Coronavirus : intervention de Nicolas Dupont-Aignan à l'Assemblée Nationale (19 mars 2020)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:12PrésentateurFait
« Car nous savons très bien que le relais par les banques n'aboutit pas obligatoirement au crédit demandé. »
- 2:48PrésentateurFait
« Le manque d'anticipation de votre gouvernement, confirmé par la ministre de la Santé, Madame Buzyn, elle-même. »
- 3:29PrésentateurChiffre
« Le ministre de la Santé a indiqué ce matin que la France produisait 8 millions de masques par semaine, »
- 3:44PrésentateurChiffre
« Le besoin n'est pas de 8 millions par semaine, il est de 8 millions par jour. »
- 4:10PrésentateurFait
« C'est faux, c'est faux. »
- 4:37PrésentateurFait
« Il faudra revenir un jour sur la responsabilité de ceux qui ont supprimé les stocks de masques stratégiques en 2011 et 2013. »
- 4:54PrésentateurPromesse
« Nous devons nous rassembler pour multiplier par 10 la production des masques. »
- 4:58PrésentateurPromesse
« L'armée doit être appelée aussi pour distribuer ces masques puisqu'on nous dit qu'il y a des problèmes de logistique. »
Temps de parole
- Présentateur92 %
- ?8 %
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La parole est maintenant à M. Nicolas Dupont-Aignan. Merci,
M.
le Président, M. les ministres. Tout d'abord, je m'associe comme mes collègues au courage des soignants qui soignent des vies, qui évitent le drame dans les hôpitaux. Et nous devons penser tous à eux, comme tous les Français pensent à eux. Je voudrais aussi remercier le personnel de l'Assemblée nationale qui permet cette séance.
L
'heure est grave et nous le savons tous sur ces bancs.
Ce
projet de loi de finances rectificative
doit
permettre, si j'ai bien compris, d'injecter les liquidités nécessaires fortement
avec
urgence pour éviter l'effondrement économique et social, conséquence de la crise sanitaire.
Je
voterai bien sûr ce projet,
car
l'urgence oblige à l'Union.
Mais
il y a plusieurs points sur lesquels je voudrais insister et où j'aimerais des correctifs ou du moins des inflexions.
La
première urgence,
c
'est l'obligation d'annulation plutôt que de report, comme vient de l'indiquer d'ailleurs la présidente du groupe qui s'est exprimé avant moi. Car l'on sait très bien qu'une fois qu'une entreprise est morte, le report ne sert pas à grand chose.
Le
deuxième point, et j'ai proposé un amendement dessus, c'est d'étudier la solution américaine de la monnaie hélicoptère. Car nous savons très bien que le relais par les banques n'aboutit pas obligatoirement au crédit demandé. Souvenons-nous
de
l'épisode et du drame de 2008-2009, où le médiateur du crédit avait été dans l'obligation de faire en sorte
et
de veiller à ce qu'il y ait une vraie réponse des banques. Pourquoi ne pas passer directement auprès des Français ? Ce sera, si l'épidémie dure, la seule solution.
Voilà
pourquoi je veux en venir à l'essentiel.
Ces
mesures compensatrices que nous allons voter ce soir
ne
pourront pas porter notre économie éternellement
et
garantir les revenus des Français
si
l'épidémie dure trop longtemps. Or, à ce jour, elle n'est pas maîtrisée.
Et
si nous ne voulons pas arroser le sable et perdre de surcroît des milliers de vies supplémentaires,
il
faut gagner la bataille sanitaire qui est la mère de toutes les batailles.
Voilà
pourquoi le Parlement ne peut pas seulement voter des crédits,
mais
aussi doit veiller à l'usage que vous en faites
et
faire des propositions adaptées à la réalité du terrain, tant le fossé entre les annonces et la réalité de ce que vivent les soignants est immense.
J
'avais proposé, qui a été refusé, une commission nationale associant toutes les forces politiques et syndicales pour pouvoir se réunir très régulièrement et bien faire remonter au gouvernement ce qui se passe réellement.
Il
faut quand même avoir le courage ici de dire la vérité.
Le
manque d'anticipation de votre gouvernement, confirmé par la ministre de la Santé, Madame Buzyn, elle-même.
Mais
aussi,
il
faut le dire, le reconnaître, votre incapacité à l'heure actuelle
d
'assurer les moyens indispensables de lutte contre le Covid-19, mettent en danger la vie de nombreux Français.
Il
y a urgence à changer de cap, de rythme,
car
pour gagner la guerre,
il
faut des ordres cohérents, un plan global et des soldats avec des munitions.
Voilà
des semaines que les agents hospitaliers les attendent, que les médecins libéraux crient leur colère. Voilà des semaines qu'ils attendent les masques, les fameux masques.
Le
ministre de la Santé a indiqué ce matin que la France produisait 8 millions de masques par semaine,
en
comptant 2 millions de personnels de santé et de professions exposées, à raison de 4 masques par jour. Le besoin n'est pas de 8 millions par semaine, il est de 8 millions par jour.
Si
l'on ajoute les Français
qui
doivent travailler pour faire tourner l'économie et les services publics
qui
méritent d'être assurés,
eh
bien cela nécessite des millions de masques supplémentaires.
Voilà
pourquoi il est encore incompréhensible d'entendre des membres du gouvernement nous dire que les masques ne sont pas indispensables. C'est faux, c'est faux. Taïwan, Hong Kong, Singapour ont jugulé l'épidémie parce qu'ils ont pu fournir les masques nécessaires à leur population. Mieux encore, c'est parce qu'ils ont pu fournir ces masques
qu
'ils ont évité l'effondrement économique de la nation en permettant à une large partie de la population de continuer à travailler.
Les
gestes barrières consistant à se laver les mains et à se tenir à un mètre ne suffisent pas pour les personnes au contact du public.
Il
faudra revenir un jour sur la responsabilité de ceux qui ont supprimé les stocks de masques stratégiques en 2011 et 2013. Mais aujourd'hui, l'essentiel n'est pas là. L'essentiel est de produire les masques. Nous devons nous rassembler pour multiplier par 10 la production des masques. Nous devrions avoir au moins 10 millions de masques par jour produits. L'armée doit être appelée aussi pour distribuer ces masques puisqu'on nous dit qu'il y a des problèmes de logistique. En un mot, il faut changer de doctrine car il ne faut pas prendre prétexte de la pénurie de moyens pour infléchir la doctrine. Il faut adapter nos moyens aux exigences.
Ce qu'a fait la Corée du Sud en matière de généralisation des tests, ce qu'ont fait certains pays asiatiques en matière de port du masque, devrait nous inciter, nous obliger à changer complètement de politique si nous voulons briser la contamination. Car le seul confinement ne suffira pas. Il doit être accompagné d'une généralisation des tests et d'une distribution massive des masques pour protéger nos concitoyens au premier rang desquels nos soignants.