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interviewBFMTV· 11 avril 2025

Droits de douane, Chine, déficit... L'interview de Jean-Philippe Tanguy en intégralité

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

8h32 sur BFM TV et RMC, mon invité est le vice-président délégué du groupe Rassemblement National à l'Assemblée. Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour Madame Latos, merci pour votre invitation.

Merci à vous d'être là. Une question qui occupe les esprits ce matin, la France va-t-elle être inondée de produits chinois ? La crainte que Pékin puisse exporter massivement vers l'Europe, vers la France, des produits qu'elle ne peut plus écouler aux Etats-Unis, ça vaut notamment pour le textile, l'automobile, une partie de l'électronique.

Jean-Philippe Tanguy, est-ce qu'il faut taxer davantage les importations chinoises ? Il faut s'en protéger, mais ça avait commencé avant. Moi je ne voudrais pas que s'installe dans notre pays un débat mensonger, faisant croire que les problèmes des surplus chinois ne concernaient pas déjà l'industrie européenne.

Je rappelle que dans l'aciérie, l'acier, l'aluminium, déjà une partie de l'automobile, un certain nombre de produits comme les panneaux solaires, les marchés européens, ont déjà été inondés de produits à bas coût, subventionnés, une concurrence déloyale, à titre d'exemple. Il risque d'en avoir plus. Voilà, très bien, mais l'Union européenne fait déjà par exemple des chèques de plus de 20 milliards d'euros pour payer des panneaux solaires chinois qui ont complètement détruit l'industrie européenne.

Je vous rappelle que la dernière usine de panneaux solaires français, Photowatt en Isère, a fermé dans l'indifférence générale, en dehors du Rassemblement national, que pour les éoliennes dans les dix premiers constructeurs en Europe, il y a cinq chinois. Je pourrais multiplier malheureusement les exemples. Donc oui, ça va s'aggraver, mais attention, parce que moi, ce qui m'inquiète aujourd'hui, c'est qu'on fausse, enfin, le gouvernement et la Commission européenne, essaient de manière opportuniste et d'une grande mauvaise foi de profiter du désordre mis par les déclarations et les décisions de M.

Trump pour se défausser de ses responsabilités existantes. Moi, j'ai une vague aujourd'hui de désindustrialisation très grave en Picardie, avec de nombreuses usines qui ferment. On a la chimie européenne qui est en train de crever, et c'était déjà le cas avant.

C'est un deuxième sujet, Jean-Philippe Tanguy. Là, en l'espèce, un sujet immédiat, que l'on entend, qu'on a encore entendu hier soir sur BFM TV, dans la voix d'un certain nombre d'industriels qui étaient invités, c'est qu'il y ait une déferlante massive à court terme de produits. Vous dites, il faut s'en protéger.

Est-ce que s'en protéger, ça veut dire mettre des taxes ? Absolument, mais vous savez, le Rassemblement National a toujours demandé des taxations quand le commerce était déloyal. La Chine est déloyale.

Elle l'est depuis qu'elle est rentrée dans l'OMC à cause de décisions stupides, faisant croire que la Chine était quasiment une démocratie libérale, qui respectait ce qu'on appelle l'économie de marché, mais l'économie de marché, ce n'est pas la sauvagerie. L'économie de marché, il y a des règles, il y a des principes. La Chine ne les a jamais respectées.

Je ne parle même pas des conditions de travail inhumaines, voire de quasi-esclavage d'un certain nombre de populations, par exemple les Ouïghours. Donc oui, évidemment, il faut taxer les importations chinoises déloyales et sauver nos usines, parce que là, l'industrie européenne est littéralement en train de crever sur place à cause de la concurrence déloyale, mais aussi, il faut le dire, à cause des règles européennes ridicules qui sont de la fausse écologie, qui sont de l'écologie punitive, qui sont des normes abusives et qui sont des niveaux de taxes qui ne permettent pas de récompenser le travail. Est-ce qu'il faut, Jean-Philippe Tanguy, puisqu'il vous dit qu'il faut taxer les importations chinoises, est-ce qu'il faut s'aligner sur le taux américain ?

Est-ce qu'il faut aller jusqu'à 145% de droits de douane pour la Chine ? Quitte à dire à ceux qui nous écoutent, oui, tout coûtera plus cher. Non, mais il faut des taxes, si vous voulez, qui ne soient pas des annonces.

Le problème de M. Trump, évidemment, c'est que visiblement, il fait des annonces qui n'ont pas de rationalité économique, ou en tout cas, elles ne sont pas expliquées comme telles. Le programme de Marine Le Pen...

Je suis étonné de vous entendre dire ça. Vous dites, Donald Trump fait des annonces, je répète votre phrase, qui n'ont pas de rationalité économique. Qui n'ont pas l'air d'avoir de rationalité économique, elles ne sont pas expliquées comme telles.

Je veux bien que vous m'expliquez, Jean-Philippe Tanguy. C'est-à-dire que nous, au Rassemblement National, nos programmes font, on a appelé ça le protectionnisme intelligent. Il était fondé sur un certain nombre d'indicateurs.

On avait expliqué que ça dépendait, par exemple, de l'intensité carbone de la pollution émise par la Chine, qui est comptable et opposable des conditions de travail des personnes, par exemple, par rapport aux règles du Bureau international du travail, à Genève, pour protéger les droits sociaux des Français et des Européens. De ce qu'on avait appelé aussi le coût des normes. La France produit des produits sécurisés.

Par exemple, pour les jouets. Quand vous donnez un jouet produit en France ou dans des pays sécurisés autour de nous, à vos enfants, vous savez qu'ils ont des normes protectrices. Quand ils viennent de Chine, vous ne savez pas la camelote qu'il y a dedans.

Et ça peut être dangereux. Donc tout ça est opposable. Tout cela est chiffrable.

Tout ça peut d'ailleurs être traité par des conditions d'arbitrage au sein de l'OMC. M. Trump a annoncé des choses.

Il a dit que ça inclut la TVA, que ça inclut un certain nombre de choses. Mais ce n'était pas opposable. D'ailleurs, il est revenu dessus.

Vous ne dites pas tout à fait la même chose que Marine Le Pen. Vous vous dites qu'il prend des décisions qui n'ont pas de rationalité économique. Elle a dit que non, il n'est pas fou, il a un plan.

Mais ce n'est pas la même chose. Elle a l'air d'y trouver une forme de rationalité, vraisemblablement. Oui, parce que M.

Trump a un plan. M. Trump sait où il veut aller pour les États-Unis.

Mais les critères qu'il a donnés ne sont pas...

D'ailleurs, vous avez beaucoup de mal à les expliquer en plateau. Moi, je peux vous expliquer pourquoi M. Trump le fait comme Marine Le Pen l'explique très bien.

C'est que M. Trump veut réindustrialiser son pays. Il veut réduire sa balance commerciale.

Il veut faire un rapport de force très brutal avec ses concurrents économiques. Mais il le fait d'une manière différente de ce que nous, on aurait fait. Et le programme de Marine Le Pen était beaucoup plus détaillé, était beaucoup plus clair.

Ne serait-ce que parce que nous, nous ne voulons pas, si vous voulez, remplacer un rapport de force brutal par un autre. Nous, on veut un commerce équitable. On veut un libre-échange loyal.

On veut un mondialisme qui ne soit pas sauvage. Et surtout, on veut des décisions dans la durée. M.

Trump, il a une contrainte qu'on n'aurait pas si Marine Le Pen avait gagné les élections présidentielles, Jordan Bardella, les législatives. Il n'a pas le temps. Aux États-Unis, les élections, c'est tous les deux ans.

Les mid-terms, c'est tous les deux ans. Les élus sont en campagne permanente. Ce qui impose aux États-Unis des résultats très rapides et donc des décisions très brutales et très unilatérales parce que les États-Unis se fichent généralement des effets sur leurs partenaires.

Jean-Philippe Tanguy, ce que vous me dites ce matin et ce que vous dites à ceux qui nous écoutent, c'est que le protectionnisme, ce n'est pas mal. Parce qu'au fond, c'était la leçon des derniers jours que l'on percevait en regardant ce que faisait Donald Trump. C'est qu'il avait l'air de méticuleusement démonter chacun des arguments qui ont pu être tenus dans l'histoire en faveur du protectionnisme et des droits de douane.

C'est pour ça que moi je tiens à expliquer la réalité de notre programme. Mais dire que le protectionnisme...

Pour vous, Donald Trump n'est pas en train de faire la démonstration que le protectionnisme, ça ne marche pas ? Déjà, méfions-nous de ce que Donald Trump fera sur le moyen terme. C'est le début d'un plan.

On voit bien que les décisions changent de jour en jour. Tout le monde s'agite, tout le monde surréagit. Ça fait partie de son plan visiblement.

Tout le monde tombe dans le panneau. Nous, avec Marine Le Pen, on a une certaine hauteur, distance sur les faits. On attend de savoir vraiment où il veut mener les États-Unis.

Mais le protectionnisme existe aux États-Unis bien avant M. Trump. Obama était un président extrêmement dur avec ses partenaires commerciaux.

Je vous rappelle qu'il a mis une amende de 10 milliards d'euros à la banque française, la BNP, pour des pratiques qui n'existaient pas. Il a pillé Alstom, il a pillé TECNIP avec le droit extraterritorial américain. La Chine est une puissance éminemment protectionniste.

Le droit extraterritorial, c'est la loi américaine qui s'applique au-delà des frontières américaines. C'est quand, à un certain nombre de règles, les États-Unis peuvent utiliser le droit pour faire de la piraterie, on va dire, des corsaires. Juste, Jean-Philippe, on dit...

Mais la Chine est éminemment protectionniste. Vous ne rentrez pas dans les marchés chinois comme ça. Les marchés publics chinois sont extrêmement fermés.

Le Japon, sous son air libéral, est un pays protectionné. J'ai travaillé au Japon. Personne n'avait accès aux marchés publics japonais.

Jean-Philippe Tanguy, vous dites qu'il faut se protéger. Il faut du protectionnisme intelligent. Est-ce que le Rassemblement national est toujours en faveur de droits de douane nationaux ?

On voit qu'aujourd'hui, la réponse est portée par l'Europe. Marine Le Pen, en 2018, défendait l'idée que ce soit la France qui fixe ses propres droits de douane. Est-ce que vous le souhaitez toujours ?

Ou est-ce qu'on est finalement dans la période un peu plus fort à 27 ? Je note que Donald Trump, hier, a considéré que l'Europe était un bloc avec lequel il fallait négocier. En théorie, on peut être plus fort à 27.

Mais dans la pratique, ce n'est pas le cas. C'est pour ça que Marine Le Pen faisait cette proposition. Qu'est-ce que je veux dire par là ?

C'est qu'aujourd'hui, la politique commerciale européenne, elle est uniquement en faveur de l'Allemagne et de ses pays clients. Est-ce qu'on a une chance aujourd'hui si on va tout seul à Washington porter les seuls intérêts de la France ? Le problème, Madame Latrousse, c'est qu'on fait toujours croire aux Françaises et aux Français que soit on est tout seul, isolé, face à un océan de menaces, soit on doit se soumettre à tout pour être à 27 à n'importe quel prix.

Être à côté de paradis fiscaux, comme l'Irlande, le Luxembourg, Chypre et Malte, qu'on n'a rien à cirer d'exporter des vrais biens, de faire de la vraie économie, de garantir les droits sociaux des Français, ça peut être de faux amis. Et vous savez qu'aujourd'hui, le principal sujet de conflit entre l'Union Européenne et les États-Unis, il y a l'Allemagne et ses excédents industriels, mais il y a aussi l'Irlande qui accueille, qui est le cheval de troie des multinationales américaines en Europe. Ça fait 10 ans que le RN demande qu'on règle le problème, l'iniquité du comportement des Irlandais, qui sont devenus plus riches que les Français à force de nous prendre notre argent et d'abuser de notre bonne volonté.

Mais aujourd'hui, la France n'est pas défendue. Donc ce que demande Marine Le Pen, c'est que quand les garanties vitales de la France sur un certain nombre de secteurs, en particulier l'agroalimentaire ou l'aéronautique ou le nucléaire, ne sont pas défendues, la France peut prendre des mesures. C'était le compromis du Luxembourg et du général de Gaulle.

Travailler ensemble, oui, mais quand on touche à l'intérêt vital de la France, c'est non. Jean-Philippe Tanguy, à l'instant, la Chine appelle l'Union Européenne à résister, je cite, « ensemble à la coercition ». Est-ce qu'il faut s'allier ou se méfier des Chinois ?

Je pense qu'il faut se méfier. J'ai vu hier la dépêche de l'agence Reuters en anglais, je ne sais pas si les médias français l'ont encore traité ce matin, je n'ai pas vu ça, mais c'était très inquiétant. Parce que croire que la Chine, d'une part, est un partenaire fiable, la Chine est un régime autoritaire, c'est une dictature avec des comportements sociaux très graves, avec des abus sur l'environnement extrêmement graves, qui ont menacé les intérêts français avec des pays qui étaient nos amis, notamment en Afrique.

J'invite à ceux qui nous écoutent d'aller voir comment un certain nombre de peuples africains sont exploités par la Chine. Je peux vous dire que c'est extrêmement grave, avec beaucoup de corruption. Donc la Chine n'est pas un partenaire loyal.

C'est un partenaire qui fait, comme la Russie, des ingérences extrêmement lourdes contre nos pays, qui paie un certain nombre d'agents. Il y avait un député macroniste, M. Boutan, qui a été lourdement soupçonné d'être un agent double, d'un agent d'influence chinois.

Ça n'intéressait personne. Et M. Macron l'avait réinvesti.

Oui, mais il avait été réinvesti. Et c'est Mme Rousseau qui a protégé la France à l'insu de son plagré, en battant M. Boutan, parce que les macronistes voulaient faire réélire un agent chinois.

En tout cas, ce n'est pas un partenaire fiable. La Chine triche sur les panneaux solaires, sur la métallurgie, sur les voitures. Ce sont des gens qui espionnent nos intérêts en Europe.

Ils avaient essayé de faire un certain nombre d'investissements après la crise européenne de 2008 et la crise des intérêts, notamment en Grèce, en prenant le contrôle d'un certain nombre d'infrastructures, dans un plan global qu'on appelle les nouvelles routes de la soie, qui visent uniquement à défendre les intérêts chinois. Ils ont d'ailleurs bien raison de le faire de leur point de vue. Et pas du tout un partenaire fiable.

Les États-Unis, et vous savez que moi je veux rentrer en politique, contre l'adjantisme. Mais les États-Unis sont une démocratie. C'est ma question Jean-Philippe Tanguy.

Dans le même temps, les États-Unis, Emmanuel Macron le rappelle ce matin, dans un message posté sur X, font ce revirement sur les droits de douane, à l'exception de la Chine. Enfin, dans le même temps, il reste 25% de taxes sur l'acier, l'aluminium et l'automobile, et des tarifs à 10% sur tous les autres produits, c'est-à-dire 4 fois plus que ce qui existait encore la semaine dernière. Est-ce qu'il faut aussi répliquer aux taxes américaines ?

Mais il faut répliquer aux taxes américaines. Pour l'instant, ce n'est pas ce que fait l'Europe. L'Europe a mis en suspens un certain nombre de mesures.

C'est pire que ça. Madame Vadeléienne a proposé, j'aimerais bien savoir si le gouvernement de M. Macron est d'accord avec ça, un accord de zéro toit de douane pour tous les produits industriels, c'est-à-dire les produits essentiellement allemands et d'Italie du Nord.

Vous ne dites pas comme Donald Trump, l'Europe a eu une réaction intelligente ? Non. D'ailleurs, s'il le dit, ça ne va pas être le cas.

Parce que visiblement, M. Donald Trump défend ses intérêts. Donc s'il salue une réaction européenne, c'est que visiblement, elle ne lui a pas beaucoup fait peur.

En même temps, quand on vous met 25% de droits de douane et que la Commission européenne répond, nous, on vous propose 0%, ce n'est pas vraiment une négociation difficile. Il aurait fallu nous aussi proposer 25% de droits de douane sur les Américains ? Il fallait proposer des mesures ciblées.

Je ne reviens pas sur ce que je disais tout à l'heure, mais nous, il faut des mesures ciblées, analysées. Vis-à-vis des Américains ? Mais bien sûr, y compris des Américains.

Les Américains ne sont pas des colombes, ce sont des faucons. Eux-mêmes se définissent comme cela. Mais je pense qu'on peut avoir des accords rationnels.

Voilà, M. Trump défend les intérêts américains, c'est un négociateur. Il faut rentrer dans un jeu de négociation avec lui.

Par exemple, si on aide les États-Unis à récupérer une part de leurs impôts en Irlande, ce qui est indû. L'Irlande ne se comporte pas bien avec ses partenaires européens, elle ne se comporte pas bien envers les États-Unis. Eh bien, on peut négocier sans doute et protéger nos agriculteurs et notamment nos producteurs de cognac.

Bref, il faut négocier sur des réalités, des vrais rapports de force et pas faire de la moraline. Et de toute façon, le pays principal...

Le Bourbon avait été sorti de la liste des produits...

Oui, après avoir été mis et entraîné des pénalisations sur les producteurs français. Mais derrière cela, il y a quoi, Mme Latrousse ? Il y a évidemment la protection militaire d'un certain nombre de pays européens par les États-Unis.

La France est libre dans ses négociations parce que grâce au général de Gaulle, même si cela a été abîmé par...

Je vois la croix de Lorraine accrochée à votre veste pour les auditeurs de RMC. Voilà, nous sommes relativement libres de notre protection militaire. Les Allemands et un certain nombre de pays ne sont pas libres et donc je crains que dans la négociation, cela pèse contre les intérêts européens et français s'ils ne sont pas défendus à part entière.

Jean-Philippe Tanguy, je rappelle que vous êtes vice-président délégué du groupe Rassemblement National à l'Assemblée. Vous êtes aussi membre de la Commission des Finances. Est-ce que vous jugez que la trajectoire budgétaire que vous avez votée il y a quelques semaines est déjà complètement obsolète au regard des défis qui se posent ?

Éric Lombard, ministre de l'Économie, juge pour lui que l'impact sera modéré sur la France. Est-ce que vous avez la même lecture ? Totalement bidon.

On l'avait dit à l'époque. C'est un mensonge d'État une fois de plus. Ça fait deux ans, la commission d'enquête...

Un mensonge d'État ? Ah oui, c'est un mensonge d'État. L'État des finances publiques, les dérapages systématiquement cachés, des scénarios optimistes complètement pipeaux, l'utilisation des données de l'administration pour faire prendre aux Français des vessies pour des lanternes est extrêmement grave.

Je vous rappelle que...

Jean-Philippe Tanguy, c'est-à-dire que vous n'attendez rien, par exemple, de François Bayrou, qui va tous vous réunir mardi, précisément pour faire la transparence sur les finances publiques, au cours d'une conférence ? Moi, je ne fais pas de procès d'intention. S'il le fait, tant mieux.

Mais depuis trois ans, ce ne sont que des mensonges. Ce sont des mensonges. On a caché aux Français 40 à 60 milliards de dérapages.

Vous vous rendez compte de la gravité des faits ? Tous les déficits sont revus tous les trois ou six mois depuis trois ans. Alors que Bercy est le ministère le plus puissant de l'administration française, qu'ils étaient réputés pour leur sérieux.

Leurs chiffres sont manipulés. Vous traînez une nouvelle cure de rigueur ? Mais c'est le cas, puisque Mme de Montchalin avait mis en réserve déjà 9 milliards.

Voilà, la ministre des Comptes Publics avait mis en réserve 9 milliards d'euros. Elle en a déclenché déjà 5, en prétendant que c'était lié avec M. Trump.

Ce n'était pas lié avec M. Trump, puisque moi, ça fait trois mois avec mes amis de la commission finance que je dis sur tous les plateaux de télévision que de toute façon, les chiffres sont bidons et que les 9 milliards seront bien utilisés. Pour être clair, est-ce que vous censurez le gouvernement de François Bayrou s'il demande trop d'efforts aux Français cette année ?

Je pense que sous la direction de Marine Le Pen et Jordan Bardella, si on demandait des impôts nouveaux, évidemment, nous censurions, comme nous avons censuré M. Barnier qui voulait augmenter les impôts, 4 milliards sur l'électricité, désindexer les pensions de retraite. Tout ça, nous avons protégé les Français.

De ces pertes de pouvoir d'achat et de taxes. Vos lignes rouges rouges restent les mêmes ? Pas d'impôts nouveaux ?

Pas d'augmentation des prix de l'électricité ? Le principe avec Marine Le Pen, c'est que quand il y a une ligne rouge, elle ne bouge pas. Il faudra quand même faire des efforts quelque part, puisque vraisemblablement, la situation...

Il y a beaucoup de dépenses à couper, beaucoup de gap-villes. C'est compliqué. En ce moment, on travaille...

C'est pour ça que malheureusement, je ne suis pas en Picardie, en circonscription aujourd'hui, même si j'ai grand plaisir à être avec vous. C'est qu'on a la loi de simplification administrative. Quand je vois la difficulté que nous avons avec le groupe d'Assemblée nationale à supprimer quelques dizaines de comités, de commissions de parasites par rapport aux 1300 agences et comités qui existent, et qu'à chaque fois qu'on en déploie, on a une heure de palabre pour protéger les uns et les autres.

Hier, quand même très choquant, tout le monde pourra le vérifier. Il y a eu une surmobilisation des députés de gauche et du centre pour venir sauver les Césaires, l'équivalent des conseils économiques et sociaux dans chaque région, qui ont des indemnités, des grasses indemnités. Là, il y avait tout le monde qui était là pour voter, pour protéger ses petits copains qui sont placés dans les Césaires, dans toutes les régions.

Et je ne pense pas que ça intéresse grand monde. Mais pour être bien clair, est-ce que ces efforts aussi et ces économies sur un certain nombre d'agences de l'État, sur le train de vie d'un certain nombre d'agences, ça fait partie de ce que vous réclamerez à François Bayrou ? Sinon, en face, censure encore une fois.

Ça fait partie des rares mesures qui avaient été un peu entendues par M. Bayrou, qui lui avait évité la censure du Rassemblement national. C'est qu'il avait annoncé 5 milliards d'économies sur les agences que M.

Barnier ne voulait pas faire. Donc là, on avait atteint attendu. Et c'était bien la preuve d'ailleurs qu'on proposait des économies, contrairement à la mauvaise foi de nos adversaires, qui prétendent qu'on n'en propose pas.

Là, ils l'ont pris. Il faut continuer. Il faut faire une grande simplification, un grand ménage.

Les normes coûtent à notre pays entre 30 et 40 milliards d'euros. Donc il y a quand même beaucoup de marge avant d'aller taper toujours sur les acquis sociaux des Français. Parce que quand je vois, Dame Latrousse, qu'on en est à priver les Français de pansements et de dérembourser les pansements comme un pays du tiers-monde pendant que nos frontières sont grandes ouvertes au rapatriement sanitaire de gens, pas au rapatriement d'ailleurs, à l'aide sanitaire.

Parce qu'il y a eu des abus aussi. C'est précise tout de même. Les pansements, Madame Latrousse, on en est là.

La sixième puissance du monde ne peut pas prendre en charge des pansements. Moi, je crois que l'on peut, si notamment on s'attaque à l'immigration. Sur le texte sur la simplification économique que vous venez d'évoquer, il y a eu une bataille de rappel au règlement mercredi soir.

Vous avez été accusé de bazardiser l'Assemblée nationale. Il y a eu une bataille entre vous et la France insoumise au sujet de l'accréditation de journalistes à l'Assemblée nationale. Est-ce que vous regrettez l'attitude qui a été la vôtre ?

Je vous avoue, j'ai regardé la séance. Je n'ai pas compris ce que vous avez fait, Jean-Philippe Tanguy. Il y avait dans le texte de simplification des mesures très importantes.

Les ADFE, les zones à faible émission que vous souhaitez supprimer, elles ne seront pas examinées avant la fin du mois d'avril, finalement, en raison du retard qui a été pris. Des mesures de simplification pour un certain nombre de chefs d'entreprise. Tout ça aurait pu être voté cette semaine.

Non, non, on a deux jours de retard, Madame Latrousse. Nous, nous avons protesté pendant une heure. Mais en partie, par votre foot, Jean-Philippe Tanguy ?

Non, excusez-moi. Le gouvernement et la majorité a deux jours de retard. Nous, ce soir-là, nous n'avons pas protesté pour l'accréditation d'un journaliste.

Il y a des images extrêmement fortes. Vous avez une gamine, une journaliste, qui a été séquestrée par des parlementaires socialistes, insoumis, communistes, qui se sont portés comme des voyous, des délinquants, qui l'ont séquestré dans un coin, se sont comportés comme des sauvages, ont voulu l'extraire physiquement. Intimidation, insulte, on ne se comporte pas comme ça à l'Assemblée nationale.

Les images sont en ligne. Et un certain nombre de huissiers sont intervenus, Jean-Philippe Tanguy. Je vous demande simplement, est-ce que, pour autant, retarder...

Pardon, mais je ne crois pas que ce soit votre fille d'abord. Et par la suite, dans vos ordres de priorité, je vous entends depuis des semaines parler de la fin des ADFE, je vous entends depuis des semaines parler de la bureaucratie et de la suradministration des entreprises. Là, vous aviez l'occasion d'avancer sur ces sujets-là.

Mais, une fois plus, madame la trousse, ce n'est pas vrai. Ils ont deux jours de retard, donc ils ont planté la loi de simplification. Volontairement, ce n'est pas de notre faute.

On ne laissera pas s'installer à l'Assemblée nationale des comportements de voyous, des intimidations physiques, où vous avez des députés de la République qui se comportent comme des racailles et comme un gang. D'accord ? On peut être en désaccord avec des gens, on ne les intimide pas physiquement, on ne les prend pas à partie, on ne réunit pas entre 80 et 100 personnes pour insulter, intimider deux ou trois personnes.

Ça, ce sont des comportements qui n'ont rien à faire à l'Assemblée nationale. Et toutes les personnes, les honnêtes gens qui verront ces images comprendront pourquoi le Rassemblement national a protesté. La vraie question, c'est pourquoi ça n'a pas été diffusé sur toutes les antennes.

Et la vraie question, c'est pourquoi la droite et le centre ont une fois plus couvert les violences, les abus, les intimidations, parce que c'est leur copain et parce qu'il ne faut pas déplaire aux socialistes. J'ai un ami personnel, et il y a les images en ligne, qui s'est fait traiter avec des insultes homophobes. Si ça avait été un autre groupe politique que la gauche, ça ferait le tour des médias, mais comme c'est la gauche, on leur pardonne tout parce que c'est le camp du bien.

Ce n'est pas le camp du bien, c'est le camp des voyous. Jean-Philippe Tanguy, en quelques secondes, RMC a appris ce matin que dans l'affaire des assistants parlementaires européens, à peine la moitié des prévenus a fait appel, le délai expirait hier soir. Est-ce que c'est une épine dans le pied ?

Dans la perspective de l'appel, que la moitié des prévenus, finalement, acceptent le jugement et reconnaissent que la peine est juste ? Je n'ai pas cette information, je ne sais pas qui n'a pas fait appel. Vous me l'apprenez, mais Marine Le Pen est très confiante dans sa capacité à prouver son innocence.

Elle le fera. Merci. Et je lui assure une fois plus mon plein soutien avec son courage.

Merci. Jean-Philippe Tanguy, 8h52 sur BFM TV et RMC.