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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 24 juillet 2020 16 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsTransportsEnvironnement & énergieSolidarités & famille

Démission de Christophe Girard, périphérique, Vélib'... Le "8h30 franceinfo" d'Emmanuel Grégoire

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:35FerméeRéponse directe

    Est-ce que vous regrettez sa décision ?

  • 1:44RelanceRéponse partielle

    Vous ont-ils mis la pression, Emmanuel Grégoire et Anne Hidalgo ?

  • 3:06OuverteRéponse directe

    Est-ce que cette affaire est liée au contexte des dernières semaines et à la situation de Gérald Darmanin ?

  • 4:15RelanceRéponse directe

    Vous ne condamnez pas la nomination de Gérald Darmanin comme ministre de l'Intérieur ?

  • 4:55RelanceRéponse directe

    Vous allez demander à Alice Coffin et aux écologistes des excuses sur les manifestations ?

  • 5:43OuverteRéponse directe

    La gratuité des transports, c'est la solution ? Qui va payer ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Invité politiqueFait
    « Rien, rien ne lui est reproché dans la procédure judiciaire en cours. »
  • 1:06Invité politiqueFait
    « Il a été entendu comme témoin simplement au mois de mars. »
  • 5:50Invité politiqueFait
    « La gratuité, évidemment, n'existe pas. »
  • 6:34Invité politiqueFait
    « On a fait des études pour ça. Ce n'est pas du marre de café. »
  • 7:11Invité politiquePromesse
    « Oui, nous le souhaitons. »
  • 9:10Invité politiqueChiffre
    « Il est d'ores et déjà chiffré à 4,5 hectares, ce qui en fait une surface tout à fait exceptionnelle. »
  • 11:00Invité politiqueFait
    « Ça a tardé à notre goût parce que nous n'avions pas les moyens d'agir grâce à la loi qui a été votée par le Parlement sur initiative gouvernementale. »
  • 11:23Invité politiquePromesse
    « Donc je le dis aux autres opérateurs, s'ils mettent leurs engins dans l'espace public, nous les ramasserons à la fourrière. »
  • 11:53Invité politiqueFait
    « Oui, c'est fini, puisque dans l'appel d'offres, vous n'avez pas le droit de recourir à des jouisseurs, ceux qui chargent les indépendants. »
  • 12:44Invité politiqueFait
    « Elle a dit qu'elle ne souhaitait pas être candidate à la présidentielle. »
  • 13:21Invité politiqueFait
    « Le chômage, le pouvoir d'achat, la transition énergétique, les inégalités territoriales, de revenus, etc. »
  • 14:51Invité politiqueFait
    « On voit bien que Jean-Luc Mélenchon a du mal à s'inscrire dans une logique collective. »
  • 15:01Invité politiqueFait
    « Il va la déclarer à la fin de l'été. »

Temps de parole

  • Emmanuel Grégoire71 %
  • Présentateur19 %
  • Intervenant9 %

1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:06
Présentateur

Bienvenue dans le 8.30 de France Info avec Jean-Jérôme Bertolus et notre invité. Bonjour Emmanuel Grégoire. Vous avez appris hier soir la démission de votre collègue Christophe Girard de son poste d'adjoint à la culture. Rappelons les faits, ces liens passés avec l'écrivain Gabriel Matzneuf qui fait l'objet d'une enquête pour viol sur mineurs étaient dénoncés par vos alliés écologistes qui demandaient notamment sa suspension. Des manifestations ont eu lieu cette semaine devant l'hôtel de ville. Est-ce que vous regrettez sa décision ?

0:38
Emmanuel Grégoire

Non, je ne regrette pas sa décision. Je la comprends. Je la comprends parce que le contexte était pour lui extrêmement douloureux sur le plan personnel. Il était pour nous tous sur le plan politique. Alors il y a le débat de savoir sur les circonstances qui ont conduit à ce choix. Mais il fait le choix de prendre du recul, de le faire pour lui et de pouvoir assurer sa défense. On rappelle d'ailleurs que rien, rien ne lui est reproché dans la procédure judiciaire en cours. Il a été entendu comme témoin simplement au mois de mars. Exactement. Et donc rien ne lui est reproché dans la procédure judiciaire.

Et puis il veut aussi nous protéger, nous protéger Anne Hidalgo d'un contexte pesant pour le travail au quotidien. C'est un choix douloureux parce que Christophe Girard beaucoup le connaît. Il a énormément contribué à la culture à Paris. Je lui souhaite de l'apaisement dans les jours et les semaines et mois qui viennent. Et puis il restera à nos côtés, mais de façon plus discrète pour pouvoir se consacrer à ce volet pénible de sa vie.

1:38
Intervenant

Vous allez maintenant vous entretenir avec les élus écolos qui ont mis la pression sur Christophe Girard et qui donc vous ont mis la pression, Emmanuel Grégoire et Anne Hidalgo ?

1:49
Emmanuel Grégoire

Oui, mais le registre n'est pas celui de la pression. Quand on fait de la politique, on a de la pression et qu'il y a de la confrontation de convictions, ce n'est pas grave. Ce que nous regrettons, voire même qui suscite de notre part une forme d'écoeurement, pour reprendre les mots d'Anne Hidalgo, c'est les excès auxquels nous avons assisté, y compris dans les manifestations. Quand il y a 20 personnes, le mot qualificatif de manifestation me paraît excessif. Mais il y avait des pancartes qui étaient inadmissibles. Qu'on utilise des arguments de communication, de marketing politique pour essayer de faire passer... Bienvenue à Pédolande devant la mairie de Paris, pour être clair.

Exactement, deux exemples, bienvenue à Pédolande et l'autre, un détournement de notre logo de campagne, y compris celui des écologistes au deuxième tour, Pédo en commun. Tout ne justifie pas la fin. La fin ne justifie pas les moyens. Et donc, ça va être plus qu'une explication. Nous avons un problème. Nous avons un problème. Nous souhaitons clarifier les relations de travail. Encore une fois, nous respectons les différences. Nous respectons parfois même les divergences. Mais quand on travaille ensemble, et puis à mon avis c'est une règle de vie, qu'on peut s'imposer tout le temps, il faut respecter les autres. Et en l'occurrence, il y a eu un manque de respect évident.

3:06
Présentateur

En l'occurrence, Emmanuel Grégoire, écoutez ce que vous dit Alice Coffin, qui est conseillère de Paris, Europe Ecologie Les Verts.

3:13
Auditeur

Ce que j'espère, c'est que Christophe Girard va donner un exemple à des gens comme Gérald Darmanin et Éric Dupond-Moretti, en point commun. La responsabilité des pouvoirs politiques qui les mettent en place, et qui ne comprennent pas le symbole qui est renvoyé, le message qui est envoyé.

3:26
Présentateur

Est-ce que vous pensez, Emmanuel Grégoire, que cette affaire, ces manifestations des derniers jours, sont aussi liées au contexte des dernières semaines et à la situation de Gérald Darmanin ?

3:36
Emmanuel Grégoire

Oui, je le crois, et c'est bien le danger du débat public. C'est qu'à force de raccourcis, à force parfois de recherche de l'efficacité dans la mobilisation, on fait des amalgames, et on connaît le danger de cela. Et c'est pour ça que la position d'Anne Dalgo, et c'était évidemment la nôtre à nous tous à ses côtés, c'est que dans les situations complexes, il faut se référer en démocratie aux droits. On peut avoir, après, des jugements de valeur, on peut avoir des jugements moraux, mais c'est la justice qui dit le droit. Et si on sort de ce référentiel en démocratie, souvent, on sort du référentiel démocratique, et c'est un danger.

4:15
Intervenant

De précision, rapidement. Donc vous ne condamnez pas la nomination de Gérald Darmanin comme ministre de l'Intérieur. Il a le droit pour lui.

4:23
Emmanuel Grégoire

Oui, il a le droit pour lui. Après, on peut avoir des commentaires politiques. Mais je ne voudrais pas, justement, commenter l'affaire Darmanin après le sujet Christophe Gérard. Les deux affaires n'ont rien à voir. Voilà. Donc, sur Gérald Darmanin, le sujet a été abondamment cité. Et je souhaiterais ne pas faire que du commentaire d'affaires de ce type-là. Aujourd'hui, je pense qu'il était imprudent de la part du président de nommé Gérald Darmanin. Mais oui, force est de constater que, pour l'instant, le ministre de l'Intérieur a le droit pour lui.

4:55
Intervenant

Deuxième précision, je reviens sur vos propos. Donc, vous allez demander à Alice Coffin comme à l'ensemble des élus écolos une condamnation, par exemple, des manifestations ?

5:09
Emmanuel Grégoire

Oui, de façon même plus claire. Nous allons demander des excuses à Alice Coffin et à nos partenaires écologistes. Non pas sur leur mobilisation. Elles ont le droit. C'est la liberté absolue individuelle. Nous la respectons. Mais sur les excès auxquels nous avons fait référence tout à l'heure, nous demandons des excuses.

5:28
Présentateur

En l'occurrence, un dossier qui vous tient à cœur, à vous comme à vos alliés écologistes, celui des transports à Paris. Anne Hidalgo a annoncé, le Conseil de Paris l'a décidé, que les transports, le Vélibre, seront gratuits pour les moins de 18 ans, dès la rentrée. Est-ce que la gratuité, c'est la solution ? Et dans ce cas-là, qui va payer, puisque rien n'est jamais gratuit en termes de transport ?

5:50
Emmanuel Grégoire

Absolument. La gratuité, évidemment, n'existe pas. Et donc, il s'agit simplement d'un modèle différent de financement. C'est-à-dire que vous financez non pas par la facturation d'un service, mais par la mutualisation du coût, considérant que ça crée un effet incitatif à l'usage. Voilà. C'est gratuit pour inciter les gens à l'utiliser. Sauf qu'en général, les moins de 18 ans,

6:08
Présentateur

ils ne prennent pas la voiture.

6:09
Emmanuel Grégoire

Oui, mais d'abord, ce n'est pas tout à fait vrai. Parce que notamment une famille parisienne qui veut se déplacer et qui n'a pas de passe Navigo pour les deux ou trois ou quatre enfants qu'on a dans le foyer. C'est moi mon cas avec mes enfants. J'en ai trois. Et bien quand nous nous déplaçons, il faut utiliser des tickets individuels. Et ce n'est parfois pas forcément le prix qui fait obstacle, mais le fait que nous n'avons pas de tickets. Et donc, en complément des passes Navigo des parents, il y aura la gratuité pour les enfants. C'est quelque chose qui sera à notre sens. On a fait des études pour ça. Ce n'est pas du marre de café. C'est très incitatif pour l'usage.

Et ensuite, on a fait également le Vélib gratuit. Pourquoi ? Parce qu'on incite aussi, et d'abord les jeunes, et ils le peuvent, à marcher, à utiliser les mobilités douces et notamment à utiliser le vélo.

6:53
Présentateur

Le 8.30 France Info, Nicolas Teilhard, Jean-Jérôme Bertolus. Et notre invité, Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui a promis pendant sa campagne de grands changements sur le périphérique parisien, notamment. Qu'est-ce qui va changer ? Est-ce que la vitesse sera réduite à 50 km heure à l'avenir ?

7:11
Emmanuel Grégoire

Écoutez, oui, nous le souhaitons. Elle l'a annoncé. Il faut comprendre la philosophie. Il ne s'agit pas de réduire seulement la vitesse à 50. Il s'agit de transformer ce qui est une autoroute aujourd'hui, c'est-à-dire une 2x4 voies, en un boulevard urbain avec une vitesse limitée, des passages piétons le cas échéant, des aménagements de pistes cyclables. C'est vraiment assez simple à comprendre. Nous allons transformer une autoroute en boulevard urbain.

7:34
Présentateur

Il y aura des passages piétons sur le périphérique.

7:36
Emmanuel Grégoire

Bien sûr, à terme, il y aura des passages piétons. À quel point c'est quand ? C'est un travail long. D'abord, il faut bien rappeler qu'Anne Hidalgo ne décide pas de ça toute seule et qu'elle l'a toujours dit, qu'on le ferait en concertation, évidemment, avec les autorités de régulation. On sait la compétence, la préfecture de police et des services de l'État, mais également avec les communes limitrophes. Mais ce que nous avons découvert, enfin, pas totalement découvert, mais enfin, ce que la campagne a montré, c'est que les maires des communes limitrophes, ils ont des demandes très proches des nôtres, quelle que soit d'ailleurs leur étiquette politique.

Ils veulent aussi, parce que c'est la demande de leurs électeurs, de leurs concitoyens aussi, ils veulent de l'apaisement. On veut recoudre cette autoroute urbaine de façon à en effacer la fracture.

8:17
Intervenant

Alors, Emmanuel Grégoire, il y a un terme qu'on découvre comme ça au fil des semaines, c'est celui de forêt urbaine. Vous voulez lancer quatre forêts urbaines à Paris. Est-ce que ça ne relève pas un peu du gadget ? Finalement, il n'y a plus de véritables parcs créés à Paris depuis les années Chirac. Vous, vous voulez planter quelques arbres en plein Paris.

8:38
Emmanuel Grégoire

Non, je peux me permettre une nuance. Jacques Chirac a beaucoup fait pour les grands parcs à Paris, mais Bertrand Delanoé et Anne Hidalgo ont beaucoup fait aussi. Nous avons livré de très grands parcs, l'occasion des grands aménagements des zones. Et puis, dès qu'on a trouvé dans les zones denses des endroits où nous pouvions implanter...

8:56
Intervenant

Pourquoi vous ne faites pas un grand parc, sans rentrer dans les détails, sur la Jacques Charenton ? Vous êtes chargé de l'urbanisme, par exemple, vous-même.

9:03
Emmanuel Grégoire

Monsieur Bertoluz, vous n'avez pas lu mon programme quand j'étais candidat, dans le 12e. Nous faisons un grand parc à Bercy-Charenton. Il est d'ores et déjà chiffré à 4,5 hectares, ce qui en fait une surface tout à fait exceptionnelle. Et la deuxième chose, et nous l'avons construit avec nos alliés écologistes, consiste à engager la jonction entre Bercy et le bois de Vincennes avec l'implantation d'un parc à Bercy-Charenton et d'un bois à Bercy-Charenton. Le terme de forêt urbaine, désolé, puisque, en fait, un, il a l'avantage, c'est qu'on comprend ce que ça veut dire. Et deuxièmement, il s'agit d'un concept d'urbanisme qui a été inventé à l'étranger.

On le reprend, il est mondialement connu. Ça consiste à dire que ce n'est pas parce qu'en ville dense, on manque d'espace, qu'on doit manquer d'ambition en matière d'implantation de végétaux et notamment d'arbres. Pourquoi les arbres ? Parce que l'arbre a deux avantages. Il est capteur important de CO2. Et deuxièmement, il est contributif de la lutte contre les îlots de chaleur. Tout le monde qui va dans un sous-bois sait que dans un sous-bois, la température est plusieurs degrés inférieurs hors du bois. Et donc, on va créer ces petites forêts compactes pour aménager des placettes différemment. On ne va pas le faire partout. Ça soulève des questions techniques non négligeables, évidemment.

Donc, les études ont été lancées à la demande de Anne Hidalgo. Et nous ferons des forêts urbaines. Et vous verrez que ce n'est pas un gadget. Je suis sûr que vous aurez plaisir à y aller.

10:28
Présentateur

On va passer des forêts de Paris à la jungle du Parti Socialiste dans un instant. Je reste juste un dernier mot sur les transports avec un symbole qui a marqué Paris ces deux, trois dernières années. Les trottinettes, on voit ça aussi dans d'autres villes d'ailleurs, des rodéos ces dernières semaines sur les Champs-Elysées. Est-ce que ça va s'arrêter ? Est-ce qu'il y a des mesures à prendre ?

10:45
Emmanuel Grégoire

Le sujet des rodéos sur les trottinettes est un problème. Mais enfin, j'ai le souvenir qu'en vélo, ça se voyait déjà, ça se voit encore. Enfin, tout mode de transport peut avoir des utilisations, des viandes pénibles pour la collectivité. Nous avions demandé à avoir un cadre de régulation sur les trottinettes. Ça a tardé à notre goût parce que nous n'avions pas les moyens d'agir grâce à la loi qui a été votée par le Parlement sur initiative gouvernementale. Et dans la foulée, parce qu'on l'avait anticipée, nous avons organisé un appel d'offres avec l'attribution hier à trois opérateurs. Aucun autre opérateur n'aura le droit d'opérer à Paris.

11:19
Présentateur

Qu'est-ce qui change ? Quelle règle ?

11:20
Emmanuel Grégoire

D'abord, il y aura trois opérateurs et pas les autres. Donc je le dis aux autres opérateurs, s'ils mettent leurs engins dans l'espace public, nous les ramasserons à la fourrière. Et ensuite, nous avons défini via cet appel d'offres les règles d'usage. Et enfin, parce que dans la plus grande nuisance, ce ne sont pas les opérateurs qui les génèrent, ce sont les usagers. Donc on continuera à verbaliser les gens qui font n'importe quoi avec les trottinettes comme ils auraient pu sans doute le faire avec d'autres types d'engins. Ce n'est pas acceptable qu'il y ait des trottinettes sur les trottoirs. Donc nous allons mettre des amendes jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus.

11:49
Présentateur

Les salariés souvent sous-payés qui ramassent des trottinettes la nuit, ça c'est fini ?

11:53
Emmanuel Grégoire

Oui, c'est fini, puisque dans l'appel d'offres, vous n'avez pas le droit de recourir à des jouisseurs, ceux qui chargent les indépendants. Ils doivent être dans le cadre de contrats salariés. C'est précisément ce que nous encadrons, les clauses environnementales et les clauses sociales dans l'appel d'offres que nous avons lancé.

12:08
Intervenant

Le Parti Socialiste, la politique, maintenant, Anne Hidalgo ne sera pas candidate à l'élection présidentielle de 2022. Non, non. C'est une promesse, c'est une assurance ? Entre guillemets.

12:20
Emmanuel Grégoire

Écoutez, Anne Hidalgo, elle a dit mille fois...

12:24
Présentateur

Les promesses n'engagent que ceux qui les croient. C'est ça ? Non, mais ce n'est pas ça, le sujet.

12:27
Emmanuel Grégoire

Le sujet, c'est vous demander à Anne Hidalgo si elle veut être candidate à la présidentielle. C'est une bonne question. C'est une excellente question. Simplement, au bout de mille et une fois, ça ne change pas toujours, forcément. On peut tromper mille fois, mille personnes. Elle a dit qu'elle ne souhaitait pas être candidate à la présidentielle. Pourquoi ? Parce qu'elle vient d'être réélue maire, avec une échéance magnifique pour nous tous, qui est celle de l'organisation des Jeux Olympiques, Anne Hidalgo. Elle a autre chose à faire. Et les paris ont voté pour ça.

12:55
Intervenant

Qu'est-ce que la gauche a à faire dans la perspective de 2022 ? Rassembler les socialistes, vous êtes membre du Parti Socialiste, les écolos, éventuellement derrière une candidature écolo ?

13:05
Emmanuel Grégoire

Posons d'abord les principes avant de tirer les conséquences. Les principes, c'est qu'est-ce que doit faire la gauche ? C'est, un, reproposer aux Français une offre programmatique, dire ce que nous voulons faire pour répondre aux problèmes du pays. Le chômage, le pouvoir d'achat, la transition énergétique, les inégalités territoriales, de revenus, etc. Donc, c'est un travail immense, immense. Et d'ailleurs, sans doute la gauche devrait y consacrer plus de temps qu'à se préoccuper des désignations internes. Et la deuxième chose, parce que vous l'avez en tête, la gauche a une difficulté historique, c'est qu'elle est fragmentée.

Elle est composée de mille familles qui ont du mal à travailler ensemble et qui souvent ne le font qu'au prix d'une énergie immense et d'une incarnation, d'un leadership qui permet de le construire. Ni l'un ni l'autre ne sont pour le moment au rendez-vous. Et donc, nous devons œuvrer à ça. Et donc, parmi toutes les initiatives qui naissent pour essayer de turbuler le système, de faire travailler la gauche, et ce n'est pas que la gauche, c'est la gauche, l'écologie politique, le progressisme, la social-démocratie, et tout ça veut dire quelque chose de différent. Eh bien, c'est d'abord une bonne nouvelle de travailler comme ça.

Et à un moment donné, si les conditions le permettent, il faudra que tout ça converge vers une proposition politique et une incarnation bien identifiée. Je crois que tant que la gauche ne fait pas ça, la gauche ne répond pas à l'attente que pourrait avoir en elle une partie du pays.

14:33
Présentateur

Il faudra bien un capitaine quand même à cette équipe et savoir qui constitue l'équipe. Ça, vous avez une idée aujourd'hui ? Du périmètre qui sera celui de la candidature que vous allez soutenir ?

14:45
Emmanuel Grégoire

On voit bien que Jean-Luc Mélenchon a du mal à s'inscrire dans une logique collective. Et donc, moi, je le considère comme inéluctable. Il vous renvoie la même chose. Oui, c'est exclusif et sans doute partagé. Mais on voit bien qu'il y a une forme d'inéluctabilité dans sa candidature. Il va la déclarer à la fin de l'été. Tout ça a été écrit d'avance et n'a pas beaucoup d'importance. Parce que tout ça est une équation perdante. Jean-Luc Mélenchon peut devenir l'idiot utile de la droite, du macronisme, etc. Et donc, tant pis. Et si à un moment donné, il veut revenir, tant mieux.

Mais il y a à l'intérieur de la France insoumise des gens qui ne veulent pas non plus être piégés dans cette obsession personnelle très égotique. Et donc, nous devons œuvrer à la construction d'un arc. Nous devons, pour reprendre l'expression, mettre des ponts dans l'archipel des gauches. Ce qui est un travail de travaux publics immense.

15:37
Présentateur

Et avant le match de 2022, il y a un match ce soir au stade de France Paris-Saint-Etienne. Ça vous intéressera sans doute comme premier agent à la maire de Paris.

15:43
Emmanuel Grégoire

Absolument. C'est la séance du Conseil de Paris. Donc, je crains de ne pas pouvoir le rejoindre à temps. Mais nous allons nous forcer à être courts et concis dans nos réponses aujourd'hui.

15:51
Présentateur

Les smartphones nous vont chauffer probablement ce soir. Ce sera à 21h. Merci Emmanuel Grégoire. Premier agent à la maire de Paris. Anne Hidalgo d'avoir été l'invité du 8.30 de France Info avec Jean-Jérôme Bertolus. Sous-titrage Société Radio-Canada