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interviewBFMTV· 2 janvier 2025 27 min

Lutte contre le narcotrafic: l'intégralité de la prise de parole de Gérald Darmanin à Marseille

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Gérald Darmanin

Tout d'abord, permettez-moi de vous présenter mes meilleurs voeux à vous et à votre famille. Je suis venu aujourd'hui à Marseille pour ce premier déplacement de l'année 2025. D'abord pour passer évidemment un mot de meilleurs voeux et de soutien à l'ensemble des fonctionnaires du ministère de la Justice qui travaillent et travaillent dans des conditions que je sais très difficiles, vu l'augmentation des contentieux, l'augmentation des actes de délinquance qu'ils ont à subir.

Et je sais que Marseille, évidemment, est un lieu très important pour le ministère de la Justice en soutien à ses magistrats, à ses greffiers, à ses agents pénitentiaires qui luttent contre la criminalité organisée, mais qui aussi sont l'objet de menaces, de menaces verbales, de menaces physiques. Certains sont mis sous protection du fait des narco-bandits. Et je suis d'abord venu aujourd'hui, en ce premier jour de l'année, symboliquement les soutenir. Ce matin, j'ai eu une longue réunion depuis 8h du matin avec les services à la fois du procureur général, du premier président, du procureur et du tribunal sur la criminalité organisée pendant plus de 4h de discussion.

Je me rends à la PJJ dans quelques instants pour soutenir les agents courageux qui luttent pour la réinsertion des mineurs. Vous savez que malheureusement, l'augmentation de la violence est de plus en plus importante chez les jeunes. Et puis ensuite, j'irai à la prison des Beaumet pour revenir au tribunal ici pour une deuxième séquence sur les affaires civiles et sur les saisies. Le message que je veux passer, c'est évidemment le soutien très fort que j'apporte aux magistrats, aux greffiers, aux agents pénitentiaires et leur dire que je suis là pour trois raisons.

D'abord, les soutenir en termes de moyens, des moyens en personnel qu'il faut pouvoir maintenir avec ce qui a été décidé dans la loi de programmation de la justice, c'est-à-dire 1 600 personnels de plus cette année. J'ai rencontré la ministre des Comptes publics. Je le remercie de son écoute. Je compte bien que les 1 600 personnels de plus soient concrets pour l'ensemble des juridictions françaises, pour le bien de nos concitoyens. Il y a en France un problème très important de moyens de la justice qui n'est que 2% du budget de l'État. Et nous avons devant nous une difficulté très forte qui est la difficulté de la justice à répondre aux audiences.

suite au travail qu'ont fait évidemment les forces de l'ordre, les parquets et les juges des instructions. Rien que dans les Bouches-du-Rhône, il y a 200 procès d'assises en attente. C'est donc évidemment un manque de moyens très important parce que lorsqu'on veut la fermeté, et comme je crois les Français le veulent, comme j'essaye de l'incarner, comme le font les magistrats tous les jours, la fermeté de la justice, c'est la certitude d'être jugé et d'avoir une condamnation avec une peine exécutée. On ne peut pas avoir 200 procès d'assises dans un département, dans les Bouches-du-Rhône en attente.

Il en va de la crédibilité de l'action de la République et de la légitimité de notre système institutionnel. Indépendamment des moyens, des moyens en magistrat, des moyens en greffier, des moyens en agent pénitentiaire, évidemment de l'autre côté des moyens d'enquêteur pour le ministère de l'Intérieur, je suis venu apporter aussi un soutien, comme je l'ai dit, parce que les magistrats ici à Marseille font face à une augmentation généralisée de la criminalité. Bien sûr, dans la vie quotidienne, malheureusement, les violences faites aux femmes et aux enfants, la délinquance du quotidien qui pourrit la vie de nos concitoyens, mais bien évidemment, en premier lieu, de la criminalité organisée.

Et dans cette criminalité organisée, la place très importante que prend le tarfic de drogue en France, en Europe, dans le monde, et à Marseille en particulier. Il faut donc mettre les moyens pour lutter contre cette criminalité organisée. Et le point le plus important, sans doute, des prochaines semaines, des prochains mois, peut-être même des prochaines années, c'est des moyens contre le blanchiment d'argent. Il faut taper au portefeuille. On sait que les peines de prison ne sont pas totalement dissuasives pour les plus grands délinquants.

Des gens sont parfois condamnés à des dizaines d'années de prison sans pour autant arrêter leur trafic, ce qui pose la question du nettoyage des prisons, j'y reviendrai si vous le souhaitez, mais aussi et surtout de la confiscation des biens qui ont été mal acquis. L'argent, les voitures, les biens immobiliers, mais aussi cet argent, ces voitures et ces biens immobiliers qui sont à l'étranger. Et je pense qu'il y a largement encore mieux à faire que nous faisons, même si 41 millions d'euros ont été confisqués cette année dans les Bouches-du-Rhône, ce qui est une somme très importante, mais qui mériterait encore d'être largement développée.

Des lois existent déjà, comme les lois Warsman que nous devons appliquer, qui permet de saisir et de confisquer avant même un jugement, et évidemment de le systématiser pour la délinquance du quotidien comme pour les plus grands bandits. Ça demande de la coopération internationale, ça demande aussi davantage de moyens en magistrat dans les questions économiques et financières. Cette question du blanchiment doit être la plus importante de nos actions dans les prochains temps, parce que c'est là où nous pouvons avoir très rapidement des actions rapides, et c'est là où nous pouvons faire mal aux narco-bandits le plus rapidement, avant même d'ailleurs les condamnations, comme je l'ai évoqué.

Après ce soutien aux moyens et ce soutien politique dans l'action que mènent nos magistrats à l'ensemble de la chaîne pénale, je veux évidemment aussi dire que nous devons continuer à avoir un œil particulièrement attentif pour les atteintes faites aux personnes dépositaires de l'autorité publique. Les policiers, les gendarmes, les magistrats, les greffiers, les agents pénitentiaires sont sous le coup parfois de corruption, qu'il faut évidemment condamner avec la plus grande sévérité, et l'État doit être de plus en plus vigilant, mais souvent de menaces.

Et je suis venu dire que nous allons soutenir, bien sûr en soutien policier, de protection, ces agents qui font leur travail courageusement, mais que nous allons alourdir, en tout cas c'est ce que je souhaite, alourdir les peines contre ceux qui menacent, corrompent les agents de l'État.

Quand la criminalité organisée a assez de moyens pour pouvoir avoir des réseaux téléphoniques parallèles, pour avoir des circuits de financement à l'étranger, pour pouvoir mettre de l'argent dans la vie classique, que ce soit l'immobilier, la restauration et d'autres activités humaines, mais que par ailleurs elle a assez de moyens pour pouvoir corrompre des agents, ou les menacer qu'on n'ait pas peur de menacer, un juge, un avocat, un agent pénitentiaire, et passer à l'acte, comme on l'a vu dans le drame d'Incarville, nous sommes dans un point de bascule pour la République. Et donc nous devons collectivement nous réveiller.

Je donnerai les instructions dans la circulaire de politique pénale que j'adresserai dans quelques jours au procureur de la République pour que les atteintes, les menaces et les corruptions envers les agents publics dépositaires de l'autorité publique soient particulièrement poursuivis avec la plus grande fermeté. Mais nous devons aussi montrer que les exemples de corruption et de menaces sont particulièrement condamnés par notre justice. Voilà en quelques mots. Je suis venu de très nombreuses fois à Marseille dans mes fonctions précédentes. Je voudrais saluer l'action incroyable de tous les agents publics pour la tranquillité. Il y a eu des résultats en cette année 2023.

Je voudrais quand même les dire. Action du ministère de l'Intérieur et du ministère de la Justice. Il y a eu 50%, vous le savez, de règlements de comptes en moins à Marseille. On est passé une cinquantaine de règlements de comptes mortels en 2023 à une vingtaine. C'est encore trop. Mais je constate l'action bénéfique de ce que nous avons pu engager dans des fonctions précédentes avec mes prédécesseurs. Il y a aussi, je vous l'ai dit, 41 millions de confiscations, ce qui est important et qui mériterait encore d'être développé. Il y a eu plus de 3 000 personnes qui ont été interpellées pour le trafic de stupéfiants à Marseille. C'est-à-dire 40% de plus en une année d'interpellation.

Et donc nous sommes aujourd'hui devant la masse de ces personnes à traiter, à condamner. C'est pour ça que je suis là, pour améliorer, pour simplifier les procédures et pour donner davantage de moyens et d'encouragement aux magistrats. Alors je me rends dans quelques instants après le déjeuner à la prison des Moët. J'aurai l'occasion de pouvoir apporter mon soutien à madame la directrice et à d'autres agents aussi qui ont été menacés et qui sont protégés.

8:05
Invité

Monsieur le ministre, sur la présence des téléphones portables en prison, qui servent notamment à une arpeuse de trafic à l'extérieur, il y a des journalistes de BFMTV qui ont démontré qu'il y a quelques choses de pénétrer à l'intérieur de certains centres avec des tout petits téléphones qui font parfois de la taille d'un pouce. Dans le cas de progresser d'un reportage d'un certain moment, comment lutter contre ces tout petits téléphones qui s'achètent pour 30 euros et qui captent à l'intérieur des prisons ?

8:28
Gérald Darmanin

Je vous ai dit dès mon premier jour de prise de fonction qu'à la justice, les mots que nous prononçons doivent correspondre à la réalité que comprennent les gens. Par exemple, lorsqu'on dit que l'on condamne quelqu'un à de la prison, il faut qu'il en fasse de la prison. Et il y a trop de peines de prison qui sont prononcées, qui ne sont pas exécutées et dont jamais la personne ne va une journée en prison. Quand on dit que les gens sont à l'isolement en prison, personne ne comprend, derrière son écran de télévision en lisant son journal, que ces personnes peuvent communiquer à l'extérieur, commander des assassinats, corrompre des fonctionnaires ou pouvoir faire continuer leur point de deal.

Donc si je devais résumer en un mot ce que je crois en attend du ministre de la Justice, c'est que les mots prononcés par les magistrats correspondent à la réalité. Et c'est le premier travail que nous devons faire pour que nous soyons compris et que nous soyons entendus et que par ailleurs, la légitimité de l'incroyable force que représente une magistrature indépendante d'entre pays soit parfaite pour l'ensemble de nos concitoyens.

Et donc évidemment que continuer à téléphoner en prison et gérer son trafic ou commander des assassinats est incompréhensible pour nos concitoyens, mais aussi incompréhensible pour les magistrats qui passent des jours et des nuits à confondre ces personnes pour qu'elles puissent répondre de leurs actes ou aux agents pénitentiaires qui aient ce que leur vie pour les protéger. Nous allons donc multiplier tous azimuts des opérations de nettoyage des prisons. Alors c'est déjà en partie fait puisque plus de 40 000 téléphones portables ont été saisis lors de l'année 2024. Je pense qu'on peut faire davantage.

Deuxième chose, nous devons améliorer les sujets, les problématiques techniques pour faire du brouillage pour l'ensemble des cellules qui sont concernées, de ce que j'en comprends. Ça fait une semaine que je suis garde des Sceaux. Il n'y a pas l'intégralité des moyens technologiques aujourd'hui à notre disposition pour le faire. Il faudrait par exemple 500 millions d'euros en plus du budget que nous avons pour pouvoir mettre des brouilleurs en imaginant qu'il y en ait disponible partout dans les prisons françaises. Donc évidemment, il faut qu'on soit plus ingénieux.

Il faut sans doute d'ailleurs que nous distinguions c'était ma proposition dès mon premier jour à l'arrivée place Vendôme les personnes qui sont dangereuses qui méritent un milieu sécuritaire et carcéral beaucoup plus fort qu'on pourrait qualifier d'une forme d'isolement à ceux qui vont faire quelques mois de détention et qui vont devoir être réinsérés et à qui on ne peut pas avoir évidemment le même régime bien sûr d'isolement.

Et donc une de mes propositions j'en parlerai au président de la République au Premier ministre c'est que sur la criminalité organisée nous nous intéressions au sujet qui est un danger profond pour la République et pour nos concitoyens dans le même parallèle que ce que nous faisons pour le terrorisme.

Et donc c'est pour cela que j'ai proposé que nous fassions d'abord une sorte d'appartement témoin si vous me permettez cette expression en prenant les 100 plus importants de narcotrafiquants qui sont dans nos prisons je rappelle qu'il y a 17 000 détenus en France qui sont confondus pour trafic de stupéfiants donc 100 sur 17 000 je pense qu'un grand pays comme la France est capable de le faire en isolant ces personnes particulièrement en les fouillant particulièrement et en brouillant particulièrement leur communication parce que c'est pas la même chose quand vous avez un grand narco-bandit qui a un téléphone avec accès à des réseaux cryptés et des réseaux sociaux à une personne qui est là quelques mois en prison et qui n'était valable pour trafic de stupéfiants.

Donc nous devons discriminer mieux les détenus pour pouvoir effectivement dans un premier temps assez rapidement faire comprendre aux citoyens de la rue que nous agissons avec efficacité.

Je constate d'ailleurs que lorsque ces narco-bandits sont mis à l'isolement ça a été le cas récemment dans le cadre de la guerre des clans qu'il y a eu ici à Marseille un certain nombre d'assassinats ciblés se sont arrêtés et donc ce qui prouve bien que la preuve du pouding étant qu'il se mange que lorsque nous mettons à l'isolement des personnes extrêmement dangereuses nous passons un message que la prison n'est pas évidemment un lieu où on peut continuer son trafic mais aussi on aide beaucoup les magistrats les services de police et bien sûr les citoyens à vivre plus calmement.

Donc c'est la priorité que je me suis fixée dans la criminalité organisée j'ai à mon retour de Paris des réunions avec l'administration pénitentiaire pour qu'il me fasse remonter les 100 profils que j'ai demandé et que très pratiquement avec la libération des places de prison qui sont dans les prochaines inaugurations et vous allez en connaître ici à Marseille nous puissions particulièrement montrer cet appartement témoin que j'espère nous généraliserons à l'ensemble de ceux qui continuent leur trafic de prison.

12:49
Invité

Où en est l'enquête commanditée depuis 4 ans ?

12:58
Gérald Darmanin

Je n'en ai pas encore pris connaissance mais j'ai promis puisque nous avons eu un échange avec les élus du territoire de revenir d'ici un mois dans les bouches du Rhône et de rediscuter de l'ensemble de ces questions et notamment de la question de la prison de l'île.

13:08
Invité

Et le prison du tribunal judiciaire c'est le garantie aujourd'hui ?

13:20
Gérald Darmanin

Je vous rappelle madame qu'il n'y a pas de budget voté et donc on pourrait peut-être se retourner vers les parlementaires qui n'ont pas donné de budget à la nation ce qui pourrait répondre à la question que vous posez d'abord pour que nous ayons des moyens supplémentaires pour nos justiciens pour nos magistrats pour nos greffiers pour nos agents pénitentiaires encore faut dire que la France est un budget comme on est en loi spéciale nous sommes dans la reconduction des crédits de l'année dernière et donc nous ne sommes pas pour l'instant en mesure de donner les crédits et les postes que le même parlement d'ailleurs avait voté dans sa loi de programmation.

Vous remarquerez que le paradoxe ne manque malheureusement pas de sel et ce serait risible s'il ne s'agissait pas de la sécurité de notre pays. Donc je compte bien défendre les mêmes arbitrages budgétaires si vous me le permettez un peu supérieurs que mes prédécesseurs pour le budget du mois de février prochain puisque la justice a besoin de cet argent et a besoin de cohérence dans son action et je tiendrai les engagements de mes prédécesseurs et je voudrais y rajouter ma patte personnelle si vous me le permettez.

La lutte contre le blanchiment la lutte contre la criminalité économique et financière en lien avec la criminalité organisée et le narco-banditisme sera la priorité des moyens que j'affecterai et la deuxième priorité c'est les violences faites aux enfants comme je l'ai déjà évoqué.

14:27
Invité

Peut-être que commence le ministre sur la future cité. Les judiciaires de Marseille et les avocats marseillais notamment sont rends debout contre une délocalisation dans le nord de la ville. Déjà ce projet 350 millions d'euros où est-ce qu'on en est aujourd'hui ? Est-ce que ces judiciaires vont avoir le droit ?

14:39
Gérald Darmanin

Alors l'avantage d'être là depuis une semaine c'est que je peux vous répondre que je n'ai pas encore pris connaissance de la matérialité des dossiers. J'ai entendu que la presse évoquait que j'étais parfois hyperactif. Je constate que vous pensez que je suis trop lent donc j'essaierai de m'améliorer dans les prochaines heures. Merci beaucoup. Alors on peut toujours tirer à Milan. Moi je constate que grâce aux actions que nous avons menées d'ailleurs en lien avec la justice puisque j'étais venu à l'époque M. le procureur de la République était présent avec le président de la République et le garde des Sceaux.

Nous avons mis me semble-t-il à l'ordre du jour la lutte contre les points d'île sur la voie publique. Vous savez le trafic de drogue il est évidemment dans toutes les sociétés et je voudrais juste dire quelques mots pour dire qu'il corrompt toutes les sociétés. La première cause de mortalité aux Etats-Unis d'Amérique aujourd'hui c'est le fentanyl c'est une drogue de synthèse. Toutes les sociétés sont concernées par le terrorisme et par le trafic de drogue.

Dans le trafic de drogue qui est très difficile à arrêter mais que nous devons donner des moyens très importants le but ultime de notre action c'est de faire que les organisations criminelles n'aient pas une taille assez critique pour empêcher l'Etat de fonctionner pour que nous n'ayons pas en face de nous des narco-Etat comme il y en a eu malheureusement même si les choses se sont un peu rattrapées depuis aux Pays-Bas ou en Belgique pour éviter que la masse financière puisse développer des communications téléphoniques satellitaires les affaires Sky, ECC ou Encrochat ont montré qu'ils avaient des réseaux de communication parallèles à ce que nous pouvons écouter ou de la recherche et développement dans les drogues de synthèse.

Donc quand nous luttons contre des points de deal qui rapportent 15 000, 20 000, 30 000, 40 000 euros par jour nous luttons pas simplement contre le deal de rue et la santé publique nous luttons pour éviter que la pieuvre soit aussi importante. et le travail des opérations Placenet était de montrer que la voie publique appartenait à la République et pas aux délinquants.

Alors bien sûr je sais qu'il y a des livraisons par drone, je sais qu'il y a des livraisons par scooter, je sais qu'il y a des livraisons par bateau, je sais qu'il y a des livraisons par voiture, je sais qu'il y a beaucoup d'ingéniosité dans le trafic de drogue mais ce qu'a montré Placenet même s'il y a encore beaucoup de travail à faire c'était que les policiers retournaient à la paternelle en retournaient dans tous les quartiers nord et montraient que nous étions nous la République à notre place.

Alors évidemment ça n'a pas d'intérêt même s'il y a eu énormément de saisies très importantes et beaucoup d'interpellations s'il n'y a pas indémentairement des réseaux et c'est pour ça que le travail et je suis très heureux d'être passé du ministère de l'Intérieur au ministère de la Justice pour pouvoir compléter ce travail ce travail de voie publique que font les policiers doit être lié avec ceux qui commandent les trafics qui sont soit dans nos prisons puisque souvent ils ont déjà été arrêtés soit à l'étranger et c'est pour ça que je me rendrai également dans des pays étrangers pour améliorer notre coopération puisque je me rendrai aux Émirats arabes unis pour notamment évoquer la question de Dubaï d'ici la fin du mois de janvier autour du 20 janvier pour pouvoir améliorer cette coopération judiciaire.

Vous savez j'ai constaté dans mes fonctions précédentes que le travail de la République elle devait être à la fois au coin de la rue parce que c'est le symbole de notre impuissance lorsque nous ne sommes pas au rendez-vous et c'était l'occasion des opérations placées de remettre les policiers les gendarmes et l'action judiciaire en bas de la rue mais ce bas de la rue il doit être complété par une action de lutte contre le grand banditisme et c'est pour cela que je vais regarder avec intérêt tout le travail qui est fait sur le narco-banditisme il y a le rapport de monsieur Ricard que mon prédécesseur avait missionné il y a le travail des sénateurs blancs et Durin qui ont rendu un rapport extrêmement intéressant et par ailleurs une proposition de loi auquel je veux apporter mon parfait soutien et que je compléterai par d'autres idées que je peux avoir avec mes services et c'est pour cela que dès lundi midi prochain j'ai une séance de déjeuner de travail avec Bruno Retailleau parce que ce que je voulais vous dire et je veux le redire police et justice sont dans la même barque et que les problèmes de la police c'est les moyens de la justice et donc ensemble nous allons travailler pour plus de fermeté et pour que du coin de la rue jusqu'au coin de la planète nous puissions arrêter les narcotrafiquants et montrer que la République est chez elle et que quand on est trafiquant on doit se cacher et on ne doit pas avoir pignon sur rue et comment vous multipliez les isolements quand les prisons sont saturées ?

nous avons un problème de surpopulation carcérale qui est très important 30% de détenus en plus je constate que cette surpopulation carcérale est bien sûr présente dans les maisons d'arrêt c'est à dire en attente des jugements et que lorsque les gens sont condamnés les choses vont mieux même si elles sont toujours très très difficiles mais que nous avons su le faire pour les acteurs du terrorisme ce qu'il faut faire dans la vie c'est des choix et je pense que les français comprennent le choix lorsque je dis que quelqu'un doit être condamné à une petite peine de prison qu'il fasse sa prison pas forcément dans un milieu carcérale qui demande des miradors des barbelés vous savez le ministère de la justice il construit des prisons en 7 ans c'est peut-être un peu long parce que c'est le même modèle partout voilà et quand j'étais ministre de l'intérieur on avait beaucoup de mal à créer des centres de rétention administrative parce qu'on mettait 4 ans pour les construire on a simplifié les choses on avait du mal à créer des brigades de gendarmerie on mettait 5 ans pour les construire j'ai demandé qu'on fasse des brigades de gendarmerie sans locaux de garde à vue par exemple parce qu'on n'a pas besoin de partout de locaux de garde à vue ou sans lieu de blindage pour les armes parce qu'on n'a pas le lieu d'avoir toujours du blindage pour les armes donc il faut simplifier nos process ce qu'on demande au ministre de la justice c'est pas de prendre des décisions à la place des magistrats ils savent très bien le faire et en toute indépendance c'est de trouver des moyens et surtout de la simplification vous savez monsieur moi j'ai entendu l'administration pénitentiaire comme des greffiers comme des juges et comme hier des policiers des gendarmes la même demande simplifier simplifier la procédure pénale simplifier qu'il y ait des charges pour construire des prisons simplifier les relations entre les acteurs je pense qu'avec un peu de priorisation un peu de moyens et un peu de bon sens on devrait pouvoir isoler dans un grand pays comme la France où 82 000 détenus les 100 plus gros trafiquants

20:12
Invité

mais il y a évidemment

20:19
Gérald Darmanin

une préoccupation lorsque les organisations criminelles ont assez de puissance pour pouvoir menacer et ou corrompre des agents publics nous le savons déjà quand j'étais ministre des comptes publics les douaniers étaient particulièrement visés puisque l'entrée de la drogue se fait par les ports vous le savez et d'ailleurs il y a des dockers des douaniers qui sont menacés et pour les dockers des gens qui sont exécutés par des organisations criminelles nous savons que des agents publics en Europe et je pense notamment au nord de l'Europe connaissent une corruption avancée et oui nous devons faire particulièrement attention à la vulnérabilité de nos agents qui ne sont pas très bien payés pour le travail qu'ils font dont l'accompagnement n'est pas toujours social ou psychologique au rendez-vous et c'est le travail de l'hierarchie intermédiaire et notamment du ministre de s'y intéresser mais là encore le parallèle avec le terrorisme est intéressant nous avons des agents nous avons eu des agents qui étaient radicalisés et je rappelle qu'à la suite du drame de l'attentat de la préfecture de police partout y compris dans les services de renseignement français il y avait des agents qui étaient radicalisés nous avons mis en place un système pour évaluer les agents regarder leur vulnérabilité et les suivre et les écarter parfois lorsqu'ils étaient en contact avec des fonctions qui pouvaient faire naître des choses aussi ignobles que des attentats et bien comme la criminalité organisée c'est la menace première de notre pays nous devons sans doute nous inspirer de la lutte contre le terrorisme ça passe par du renseignement ça passe par de l'isolement ça passe peut-être par des juges encore plus spécialisés et ça passe peut-être par un renseignement administratif sur nos agents hier nous regardions ce qui était radicalisé pour l'islamisme radical aujourd'hui on doit peut-être regarder ceux qui sont plutôt sensibles à des faits de corruption ils sont très minoritaires mais ils existent sans doute et il faut que la république soit particulièrement attentive comme on le disait dans le pire romain la femme de César ne peut pas être vous connaissez la suite

22:14
Invité

le chiffre de 100 plus grand plus gros vous l'avez choisi sur quel critère pour l'instant

22:22
Gérald Darmanin

alors madame moi j'ai été maire d'une commune pauvre et quand je suis devenu maire après 30 ans d'une même couleur politique sachant qu'il n'y a pas beaucoup d'argent dans les caisses je me suis dit comment je vais pouvoir montrer à ma population quelque chose change et si vous changez tout d'un seul coup non seulement ils ne vous croient pas la ville est en travaux mais en plus vous n'avez pas assez d'argent et à la fin on vous dit mais alors qu'est-ce que vous avez fait on ne croit pas à votre espoir à votre projet donc vous faites en immobilier ce qu'on appelle un appartement témoin je ne sais pas si vous avez déjà acheté sur pièce un appartement mais vous louez quelque chose qui correspond à un programme starter comme dire les promoteurs immobiliers je pense que c'est ce qu'il faut faire dans l'action publique c'est ce que j'ai fait au ministère des comptes publics quand on a fait l'impôt à la source et c'est ce qu'on a fait au ministère de l'intérieur qui nous permet ensuite de faire des choses comme les Jeux Olympiques à grande échelle quand on a peu de moyens qu'on a peu de temps politique et que par ailleurs on a une urgence de sécurité je prends le chiffre de 100 par convention parce que je pense que sur 82 000 détenus un grand pays comme la France est capable de le faire avec du volontarisme politique pour faire une opération starter vous voyez pour montrer que c'est possible parce qu'il y a des obstacles juridiques des obstacles financiers évidemment le sujet avec les droits de la défense la condition à dignité des détenus et donc j'imagine que tout ça est compliqué sinon les gardes des Sceaux précédents l'auraient évidemment fait donc ma technique si j'ose dire c'est d'agir comme ministre comme j'agis comme maire parce que je crois que le bon sens du maire qui a des moyens limités mais qui doit parler à sa population qui doit à la fois montrer du volontarisme et prendre en question les contraintes donne de l'espoir à tout le monde si j'arrive à montrer que dans le nouveau quartier qui était hier un quartier en grande difficulté sociale nous avons non pas 4 nouvelles écoles mais une nouvelle école qu'on n'a pas 30 nouveaux immeubles mais 2 nouveaux immeubles que la rue est régulièrement nettoyée et que la délinquance a baissé parce que j'ai mis des caméras de vidéosurveillance ça donne de l'espoir dans l'action publique et j'ai bien conscient que la politique aujourd'hui c'est des gens qui ne croient pas en l'action publique donc pour répondre à votre question je fais une démonstration par l'exemple et nous commençons par les 100 premiers narco-trafiquants je pense que dans le temps qui m'est imparti avec les moyens que j'ai c'est quelque chose que nous sommes capables de faire Vous parlez beaucoup de proximité quelles sont vos solutions concrètes aujourd'hui pour justement faire de la justice de proximité Alors j'aurai l'occasion tout à l'heure d'en parler en matière civile parce que je n'oublie pas que l'essentiel du lien de la population avec la justice ce sont des questions qui relèvent des affaires civiles des affaires familiales c'est ça qui handicap le plus nos concitoyens pour croire dans l'édition de justice vous savez par exemple la proximité elle se déroule aussi dans le bon sens monsieur il y a trois semaines avant même de savoir que j'étais garde des Sceaux je reçois dans ma permanence à Tourcoing un homme qui avait la tutelle sur son enfant handicapé ce monsieur est ouvrier il a un cancer et il veut mettre de l'argent de son compte courant le compte courant de son enfant handicapé sur l'assurance vie parce qu'il pense qu'il va peut-être ne plus pouvoir s'occuper de son fils vu ses problèmes de santé il a écrit trois lettres recommandées au juge des tutelles il n'a toujours pas de réponse j'en veux pas au juge des tutelles qui doit être submergé mais avouez que c'est un petit peu incompréhensible pour le monsieur que j'ai reçu qu'il est le père de son fils il a la tutelle et par ailleurs c'est pas pour dépenser de l'argent si vous avez compris mettre de l'argent du compte courant sur l'assurance vie d'attendre une réponse du juge de tutelle au bout de trois d'être recommandé pour faire cela il y a plein de simplifications qui peuvent correspondre à la proximité et je crois que dans notre façon de faire nous devons d'abord demander aux praticiens du droit en premier quelles sont les demandes de simplification qu'ils font c'est ce qu'aujourd'hui vont présenter les magistrats pour les affaires et j'écrirai à l'intégralité des membres de mon administration à la fin du mois de janvier pour demander à chaque magistrat à chaque greffier à chaque auxiliaire de justice quelles sont ces propositions de simplification je vais d'abord rencontrer les organisations syndicales à partir de lundi et toute la semaine une fois que je vais rencontrer les organisations syndicales j'espère qu'elles joueront au jeu de cette demande de simplification par le bas tous les agents du ministère pourront proposer des simplifications alors il y a des choses qui pourront être faites rapidement d'autres qui passeront par la loi d'autres qui seront plus difficiles à faire mais c'est ça la proximité c'est la compréhension et l'accès au droit en aidant évidemment tous ceux qui aident à cette proximité je pense notamment des maisons d'accès de la justice et du droit qui font un travail formidable merci beaucoup

Lutte contre le narcotrafic: l'intégralité de la prise de parole de Gérald Darmanin à Marseille — Gérald Darmanin · Pourquijevote