Allocution du deuxième tour des élections législatives de la #NUPES
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Je vous invite, pour vous faire une opinion définitive, à attendre avec patience que les chiffres des grandes villes remontent pour qu'on sache vraiment où nous en sommes. Quoi qu'il en soit, nous observons qu'une fois de plus nous auront été sous-estimés avant, et moins pendant. Mais pour être à la mesure du moment, même si nous n'avons pas de résultats suffisamment définis pour pouvoir les commenter utilement, voyons ce qui se présente. C'est une situation totalement inattendue, absolument inouïe. La déroute du parti présidentiel est totale et aucune majorité ne se présente.
Nous avons réussi l'objectif politique que nous nous étions donné en moins d'un mois, de faire tomber celui qui, avec autant d'arrogance, avait tordu le bras de tout le pays pour être élu sans qu'on sache pour quoi faire. La France s'est exprimée suffisamment. Le niveau de l'abstention est encore beaucoup trop haut, ce qui signifie qu'une immense partie de la population ne sait de quel côté se tourner. Tant et si bien que les trois blocs qui étaient apparus à la sortie de l'élection présidentielle continuent à être voisins dans des proportions quasi identiques. Sans qu'on sache, à cette heure, s'il a percé de la nupe, le place en première ou en deuxième position.
Mais c'est au total et avant tout l'échec électoral de la Macronie. C'est l'échec plus grave, l'échec moral de ces gens qui donnaient des leçons à tout le monde sans arrêt et qui se prétendaient le barrage à l'extrême droite et qui auront eu pour principal résultat d'en avoir renforcé les rangs. Et sur 65 face à face, entre la NUPS et le Rassemblement national, les donneurs de leçons de la Macronie ont été incapables de donner une consigne claire dans 52 cas. Ceux qui les disqualifient, me semble-t-il dorénavant, à faire des leçons de morale pour qui que ce soit. Quel bon débarras d'avoir vu, après M. Blanquer éliminé dès le premier tour, voir éjecter les borgneurs Castaner, mon chanin.
Vous tous, mon message ce soir, une fois de plus, est un message de combat. Des opportunités incroyables vont se présenter devant vous et en particulier devant vous la jeune génération qui est celle qui appelle avec le plus de force à la rupture avec ce monde et ses règles d'organisation. Des opportunités parce que vous disposez d'un magnifique outil de combat dont vous aviez été privés pendant tant de temps. Cet outil, c'est la NUP. Ce sont ces parlementaires, salariés de tous ordres, de toutes les régions de France, arrivant par dizaines sur les bancs de l'Assemblée nationale. Le macronisme ne s'est pas seulement mis en faillite lui-même, il a plongé le pays dans une impasse.
Et tout à l'heure déjà, nous avons entendu qu'il s'agissait de dépasser les clivages. Il n'y a aucun clivage à dépasser avec nous parce que nous ne sommes pas du même monde, nous ne visons pas les mêmes objectifs, nous n'avons pas les mêmes valeurs, nous ne croyons pas au même futur.
Et comme nous pensons qu'ils le savent, alors nous en concluons qu'il se prépare à d'autres ententes, peut-être, toujours est-il, que si nous sommes à la fin de la soirée, la NUP, acquis par diverses manœuvres, on a déjà commencé par retirer quasiment 21 députés des Outre-mer, et à commencer par ceux de la Réunion, où 6 sièges sur 7 sont emportés par des députés qui voteront la confiance à un gouvernement de la NUP. Je veux vous dire que toutes les possibilités sont dans vos mains. Quant à moi, je change de poste de combat, mais mon engagement est, demeurera, jusqu'à mon dernier souffle, dans les premiers de vos rangs, si vous le voulez bien.
Le grand jaillissement, le grand jaillissement de l'histoire, du plus profond de ce qu'est la France des rébellions et des révolutions. Oui, ce grand jaillissement dorénavant a un visage, le visage de notre collectif, celui de l'Union populaire. Les plus inouïs vont s'accumuler devant vous, que ce soit le changement climatique, que ce soit la grande crise financière. Par quelques côtés que vous voyez ce monde finissant, c'est à chaque fois des réponses fulgurantes qu'il faudra apporter. Pas un instant, nous ne renonçons à l'ambition d'être ceux qui gouvernent ce pays et qui l'amènent à un autre horizon.
Pas un instant, les salariés ne baisseront les bras, pas un instant, les jeunes ne se diront fatigués de la lutte. Ne doutez pas de vous-même. Ne cédez jamais à l'impatience. Pensez que chaque difficulté a deux visages. Celui qui s'oppose à vous est celui de l'opportunité qu'elle vous propose. Plus grands sont les bouleversements, plus grandes sont les opportunités. La France est une nation politique, quand bien même elle s'abstient beaucoup, et même quand elle le dit par son abstention. Ne méprisons jamais notre peuple. Écoutons toujours avec attention tout ce qu'il dit, car dans sa patience infinie, il a montré qu'il était capable de trancher, de décider, d'avancer.
Et tel est le mandat que vous avez ce soir. Demain matin, peut-être que vous vous réveillerez avec une majorité de la NUP à l'Assemblée nationale, ou bien avec le premier groupe. Aucun tripotage, aucun arrangement ne nous privera de cette possibilité. Et si ce n'est pas le cas, alors vous regarderez d'abord la puissance formidable que vous avez accumulée. Vive la France, vive la République !
Je vais dire quelques mots au nom du Parti Socialiste. Olivier Faure est encore dans sa circonscription, où il a été brillamment élu ce soir. Je suis particulièrement fière au Parti Socialiste d'avoir contribué à la réussite de cette union de la gauche et de l'écologie à travers la nouvelle Union populaire, écologique et sociale. Grâce à cette union, nous allons avoir la gauche et l'écologie en force à l'Assemblée nationale. Nous avons aussi, il ne faut pas l'oublier ce soir, alors que le Rassemblement national va malheureusement probablement avoir beaucoup d'élus.
Nous avons aussi, grâce à cette union, empêché beaucoup de candidats du Rassemblement national d'accéder au deuxième tour de l'élection. Et nous avons montré que nous construisons pour l'avenir, pour offrir une véritable alternative à ce que représente toute la Macronie, et qui chutent aujourd'hui. On voit bien que leur figure de proue chute. Et je veux saluer Mélanie Thomas, qui a battu Richard Ferrand dans le Finistère. Il va être encore long avant qu'on puisse tirer des conclusions définitives des résultats de ce soir. Dans tous les cas, nous savons aussi que nous avons encore du travail à faire pour mobiliser, parce que l'abstention reste trop forte.
Et nous n'avons pas d'élections à venir dans un avenir immédiat. Mais nous avons donc toute l'attitude pour, je crois, penser tranquillement comment doit fonctionner, continuer à fonctionner, cette union de la gauche et de l'écologie, pour nous amener vers une victoire nette et claire dès les élections présidentielles de 2027. Merci, bonsoir. Ce soir, c'est un mélange pour moi, je ne sais pas pour vous, mais pour moi un mélange de colère très forte, de fierté et d'espoir. De colère, vraiment, assumons-le, d'abord et à l'encontre d'Emmanuel Macron, qui est responsable et de l'abstention, et d'avoir envoyé le plus grand nombre de députés d'extrême droite à l'Assemblée nationale.
D'abstention, d'abstention, parce qu'il a voulu esquiver, on l'a vu, esquiver ces élections, les enjamber, refuser de débattre, refuser de présenter un projet, refuser de considérer qu'il y avait un enjeu des législatives alors que les lois gouvernent nos vies, littéralement. Et puis l'extrême droite. Nous, à gauche, les écologistes, nous avons, et systématiquement, par défaut, par dépit, nous avons joué la discipline républicaine. Il nous doit son élection de 2017. Il nous doit sa réélection de 2022. Et pourtant, là où nous disions que nous voulions mettre l'extrême droite à terre, le camp de la Macronie a refusé de choisir.
Ça a été dit, refuser de choisir, et même pire, nous a insultés en mettant un signe égal entre ses opposants, nous, et nous le revendiquons. Oui, ses opposants, évidemment, et la menace pour la République qui représente l'extrême droite. LREM a mis un signe égal entre nous, les progressistes, les humanistes, les écologistes, les socialistes, les communistes, les insoumis, et les adversaires de la République. C'est extrêmement grave. Ils ont voulu éviter la défaite au prix du déshonneur, et ce soir, ils ont et la défaite, et le déshonneur. N'oublions pas, la République, c'est nous. On ne prendra plus de leçons.
Immense colère, parce que ceux qui se présentaient comme le barrage se sont fait les marchepieds de l'entrée en masse de l'extrême droite à l'Assemblée nationale, qui nous faudra combattre, évidemment. Fierté, fierté, parce que vous voyez, là encore, sur la tribune, cette coalition, cette bannière commune Nouvelle Union Populaire, Écologique et Sociale, fierté de pouvoir voir les socialistes applaudissent ce soir. Applaudissez-les. Les communistes applaudissent ce soir. Les écologistes, s'il vous plaît, applaudissent ce soir. Et les insoumis, vous pouvez les applaudir, parce que c'est aussi les insoumis, évidemment, en premier lieu, qui ont rendu cette coalition possible.
Immense fierté, parce que nous avons déjoué tous les pronostics, et que ce soir, j'espère, parce que la nuit sera longue, et que beaucoup de sièges vont se jouer à quelques dizaines de voix près, ce soir, nous pouvons encore déjouer les projections en siège. Fierté aussi, si vous me permettez le petit passage pour ce parti qui porte une grande idée, l'écologie. Parce que ce soir, nous pouvons espérer envoyer le plus grand groupe de l'histoire de l'écologie politique à l'Assemblée nationale. Renforcer les rangs de la gauche. Renforcer les rangs de la gauche. Et ensemble, compter trois fois plus de députés que dans le mandat précédent.
Ça peut tout changer, évidemment, sur la saisine du Conseil constitutionnel, sur les motions de censure, sur les motions de rejet, sur les référendums d'initiatives partagées. Espoir, enfin, et j'en termine, parce que ce que nous avons construit ne s'arrête pas là. Ce que nous avons construit ne s'arrête pas là. Nous allons travailler ensemble à l'Assemblée, dans les intergroupes. Et mieux encore, nous avons vu sur le terrain, dans ces campagnes, que nous sommes capables de faire campagne ensemble. Là où nous étions uniquement en contre dans les manifestations, nous pouvons construire ensemble. Et ça, ça me remplit d'espoir. Merci encore, bravo tout le monde.
Quel bonheur de nous retrouver ici tous ensemble. Généralement, ça va finir dans la nuit. Et des chiffres définitifs, nous savons déjà que nous avons remporté. Je vais vous rappeler à chaque instant, chose que nous avons déjà gagné.
Mes chers amis, mes chers camarades, au nom du Parti commun, accordez leur confiance à nos candidats et candidats. Ils nous donnent, Julien, nos camarades qui seront demain à l'Assemblée nationale, une très grande responsabilité. Il n'était pas écrit d'avance. La dernière semaine, et même les deux dernières semaines, de nombreuses forces se sont mobilisées contre nous. Nous avons vécu un véritable déchaînement contre notre rassemblement. Mais nous avons résisté. Nous sommes en train de réaliser l'importance de se mobiliser pour ne pas vivre un nouveau quinquennat de souffrance pour le peuple français.
Et ce résultat, mes amis, mes camarades, il peut nous permettre, à nous, communistes, mais à chaque composante, ici, d'avoir un groupe, demain, à l'Assemblée nationale, écologité sociale. Ce soir, je crois qu'il y a deux leçons à ce scrutin. D'abord, notre union a permis d'infliger une très grande défaite au président de la République. Oui, le président doit entendre ce message des Français. Stop les cabinets McKinsey, les agents des services publics, la casse des droits des travailleurs, la criminalisation des militants syndicaux. Et allez, mes amis, mes camarades, c'est la première leçon de ce vote. Le président de la République n'a pas de majorité pour son projet politique dans le pays.
Pas de majorité non plus pour engager le recul de l'âge de départ en retraite à 65 ans. Nous ne le permettrons pas, pas davantage, pas davantage pour continuer sa libéralisation du marché du travail ou diminuer encore l'indemnisation du chômage. S'il persiste dans ses projets, qu'il sache qu'il trouvera des dizaines, des centaines de députés de la nouvelle Union populaire, écologique et sociale sur son chemin. La deuxième leçon de ce scrutin, mes camarades, c'est que nous avons encore de très importants défis à relever devant nous. D'abord parce que nous ne voulons pas seulement mettre en échec ce pouvoir.
Comme les députés communistes l'ont fait lors du précédentinquennat et d'autres forces insoumises, socialistes, nous avons arraché des victoires. Je pense nous concernant, par exemple, grâce au combat d'André Chassaigne, à la revalorisation des petites retraites agricoles pour beaucoup d'agriculteurs dans notre pays. Et bien demain, nous en voulons des centaines des victoires comme celle-ci. Pour l'augmentation des salaires, pour les retraites, pour l'éducation nationale, pour la santé et l'hôpital public, pour l'égalité femmes-hommes. Oui, à partir de notre programme partagé, à partir des spécificités de chacun de nos groupes, nous voulons être pleinement mobilisés pour ces avancées.
Et pour cela, la bataille contre le Rassemblement national et l'extrême droite sera décisive. Et je veux dire, un peu avec solennité, que les députés de l'ANUP seront totalement mobilisés contre l'extrême droite pendant ce quinquennat. Oui, nous voulons faire reculer le poids des idées d'extrême droite. Ça va être décisif. Nous voulons les faire reculer dans le pays. Convaincre l'extrême droite obtenue ce soir. Recule demain. Car oui, ce score, ce nombre de députés, fait peser une lourde menace sur la République. C'est pourquoi nous serons pleinement mobilisés.
Mobilisés pour convaincre nos concitoyens que l'adversaire, ce n'est pas l'immigré, mais bien l'actionnaire qui détourne à son profit les richesses des travailleurs du pays. Je veux saluer ici la mobilisation de toutes nos candidats et candidats qui affrontaient le Rassemblement national partout dans le pays parce qu'effectivement, le pouvoir a eu une attitude scandaleuse en mettant dos à dos le Rassemblement national et la NUPES quand nous portons, nous, la transformation sociale. Je veux saluer nos candidats et en particulier la circonscription où l'extrême droite a fait plus de 60% au second tour de la présidentielle vient de l'emporter.
Nous agirons pour le changement en montrant que chacune de nos propositions va nous permettre d'avancer et nous montrerons comment nous irons chercher les moyens financiers de les mettre en oeuvre. Et nous ferons comme nous l'avons toujours fait, je veux en terminer par là. Appel à la plus large mobilisation sociale et citoyenne de l'histoire de la Vème République. Oui, nous avons besoin de cette mobilisation car nous savons qu'aucune grande avancée n'est possible sans cette mobilisation populaire. Mes amis, mes camarades, merci de votre mobilisation et ensemble, vers de nouveaux combats communs !
Jean-Luc va prendre la parole à l'extérieur pour ceux qui souhaitent l'écouter. On va vous laisser là et on reviendra tout à l'heure en fonction de l'évolution des résultats.
A tout à l'heure, bravo, merci !
Je vais vous dire un petit bonsoir. Bon, c'est les montagnes russes, hein ! On a gagné, on n'a pas gagné, on a gagné, on n'a pas gagné, on n'a gagné, on n'a pas gagné, moi ! Le tout, c'est d'avoir... Mais tu vas finir par me mettre dans la figure ton micro, toi ! Pousse-toi de là ! Allez zou, dégagez-moi ça ! Je vais arranger ma réputation, là ! Le tout, c'est de... Le tout, c'est de ne pas perdre pied en soi-même. Vous voyez ? Comme je vois vos figures, là, vous avez l'air assez jeunes en moyenne, là, hein ! Oui, ben... Il y en a manqué aujourd'hui, mais c'est pas de votre faute. Donc, j'espère que vous êtes à fond dedans. À fond ! À fond, ça veut dire que...
Tout d'un coup, vous allez sentir au bout des doigts... Ça picote. Ça picote. C'est quand l'histoire vous passe au bout des doigts. Et des fois, ça picote pas, c'est que... C'est raté. Là, ça picote dur depuis un moment, hein ! La présidentielle... Ouh ! Et puis là, on sait pas où on en est, en vérité, hein ! Alors, comme ce sont des... Je vais avoir le premier prix d'un venteur de slogans, hein ! Parce que, en fait, j'y réfléchis pas, ça me vient comme ça ! Mais je voulais vous dire ça, parce que... Parce que... Non, mais ça, c'est trop, ça ! Non plus... Attends, laisse-moi choisir, quand même, hein ! Bon... Bon... Et... Il faut bien que vous... Je pense que beaucoup d'entre vous...
Sont en avance de conscience... Sur une bonne part de notre peuple et des gens qui nous entourent. C'est-à-dire que... Moi, j'aime pas peindre les tableaux en noir pour tout rendre compliqué et désespéré. C'est pas ma manière de voir la vie. Qu'il y ait des difficultés, des obstacles... Mais c'est l'existence même ! Personne n'a demandé à naître, hein, je vous signale. Non, parce que les gens se préoccupent beaucoup de l'au-delà, mais rarement de l'en-deçà, hein ! Personne n'a rien demandé ! D'ailleurs, quand vous arrivez, vous arrivez en hurlant et le poing fermé. Donc, ça prouve bien... Ça prouve bien qu'il y a un problème dès le départ, quoi ! On arrive comme ça, et puis après, on fait.
Et on fait, c'est-à-dire que la machine humaine est construite pour que, sans cesse, vous deveniez maître de vous-même. Alors, c'est plus ou moins réussi, l'obstacle social est là, etc. Mais c'est ça qui nous poussera. Ce jaillissement de la vie, rien ne peut l'arrêter. Sinon, vous-même, si vous en prenez, hélas, la décision. Mais sans cesse, la vie va vous proposer à la fois le défi, et le défi, comme il secoue l'ordre des choses, comme le défi, il... Écoute-toi, 5 minutes, c'est de la philo, ça arrive une fois de temps à autre. Bon, alors, le défi, il bouscule les lignes du présent. Et en même temps, il vous fait une proposition.
Vous voyez, tout d'un coup, une faille, quelque chose qui vous amène en bout de lumière. Quix, c'est de ce côté-là qu'il faut courir. Donc là, en ce moment, ce soir, je vois bien que la situation présente cette caractéristique. Nous sommes un grand pays, c'est-à-dire un pays puissant, un pays rempli de richesses. Alors, vous n'en voyez pas trop la couleur, mais il n'a jamais été aussi riche de toute son histoire. Le niveau de formation de sa population n'a jamais été aussi élevé. Et pourtant, on a l'impression d'être à la ramasse. Et ce qui se présente, c'est quelque chose d'immense. D'abord, cette histoire de changement climatique et de sécheresse. Ça, ils peuvent faire ce qu'ils veulent.
Ça, ils ne peuvent pas l'empêcher. C'est irréversible et c'est de leur faute. Donc, il va bien falloir faire quelque chose. Et tout dépend quel principe vous mettez au poste de commande. Si c'est on se serre les coudes ou chacun pour soi. On installe des tuyaux pour amener de la flotte ou aller acheter votre bouteille d'eau. D'accord ? Donc, les deux grands principes qui organisent la pensée politique de ce pays depuis la grande révolution de 1789, ils sont en mouvement, ils sont là. Qui les prend en charge ? Qui va le faire ? Alors, normalement, vous avez des institutions. Il y a tout un appareil qui est destiné à vous faire fermer votre bouche. Il fonctionne à plein en ce moment.
On a eu à peu près trois semaines d'injures non-stop. J'ai lu des textes fantastiques. Une page entière. Il doit y avoir 400 lignes, 500 de Bernard-Henri Lévy. Que des injures. Non, mais ne faites pas où ? Attendez, c'est du travail quand même. Il faut arriver à trouver 400 fois des horreurs à dire sur mon compte. Tout y passe. Alors, après, il y a tous les fantaisistes qui sont là. Il y en a un qui dit « Mélenchon, il veut crever la crèche avec 100 milliards. » L'autre à côté, il parle. « Non, 150. » Très bien, va pour 150. On en était hier à 160. Le mal qu'ils se sont donné pour faire peur pendant trois semaines. Et puis, bon, il y a toutes sortes de gens pas malins.
Qui ont dit « Oh là là, mon Dieu, les chars soviétiques de Chavez vont arriver. » Bon, « Ah là là, catastrophe. » Bon. Mais ces défis qui arrivent, on va les relever avec une force qu'on n'avait pas. Et la machine à faire tenir les gens en place, elle est bien secouée ce soir. Parce que, de toute façon, on l'a battu. Il n'a pas la majorité. Mais c'est pas rien. C'est pas rien. Avec trois bouts de laine et quatre bouts de ficelle, on a fini par y arriver. Juste par entêtement, par ténacité, par opiniâtreté. Et parce qu'on a été tout le temps, tout le temps, tout le temps, tout le temps, tout le temps. On s'arrête jamais. Voilà. Non, laissez tomber. Bon, c'est sympa. Alors, on l'a battu.
Il n'a pas de majorité. Et comme il n'a aucun principe, il commence déjà la danse du ventre. Devant n'importe qui qui veut bien l'aider à gouverner. Vous verrez qu'il finira par cirer les pompes de Mme Le Pen. Mais oui ! Pour l'instant, on en est juste à ce petit moment, hein, où il faut apprécier ça. Parce que, quand même, avoir jeté Castaner-les-Borgneurs, je ne vous fais pas toute la liste, mais ça fait du bien, hein. Ça fait du bien à vous liser la liste. Voilà. Et là, on arrive, on a une... Ce qu'il y a d'extraordinaire, c'est qu'on a une force. Bon, la moyenne d'entre nous n'est pas meilleure que la moyenne des êtres humains en général, hein. Mais là, on est dans le moment...
On est dans le moment où on va jeter le meilleur de soi-même dans le combat. Vous regarderez bien la liste demain, les amis, hein. Vous me ferez ce plaisir. Vous regarderez la liste des élus de la NUP. Et pardon si je plaide un peu pour ma chapelle, hein. Pour les Insoumises et les Insoumis. Le... C'est un bonheur de voir des gens du rang. Alors, on cite souvent Rachel Kéké. Bon, mais... Il y a aussi ceux qui ont bien fait le boulot avant. Je pense à Caroline Fiat, qui est l'aide-soignante, tous ses camarades. Je ne vais pas faire toute la liste, mais c'est une belle force qui est là. Et il faut maintenant qu'ils jettent le meilleur d'eux-mêmes dans ce qui va arriver.
C'est-à-dire que, pour ce qui me concerne, nous allons faire que ce soit une seule et même chose, notre mouvement et nos députés. Ce n'est pas deux catégories. On va essayer de lancer tout ça dans la bataille dans tout le pays. Moi, j'ai enfin le droit de me balader tranquillement, enfin tranquillement, si vous voulez bien me lâcher quand je passe quelque part. Mais je vais pouvoir... Non, mais je vais pouvoir aller à un endroit, à l'autre. Sans aller vite, il faut rentrer, parce que mardi, il y a le groupe, mercredi, il y a le sais pas quoi, jeudi, il y a... Je vais pouvoir passer ce temps avec les gens, parce que j'ai aussi besoin, moi, de me ré-imprégner. Vous comprenez ?
J'ai vécu trop coupé de tout. Vous savez, quand on fait ce que je fais, au bout d'un moment, on ne voit plus personne. Et puis, quand par hasard, vous voyez quelqu'un, vous savez ce qu'il vous dit ? Vous croyez qu'il vous dit bonjour ? Vous croyez qu'il vous dit bravo ? Il dit petite photo. Voilà. Moi, maintenant, ça fait 19 mois que ça dure. Je ne sais pas qui c'est, moi, petite photo. Je ne peux pas vous le dire. Je ne le connais pas. Bon. Vous allez avoir tout ça devant vous. Par conséquent, ne croyez pas que si vous me voyez arriver comme je suis là en ce moment, c'est parce que la réalité m'échapperait. C'est tout le contraire.
Plus grands sont les défis, plus grandes sont les opportunités. Plus le vieux monde pourri dans lequel nous vivons a du mal à se maintenir en place politiquement, plus la possibilité est grande pour nous. Plus le capitalisme a du mal à nuire. Plus la possibilité du solidarisme est là. Un dernier mot sur ce qu'on est. Parmi toutes les choses qu'on a fait ensemble, pas moi tout seul, surtout ne faites pas ça. Moi, j'ai toujours dit que je n'aimais pas qu'on crie mon nom, tout ça. Ça me paraît dérisoire. Les slogans, Union Populaire, Nouvelle Union Populaire, ou ce que vous voulez, Résistance, ça me va.
Mais pas les choses qui sont trop personnelles, parce que ça donne l'impression que c'est suspendu au fil d'un bonhomme. Et ce n'est pas le cas. Mais pardon de vous dire que peut-être ma plus grande satisfaction, c'est d'avoir fait du mot « insoumis ». Une caractérisation qui est une caractérisation, qui est une appellation, non seulement politique, ça décrit un mouvement, mais ça décrit une manière d'être soi-même. Être insoumis, c'est ne pas accepter l'ordre des choses. Ça ne veut pas dire qu'on... Mais ça va, j'ai vu qu'il pleuvait, ce n'est pas la peine de bêler comme ça. Bon. Alors, ça veut dire que... On retire la domination qui est sur soi.
Et c'est exactement la racine du mot « émancipation ». On s'émancipe. On se libère soi-même. Libérez-vous de vos préjugés. De vos préjugés de genre. De vos préjugés de classe. De vos préjugés d'adresse. Libérez-vous. Libérez-vous pour libérer la société. Libérez-vous de la cupidité. Libérez-vous du mépris. Et si vous commencez à voir dans chaque visage humain, non pas ce qui est différent d'avec vous, mais ce qui est semblable, alors tout d'un coup, vous deviendrez cet être inouï qui s'appelle être l'humanité. Et c'est à ça que ça sert. D'être un insoumis, une insoumise. Voilà. Vous êtes beaux comme un matin qui se lève. J'ai confiance. À plus, les petits.
Corinne Narassiguin