Louis Aliot sur le "front républicain" : "Les électeurs ne répondent plus à ces mots d'ordre"
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:12OuverteRéponse directe
Un électeur sur trois voté pour l'ERN ou ses alliés hier, qu'est-ce qui vous manque pour prendre le pouvoir ?
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Où sont vos réserves de voix ? C'est la question que tout le monde se pose ce matin, Louis Alliot.
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Les mots d'ordre, les mots d'ordre. Hier soir, précisément, les Républicains se sont refusés à donner des consignes de vote.
- 2:11OuverteRéponse directe
Quant à Éric Ciotti et les voix qu'il vous a apportées, Louis Alliot, sans lui, vous seriez à égalité avec le nouveau Front populaire.
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Il est allé à la gamelle pour garder sa circonscription et pour garder une place au pouvoir.
- 3:16RelanceRéponse directe
C'est ça un front républicain ? C'est ça qu'il va falloir affronter maintenant ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Moi je pense qu'on est sur une vague quand vous avez 10 millions de personnes, plus de 10 millions qui au premier tour votent pour vous. »
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« 10 millions 600 000. »
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« Non, non, non. Ils sont dans une stratégie qui les a amenés aujourd'hui à avoir, si vous voulez, des cadres et à ne plus avoir pratiquement d'électeurs. »
- 1:51Invité politiqueFait
« Oui, mais justement. Mais je pense que leur électorat ne veut pas du Front populaire. »
- 3:19Invité politiqueFait
« Je ne crois plus moi au front républicain. Écoutez, j'ai été élu à Perpignan seul contre tout l'Europe. »
- 3:23Invité politiqueFait
« Droite et gauche réunis, les électeurs ne répondent plus à ces mots d'ordre. »
- 4:35Invité politiqueFait
« En Occitanie, c'est partout pareil. On voit bien qu'il y a un changement. »
- 4:44Invité politiqueFait
« Vous aviez des gens qui votaient à gauche toute leur vie et qu'aujourd'hui, changent de vote, réellement, et dans la durée. »
- 6:11Invité politiqueFait
« Écoutez, je crois qu'il est allé tellement loin dans l'outrance et que le départ de Marion a provoqué en même temps le départ... »
- 6:19Invité politiqueFait
« Oui, le départ de ses électeurs, voilà. »
- 6:42Invité politiqueFait
« Si vous avez 250 députés, c'est-à-dire peu de chances de faire adopter le moindre texte, il ne sert à rien d'aller faire de la figuration. »
- 7:46Invité politiqueFait
« Mais je pense qu'ils ont, oui, fait sur le papier des noms. Et des thèmes de ministère, des sujets de ministère, oui. »
- 8:20Invité politiqueChiffre
« Oui, enfin, ce qui nous a rendu service, très honnêtement, c'est les 10 millions, plus de 10 millions de Français qui sont venus voter pour le Rassemblement national. »
- 8:41Invité politiqueFait
« Moi, je pense qu'il y a un effet mécanique de deuxième tour avec le majoritaire à deux tours, et on le voit depuis longtemps sur ces élections, et que nous avons encore une réserve de voix dans des gens qui n'ont pas voté pour nous au premier mais qui nous rejoindront au deuxième pour battre la gauche. »
Temps de parole
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- Présentateur34 %
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France Inter, législative 2024 Sonia De Villers, votre invitée, maire de Perpignan, premier vice-président du Rassemblement National.
Bonjour Louis Alliot. Bonjour. Un électeur sur trois voté pour l'ERN ou ses alliés hier, qu'est-ce qui vous manque pour prendre le pouvoir ?
Une majorité absolue à l'Assemblée Nationale et cette semaine est déterminante par rapport à tout ce qu'on peut entendre, tout ce qu'on peut voir de désistement, pas de désistement triangulaire. Moi je pense qu'on est sur une vague quand vous avez 10 millions de personnes, plus de 10 millions qui au premier tour votent pour vous. 10 millions 600 000. Ce qui était particulièrement important, qui nous met au-delà de, par exemple, la participation de 81, qui a été l'alternance, on se dit que tout est possible et donc qu'il faut continuer l'effort.
Alors tout est possible, rien n'est gagné, a quand même précisé Marine Le Pen. Si on s'en tient en projection, la majorité absolue que vous appelez de vos voeux, elle est même très loin d'être gagnée. Où sont vos réserves de voix ? C'est la question que tout le monde se pose ce matin, Louis Alliot. Écoutez, un peu partout. Un peu partout ?
C'est-à-dire tous les LR qui ne sont pas qualifiés, leur électorat, et je pense que dans l'électorat Renaissance, j'ai des exemples précis que je ne citerai pas, mais il est évident que l'électorat Renaissance ne se reporte pas automatiquement et en totalité sur des candidats de M. Mélenchon. Tout ça est utopique. Les mots d'ordre aujourd'hui ne veulent plus rien dire. C'est les situations locales qui l'emporteront pour le coup sur les mots d'ordre nationaux. Et donc dans cette configuration, je pense qu'on a plus de chances, nous, d'engranger un certain nombre de reports d'électeurs par rapport à la menace Mélenchon que tout ce qu'on peut entendre sur...
Les mots d'ordre, les mots d'ordre. Hier soir, précisément, les Républicains se sont refusés à donner des consignes de vote. Vous leur dites merci ?
Non, non, non. Ils sont dans une stratégie qui les a amenés aujourd'hui à avoir, si vous voulez, des cadres et à ne plus avoir pratiquement d'électeurs. Ils continuent cette stratégie. Moi, je pense que c'est suicidaire.
Ils sont quasi à 10% quand même.
Oui, mais justement. Mais je pense que leur électorat ne veut pas du Front populaire. Donc, dans un certain nombre de circonscriptions où ils ne sont pas et où nous sommes engagés contre le Front populaire, cet électorat-là se reportera, je ne vais pas dire massivement, mais significativement sur les candidats du Rassemblement national.
Quant à Éric Ciotti et les voix qu'il vous a apportées, Louis Alliot, sans lui, vous seriez à égalité avec le nouveau Front populaire. Il sera récompensé, Éric Ciotti, pour cette alliance. Là, vous m'en demandez trop, oui. Non, je ne vous en demande pas trop. Je ne vous en demande pas trop parce qu'en fait, je vous pose la question exactement comme les électeurs en France se posent la question avant d'aller mettre un...
C'est une partie d'une coalition. Oui. S'il y a un gouvernement d'Union nationale, il participera très certainement à ce gouvernement d'Union nationale.
À ce gouvernement. Très bien. La vice-présidente des Républicains dit justement que l'accord passé entre les LR et Éric Ciotti, elle dit d'Éric Ciotti, il est allé à la gamelle. Il est allé à la gamelle pour garder sa circonscription et pour garder une place au pouvoir.
Et est-ce qu'elle disait pareil de M. Darmanin, de M. Lemaire, de M. Édouard Philippe, de Mme Dati ? Bon ben voilà. Quand ils ont rallié Macron ? Bon, c'est tout. Ils y sont allés parce qu'ils ont changé de logiciel politique et ils ont cru que M. Macron était en quelque sorte le renouveau de la France.
Ils se sont trompés, voilà. Alors hier soir, Emmanuel Macron justement a appelé un large rassemblement national démocrate et républicain contre le rassemblement national. C'est ça un front républicain ? C'est ça qu'il va falloir affronter maintenant ?
Je ne crois plus moi au front républicain. Écoutez, j'ai été élu à Perpignan seul contre tout l'Europe. Droite et gauche réunis, les électeurs ne répondent plus à ces mots d'ordre. Même la gauche, vous voyez, vous, les électeurs, M. Mélenchon, se reporter sur des candidats renaissance contre lesquels ils ont fait campagne pendant deux ans, ça n'existe pas. Est-ce que le parti de M. Mélenchon va se retirer de la circonscription, on ne peut pas la nommer, mais de l'ancienne première ministre par exemple ? Il y a des choses comme ça.
En attendant, le nouveau Front populaire n'a pas tergiversé hier soir. Ils ont fait bloc, ils ont été extrêmement clairs de Jean-Luc Mélenchon à François Hollande.
Mais comme toujours, on a l'air de découvrir la chose. Ils font toujours ça. Après, c'est une autre paire de manches.
Ça ne vous inquiète absolument pas. Cette unité de la gauche hier, ça ne vous inquiète absolument pas ?
Non, très honnêtement, non. Parce qu'il y a tellement de contradictions entre ce que défend M. Macron et ce que défend le Front populaire, qu'il faut être schizophrène pour aller voter des candidats renaissance quand on est Front populaire, ou quand on est renaissance, de voter pour le Front populaire. Ça me paraît totalement utopique. Une partie, oui, significative ira contre la tarte à la crème de la gauche aujourd'hui, l'extrême droite, l'extrême droite, mais tout ça, ce n'est pas partagé. Des régions historiquement de gauche, comme l'Occitanie par exemple, votent aujourd'hui presque massivement pour le Rassemblement National.
En Ariège, qui est un département historiquement de gauche, nous avons une candidate engagée pour pouvoir peut-être l'emporter. En Occitanie, c'est partout pareil. On voit bien qu'il y a un changement. Vous aviez des gens qui votaient à gauche toute leur vie et qu'aujourd'hui, changent de vote, réellement, et dans la durée. Et ça, je crois qu'on ne le mentionne pas assez. Et je pense que notre vote aujourd'hui du Rassemblement National, c'est un nouveau vote.
Et les réticences, justement, des barons de la majorité présidentielle, Édouard Philippe, François Bayrou, Yael Broun-Pivet, à se désister au profit d'un candidat de la France ?
Plus, ils ne parlent pas assez. C'est très bon pour vous ? Je pense qu'ils ne parlent pas assez. C'est-à-dire ? On les a tous entendus hier soir. Non, non, mais il faut les faire passer. Il faut faire venir M. Mélenchon, M. Bérou, M. Philippe, M. Hollande, tous ces gens-là, il faut les faire venir à la télévision et qu'on les voit. Et chaque fois qu'on les voit, eh bien, laissez-moi vous dire que ça fait en danger des électeurs pour le Rassemblement National.
Et alors, si je reprends les mots proférés par votre parti, hier, la France insoumise est donc un danger pour la France. Et alors, si c'est bien le cas, dans les quelques cas où vos candidats arrivent troisième, quelles consignes vous donnez ? Est-ce que vous donnez une consigne à vos électeurs et à vos candidats pour faire barrage contre cette extrême-gauche qui menace la France ?
Écoutez, nous avons une réunion du bureau exécutif tout à l'heure où nous allons discuter de ces scénarios-là.
D'accord. Donc vous n'avez pas pris de décision ? Non. Et vous, entre votre âme et conscience ?
Écoutez, les cas doivent être rares où nous sommes derrière les LR, opposés au front de gauche. Je pense que je ne sais même pas si ça existe.
Et les 0,6% d'Éric Zemmour, vous les expliquez comment, Louis Alliot ?
Écoutez, je crois qu'il est allé tellement loin dans l'outrance et que le départ de Marion a provoqué en même temps le départ...
De Marion Maréchal-Le Pen ?
Oui, le départ de ses électeurs, voilà. Et il s'est marginalisé. Il s'est marginalisé.
Bon, alors parlons concrètement. Jordan Bardella a passé sa campagne à dire qu'il n'irait pas à Matignon si son parti n'obtenait pas la majorité présidentielle. Est-ce que c'est toujours le cas à ce stade ?
Écoutez, si vous avez 250 députés, c'est-à-dire peu de chances de faire adopter le moindre texte, il ne sert à rien d'aller faire de la figuration. C'est le problème de M. Macron de trouver une majorité. Et s'il y a un petit peu plus, 256, 260 ? Je pense que c'est à regarder au cas par cas. Il y a un seuil, je pense, où c'est gouvernable. Et c'est là encore, je pense, des études beaucoup plus précises qui devront... Il est à combien le seuil ? Je n'en sais rien.
260, 270 ?
Je n'en sais rien. Ça veut dire des alliances ? Ah mais sûrement. Avec vos... Mais de toute façon, à partir du moment où vous faites un gouvernement du non-national, il va bien falloir proposer à un certain nombre de personnalités de venir constituer ce gouvernement et cette majorité. Et ça s'adressera en priorité aux 30 ou 40 députés LR qui seront présents à l'Assemblée nationale.
Alors justement, c'est moyennant des postes au gouvernement pour Éric Ciotti. Ce n'est pas nouveau ça quand même. Non, ce n'est pas nouveau. Alors, est-ce que ce gouvernement, il est prêt ? Est-ce qu'il est réfléchi ? Est-ce qu'il est pensé ? Est-ce qu'il est envisagé ? Est-ce que vous avez déjà des noms ?
Écoutez, c'est Jordan et Marine qui sont en train de regarder ça. Mais je pense qu'ils ont, oui, fait sur le papier des noms. Et des thèmes de ministère, des sujets de ministère, oui. Marion Maréchal pourrait en faire partie ? Je ne sais pas, je ne pense pas. Vous ne pensez pas, pourquoi ? Non, parce que je pense que Jordan Bardella n'y tient pas. Et je pense que cet électorat-là, précisément, doit être regardé avec une attention particulière. parce que je pense qu'il a été brutalisé par Éric Zemmour et qu'il faudra du temps pour rétablir la situation.
Est-ce qu'elle vous a quand même rendu service en plantant Éric Zemmour, là, dans ces derniers jours ?
Oui, enfin, ce qui nous a rendu service, très honnêtement, c'est les 10 millions, plus de 10 millions de Français qui sont venus voter pour le Rassemblement national.
Et ces 10 millions-là, si vous n'avez que 250 sièges, ce que vous venez de dire, Louis Alliot, ces 10 millions-là, ils vont rester sur leur faim, ils se seront mobilisés pour voter pour vous et ils n'auront pas de gouvernement ?
Moi, je pense qu'il y a un effet mécanique de deuxième tour avec le majoritaire à deux tours, et on le voit depuis longtemps sur ces élections, et que nous avons encore une réserve de voix dans des gens qui n'ont pas voté pour nous au premier mais qui nous rejoindront au deuxième pour battre la gauche. J'en suis persuadé. Merci, Louis Alliot. Merci.
Louis Aliot