Valérie Pécresse : L'entretien face aux contribuables !
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J'ai la prétention de le dire, je suis la seule candidate qui aujourd'hui se préoccupe de ne pas léguer de la dette à ses enfants.
Comment je vais faire ?
Bonjour, bienvenue à l'entretien de la présidentielle de Contribuables Associés avec Valérie Pécresse. Contribuables Associés est une association indépendante qui réunit 350 000 membres, 350 000 Français engagés pour diminuer les impôts, réduire les dépenses publiques, lutter contre les gaspillages d'argent public. Si vous voulez nous aider à faire entendre notre voix auprès des décideurs politiques, rejoignez notre association, n'hésitez pas à vous rendre sur notre site touscontribuables.org. J'en profite pour remercier nos membres de leur soutien et des nombreuses questions qu'ils ont adressées à Valérie Pécresse. Plusieurs de ces questions lui seront posées lors de cet entretien.
Je vous souhaite un bon entretien et je vous dis à très bientôt à Contribuables Associés.
Valérie Pécresse, bonjour. Bonjour. Merci beaucoup de répondre aux questions de Contribuables Associés. Je voudrais commencer par une question très simple. Y a-t-il trop d'impôts en France ?
Oui, nous sommes les champions du monde des impôts et pourtant nous n'avons pas des services publics champions du monde. Donc ça veut dire que l'argent de nos impôts n'est pas bien dépensé. Mais je sais qu'en disant ça, je fais plaisir aux Contribuables Associés, mais ce n'est pas ça le sujet. Le sujet c'est comment est-ce qu'on réduit la part de ces impôts et comment on fait pour que l'argent soit mieux dépensé. Et moi dans cette campagne, je suis sidérée de voir que d'un côté, sur ma droite, il y a des candidats qui promettent tout à tout le monde. Je les appelle M.
140 milliards et Mme 150 milliards et qui nous expliquent qu'ils vont réussir à financer des programmes de pouvoir d'achat, de baisse d'impôts colossaux avec uniquement la fin des prestations sociales aux étrangers. Je rappelle qu'il n'y a que 5 millions d'étrangers en France et que donc rien de tout cela n'est financé. Et puis de l'autre côté, il y a Emmanuel Macron qui vient de faire quelque chose de totalement scandaleux, qu'il faut que Contribuables Associés dénonce. Il a refusé d'envoyer à Bruxelles la trajectoire de finances publiques de la France, alors que cette semaine, elle devait être envoyée. Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'on a un Emmanuel Macron qui, dans cette campagne, continue de cramer la caisse. De cramer la caisse, de creuser les déficits, de creuser les dettes. Et on le sait tous ici, à Contribuables Associés, la dette, c'est les impôts de demain. Enfin, donc, moi je le dis, j'ai la prétention de le dire, je suis la seule candidate qui aujourd'hui se préoccupe de ne pas léguer de la dette à ses enfants. Comment je vais faire ? Eh bien, je veux mettre en place dans la Constitution une règle d'or, une règle d'or de trajectoire budgétaire. Je veux qu'on revienne dans les 5 ans à 3% de déficit, qui est l'objectif européen. Ce 3% n'est pas un chiffre pour moi tabou totem ou quoi que ce soit.
C'est juste une trajectoire pour dire à tous les Français, moi je vais maîtriser la dette. Je vais faire en sorte qu'on réduise cette dette et les impôts aussi. Dans mon programme, il y a deux fois plus de baisse d'impôt que dans le programme d'Emmanuel Macron. Mais il y a surtout deux fois plus d'économie que de dépense. Et ça fait de mon programme un programme très singulier, celui de la bonne gestionnaire. C'est un immense défaut. Mais je vais vous dire, s'il y avait eu plus de gestionnaires, de bons gestionnaires à la tête de l'État, nos services publics ne seraient pas dans cet état-là. On n'ouvrirait pas des bureaux au ministère de la Santé en fermant des lits d'hôpitaux.
On n'ouvrirait pas des bureaux dans les rectorats en fermant des classes d'école. Moi, mon objectif aujourd'hui, c'est de regouverner la France, de reconstruire nos services publics, de beaucoup mieux dépenser l'argent. Et je propose une série de réformes pour le faire. La réforme des retraites, vous le savez, la réforme de l'État, la décentralisation, la réforme de l'assurance chômage, une contrepartie de travail obligatoire pour le RSA. Bref, oui, dans mon programme, ça déménage.
Très bien. Je voudrais vous poser une question, justement, ce que vous avez évoqué, le problème de la dette. Le dernier rapport de la Cour des comptes montre bien qu'on est sur une explosion. On va arriver à 113% du PIB. Qu'est-ce que vous allez faire concrètement ? Est-ce que vous voulez maintenir le niveau de dette actuel ou vraiment faire enclencher une baisse ? Quels sont vos objectifs à la fin du quinquennat ? Comment vous voulez...
Alors, comme je vous l'ai dit, trajectoire sur 5 ans de réduction des déficits dans la Constitution. Ça veut dire qu'à chaque budget, le Conseil constitutionnel vérifiera qu'on est bien dans la trajectoire. Donc, ça, c'est très important parce que c'est contraignant. Ça empêche de faire des dépenses à U et à Dia. Mais là, vous avez raison. C'est que je pense que la priorité, c'est d'abord de baisser les impôts. C'est de baisser les impôts et c'est de remettre les services publics sur pied. Donc, je stabilise la dette dans un premier temps. Je la baisserai dans un deuxième temps. Mais je ne l'augmente plus, ce qui est déjà énorme. Et je réduis les déficits.
Mais je veux aussi baisser les impôts. Dans mon programme, il y a 30 milliards de baisse d'impôts. 10 milliards pour les entreprises parce qu'on a trop d'impôts de production et qu'aujourd'hui, ces impôts tuent l'emploi. Donc, 10 milliards de baisse des impôts de production des entreprises, dont une mesure très symbolique pour les TPE, PME, qui est exonération de CVAE, les 50 premiers millions de chiffres d'affaires. Très importante.
Je supprime la redevance parce que cet impôt, aujourd'hui, on n'arrive plus à le collecter puisqu'il n'y a plus de taxes d'habitation et que c'est un impôt qui n'a plus vraiment de sens dès lors que beaucoup de Français regardent la télévision sur leur ordinateur. Donc, aujourd'hui, c'est un impôt qui n'a plus vraiment de sens.
– Donc, vous rejoignez la proposition d'Emmanuel Macron ?
– Oui, je l'avais faite avant lui. Je sais que de temps en temps, il fait du mauvais plagiat de mon programme. Mais en tout cas, je ne vous rassure, pas sur les sujets de sécurité, d'immigration, d'ordre, ni sur les sujets de réforme, de baisse des dépenses. Ça, et sur les baisses d'impôts, deux fois moins de baisses d'impôts que moi. Donc, 10 milliards sur les entreprises, 20 milliards sur les ménages. Dans les baisses d'impôts sur les ménages, il y a une baisse très symbolique, des cotisations retraites pour tous les salariés, un tiers de cotisations retraites en moins grâce à la réforme des retraites, dès juin, ce qui permet une augmentation de 3% de tous les salaires.
Parce que ce que je veux, c'est que le travail paye plus que l'assistance. Et je veux revaloriser le travail. Et donc, pour quelqu'un qui gagne 1 400 euros net, 3% d'augmentation de salaire, ça fait 500 euros de plus par an. Mais c'est important parce que c'est une mesure de pouvoir d'achat. De même, je défiscalise sans plafond les heures supplémentaires. Je défiscalise les contrats d'apprentissage pour les entreprises de moins de 10 salariés. Je permets que les RTT puissent être reversés en pouvoir d'achat sans charge. Et puis, je défiscalise, mais je sais que c'est quelque chose qui vous intéresse, les donations, les successions, mais je crois qu'on va en parler.
On va en parler, mais juste avant d'en parler, je voudrais vous poser une question. Ah pardon, j'ai oublié de vous dire aussi.
Il y a une situation qui, moi, me chagrine parce que je pense qu'elle est totalement injuste. C'est pour les mères seules qui élèvent leurs enfants. Vous savez, quand un couple se sépare, le coût de la vie augmente de 20%. Et ces mères séparées, elles touchent des pensions alimentaires pour élever leurs enfants. Mais c'est des pensions alimentaires qui, si on était en couple, ne seraient pas fiscalisées. Elles seraient des dépenses pour les enfants. Et là, elles sont fiscalisées dans le revenu de la mère. Je considère qu'il faut que ces pensions qui sont là pour faire face aux charges de l'enfant ne soient pas considérées comme des revenus de la mère. Et donc, je les défiscalise.
C'est très important parce que beaucoup de mères seules, du coup, passent des tranches d'impôt sur le revenu, perdent des bourses, perdent des primes d'activité, perdent des aides au logement à cause de cette fiscalisation des pensions alimentaires. Je défiscaliserai les pensions alimentaires.
Très bien. Donc, avant de parler des droits de succession, je voudrais, dans le même cadre, parler des Français qui vivent aujourd'hui une montée du prix des énergies énorme et ça touche beaucoup la province. Que feriez-vous à très court terme pour régler ce problème du prix des énergies ? Est-ce que vous oseriez baisser les impôts, les taxes éventuellement de façon immédiate ?
Moi, contrairement à d'autres démagogues, je ne fais que ce que je peux financer. Donc, je fais quoi ? La première chose, c'est que je rends l'argent. Aujourd'hui, la hausse des prix de l'essence a généré des surcroît de recettes fiscales pour l'État. On me dit que c'est 25 centimes par litre. C'est pour ça que je ne comprends pas si l'État a touché 25 centimes, mais il refuse de faire la transparence sur ces chiffres. On nous dit que c'est 25 centimes, il n'a pas démenti. Si c'est 25 centimes, il doit rendre 25 centimes et pas 15 centimes. Moi, je rends l'argent des surplus de taxes. Ça, je peux le faire puisque c'est des surplus de recettes.
Et puis, par ailleurs, ce que je propose, c'est de défiscaliser des chèques carburants. Si les entreprises veulent faire des chèques carburants comme elles font des tickets restaurants, que ce soit sans charge, parce qu'elles ne le font pas aujourd'hui. Et puis, sur la facture énergétique, parce que ça, c'est sur le long terme, moi, je souhaite qu'on revoie complètement le calcul du prix de l'énergie. Je veux qu'on sorte d'un prix de l'énergie calculé sur le prix du gaz, alors qu'on produit de l'énergie nucléaire qui est bien moins chère. Je veux qu'on renégocie le prix de l'énergie, de l'électricité, au prix où on le produit. Donc, ça fera évidemment baisser la facture d'électricité.
Et par ailleurs, je supprime sur les factures d'électricité la taxe sur la taxe, c'est-à-dire la TVA sur les taxes sur l'électricité, parce qu'on ne fait pas une double taxation. Voilà. Ce qui permettra vraiment d'avoir des factures d'électricité qui, sur le long terme, seront beaucoup plus soutenables pour tous les Français.
Contribuables associés demandent la suppression des droits de succession et de donation. C'est une cause importante pour nos membres. Quelles sont vos propositions à la matière ?
Alors, moi, je veux un choc de transmission maintenant, parce qu'effectivement, avec la crise Covid, il y a eu beaucoup de confinement, et donc beaucoup d'épargne qui s'est accumulée chez les Français. On est dans une situation paradoxale, où on a des Français qui vivent de manière de plus en plus précaire, notamment les Français qui travaillent, et on a des retraités qui, eux, aussi parfois ont des petites retraites avec des grosses difficultés, et d'autres qui ont fait des économies. Donc, moi, ce que je veux, c'est un choc de transmission.
Je veux qu'on puisse faire des donations défiscalisées, et dans tout le cercle familial, parents, grands-parents, oncles, tantes, frères, sœurs, parce que maintenant, on a des familles recomposées, avec des frères et sœurs qui ont des très gros décalages d'âge. Je veux qu'on puisse aider les jeunes, quand on le peut, avec, tous les 6 ans, une défiscalisation des donations jusqu'à 100 000 euros.
D'accord.
Et puis, je veux que 95 % des Français soient exonérés de droits de succession, là aussi en ligne directe, mais aussi en ligne indirecte, parce que les familles sont ainsi faites, que quelquefois, on n'a pas la chance d'avoir des enfants, et on a envie de donner à ses neveux, à ses nièces, à ses frères et sœurs. Donc, j'ai vraiment l'intention de faire ça. Pour les entreprises, c'est pareil. Je veux que nos entreprises familiales puissent être transmises. Il y a un dispositif, vous savez, qui s'appelle le dispositif Dutreil. Celui-là, on le maintiendra.
Je m'assurerai que quand on en fait un, on n'a pas un contrôle fiscal juste un an après, parce qu'en général, quand on fait des dispositifs avantageux fiscalement, on a l'administration fiscale qui est contrôlée juste après. Donc, je ferai une procédure d'acceptation du Dutreil préalable, qui évite qu'on se retrouve avec des contrôles fiscaux deux, trois ans plus tard. Et puis, je ferai un dispositif à l'allemande. Si on garde pendant dix ans le capital de l'entreprise, alors on sera exonéré à 90%. On ne peut pas aller jusqu'à 100%, parce que ce serait inconstitutionnel, me dit-on, mais ce sera 90% de défiscalisation si on garde dix ans. Pourquoi ?
Parce que les entreprises familiales, elles grandissent sur plusieurs générations. Et si on veut faire grandir nos PME et ne pas les faire racheter par des intérêts étrangers, il faut mettre en place cette transmission aux générations futures avec le moins d'impôts possible.
Très bien. Le millefeuille territorial est la cause de beaucoup de dépenses inutiles. Que comptez-vous faire concernant ce sujet ?
Eh bien, je compte vraiment décentraliser. J'ai vu que le président de la République nous disait « Regardez, regardez, je fais une super réforme, je vais faire le conseiller territorial. » Alors, je vous rassure, le conseiller territorial, c'est pour 2028. C'est donc après la fin du mandat, puisqu'il n'y aura pas d'élection départementale et régionale avant 2028, c'est la prochaine date des élections locales. On aura tout le temps d'ici là de travailler sur le projet 2028 pour savoir comment est-ce qu'on élit les conseillers régionaux, les conseillers départementaux. Ça, ce n'est pas une décentralisation. Moi, ce que je veux faire, c'est la vraie décentralisation.
C'est la plus puissante depuis, qu'est-ce-t-on de faire ? C'est une décentralisation par bloc de compétences où l'État lâche prise et où on enlève les doublons. Des vraies décentralisations. Donc, ça veut dire quoi ? Ça veut dire par exemple que tout le médico-social sera donné au département. La médecine scolaire, les EHPAD. Pourquoi ? Le scandale des EHPAD aujourd'hui, qui s'est fait jour, vient de quoi ? En partie du fait qu'il y a une double tutelle sur les EHPAD. Départemental, État. Quand vous avez deux tutelles, il n'y a pas de vrai patron, il n'y a pas de vraie gouvernance.
Je vous assure que si vous donnez toute la tutelle des EHPAD au département, tout proche, s'il y a un scandale, ça va vite cesser. Et ça va vite être corrigé. Tandis que si c'est l'État, le ministre qui donne des autorisations, tout ça se perd et rien ne se fait. Mais Pôle emploi, c'est pareil. Pôle emploi doit être régionalisé. La formation professionnelle, les lycées professionnels, tout ce qui a trait à l'orientation des jeunes, c'est par territoire qu'il faut le faire. Et c'est aux régions qu'il faut le donner. Donc vous voyez, on fera des blocs de compétences qui seront donnés. Et à chaque fois, ces blocs de compétences, il n'y en aura qu'un seul qui sera responsable.
Et ça changera tout parce que ça arrêtera de bloquer. Et j'ajoute que je veux, pour gagner de l'argent et gagner du temps, je veux qu'il y ait des projets, quand les projets sont importants et qui sont d'intérêt local, départemental, régional ou national, qu'on divise par deux toutes les procédures administratives et qu'on mette des délais de justice maximum, six mois maximum. Parce que ce n'est pas possible que tous nos projets de train, de route, de construction, soient bloqués pendant des années par des recours juridictionnels. Mais ça suppose de donner des moyens à la justice. C'est mon plan hors sec pour la justice que je finance par ailleurs, grâce à mes économies.
Très bien. Vous avez une particularité par rapport aux autres candidats, c'est sur le nombre de fonctionnaires. En tout cas, Contribuables Associés demande pour sa part le gel des embauches de fonctionnaires et la suppression du statut général de la fonction publique, excepté pour les fonctions régaliennes. Est-ce que vous pouvez nous expliquer votre position sur ce sujet ?
Si on veut réduire les dépenses de l'État et donc réduire les impôts, comme l'essentiel des dépenses de l'État, c'est les dépenses de salaire, ça veut donc dire qu'il faut afficher un objectif de réduction du nombre des agents publics. Moi, mon objectif, c'est de diviser par deux toutes les procédures administratives et d'utiliser l'outil numérique à fond. Aujourd'hui, vous le savez, 40% du temps de nos policiers est passé à faire des procédures, alors qu'on pourrait utiliser la vidéo, on pourrait vraiment numériser les choses. Ce n'est évidemment pas le cas aujourd'hui.
On a besoin de mieux dépenser l'argent et ça aboutira à la suppression, dans mon projet, de 200 000 postes dans l'administration administrante, mais la recréation de 50 000 postes, là où on en a besoin, dans la justice, dans l'école et dans l'hôpital, parce que là, on en a besoin. Alors, je ne supprime pas le statut de la fonction publique. Votre projet, d'ailleurs, je ne suis pas totalement d'accord avec l'esprit de contribuable associé, parce que vous dites, sauf dans les fonctions régaliennes, mais les militaires, ils sont sous contrat et il n'y a pas de fonction plus régalienne que l'armée et pourtant les militaires sont des engagés sous contrat.
Donc, moi, ce que je propose, c'est de faire une ouverture très large de la fonction publique à des contrats de mission de services publics de 5 ans. Et ça vaut pour les enseignants, et ça vaut pour les administrateurs, et ça vaut pour tout. Et je pense que toutes les fonctions publiques ont besoin d'être irriguées par l'arrivée de personnes en seconde carrière qui viennent de tous les horizons. Le problème, c'est qu'il ne faut pas que, dans ces cas-là, ils commencent au premier échelon du grade. Parce que c'est ça le problème aujourd'hui, c'est qu'on accepte d'avoir des contrats actuels qui viennent, mais on n'accepte pas de les reprendre à la rémunération qui touchait avant.
Donc, moi, ce que j'ai fait dans ma région, c'est que j'ai dit continuité les salaires. C'est-à-dire, si quelqu'un vient dans la fonction publique, alors s'il est très, très, très bien payé, s'il est vraiment payé beaucoup plus qu'un fonctionnaire, ça, ça ne marchera pas. Mais s'il est payé à peu près la même chose qu'un fonctionnaire du même âge, mais on lui garde son salaire, même s'il arrive comme débutant dans la fonction publique. Parce que sinon, ça bloque tout. Ça bloque tout.
Si vous mettez, mettons par exemple, un jeune cadre qui décide qu'il a envie d'enseigner, on lui dit, ah oui, d'accord, mais vous commencez au salaire d'un enseignant débutant, s'il a 40 ans, il ne viendra jamais. Bien sûr. Donc, le principe, c'est des contrats de mission de service public avec un principe qui est, on est payé au même salaire que les gens qui ont la même ancienneté dans la fonction publique que vous. D'accord. Ce qui permettra du coup d'avoir vraiment une vraie ouverture de la fonction publique. Mais je suis favorable vraiment à ce qu'il y ait cette oxygénation de la fonction publique et qu'on puisse aller dans le privé, aller dans le public. Je pense que ça aidera beaucoup.
D'ailleurs, on en a besoin. On en a besoin, par exemple, dans le numérique. On a 50 000 agents publics qu'il va falloir former au métier du numérique si on veut faire la grande digitalisation de la fonction publique qui nous permettra de faire des sacrées économies.
Maintenant, je vais vous poser quelques questions de membres qu'on a interrogés avant. Comptez-vous abroger l'IFI ?
Alors, je ne l'abroge pas, mais je fais 50 % de défiscalisation sur la résidence principale. Et pour les Français qui vivent à l'étranger, on considérera que leur maison en France, c'est une résidence d'attache. Et on lui appliquera la même défiscalisation que la résidence principale. Et je le fais, pourquoi ? Parce que je ne veux pas que des Français qui s'expatrient vendent leur maison à cause de l'IFI.
Très bien. Que comptez-vous faire pour lutter contre la faute sociale ? C'est une question importante.
Je fais un ministère. Un ministère auprès du ministre des Finances, un ministre délégué sur la fraude sociale et la fraude fiscale. Parce que je pense qu'il faut le faire. Alors, par exemple, un des bons outils pour lutter contre une certaine forme de fraude sociale, c'est par exemple ma décentralisation. Parce que je donnerai au département, ils ont la compétence de s'occuper des bénéficiaires du RSA. Je leur donnerai les services de la CAF qui versent le RSA. Comme ça, ça leur permettra de vérifier. Parce que vous comprenez le problème qu'on a ?
C'est qu'aujourd'hui, il y a ceux qui payent, il y a ceux qui contrôlent, il y a ceux qui agissent, toujours trois ou quatre personnes différentes. Donc, on n'arrive pas à faire ce recoupement. Donc, bien sûr, fraude fiscale, fraude sociale, ce seront des grandes priorités. Et il nous faut une cyberpolice. Parce que le vrai sujet aujourd'hui, c'est que toutes ces fraudes, elles sont souvent faites par le biais d'Internet. Donc, moi, je veux une cyberpolice et un cyberparquet qui sache traiter ces sujets.
Très bien. Et dernière question de membre, comptez-vous continuer le financement des éoliennes ?
– Alors, sur l'énergie, il va falloir qu'on produise beaucoup plus d'énergie. Emmanuel Macron nous a considérablement affaibli en fermant Fessenheim, en disant qu'il allait supprimer des réacteurs nucléaires. Aujourd'hui, ce qu'il faut faire, c'est faire de la production énergétique, j'allais dire, avec toutes les ressources du renouvelable et toutes les ressources du nucléaire. Mais sur l'éolien, j'ai bien compris qu'il y avait des territoires dans lesquels le taux, j'allais dire, de tolérance, le seuil de tolérance était dépassé. Donc, moi, ce que j'ai dit sur l'éolien, c'est jamais sans l'accord des populations. Et s'il y a un projet qui n'est pas consensuel, on le remettra en cause.
Mais en revanche, si c'est avec l'accord des pêcheurs et à 30 km des côtes, je ne vois pas pourquoi on l'interdirait.
– Très bien. Et je voudrais revenir, si vous avez une minute sur le sujet pour conclure des retraites, parce qu'il y a beaucoup de retraités qui ont peur pour leur retraite, qu'une petite retraite. Le pouvoir d'achat, c'est souvent une baisse des impôts. Est-ce que vous pouvez juste un petit peu détailler ou aller plus loin sur ce que vous voulez faire sur les retraités qui sont en difficulté aujourd'hui ?
– Alors, d'abord, ce qu'il faut savoir, c'est que si le pouvoir d'achat des retraités a baissé, c'est parce qu'Emmanuel Macron n'a pas eu le courage de faire la réforme des retraites. Aujourd'hui, il reprend la plus courageuse des réformes, tous les autres sont moins dix ans. Marine Le Pen veut nous faire croire qu'on peut encore avoir la retraite à 62 ans. Maintenant, elle a dit 62 ans. M. Mélenchon à 60 ans. M. Zemmour à 64 ans. Moi, avec ma réforme, que je fais donc jusqu'à 65 ans, qu'est-ce que j'obtiens ? D'abord, la réindexation des retraites dès que l'inflation atteint 2 % et du minimum vieillesse. Pourquoi ?
Parce qu'aujourd'hui, l'État gagne de l'argent sur la non-indexation des retraites. Il indexe une fois par an. Donc, quand vous avez, comme aujourd'hui, 4 % d'inflation, l'État gagne 3 milliards d'euros sur le dos des retraités. Donc, les retraités sont vraiment les grandes victimes. Donc, il faut mettre en place, comme pour le SMIC, un dispositif d'indexation automatique des retraites. Moi, je le mettrai en place. Je le mettrai aussi en place pour le minimum vieillesse. En plus, je garantirai, avec ma réforme, que plus aucun retraité qui a cotisé toute sa vie ne partira avec une retraite inférieure au SMIC net.
Et puis, pour les veuves, et les veuves, la plupart du temps des veuves, qui n'ont pas eu de carrière complète, la pension de reversion passera de 54 % à 75 %. Et j'ai aussi un dispositif qui me tient très à cœur. C'est pour les parents d'enfants en situation de handicap. Je veux, pour ceux qui n'ont pas d'héritage, je veux que l'enfant handicapé qui est adulte puisse, à la mort du dernier parent survivant, garder la pension de reversion du dernier parent survivant toute sa vie, en plus de son allocation adulte handicapé, que je décronjugalise. Ça veut dire qu'aujourd'hui, la situation de couple d'une personne ne jouera pas sur son allocation adulte handicapé.
C'est très important parce que certains de nos compatriotes handicapés hésitent à se mettre en couple de peur de perdre leur allocation ou perdre leur allocation parce qu'ils se mettent en couple. C'est totalement injuste.
Très bien. Merci beaucoup d'avoir répondu à nos questions. Je vous en prie. Je crois que j'ai tout dit.
Valérie Pécresse