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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 20 janvier 2022 65 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheSantéSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Blanquer à Ibiza : le « symbole » et la polémique #cdanslair 18.01.2022

Au micro : Nathalie Saint-CricqSource d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 17 %Attaque 52 %Défensif 31 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 61 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:43OuverteRéponse partielle

    Qu'est-ce qu'on lui reproche, Yves Tréhard, à Jean-Michel Blanquer ?

  • 2:54OuverteRéponse directe

    Pourquoi ce symbole Ibiza est-il si problématique ?

  • 4:34OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que les Français ne supportent pas dans cette affaire ?

  • 9:16RelanceRéponse directe

    Est-ce que ça ne va pas trop loin ?

  • 10:02OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'ils ne supportent pas, les Français ?

  • 17:38OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'il est un bon exemple pour plaider le présentiel dans les écoles ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:07PrésentateurFait
    « J'ai reçu les consignes du Haut Conseil de Santé publique le vendredi soir, le vendredi 31 décembre. »
  • 12:39InvitéFait
    « Est-ce que j'avais le droit de prendre quelques jours de congé après cette année ? »
  • 12:55InvitéFait
    « Non, bien sûr. Et troisièmement, est-ce que les décisions auraient été différentes si j'avais été ailleurs ? Non plus. »
  • 30:49InvitéFait
    « Emmanuel Macron dans toutes ses prises de parole actuelles, quand il vend son bilan, c'est quasiment la première des mesures qu'il met en avant. »
  • 31:11InvitéChiffre
    « ils ont pris 20 ans de retard par rapport au niveau scolaire »
  • 35:25InvitéChiffre
    « moins 12% de budget par étudiant et par an sous le quinquennat Macron par rapport à ce que je donnais quand j'étais ministre de l'enseignement supérieur »
  • 35:51InvitéChiffre
    « les frais d'inscription sont décidés par le ministère de l'enseignement supérieur : 170 euros par an en licence, 243 en master »
  • 48:45InvitéChiffre
    « dans les transports en commun en Île-de-France, plus de 60% des agressions sexuelles sont le fait de personnes d'origine étrangère »
  • 50:47InvitéChiffre
    « 12% des femmes pourraient voter pour Éric Zemmour en 2022 »
  • 58:46PrésentateurFait
    « il considère qu'il a fait son travail et qu'il a été engagé auprès des professeurs »
  • 59:20PrésentateurFait
    « il n'est pas premier ministre alors que l'autre est premier ministre »
  • 59:26PrésentateurFait
    « Boris Johnson a menti parce qu'il y a même une succession de parties »
  • 1:00:50InvitéFait
    « le ministère du Conseil national met une foire en question qui a mis à disposition de l'ensemble du corps enseignant »
  • 1:02:52InvitéFait
    « il dit mais j'ai peut-être le meilleur bilan qu'un ministre de l'éducation peut revendiquer »
  • 1:03:04InvitéPromesse
    « il y a encore un petit record qui me plairait bien »

Temps de parole

  • Présentateur68 %
  • Invité15 %
  • Invité 25 %
  • Invité 35 %
  • Invité 42 %

1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:08
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Le général de Gaulle avait conseillé à Pompidou d'éviter Saint-Tropez. Jean-Michel Blanquer trébuche à Ibiza. La révélation de Mediapart sur ses vacances ne passe pas et place le ministre de l'Éducation nationale dans une position difficile. À gauche, l'opposition demande déjà sa démission. L'accuse d'avoir traité avec légèreté une rentrée des classes plombées par Omicron. Alors que les professeurs se mobilisent une nouvelle fois jeudi contre le manque de moyens pour faire face à la crise et des protocoles sanitaires intenables.

Jean-Michel Blanquer, lui, regrette le symbole. Ce sont les mots qu'il a tenus cet après-midi à l'Assemblée, mais assure son engagement dans la gestion de la crise. Cette affaire prend une tournure toute particulière, naturellement dans une campagne désormais engagée. Et la Macronie craint que cette fausse note plombe le bilan général de la gestion du Covid. Blanquer à Ibiza, le symbole et la polémique, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Yves Tréhard, vous êtes éditorialiste et directeur adjoint de la rédaction du Figaro. À la une de votre journal, la rivalité Macron-Philippe au cœur de l'organisation de la majorité, on en dira un mot ce soir.

Nathalie Saint-Cricq, vous êtes éditorialiste politique à France Télévisions. Olivier Beaumont, vous êtes grand reporter politique aux Parisiens aujourd'hui en France. C'est à votre journal que Jean-Michel Blanquer a accordé une longue interview à la veille de la rentrée scolaire. Et puis je rappelle ce soir votre livre avec Nathalie Chuc. Chérie, j'y resterai ici la droite aux éditions Robert Laffont. Enfin, Brice Tinturier, vous êtes directeur général délégué de l'Institut de sondage Ipsos. Et je rappelle que vous êtes enseignant à Sciences Po. Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct.

Qu'est-ce qu'on lui reproche, Yves Tréhard, à Jean-Michel Blanquer ? D'avoir pris des vacances ou d'être allé à Ibiza ? D'être allé à Ibiza. Alors d'avoir pris des vacances, peut-être parce que c'est vrai qu'en pleine crise sanitaire, on s'attend peut-être à ce que son personnel politique soit sur le métier et qu'il ne prenne pas de champ. Mais surtout, ce qu'on lui reproche, c'est le symbole. Et alors, je vais vous dire une chose, c'est qu'on peut travailler à Ibiza. Parce que ce que de Gaulle reprochait à Pompidou, c'est d'aller sur la Côte d'Azur avec une Porsche et de faire du bateau, des beaux bateaux en bois. Une autre époque. Une autre époque.

Rien de tout ça avec Jean-Michel Blanquer jusqu'à présent, jusqu'à plus en plein informé. Mais il était à Ibiza. Vous pouvez avoir la connexion avec Ibiza plus facile qu'avec Tulle ou avec, sans être critique, avec la Corrèze, ou avec un autre département. Vous voyez ? Non, ce qu'on lui reproche, c'est Ibiza. Parce que l'Ibiza, c'est quoi ? C'est le symbole de la fête. C'est le symbole des boîtes de nuit. C'est le symbole du soleil, où il y en a davantage d'ailleurs l'été que l'hiver. Voilà, c'est ça qu'on lui reproche. C'est ce qu'il dit lui aussi, il l'admet. Et on lui reproche. Il le regrette. Il le regrette. D'ailleurs, il a fait son méa culpa à l'Assemblée nationale cet après-midi.

Et puis, il y a une deuxième chose aussi. C'est qu'on lui reproche d'avoir délivré le protocole de rentrée scolaire pour les jeunes très tardivement. Or, il se défend comme ça en disant, c'est pas tout à fait de ma faute. Parce que j'ai reçu les consignes du Haut Conseil de Santé publique le vendredi soir, le vendredi 31 décembre. Et le temps qu'on convertisse tout ça et que ça soit comestible pour le public, eh bien voilà, j'ai donné l'interview aux Parisiens.

Sachant, troisième argument, que quand on donne une interview, quand les hommes politiques ou les femmes politiques nous donnent une interview maintenant, en tous les cas dans la presse écrite, puisque les exigences sont un peu différentes dans la presse parlée, ça peut très souvent se faire à distance, par téléphone ou par visioconférence. Aujourd'hui, ça se fait couramment. Donc, ça part comme une traînée de poudre sur un symbole. On l'a vécu dans d'autres affaires. Plein d'affaires. Il n'y a pas très longtemps avec Mme Borne. C'était en pleine réforme des retraites, 2019. On était dans le dur de la grève, je dirais.

Et la ministre des Transports était partie en avion à Marrakech passer quelques jours de vacances. Ça lui avait été reproché. On l'a reproché, je ne sais pas si vous vous souvenez, en 2003, à Jean-François Matéi, en pleine canicule, alors que les décès s'accumulaient. Et M. Matéi, depuis sa maison de Marseille d'ailleurs, il est marseillais, mais il est apparu en polo, un jour du mois d'août, au journal de 20h, et ça ne passe pas. Et Nathalie Saint-Cricq, on pourrait aussi parler des homards de François de Rugy. Des homards. Oui, dont on a su après que c'était des homards qui n'étaient pas chers ce jour-là, et que finalement, ils étaient allés à Rungis.

Mais pourquoi je vous pose la question ? C'est parce que les gens qui nous regardent ce soir et qui disent, bon, ça va, il est parti en vacances. On est dans la plaine symbolique, vous l'avez dit tout à l'heure, avec des signes extérieurs de richesse, soi-disant. Alors, on s'en fiche que finalement, Ibiza, il ne fasse pas beau. Il aurait été à Madrid en disant qu'il visitait une exposition, il ne s'aurait posé de problème absolument à personne, manifestement. Donc, Léomar, Ibiza, Marrakech, on prend l'avion à l'heure et qu'elle était à l'écologie. Donc, son bilan carbone, voilà.

Donc, la chose bête, si j'ose dire, ou légère de Jean-Michel Blanquer, parce qu'il n'est pas très politique parfois, c'est alors même qu'à Matignon, alors même que dans son cabinet, on lui avait déconseillé, parce que maintenant, on est tous payés pour savoir, même si les choses ne sont pas graves, ne sont pas illégales, évidemment, qu'il était à moins de deux heures, enfin, il pouvait rentrer, qu'il y a de la symbolique qu'il faut mieux éviter et que surtout, a fortiori, quand on est à quelques semaines du campagne électorale, il s'est un peu entêté, c'est un peu son caractère de s'entêter quand on lui dit... Il est comme ça ?

Il est connu pour être quelqu'un, je n'irai pas jusqu'à psycho-rigide, mais un peu une tête de mule, mais aussi, il faut dire qu'il a accumulé un certain nombre de contentieux dans son ministère avec les profs pour de bonnes et de mauvaises raisons, d'abord parce qu'il a vraiment voulu réformer, en général, on sait que si on veut avoir la paix à l'éducation nationale, il faut faire un copartenariat avec les syndicats et éventuellement ne pas bouger pour ne pas avoir de problème, il s'est entêté, et voilà, il est rattrapé par ce genre de choses, et j'ai tendance à dire que c'est de bonne guerre, même si je trouve que sur le fond... Il a l'air de le regretter.

Quatre jours et demi, oui, enfin, on l'a aidé aussi à le regretter, parce qu'en gros, il fallait sortir de cette crise, il n'allait pas être viré à trois mois, même si on peut déplorer quand même que les appels à la démission, quatre jours, je dirais, ils ont le droit de partir quatre jours, et quand c'est uniquement la forme et pas le fond... Ça veut dire que ça raconte quelque chose ? Si ça part comme ça, de manière aussi éruptive, peut-être, hein, Brice Ceinturier ? Ça raconte, au-delà de tout ce qui a été dit, je crois, deux autres points. Effectivement, on est en pleine campagne présidentielle, donc le terreau, il est là.

Et puis l'autre terreau, c'est qu'on était aussi dans un protocole extrêmement complexe, avec des parents qui étaient exaspérés, et si on avait été dans une situation sanitaire moins tendue, avec moins d'exaspération, sans grève des enseignants, il est possible ou probable que ce symbole malheureux, ça s'éclaire, mais n'aurait pas pris une telle ampleur.

Donc là, il y a une conjonction, moi je trouve ce qui est tout à fait dramatique pour Jean-Michel Blanquer, c'est qu'il y a une conjonction d'éléments dont on peut considérer qu'il aurait dû en tenir compte, la campagne électorale, la complexité des protocoles, la situation d'Omicron qui change la donne dans le rapport à la pandémie, tout cela fait que Ibiza et le symbole qu'il porte, oui, ne pouvaient que faire flamber. Il y a une autre information qui a trait à sa vie privée, qui est sortie par le Parisien cet après-midi, votre journal Olivier Beaumont, c'est qu'il s'est marié.

7:09
Invité

Oui, exactement.

7:10
Présentateur

Voilà, donc en fait, on ajoute le côté, voilà, je pars en voyage de noces, on ne sait pas si c'est leur voyage de noces.

7:15
Invité

C'est un voyage de noces, ça on ne le sait pas, s'il a aussi le droit à sa vie privée chez Blanquer, mais effectivement, il s'est marié avec une journaliste, avec qui il est depuis déjà un an et demi, donc cette relation n'était pas du tout secrète, et donc il s'est marié à Paris ce week-end. Je rebondis juste sur ce que vous disiez, il y a aussi un autre aspect qui est important, effectivement, Ibiza, le bling bling, la jet set, vous pouvez me rappeler qu'Ibiza en ce moment, depuis deux ans, les discothèques sont fermées, donc ce n'est pas là où on va pour faire la fête.

7:42
Présentateur

Ce n'est pas là où il faut aller faire la fête.

7:43
Invité

Mais il y a quand même un aspect sanitaire aussi, il faut remettre ça en perspective au moment où il part en vacances, c'est que c'est le moment où on dit à tous les Français, faites attention pendant les fêtes de Noël, c'est-à-dire ne vous contaminez pas, les repas autour de la dinde, c'est plutôt quatre maximum, testez-vous, donc on dit aux Français quand même, à ce moment, n'oublions pas, c'était il y a quelques semaines, mais la France est à moitié sous cloche, et finalement, Jean-Michel Blanquer, en étant parti à Ibiza, donne le sentiment de cet affranchi, de cette préconisation sanitaire, bien qu'il est probablement respecté, mais en tout cas, ça donne encore cette petite musique supplémentaire.

8:17
Présentateur

On n'est pas dans le party gate de Boris Johnson ? Non. On n'y est pas du tout ? Pas du tout. Sauf qu'il y a des comparaisons qui peuvent être faites. Alors, allez-y. Simplement, ce que je voulais dire, c'est que quelles que soient les époques, quelles que soient les gouvernements, il y a quand même un devoir d'exemplarité qui est exigé par les Français. Alors, évidemment, ça prend des proportions énormes, et Nathalie a raison, ça a pris des proportions folles pendant 24 heures. On va voir si ça va durer, d'ailleurs. Ce soir, je précise juste qu'il sera au 20h de TF1, donc il considère qu'il doit s'expliquer, sans doute. Il faut qu'il aille s'expliquer devant les Français.

Mais il y a un devoir d'exemplarité, et de plus en plus, je dirais aujourd'hui, pour deux raisons. D'abord, parce qu'il y a une exigence de transparence, avec la pression médiatique qui n'existait pas, par exemple, du temps de Georges Pompidou, où la télévision était balbutiante à l'époque, et il y avait une ou deux chaînes de télévision, donc c'est tout à fait différent, aux ordres, première chose. Et puis, deuxième chose, il y a une défiance vis-à-vis du personnel politique, qui est d'ailleurs étroitement liée avec ce que je viens de dire sur les médias, qui fait que...

La question qu'on peut se poser, et je me tourne aussi vers vous, Brice Saint-Jé, c'est est-ce que ça ne va pas trop loin ? C'est-à-dire, bon, voilà, il part, il était les vacances, il prend 4 jours de vacances, il y a des photos de lui à Ibiza, et d'un coup, il est obligé d'aller faire un mea culpa aux 20h de TF1, tout ça, parce qu'il est allé dans un endroit où, traditionnellement, on fait la fête. Est-ce qu'on peut le déplorer, sauf que ça se passe comme ça ?

Et voilà, c'est à la fois totalement disproportionné, les réactions, parce qu'encore une fois, d'abord, on a tous appris à travailler en télétravail au cours des deux dernières années, et qu'il n'y a pas de dysfonctionnement majeur dans le fait d'avoir été à Ibiza le 31 décembre, au moment où le protocole était rendu. Mais même quand on a dit ça, ça ne change rien. L'époque est ce qu'elle est, la contrainte est ce qu'elle est, le symbole est extrêmement fort, il est extrêmement malheureux, et les Français, je crois, ne supportent pas ça,

10:00
Invité

surtout dans le contexte actuel.

10:02
Présentateur

Qu'est-ce qu'ils ne supportent pas, les Français ? Les vacances, le bling-bling, le côté « c'est dur pour nous, donc on veut que ce soit dur pour toi aussi », c'est quoi ? Il y a un peu de tout ça, mais je pense que ce qui dominait, là, dans cette question, c'était vraiment une rentrée difficile, des protocoles complexes. Une semaine où on a changé les règles du jeu plusieurs fois, et du coup, le contraste entre cette situation-là et le ministre de l'Éducation à Ibiza, c'est ça qui, je pense, est insupportable pour de nombreux Français.

Maintenant, il y a aussi l'image générale de Jean-Michel Blanquer, dans notre dernier indicateur, Ipsos-le-Point, il est à 23% de jugement favorable, à 57% de jugement défavorable, et à 20% de NSP. C'est quelqu'un qui, progressivement, a généré davantage de jugement négatif que de jugement positif, alors qu'au tout début, pendant les deux premières années, il avait un problème de notoriété, mais il attirait les Français. Il était différent, il était nouveau, il faisait des choses, il a réformé. Et là, sa relation... Qu'est-ce que ça a basculé ? Ça a commencé à se basculer avec pas mal de crises, avec parcours suple, avec beaucoup de choses qui se sont nourries.

Et puis aussi, le sentiment, progressivement, qu'il était effectivement très,

11:14
Invité

je ne peux pas dire rigide, mais que dans sa relation et sa volonté réformatrice, il disait les choses parfois un peu sèchement. Et progressivement, la relation s'est un peu détériorée.

11:24
Présentateur

Nous allons poursuivre ce portrait de Jean-Michel Blanquer. On va ressortir quelques-unes de l'époque où on va voir, au début du quinquennat, où c'était vraiment une star, Jean-Michel Blanquer, très populaire. Le ministre de l'Éducation, en tout cas, a tenté d'éteindre la polémique cet après-midi à l'Assemblée. Il sera donc ce soir, au 20h de TF1. Ses vacances à Ibiza, avant une rentrée sous tension du variant Omicron, ne passent pas. Jean-Michel Blanquer regrette donc la symbolique, alors que l'opposition de gauche, sa démission à quelques jours d'une nouvelle manifestation des professeurs. Juliette Vallon et Julien Lenay.

Dans les rangs de l'Assemblée nationale cet après-midi, une cible toute désignée, Jean-Michel Blanquer.

12:07
Invité

Il est temps que le ministre démissionne.

12:10
Présentateur

Tête baissée, le ministre de l'Éducation nationale encaisse les foudres de l'opposition, choquée après les révélations de Mediapart sur sa présence à Ibiza la veille de la rentrée scolaire.

12:20
Invité

Votre faute politique n'est pas d'avoir pris des vacances, mais ne pas avoir fait vos devoirs de vacances en présentant plus tôt et de manière concertée

12:27
Présentateur

votre protocole.

12:29
Locuteur

Merci.

12:30
Présentateur

Face aux critiques, Jean-Michel Blanquer assume ses vacances tout en faisant un mea culpa.

12:37
Invité

Est-ce que j'avais le droit de prendre quelques jours de congé après cette année ? Est-ce qu'il y a des réunions ou des éléments que je devais faire pendant cette période que je n'ai pas fait à cause de ça ? Non, bien sûr. Et troisièmement, est-ce que les décisions auraient été différentes si j'avais été ailleurs ? Non plus. Donc, il y a, je le reconnais, une symbolique. Il se trouve que le lieu que j'ai choisi, j'aurais dû en choisir sans doute un autre. La symbolique, je la regrette.

13:11
Présentateur

Tout s'est enflammé hier avec la révélation du site d'information Mediapart sur la présence du ministre de l'Éducation au Balear lors du week-end du Nouvel An. Le dimanche 2 janvier, c'est depuis Ibiza que Jean-Michel Blanquer accorde une interview exclusive aux Parisiens pour annoncer un énième protocole sanitaire à l'école. Pour le personnel enseignant qui dénonce depuis plusieurs semaines la lourdeur du dispositif en classe, cela ne pouvait pas plus mal tomber.

13:39
Invité

Il y a vraiment un décalage, l'impression que cette crise a toujours été gérée avec beaucoup de légèreté et de désinvolture, c'est aussi ça que ça représente. Ibiza, donc il y a vraiment là un symbole qui est difficile à comprendre et difficile à avaler pour les collègues.

14:00
Présentateur

Du côté du gouvernement, on tente de faire bloc derrière le ministre de l'Éducation depuis ce matin. Il n'a rien à se reprocher.

14:07
Invité

Je n'ai pas à savoir où mes collègues partent en vacances et donc ce que je vous dis c'est qu'il y a une règle qui est fixée qui est très claire, c'est qu'il faut être facilement rapatriable entre guillemets à Paris si besoin et qu'il faut être joignable en permanence et mobilisé à sa tâche. Je n'ai pas de raison de penser que ça n'était pas le cas encore une fois parce qu'il y a eu un certain nombre de réunions qui se sont tenues et des échanges qui ont eu lieu.

14:29
Présentateur

Qu'un gouvernement, je prends pour moi-même, fasse, y compris sur des symboles, des images, des erreurs, dont acte. Mais là, je ne crois pas que ce soit le cas et surtout, encore une fois, je préfère qu'on passe du temps à discuter de comment la garder l'école ouverte si Jean-Michel Blanquer s'est battu pour cela. Pour le candidat d'extrême droite Éric Zemmour, l'opposition se trompe de cible.

14:49
Invité

Vous savez, moi, je n'aime pas les chasses à l'homme pour en avoir été moi-même victime plusieurs fois. Je n'aime pas ça. Donc, j'ai des désaccords avec Jean-Michel Blanquer. Je critiquais Jean-Michel Blanquer quand M. Jadot se taisait. Est-ce que ce n'est pas Jean-Michel Blanquer qui est responsable ? C'est Emmanuel Macron.

15:09
Présentateur

Jean-Michel Blanquer sous tension et à cran. L'ancien recteur d'académie aurait notamment vécu comme une humiliation le passage de Jean Castex aux 20 heures de France 2 pour annoncer à sa place l'allègement des consignes sanitaires à l'école. Selon le Parisien, le ministre de l'Éducation s'en est pris à son collègue Olivier Véran mercredi dernier, juste avant le Conseil des ministres.

15:30
Invité

Blanquer, il est très remonté, très énervé quand il est arrivé à l'Élysée. Et il fonce tout de suite vers son collègue Olivier Véran pour avoir une explication assez musclée avant que la réunion commence. Et là, il lui reproche notamment des articles de presse qui racontent une réunion d'arbitrage tendue le vendredi précédent. Il lui reproche de ne pas l'avoir défendue suffisamment lors d'une question au gouvernement. Peut-être qu'entre elles se passe très très mal pour lui. Et lui qui apparaissait au début du quinquennat un peu comme un homme fort du gouvernement, un poids lourd. Eh bien là, on n'est plus du tout dans ça. Il est effectivement très fragilisé.

16:09
Présentateur

L'Ibiza-Gate, de quoi fragiliser encore un peu plus le ministre de l'Éducation alors que les enseignants ne comptent pas relâcher la pression pour dénoncer le désordre provoqué par la crise sanitaire. Jeudi dernier, ils étaient des milliers à faire grève et à manifester partout en France. après-demain, ils seront à nouveau dans la rue. Si Juliette Vallon parle d'Ibiza-Gate, c'est parce que c'est comme ça que cela s'appelle sur les réseaux sociaux depuis ce matin. Il y en a à peu près de partout. Je vous ai promis tout à l'heure des unes pour qu'on se souvienne la popularité de Jean-Michel Blanquer.

C'était une du point en février 2018 où il apparaissait comme le vice-président qui avait une espèce de Blanquer-mania et puis une de Valeurs Actuelles puisqu'il parlait aussi à cet électorat de droite qui avait rejoint Emmanuel Macron, la nouvelle star pour Valeurs Actuelles. Vous vouliez dire un mot sur la comparaison avec Boris Johnson ? Oui, parce que quand on dit l'Ibiza-Gate, ça fait référence au Watergate où il y a un certain nombre de personnes et tout ce qui s'était pu se passer avec Boris Johnson, ce sont quand même à l'origine des gens qui ont fait des choses épouvantables et qui ont menti. Alors, épouvantable plus ou moins, dans le cas de Nixon, c'était assez épouvantable.

Dans le cas de Boris Johnson, s'est organisé une soirée mais il a menti, il a dit que ça n'avait pas eu lieu et tout ça. Alors que là, Jean-Michel Blanquer n'a pas menti. C'est-à-dire que quand il a su qu'on savait, il ne serait pas allé faire une conférence de presse pour décrire la plage mais quand on a su qu'il savait, il a tout de suite expliqué effectivement, il comprit, accepté l'idée qu'on lui ait déconseillé dans son cabinet et que le dércap de Jean Castex lui a dit également que ce n'était pas une bonne idée. Mais il s'est entêté. Cette question, le ministre plaide pour le présentiel dans les écoles malgré les difficultés travaillées depuis Ibiza est-il un bon exemple ?

Je rappelle que c'est Georges dans le Morbihan qui est enseignant qui pose cette question. Oui mais là, c'est une comparaison, je la comprends tout à fait. Mais on est au 1er janvier d'ailleurs, un 31 décembre, 1er janvier, il a quitté le 30 janvier Paris pour aller passer deux jours de vacances. Deux ou quatre ? Quatre jours. Il revient le dimanche. C'est juste pour t'avoir. Il revient le dimanche. Et sincèrement, encore une fois, sur la responsabilité de la publication du protocole tardive, cette responsabilité n'incombe pas au ministre de l'Éducation nationale.

Elle incombe au Conseil et d'une certaine façon davantage à Olivier Véran d'ailleurs qui est le ministre de la Santé qu'au ministre de l'Éducation nationale. Donc, c'est un peu dur de faire cette comparaison.

18:31
Invité

Olivier Véran ? Bien évidemment, quand Jean-Michel Blanquer fait les annonces dans notre journal sur le protocole sanitaire dans les écoles, s'est tamponné par Matignon et encore plus par l'Élysée. Donc, lui, il est dans cette histoire quelque part un exécutant. Un médiateur. Voilà. La veille, Olivier Véran fait les annonces générales dans les colonnes du JDD et lui, après, il fait la déclinaison sur la partie école dans nos colonnes dans le journal du lundi suivant. Donc, Jean-Michel Blanquer, il y a cet appel à la démission mais ça ne remonte pas à aujourd'hui en fait.

Ça fait déjà 10 jours, 15 jours que les oppositions appellent à la démission parce que depuis 3-4 semaines, il est acculé de critiques sur la gestion dans les écoles. Il y a eu effectivement cette prise d'opposition de Jean Castex que certains a compris ont interprété comme un désaveu pour Jean-Michel Blanquer parce qu'aujourd'hui, c'est un peu la cible facile et pour deux raisons. Il y a d'abord sa proximité avec le chef de l'État et son épouse aussi. Ça compte. Ça suscite des jalousies. Donc, quelque part... C'est toujours le cas. C'est toujours le cas, notamment avec Brigitte Macron.

Donc, c'est une personnalité qui, par le passé, plusieurs fois, qui a pu être attaqué mais qui a toujours été soutenu par le sommet du pouvoir. Et puis, il y a aussi une autre raison. C'est que la critique sur Jean-Michel Blanquer, c'est la critique sur la gestion sanitaire. Et c'est la première fois dans toute cette séquence de cette pandémie que les oppositions ont un os à ronger sur la question sanitaire pour aller cogner sur l'exécutif. Jusqu'à présent, vous voyez bien qu'ils étaient inaudibles et d'ailleurs, ils n'arrivaient pas à porter des propositions ou des contre-propositions.

Là, ils voient bien que ces mesures dans les écoles ont suscité un tollé dans le corps enseignant, y compris chez les parents d'élèves. Et donc là, en attaquant Jean-Michel Blanquer, en plus, à trois mois d'une élection présidentielle, évidemment, tout ça est cousu de fil blanc.

20:11
Présentateur

Vous le disiez, en fait, ce n'est pas uniquement sa responsabilité, il applique la doctrine. Est-ce qu'il est soutenu par l'ensemble de la Macronie comme il le devrait justement parce qu'il ne fait qu'appliquer ?

20:22
Invité

C'est très compliqué. Ma consoeur Pauline était venue à rappeler dans le sujet effectivement cette dispute qu'il y a eu en marge du Conseil des ministres mercredi dernier et dans la foulée, Emmanuel Macron fait un rappel à l'ordre au membre du gouvernement. Il faut soutenir Jean-Michel Blanquer. Ce matin, en réunion de groupe de la majorité, Christophe Castaner a à nouveau dit aux députés qu'il faut faire bloc. Donc on voit que c'est compliqué. Ça revient aussi à ce que je vous expliquais précédemment sur cette personnalité qui est jalousée aussi au sein de l'exécutif.

Donc c'est quelqu'un qui n'est pas forcément très soutenu parce que Jean-Michel Blanquer en plus, c'est le symbole du macronisme. Il n'a pas de réseau politique derrière lui. Il n'a aucun réseau politique Jean-Michel Blanquer.

21:02
Présentateur

Cela dit, il y a une autre critique qui lui a faite, c'est qu'il est très solitaire. Il a un exercice du pouvoir même à l'intérieur de l'éducation nationale qui est quand même une immense maison pour d'aucun mammouth. Il est très solitaire et il est assez peu en contact avec les autres ministres. Il fait sa popote d'une certaine façon de son côté et ça lui est beaucoup reproché. Et en plus, il a quand même quelques réseaux politiques. Il vient de la droite, Jean-Michel Blanquer. Il vient et un de ses meilleurs amis c'est François Baroin. Il aurait pu être ministre et il a d'ailleurs été contacté à l'époque de François Fillon. Il aurait pu être ministre de l'éducation nationale.

Il aurait pu être ministre de Nicolas Sarkozy. Il aurait pu être ministre d'un président de droite et d'un premier ministre de droite. Et c'est ce que certains quand même lui reprochent un peu. Est-ce que c'est pour ça que la droite n'a pas appelé à sa démission ? On a bien vu qu'il y avait un peu de poids de mesure entre une gauche très remontée puisqu'il y a la manif des profs dans quelques jours et une droite qui était un tout petit peu plus en retrait ciblant sur la mauvaise gestion comme vous l'avez dit moins sur la personnalité. Oui d'abord c'est moins leur style quand même de façon générale.

Parce qu'ils ont bien vu qu'il y a un côté appel à la démission qui pourrait dire y compris dans leur électorat il ne faut peut-être pas exagérer c'est une forme de poujadisme de démagogie de dire à démission il est bizarre. Donc ils l'ont prise sur la partie critiquable effectivement et puis personne ne sait comment ça va évoluer dans l'opinion. Peut-être qu'il va y avoir effectivement dans les jours qui viennent c'est ce que demande l'exécutif peut-être qu'il va y avoir une espèce de phénomène toute la France va être contre Jean-Michel Blanquer et on peut imaginer aussi qu'il y ait des gens qui disent bon franchement son bilan je ne sais pas pour l'instant.

C'était la question que je voulais vous poser est-ce que le fait qu'il y ait peu de soutien clairement affiché ça se peut peut-être en coulisses avec les injonctions du président de la République comme vous nous l'avez dit à l'instant Olivier Beaumont mais est-ce qu'il n'y a pas une crainte à moins de trois mois d'une présidentielle deviennent un sacré boulot ?

Oui mais vous avez raison il y a deux problèmes c'est un vanter la spécificité française qui est le maintien des écoles ouvertes qui est quelque chose quand même qui est reconnu un par les parents beaucoup moins par les profs comme quelque chose absolument apporté au crédit de la France ça devait être dans le bilan le dédoublement des classes de CP et de CM1 ça normalement devait être dans le bilan peut-être effectivement qu'avec ça il sera plus difficile de le mettre de l'exposer dans une campagne en le montrant comme un pilier voire comme un chouchou ce qu'il était dans le temps et ce qui a exaspéré les autres ministres qui sont tout fébriles des gens comme Olivier Véran peut-être effectivement que ça peut plomber mais à côté de ça il y a une sorte de c'est pour ça qu'il y avait des gens à l'AREM qui étaient énervés ce matin il y avait des soutiens Clément Beaune qui a été dans un grand soutien ce matin Gabriel Attal soutient mais en disant il ne m'appartient pas de juger donc voilà il y a eu des choses un petit peu différentes je pense que surtout on ne peut pas virer quelqu'un à trois mois et pourquoi pas ?

je ne sais pas en général c'est à me montrer c'est s'accuser soi-même d'avoir été fait surtout en pleine crise et en plus il y a quelque chose qu'Emmanuel Macron ne supporte pas c'est d'obéir aux injonctions que ce soit les injonctions des médias s'il y a une chose qu'ils ne supportent pas c'est bien ça encore moins une injonction de la France Insoumise d'Adide Hidalgo d'Yannick Jadot donc à partir de là ils attendent et ils veulent voir si c'est quelque chose de mineur en gros si la polémique ça nous fait 24 heures ou si c'est quelque chose qui restera dans la rétine des français qui pourraient être sortis au dernier moment ça veut dire que ce qui se passe ce soir chez nos confrères de TF1 est important pour Jean-Michel Blanquer on l'envoie au front ils disent défends-toi et sois bon on lui dit défends-toi et sois bon et on lui dit tu dois vraiment te défendre parce qu'on a l'impression quand même qu'il y a une sous-estimation au début de Jean-Michel Blanquer de la gravité symbolique parce que lui il est assez carré il dit bon j'ai le droit de prendre des vacances il dit ça j'aurais mieux fait d'aller ailleurs ok mais je pense qu'on lui a quand même dit qu'il fallait vraiment faire un geste ça se voyait cet après-midi et un gros geste pour faire passer la pilule et calmer l'effervescence à l'Assemblée comme éventuellement dans l'opinion Brice Saint-Turier c'est un soutien moi je trouve en tous les cas qui manque totalement de chaleur ou de force c'est vraiment nécessité fait loi on est obligé de faire bloc parce qu'on est à 3 mois du scrutin qu'on ne peut pas désavouer le ministre de l'éducation en temps de crise et avec ses partis pris mais au sein de la Macronie je n'ai pas entendu beaucoup de gens dire ce procès est ridicule ou il est excessif ou il est scandaleux l'action du ministre est une action bonne ça n'a rien entaché cette action etc on sentait que c'était oui on le soutient parce qu'on est obligé de le soutenir mais assez minimaliste et le fait qu'il aille à TF1 effectivement c'est un peu vas-y pour réparer ce que tu as causé pour juste rajouter aussi un point à ce que vous avez rappelé sur le moment où il a beaucoup plu aux Français dans l'émission politique de France Tédévision il avait fait un carton il avait obtenu le plus haut score de convaincant qu'aucun autre personnage politique n'a jamais obtenu c'était le jour de la sortie de la Une du Point avec le vice-président il y a vraiment eu un moment

25:51
Invité

qui était un moment très en phase avec Jean-Michel Blanquer chez les Français et puis ensuite ça s'est très lentement et progressivement tendu c'est aussi l'effet quand même des réformes répétées du fait que c'est un ministre qui a une longévité à ce poste

26:05
Présentateur

extrêmement importante ça use ça use ce travail et puis le corps enseignant est un corps difficile compliqué pour le ministre de l'éducation ça a été compliqué pendant 5 ans mais il a réussi à naviguer malgré parce qu'il a quand même réformé le bac on peut en dire un mot parce qu'au chapitre du bilan sur l'éducation nationale il y a eu des réformes qui ont été menées vous parliez tout à l'heure de Parcoursup qui est très critiquée la réforme du bac est aussi très critiquée donc si on fait le bilan du ministre Chouchou au bout de 5 ans vous diriez qu'il est contesté il est contesté mais ça a été un ministre réformateur et il est normal qu'il soit contesté il est normal que la relation aussi se soit détériorée et finalement cette affaire d'Ibiza elle arrive aussi dans ce contexte là au bout de plus de 4 ans d'exercice de la mission qu'il exerce à la tête de l'éducation nationale donc c'est un ministre fragilisé c'est une bourde symbolique comme il le reconnaît lui-même mais qui arrive dans ce contexte et on voit bien que le soutien de la Macronie moi je le trouve quand même très oui justement ça sous-entendrait qui le redoute que ça ne s'arrête pas au bout de quelques jours en tout cas ils sont très prudents tout à fait il a été il a été il ne faut pas l'oublier c'est l'épisode de la semaine dernière qui était tout à fait exceptionnel aussi négociation avec les enseignants mais ce n'est pas lui qui mène la négociation c'est le premier ministre qui vient au ministère de l'éducation nationale et qui préside la séance c'est assez humiliant ça arrive rarement ça et donc il n'y a plus de rapport cordiaux avec les syndicats qu'il n'y a plus de concertation le fil est tendu ou pas coupé mais tendu avec les enseignants et je vous rappelle que d'ailleurs jeudi dernier le gouvernement lâche sur la plupart des revendications demandées par les enseignants qui avaient trait d'ailleurs à la gestion de la crise sanitaire donc du personnel supplémentaire des moyens tout ça le gouvernement lâche et c'est le premier ministre qui gère tout ça et qui laisse son ministre de l'éducation nationale ne pas perdre la face à la fin de la négociation et en allant sur le perron pour annoncer les mesures et il y a le ministre de la santé par ailleurs qui est lui qui a le Covid et qui est en visioconférence c'était pas un épisode agréable pour Blanquer qui était quand même le ministre star du début du quinquennat ne soyons pas naïfs dans cette campagne électorale à trois mois d'un scrutin qui a intérêt à le voir à terre le ministre de l'éducation nationale est-ce qu'il y a une part d'instrumentalisation politique est-ce que c'est totalement un hasard si les choses se déroulent maintenant avec l'un des ministres du gouvernement encore une fois on est en campagne électorale à 90 jours du premier tour de l'élection présidentielle donc toutes les oppositions avec chacune leur stratégie l'appel à la démission ou une critique d'un autre ordre mais ont intérêt à profiter de cet événement pour casser un peu ce que Macron leur impose c'est-à-dire une sorte de monopole autour de la gestion de la pandémie qui fait que les oppositions ont du mal à se faire entendre là ils ont trouvé une brèche

29:01
Invité

ils ont trouvé une brèche il faut aussi dire que Jean-Michel Blanquer il s'est battu comme un chien pour que les écoles restent ouvertes et je pense que c'est quelque chose dont on mesurera les effets positifs plus tard mais donc l'occasion

29:11
Présentateur

est trop belle de venir entamer aussi ce bilan on est en campagne électorale mais sur le fond que demandent les professeurs parce que là aussi c'est vrai qu'il y a l'instrumentalisation politique il y a le bruit de fond et puis il y a concrètement la situation des professeurs qui est difficile on l'a commenté ici même avec des protocoles qu'il faut faire respecter etc il le reproche d'avoir appliqué des règles qui au fond étaient dictées par des autorités sanitaires c'est ça qu'il dit Jean-Michel Blanquer

29:34
Invité

le reproche qu'il font surtout c'est une erreur de communication c'est à dire d'avoir à chaque fois le sentiment d'apprendre les décisions du gouvernement par voie médiatique et ça c'est insupportable ils la prennent la veille pour le lendemain et ils la prennent effectivement soit dans la presse écrite soit sur les chaînes de télévision donc ça pour eux c'est insupportable et puis cette usine à gaz effectivement ces trois tests qui avaient été mis en place à partir de la rentrée scolaire c'était ingérable d'autant que et c'est là où l'éducation nationale est en bataille avec le ministère de la santé parce que pour la semaine de la rentrée il devait y avoir 10 millions d'autotests à disposition pour les français pour pouvoir garantir le service après-vente et le fonctionnement de ce protocole ça n'a pas du tout fonctionné

30:13
Présentateur

il prend un peu pour les autres quand même au passage

30:15
Invité

alors ça quand vous interrogez Jean-Michel Blanquer je peux vous dire qu'en petit comité il est très sévère il dit j'ai le dos large mais effectivement il a le sentiment de vivre ça comme une injustice c'est d'ailleurs pour ça qu'il a une explication de gravure avec Olivier Véran en marge du conseil des ministres la semaine dernière parce qu'il a le sentiment aujourd'hui qu'il a sa part de responsabilité mais le ministère de la santé a aussi sa part de responsabilité et puis Matignon évidemment tous ceux qui ont pris les décisions donc lui voilà il a le sentiment de prendre pour tout le monde je reviens juste sur ce qu'il va dire ce soir je pense qu'il va beaucoup mettre en avant ce que vous aviez évoqué Brice le fait qu'ils ont sauvé l'école Emmanuel Macron dans toutes ses prises de parole actuelles quand il vend son bilan c'est quasiment la première des mesures qu'il met en avant parce que déjà on sait l'attachement du chef de l'état au sujet de l'école et puis on a déjà un peu de recul on voit les Etats-Unis ils ont confiné les écoles pendant plus d'un an c'est des années perdues en Grande-Bretagne aussi là ce sont les études qui le disent ils ont pris 20 ans de retard par rapport au niveau scolaire alors qu'en France par rapport à 2017 et par rapport à aujourd'hui le niveau des élèves de CP et de 6ème là ce sont les évaluations qui sont faites à l'école ont montré que sur les savoirs fondamentaux le français, les maths et les lectures il y a eu une évolution du niveau scolaire et ça pourquoi ?

parce qu'ils ont réussi à maintenir l'école ouverte

31:33
Présentateur

c'est un des arguments qu'il avait à l'encontre de Valérie Pécresse en disant il y a beaucoup d'empressement de la part de Valérie Pécresse pour fermer les écoles

31:38
Invité

et je précise une dernière chose par rapport à votre question sur le comportement de la droite une petite indiscrétion allez-y Christian Jacob le patron des Républicains ce matin a fait passer un petit mot d'ordre à l'ensemble de ses troupes d'être assez soft à l'endroit de Jean-Michel Blanquer pourquoi ? parce que c'est l'ami de François François Baroin et donc François Baroin aurait demandé effectivement de ne pas trop charger son ami Jean-Michel Blanquer ils sont amis depuis très très longtemps

32:01
Présentateur

c'est aussi comme ça que ça se passe en politique parfois avec des amitiés solides qui datent entre François Baroin et Jean-Michel Blanquer je pense qu'un élément Nathalie Saint-Cris je vous en prie pardon Bruce je pense qu'un élément supplémentaire c'est que Jean-Michel Blanquer qui a manqué probablement de dialogue social il a beau le dire qu'il l'a fait beaucoup il l'avait tellement il considère également qu'il y a un certain nombre de syndicats d'enseignants et syndicats de parents parce que la FCPE c'est un syndicat de gauche la PEP pour l'instant qui est plutôt un syndicat de droite n'a pas demandé à manifester ce jeudi donc si vous voulez lui il considère aussi qu'il y a un combat politique et n'oubliez pas qu'il y a une chose qui lui est extrêmement reprochée c'est son obsession de la laïcité parce qu'on considère on l'appelle un intégriste laïc je ne sais pas très bien d'où sort ce terme mais il lui a été également reproché en pleine crise d'aller participer au colloque qui avait lieu sur le WOC voilà et sur ce genre de choses et comme là-dessus il est intransigeant il y a un certain nombre de syndicats enseignants et la FCPE qui ne lui pardonne pas cet espace et en gros une partie de la gauche la gauche mélanchoniste une partie de l'autre gauche et ça c'est aussi quelque chose sur lequel il se bat il est quasiment un croisé de ce genre de sujet et ça ne plaît pas à tout le monde c'est lui qui avait dit d'ailleurs que le voile n'était pas souhaitable sur la voie publique ça ça lui avait été reproché par une partie du personnel politique on parlait à l'instant d'Emmanuel Macron il n'est pas encore entré en campagne mais il déroule déjà des propositions qui font polémique la dernière en date concerne justement on parlait de l'école concerne les universités le président s'attaque à un tabou et pose la question d'un enseignement supérieur payant Romain Besnénou et l'Asselo Gélabert

33:34
Invité

des campus fastueux un culte de la performance et de la compétition une sélection drastique et bien sûr des frais d'inscription faramineux jusqu'à 50 000 dollars par an les universités à l'anglo-saxonne seront-elles bientôt la norme en France on en est encore loin mais Emmanuel Macron jeudi dernier a fait sauter un verrou il a plaidé pour une fac plus professionnalisante et plus chère nous avons besoin d'un profond changement d'approche d'une transformation systémique de nos universités on ne pourra pas rester durablement dans un système où l'enseignement supérieur n'a aucun prix pour la quasi-totalité des étudiants où un tiers des étudiants sont considérés comme boursiers et où pourtant nous avons tant de précarité étudiante et une difficulté à financer un modèle qui est beaucoup plus financé sur argent public que partout dans le monde pour répondre à la compétition internationale la France championne du monde du financement public des facs pas tout à fait de nombreux pays comme la Finlande le Danemark et même l'Allemagne subventionnent davantage leur système universitaire jusqu'à 96% du budget des facultés vient de l'argent public contre 78% en France ou seulement 27% au Royaume-Uni alors la proposition du président l'opposition de gauche comme de droite n'en veut pas est-ce qu'il dit moi j'ai sacrifié l'université et en plus je vais créer encore plus d'inégalités sociales et scolaires à l'entrée de l'université c'est choquant mais ça révèle ce qu'a été Emmanuel Macron au fond sur la jeunesse c'est le président le plus jeune de la 5ème république et c'est le président le plus anti-jeune de la 5ème république moins 12% de budget par étudiant et par an sous le quinquennat Macron par rapport à ce que je donnais quand j'étais ministre de l'enseignement supérieur alors c'est une provocation cette hausse des frais d'inscription parler de la hausse des frais d'inscription pour les familles qui sont aujourd'hui en vraie problématique de pouvoir d'achat alors même qu'il y a un désengagement aussi fort de l'état pour l'université pour moi c'est de la provocation en France les frais d'inscription sont décidés par le ministère de l'enseignement supérieur 170 euros par an en licence 243 en master et attention dossier ultra sensible l'un des derniers à avoir tenté d'augmenter le coût de l'université s'y est cassé les dents pour crier non au projet de vaquer des centaines de milliers d'étudiants et de lycéens ont réussi donc à organiser un gil dantesque défilé 8 km de long entre la Bastille et les Invalides 1986 le ministre Alain Devaquet démissionne et abandonne sa réforme de l'université après des manifestations monstres les plus importantes depuis mai 68 s'il y a un million de jeunes dans la rue il est obligé de retirer ou sinon il apparaîtra comme le gouvernement qui prend les mesures les plus antidémocratiques qu'il soit et qui est au sommet toute la jeunesse de France à dos 35 ans plus tard Emmanuel Macron va-t-il lui aussi se mettre la jeunesse à dos ses étudiants parisiens refusent toute hausse des frais d'inscription et veulent préserver l'université accessible à tous l'accès à l'éducation supérieure devrait être un droit et pas un luxe on n'a pas beaucoup d'enfants d'ouvriers dans les universités on veut que ce soit encore pire que l'université ce soit seulement celle des ultra riches nous on n'est pas d'accord avec cette vision de la société et la société française n'est pas une société de l'élitisme et c'est ce que Emmanuel Macron doit entendre pourquoi on a un système très différent du système américain du système anglo-saxon etc.

parce qu'on a été construit sur l'idée d'un enseignement supérieur démocratisé les étudiants sont appelés à manifester dans toute la France le 27 janvier prochain pour demander plus de moyens pour les universités et faire pression sur Emmanuel Macron

37:33
Présentateur

et cette question qui nous est posée ce soir quel est l'objectif d'Emmanuel Macron quand il propose de supprimer la gratuité des études universitaires Nathalie Saint-Cricq qu'est-ce qu'il a derrière la tête ?

écoutez il a probablement derrière la tête d'avoir une université qui est plus sélective une université qui est d'excellence c'est-à-dire en gros qui fait le tri pour parler vulgairement qui fait de la sélection qui est un mot qui est devenu une espèce de gros mot depuis la loi de Vaquet puisqu'on a vu les résultats de la loi de Vaquet et qui a été contourné à chaque fois c'est-à-dire tout le monde essaie de faire un peu de sélection mais sans le dire ouvertement après le fait qu'on ne retienne d'Emmanuel Macron et de ce discours que le fait qu'il faudra payer en gros et qui va créer une espèce de double niveau c'est-à-dire les enfants de milieu aisé qui pourront payer sans problème et qui aura un barrage aux enfants de milieu plus modeste je trouve que ce message on se demande ce qu'on a à gagner à le dire en ce moment mais dans sa tête je pense c'est la méritocratie c'est plus de sélection c'est qu'on soit au niveau des autres pays européens voire des l'Angleterre voire des Etats-Unis et que les gens n'aillent pas à l'université en première année parce qu'ils ne savent pas où aller mais qu'ils y aillent pour pouvoir réussir pour pouvoir être les meilleurs et éventuellement puisque le chiffre de 50% d'étudiants qui ne se présentent pas à l'examen à la fin de la première année est un chiffre qui a été mis en avant en disant il faut sélectionner les étudiants et puis qu'ils aillent jusqu'au bout et que ce soit partout du principe que le bac est quelque chose qu'on considère comme totalement dévalorisé en gros qu'il faille mieux les orienter et que ça serve à quelque chose plutôt que d'avoir des gens sans travail au bout d'un an ou deux ans de fac c'est un tabou ah oui c'est un totem c'est un symbole enfin on peut trouver des mots comme ça en tout cas la gratuité des universités effectivement s'ils veulent faire débat c'est sûr qu'avec une proposition comme celle-ci s'il la retient dans sa campagne il fera le débat non mais vous l'avez tout à fait bien dit je crois que c'est un symbole en France la gratuité de l'enseignement y compris à l'université du coup c'est une provocation de la part d'Emmanuel Macron je pense que c'est une provocation volontaire qu'il dit et qu'il cherche à dire moi je mets les pieds dans le plat sur un certain nombre de réalités et du coup je dis des choses que les autres n'osent pas vous dire mais ça reste une provocation par rapport à ce qui symboliquement a toujours été depuis 1986 quelque chose qui n'a pas été remis en cause ou en catimini en tous les cas le débat n'a jamais frontalement porté sur cette question de la sélectivité à l'université et du financement de l'université après c'est toujours la méthode d'Emmanuel Macron c'est-à-dire qu'il part du principe en l'état que ça ne fonctionne pas suffisamment bien oui mais parfois il fait des provocations

40:03
Invité

où on sait qu'il a le soutien de l'opinion derrière lui typiquement le dernier je veux emmerder

40:07
Présentateur

les non-vaccinés

40:09
Invité

les non-vaccinés le soutien de l'opinion pas forcément sur la formule mais sur le fait que les non-vaccinés effectivement posent des problèmes

40:17
Présentateur

à l'immense majorité de ceux qui se vaccinent il avait le soutien de l'opinion là j'en doute parce qu'on est vraiment sur un totem sur quelque chose de symbolique et on se demande quand même

40:27
Invité

toujours dans une élection présidentielle pourquoi il prend un tel risque mais ça c'est c'est faire bouger ces communicants s'arrachent les cheveux à chaque fois qu'Emmanuel Macron prend ce genre de propos parce qu'il faut rappeler le contexte dans lequel il les tient c'est devant les présidents des universités jeudi dernier pour les 50 ans de la conférence des présents de l'université et donc Emmanuel Macron il est dans un discours dans une sorte de monologue comme ça et à un moment donné il s'enflage mais c'est toujours comme ça c'est toujours comme ça la fameuse phrase sur les emmerdés face aux lecteurs avec le parisien elle intervient au bout d'une heure et demie d'échange avec eux et il y a toujours un moment où effectivement je ne peux pas dire que ça va déraper mais où il se lâche où il se lâche et il sort du cadre et ça lui permet comme ça de mettre effectivement un sujet dans le débat je ne pense pas d'ailleurs qu'au final ce sera dans les propositions du futur candidat Macron pour la campagne présidentielle mais ça lui permet effectivement déjà d'exprimer une conviction personnelle on vient de le dire à l'instant de mettre le sujet au débat d'obliger les adversaires politiques à se positionner potentiellement sur ce sujet mais en ouvrant cette conférence face aux présidents d'universités avait-il en tête initialement d'aller sur ce terrain là je n'en suis pas sûr à 100%

41:33
Présentateur

en tout cas il fait le débat

41:34
Invité

c'est sa méthode il existe à chaque fois

41:37
Présentateur

il est au centre du débat mais c'est un débat aussi qu'il lance dans un contexte très particulier c'est-à-dire les présidents des universités c'est pas à la télévision ou devant des jeunes c'est ça qui est assez intéressant et c'est vrai qu'il se lâche mais alors il se lâche non pas la sélection par la méritocratie par l'argent c'est la sélection par l'argent ce qui est assez étonnant et c'est pour ça qu'à mon avis la réflexion n'est pas aboutie parce que ce que je crois qu'il a en tête c'est d'adosser l'université au mécénat c'est-à-dire d'adosser l'université ce qu'il a déjà plus ou moins fait ou suggéré à son ministre des universités c'est-à-dire d'adosser à des grandes entreprises qui puissent financer des partenaires privés c'est-à-dire de faire du public privé sur l'université avec des formations professionnalisantes c'est ce qu'il faut c'est en tête tout à fait avec des formations professionnalisantes c'est parce que ça part de là d'ailleurs en disant l'université comme les grandes écoles doivent être attachées accrochées à des débouchés qu'ils soient des débouchés productifs en emploi en formation enfin en métier et l'université aujourd'hui d'après et il l'a dit souvent est trop débouchent trop sur des diplômes théoriques qui ne permettent pas d'ouvrir sur la voie mais ce qu'il risque de réactiver c'est tout simplement président des riches sur ce sujet où il peut y avoir de vraies discussions et tout malgré tout en lâchant cette petite phrase ce qu'il avait essayé de gommer depuis maintenant deux ans deux ans et demi cette image du début des années

43:07
Invité

là je pense qu'il réactive totalement l'image d'un président des riches

43:12
Présentateur

allez-y vous en repriez Olivier Beaumont

43:13
Invité

et c'est un drôle de symbole parce que vis-à-vis de cet électorat potentiel on sait qu'il est plutôt populaire chez les jeunes de 18 à 25 30 ans quelque part une drôle de boucle est bouclée avec ce genre de propos puisqu'il faut souvenir au tout début du quinquennat la première des polémiques d'Emmanuel Macron démarre à l'été 2017 la fameuse hausse des APL de 5 euros on se souvient du tollé que ça avait suscité et il termine cinq ans plus tard avec cette proposition effectivement qu'il met comme ça

43:39
Présentateur

alors lui il défendra le pass culture qui a été très bien reçu que chez les jeunes le président le plus anti-jeune de la 5ème république dit Yannick Jadot il est encore le disait à l'instant Olivier Beaumont très soutenu chez les jeunes c'est le plus populaire auprès d'électorats jeunes s'il y en a oui oui il a une réelle popularité chez les 18-24 ans chez les 25 et plus il y a Marine Le Pen là qui fait aussi un carton mais chez les plus jeunes les 18-24 ans il est populaire à la fois pour les questions de style les autres paraissent quand même beaucoup plus vieux étriqués par rapport à sa façon d'entrer en relation avec la jeunesse mais aussi sur des raisons de fond il y a eu des mesures qui ont été prises pendant la pandémie et pas simplement donc le fait de recevoir à l'Elysée McFly et Carlito il y a eu des mesures que les jeunes ont parfaitement intégrées parce qu'elles leur ont été destinées la communication gouvernementale elle a été plutôt efficace de ce point de vue et qui ont nourri aussi exemple le pass culture le pass culture mais exemple aussi pendant la pandémie les mesures de soutien qui ont été apportées aux jeunes alors on peut toujours dire et certains le disent aussi

44:41
Invité

ce n'était pas assez on a une jeunesse qui est sortie vraiment mal à l'aise et qui n'est pas encore sortie de cette pandémie dont on n'est pas tout à fait sorti l'ensemble du pays mais il a marqué des points vis-à-vis des jeunes donc c'est effectivement assez paradoxal que comme ça

44:55
Présentateur

en fin de quinquennat ils prennent le risque de se mettre à dos ceux qui vont demain enfin qui sont totalement concernés par ces réformes de l'université Alors je sais bien qu'on est à trois mois de la présidentielle un peu moins de trois mois de la présidentielle mais il domine encore pour l'instant dans les enquêtes d'opinion sur les projections pour le premier tour et le second

45:10
Invité

Oui et ça aussi c'est quand même quelque chose je crois d'intéressant d'important moi ce qui me frappe

45:14
Présentateur

c'est qu'on voit bien que depuis le début du mois de janvier c'est plus compliqué pour Emmanuel Macron il y a beaucoup de polémiques on en a parlé ce soir encore avec celle de Jean-Michel Blanquer il s'érode un petit peu en popularité mais en termes électoraux pour l'instant il est toujours à 25-26% d'intention de vote donc il se tasse à peine et il reste très dominant Il n'a pas été sanctionné puisque vous disiez qu'il était en phase avec l'opinion sur la question d'emmerder les non-vaccinés ça lui a plutôt profité dans les sondages ?

Je ne dirais pas que ça lui a profité il est resté stable dans les intentions de vote ça a été critiqué quand on pose des questions directement là-dessus je pense que beaucoup de Français trouvaient qu'un président de la République n'a pas à s'exprimer de cette manière mais que sur le fond encore une fois et compte tenu du nombre de vaccinés il n'y avait pas un jugement critique sur le fond de la position beaucoup plus sur la forme A 82 jours du premier tour on parlait des sondages Éric Zemmour peine lui à retrouver la dynamique des débuts condamné hier en première instance à 10 000 euros d'amende pour provocation à la haine raciale il a fait appel il poursuit une campagne radicale ses propos souvenez-vous sur les femmes ont laissé des traces mais certaines vous allez voir adhèrent quand même à son projet Léa Nermidjan et Vivien Charer

46:24
Invité

C'est parti on y va ? Ce soir-là opération tractage pour ces militants d'Éric Zemmour vous faites une équipe là-bas et nous on va rester par ici bonjour madame un petit tract pour Éric Zemmour à 24 ans à 24 ans Marie et militante reconquête elle a fondé le collectif les femmes avec Éric Zemmour pour cet ingénieur soutenir la candidature du polémiste est une évidence est-ce que vous avez le sentiment parfois d'être la caution féminine d'Éric Zemmour ?

absolument pas enfin il y a c'est comme oui alors il y a un noir c'est la caution noire il y a un prof c'est la caution prof il y a je sais pas il y a un agriculteur c'est la caution agriculteur moi en tant que femme j'ai envie de voter pour un homme de conviction plutôt que pour une femme avec laquelle je suis pas d'accord en fait que ce soit Hidalgo Pécresse voilà un candidat pourtant loin de faire l'unanimité auprès des femmes selon une étudie FOPS 66% d'entre elles se disent inquiètent pour leurs droits s'il était élu président de la république du temps où il était écrivain et éditorialiste Éric Zemmour a développé une vision des femmes entre sexisme et misogynie les femmes sont le but et le butin de tout homme doué qui aspire à grimper

47:38
Présentateur

dans la société un garçon ça entreprend ça assaille et ça conquiert ça couche sans aimer pour le plaisir et pas pour la vie

47:45
Invité

aujourd'hui candidat Éric Zemmour refuse de commenter ses anciennes déclarations j'ai dit des choses j'ai écrit des choses

47:52
Présentateur

et puis il y a ce qu'on utilise contre moi mais c'est le jeu

47:56
Invité

alors quand on demande aux militants d'Éric Zemmour de parler de féminisme des rapports hommes-femmes leur vision c'est un peu un copier-coller de celle de leur candidat ils pensent que le charisme c'est une valeur c'est une valeur masculine et moi je pense qu'il y a des femmes qui incarnent le pouvoir pas toutes voilà et par exemple quand je vois Sandrine Rousseau etc je ne les vois pas président je ne les vois pas face à Poutine ou à Donald Trump qui n'est plus président donc je pense c'est parce qu'elle est une femme non mais c'est parce que les femmes ne sont pas comme les hommes et que le charisme et c'est souvent les hommes qui l'incarnent surtout en pouvoir des militants pour qui les problèmes de la société et des femmes c'est encore et toujours la faute de l'immigration j'ai envie de reprendre le chiffre du ministère de l'intérieur qui disait que dans les transports en commun en Ile-de-France plus de 60% des agressions sexuelles sont le fait de personnes d'origine étrangère donc effectivement il y a un lien entre immigration massive et insécurité et c'est ce que défend et ce qu'ose dénoncer Éric Zemmour le parallèle immigration insécurité pour les associations féministes c'est un raccourci quand il est accusé je le rappelle par 8 femmes d'agression sexuelle non il ne défend pas les femmes par contre il y a une constante à l'extrême droite c'est d'instrumentaliser les droits des femmes pour avoir des propos racistes et quel est son propos vis-à-vis des femmes c'est d'alimenter un mythe raciste extrêmement prégnant à l'extrême droite qui nous dit que ce serait les personnes noires ou les personnes musulmanes qui violeraient nos femmes voilà c'est vraiment ça l'archétype raciste qui est derrière le discours de Zemmour retour avec le collectif des femmes avec Eric Zemmour ce soir-là elles organisent une rencontre l'invité d'honneur c'est elle Laurence Trochu soutien de François Fillon en 2017 pour 2022 elle a choisi Eric Zemmour

49:48
Présentateur

Eric Zemmour a sur ce point-là un courage inouï puisqu'il est le seul à vouloir revenir sur cette PMA sans père au motif que la priorité ça va être de protéger les enfants qui délibérément vont être privés de père

50:04
Invité

sur la PMA la politique familiale l'éducation elle se retrouve davantage dans les propositions d'Eric Zemmour que dans celles de son parti d'origine les républicains et leur candidate Valérie Pécresse

50:14
Présentateur

en fait Valérie Pécresse n'a pas du tout souhaité se saisir je dirais de la cause première qui entraîne cette déconstruction de la société elle met de côté tous les sujets de société au motif qu'il ne faut pas froisser qu'il ne faut pas fracturer mais notre pays en meurt quand on ne nomme pas les mots quand on ne met pas des mots MOTS sur les mots MAUX on n'est pas en mesure de proposer une bonne solution on ne fait que du rafistolage alors qu'Eric Zemmour a ce courage de remonter à la source

50:45
Invité

Selon les chiffres de l'IFOP 12% des femmes pourraient voter pour Eric Zemmour en 2022

50:51
Présentateur

Brice Tinturier votre réaction à ce reportage Ce qui est assez amusant quand vous confrontez le reportage à ce qu'on mesure dans les enquêtes c'est que et les jeunes et les femmes et les jeunes femmes encore plus que le reste sont très peu en faveur d'Eric Zemmour donc la réalité c'est que si vous êtes une femme vous votez beaucoup moins pour Eric Zemmour que si vous êtes un homme parce qu'il y a perception d'un candidat perçu comme misogyne en faveur d'une société patriarcale qui véhicule un certain nombre de mythes ou de stéréotypes dénoncés par l'immense majorité des femmes et si vous êtes en plus une jeune femme à ce moment là vous n'êtes qu'entre 3 et 4% vouloir voter pour Eric Zemmour donc on a un candidat moi je crois dont l'épine dorsale malgré tout est toujours bien la question de la division fondamentalement on l'a revu récemment avec les handicapés mais il y avait les bons prénoms et les mauvais prénoms il y a les musulmans il y a maintenant les femmes et les hommes enfin c'est pas maintenant parce que c'est très ancien chez Eric Zemmour mais est-ce qu'il y aura un vote femme encore plus idéologique fondamental est-ce qu'il y aura un vote femme Brice Tinturier dans cette présidentielle est-ce qu'il peut est-ce qu'il y a traditionnellement un vote femme d'ailleurs non le vote femme justement jusqu'à maintenant il s'est progressivement aligné sur les hommes et cette variable là avait perdu toute valeur explicative ce qui n'était pas le cas il y a 40 ou 50 ans il y a une exception c'est Eric Zemmour alors les femmes aujourd'hui votent beaucoup moins pour Eric Zemmour comme elles votaient beaucoup moins pour Jean-Marie Le Pen et elles votent davantage malgré tout soit pour Jadot pour les candidats écologistes soit pour à gauche et Emmanuel Macron également il y a un petit effet mais c'était une variable qui avait perdu de sa pertinence et j'ai envie de dire tant mieux parce que normalement le vote peut être structuré par des variables d'âge parce qu'on n'a pas les mêmes préoccupations ou les mêmes représentations mais la variable genre il n'y a pas de raison qu'elle structure fondamentalement et d'ailleurs Marine Le Pen joue là-dessus parce que dans les premiers moments où on voyait Eric Zemmour monter il y avait un mot d'ordre qui a été répété par Jordan Bardella ou tous les membres du rassemblement national Marine Le Pen qui était dire il est misogyne il est brutal il est dur donc il y a eu tout ça qui manifestement a pas mal marché elle a fait sa campagne sur femme d'état en disant en gros qu'on pouvait être une femme et en modifier la formule homme d'état et c'est quelque chose qui a très bien marché et lui-même s'est rendu compte et ses conseillers lui ont dit il y a un gros problème avec les femmes en gros il a dit qu'il ne voulait plus parler de son livre Le premier sexe il ne voulait pas commenter ses propos et il y a des choses sur lesquelles il a dit qu'il ne voulait pas revenir évidemment sur l'avortement parce que ça méritait d'être précisé et il a effectivement une conception de la famille c'est cette phrase qui ne veut plus commenter les femmes n'incarnent pas le pouvoir les femmes sont le but et le butin de tout homme doué qui aspire à grimper dans la société et en plus il défend Tariq Rama d'André donc c'est complet les gens qui nous regardent et qui disent tiens d'un coup pourquoi il parle de Zemmour et les femmes on parle évidemment aussi des vacances de Jean-Michel Blanquer à Ibiza et cette question qui concerne aussi Eric Zemmour pourquoi Eric Zemmour n'appelle-t-il pas à la démission de Jean-Michel Blanquer ?

On l'a entendu tout à l'heure mais ce n'est pas du tout l'angle d'attaque de Zemmour jamais vous le verrez et même quand il était journaliste il n'attaquait pas ses adversaires politiques parce que quand il était journaliste il avait aussi des adversaires politiques c'est comme ça mais il ne les attaque pas sur ce qu'ils sont ce qu'ils font il les attaque uniquement sur ce qu'ils pensent et pourquoi il fait ça ?

parce que lui il entend être jugé simplement sur ce qu'il pense il ne veut surtout pas qu'on aille fouiner dans sa vie privée il a pris des vacances à Saint-Martin oui mais ça justement deuxièmement il veut installer un match avec Macron il ne veut pas parler il ne veut surtout pas qu'on parle de ça parce que s'il parle de la vie privée des autres ou s'il est critique il va se reprendre en boomerang ce qu'il a fait lui ce qu'il fait lui alors tous les hivers il va effectivement dans les Caraïbes il va toujours en vacances dans des beaux endroits il a une vie privée qui est ce qu'il est qui l'a regardé qui l'assume et qui l'assume il a parlé récemment de sa compagne qui n'est pas sa femme et voilà mais il ne veut surtout pas qu'on rentre là-dedans lui il attaque sur les idées et je voudrais revenir sur ce que disait Nathalie à propos du premier sexe c'est un livre qui a fait date qu'on aime ou qu'on n'aime pas et c'est pour ça qu'il est renvoyé à ce livre-là c'est un livre qui n'est pas passé inaperçu du tout on parle souvent du suicide français mais ce livre c'est un peu le livre qui l'a fait d'ailleurs naître à la société médiatique et c'est un livre dans lequel effectivement ses adversaires ont de quoi il assume sa part de misogénier oui sauf qu'il ne veut pas être envoyé à ça c'est comme l'histoire des juifs français et Vichy il ne veut surtout pas qu'on le ramène à ce passé-là et nous revenons maintenant à vos questions et nous revenons à Jean-Michel Blanquer et ses vacances comment un ministre avisé qui connaît la situation sanitaire peut-il s'éloigner de son ministère même pour les fêtes Olivier Beaumont

55:48
Invité

ça rejoint ce que je disais au début c'est vrai que ce qui peut choquer les français c'est que pendant les fêtes de Noël on recommandait à tout le monde de faire très attention de ne pas se démultiplier autour de la dinde pour les repas de Noël donc les français ne comprennent pas que finalement le ministre ait voulu s'affranchir et ça traduit aussi quelque part on voit bien Jean-Michel Blanquer on l'a dit pendant cette émission c'est pas quelqu'un qui vient du serail politique qui vient de la société civile et puis c'est quelqu'un qui aspire à aussi avoir sa vie sa vie à côté de ses fonctions de ses fonctions ministérielles donc pour lui il n'a pas vu où était le problème à tel point que quand il informe Matignon qu'il passera ses vacances à Ibiza Matignon lui lui fait comprendre que ce n'est pas très souhaitable et lui il insiste pour y aller parce qu'il considère qu'il est invité chez des amis des amis de longue date oui on ne va pas avoir

56:32
Présentateur

le prix des chambres d'hôtel puisqu'il n'était pas à l'hôtel

56:34
Invité

voilà il pense surtout qu'il ne sera pas pris la main dans le pot de confiture

56:38
Présentateur

une question de Claudius en Meurthe-et-Moselle les enseignants qui rentrent de congé trouvent-ils vraiment anormal que Blanquer en prenne lui aussi c'est pas les vacances qu'on lui reproche c'est le lieu des vacances c'est un signe de solidarité enfin je veux dire on voudrait qu'il soit c'est comme quand on disait aux enfants tu devrais finir ton assiette parce qu'il y a des petits chinois qui ne mangent pas c'est pas parce qu'ils finissaient leur assiette que les petits chinois mangeaient plus mais simplement c'est pour envoyer une espèce de message de quand c'est dur il faut que ce soit dur pour tout le monde il y a aussi c'est ce qu'on attend des responsables politiques désormais on attend tellement de choses des responsables politiques il faut quand même se poser la question je ne sais pas si c'est trop c'est l'époque mais il faut une transparence totale sur le patrimoine on peut s'en féliciter c'est très bien ils peuvent être pris à tout moment en photo en flagrant délivre je ne sais pas quoi donc il ne faut pas qu'ils aillent dans un restaurant trop cher avec les réseaux sociaux ou faire quoi que ce soit ils sont finalement scrutés sans interruption pour des salaires qui vous ne me démentirez pas sont inférieurs aux gens qui sont dans le TV donc il faut aussi un peu de temps en temps faire attention parce qu'autrement on finira avec une classe politique de gens complètement enfin ceux qui n'ont pas pu réussir ailleurs c'est la tyrannie de la transparence c'est la dictature de la transparence il faut de la transparence mais il faut savoir jusqu'où aller parce qu'il faut quand même qu'il y ait une vie privée de la part des hommes et des femmes politiques parce que sinon c'est intenable on ne peut pas imaginer d'ailleurs Maurice a eu raison tout à l'heure il faut le souligner le ministre de l'éducation nationale c'est la première fois depuis des années et des années qui fait 5 ans au même poste généralement c'est 2 ans Hollande a épuisé 3 ministres de l'éducation

58:14
Invité

c'est un record

58:15
Présentateur

ce que je voulais aussi dire pour rebondir sur ce que vous avez indiqué qui me paraît très juste c'est que Jean-Michel Blanquer c'est quelqu'un qui est dans l'argumentation rationnelle donc il se dit rationnellement je n'ai pas failli à ma mission en faisant cela et il a du mal je crois intuitivement à comprendre la logique symbolique et ce qu'on appelle la logique symbolique et puis il la refuse il refuse justement ce que vous expliquez à l'instant c'est-à-dire il refuse peut-être de faire le mea culpa alors il l'a fait un peu cette après-midi parce que sans doute c'est sous la pression mais il considère qu'il a fait son travail et qu'il a été engagé auprès des professeurs mais il est un peu droit dans ses bottes donc il égrène les raisons qui font qu'il n'a pas failli tout cela est très rationnel très argumenté mais malgré tout ça ne passe pas totalement parce que le symbole il est là est-on contraint de partir en vacances dans la creuse quand on est ministre on n'en aurait pas parlé en tout cas on est contraint de dire qu'on y va même si on n'allait pas se faire choper quand on est ailleurs ça marche aussi avec la Coresse la Normandie la Bretagne et les Alpes peut-on voir un parallèle entre Blanquer et Boris Johnson tous les deux ciblés parce que supposer prendre du bon temps à un moment inapproprié il y a deux choses différentes d'abord il n'est pas premier ministre alors que l'autre est premier ministre c'est le patron de l'exécutif en Angleterre deuxièmement et deuxième chose comme l'a dit très bien Nathalie tout à l'heure Boris Johnson a menti parce qu'il y a même une succession de parties il n'y en a pas qu'une il y en a une où il était les autres il n'y était pas mais il a couvert tout ça et finalement il se retrouve et il se retrouve et il se retrouve et il se retrouve parce qu'on leur avait dit qu'il ne pouvait pas y avoir un de rassemblement qu'on leur avait mis un réveillon à deux ou trois et que c'était vissé et qu'on a vu dans la presse anglaise des gens dire je n'ai pas pu aller voir mon père mourant à l'hôpital à cause de ça il y a une chose commune c'est qu'on ne sait pas encore chez Blanquer s'il y a des ennemis de l'intérieur chez Boris Johnson il y a des élus de l'intérieur et qu'on connaît ancien conseiller Dominique Cummings notamment aussi son conseiller qui désormais assume très clairement sur son blog le fait de vouloir faire chuter Boris Johnson donner la veille de la rentrée un nouveau protocole dans un article payant du Parisien n'aide pas cette polémique c'est vrai qu'on l'a beaucoup entendu le fait qu'il ne soit pas au fond que ce ne soit pas une communication

1:00:22
Invité

oui alors on va rappeler juste les règles quand même c'est que l'article il était prévu pour être dans le journal papier du lundi et comme c'est d'usage maintenant systématiquement qu'on fait les interviews ils sont mis en ligne la veille et d'ailleurs le JDD qui le dimanche faisait son interview d'Olivier Véran l'avait mis en ligne le samedi c'était tout aussi payant quand on va prendre son journal dans un kiosque on le paye ça n'est pas gratuit l'information aussi il faut quand même rappeler juste une petite chose importante c'est que quand l'interview elle est mise en ligne en parallèle le ministère du Conseil national met une foire en question qui a mis à disposition de l'ensemble du corps enseignant et des rectorats pour pouvoir répondre à toutes les questions que se posent par rapport à la mise en place de ce nouveau protocole sanitaire

1:00:59
Présentateur

et parallèlement à ça l'ensemble des médias ont repris l'ensemble de ses dispositions pour les expliquer oui voilà

1:01:06
Invité

et tout de suite il y a une dépêche AFP donc ça circule mais ça montre bien que c'est le contexte qui est déterminant dans cette affaire là parce que sur des tas

1:01:13
Présentateur

d'autres exemples où il y a des annonces qui pourraient être des annonces plus positives dans des médias où on pourrait dire il faut aussi acheter le média il n'y a pas de protestation donc c'est parce que c'était Ibiza parce qu'on était dans ce contexte de rentrée extrêmement difficile, tendue parce que les protocoles étaient pour les français absolument incompréhensibles et insupportables c'est tout ça et puis parce qu'on est en campagne présidentielle exactement donc on est bien dans une problématique de communication là vous l'aviez également souligné qui fait que cet argument s'ajoute aux autres cette affaire blanquer peut-elle porter préjudice à Emmanuel Macron s'il est candidat ?

oui elle peut il faut voir comment c'est géré parce que si vous voulez le problème c'est que Macron jusqu'à présent il était sur une on l'a dit tout à l'heure il est à un degré de popularité intéressant plutôt bon des intentions de vote qui sont très supérieures à ses concurrents mais on voit se coaguler des mécontentements sociaux il y a les soignants il y a les enseignants il y a une manifestation encore jeudi il y en a eu une jeudi dernier alors qu'ils ont déjà obtenu des choses vous avez les magistrats qui sont aussi il y a beaucoup de les anti-vax vous les mettez dans cette catégorie aussi ?

il y a une espèce si vous voulez on n'est pas sorti des gilets jaunes complètement alors tout ça ça forme un magma il n'y a pas de coagulation des colères comme on dit mais il devrait à l'approche des élections évidemment les revendications vont se faire de plus en plus aiguës à mon avis il faudrait faire il faudrait qu'il fasse attention après le clash avec Olivier Véran et l'absence de soutien de Jean Castex Jean-Michel Blanquer a-t-il tenté de démissionner ? est-ce que vous le savez

1:02:44
Invité

à l'heure où on se parle ?

aucunement parce que c'est quand même une personnalité qui est très orgueilleuse qui est sûre de son bilan quand vous lui posez la question il dit mais j'ai peut-être le meilleur bilan qu'un ministre de l'éducation peut revendiquer il a cette petite barrette d'avoir fait les 5 ans et qu'on l'interroge maintenant il me dit il y a encore un petit record qui me plairait bien en fait le vrai record c'est Victor Dury sous l'Empire il avait fait 8 ans je crois donc il y a ça quand même il y a cette petite musique pour lui ce sera une fierté d'avoir battu le record déjà sous la 5ème République d'avoir été ministre et puis une dernière chose Jean-Michel Blanquer il est aussi beaucoup dans l'après Emmanuel Macron il peut aussi être réélu et il rêve de quoi alors

1:03:24
Présentateur

Jean-Michel Blanquer ? rester au ministère de l'éducation ?

1:03:26
Invité

déjà on lui prête des intentions dans certaines circonscriptions notamment en Ile-de-France il regarde ça de près il avait pensé

1:03:32
Présentateur

de premier ministre aussi

1:03:33
Invité

il peut mais c'est quelqu'un il ne faut pas oublier il avait été approché à une certaine époque il a un précédent remaniement pour intégrer le ministère de l'Intérieur

1:03:41
Présentateur

juste Jean Castex quand il est venu à faire son interview à France 2 n'a effectivement pas mentionné Jean-Michel Blanquer ce qui a fait un sort de drame d'un autre côté la question ne lui a pas été posée et le lendemain il est revenu sur je ne sais quel média pour parler de Jean-Michel Blanquer en gros pour rattraper la bourde du soir donc Jean Castex ne l'a pas lâché il a été dirons-nous un peu maladroit dans la formulation allez cette question un ministre n'aurait-il pas le droit d'avoir une vie privée ? bien sûr que si il a le droit d'avoir une vie privée ça serait terrible sinon le ministère de l'éducation nationale est-il l'un des plus difficiles à gérer ? oui pourquoi ?

parce qu'il a quand même 800 à 900 000 fonctionnaires c'est de ses ordres ça a été une guerre larvée permanente depuis 5 ans entre Jean-Michel Blanquer et les syndicats enseignants quelle est l'opinion des professeurs et des français sur Jean-Michel Blanquer et ses réformes ?

c'est une opinion qui s'est plutôt dégradée qui a été assez vite tendue qui est très contrastée et de plus en plus critique merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir c'est l'heure de retrouver Anne-Elisabeth Lemoyne bonsoir Anne-Elisabeth au menu ce soir bonsoir Caroline Arnaud Montebourg jette l'éponge mais il reste quand même au moins 5 candidats à gauche une situation qui désespère l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve sa parole est rare il est notre invité dans un instant quant à moi je vous donne aussi rendez-vous dimanche en direct à 20h55 pour un cédant l'air spécial présidentiel Eric Zemmour on en parlait à l'instant et Yannick Jadot seront nos premiers invités nous les interrogerons avec les experts de C'est dans l'air sur leur vision de la France dans le monde les grands enjeux les grands périls vous pouvez d'ores et déjà leur poser vos questions belle soirée sur France 5 et à demain et à demain