Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 6 avril 2022 35 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesÉconomie & entreprisesSolidarités & familleSanté

Macron réélu ? Retraites : la bombe nucléaire qu'il nous prépare | Olivier Berruyer

Source d'origine 7 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 8 %Attaque 75 %Défensif 16 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:35OuverteRéponse directe

    Y aura-t-il un doublement du nombre de retraités pauvres ou misérables dans les années à venir ?

  • 0:42RelanceRéponse directe

    Plus précisément, du nombre de jeunes retraités pauvres ou misérables ?

  • 0:46OuverteRéponse directe

    Le passage de l'âge légal de la retraite à 65 ans qu'Emmanuel Macron veut mettre en œuvre en cas de réélection va-t-il faire régresser la France ?

  • 1:44ComplaisanteRéponse directe

    La campagne électorale a été mise de côté depuis un mois vu le grave climat international.

  • 3:21OuverteRéponse directe

    Pourquoi le système par capitalisation ne marche pas quand il y a de l'inflation ?

  • 5:18OuverteRéponse directe

    Revenons au système de retraite dit par répartition. Qui dit retraite par répartition dit composition démographique de la société.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:07InvitéFait
    « Le vote des plus de 70 ans, 40% a voté Macron, 20% a voté Pécresse, vu Rajoud Zemmour, t'as 10%. »
  • 0:12InvitéFait
    « 60% de gens qui auront la retraite, les autres seront morts avant. »
  • 3:20PrésentateurFait
    « Aujourd'hui, il y a une petite inflation. »
  • 3:29InvitéChiffre
    « Pendant la fin de la guerre et après la guerre, entre 1942 et 1952, dans cette période-là, il y a 1000% d'inflation. »
  • 3:47InvitéFait
    « Quand il y a 1000% d'inflation, c'est que tu divises en 10 ans le pouvoir d'achat par 10. »
  • 4:00InvitéFait
    « Si vous aviez 1500 euros de retraite, au bout de 10 ans, vous n'avez plus que 150 euros de pouvoir d'achat. »
  • 7:37InvitéChiffre
    « En 1975, on était à peu près à 3. Donc, il y avait 3 actifs pour payer une retraite. »
  • 7:44InvitéChiffre
    « Actuellement, on est plutôt à 1,3. »
  • 9:58PrésentateurFait
    « Pourtant, l'exécutif décide qu'il est temps de le faire. »
  • 11:35InvitéFait
    « Il y a eu un gel des revalorisations des retraites. »
  • 11:49InvitéChiffre
    « Il n'y a pas de manifestation, parce qu'il ne va y avoir que 1% de revalorisation, alors que l'inflation va être à 5%. »
  • 13:19InvitéChiffre
    « On est un des pays qui a le plus faible taux de pauvreté parmi les retraités. On a 8% de retraités qui sont en dessous du seuil de pauvreté. »
  • 13:28InvitéChiffre
    « La moyenne européenne, enfin, la zone euro, est à 15%. En Allemagne, ils ont 18% de retraités pauvres. »
  • 30:05PrésentateurFait
    « C'est sous François Hollande que la règle de l'égalité passait à la règle de l'équité »
  • 31:33InvitéFait
    « tu manifestes, on te tire dessus avec des armes de guerre »
  • 33:53Locuteur 3Fait
    « La BPI n'hésite pas à endosser le rôle de gestionnaire de fonds pour des investisseurs venus du Golfe »
  • 34:03Locuteur 3Chiffre
    « Des dizaines de milliers de morts et un million de déplacés internes dans un pays qui compte à peine 4 millions d'habitants »

Temps de parole

  • Invité76 %
  • Présentateur20 %

0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Le vote des plus de 70 ans, 40% a voté Macron, 20% a voté Pécresse, vu Rajoud Zemmour, t'as 10% donc. Des gens qui sont partis à 60 ans à la retraite votent pour des gens qui disent « Ah, il faut qu'on travaille à plus de 65 ans ». Waouh ! 60% de gens qui auront la retraite, les autres seront morts avant. « Mais attendez, vous nous racontez que l'espérance de vie, elle monte ? » En fait, c'est juste les électeurs de Macron qui ont l'espérance de vie qui monte. Les autres, l'espérance de vie, elle baisse. Ce que je vous présente là, c'est comme des trucs de base. C'est très dur à trouver, vous l'avez généralement, je pense, pas vu ailleurs.

Les milliardaires, ils n'achètent pas des médias pour avoir ça. Vos chaînes d'info, vous n'aurez pas ça sur les chaînes d'info.

0:35
Présentateur

Y aura-t-il, dans les années à venir, un doublement du nombre de retraités pauvres ou misérables ? Plus précisément, du nombre de jeunes retraités pauvres ou misérables. Le passage de l'âge légal de la retraite à 65 ans qu'Emmanuel Macron veut mettre en œuvre en cas de réélection va-t-il faire régresser la France ? La drôle de campagne électorale dans laquelle nous sommes immergés ne donne pas, à notre avis, l'importance qu'il faudrait à ce sujet de fond. Pour l'évoquer en profondeur, j'ai fait appel à Olivier Berruyer.

Olivier Berruyer est statisticien, fondateur du média Elucide, spécialisé notamment dans des formats graphiques qui permettent de saisir sur le temps long les évolutions économiques en France et dans le monde. Bonjour Olivier. Bonjour. Alors Elucide a publié une série de graphiques dans le cadre d'un article intitulé « Réforme des retraites nécessaires ou inutiles ». Et dès qu'on parle de la réforme du système de retraite en France, il y a un mot qui vient à l'esprit, c'est le mot « répartition ».

1:35
Invité

Tout à fait. La campagne électorale a été un peu mise sous le côté depuis un mois vu le grave climat international. Mais moi, j'ai souhaité réagir sur cet élément très surprenant de la proposition de Macron d'aller augmenter l'âge de la retraite à 65 ans. C'est une mesure qui ne se comprend pas, que même les autorités qui suivent l'évolution des systèmes de retraite n'ont pas spécialement demandé et j'ai souhaité expliquer aux gens pourquoi c'était une mesure antisociale et parfaitement inutile. Alors au centre de ça, il y a en effet nos systèmes de retraite et il faut bien comprendre comment ça marche. Donc on est par un système aujourd'hui en France de répartition.

Donc autrement dit, il y a des gens qui travaillent, il y a des gens à la retraite et on va prendre une fraction du salaire des gens qui travaillent pour le donner aux gens qui sont à la retraite. Donc on voit qu'il y a une forme de solidarité intergénérationnelle. C'est un système qui est solide puisque tant qu'il y a des salaires, on paye les retraites. Et comme le pourcentage ne change pas, ça permet de maintenir des niveaux de retraite avec une certaine visibilité. On sait à peu près combien on aura.

L'autre système, qui est un système qui fonctionne beaucoup aux États-Unis, un peu en Allemagne, c'est un système par capitalisation où, en clair, on essaye de créer des comptes individuels à chaque personne. Vous mettez un peu d'argent sur ce compte-là, comme sur un compte d'épargne. Et puis, quand vous prenez votre retraite, vous avez un capital et on transforme ce capital pour vous payer une retraite. Alors ça, on voit que c'est beaucoup moins solidaire. On voit aussi que c'est beaucoup plus dangereux, ce qu'on raconte assez peu aux gens. Parce qu'on essaie de faire croire que oui, il y a des problèmes démographiques, le système par répartition, attention, on peut avoir des problèmes.

En fait, ce qui, historiquement, a d'énormes problèmes, c'est le système de capitalisation. Et en particulier quand ? Quand il y a de l'inflation. Il y a beaucoup d'inflation actuellement.

3:20
Présentateur

Aujourd'hui, il y a une petite inflation. Pourquoi le système par capitalisation ne marche pas quand il y a de l'inflation ?

3:26
Invité

C'est assez simple et on en a eu l'exemple. Pendant la fin de la guerre et après la guerre, entre 1942 et 1952, dans cette période-là, il y a 1000% d'inflation. On a oublié cette période-là. Parce que les gens, quand on leur parle de l'inflation, ils pensent aux années 70 où il y avait 10%. Oui, à cette époque, il y a des années, il y avait 50% d'inflation. Évidemment, vos salaires ne montent pas de 50%. Autrement dit, quand il y a 1000% d'inflation, c'est que tu divises en 10 ans le pouvoir d'achat par 10. Autrement dit, les gens qui avaient une retraite par capitalisation à la fin des années 30, il y en avait un petit peu, ce n'était pas très développé, mais il y en avait.

Pour prendre l'exemple actuel, si vous aviez 1500 euros de retraite, au bout de 10 ans, vous n'avez plus que 150 euros de pouvoir d'achat. Donc, évidemment, vous arrivez à faire les courses et plus à payer votre loyer et rien faire d'autre. Puisque, en fait, tout dépend de la valeur de votre capital. Évidemment, l'inflation, on sait que c'est l'euthanasie du rentier. Quand on est en retraite par capitalisation, on est rentier. Évidemment, en plus, à un moment où, comme tu le signales, l'inflation repart, on n'est absolument plus maîtrisée. Il y a même une démission totale de la Banque centrale. Il y a 12% d'inflation aux Pays-Bas. Il y a 5-6% chez nous. Il y a 7-8% en Allemagne.

C'est déjà colossal. On voit déjà que les salaires vont en prendre, mais évidemment…

4:36
Présentateur

Sur le mois de mars, les prix des huiles et les prix des pâtes ont augmenté déjà de manière phénoménale en France.

4:44
Invité

Mais tout a augmenté. En fait, on est en train de travailler là-dessus sur Ellucide. Donc, on est en train de préparer toute une série pour voir ce qui se passe. Et c'est franchement affolant. Et c'était déjà affolant fin janvier. Donc, tu vois un peu ce qui va en être fin mars en termes d'explosion des prix alimentaires, mais des prix non alimentaires, des prix de l'énergie. Tout augmente, parce que le monde tout est lié. Il y a d'ailleurs aussi une conséquence de la spéculation sur ces produits alimentés par la Banque centrale qui continuent à imprimer, à tiers larigot, des sommes d'argent.

Et les gens qui, comme moi, y retournent depuis plusieurs années en disant « Vous allez déclencher de l'inflation en imprimant des sommes folles », on commence à le voir.

5:14
Présentateur

Alors, revenons au système de retraite dit par répartition. Qui dit retraite par répartition dit composition démographique de la société. Et c'est là-dessus que les adversaires du système actuel, du statu quo, disent « En fait, nous avons créé ce système à une période où il y avait beaucoup plus d'actifs que de vieux. » Et donc, aujourd'hui, si on continue comme ça, on va droit dans le mur. C'est ce qu'ils disent.

5:39
Invité

Il y a une part de vérité et puis il y a une part de manipulation dans le discours. Et justement, pour ressortir du blabla, moi, j'ai souhaité vous présenter une dizaine de graphiques aujourd'hui, extraits de notre article pour que vous compreniez un peu ce qui se passe. Le premier, si vous regardez, c'est l'évolution de l'espérance de vie. Donc, on sait qu'il y a une différence d'espérance de vie entre les hommes et les femmes. Mais on voit sur ce graphique qu'il y a un ralentissement de l'augmentation de l'espérance de vie déjà depuis le milieu des années 2010. On voit d'ailleurs qu'elle a chuté fortement en 2020.

Elle est toujours un peu remontée en 2021, mais elle est encore loin de son niveau de 2019, évidemment liée au Covid. Elle risque de mettre du temps à revenir au niveau antérieur parce que le Covid va déclencher aussi des séquelles chez les gens qui ont été très gravement atteints, qui ont été en réa. Donc, on sait que forcément, ça ne va pas aider leur espérance de vie. Donc, on risque de mettre un petit peu de temps à remonter. De toute façon, ça augmente beaucoup moins fortement qu'avant. Et puis, on va peut-être avoir des crises économiques dont on vient de parler qui ont aussi des impacts sur l'espérance de vie.

Et donc, dire « Oh oui, il faut absolument faire des réformes parce que l'espérance de vie va encore beaucoup monter », déjà, on n'en sait rien pour commencer. Ce n'est pas ce qu'on constate depuis une dizaine d'années. C'est le premier point. J'insiste parce qu'on va en reparler un peu plus tard. C'est une moyenne sur l'ensemble de la population. Ça va être beaucoup plus intéressant quand on va regarder ce qui se passe dans le détail. Si on regarde sur ce graphique-là ce qui se passe au niveau des systèmes de retraite, puisqu'on parle de ça, c'est intéressant de regarder le rapport, vous voyez, entre les cotisants sur la courbe bleue et les retraités sur la courbe orange.

Comme tu le signales, il y a eu de plus en plus de retraités, en tout cas quand la génération du baby-boom est partie à la retraite. Ça a commencé à déstabiliser, quand ils ont eu 50-55 ans, le système de sécurité sociale, parce qu'évidemment, il y a eu tout à coup plus de gens qui devenaient invalides. Puis, évidemment, il y a eu plus de chômage de personnes âgées, enfin de personnes âgées, de personnes qui ont un peu avant la soixantaine. Et puis, bon, voilà, après vous avez une explosion du nombre de retraités. Donc, ce qui est intéressant, c'est la courbe rouge, le rapport démographique entre le nombre d'actifs et le nombre de retraités. On voit qu'en 1975, on était à peu près à 3.

Donc, il y avait 3 actifs pour payer une retraite. Donc, c'était assez facile. Actuellement, on est plutôt à 1,3. Mais on voit bien que la courbe rouge se stabilise. Donc, autrement dit, qu'on a arrêté de baisser et qu'on est arrivé à un étiage. On est probablement là, en ce moment, au pic, comme on va le voir, des dépenses. Alors, depuis cette période-là, il y a beaucoup de choses qui se sont passées. Comme il y a eu ce décalage démographique, on a dû augmenter les impôts. Donc, la part des retraites dans le PIB a augmenté. Mais on voit qu'on arrivait à absorber. Le gros choc, on l'a absorbé.

On l'a absorbé, évidemment, en faisant des réformes qui n'étaient pas toujours simples, qui ont eu des effets sur le niveau de vie des retraités, comme on va le voir. Mais si on voit sur ce graphique-là, la part des retraites dans le PIB, on voit qu'elle a beaucoup augmenté dans les années 2000. Elle avait déjà augmenté dans les années 80. Mais que depuis, ça se stabilise à peu près à 15 % du PIB. Et qu'on n'est plus du tout sur une hausse assez forte. Donc, il n'y a pas le feu. Donc, le problème, en fait, on l'a déjà résolu avec les efforts des citoyens, soit en impôts, soit en retraite, soit, évidemment, en modification des âges de retraite.

Le COR, qui est le Conseil d'orientation des retraites, fait des études assez intéressantes pour comprendre ce qui se passe. Et donc, l'INSEE, ici, a présenté sur, finalement, pourquoi ça n'augmente pas. Donc, ce petit graphique est assez intéressant. Vous voyez ce qui s'est passé, enfin, à gauche, c'est ce qui se serait passé si on n'avait rien changé. Donc, on voit qu'on aurait eu d'augmentation encore du poids des retraites dans le PIB. On voit sur le graphe du milieu ce qui s'est passé avec uniquement une réforme qui consistait à ne plus indexer les retraites sur les salaires, mais uniquement sur les prix. Donc, autrement dit, c'était une modification.

Parce qu'avant, quand les actifs s'enrichissaient, les retraités s'enrichissaient aussi. Donc, déjà, ça a été le premier point. On a arrêté ça. On peut discuter si c'est bien ou si c'est pas bien. On va voir un débat. Mais on voit que c'est déjà ça qui a cassé grandement l'augmentation du poids des retraites dans le PIB. Et à droite, on voit avec les réformes paramétriques les augmentations de passage de 60 à 61 et 62 ans de l'âge de la retraite. Donc, on voit très bien. Enfin, les différentes courbes, c'est des hypothèses dans le futur économique. Mais si vous voyez à peu près la forme des courbes, on voit que le problème, il est totalement maîtrisé aujourd'hui.

Il n'y a vraiment pas le feu. Il n'y a pas de raison d'aller faire des réformes importantes.

9:53
Présentateur

Mais pourtant, l'exécutif décide qu'il est temps de le faire. Pourquoi ? Pour quelles raisons, à ton avis ? L'exécutiste, macroniste, il faut quand même préciser. Le pouvoir macronien qui veut se survivre à lui-même, qui a déjà subi toute la colère populaire lors de la première tentative de réforme des retraites qui s'est finalement soldée par la crise du Covid et donc la mise entre parenthèses de ce projet. En fait, il veut reprendre, il veut le faire en début de mandat. Il veut le faire en dépit du fait qu'il n'y a que ceux qui sont déjà à la retraite, qui sont majoritairement favorables à une telle mesure. Pourquoi ? On aimerait comprendre s'il n'y a pas de nécessité économique.

10:36
Invité

Si tu veux, il n'y a pas de nécessité macroéconomique. La question, c'est au service de qui travaille Macron ? A l'évidence, ce n'est pas au service de l'ensemble des salariés, mais plus, on l'a vu combien de fois depuis 5 ans, au service du patronat. Donc évidemment, si derrière, vous diminuez les cotisations retraites, vous allez encore diminuer les charges, soit disant pour la compétitivité, mais c'est hautement discutable. Parce que finalement, quand vous approviez les retraités, vous approviez aussi le consommateur. On voit aussi que ce qu'on a fait là, ça a permis de maîtriser les dépenses publiques.

Ça a sans doute eu aussi un impact sur la croissance, et donc sur l'emploi, et donc sur l'activité économique globale. Parce qu'évidemment, si vous appauvrissez, ou en tout cas si vous n'augmentez plus les revenus de millions de personnes dans le pays, parce qu'on voit les retraités, les retraités ont subi aussi des réformes, dont on parle peu, parce que ce n'est pas une réforme qu'on affiche beaucoup. On parle de... Je fais une réforme, tiens, maintenant, il faut passer à 62 ans, au lieu de 61, on en parle, on va faire des manifestations. En fait, il y a quelque chose qui s'est passé, c'est qu'il y a eu un gel des revalorisations des retraites.

Et ça, c'est décidé de façon assez discrétionnaire par le gouvernement ou par les régimes complémentaires. On n'en parle pas. Il n'y a pas de manifestation, parce qu'il ne va y avoir que 1% de revalorisation, alors que l'inflation va être à 5%. Je ne sais pas qu'on va y avoir cette année, mais c'est ça l'idée, en fait. En fait, je rogne les retraites sans le dire. Et ça, ça a eu un effet assez fort, un effet destructeur du pouvoir d'achat des retraités, et donc aussi l'activité économique. Parce que ça fait ça sur les retraités. Moi, je n'en parle pas, mais tu fais ça sur tous les fonctionnaires. Le point de la fonction publique, ceux qui nous écoutent, ils savent que ça n'augmente pas.

Tu regardes, ça commence à faire une grosse partie de la population qui n'a plus d'augmentation de salaire vraiment de façon notable. Tu rajoutes, tous ceux qui sont dans le privé n'ont plus d'augmentation en général, parce qu'on essaye de limiter au maximum ça. C'est autant de consommation en moins, autant d'activité économique. Parce qu'après, ton pouvoir m'incroniste, il arrive et puis il dit, il n'y a quand même pas beaucoup de croissance cette année. C'est bizarre. Ce n'est pas bizarre, ça se comprend bien.

12:34
Présentateur

L'objectif, c'est de faire faire des économies aux entreprises pour pouvoir leur permettre, dans un avenir proche, d'augmenter les salaires nets, sans pour autant augmenter les salaires bruts, sans pour autant se dessaisir d'une partie les bénéfices qu'elles peuvent faire, si je comprends bien. Oui, ça peut être ça.

12:49
Invité

Ou ça peut être d'augmenter les bénéfices, en gelant les salaires aussi. Enfin, ça, il faudrait demander si un journaliste, un jour, osse poser une question à M. Macron, qui, par hasard, aimerait bien y répondre, parce qu'on voit que les débats, bon, c'est sûr qu'on comprend pourquoi il n'a pas voulu faire un débat avec Caputu ou Mélenchon, de façon approfondie. Parce qu'évidemment, ce genre de questions, qu'est-ce que tu réponds ? Quand même les spécialistes te disent, il n'y a pas besoin de faire une réforme aussi violente. Parce qu'on peut être fier aussi de notre système de retraite, et ça, c'est ce que je voulais vous montrer dans le graphique suivant.

On est un des pays qui a le plus faible taux de pauvreté parmi les retraités. On a 8% de retraités qui sont en dessous du seuil de pauvreté. La moyenne européenne, enfin, la zone euro, est à 15%. En Allemagne, ils ont 18% de retraités pauvres. Ça fait plus du double en proportion de retraités qui ont de très grosses difficultés, même de survivre. En Allemagne, c'est un pays plus prospère que la France. Oui, mais c'est un pays qui est aussi beaucoup plus soumis au patronat et qui a ce système de capitalisation. C'est quelque chose qui inquiète aussi les Allemands. Parce qu'on engueule toujours les Allemands sur « vous nous emmerdez avec la peur de l'inflation ». Ils sont servis quand même.

Mais du côté, ce serait… Oui, vous vous souvenez des années 1920, quand il fallait des brouettes de billets, vous vous embêtez un peu. En tout cas, chaque pays se constitue aussi son histoire et son histoire collective, en fait. Mais il y a aussi un besoin objectif pour eux d'avoir une faible inflation parce qu'ils ont beaucoup moins d'actifs que nous, en proportion. La population allemande a extrêmement vieilli. Leur retraite, son capitalisation, ils ne pourraient pas faire de la répartition. Pour le coup, là, ce n'est pas possible. Il y a un tel ratio que ça ne tiendrait pas. Donc, ils ont la capitalisation. C'est leur patrimoine qui est important.

Et là, c'est en train d'être renié fortement par l'inflation. Donc, il y a aussi de gros remous en Allemagne qui commence à avoir une petite bulle immobilière aussi. Ça va poser de graves problèmes dans ce pays-là.

A contrario, si on regarde au niveau des niveaux de vie ici qu'on a représentés suivant la commune d'habitation, comme intéressant, puisque les retraités bougent beaucoup dans le pays, on voit finalement que le niveau de vie d'un retraité n'est pas très différent du niveau de vie d'un actif en France, ce qui est quelque chose d'exceptionnel, quelque chose quand même qui permet d'envisager sa retraite avec une relative sérénité en se disant, finalement, je n'aurai pas peut-être un très gros écart de pouvoir d'achat quand je serai à la retraite. Alors qu'il y a plein de pays où c'est très ennuyeux pour les retraités. Certains doivent d'ailleurs faire des petits jobs à côté pour survivre.

15:11
Présentateur

Et c'est cette tranquillité d'esprit, justement, qu'Emmanuel Macron remet en cause. Ce droit, en fait, à vieillir dans la tranquillité sans pour autant se dire qu'on risque de plonger dans une pauvreté qu'on n'aurait peut-être même pas connue pendant qu'on travaillait. Alors, tu as évoqué donc la retraite par répartition, la retraite par capitalisation et aussi ce qu'on appelle la retraite par points. C'est-à-dire, ce n'est pas une retraite par capitalisation à l'américaine, mais c'est un peu le système dans lequel Emmanuel Macron veut nous conduire. Et il regorge de plusieurs pièges ce système de retraite par points.

15:48
Invité

Pourquoi ? Oui, c'est un système qui est un peu hybride entre les deux. Alors ça, c'était vraiment ce qu'il voulait faire avant 2020. On a l'impression qu'il a un peu mis ça de côté en disant ça ne va vraiment pas passer et donc il s'est rabattu sur la retraite à 65 ans. Le système par points, c'est un système qui reste par répartition globalement. Donc, il faut bien prendre les cotisations aux actifs pour payer les retraités. Mais la façon de le faire, aujourd'hui, c'est presque une règle de trois pour répartir ça avec un avantage quand même qui aujourd'hui font que quand même on se base sur vos 25 meilleures années de salaire pour calculer votre retraite.

Le système par points, ce n'est pas ça. C'est dès le premier jour, en fait, on convertit vos cotisations en points et à la fin, on transformera ces points en une retraite en voyant qu'est-ce que vaudra le point à ce moment-là. En gros,

16:33
Présentateur

si j'ai commencé à 18 ans comme livreur de pizza quand j'étais étudiant, dans un système par points, la moitié de SMIC que je gagnais à l'époque en fait est prise en compte alors que dans un système tel qu'on le connaît aujourd'hui, ce n'est pas pris en compte parce que c'est au moment où, par exemple, je suis devenu journaliste senior qu'on commence à comptabiliser.

16:54
Invité

Oui,

16:54
Présentateur

c'est exactement ça.

16:56
Invité

C'est une des caractéristiques. Il y en a d'autres puisque finalement, les points, vous avez aussi une espèce de capital fictif qui est accumulée et qui vous donnera des droits. Donc, c'est un système intermédiaire qui a été mis en place en particulier en Suède et qui a eu des effets assez ravageurs sur la population puisque ça a plus que doublé le taux de pauvreté des seniors. Qu'est-ce qu'on peut en parler

17:15
Présentateur

de la Suède ? Quelles sont les données qu'on peut tirer un peu de l'expérience suédoise ?

17:20
Invité

Parce qu'ils ont passé le taux de pauvreté de quelque chose comme 6-7% à 18-19. C'est ça. Et ça a d'ailleurs signé la fin du Parti socialiste, du Parti social-démocrate suédois. C'est le Parti social-démocrate suédois qui avait engagé cette réforme ? Tout à fait. Soi-disant, oui, pour plus de justice sociale. On voit ce que ça a donné au final. Et donc, évidemment, depuis, ils ont plongé et ils se retrouvent pas tout à fait au niveau d'Anne Hidalgo, mais pas loin. Donc, on voit toujours cette idée d'agression sociale en plus par cette partie-là qui se présente comme aidant les salariés. Donc, c'est assez révoltant.

17:58
Présentateur

Donc, ça veut dire que quelque part, la France pourrait bien être, si Emmanuel Macron est réélu et met en place son projet, la France pourrait être la Suède de demain, c'est-à-dire un pays, un de ses hommes de retraités plonge, en fait, dans la pauvreté.

18:13
Invité

Bien sûr, oui. Pas demeure, mais plonge dans la pauvreté. C'est un vrai risque. C'est un vrai risque. Et je répète, c'est vraiment injustifiable. Et ça, je vous en ai parlé tout à l'heure, mais si vous regardez ce graphique-là, qui est assez incroyable, parce qu'il vient d'être fait par le Conseil d'orientation des retraites, et il vous montre l'évolution future, pareil, du poids des retraites dans le PIB. Alors, on voit qu'il y a eu une hausse assez forte en 2020, mais c'est fictif. C'est parce que le PIB a baissé à cause de la crise. Évidemment, que vous faites un ratio sur PIB, ça vous augmente le niveau.

Donc, on voit ça, évidemment, ça va vite être corrigé, mais qu'à l'horizon 2070, quand ils font les prévisions d'ici 2070, c'est toujours compliqué, ça dépend de plein de choses, mais quand on voit ici, je vous ai représenté les hypothèses d'augmentation de productivité favorable et défavorable, on voit très bien que vous n'êtes même pas, vous ne retrouvez même pas le niveau de 2020-2025. On voit que ça baisse à partir de 2030 dans le système actuel, dans les projections actuelles. Peut-être que c'est trop optimiste, peut-être que c'est trop pessimiste d'ailleurs aussi. On verra dans 10 ans, faisons le point, ça sert à ça, ce Conseil d'orientation des retraites.

Il n'y a aucune raison de faire cette réforme-là. Sinon, si vous faites ça, qu'est-ce que vous faites ? Vous allez baisser encore plus le poids des retraites, donc vous allez d'ailleurs attaquer encore plus la croissance économique, évidemment, au bénéfice de quelques-uns. Mais voilà, ça c'est les chiffres officiels du Conseil d'orientation des retraites du gouvernement français. Pourquoi vous voulez faire une réforme quand vous voyez ça ? C'est assez incroyable.

19:41
Présentateur

Donc en gros, c'est une sorte de choix idéologique qui n'est pas fondé sur la nécessité, mais sur une sorte de volonté de montrer quelque chose, d'envoyer un signal à l'opinion ? Oui, ça peut être ça, ça peut être de favoriser encore les classes supérieures,

19:58
Invité

de favoriser le patronat, de toute façon, il est au service du patronat Macron, enfin, il est au service de ses électeurs. Et ce qui est assez surprenant dans cette histoire, c'est quand tu regardes les sondages qui sont terribles sur le sondage par âge, quand tu regardes le vote des plus de 70 ans, ils sont 40% à voter Macron, ils sont 20% à voter Pécresse, l'électorat Pécresse, il est là en plus, c'est pratiquement des plus de 65 ans, elle a 1 ou 2% chez les jeunes, Pécresse. Tu rajoutes Zemmour, tu as 10%, donc tu es à 75-80% des plus de 70 ans qui votent pour des gens qui ont des politiques répressives socialement, qui viennent dire « il faut augmenter l'âge de la retraite ».

Des gens qui sont partis à 60 ans à la retraite votent pour des gens qui disent « il faut qu'on travaille à plus de 65 ans ». S'il y a un problème, il n'y a qu'à baisser la retraite alors. Les gars, vous êtes partis à 60 ans trop tôt, désolé, il fallait partir à 65 aussi.

20:51
Présentateur

Ils ont quand même accumulé cette génération, pas de manière générale, mais beaucoup de gens qui font partie de cette génération qu'aujourd'hui veut que les retraités, ceux qui les suivent aillent plus tard à la retraite, beaucoup d'entre eux ont eu l'opportunité de mettre de côté.

21:04
Invité

Oui, c'est ça, mais il y a plein de raisons, en tout cas, il y a un problème général. Évidemment, il y a 25% des retraités qui ne sont pas dans cette situation-là, heureusement, politiquement, je veux dire, qu'ils comprennent et qu'ils soutiennent les jeunes. Mais cette forme d'égoïsme de classe pose de sérieux problèmes.

21:19
Présentateur

Pose de sérieux problèmes. Est-ce qu'on n'arrive pas à un problème de pacte social ? C'est-à-dire, imaginons, Emmanuel Macron est réélu, il engage la réforme des retraites, une réforme qui est désapprouvée par les actifs, par les jeunes, par les moins jeunes, enfin par les moins de 65 ans qui descendent dans la rue et on se retrouve dans une guerre de générations. Est-ce qu'il n'y a pas une question de lien social, de pacte républicain et de pacte social qui s'exprime là ? Et comment dépasser ce faux clivage, puisque ce n'est même pas un clivage de classe en tant que tel, c'est un clivage d'opportunités, un clivage de générations ?

Est-ce qu'il n'y a pas quelque chose à craindre pour l'équilibre social ?

21:59
Invité

Bien sûr, ça peut être un risque. Tu peux avoir une révolte face à l'impôt ou face à une injustice pareille, des actifs qui ne bénéficient pas de tout ce qu'on bénéficie à la génération du baby-boom. Tu regardes les qualités d'éducation, les qualités de travail, les perspectives de carrière. Quand tu vois dans les 30 glorieuses, et même après d'ailleurs, il y a encore des systèmes collectifs qui étaient très amortisseurs. Tu avais des perspectives d'augmentation de carrière assez sympas.

Tu entrais dans une entreprise, tu sais que tu avais un emploi, tu n'avais pas l'emploi à vie, mais en pratique, tu étais dans une grosse boîte, tu ne faisais pas de conneries et la rigueur, il n'y a pas de raison qu'on te vire. Dans une boîte d'assurance, dans une banque, aujourd'hui, ce n'est plus ça. On est en train de dire aux gens, maintenant Macron te dit, peut-être à 12 ans, tu vas être apprenti, surtout si tu es fils d'ouvrier. Après, tu vas faire un peu du baird, ce serait bien, tu seras ton employeur. Après, tu n'inquiètes pas, tu auras 37 emplois différents dans ta vie, il faudra être agile.

22:55
Présentateur

C'est nouveau le truc. Il faudra accumuler les points.

22:57
Invité

Après, il faut accumuler les points. Après, tu n'inquiètes pas, tu pourras partir à 65 ans, mais on est gentil, tu auras même la liberté de partir à 70 si tu veux. On ne va pas te mettre dehors, n'aie pas peur. Évidemment, ton pouvoir d'achat, il va être renié par l'inflation parce qu'on est quand même incapable de maintenir notre objectif à 2% et on ne fait rien. Accessoirement, il y aura peut-être 2-3 guerres, ne t'inquiète pas, ça peut arriver parce que la diplomatie, ce n'est plus ce que c'était avant pour nous. Waouh ! Tu es en train de dire aux gens, en plus, on va vous faire des réformes qui ne sont pas nécessaires.

Quand vous regardez ça, c'est vraiment scandaleux et c'est pire que ça. Parce que là encore, tout ce que je vais parler déjà, déjà là, ce n'est pas évident qu'il y a un problème. Mais je vais vous présenter des choses que je pense que vous n'avez jamais vues parce que c'est très compliqué à trouver ces données. D'ailleurs, on ne les trouve pas en France. Il faut aller regarder ça dans les pays anglo-saxons qui ont quand même une culture statistique un peu plus développée que la nôtre et qui sont assez uréssantes. Alors le premier, ça, ça va, c'est quand même des données qu'on a sur la France, c'est l'espérance de vie en fonction du niveau de revenu.

Et là, vous voyez quand même quelque chose d'assez glaçant puisque quand vous êtes pauvre, à moins de, ici, 700 euros, 800 euros de revenu par mois, votre espérance de vie, elle n'est que de 72 ans pour un homme et 80 ans pour une femme. A contrario, quand vous êtes 4 sup, vous avez 86 ans et 88 ans. Autrement dit, vous avez 12 ans d'écart d'espérance de vie entre quelqu'un qui est pauvre et quelqu'un qui va être très riche et 8 ans pour les femmes. C'était pour les hommes, 8 ans pour les femmes.

Donc déjà, tu te dis, waouh, il y a déjà quand même un sacré problème qui n'est pas seulement générationnel, qui est aussi évidemment un problème de classe et qui pose quand même de vraies questions, surtout quand on parle de retraite. Parce que du coup, en fait, ils s'en trouveraient aggravés. Bien sûr, on va aggraver le problème. Mais le problème aujourd'hui, aujourd'hui, dans la situation actuelle, comme vous voyez sur ce graphique, quand vous prenez les 5 % les plus pauvres de la population, vous en avez déjà 25 % qui sont morts avant l'âge de 62 ans, avant l'âge théorique de la retraite. Que 5 % pour les plus riches.

Donc quand vous passez, de toute façon, vous le voyez sur le graphique, vous passez à 65, vous allez arriver à peut-être 65, à 60 % de gens qui auront la retraite. Les autres seront morts avant la retraite. Alors qu'ils auront bautisé. Bien sûr.

25:11
Présentateur

Alors qu'ils auront bautisé pour les plus privilégiés qui virent 90 ans.

25:14
Invité

Exactement. Et ces phénomènes sont assez ahurissants. Ici, vous avez plus que de graphiques, mais vous voyez, ils sont du monde anglo-saxon et ils interpellent beaucoup par rapport à la petite musique qu'on essaie de nous mettre en tête. Ici, vous avez l'espérance de vie sur chaque décide de population en Angleterre. Donc les décides, c'est les 10 %, donc les 10 % les plus pauvres, les 10 % suivants, etc. Jusqu'à tout à droite, les 10 % les plus riches. Donc vous voyez ce qu'on a dit, donc l'espérance de vie augmente. Mais eux, ils ont fait ça sur l'espérance de vie en bonne santé. Vous voyez qu'on fait partie des 10 % les plus pauvres en Angleterre.

Votre espérance de vie en bonne santé, c'est 52 ans. Après, évidemment, vous vivez encore pas mal d'années, mais vous n'êtes plus en bonne santé. Les 10 % suivants, 56 ans, 59 ans, 62 ans. Donc vous avez la moitié de la population qui déjà a une espérance de vie en bonne santé qui est inférieure à 64 ans. Ça veut dire qu'en moyenne, vous allez avoir en Angleterre, et sans doute en France, mais je ne vais pas les donner, je ne peux pas lire, mais une personne sur deux qui, quand elle prend sa retraite, est déjà en mauvaise santé, donc ne peut pas bénéficier de quelques années sympas avec une retraite après avoir beaucoup travaillé.

On se dit déjà, waouh, ça interpelle beaucoup cet aspect d'espérance de vie en bonne santé dont on parle assez peu. Ce dernier graphique a été fait par l'Académie des sciences américaines et a été reprise au Congrès parce que ça a beaucoup interpellé aux États-Unis. Et en effet, quand on regarde, on se pince. C'est à peu près la même chose. Ce sont les espérances de vie totales. Bon, par quintile, c'est les 20%, les plus... Enfin, c'est par pas de 20%. Et vous regardez sur ce qui se passe sur la génération qui est née en 1930 en clair et la génération qui est née en 1960 en foncé. Et qu'est-ce que vous voyez ? Vous voyez qu'au global, l'espérance de vie monte.

C'est ce que je vous ai raconté. Mais quand on commence à regarder ce qu'il se passe pour les plus pauvres, vous voyez que sur déjà les 20% des hommes les plus pauvres aux États-Unis, leur espérance de vie, elle a baissé. Si je prends les 20% suivants d'hommes, elle a pratiquement stagné. Donc, on voit déjà que le côté « Eh, il faut qu'on travaille plus parce qu'on vit plus ». Attendez, tout le monde ne vit pas plus. Il y en a qui vivent moins et c'est les plus pauvres qui ont les travaux les plus pénibles. Et les classes moyennes, en tout cas masculines, aux États-Unis, elles ne vivent pas beaucoup plus. Bon, les 60% supérieurs d'hommes aux États-Unis, oui, ils voient un progrès.

Mais par contre, c'est très intéressant pour les femmes. Qu'est-ce qu'on voit pour les femmes américaines ? On voit que les 20% de femmes les plus pauvres dans cette génération-là, donc la génération 1930, ils sont à peu près tous décédés. Donc, on a l'espérance de vie. La génération 1960, elle est projetée puisqu'ils ont à peine 70 ans. Vous voyez que les 20% les plus pauvres des femmes aux États-Unis ont une baisse d'espérance de vie de presque 4 ans. Sur cette génération, on nous raconte que ça monte, ça baisse de 4 ans. Et si je prends les générations suivantes, vous les voyez, ça baisse un peu ou ça stagne. En fait, il n'y a que 20% des plus riches.

En fait, c'est les femmes cadres américaines qui ont une très forte augmentation de leur espérance de vie, ce qui fait qu'en moyenne, elles arrivent à faire en sorte que l'espérance de vie des femmes, elle monte. Mais 80% des femmes aux États-Unis ne vont pas avoir d'augmentation du tout d'espérance de vie. Pourquoi d'ailleurs ? Sans doute à cause de la cigarette et d'autres problèmes. Puisqu'on commence à voir cet impact-là puisque c'est cette génération qui s'est mise à fumer et donc ça réduit leur espérance de vie. Ça commence à poser de vraies questions sur ce truc-là. Mais attendez, vous nous racontez que l'espérance de vie, elle monte, ce qui est vrai en moyenne.

On vous dit qu'en plus, ce n'est pas forcément nécessaire. C'est-à-dire qu'il doit travailler plus, c'est sans doute les cadres dans ce cas-là. Il faudrait réfléchir d'ailleurs. Pourquoi c'est le même âge pour tout le monde alors que l'espérance de vie, ce n'est pas la même pour tout le monde ? On commence à poser des questions compliquées pour la retraite. Mais ce n'est pas rien dans le débat. Si Macron veut soulever ça, il faut tout soulever dans ce cas-là. Il faut soulever les inégalités de génération, les inégalités de sexe et les inégalités évidemment de classe.

28:51
Présentateur

Malheureusement, en fait, puisqu'il a empêché tout débat pendant la campagne du premier tour et quelque part, on a l'impression que les économistes mainstream et la médiation journalistique mainstream lui a donné l'opportunité de refuser ce débat sur cette question que nous sommes en train d'aborder. Qu'est-ce que tu en penses ?

29:19
Invité

Je n'ai pas vu le sondage par profession détaillée. C'est dommage. Combien de journalistes votent Macron ? Sans doute majoritairement parce qu'il y a eu ça sur les chefs d'entreprise qui sont déjà très fortement majoritairement à voter Macron. Oui, c'est sûr qu'on sait bien que c'est toujours le candidat des médias mainstream par affinité intellectuelle. Évidemment, c'est le candidat des milliardaires qui possèdent la plupart des médias. C'est peut-être Bolloré et encore. Bolloré n'a pas tellement envie de se fâcher plus que ça non plus avec Macron. Donc oui, on voit que la campagne était déploieable mais comme ça, la première fois, il n'y a pas de débat quand même.

Waouh, tu n'as jamais vu ça. Avant, c'était quand même vachement bien. Et je ne parle même pas du truandage du Parti Socialiste qui font que les petits candidats, on ne les entend même plus. Alors qu'avant, il y avait quand même une stricte égalité des temps de parole pendant un sacré moment.

30:05
Présentateur

C'est sous François Hollande que la règle de l'égalité passait à la règle de l'équité, ce qui finalement est une sorte de... ce qui conforte les positions dominantes de ceux qui sont déjà forts alors que l'élection devait être au moment de remise à plat et de redéfinition des hégémonies. C'est pour ça que le Parti Socialiste

30:24
Invité

a encore une responsabilité énorme là-dedans. C'est pour ça qu'il faut les quitter aussi pour faire un jeu de mots assez faible. C'est quand même assez incroyable en termes démocratiques. Déjà qu'il n'y a pas grand-chose, il y avait quand même juste la campagne présidentielle où peut-être une fois tous les 5 ans il y avait un petit espace. On n'a même plus ça. Et Macron est tout fier de dire non, je ne fais pas de débat, je ne m'appelle pas ça ou alors les 3 minutes, on fait vite et alors je ne veux pas être interpellé par un poutou. Donc en plus, il vient de reprendre le slogan dans un meeting.

Mais on a un niveau de foutage de gueule qui font que heureusement que les gens sont en phase d'aphasie parce que dans un pays normal on va prendre des fourches quand même. Tu n'es quand même pas Macron qui va venir dire ouais, nos vies valent plus que leurs profits. Waouh. Alors combien de temps va durer cet état de délabrement démocratique, d'absence de réaction ?

Parce que les jeunes c'est parti quand même de 3 fois rien par rapport déjà ne serait-ce que sur les prix de l'essence à ce qu'il y a aujourd'hui quand on voit tout ce qui va se passer sur le pouvoir d'achat, quand on voit la casse sociale qui se présente devant nous, quand on voit la casse démocratique, waouh, on est vraiment en train de sombrer dans un autoritarisme soft où il n'y a plus de débat, tu manifestes, on te tire dessus avec des armes de guerre, on est condamné par Amnesty International de façon, en tout cas dénoncé par Amnesty International de façon quand même assez virulente maintenant pour les atteintes aux libertés en Occident, on est très loin des meilleurs de la classe dans les pays nordiques, ouais, c'est quand même assez inquiétant pour la suite, bien sûr.

31:54
Présentateur

Merci en tout cas Olivier, on espère que le débat se continuera dans les commentaires et puis dans les maisons avant le premier tour de la présidentielle.

32:01
Invité

Juste pour m'adresser aux spectateurs, c'est beaucoup de travail pour trouver ces chiffres, vous les présenter, les mettre en forme, donc évidemment on a besoin de soutien et d'abonnement chez Elucid, par contre il y a un truc que vous pouvez faire en deux minutes et c'est gratuit, c'est vous abonner à notre chaîne YouTube Elucid, on a une interview par semaine, vous n'allez pas être débordé, mais on a vraiment besoin parce qu'on se rend compte aussi c'est très dur de lutter contre les algorithmes qui ne mettent pas ce genre de propos, ce genre de vidéos en avant, vous le voyez aussi, c'est de plus en plus dur et donc juste aller sur Elucid, peut-être que vous avez gentillesse de mettre un lien sur un site direct, ça permet d'avoir une masse supérieure d'abonnés à la chaîne YouTube, ça ne vous coûte rien et vous verrez, il y a des contenus assez sympas justement pour présenter en détail ces choses.

32:43
Présentateur

Donc abonnez-vous à la chaîne YouTube d'Elucid et abonnez-vous aussi à Elucid, le média, pour lui permettre de continuer à mettre en perpétit toute cette information ?

32:53
Invité

On voit qu'il y a une guerre sociale. Ce que je vous présente là, c'est quand même des trucs de base. C'est très dur à trouver, vous l'avez généralement je ne pense pas vu ailleurs. Et pourquoi ? Parce que c'est quand même des informations assez simples qui permettent d'avoir un débat démocratique. Les milliardaires, ils n'achètent pas des médias pour avoir ça. Vos chaînes d'info, vous n'aurez pas ça sur les chaînes d'info. Et la question c'est comment on fait pour avoir un espace démocratique si derrière il n'y a pas d'espace médiatique. Il faut regarder en France, il y a bien peu d'endroits sur lesquels c'est possible.

Donc il faut que les gens se mobilisent pour donner une chance à tous ces médias alternatifs, en tout cas des médias démocratiques, de pouvoir réaliser un débat que vous ne trouverez plus ailleurs. Soutenez la presse indépendante, merci à vous.

33:26
Locuteur 1

Le Média TV, c'est de l'actualité, une contre-matinale quotidienne. Des entretiens, d'actualités, des reportages, mais ce n'est pas que cela.

33:34
Locuteur 5

Le Média TV, c'est aussi de l'enquête. Des enquêtes. Sur l'évasion fiscale, sur la France-Afrique et ses dérives, sur les violences policières.

33:41
Locuteur 6

Nous avons réussi à nous procurer des images de vidéosurveillance que nous diffusons aujourd'hui en exclusivité. Ces images, nous les avons analysées en collaboration avec l'agence d'expertise indépendante.

33:53
Locuteur 3

La BPI n'hésite pas à endosser le rôle de gestionnaire de fonds pour des investisseurs venus du Golfe. C'est ce qu'elle fait dans le cadre du projet Lac d'Argent. Des dizaines de milliers de morts

34:04
Locuteur 2

et un million de déplacés internes dans un pays qui compte à peine 4 millions d'habitants. C'est aussi le résultat d'un jeu macabre entre États étrangers, comme le Tchad, le puissant voisin et son allié principal, la France, l'ancienne puissance coloniale.

34:19
Présentateur

Quelques semaines avant l'élection présidentielle, alors que la machine a étouffé les vérités qui dérangent est en marche, nous avons décidé d'accélérer notre production d'enquêtes. Des enquêtes sur des figures politiques de premier plan. Des enquêtes qui se rapprocheront de plus en plus de la Macronie, des gouvernants et de ce qu'ils préféraient cachées aux électeurs, surtout en ce moment.

34:41
Locuteur 5

Pour finaliser ces enquêtes et lancer de nouveaux chantiers, nous avons besoin de votre soutien pour bien entendu payer les équipes qui travaillent et travailleront sur ces sujets. Mais aussi, malheureusement, pour provisionner les frais d'avocat car nos adversaires ont des moyens et n'hésitent pas à recourir aux procédures Bayon.

34:56
Locuteur 1

Plus votre mobilisation financière sera forte, plus nous aurons les moyens de nos ambitions, les moyens d'aller au-delà de ce que les puissants laissent transparaître à travers une communication bien rodée.

35:06
Présentateur

Face à la grande offensive des pouvoirs et des oligarques contre le journalisme d'enquête, celui qui dérange et dévoile, imposons notre plan B citoyen, faisons vivre l'investigation sur le Média TV.