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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 16 décembre 2021 28 min

Éric Zemmour : "La France est à feu et à sang, je veux ramener la tranquillité"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin un ancien journaliste, essayiste, aujourd'hui candidat à l'élection présidentielle. Vos questions, amis et auditeurs, 01 45 24 7000, passées autrement par les réseaux sociaux ou l'application mobile de France Inter. Éric Zemmour, bonjour et bienvenue. On va longuement entrer ce matin dans le détail de vos propositions pour la France, mais commençons d'abord par la prestation télévisée du président de la République hier soir sur le fond. Comme vous le savez, il défendait le bilan de son quinquennat sur la forme. Il a reconnu avoir pu blesser des Français, manquer de respect dans certains de ses propos, ses erreurs.

Il dit ne pas les avoir répétées, ce qui est selon lui le plus important. Comment avez-vous, Éric Zemmour, trouvé la prestation du président de la République ?

0:48
Éric Zemmour

Écoutez, sur la forme, je l'ai trouvée bien léchée, charmante, ouatée, séductrice à souhait. Sur le fond, comment vous dire, j'ai regretté qu'Emmanuel Macron parle surtout de lui et assez peu de la France. Une espèce de numéro de narcissisme assez marqué, de nombrilisme même. Moi, je vous avoue que ça ne m'a pas beaucoup intéressé. Alors bon, j'ai bien compris que j'étais sa cible favorite.

1:28
Invité

Non, il y a eu Pécresse aussi.

1:29
Éric Zemmour

Oui, sur le budget. Ça, c'est des affrontements de technocrates. Je leur laisse. Quand il s'agit du destin de la France, c'est moi qui le cible. Et d'ailleurs, c'est tout à fait légitime. Je pense que nous avons deux visions absolument antagonistes de la France.

1:51
Invité

On va parler de ces mots et de vos deux visions de la France, mais sans annoncer sa candidature, Emmanuel Macron estime qu'en cinq ans, on ne peut pas tout faire. On ne peut pas tout réformer. Il a raison. Il faut deux quinquennats.

2:02
Éric Zemmour

Vous savez, moi, j'ai voté contre le quinquennat. Oui, c'est ça. Pour le septennat. Vous votiez déjà ? Je suis d'accord avec ça.

2:11
Invité

Non, Éric Zemmour, vous étiez journaliste.

2:13
Éric Zemmour

C'était en 2000. Je votais. Je votais. J'ai dit je votais contre. Donc, effectivement, oui, ça, là-dessus, il n'a pas tort. Évidemment, il faut du temps pour des choses. Par exemple, pour l'école, ça prendra beaucoup de temps. Même ce que je propose ne se fera pas comme ça d'un claquement de doigts. Mais après, il y a des directions, il y a des orientations. Et j'ai bien vu, hier soir, dans le boulegui-boulga idéologique et sémantique, quand j'arrivais à me dépêtrer de cela, je voyais bien que finalement, on est aux antipodes.

2:46
Présentateur

Vous avez eu, Léa le disait, des mots très durs contre Emmanuel Macron, mannequin de plastique, adolescent qui se cherche. Vous avez aussi dit qu'on a élu le néant avec lui et qu'on est tombé dedans. Emmanuel Macron n'est rien. Il vous a répondu, sans vous citer, hier, on a pu dire de moi, il n'est rien. C'est terriblement blessant. Je termine là la citation. Comment réagissez-vous à cette phrase-là du président ?

3:16
Éric Zemmour

C'est terrible parce que quand moi, je parle de la France, du destin de la France, de la survie de la France, lui parle de lui. Il est blessé. Mais je vous avoue que je n'en ai cure. Le problème n'est pas sa personne.

3:32
Invité

Non mais le problème, c'est la fonction, Éric Zemmour. C'est la fonction que vous abîmez quand ?

3:35
Éric Zemmour

Il est candidat. Il est candidat. C'est un candidat. Vous vous souvenez de la fameuse réplique de Jacques Chirac face à Mitterrand. Nous sommes deux candidats. Il n'y a plus le président de la République et le Premier ministre. C'est un candidat. Les prédécesseurs ont subi des campagnes bien plus dures. Je vous rappelle que Nicolas Sarkozy a été traité de fou à la une d'un hebdomadaire. Vous vous en souvenez ? Et je ne parlerai pas de François Mitterrand qui a été traité de tous les noms. De Jacques Chirac qui a été traité d'abord de fasciste puis de voleur. Du général de Gaulle lui-même qui a été traité de fasciste, de caudilio et de toucher.

4:10
Invité

Donc vous ne comprenez pas qu'il soit blessé par vos mots ?

4:12
Éric Zemmour

Pardon, mais moi quand je suis attaqué, moi aussi je suis blessé. Mais on s'en moque. On est au-delà de nos personnes.

4:23
Invité

Y a-t-il un aspect positif de son quinquennat ? Une réforme que vous sauvez ?

4:29
Éric Zemmour

Ce qu'il a fait sur l'apprentissage. C'est largement subventionné, certes. Mais en tout cas, la direction est bonne.

4:38
Présentateur

Encore un mot sur la principale annonce qui portait sur la réforme des retraites. Le projet d'un système de retraite à point n'est plus d'actualité. La réforme qu'a esquissé Emmanuel Macron en tant créé, je le rappelle, trois grands régimes pour les salariés, les fonctionnaires et les indépendants. Le fait de travailler plus longtemps est sur la table, mais Emmanuel Macron n'a pas donné de nouvel âge de départ. Globalement, fini la révolution qu'il voulait faire avec un grand système unique à point. Ça ressemble plus à une réforme paramétrique que vous proposez aussi Éric Zemmour, puisque vous voulez allonger l'âge de départ à 64 ans. Êtes-vous d'accord avec lui sur les retraites ?

5:13
Éric Zemmour

Non, c'est lui qui est d'accord avec moi. Pardonnez-moi, c'est lui qui a renoncé à son système mirobolant qu'il prétendait révolutionnaire et qui allait régler tout par une baguette magique et plus juste, etc. En fait, au bout de trois jours, les Français se sont aperçus que c'était une entourloupe et que le fameux point, on pouvait le baisser ou le monter selon la situation économique. Et donc, effectivement, oui, il faut rallonger la durée de travail parce que, tout simplement, nous avons des problèmes démographiques. Évidemment, nous ne sommes plus comme il y a 40 ans avec 4 cotisants pour un retraité.

Mais je tiens à préciser, quand je dis cela, je précise, mais en un mot, j'exigerai aussi des patrons, avec un système de malus, de sanctions, qu'ils ne virent pas systématiquement les gens entre 50 et 64 ans. Vous voyez, parce que ça, c'est injuste. Si on les oblige à travailler plus longtemps et qu'après, on leur dit « vous êtes chômeur », non, ça, ça ne va pas du tout.

6:19
Invité

Comment vous pouvez imposer ça à un chef d'entreprise, Éric Zemmour ?

6:23
Éric Zemmour

Des sanctions financières.

6:24
Invité

Vous sanctionnerez s'il vire entre 50 et 60 ans ?

6:27
Éric Zemmour

Oui, vous voyez, on lui tire.

6:29
Invité

On passe au sanitaire. Emmanuel Macron n'a pas exclu d'arriver à la vaccination obligatoire face à l'explosion de l'épidémie et la multiplication des variants. L'Allemagne et l'Autriche y sont favorables. Faut-il leur emboîter le pas ?

6:40
Éric Zemmour

Moi, je suis contre la vaccination obligatoire, en l'occurrence. En plus, je n'ai pas compris, d'ailleurs, le raisonnement d'Emmanuel Macron hier. Il dit « on est à 90% de vaccination, donc on arrive à la vaccination obligatoire ». C'est plutôt l'inverse. Puisqu'on a 90%, on n'a pas besoin de la vaccination obligatoire, puisqu'on a les conséquences sans avoir l'obligation. J'avoue que je n'ai pas compris ce raisonnement. Par ailleurs, je n'ai toujours pas compris non plus cette obsession de vacciner les enfants qui sont effectivement transmettre, mais ne risquent jamais, il y a toujours un cas exceptionnel, de formes graves.

Or, si j'ai bien compris ce que nous expliquent les médecins, c'est que ce vaccin ou ces vaccins, puisque empêchent les formes graves, et c'est déjà formidable, mais n'empêchent absolument pas de transmettre. Donc, je ne vois ni l'intérêt de la vaccination obligatoire, ni l'intérêt de la vaccination des enfants, ni l'intérêt du pass sanitaire.

7:41
Présentateur

Donc, vous laissez circuler le virus, si vous ne voyez pas l'intérêt du pass sanitaire.

7:45
Éric Zemmour

Oui, oui, je pense qu'il faut, selon l'expression, apprendre à vivre avec le virus. Nous n'allons pas nous confiner comme ça pendant mille ans. Mais on n'est pas confiné, hein ? Non, non, mais vous comprenez ce que je veux dire. On n'allons pas vivre sous la menace du confinement pendant des années. C'est ça que je voulais dire.

8:02
Invité

Donc, il faut laisser circuler le virus, même si ça engorge les hôpitaux. Ah si, si, ça engorge, on va vers 4 000 personnes en réanimation.

8:09
Éric Zemmour

Attendez, vous savez, avant le Covid, les hôpitaux étaient déjà engorgés s'il y avait une épidémie de grippe trop puissante. Donc, le problème n'est pas le Covid, le problème est l'hôpital. Et donc, il faut régler ce problème de l'hôpital. Il faut régler, il faut investir davantage, il faut régler le problème des lits de réanimation. Il faut dévuretratiser.

8:35
Invité

Ça, très bien, ça c'est des réformes de long terme. Aujourd'hui, il y a une épidémie qui menace. Vous seriez au pouvoir aujourd'hui, vous laissez circuler le virus et vous n'appelez pas la vaccination. C'est bien ça ?

8:46
Éric Zemmour

Mais on peut... La vaccination, elle est faite.

8:48
Invité

Je ne comprends pas cette discussion. Mais il faut une troisième dose de rappel.

8:50
Éric Zemmour

Eh bien, on fera une troisième dose de rappel pour les gens les plus âgés et pour les gens les plus fragiles. Il faut arrêter. Vous comprenez pourquoi je vous réponds ça ? Parce que je pense qu'il faut arrêter de polariser sur cette épidémie, d'en faire quelque chose qui panique les gens, de gouverner par la peur. Il faut s'habituer à cette épidémie. Mais vous savez, je ne veux pas du tout minorer cette épidémie. Je sais qu'il y a eu beaucoup de morts, etc. C'est ce que j'allais vous dire, 5 millions de morts selon l'OMS dans le monde,

9:20
Invité

plus de 100 000 en France.

9:21
Éric Zemmour

Non, non, mais vous avez raison. Ce que je veux dire, c'est qu'il y a des maladies qui tuent encore plus. Et il ne faudrait pas qu'on occulte ces maladies et que par là, comme ça obstruent les hôpitaux, on ne soigne plus le reste.

9:35
Présentateur

Sur l'immigration, venons-en à cette thématique. Emmanuel Macron vous a aussi répondu sans vous citer. Il ne croit pas à votre thèse du grand remplacement. Quand on parle de ces phénomènes, mieux vaut d'abord regarder les chiffres, dit-il. L'immigration, je le cite encore, est là. Et elle est là parce que nous avons souvent fait appel à elle pour travailler pour des tâches que les Françaises et les Français ne voulaient plus faire. Elle a aidé à la croissance de notre pays, à avancer. Et il évoque des absurdités, quand on parle comme vous, d'immigration zéro. Que lui répondez-vous ?

10:07
Éric Zemmour

Qu'il a raison sur un point, il faut regarder les chiffres. Mais il ne faut pas regarder que les chiffres. Il faut aussi regarder tout simplement dans la rue. Il faut regarder ce qui se passe. Il faut prendre le métro, il faut prendre le RER, il faut prendre le train, il faut aller dans les aéroports, il faut aller à la CAF, il faut aller au bureau de poste, il faut aller dans les écoles. Et là, on voit le grand remplacement en marche. Vous savez, le grand remplacement, ce n'est pas une thèse fumeuse ou complotiste, c'est simplement un processus. Un processus de remplacement de population par une autre.

Quand vous avez, si vous voulez, les chiffres, puisque Emmanuel Macron aime les chiffres, et là, il aime les chiffres des services officiels liés à son Premier ministre. Je ne peux pas faire mieux, c'est France Stratégie. Quand vous avez, dans des villes de Seine-Saint-Denis, le pourcentage d'enfants entre 0 et 18 ans qui sont nés de parents extra-européens à 80%, c'est le cas d'Aubervilliers, de Trappes, etc., et bien là, vous avez le grand remplacement en marche. Il est inéluctable. Ça veut dire qu'il y a un remplacement de population par une autre.

11:09
Invité

Parlons des chiffres, Éric Zemmour. Parlons des chiffres, puisque vous voulez parler des chiffres. Vous voulez arrêter les flux et mettre l'immigration à zéro. Aujourd'hui, et depuis des années, il y a à peu près 250 000.

11:20
Éric Zemmour

275 000 en 2019-2008.

11:22
Invité

Effectivement, mais ça dépend des ans. Mais c'était à peu près la même chose sous Nicolas Sarkozy, sous François Hollande. Vous avez tout à fait raison.

11:29
Éric Zemmour

Pour vous situer, sous Jean-Pierre Chevènement, en 2000, si j'ose dire, puisqu'il est ministre de l'Intérieur, on est à 100 000. On passe à 200 000 sous Sarkozy. Et maintenant, on est à 275 000.

11:38
Invité

Alors, on est autour de 250 000 en fonction des années. Très simple. Vous êtes élu président. Combien y aura-t-il de titres de séjour chaque année ? Combien d'immigrés pourront entrer en France ? Donnez un chiffre.

11:49
Éric Zemmour

Je ne peux pas donner au chiffre au prêt, mais je peux vous expliquer ce que je fais. Donnez autour. Aujourd'hui, c'est 250 000. Aujourd'hui, vous avez les 275 000. auxquels il faut ajouter les 140 000 de droits d'asile. Il y a à peu près 10 à 15 % d'acceptés. Tout le reste est débouté. Sauf que personne ne part à 10 %. Donc, vous rajoutez encore entre 75 000 et 100 000. Vous êtes président, il y en a combien ? 350 000 à 400 000 tous les ans. Je suis président, qu'est-ce que je fais ? C'est très simple. 1. Je supprime le droit au regroupement familial. Et à la vie familiale normale, ça fait 90 000 par an. Ça restera quelques milliers ou plus. 2.

J'exige que les demandes de droits d'asile soient déposées dans les consulats, à l'étranger. Et je réduis le droit d'asile à quelques dizaines, quelques centaines de cas. C'était dans les années 50, il y avait 300 cas. Les vrais, ce qu'on appelait les combattants de la liberté. Au Japon, il y en a 42 en 2018. Je veux réduire à cela. 2. 3. Il y a ensuite les étudiants. 90 000 encore. Je réduis au minimum les étudiants et je sélectionne beaucoup plus. Et j'exige le retour imposé. Combien d'étudiants ? Combien ? Quelques milliers. Aujourd'hui, 90 000.

13:12
Invité

Quelques milliers, pas plus.

13:13
Éric Zemmour

Quelques milliers, pas plus.

13:14
Invité

Donc les étudiants qui viennent passer un an en France et font rayonner la France après à l'étranger, aux Etats-Unis, en Chine, tout ça, terminé ?

13:20
Éric Zemmour

Oui, pour uniquement les meilleurs élèves. Je ne garde que les meilleurs. Je ne suis pas, excusez-moi, je ne suis pas là pour entretenir à coup de bourse des faux étudiants. Et il y en a énormément. Je continue. Puisque Emmanuel Macron a dit qu'il venait pour travailler et qu'on les faisait venir, selon la doxa classique qui date de 40 ans, de 40 ans, c'est-à-dire qu'on les faisait venir dans les années 60-70. Ça fait longtemps qu'on ne les fait plus venir. Il y a seulement, dans les 275 000 dont on parlait, cher Léa, il y a 14% de gens qui viennent travailler. 14% ! Donc ceux-là, on peut éventuellement les faire venir avec des... J'ai discuté avec un producteur de fraises, de Gariguette.

Vous savez que, vous ne savez peut-être pas, mais j'adore les fraises Gariguette. Et donc je parlais avec ce producteur. Il me disait qu'effectivement, là pour le coup, il fait venir des Marocains parce qu'il n'arrive pas à avoir de français. Mais il est utile, il reparte. Ça sera le seul cas.

14:16
Présentateur

Alors, pour prolonger la question Léa sur les 275 000 dont...

14:20
Éric Zemmour

Je ne vous parle que de l'immigration légale, vous avez compris. Après, il faudra renvoyer...

14:23
Présentateur

On arrive à combien alors, pour finir ? 275 000 aujourd'hui ?

14:27
Éric Zemmour

Je vous dis vraiment quelques milliers, pas plus. L'objectif sera l'immigration zéro. Mais le plan n'est pas fini. N'oubliez pas, il y a aussi l'expulsion, il y a aussi toute la suppression des pompes aspirantes. C'est-à-dire, je supprime le droit du sol, je supprime l'AME, je supprime les allocations sociales pour les étrangers, non contributives. Alors, justement, vous voulez supprimer ? Je réduis à presque rien les naturalisations. Et je renvoie les étrangers délinquants et je fais la déchéance de nationalité pour les binationaux criminels et multiracidistes. Et vous voulez supprimer... Et pardonnez-moi, dernière chose, dernière chose. Juste un mot important.

Dernière chose pour les chômeurs, pour les chômeurs, les gens qui sont au chômage, qui sont étrangers. Si au bout de six mois, ils n'ont pas retrouvé du travail, je les renvoie.

15:17
Présentateur

Vous voulez supprimer également toutes les aides sociales aux étrangers, même ceux qui sont en France légalement ? Oui, non contributives, on est bien d'accord. Le brancardier à l'hôpital, la femme de ménage qui travaille légalement n'auront plus le droit aux aides sociales terminées, finies ?

15:30
Éric Zemmour

Ils auront le droit à ce pour quoi ils ont cotisé, c'est-à-dire l'assurance maladie, la retraite, oui. Mais pour les aides sociales de la solidarité nationale, elle redeviendra nationale, c'est-à-dire allocation familiale, aide au logement, allocation logement, RSA, minimum vieillesse.

15:48
Invité

Ça ne passera pas au Conseil constitutionnel, vous le savez, Eric Zemmour, puisque la solidarité nationale bénéficie à toute personne qui réside en France selon le principe d'égalité établi par le préambule de la constitution et par la déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Qu'est-ce que vous faites ? Il s'est censuré par le Conseil constitutionnel.

16:02
Éric Zemmour

D'abord une question de principe, vous avez vous-même dit la déclaration des droits de l'homme et du citoyen. On a oublié et du citoyen. On a considéré que c'était que les droits de l'homme. C'est très simple, je l'ai déjà dit, je fais un référendum dès mon élection, en même temps que les législatives. Je fais un référendum sur toutes les mesures que je viens de vous présenter et c'est le peuple qui tranchera. Et vous savez que depuis 1962, une jurisprudence du Conseil constitutionnel, et heureusement, s'interdit de juger le référendum car c'est la volonté du peuple qui s'exprime.

16:34
Invité

Vous dites que ce n'est pas le Conseil constitutionnel qui fera, si je suis élu, la politique de la France. Ça veut dire quoi ? Vous voulez supprimer le Conseil constitutionnel ? Vous voulez changer son fonctionnement ? Vous voulez s'asseoir sur ses décisions ?

16:46
Éric Zemmour

Non, non, non, je ne supprime rien. Le Conseil constitutionnel est une institution de la République, mais je veux qu'il, si vous voulez, il est sorti de son lit il y a longtemps. Je ne vais pas vous refaire un cours de loi constitutionnel que vous connaissez comme moi, on n'a pas le temps. Il n'empêche qu'aujourd'hui, il est sorti du rôle que lui avait été dévolu par Michel Debray et le général de Gaulle. Aujourd'hui, il impose son idéologie. Je vous donne un seul exemple, un seul. Non, parce qu'on a plus le temps. Au nom du principe de fraternité, liberté, égalité, fraternité, il a interdit au gouvernement de sanctionner un passeur de clandestins. Je trouve ça scandaleux.

17:24
Présentateur

On va aller au standard en quelques instants où il y a quelques auditeurs qui veulent vous interroger sur votre programme économique. Je ne veux pas revenir sur la polémique autour des prénoms. On a compris que si vous êtes président, les musulmans de France ne pourront pas appeler leurs enfants comme ils l'entendent.

17:41
Éric Zemmour

Je peux vous répondre 30 secondes ? Oui ? Parce que c'est intéressant. Demandez à Léa ce qu'elle en pense. Elle-même, quand elle est arrivée à Paris, elle s'appelait Hala et elle a changé de prénom. Et elle a bien fait. Car ça a favorisé son assimilation et son acceptation par les Français. J'ai gardé mon prénom. Et d'ailleurs, vous avez bien fait. Je vous félicite. Parce que c'est une preuve d'amour aux Français. Et ce n'est pas la seule. A Anne Hidalgo. Anne Hidalgo s'appelait Anna Maria. Vous voyez ? Et c'est très bien. C'est tout ce que je veux. Vous voyez ? Ça s'est fait comme ça pendant des décennies. Tous les Italiens, les Espagnols l'ont fait.

18:16
Présentateur

Alors, sortons des prénoms concernant les femmes voilées. Est-ce que vous interdirez le voile absolument partout dans l'espace public ? Oui. Donc une femme qui va à l'hôpital se faire soigner voilée ou qui prend le métro voilée pour aller travailler, elle se fait verbaliser ? Oui.

18:33
Éric Zemmour

Vous mettez un policier derrière chaque femme voilée ? Vous savez, c'est dans les pays arabes que les grands réformateurs comme Bourguiba, comme Ataturk et comme Nasser ont enlevé le voile aux femmes. Ils savaient ce qu'ils faisaient. Le voile est un étendard politique et un étendard religieux. Dans l'islam, c'est la même chose, la religion et la politique. Et ça permet de coloniser l'espace visuel. Donc moi, je ne laisserai pas la France être colonisée visuellement ou factuellement.

19:04
Invité

La grève a été votée à la SNCF alors que les vacances commencent. Elle touchera les TGV sud-est dès demain. Il n'y aura qu'un TGV sur deux. La direction de la SNCF dénonce une attitude scandaleuse alors que les Français veulent retrouver leurs proches à Noël. Vous condamnez cette grève avant les vacances de Noël ou vous la soutenez ?

19:17
Éric Zemmour

Si vous voulez, oui, je pense que là, c'est un abus. Vous savez, la grève, il faut évidemment respecter. C'est un principe constitutionnel pour reprendre notre discussion de tout à l'heure. Et c'est très bien. Mais il faut quand même qu'il soit encadré et que ça ne soit pas n'importe quoi. Mais il faudrait avoir une discussion plus globale sur ce qu'on a fait à la SNCF, ce qu'on a fait aux cheminots avec les principes de concurrence imposés par l'Europe, acceptés par les gouvernements successifs et qui ne correspondent pas à ce monopole naturel qu'est la SNCF. Donc il faudrait rediscuter de tout ça.

19:52
Présentateur

Au standard, Gaël qui envisage de voter pour vous. Bonjour Gaël et bienvenue sur Inter. Oui, bonjour. On vous écoute, on vous écoute.

20:01
Invité

Donc, bonjour Éric Zemmour. Bonjour. Je vous suis depuis Face à l'Info. Et effectivement, j'envisage énormément de voter pour vous en 2022, bien que j'ai voté pour Jean-Luc Mélenchon en 2017. J'ai toujours été de gauche par défaut. Et en fait, je trouve toujours que son programme économique qu'il avait présenté à l'époque me paraît le plus solide et le meilleur, justement aussi dans l'objectif de réconcilier les classes populaires et la bourgeoisie, ce que vous cherchez aussi à faire. Et je trouve que c'est une bonne démarche.

Mais je vous trouve assez flou, justement, sur la question économique, puisque tantôt, vous avez des mesures plutôt de gauche pour plus de souveraineté nationale, une réindustrialisation du pays et aussi une régularisation des GAFAM, une certaine critique de la mondialisation. Donc tout ça, je trouve ça extrêmement bien.

20:56
Présentateur

Un programme est de droite et de gauche, si je vous entends, Gaël. C'est bien ça. On va demander à Éric Zemmour de vous répondre sur ces deux aspects-là de son approche de l'économie. Éric Zemmour.

21:10
Éric Zemmour

Cher Gaël, vous avez tout compris. C'est-à-dire que moi, je ne suis pas un idéologue. Je prends ce qui est de bien dans tous les systèmes économiques. Je ne suis un pragmatique en économie. Et donc, ce que je veux, c'est la puissance de la France retrouvée, parce qu'elle l'a perdue, et la prospérité des Français, car ils l'ont perdue, et que nous vivons un grand appauvrissement des Français. Donc, je pioche, effectivement, vous avez tout à fait raison, dans toutes les idéologies économiques, dans tous les systèmes, pour avoir le système le plus efficace.

Et effectivement, il y a des mesures qu'on pourrait qualifier de libérales, de baisse d'impôts, impôts de production, augmentation du plafond pour les petites entreprises de l'IS. Vous voyez, il y a des mesures comme ça, qu'on pourrait qualifier de libérales, car de baisse d'impôts. Et il y a des mesures qu'on pourrait qualifier de plus colbertistes, qui est un grand ministère de l'industrie, un contrôle des investissements étrangers plus strict. Vous voyez, il y a des choses, effectivement, dans tous les systèmes, mais j'assume très bien. Alain Ostendard, bonjour, bienvenue.

22:15
Auditeur

Oui, bonjour, Mme Léa, bonjour, M. Nicolas, bonjour, M. Zemmour. Bonjour, M. Zemmour. Je voudrais que M. Zemmour nous explique cette dichotomie qui est la sienne, il veut embrasser la France, il aime la France, il va la sauver, extraordinaire programme, tout en sachant qu'avec son programme et ses idées que je viens d'écouter avec beaucoup d'attention, il va mettre la France à feu et à sang, il faut appeler un chat, un chat. Comment il peut expliquer tout ça, M. Zemmour ?

22:41
Éric Zemmour

Merci Alain, Éric Zemmour. Cher monsieur, c'est pas moi qui mets la France à feu et à sang. C'est la France qui est à feu et à sang. Je ne vous parlerai pas de ce pauvre Samuel Paty, je ne vous parlerai pas égorgé, je ne vous parlerai pas des prêtres tués dans leur église, je ne vous parlerai pas des policières tués dans le commissariat, je vous parlerai simplement de la délinquance ordinaire. 1800 agressions par jour, un taux de crime qui explose, un taux de délinquance qui explose. Les gens, moi, au contraire, je ramènerai la tranquillité, la paix.

23:18
Invité

Mais voyez, Éric Zemmour, c'est un peu ce que disent vos amis politiques dont vous espérez qu'ils vous rejoignent, mais qui ne vous rejoignent pas, à savoir Éric Ciotti, Laurent Wauquiez ou Robert Ménard, ils disent tous, il n'est pas l'homme du rassemblement, il est trop excessif, il ne pourra pas gagner, et Robert Ménard dit qu'il manque de bienveillance, il pense qu'être intelligent et cultivé, ça suffit, mais non, il faut être attentif aux gens. Tous ces gens-là pensent que vous allez, d'une certaine manière, avec peut-être vos excès et vos outrances, mettre le pays à feu et à sang. Ils ne vous rejoignent pas, en tout cas.

23:49
Éric Zemmour

Vous savez, le problème des hommes politiques, c'est qu'ils sont dans des logiques politiques, et je dirais même politiciennes. Éric Ciotti a fait campagne sur mon nom, on peut dire, sans prétention, sur mon nom. Et désormais, il se retourne, il se détourne de moi. Je pense que là, il y a une trahison de ses propres électeurs. Ses électeurs ont voté pour lui, pour moi. Donc ils ont voté pour lui, pour qu'il me rejoigne. S'il ne le fait pas, il trahira ses électeurs. Il ne le fait pas. Wauquiez, Wauquiez, pardonnez-moi, j'aimerais lui rappeler que Mme Pécresse a quitté LR à cause de lui, et qu'il n'est pas...

24:30
Invité

Il la soutient.

24:31
Éric Zemmour

Comment ? Il la soutient. Ça s'appelle un politicien. C'est triste, mais vous savez, ma porte est toujours ouverte. Si ces gens-là se mettent enfin, un jour, au diapason de leurs convictions, et non pas de leurs tactiques, et de leurs intérêts partisans, ma porte sera toujours ouverte.

24:47
Présentateur

Quelques questions rapides, le temps presse. Allez-vous réécrire, Éric Zemmour, les manuels scolaires à l'aune des thèses que vous défendez dans vos livres, et qui vont à l'encontre de ce que disent une majorité des historiens ? Est-ce que les élèves de France apprendront que Pétain a sauvé les juifs français, selon vous ? Que l'innocence du capitaine Dreyfus n'est pas certaine, selon vous ? Est-ce qu'ils apprendront ça dans leur manuel scolaire ?

25:08
Éric Zemmour

Ce n'est pas moi qui réécrirai les programmes scolaires, je vous le promets. Je n'ai pas cette prétention. En revanche,

25:14
Présentateur

Je vous donnerai instruction.

25:16
Éric Zemmour

En tout cas, effectivement, oui, je donnerai instruction pour une chose. Refaire le roman national. Faire aimer la France par son histoire, comme on me l'a fait aimer. Oui, je cesserai, je cesserai, parce que vous, vous avez l'air de dire que je vais faire ma propagande, mais aujourd'hui, je ne sais pas si vous avez des enfants, moi j'en ai, et j'ai vu les programmes scolaires. C'est un tissu de propagande, un propagande anti-française, de propagande anti-raciste permanente, de propagande LGBT. Donc vous changerez les livres d'histoire ? Oui, je changerai, mais pas en fonction de moi, vous comprenez, ce sont des historiens qui le feront. Mais les historiens ne font pas tout le temps.

C'est les historiens

25:52
Invité

qui font les livres d'histoire

25:53
Éric Zemmour

aujourd'hui ? Oui, bien sûr, mais vous savez bien qu'il y a des querelles d'historiens. L'histoire est un champ de querelles des historiens sur tous les sujets. Il y a des consensus d'historiens. Non, il n'y a pas de consensus d'historiens, il y a des consensus qui s'imposent par la propagande et par le fait qu'il s'impose dans les universités.

26:13
Invité

Abrogerez-vous la loi Pleven de 1972 adoptée pour lutter contre le racisme en France et la loi Guesso de 90 qui réprime tout acte ou toute parole raciste, antisémite ou xénophobe et qui crée le délit de négationnisme du génocide des juifs ? Est-ce que vous les abrogerez ces deux lois ?

26:27
Éric Zemmour

Deux choses. Un, ce n'est pas la même chose. La loi Pleven, je l'abolirai pour deux raisons très simples. Un, elle n'a été dévoyée par les juges. J'ai parlé avec le véritable auteur de cette loi M. Ternoir qui m'a expliqué que ce n'était pas du tout l'objet que de faire une loi liberticide comme elle a été utilisée par les juges de gauche et deuxièmement...

26:50
Invité

Donc le racisme redeviendra une opinion et pas un délit ? Non, non, non,

26:53
Éric Zemmour

ça n'a jamais... Non mais ça c'est un mythe ça. Vous pouvez très bien attaquer quand vous êtes diffamé sous la Troisième République on pouvait attaquer quelqu'un qui vous traitait de façon raciste et il était condamné. Donc voilà, ça c'est un moyen pour les juges et pour les minorités d'instrumentaliser la justice dans le débat politique et deuxièmement cette loi ne interdit de faire une différence entre les français et les étrangers. Moi je fais une différence entre les français et les étrangers et dernière chose cette loi permet à des associations d'ester en justice ce qui leur permet d'instrumentaliser la justice pour des raisons politiques. Donc oui j'enlèverai ce droit aux associations.

27:29
Invité

Vous abrogerez la loi de vous rentrez d'Arménie ? Vous abrogerez la loi de 2001 qui reconnaît le génocide des Arméniens ?

27:35
Éric Zemmour

Cette loi n'a pas à être abrogée puisqu'elle n'interdit rien. Elle reconnaît un génocide. Je reconnais le génocide arménien.

27:41
Invité

Vous le commémorerez le 24 avril comme Emmanuel Macron ?

27:44
Éric Zemmour

Volontiers. Mais vous savez malheureusement la France peut reconnaître c'est la Turquie à qui il faut poser la question. Vous président dernière question qui faites-vous entrer au Panthéon ? J'avoue je vous avoue que là vous me surprenez mais là vous m'avez pris de court je ne sais pas si je suis mes goûts personnels je ne sais pas moi un grand écrivain Blaise Pascal Châteaubriand

28:14
Invité

Merci Eric Zemmour

28:16
Éric Zemmour

Merci Eric Zemmour

28:17
Présentateur

d'avoir été à notre micro aujourd'hui 8h48

28:20
Invité

France Inter France Inter