Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBFMTV· 26 décembre 2025 11 min

Grippe, réquisition de médecins… La prise de parole de la ministre de la Santé en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

La première c'est remercier les professionnels, qu'ils soient à l'hôpital, dans des services d'urgence, dans les services hospitaliers, mais aussi je pense aux professionnels de ville qui travaillent pendant ces périodes où on a un pic épidémique de grippe important et qui sont là au travail pour accueillir les patients et c'est donc un message de remerciement et ça on peut le faire et je remercie aussi les professionnels de Marseille bien évidemment. Il y a des services qui sont dans notre pays aujourd'hui en difficulté à cause de l'épidémie de grippe, le fait aussi que c'est la période de congé donc il y a un peu moins de professionnels.

Ça me permet de rappeler aussi le deuxième message qui est qu'il est encore temps de se faire vacciner de la grippe pour les personnes fragiles de plus de 65 ans ou qui ont des maladies chroniques parce que la grippe elle est importante cette année et qu'il faut absolument continuer à se faire vacciner pour protéger nous-mêmes mais aussi le système de santé, nos professionnels de santé. Et puis enfin on a pu parler ici des projets d'organisation de territoire notamment à travers les services d'accès aux soins.

Vous savez ces services, quand vous appelez le 15, on vous dit s'il faut aller aux urgences ou pas, on vous propose un rendez-vous chez le médecin en ville si vous avez besoin pour désengorger les urgences. Donc voilà ce que je suis venue faire ici.

1:19
Locuteur non identifié

Où est-ce qu'on en est de cette épidémie de la grippe s'il vous plaît ?

1:21
Présentateur

Alors on est en phase d'arriver au pic. Alors vous savez on peut rester plusieurs jours au pic. Donc on est à un moment où la grippe elle est vraiment, elle tient sa place. On a une campagne de vaccination qui a augmenté de plus de 17% par rapport à l'année dernière. Donc on est plutôt mieux vacciné. Mais encore une fois je le redis, il est encore temps de se faire vacciner.

1:52
Locuteur non identifié

On estime à combien de temps ?

1:55
Présentateur

Ah bah il est trop tôt. On n'a pas de chiffres de la grippe actuelle en termes de mortalité. On sait que la grippe est une maladie grave pour les personnes fragiles. Donc d'où l'intérêt de se faire vacciner. On a un vaccin cette année qui semble être efficace sur le variant, le virus de cette année. Donc vraiment je le redis aux personnes de plus de 65 ans, les femmes enceintes, les personnes qui ont des maladies chroniques. Allez vous faire vacciner chez votre professionnel de santé, le médecin, le pharmacien, l'infirmière, la sage-femme.

Est-ce que les professionnels que vous avez rencontrés ici, vous ont fait part de l'organisation qu'ils mettent en place pour l'arrivée du pic ici, à lui en tout cas, c'est ce qui nous concerne, en début d'année là ? Oui alors c'est très intéressant d'échanger avec les professionnels ici sur leur travail d'organisation. Ils ont une organisation en interne de l'hôpital qui permet par exemple d'augmenter le nombre de lits disponibles pendant la période hivernale grâce au service de médecine de cet hôpital, en lien très étroit avec les urgentistes. Ils ont aussi tout un travail avec la médecine de ville, comme je le disais tout à l'heure, avec le service d'accès aux soins.

On sent un travail aussi régional avec les équipes du SAMU qui travaillent avec les différents établissements qui ont parfois plus de difficultés en nombre de personnels médicaux notamment. Donc tout un travail de territoire qui est très intéressant. Ici on est dans une grande ville avec un gros service d'urgence qui permet d'accueillir les patients, mais qui regarde aussi à l'extérieur de leur hôpital. Et c'est ça que je trouve très intéressant en travaillant avec les professionnels de ville, avec les établissements privés, puisque c'est que comme ça qu'on peut répondre à la demande de nos concitoyens.

3:44
Locuteur non identifié

En regard de l'organisation, dans quel état d'esprit sont les soignants ? Vous avez fait échanger avec eux l'appréciation de votre vie ?

3:49
Présentateur

Oui, on a fait une table ronde, un échange, je n'ai pas regardé combien d'heures ça a duré, mais en tout cas très intéressant. On a parlé aussi du vieillissement de la population, des mises en place dans cet établissement, mais je sais aussi dans d'autres de la considération de la filière gériatrique, c'est-à-dire comment on adapte notre système de santé au vieillissement de la population. Il y a beaucoup de choses proposées ici à Lyon qui sont très intéressantes. Je pense par exemple à la formation des infirmières et des aides-soignantes de l'ensemble des services au vieillissement, à la prise en charge de la personne âgée.

4:23
Locuteur non identifié

Madame, quand est-ce que le pic sera vraiment attendu ? Est-ce que c'est toujours en phase d'ascension ? Et y aura-t-il d'autres réquisitions sur le territoire ?

4:31
Présentateur

Vous savez, le pic, on le connaît une fois qu'on commence à redescendre. On n'est pas encore dans la diminution, d'après les derniers éléments que je peux avoir, mais on est en phase haute. Et d'après Santé publique France, on devrait être soit sur un plateau, soit dans la semaine qui vient passer ce pic. Mais on sait aussi d'expérience que tous les ans à la rentrée, là ça va être le 5 janvier, quand les gens reviennent d'avoir bougé dans les différentes familles ou lieux de vacances, quand ils reviennent, on sait que ça peut réaugmenter ce chiffre.

Donc ce qui est important, c'est un, quand on est jeune, en bonne santé et qu'on a de la fièvre, on se prend un peu de paracétamol et on attend 24-48 heures. Ensuite, on appelle son médecin traitant. Si le médecin traitant n'est pas là, on appelle le 15 pour savoir s'il faut aller aux urgences ou pas. C'est ça le raisonnement des gens en bonne santé qui sont plutôt jeunes. Si vous êtes fragile, la première chose, c'est la vaccination, je le redis. La deuxième chose, il ne faut pas, je sais que ce n'est pas rigolo, mais il ne faut pas oublier les gestes barrières. Si vous avez des symptômes, mettez un masque.

Si vous croisez des gens ou si vous êtes enfermé dans les transports ou un milieu clos, bien se laver les mains, c'est des mesures que tous les Français connaissent maintenant, mais qui sont importantes à rappeler.

5:50
Locuteur non identifié

Sur les réquisitions, justement, vous avez vu qu'à la CIOTA, ça a grâle des dents. Vous avez des médecins qui vont déposer un record dans les semaines qui viennent sur ces réquisitions-là. Est-ce qu'il y a un risque d'en avoir d'autres ? Est-ce qu'on craignait ce type aussi de...

6:02
Présentateur

Oui, pour expliquer à nos concitoyens, effectivement, il y a des réquisitions de professionnels quand la permanence des soins ne peut pas être assurée, parce qu'il y a des trous, on appelle ça, dans les listes de garde. Et dans ces cas-là, la préfecture, sur proposition de l'Agence régionale de santé, peut être amenée à faire des réquisitions. Ce n'est pas inhabituel. Ça peut arriver pour permettre à nos concitoyens d'être soignés.

6:30
Locuteur non identifié

L'hôpital va tenir face à ces idées hibernales ? Pardon ? Est-ce que vous pensez que l'hôpital va tenir face à ces idées hibernales ?

6:37
Présentateur

Écoutez, en tout cas, on suit de très près. C'est aussi pour ça que je suis là aujourd'hui. On a des points très réguliers avec le ministère et les services. Évidemment, je remercie aussi les agences régionales de santé, tous les établissements qui nous permettent d'avoir ces remontées.

Et comme je le disais, il y a de plus en plus de travail avec les professionnels de ville, avec les différents établissements d'un territoire et une solidarité entre les différents établissements qui permet de maintenir, même si on sait qu'habituellement, dans cette période entre les fêtes, la situation aux urgences est souvent un peu plus tendue, puisque les professionnels, et c'est bien normal, sont aussi en congé.

7:14
Stéphanie Rist

Est-ce qu'il y aura d'autres réquisitions, madame la ministre ?

7:16
Présentateur

Les réquisitions, elles sont faites, je vous le redis, à la proposition des ARS, des agences régionales de santé à la préfecture, quand il existe un trou dans la permanence de soins. Ce qui est important, c'est que les professionnels puissent s'organiser entre eux. Vous savez que dans notre pays, il n'y a pas d'obligation des médecins de ville sur cette permanence des soins ambulatoires, mais il y a une responsabilité collective. Et donc, moi, je souhaite, et vous le savez, que ce ne soit pas par de l'obligation, mais plutôt du travail entre professionnels pour permettre d'avoir des listes de garde qui soient remplies. Pour le moment, il n'y en aura pas d'autres.

Mais ce n'est pas la ministre qui dit qu'il doit y en avoir. Vous savez, c'est très territoire par territoire. Mais encore une fois, ce n'est pas exceptionnel. C'est déjà... Ça arrive tous les ans.

7:59
Stéphanie Rist

Une autre question, madame la ministre. Que répondez-vous aux médecins libéraux sur le mouvement qui va s'annoncer à la rentrée ?

8:06
Présentateur

Écoutez, ils savent, parce que j'ai reçu les représentants des syndicats, évidemment, au ministère, sur cette annonce de grève, je crois dire deux choses. La première, c'est que beaucoup d'éléments de leur mécontentement étaient dans un texte de budget de la Sécurité sociale qui a été profondément modifié avec le débat parlementaire. Et que beaucoup de mesures que certains que je peux rencontrer me disent « Mais vous avez fait ça ! » en fait, ne sont plus dans le texte. Donc déjà, une partie d'éléments de réassurance que je veux leur apporter et que j'ai eu l'occasion déjà de m'exprimer sur ce sujet. Et que je reste à leur écoute, évidemment.

8:42
Locuteur non identifié

Est-ce qu'il y a des difficultés spécifiques liées au Rhône ou à Lyon ?

8:49
Présentateur

Pas à ce jour. Mais comme tous les services d'urgence ici et hospitaliers, comme dans les autres endroits dans notre pays, la France entière est en épidémie de grippe. Toute la France est rouge, il faut être très clair.

9:04
Locuteur non identifié

Donc rien de spécifique ici.

9:07
Présentateur

Il n'y a pas de particulier par rapport à l'épidémie de grippe. Il y a dans les organisations des choses très intéressantes que j'ai pu entendre avec les professionnels d'organisation interne à l'hôpital et vers l'extérieur très intéressantes qui permettent de faire évoluer la pensée. Oui, alors la bronchiolite, vous savez, qui touche particulièrement les enfants. Alors, j'étais, j'en ai pas ce matin, mais j'étais à l'hôpital Necker sur ce sujet il y a deux jours. Avec une épidémie de bronchiolite qui a diminué en Ile-de-France, mais qui augmente dans les autres régions.

Il peut y arriver d'ailleurs qu'il y ait des transferts inter-hôpitales, parce que c'est des bébés souvent qui sont dans des lits de néonatologie. Et bon, il y a des transferts qui arrivent de temps en temps. Ici, c'est comme dans d'autres régions, pour l'instant, la situation est, je dirais, maîtrisée. Mais là aussi, il est à noter que le vaccin sur ce virus, qui est une sorte de vaccin immunothérapie, fonctionne. Et donc, on travaille chaque année à améliorer ça aussi pour diminuer le nombre de cas. Je voudrais vous poser une question qui n'a rien à voir avec votre avis sur les téléconsultations.

Est-ce que pour vous, c'est une solution intéressante par rapport au manque de médecins de ville ? Les téléconsultations existent, font partie du système de santé. Elles sont régulées. Vous savez que notamment pour la prescription d'arrêt maladie, on a diminué la capacité en nombre de jours, à partir d'une téléconsultation, d'avoir des arrêts maladie. Moi, je viens d'une région avec une démographie médicale très basse, où on avait les premières cabines de téléconsultation il y a plusieurs années déjà, qui sont complémentaires à un travail de médecin traitant.

Il faut évidemment travailler à ce qu'il y ait plus de médecins traitants, augmenter le nombre de médecins formés, c'est ce qu'on fait avec la fin du numerus clausus. Mais la téléconsultation est un outil complémentaire qui permet de soigner les gens et d'avoir un accès aux soins pour des gens qui n'en ont pas.