alimentaire, qui représenterait 45 à 50 euros par famille et par mois. Vous, votre mesure phare, ça serait la suppression effectivement de la TVA, vous venez de le dire, à 5,5% sur une centaine de produits de première nécessité. Ça baisserait, cette mesure, uniquement le panier moyen de seulement 5 euros.

Est-ce que la solution du gouvernement, le chèque alimentaire, n'est pas plus efficace que votre mesure ?

2:05
Sébastien Chenu

Non, parce que la mesure que vous évoquez, elle n'est pas unique. Il y a d'autres mesures auxquelles s'ajoutent celle-ci, notamment la baisse de la TVA à 5,5% sur toutes les énergies, c'est-à-dire l'essence, l'électricité, le gaz.

2:17
Présentateur

Donc de façon indifférenciée pour tous les Français, quel que soit leur revenu, leur difficulté ou leur facilité.

2:24
Sébastien Chenu

Et je vous explique pourquoi. On nous dit, oui, mais enfin, les produits de première nécessité, si on baisse la TVA sur les produits de première nécessité, les gens qui gagnent bien leur vie, eux, en bénéficieront. Sauf qu'ils ne vont pas chez Lidl. Moi, je le vois dans ma circonscription, les gens qui vont prendre, acheter des produits de première nécessité, ce sont des gens qui n'ont pas les moyens d'aller prendre des produits haut de gamme. Donc de toute façon, ceux qui en bénéficieront, ce sont les gens qui n'ont pas le choix. Et puis, il y a un non-sens permetté dans la politique que mène ce gouvernement. Donner des chèques pour combler des taxes, c'est un non-sens économique.

Je croyais qu'on avait les Mozart de la finance, mais enfin, inventer l'idée de donner des chèques, ce qui coûte très cher aux finances publiques. Je rappelle qu'on en est à plusieurs dizaines de milliards, depuis le début de cette crise économique, d'argent public délivré pour des chèques, pour compenser des taxes. Eh bien, nous, nous pensons... Enfin, ces aides au pouvoir d'achat, vous les voterez ou pas, Sébastien ? Je termine juste mon raisonnement. Nous pensons que baisser les taxes dans la durée a beaucoup plus de sens, parce qu'il faut des réformes qui soient pérennes, et pas uniquement des morceaux de scotch.

Nous, nous voterons tout ce qui peut redonner aux Français un peu de leur argent qu'on leur vole toute l'année.

3:28
Invité

Donc le paquet pouvoir d'achat du gouvernement, pour être très clair, vous le voterez.

3:31
Sébastien Chenu

Mais on va voir ce qu'il y a dedans, madame. On va voir ce qu'il y a dedans. Mais tout ce qui peut redonner un peu de l'argent qui est piqué aux Français depuis des mois et des années, nous le voterons, ne serait-ce que pour qu'ils puissent s'en bénéficier. Mais nous verrons ce qu'il y a là-dedans, parce que moi, je suis très dubitatif sur les mesures d'Emmanuel Macron. Un Emmanuel Macron qui, d'ailleurs, ne parle pas, par exemple, de la réforme des retraites pendant cette campagne législative, c'est-à-dire qui prépare les mauvais coups pour l'après-législative.

3:54
Invité

Vous évoquez la baisse des taxes, notamment sur le carburant, baisse des taxes pour tout le monde. Je voudrais qu'on écoute ce qu'en pense l'ancienne ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili. Elle était l'invité de France Info, de la matinée de France Info, vendredi.

4:07
Locuteur non identifié

Là, vous avez une baisse de TVA qui va toucher le monsieur qui se balade en Porsche dans Paris. C'est très bien, on est content pour lui, sauf que je ne vois pas l'intérêt. C'est des mesures qui coûtent très cher. Moi, je préfère que cet argent soit mis pour les personnes qui en ont le plus besoin. Et puis, en plus, baisser les taxes sur les carburants, c'est un signal aussi qui est complexe, puisque c'est difficile ensuite de les remonter. Et on est sur des mesures qui vont à l'encontre de tout ce qu'on essaye de faire sur le respect de nos objectifs climatiques. N'oublions pas que nous devons sortir des énergies fossiles.

4:41
Invité

Barbara Pompili qui nous dit que ces mesures coûtent très cher et elles vont à l'encontre de la sortie des énergies fossiles. Qu'est-ce que vous lui répondez ?

4:48
Sébastien Chenu

Je lui réponds deux choses. La première, d'abord, son exemple est complètement débile pour un gouvernement qui a donné des chèques à des députés européens, qui a donné des chèques à des tollards. Alors, on se demande comment ils peuvent l'utiliser, puisque par définition, ils ne peuvent pas circuler. Venir nous dire, ah oui, mais vos propositions ne collent pas à la réalité, c'est quand même un peu fort de café. La deuxième chose, c'est que oui, nous, nous souhaitons que la baisse des taxes sur les énergies, elle soit pérenne. Et que ce ne soit pas une fois. Donc, c'est tout ce qui nous différencie probablement de ce gouvernement, c'est qu'on souhaite des mesures pérennes.

Ils se cachent derrière le petit doigt de l'énergie pour ne pas le faire. La réalité, c'est qu'ils ont augmenté les taxes sur l'essence et sur les carburants depuis qu'ils sont là. Emmanuel Macron les avait déjà augmentées, d'ailleurs, lorsqu'il était ministre. C'est une obsession qu'ils ont, qui est celle de racketter les Français, à laquelle s'ajoute d'ailleurs celle du contrôle technique sur les deux roues, sur les motos, qui va tomber aussi après les législatives, qui sera encore une façon de racketter les Français. Arrêtons de racketter les automobilistes sous les prétextes les plus variés.

5:46
Invité

Néanmoins, vous êtes d'accord qu'une telle mesure, la baisse des taxes sur les carburants, n'encourage pas justement les Français à moins utiliser leur voiture, à moins consommer d'essence ?

5:54
Sébastien Chenu

Non, mais les Français n'ont pas toujours le choix. Quand vous êtes infirmière libérale, dans des zones en particulier rurales, vous utilisez votre voiture. Mais le monsieur qui roule en Porsche dans Paris, l'exemple de citer Barbara Pompili. C'est un exemple sur combien... Moi, je connais beaucoup plus d'ouvriers qui prennent leur bagnole pour aller à l'usine ou d'infirmière libérale qu'un type qui roule en Porsche dans Paris.

Et lui, de toute façon, on pourra probablement, avec les propositions que nous faisons sur l'impôt, sur, j'allais dire, la fortune immobilière que nous nous souhaitons, lui, nous pourrons corriger le tir, mais c'est totalement marginal par rapport au nombre de Français qui utilisent leur voiture. Il faut bien comprendre une chose. Il faut arrêter de culpabiliser les Français qui utilisent leur voiture. Ils n'ont pas le choix. Et qui consomment de l'essence, donc des énergies fossiles. Ils n'ont pas le choix. Il faut développer d'autres choses. Il faut développer l'hydrogène, par exemple.

Il y a d'autres choses à développer, mais arrêter de taper sur les automobilistes comme s'ils étaient les responsables de la crise climatique.

6:43
Invité

Une question sur la santé. Il y a aujourd'hui, en France, 120 services d'urgence qui sont actuellement fermés ou partiellement fermés dans notre pays. Quelles sont vos solutions pour faire face à cette situation ?

6:56
Sébastien Chenu

Là encore, quel manque d'anticipation quand je vois que les services de l'hôpital de Sanlis, par exemple, sont fermés. Ce gouvernement n'a rien anticipé. Pourquoi ? Parce qu'il y a trois leviers, à mon avis, sur lesquels il faut agir en matière de santé. Il y a évidemment le levier du recrutement du personnel hospitalier. Ça ne se fait pas en 15 jours, mais enfin, ça fait 5 ans qu'ils sont au pouvoir. Il y a le levier des rémunérations. Là encore, ça n'a pas donné satisfaction. Le Ségur n'a pas donné satisfaction. Je vous rappelle notamment la grève des sages-femmes qui était totalement zappée.

Et puis, il y a celui de l'organisation des directions d'hôpitaux, en particulier d'hôpitaux publics. Je pense à la remédicalisation des directions d'hôpitaux. Là encore, aucun chantier n'a été ouvert là-dessus. Or, on a bien vu que ça avait été un des problèmes récurrents pendant la crise du Covid que celui de l'organisation, l'hôpital public. Donc, le nombre, la rémunération et l'organisation. Ce gouvernement, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'est pas au niveau.

7:46
Présentateur

Sébastien Chenu est l'invité du 830 France Info. On reprend cette interview après le fil info avec Benjamin Fontaine. Il est 9h20. Gaz lacrymogène et bousculade autour du Stade de France hier soir, juste avant la finale de Ligue des Champions. Des supporters auraient tenté d'entrer sans billet ou avec de faux billets. 68 personnes ont été interpellées en marge du match remporté par le Real Madrid. Victoire 1-0 sur Liverpool. Comme promis, Joe Biden se rend au Texas aujourd'hui, à Ovalde, 5 jours après la tuerie qui a fait 21 morts dans une école primaire. Le président américain va rencontrer les familles et des dirigeants politiques et religieux.

Les rares averses de la semaine n'ont pas changé la donne. 24 départements du sud ou de l'ouest de la France dépassent maintenant le seuil d'alerte de vigilance sécheresse. Plus question dans ces départements de laver les voitures, remplir les piscines ou arroser les pelouses. Le vieux port de la Rochelle va encore vibrer cet après-midi. Les rugbymen du Stade Rochelais sont attendus en bus vers 19h pour fêter leur titre européen. Leur premier remporté hier après-midi 24 à 21 face aux Irlandais de l'Heinster. En foot, match retour des barrages de Ligue 1 et Ligue 2. Saint-Etienne reçoit Auxerre après un match nul jeudi un but partout. La rencontre démarre à 19h.

Les Auxerrois jouent la montée. Les Verts doivent se battre pour ne pas descendre. Et puis une comédie satirique décroche la palme d'or à Cannes. Sans filtre du réalisateur Ruben Ostlund est récompensé 5 ans après The Square, autre film du suédois. France Info Sébastien Chenu, le porte-parole du Rassemblement National et notre invité ce matin, Saveria Rogec.

9:20
Invité

Sébastien Chenu, vous avez aujourd'hui le Rassemblement National, à aujourd'hui 6 députés sur 577. Quelles sont vos ambitions pour le prochain scrutin ?

9:30
Sébastien Chenu

Écoutez c'est simple, avec moins de 15 députés, on n'arrive pas à faire bouger les choses. Avec 15 à 100 députés, on contre Macron et ça c'est notre premier objectif. Avec 290 députés, on refait le match puisque la majorité change de camp. Donc nous, nous considérons que les institutions de la Ve République ont malheureusement, bien souvent d'ailleurs, donné une majorité au président élu. C'est un fait. Donc il est difficile de refaire le match. En revanche, il faut contrer Emmanuel Macron. Donc à partir de 15 députés, on peut contrer Emmanuel Macron et il n'y a pas de limite à ça.

10:01
Invité

Vous dites difficile de refaire le match. Jean-Luc Mélenchon se trompe quand il vise Matignon, c'est ça ?

10:06
Sébastien Chenu

Non mais Jean-Luc Mélenchon, tout le monde a compris qu'il ne sera jamais Premier ministre, éventuellement Premier mytho de France. Mais enfin Jean-Luc Mélenchon ne sera pas Premier ministre. Il n'y a pas un sondage qui explique que Jean-Luc Mélenchon peut gagner la majorité. D'ailleurs lui-même est plutôt en fin de carrière, il n'est même pas candidat à ces élections. Donc il ne mènera pas l'opposition. Nous, on veut des députés qui mènent l'opposition, qui soient combattifs, qui avancent sur le pouvoir d'achat, qui avancent par exemple, j'en reviens sur une proposition tout à l'heure, on parlait de la santé. On dit mais il n'y a pas assez de monde dans les hôpitaux.

Mais si on réintégrait déjà les soignants qui avaient été mis à pied au moment du Covid, voilà déjà une première proposition que les députés Rassemblement National vont porter dès demain.

10:40
Présentateur

Entre les débiles et les mythos, en tout cas vos propos sont assez durs ce matin, Sébastien Chenu. Parlons justement de vos candidats.

10:46
Sébastien Chenu

J'ai dit que c'était débile concernant Barbara Pontwick, ses propos étaient débiles.

10:49
Présentateur

Vous avez parlé du gouvernement et des propositions qui étaient faites par le gouvernement. A propos de vos candidats justement, je pense que nos auditeurs ont tous en tête des images qu'on a vues assez récemment. Je pense à deux candidats que vous envoyez littéralement dans le mur, puisque ces candidats arrivent en plateau, n'ont aucun élément, aucun élément de réponse, aucun élément de discours pour répondre aux journalistes. Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi vous les envoyez comme ça au front, sur des plateaux télé ?

11:18
Sébastien Chenu

Je trouve que vous faites preuve de très mauvaise foi, sincèrement. Je vous le dis, mais peut-être le service public fait-il preuve de très mauvaise foi, car le service public, ça a été démontré notamment par le journal Le Point, a surévalué, a donné beaucoup plus la parole à Jean-Luc Mélenchon. Peut-être qu'il y a un tropisme dans le service public. Où est la mauvaise foi ? Et de l'autre côté, on met dans la lumière deux candidates du RN, dont c'était, qui ont 23 ans ou 30 ans, dont c'était la première télévision. Or peut-être que vous-même ou moi, la première fois qu'on est passé à l'antenne, on n'était pas les plus brillants. Mais je dis cela parce que je ne pense pas que...

On avait des fiches, on avait des éléments, on a le sentiment, on a le sentiment que votre parti les envoie au casse-pique. Deux filles qui ont perdu leurs moyens, je trouve que c'est un peu cruel de s'abattre sur elles comme ceci, mais surtout, ce sera toujours mieux qu'investir des candidats, comme on l'avait fait En Marche, qui battent leurs femmes, ou comme le fait M. Mélenchon à l'extrême-gauche, qui ont été des dealers dans le Val-de-Marne, M. Boyard, qui étaient dealers. C'est-à-dire qu'il y avait du... Non, c'est pire, effectivement. Alors oui, vous nous dites qu'il y a deux candidats... Mais quelle est votre responsabilité dans le fait de les envoyer en première ligne ?

C'est de continuer probablement à former deux candidats qui ont perdu leurs moyens, mais nous, nous ne présentons pas des candidats qui battent leurs femmes ou qui dealent de la drogue. Et je pense que c'est beaucoup plus grave de faire ça.

12:24
Invité

Toujours sur ces candidatures aux législatives, la gauche va partir rassembler la majorité présidentielle également. Et vous, que se passe-t-il ? On a le sentiment que Marine Le Pen a choisi de laisser Jean-Luc Mélenchon incarner seul l'opposition à Emmanuel Macron.

12:39
Sébastien Chenu

Non mais nous, on ne veut pas laisser les pleins pouvoirs à Emmanuel Macron. Mais on veut incarner une opposition qui soit responsable. Donc si c'est pour incarner l'opposition burkini, l'opposition anti-flic, parce qu'il faut lire le programme de M. Mélenchon et de l'extrême-gauche, qui sont contre les BAC de nuit, par exemple, l'opposition qui veut désarmer la police, l'opposition anti-nucléaire. M. Chenier, je vous parle des alliances. Pourquoi vous n'avez pas fait alliance, notamment avec Reconquête, le parti d'Éric Zemmour,

13:02
Invité

et avec Nicolas Dupont-Aignan ? Pourquoi ?

13:04
Sébastien Chenu

Et bien justement, pourquoi on n'a pas fait alliance ? Parce que nous avons des différences. Par exemple, sur la réforme des retraites, nous ne souhaitons pas de la réforme des retraites à 65 ans. Or, j'ai cru comprendre que dans le discours d'Éric Zemmour, il y avait cette volonté d'une réforme des retraites qui aille jusqu'à 65 ou 67 ans. Donc nous avons des différences. Il y a parfois des points de convergence qui nous amèneraient à prendre nos responsabilités. Mais il y a surtout des points de divergence. Et nous, nous n'empêchons personne d'être candidats, d'ailleurs. Nous avons annoncé 577 candidats partout en France.

Chacun a le droit de défendre ses propositions, sait en quoi il croit. Et puis les Français tranchent.

13:37
Invité

Éric Zemmour dit que votre objectif, c'est de le tuer. Marine Le Pen dit qu'Éric Zemmour a affaibli le camp national. Je voudrais qu'on écoute Stanislas Rigaud, qui est le porte-parole de Reconquête, le parti d'Éric Zemmour. Il était l'invité de France Info hier.

13:52
Locuteur non identifié

Éric Zemmour et Marine Le Pen ont eu des mots pendant la campagne présidentielle. Au second tour, Éric Zemmour l'a soutenue. Et pour autant, au moment du troisième tour, que sont les législatives, Marine Le Pen n'a pas accepté l'offre d'alliance qu'Éric Zemmour a proposée. Donc je ne suis pas sûr que ce soit une question de mots. Je crois que l'enjeu est bien plus grand que ça. Et que si on pense ce qu'on dit, si on pense que les sujets que nous évoquons sur votre antenne ou sur d'autres antennes sont importants, eh bien il faut parfois faire fi de ces petites querelles. Mais je vois que les mains tendues ont été refusées.

14:20
Invité

Une question simple, Sébastien Chenu. Si Éric Zemmour, après le scrutin de la législative, est élu député, est-ce qu'il pourra siéger avec vous à l'Assemblée nationale ?

14:28
Sébastien Chenu

Je vais vous répondre, mais juste pour Stanislas Rigaud. On a justement proposé à Stanislas Rigaud de le soutenir. Donc que ce soit lui qui dise qu'on n'a pas voulu répondre à la main tendue, c'est un peu savoureux. Et juste une chose, moi je ne comprends pas Reconquête, qui nous dit qu'on veut faire l'union des droites, mais qui de l'autre côté nous dit que Marine Le Pen est de gauche. Faire l'union des droites à quelqu'un dont on dit qu'elle est de gauche, c'est un peu bizarre. Bon, Éric Zemmour, mais on verra, il faut déjà qu'il aille au second tour. Nous on a un très bon candidat dans la circonscription. On verra, vous ne dites pas non donc. Mais non, mais on prendra nos responsabilités.

C'est-à-dire ? Si Éric Zemmour est devant le candidat du règne, mais je crois que ce ne sera pas le cas. Et puis après Éric Zemmour se déterminera.

14:59
Invité

Si Éric Zemmour est devant votre candidat, que se passera-t-il ? Je ne fais pas de politique fiction,

15:04
Sébastien Chenu

mais nous on prend nos responsabilités dans la vie. On ne fera jamais élire quelqu'un d'extrême gauche. On ne fera jamais élire la gauche burkini, la gauche anti-flic, la gauche anti-nucléaire. Mais je crois que ce sera une bataille entre le Rassemblement National et son candidat Philippe Lottiot dans cette circonscription du Var, et puis le candidat probablement de l'extrême gauche ou de la majorité actuelle. Mais Reconquête, c'est un parti ami ou un parti concurrent ? C'est un parti concurrent, ils sont dans leur couloir, comme d'ailleurs peut l'être Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan. On a des points de convergence, des points de divergence, mais c'est la démocratie.

A gauche, les Verts, le PC, l'extrême gauche, le PS, il y a beaucoup de familles politiques, de temps en temps ils s'entendent, on le voit, de temps en temps ils sont concurrents, on le voit aussi puisqu'il y a beaucoup de dissidents dans leurs histoires d'alliances nups. Donc voilà, on a le droit de ne pas être d'accord sur tout. Nous on n'empêche personne d'être candidat. Chacun a le droit de défendre ses idées. Et puis après, les Français choisissent.

15:57
Invité

Un mot Sébastien Chenu sur la succession de Marine Le Pen. C'est la huitième fois qu'un Le Pen échoue à l'élection présidentielle. Est-ce qu'il n'est pas temps de changer de leader à la tête du Rassemblement national ? Elle-même, elle l'a dit cette semaine, elle dit qu'elle n'a plus forcément envie, elle dit avoir fait le tour de cette présidence qui demain reprendrait les rênes du parti le jour où elle ne serait définitivement plus à la tête du Rassemblement national.

16:25
Sébastien Chenu

Bon, plusieurs choses. D'abord, on ne peut pas nous faire le reproche tout au long de l'année qu'il n'y ait qu'un Le Pen ou une Le Pen aux élections. Et le jour où on dit, mais on fait monter des gens pour préparer l'avenir si Marine Le Pen ne souhaitait pas continuer à présider le Rassemblement national, nous dire, ah mais quand même, alors du coup maintenant elle ne veut plus. Écoutez, c'est notre responsabilité de faire monter des générations et des générations. La séquence électorale actuelle n'est pas finie. Nous allons envoyer des bataillons et des bataillons de députés Rassemblement national à l'Assemblée pour contrer Emmanuel Macron.

Quand cette séquence sera finie, viendra celle de l'organisation interne de notre parti politique qui, à mon avis, intéresse un petit peu moins les Français. Et bien dans cette séquence-là, Marine Le Pen prendra ses responsabilités. Sa succession n'est pas ouverte. Vous pouvez très bien ne pas être président d'un parti et puis être candidat aux élections présidentielles. Emmanuel Macron n'était pas président d'un parti politique lorsqu'il a été candidat aux élections présidentielles. Donc Marine Le Pen choisira le moment et surtout si elle souhaite candidater à nouveau, elle choisira. Elle a le temps, on ne va pas lui redemander immédiatement de choisir, mais sa succession n'est pas ouverte.

Mais nous avons des talents. Et moi je dois dire que quand même dans notre mouvement, on nous a longtemps fait le reproche de voir personne autour de Marine Le Pen. Quand on a fait émerger des gens, Jordan Bardella en fait partie, mais d'autres aussi. Mais moi je dis, il faudrait 100 Jordan Bardella dans notre mouvement.

17:41
Présentateur

Sébastien Chenu, invité du 830 France Info. Ce matin, voici le fil info avec Benjamin Fontaine. Il est 9h10. 68 interpellations cette nuit à Paris et Saint-Denis en marge de la finale de la Ligue des Champions de foot. Le Real Madrid remporte sa 14e coupe en battant Liverpool 1-0. Mais le match a démarré en retard à cause de débordements. À l'entrée du stade, des supporters auraient tenté d'entrer sans billet ou avec de faux tickets. Au Népal, un avion est porté disparu. Ce matin, le contact avec l'appareil transportant 22 personnes a été perdu au-dessus d'une zone montagneuse.

Accusé d'organiser la faim dans le monde, Vladimir Poutine se dit prêt à faciliter l'exportation des céréales de l'Ukraine. Le chef du Kremlin pointe du doigt la responsabilité des Occidentaux. Selon lui, les difficultés d'approvisionnement sont dues aux sanctions imposées à la Russie. Si vous avez écourté votre week-end de l'ascension pour prendre la route plus tôt, vous avez bien fait. La journée est classée noire par bison futée dans le sens des retours. Il est conseillé de rejoindre l'Île-de-France ou les grandes villes avant midi. Nuit très chaude à La Rochelle sur le Vieux-Port pour fêter la Coupe d'Europe remportée par le stade Rochelais. La première dans l'histoire du club.

Les rugbymen ont battu Leinster 24 à 21. Ils seront de retour dans la ville en fin d'après-midi pour fêter leur titre avec leurs supporters. À Roland-Garros, le début des huitièmes de finale. Aujourd'hui, ce sera sans les Français. Après l'élimination d'Hugo Gaston hier soir, Nadal, Djokovic, Alcaraz et Ziref sont attendus sur les cours à partir de midi. Le porte-parole du Rassemblement National, Sébastien Chenu est l'invité de France Info ce matin.

19:14
Invité

Éric Piolle, le maire de Grenoble, a récemment relancé la polémique sur le port du Burkini en l'endorisant de la piscine de la ville. Décision qui a été, je le rappelle, retoquée par le tribunal administratif. Marine Le Pen et d'autres à droite ont depuis cette semaine réclamé une loi contre le Burkini. Question très simple. À quoi pourrait ressembler ce texte ? Car la décision de la mairie de Grenoble, elle n'a pas été d'autoriser. Je le rappelle, le Burkini, il a mis fin à des restrictions sur les tenues autorisées pour se baigner. Donc comment vous faites pour spécifiquement interdire dans la loi pour dire que le Burkini est interdit ?

19:47
Sébastien Chenu

Vous avez raison, c'est la vraie question. En réalité, on est face à des gens qui veulent faire avancer une idéologie qui est celle de l'islamisme, l'islam radical. des gens qui, de toute façon, pour lesquels il n'y aura jamais de fin à l'idée de faire avancer leurs idées ou leur volonté de faire prospérer ces excès. Face à cela, il faut que la loi définisse ce qu'est l'islamisme. L'islamisme est une idéologie politique que nous combattons. Ce n'est pas la religion, c'est l'islamisme que nous combattons. Il faut le définir.

À partir du moment où on a déjà dans la loi la capacité de définir des idéologies qui sont interdites, combattues et dont les représentations sont également interdites sur le territoire. Eh bien, on définit cette idéologie, on en définit les signes et je pense que le Burkini est le signe de l'islamisme. Il est le signe revendicatif de l'islamisme.

20:37
Présentateur

Le hijab est une tenue islamiste également.

20:39
Sébastien Chenu

Oui, le hijab est une tenue islamiste.

20:40
Invité

Donc, vous nous dites que la loi contre le séparatisme, je rappelle, c'est le texte sur lequel le tribunal administratif s'est appuyé pour casser la décision de la mairie de Grenoble. Ce texte n'est pas suffisant, c'est ce que vous nous dites. Absolument.

20:52
Sébastien Chenu

D'ailleurs, c'est une des propositions aussi que nous l'avons déjà fait lors du mandat précédent, mais nous la referons parce qu'elle est, je pense, beaucoup plus aujourd'hui entendable que nous referons, qui est celle de définir l'islamisme, en interdire les représentations et grosso modo, tout ce qui peut déconstruire notre pays. Je vous donne un exemple parce qu'il est d'actualité. Aujourd'hui, c'est la fête des maires. J'embrasse d'ailleurs la mienne. Mais il y a des gens qui veulent effacer la fête des maires au profit d'une fête des gens qui s'aiment. Et bien là encore, on a typiquement l'idée d'une déconstruction, non d'une idéologie des genres et autres.

Et vous comptez faire quoi dessus ? Mais je veux dire, aujourd'hui, il ne faut pas laisser ces choses-là s'installer. Il n'y a pas forcément besoin d'une loi. Il faut réaffirmer ce à quoi nous sommes attachés. C'est pour ça que je le dis, bonne fête à toutes les maires.

21:35
Invité

Un mot encore sur le Burkini. Éric Piolle, le maire de Grenoble, dit que ce n'est pas un sujet identitaire, c'est un sujet d'accès aux services publics. Est-ce qu'il se trompe ? Quel est le message qu'il faut envoyer justement aux femmes musulmanes qui souhaitent se baigner tout en respectant certains principes religieux ? Je rappelle juste l'exemple de Rennes. Dans la ville de Rennes, dans les piscines, le Burkini est autorisé. Et ça fonctionne très bien. Ça ne concerne que quelques cas. Pourquoi personne ne se focalise ? Pourquoi vous n'attaquez pas la décision de la mairie de Rennes ?

22:04
Sébastien Chenu

Non, mais nous pouvons l'attaquer également. Vous ne le faites pas. Mais nous devons le faire. Il faudra le faire. D'ailleurs, c'est pour ça que nous proposons cette loi. Parce que si cette loi existait, on ne se baignerait pas en Burkini, dans la piscine de Rennes. Faire entrer le religieux dans toutes les étapes de la vie sociale, en particulier dans l'espace collectif, me semble être quelque chose qui va déconstruire, continuer de déconstruire notre pays. Éric Piolle, qui est allié de Jean-Luc Mélenchon, sait très bien ce qu'il fait. Et il sait très bien les signes qu'il envoie.

Et je dois dire d'ailleurs parce qu'ils savent très bien qu'ils sont en train de rendre service à des associations qui sont des associations qui relaient l'islam radical dans notre pays et qui relayeront ces messages sans fin. Après le Burkini, ce sera d'autres demandes. Ce sera l'application de la charia dans l'espace collectif. Ce sera d'autres demandes. C'est sans fin. Il faut qu'on a construit un pays qui s'est construit avec la laïcité. La France s'est construit avec la laïcité. Il faut réaffirmer, redonner des moyens aux dirigeants politiques, à travers la loi, aux responsables politiques, aux maires, de réaffirmer ce principe de laïcité et de l'empêcher d'entrer.

23:09
Présentateur

Vous aviez mené un combat par exemple contre un certain nombre de minarets. C'est un signe d'islamisme pour vous là aussi ? Oui, mais évidemment,

23:16
Sébastien Chenu

c'est un signe... Oui, bien sûr. Les minarets sont des signes de l'islam radical. Oui, oui, absolument. Et donc nous, nous luttons contre... Alors je sais que nous sommes un peu les seuls aujourd'hui à lutter contre... Je vois bien que le gouvernement a du mal à tenir un discours de fermeté. Il a du mal à tenir un discours d'autorité. Et puis il y a les coups de boutoir de l'extrême-gauche qui relaient cela. Nous sommes les seuls à lutter contre, mais nous serons si nous devons l'être les derniers. Nous le ferons par la loi, rien que par la loi.

23:45
Invité

Un mot, Sébastien Chenu, sur l'entrée de Papendiaï au gouvernement. C'est une émission qui a été beaucoup commentée, beaucoup critiquée, notamment à droite, à l'extrême-droite. Éric Sotty a parlé d'un mauvais signal. Jordan Bardella de militant woke, partisan d'idéologie anti-française. Qu'est-ce que vous lui reprochez exactement ? Est-ce qu'on ne lui fait pas un procès d'intention ? Et puis surtout, est-ce que ce n'est pas avant tout du racisme ?

24:09
Sébastien Chenu

Bon, alors d'abord, moi je ne suis pas à l'extrême-droite, madame. Je ne suis pas à l'extrême-droite et donc par conséquent, le jugement que je porte sur Papendiaï est lié à ce que j'ai lu de lui. M. Papendiaï n'est pas né le jour où il est entré au gouvernement. Il a eu des propos, il a eu des actions, il a notamment écrit que la France était un pays dans lequel il y avait du racisme structurel. Il voit les rapports entre les Français comme des rapports liés à la couleur de la peau. Moi, je ne les vois pas ainsi. Moi, je suis un authentique républicain et je pense que M.

Papendiaï fait une erreur et que le IC au ministère de l'Éducation nationale s'est fait rentrer encore un peu plus la déconstruction de nos repères républicains dans l'espace politique. Papendiaï est un relais de l'indigéniste, est un relais du communautarisme. Il n'a, je crois, pas sa place à la tête du ministère

24:53
Présentateur

de l'Éducation nationale. On va devoir s'arrêter ici. Merci beaucoup Sébastien Chenu, invité du 830 France Info ce matin, porte-parole du Rassemblement National, député RN du Nord. Si vous aimez le 830 France Info, on vous conseille Élisée, la bataille, le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr.

Crise des urgences, Mélenchon à Matignon et les ambitions du RN... Le "8h30 franceinfo" de Sébastien Chenu — Sébastien Chenu · Pourquijevote