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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 16 février 2017 10 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsSécuritéÉconomie & entreprisesJustice

François Baroin : "François Fillon a présenté ses excuses, il a reconnu une erreur"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:05OuverteRéponse partielle

    Alors c'est un curieux objet qui tombe à un drôle de moment, est-ce le programme d'un futur Premier Ministre ?

  • 0:10OuverteRéponse partielle

    est-ce le livre d'un plan B en cas d'empêchement de François Fillon ?

  • 0:23OuverteRéponse directe

    à quelles conditions ce candidat dont l'image est très dégradée peut-il rebondir et même gagner la présidentielle ?

  • 0:44RelanceRéponse directe

    Mais qui tombe à un drôle de moment pour votre famille politique.

  • 1:27OuverteRéponse directe

    François Baroin est-il encore en situation de gagner la présidentielle et à quelles conditions ?

  • 2:23OuverteRéponse directe

    Vos électeurs en veulent encore de François Fillon, François Baroin.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:19Invité politiqueChiffre
    « 70% d'un corps électoral de 4 millions. »
  • 3:21Invité politiqueFait
    « Si les révélations du canard avaient eu lieu quelques semaines plus tôt, il n'aurait pas gagné les primaires. »
  • 5:12Invité politiqueFait
    « Giscard, en 1974, avait abaissé la majorité citoyenne et élective à 18 ans. »
  • 5:30Invité politiqueFait
    « Il y a de plus en plus de faits, malheureusement, commis par des mineurs avec une grande violence. »
  • 7:49Invité politiquePromesse
    « une loi d'orientation de sécurité intérieure et de justice »
  • 7:52Invité politiquePromesse
    « un renforcement de l'effort en matière de défense »
  • 8:00Invité politiquePromesse
    « négocier la sortie des critères de Maastricht pour l'effort de défense qui nous permettrait de ne pas aggraver notre dette mais de mieux nous protéger »

Temps de parole

  • François Baroin74 %
  • Présentateur26 %

4,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour François Baroin, vous sénateur maire de Troyes, vous publiez chez Lattès un chemin français, alors c'est un curieux objet qui tombe à un drôle de moment, est-ce le programme d'un futur Premier Ministre, post que vous avez promis Nicolas Sarkozy avant sa défaite aux primaires, est-ce le livre d'un plan B en cas d'empêchement de François Fillon ? En tout cas en attendant vous faites campagne pour François Fillon, vous animerez ce soir une réunion publique à Toulouse, à quelles conditions ce candidat dont l'image est très dégradée, qui ne peut plus parler d'éthique et d'exemplarité dans ses discours, à quelles conditions peut-il rebondir et même gagner la présidentielle ?

0:34
François Baroin

On me permettrait d'abord d'accueillir le compliment sur l'ouvrage que j'ai sorti, c'est une réflexion d'un homme politique engagé qui veut apporter une contribution dans un débat qui est une grande respiration démocratique et qui s'appelle l'élection présidentielle.

0:44
Présentateur

Mais qui tombe à un drôle de moment pour votre famille politique.

0:47
François Baroin

Je dois dire qu'il était prévu depuis plusieurs mois mais il s'est passé tellement de choses, l'idée était de le publier au lendemain de la primaire, gagné avec Nicolas Sarkozy. Ce ne fut pas le cas. Ensuite c'était de le décaler un peu puisque François Hollande avait annoncé une première dans l'histoire de la République de ne pas se représenter. Et puis ensuite Manuel Valls, qui était le meilleur soutien de François Hollande, lui a donné un coup d'épaule de telle sorte que François Hollande s'est fait porter pâle pour cette primaire. Bref, il s'est passé tellement de choses, je n'ai pas pu aller jusqu'aux événements les plus récents concernant ma famille politique.

Il fallait bien que ça s'arrête, mais c'est un livre où les gens pourront s'intéresser aussi sur ce qu'est d'être de droite et épouser les contours des valeurs de la République, des projets économiques, un calendrier, une méthode. C'est vrai, nous avions beaucoup travaillé avec Nicolas Sarkozy.

1:27
Présentateur

On va y revenir. François Baroin est-il encore en situation de gagner la présidentielle et à quelles conditions ? François Fillon. Oui. Ma question s'adresse à François Baroin.

1:37
François Baroin

Beaucoup de François dans tout cela. Oui, bien sûr, bien sûr qu'il peut la gagner. Mais il ne s'agit pas d'être dans le déni. Les révélations, ce qui s'est passé, les trois semaines que nous venons de traverser sont éprouvantes pour celles et ceux qui sont de notre point de vue majoritaire dans le pays et qui se retrouvent dans nos valeurs, qui veulent se battre pour une alternance forte et qui ont été pris dans un enthousiasme lié à l'élan de la dynamique créée par la primaire. Il faut acter cela. François Fillon l'a fait lui-même. Il a présenté ses excuses. Il a reconnu une erreur. Il n'est pas seul. Nous sommes une équipe avec nos sensibilités, avec nos engagements.

Nous voulons cette alternance. Nous pouvons l'incarner. Nous pouvons faire campagne. Il reste encore deux mois. Et la cristallisation, elle se fait au dernier moment. Et donc, nous reprenons notre bâton de pèlerin. Et ce soir, nous sommes nombreux, c'est vrai, à tenir des meetings.

2:23
Présentateur

Vos électeurs en veulent encore de François Fillon, François Baroin.

2:25
François Baroin

Oui, je le pense. Oui. Le socle est très élevé. On sort quand même d'un quinquennat qui est extraordinairement préoccupant sur le plan institutionnel, sur le plan économique, sur le plan européen. François Hollande laissera une trace dans l'histoire que les historiens jugeront eux-mêmes. Mais sur des décisions aussi bien européennes qu'internationales qui ont produit un affaiblissement, un déclassement. Les classes moyennes françaises ont été massacrées fiscalement. Ce besoin d'alternance, il peut être incarné. Peu importe, d'une certaine manière, les éléments d'événements factuels que nous vivons aujourd'hui.

2:56
Présentateur

Peu importe le candidat.

2:57
François Baroin

On a l'impression que vous le gardez parce qu'il n'y a pas de plan B possible. Si vous voulez, il y a eu un élément nouveau quand même dans notre famille politique. C'est qu'on a organisé des primaires. Que ces primaires ont été un succès. On a offert d'ailleurs un beau visage de notre famille. Des tempéraments, des caractères, des talents de toute génération qui se sont affrontés avec un ancien président, deux anciens premiers ministres. François Fillon a remporté cette victoire sans coup férir. 70% d'un corps électoral de 4 millions. Si les révélations du canard avaient eu lieu quelques semaines plus tôt, il n'aurait pas gagné les primaires. Je ne sais pas.

En tout cas, peut-être qu'il faudra voir de quelle manière pour les primaires prochaines s'il ne faut pas s'aligner sur le système présidentiel, c'est-à-dire la publication de tout. Il faut jouer la transparence. Pour autant, il assure sa défense. Moi, je ne suis pas son porte-parole. Je ne suis pas son avocat. Mais je suis son soutien. Je l'accompagne. Et je pense qu'il peut gagner. Il est allé chercher quoi hier chez Nicolas Sarkozy ? Il est allé certainement retrouver un partenaire de cette primaire où il y a eu un affrontement loyal. Il a été son premier ministre. Nicolas Sarkozy, je le rappelle. Je le dis d'ailleurs dans le livre, qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas.

C'est quelqu'un qui a été clivant. Mais c'est une personnalité qui a servi évidemment notre pays et qui a surtout rassemblé notre famille politique. C'est lui qui a trouvé aussi des clés au moment où on ne se parlait plus, on ne se mettait plus autour de la table après le désastre Copé-Fillon, d'offrir justement une forme de chemin de ce que devait être le gaullisme en 2015, 2016, 2017. Il a eu ce rôle et il exerce un magistère moral, politique, intellectuel. C'est toute une série. En tout cas, c'est l'inspirateur. C'est encore le patron. Ça a été le patron. Ça a été le patron. Il n'est plus le candidat.

Mais c'est quand même celui qui a, en quelque sorte, organisé notre famille politique et qui a fait de cette primaire un succès.

4:34
Présentateur

Alors après avoir entendu le discours de Compiègne, on a l'impression que François Fillon est aussi allé chercher chez Nicolas Sarkozy un axe programmatique nouveau et puis une mesure, une promesse qui traîne depuis 10 ans, l'abaissement de la majorité pénale à 16 ans. Ça sert à quoi, François Fillon ?

4:51
François Baroin

Alors, si vous pouvez m'appeler François Barmoin, c'est bien aussi. Pardon, ça m'est la deuxième fois. Je le prends pour un encouragement à poursuivre le soutien que je lui apporte dans cette campagne présidentielle.

5:00
Présentateur

C'est la question que j'aurais posée à François Fillon. Ça sert à quoi, l'abaissement de la majorité pénale à 16 ans ?

5:07
François Baroin

En fait, c'est une adaptation, tout comme Giscard, en 1974, avait abaissé la majorité citoyenne et élective à 18 ans. Je rappelle que la majorité fiscale aussi était plus haut. C'est une adaptation à l'évolution de la situation. Ensuite, il ouvre le débat. Il acte une réalité de ce qui se passe. C'est-à-dire qu'il y a de plus en plus de faits, malheureusement, commis par des mineurs avec une grande violence. Il faut être aveugle et atteindre une coupable de cécité.

5:38
Présentateur

Ils sont jugés et emprisonnés en cas de crime.

5:41
François Baroin

C'est vrai, mais la correctionnalisation crée aussi un cadre qui peut être protecteur dans la prévention. Je suis avocat pénaliste. On discute beaucoup avec des magistrats qui accompagnent parfois des mineurs qui sont soupçonnés, accusés et condamnés. Et le fait que cette menace existe est parfois plus importante que l'exécution. Donc moi, ça ne choque pas et j'accompagne cette mesure. Il y a les problématiques sur un autre sujet. Sur par exemple la pénalisation du cannabis. Certains comme Macron et quelques autres sont pour la légalisation. Mais le fait de maintenir la menace est plus important que l'exécution, l'application de cette menace.

6:18
Présentateur

Est-ce que vous êtes à l'aise avec ce discours ultra sécuritaire et identitaire ? Celui qu'on a entendu hier soir à Compiègne, on se souvint de votre malaise et de vos critiques au moment du débat sur l'identité nationale qui avait été initié par Nicolas Sarkozy.

6:31
François Baroin

Oui, c'est vrai. Je crois même que je l'avais fait ici à votre antenne. Je ne comprenais pas ce débat. Sous cette forme et sans objectif. S'interroger sur notre identité, ça ne me choque pas. Il y a une culture française, il y a une histoire française, il y a un attachement, un amour profond de ce qu'est la nation française. On ne vient pas de nulle part, on a des racines. Il faut plutôt s'attacher aux racines parce que c'est ce qu'il y a de plus solide que l'air du vent qui traverse les cimes. Ça fait partie de nos interrogations et une présidentielle est aussi là pour cela.

7:01
Présentateur

Bon, donc François Fillon réoriente sa campagne. C'est comme ça que vous le percevez, que vous le comprenez, François Barouin. On a l'impression qu'il ne peut pas continuer à faire campagne.

7:12
François Baroin

C'est pour nos auditeurs que je viens chez vous depuis une bonne vingtaine d'années presque maintenant. Mais je ne suis pas encore habitué.

7:18
Présentateur

Il peut continuer à faire campagne sur les thèmes qui étaient les siens lors de la primaire. Éthique, honnêteté, exemplarité, il faudra faire des sacrifices, on ne pourra plus toucher des allocations sans rien faire, il faudra remettre tout le monde au travail.

7:30
François Baroin

De toute façon, j'ai toujours considéré au lendemain de la primaire que François Fillon, candidat choisi, devait enrichir son projet et son programme. Il doit le calibrer justement par rapport à l'intensité, au degré d'effort qu'on doit produire.

Et sur le réarmement de l'État, je formule d'ailleurs des propositions, sur une loi d'orientation de sécurité intérieure et de justice, sur un renforcement de l'effort en matière de défense, une négociation avec nos partenaires européens pour ce qui concerne justement l'inscription dans notre loi fondamentale d'une règle d'or qui nous permettrait d'arriver à zéro déficit et en même temps négocier la sortie des critères de Maastricht pour l'effort de défense qui nous permettrait de ne pas aggraver notre dette mais de mieux nous protéger. Réarmer l'État, c'est un élément prioritaire d'une alternance forte souhaitée.

8:11
Présentateur

François Barouin, un chemin français chez Lattes, invité de France Inter ce matin. On vous retrouve dans quelques minutes avec d'autres questions et celles des auditeurs d'Inter qui nous appellent au 01 45 24 7000. Il est 8h30.