Le débat Macron-Le Pen et le risque de l'extrême droite… Le "Matin présidentiel" de Gabriel Attal
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Bonjour Gabriel Attal, vous étiez dans la loge d'Emmanuel Macron hier soir lors de ce débat, vous lui avez dit quoi à la sortie ?
Je pense que c'était un débat de bonne tenue qui a permis d'échanger vision face à vision, projet contre projet, un débat qui a permis de la clarté, de la clarification sur un certain nombre de points et un débat qui a montré, je crois, qu'on a un président de la République qui a un projet sérieux, crédible, financé, qui répond aux préoccupations des Français, puis de l'autre côté, une candidate finalement qui depuis 2017 a peut-être changé de ton mais n'a pas changé sur le fond, elle a toujours un projet de sortie de l'Union Européenne, même si elle dit l'inverse, elle a toujours un projet non financé, même si elle dit l'inverse, puis toujours un projet de division des Français, même si elle affirme vouloir les rassembler.
L'équipe de Marine Le Pen parle d'arrogance pour définir le ton d'Emmanuel Macron, ce ton très professoral, par moment, quand il l'a repris, sur des chiffres notamment, c'est exact ?
D'abord, quand on attaque et qu'on critique sur la forme, c'est qu'on a a priori assez peu d'arguments à donner sur le fond. C'est ça que je retiens. Je trouve assez peu de choses à dire sur le fond de ce qu'a dit le président de la République. Ensuite, moi, je n'ai pas du tout trouvé ça. J'ai vu un président de la République qui, d'entrée de jeu, a salué évidemment son adversaire, les Français, qui, à plusieurs reprises d'ailleurs, a reconnu qu'il était d'accord avec Marine Le Pen, au moins sur un certain nombre de constats. J'ai même vu des moments de détente.
Un moment assez étonnant quand ils ont convenu tous les deux qu'ils étaient plus disciplinés qu'il y a cinq ans. Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont plaisanté sur leur âge. C'est assez étonnant dans un débat de voir ça.
Et puis à la fin, un président qui a salué son adversaire, l'a remercié.
Ça, c'est de la courtoisie.
C'est toujours partagé, ce genre d'attitude.
Est-ce que vous l'avez trouvée meilleure hier soir qu'il y a cinq ans, Marine Le Pen ?
Je ne fais pas mon rôle de commenter les prestations de Marine Le Pen.
Vous avez participé à la préparation du débat avec Emmanuel Macron. Vous attendiez à ce qu'elle soit plus virulente, qu'elle allait attaquer plus le bilan d'Emmanuel Macron ?
Non, ce que je dis simplement, c'est qu'on voit bien qu'elle a voulu changer dans le ton, mais que sur le fond, il n'y a pas grand-chose qui a changé, que ce soit sur les lignes directrices. Encore une fois, sortir de l'Union européenne, ce qui serait un drame pour beaucoup d'entreprises françaises qui vivent de nos exportations en Europe, pour beaucoup de Français qui sont frontaliers. Ça veut dire qu'ils tous les jours vont travailler en Allemagne, au Luxembourg, en Espagne. Ça serait un drame aussi pour tout le secteur du tourisme en France. Voilà, ça reste son projet, que la division des Français reste aussi une de ses lignes directrices.
Et notamment, on l'a vu avec l'échange sur la laïcité.
Et qu'encore une fois, il n'y a pas de financement dans le projet qui est le sien.
Parmi les moments de tension, ce qui restera peut-être l'un des temps forts de ce débat, c'est cet échange entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen sur le prêt russe du Rassemblement national.
Vous avez contracté un prêt en 2015 auprès d'une banque russe, la First Czech Russian Bank, proche du pouvoir, en septembre 2014. Et donc, vous ne parlez pas à d'autres dirigeants, vous parlez à votre banquier quand vous parlez de la Russie. Je suis une femme absolument et totalement libre. Si j'ai été obligé d'aller faire un prêt à l'étranger, c'est parce qu'aucune banque française n'a voulu m'accorder de prêts. Il y a des millions de Français qui, dans les cinq dernières années, sont allés dans des banques françaises pour faire des prêts, pour acheter des voitures, pour faire des emprunts pour leur maison. Ils ne vous doivent rien.
La seule chose qu'ils doivent, c'est à rembourser leurs prêts, exactement comme moi.
Gabriel Attal, si Marine Le Pen est élue dimanche soir, est-ce que vous dites qu'elle sera dans la main de Moscou ?
Oui, c'est ce qu'a dit le président hier. Encore une fois, il faut revoir le calendrier et la manière dont ce prêt a été accordé. En 2014, annexion par la force de la Crimée par la Russie, Marine Le Pen est l'une des premières responsables politiques à reconnaître cette annexion. D'ailleurs, à l'époque, les autorités ukrainiennes publient un communiqué où elles disent que Marine Le Pen est désormais interdite de séjour en Ukraine parce qu'elle est, je cite, une propagandiste du Kremlin. Pourquoi ? Vous n'avez pas entendu.
Quelques mois plus tard, ce prêt est consenti.
Et qu'est-ce qu'on voit depuis ? On voit que les positions qui sont tenues par Mme Le Pen et par ses eurodéputés, ceux qui sont au Parlement européen chargés de voter ou pas les sanctions contre la Russie et l'aide à l'Ukraine, sont systématiquement tournées dans le sens de la Russie. On a vu des députés européens du Rassemblement national s'opposer au plan d'aide à l'Ukraine au mois de février. On les a vus ne pas valider la protection temporaire qui a été accordée aux Ukrainiens, aux enfants ukrainiens. On les a vus ne pas voter les sanctions contre la Russie. On les a vus ne pas voter la fin des passeports dorés pour les oligarques russes.
Tout ça, on voit bien, est tourné dans un sens qui est celui de la Russie. C'est très clair. Et vous avez Alexei Navalny, le dissident russe, qui hier s'est exprimé. Il a dit lui-même, il a dit voilà, moi je vous parle de mon expérience, moi qui connais la Russie. Cette banque que Marine Le Pen affirme qu'elle n'est pas dans le système du Kremlin est en réalité une banque liée au pouvoir russe. Et la réalité, c'est qu'elle serait tenue par le pouvoir russe. Je pense que c'est important de dire les choses clairement.
Gabriel Etal, en parlant de la Russie, justement, 57e jour de guerre en Ukraine, le président Zelensky a une nouvelle fois lancé une invitation à Emmanuel Macron. Il comprendra que c'est un génocide quand il viendra ici. Est-ce que ça veut dire que lorsque, si Emmanuel Macron est élu dimanche, par exemple, est-ce que ce sera son premier déplacement, Kiev, à l'étranger ?
Le président s'est rendu à Kiev, vous vous en souvenez, il y a quelques semaines. Il s'était rendu aussi à Moscou avant le début de cette phase du conflit. Précisément, le sens de son déplacement, c'était de tout faire pour essayer d'empêcher que ce conflit ne débute. Voilà. Bon, ça n'a pas fonctionné, mais en tout cas, ça a été tenté. Et donc, ce qu'a dit le président de la République, c'est qu'il était évidemment prêt à se déplacer, à se rendre, y compris à Kiev, à nouveau. Mais qu'il fallait que ça ait un intérêt sur le fond. Il fallait que ça puisse permettre une avancée.
Je voulais dire que quand Charles Michel y va, quand le premier ministre espagnol y va, il vient d'y arriver à Kiev, ça n'est que pour l'image.
Chacun fait ses choix.
Quand la présidente de la Commission européenne y va il y a quelques jours aussi, Ursula von der Leyen.
Je ne comprends pas les choix des uns les autres. Je vous explique les choix de la France. Les choix de la France, c'est d'être aux côtés de l'Ukraine. On l'est depuis le début. On leur apporte une aide humanitaire, on leur apporte une aide militaire, on leur apporte une aide économique. Les choix de la France depuis le début, c'est de mettre la pression au maximum sur la Russie pour renchérir le coût de cette guerre. On l'a fait avec des sanctions massives. Et puis le choix de la France depuis le début, c'est de faire en sorte qu'à un moment donné, on puisse mettre tout le monde autour de la table et négocier une sortie par la voie diplomatique de cette crise.
Est-ce que ça va forcément passer par l'embargo sur le pétrole et le gaz russe ?
C'est une possibilité.
Ça va arriver dans les prochaines semaines ?
On a toujours dit, nous, qu'on voulait aller aussi loin que possible dans les sanctions. Maintenant, on avance à 27 et c'est ce qui a fait la force des sanctions qui ont été prises depuis plusieurs semaines, c'est précisément d'avancer ensemble.
On avancera toujours à 27. Il ne peut pas y avoir un pays qui fait cavalier seul là-dessus ?
Je pense que la force des sanctions qu'on a prises, c'est précisément d'avancer ensemble. Quand vous avancez ensemble d'une seule voie, vous êtes beaucoup plus efficace que quand vous avancez de manière différenciée. Maintenant, on l'a dit, et notamment sur la question du pétrole, le président de la République l'a dit à plusieurs reprises, que nous étions prêts à aller jusqu'à des mesures d'embargo.
Il est 8h40, le fil info avec Maureen Suignard. On va parler du projet de votre candidat, Gabriel Attal, dans quelques instants.
C'était un débat projet contre projet, celui du président de la République, crédible et sérieux selon le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, sur France Info ce matin. Débat de l'entre-deux-tours hier, moins tendu qu'en 2017. On a eu un président dans toute son arrogance sociale, réagi de son côté Alexis Corbière, soutien de Jean-Luc Mélenchon de la France Insoumise. Après deux mois de guerre et malgré une intensification de l'offensive russe, le président ukrainien souhaite toujours rencontrer Vladimir Poutine. Ce matin, des civils ont pu évacuer de Mariupol, ville assiégée depuis des semaines.
La police d'une localité proche de Kiev affirme également avoir retrouvé neuf corps avec des signes de torture. Toujours pas de sortie de crise pour Boris Johnson. Les députés britanniques débattent et votent aujourd'hui sur le partygate. Le Premier ministre qui avait organisé des fêtes dans sa résidence en pleine période de restrictions sanitaires liées au Covid. Peu de chances qu'il démissionne. Il a une majorité dans cette chambre. Prudence face à la multiplication des arnaques, à la carte vitale, des escrocs envoient des SMS demandant de payer pour renouveler la carte ou la mettre à jour. Il s'empare alors de votre numéro de carte bancaire. France Info
Élysée 2022, les matins présidentiels, Salia Braclia, Marc Fauvel
Toujours avec Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement et le soutien d'Emmanuel Macron dans cette élection. Emmanuel Macron qui a rappelé hier qu'il souhaitait mettre en place une super prime jusqu'à 6 000 euros sans charges ni impôts pour les salariés. Est-ce qu'elle sera obligatoire dans les grandes entreprises qui versent des dividendes ?
Alors d'abord, c'est un dispositif qu'on a mis en place, vous le savez, depuis maintenant plusieurs années, que les Français appellent plutôt prime Macron. Mais c'est une prime pour le pouvoir d'achat qui est effectivement versée par les entreprises sans charges ni impôts, qui a été versée, je crois, cette année à 4 millions de salariés. Donc on voit que beaucoup de salariés en bénéficient. Qu'est-ce qu'a dit le président de la République ? Qu'il souhaitait mettre en place un système dans la loi qui fait que quand vous êtes une entreprise, que vous faites des profits et que vous versez des dividendes à vos actionnaires, vous devez aussi intéresser le salarié.
Le salarié doit aussi en bénéficier. Et que ça peut passer par deux voies possibles. Un, ce qu'on appelle le dividende salarié, c'est-à-dire un accord d'intéressement-participation, là aussi qui s'est développé dans beaucoup d'entreprises ces dernières années, qu'on a beaucoup poussé. Ou alors par le versement d'une prime Macron. Que la prime Macron, jusqu'à présent, elle était, vous savez, limitée à 1 000 euros, voire 2 000 euros quand vous avez un accord d'intéressement.
Donc soit versement de dividende aux salariés, soit prime, mais il n'y a pas de montant minimum, ni dans un cas, ni dans l'autre.
Non, ce qu'on donne comme plafond et comme montant pour la prime, c'est un montant maximal. Il y a un montant maximal, oui. Donc il n'y a aucune obligation pour répondre à la question de salarié.
Il n'y a pas d'obligation. Y compris dans les grands groupes qui versent des dividendes à leurs actionnaires.
Il y aura une obligation dans les groupes ou les entreprises qui versent des dividendes à leurs actionnaires d'intéresser leurs salariés, soit par l'intéressement de la participation.
Mais il n'y a pas de montant minimum pour qu'on peut verser 10 euros pour être dans les coûts de la loi.
Ou dans la mise en œuvre de ce dispositif, il va y avoir un travail et des discussions avec les partenaires sociaux, avec le patronat, avec les syndicats des salariés. Mais encore une fois, l'objectif, c'est de mettre en place un dispositif obligatoire dans la loi.
Donc c'est obligatoire, là ?
Il faudra passer par l'une de ces deux voies. Ok, parce qu'on me pose la question. Pourquoi on parlait de superprime, entre guillemets ? C'est que les plafonds étaient de 1 000 et de 1 000 euros. Et ce que le président a dit, ou plutôt ce que le candidat a proposé, c'est qu'on passe à 3 000 à 6 000 euros.
Est-ce que ce n'est pas juste un chiffre, Gabriel Attal ? Parce que vous savez que le plafond, le versement moyen aujourd'hui de cette prime, qui est d'abord versé quasi exclusivement dans les grandes entreprises, c'est 500 euros. Donc vous pouvez annoncer 6 000 ou même 10 000. À partir du moment où les patrons versent 500, il n'y aura pas plus à la fin du mois.
Oui, alors effectivement, c'est un plafond aujourd'hui à 1 000 et en moyenne, c'est 500. Dès lors qu'il y a l'obligation de passer par l'une des deux voies, on verra ce que les entreprises feront et on verra quelles garanties on peut donner.
Est-ce qu'il n'y a pas un risque d'effet d'aubaine en faisant justement, en amplifiant cette prime Macron ? Les entreprises peuvent se dire, bon ben voilà, je préfère donner une prime plutôt qu'augmenter les salaires.
Non, je ne crois pas. Je ne crois pas parce qu'on voit bien par ailleurs aujourd'hui dans le marché du travail que les entreprises cherchent à recruter, que les salariés aujourd'hui négocient des contrats. Et là aussi, on pourra donner des garanties probablement dans la mise en œuvre de ce dispositif.
Parce que vous voyez bien ce que disait Marine Le Pen hier soir, pour contrer justement cette proposition d'Emmanuel Macron. C'est super la prime, mais quand on va voir un banquier pour demander un prêt, on regarde le salaire. Quand on va voir un propriétaire pour louer un appartement, on regarde le salaire.
Oui, mais ce que...
À la fin, vous changez le quotidien des Français ?
Et ce qu'a dit aussi Marine Le Pen, c'est qu'elle a voulu présenter sa proposition d'augmentation des salaires de 10%, comme si c'est quelque chose qui allait se passer dans toutes les entreprises.
Et dans les deux cas, aucune des deux, ni la vôtre, ni celle de Marine Le Pen, c'est obligatoire.
C'est ce que lui a dit le président de la République. Et match nul. Et que probablement que les entreprises auraient davantage recours à nos dispositifs. Parce que ce dispositif, qu'est-ce qu'il permet ? Il permet pour une entreprise, quand ça fonctionne, quand il y a une année qui fonctionne, de pouvoir intéresser les salariés. Et quand ce n'est pas le cas, de ne pas se retrouver, entre guillemets, dans des difficultés, parce qu'elle a mis en place un dispositif pérenne. Et donc probablement qu'elles pourront y avoir davantage recours.
Et ce qu'on a vu par ailleurs sur la question du pouvoir d'achat, puisque c'est ce qui est abordé, c'est que Marine Le Pen était bien à la peine d'expliquer comment est-ce que ces mesures, notamment sur l'énergie, allaient pouvoir profiter aux Français. Que les baisses de TVA, c'était qu'elles proposent. C'est deux fois moins efficace que le bouclier tarifaire qui a été mis en place par le gouvernement et que le président de la République veut prolonger. Mais que, par exemple, sur l'électricité, si on avait mis en place sa mesure de TVA à 5,5 au mois de février dernier, les Français auraient payé sur leur facture d'électricité entre 150 et 200 euros de plus.
Sauf qu'elle est maintenant qu'elle est aussi favorable aux blocliers tarifaires. Oui, alors qu'elle a voté contre.
Et que du coup, ce n'est pas financé dans son programme.
Sur le pouvoir d'achat, Gabriel Attal, Emmanuel Macron promet la mise en place de chèques alimentaires. Dès cette année, pour les ménages modestes, on est à trois jours. Du second tour, on ne sait toujours pas qui sera concerné et de quel montant il s'agit.
Ce sera les ménages modestes, vous l'avez dit, qui sont concernés. Il y a aussi des étudiants qui sont en difficulté. Il y a plusieurs millions de nos concitoyens qui ont du mal à pouvoir se nourrir, notamment avec des produits locaux de qualité produits en France. Et donc, ce qu'on dit, ce qui est proposé, c'est de mettre en place un dispositif qui pourra les accompagner en leur permettant de pouvoir s'alimenter avec des produits de qualité.
Ça veut dire que les Français voteront dimanche sans savoir pour quelles mesures ?
Ça veut dire qu'il faut ensuite paramétrer cette mesure, garantir que tous ceux qui en ont besoin puissent en bénéficier, garantir qu'elle trouve sa cible. Et c'est le travail qui va être conduit dans les prochaines semaines, les prochains mois. Mais vous savez, quand vous candidatez à l'élection présidentielle, vous avez un programme, vous donnez des objectifs, des orientations, vous annoncez des mesures.
Parfois même, il change entre les deux tours.
Mais ensuite, vous avez un gouvernement qui travaille avec les secteurs concernés et qui met en œuvre la déclinaison de chacune des mesures.
Sur l'allocation adulte handicapé, Gabriel Attal, sur ce plateau, vendredi dernier, Emmanuel Macron a été interpellé par une femme qui lui disait qu'elle hésitait à se marier, de peur de perdre son allocation. Il lui a dit « Choisissez l'amour, on va trouver une solution ».
Oui, je crois que cet échange était important. Effectivement, ce que le président a dit, c'est qu'on a aujourd'hui, c'est vrai, une situation. Quand vous êtes en situation de handicap, que vous touchez l'allocation adulte handicapé, que vous vous mariez ou que vous vous baxez, vous la perdez si les revenus de votre conjoint vous font excéder un seuil. Et qu'on ne peut pas demander à une personne handicapée de choisir entre être aimée et être aidée. Et que donc, il faut trouver un nouveau système. Il l'a dit, on va bouger sur ce sujet-là et c'est ce qu'on va mettre en place.
Parce que par deux fois, le gouvernement, même la majorité, s'est opposée à la déconstitualisation.
Oui, c'est vrai. Il l'a reconnu et il l'a redit hier soir, d'ailleurs, que c'est vrai. C'était une erreur. Il a reconnu, en tout cas, que le gouvernement s'y était opposé, que ça n'a pas été adopté. Mais que lui reconnaît aujourd'hui qu'il faut avancer.
C'était une erreur ou pas, Gabriel Attal ?
Il faut faire le bilan, c'est l'heure du bilan. Mais c'est ce qu'on fait, Salia Vraklia. Mais il faut voir comment est-ce que concrètement et de manière opérationnelle, on va le mettre en place. Il y a plusieurs solutions possibles pour répondre à ce problème.
On votera dimanche prochain les personnes qui sont directement concernées, 300 000 directement rappeler Salia, sans savoir quelle forme pourrait prendre cette mesure, qui a été retoquée deux fois par votre majorité.
Elles sauront, Marc Fauvel, qu'il n'y aura plus d'effet couperet quand vous vous mariez, quand vous vous mettez en couple, parce que les revenus de votre conjoint vous font excéder à un seuil, vous ne pouvez plus bénéficier de votre allocation adulte handicapé. Ça, ils le savent. Maintenant, sur la manière opérationnelle dont ça va se mettre en œuvre, c'est vrai qu'il y aura un gouvernement qui va être chargé de le faire. Mais on a montré ces cinq dernières années, quand on prenait des engagements, ça a été le cas en 2017, on tenait nos engagements ensuite. On l'a fait, y compris sur des mesures dont on nous disait, mais comment vous allez faire ?
Moi, je me souviens, en 2017, pendant la campagne, on disait, on va supprimer la taxe d'habitation compensée pour les collectivités locales. Oui, mais là, c'est flou, vous l'avouez, c'est flou sur l'allocation adulte handicapé. On disait, on va supprimer la taxe d'habitation pour les Français et compenser aux collectivités locales. On venait dans des émissions, on nous disait, mais comment vous allez faire concrètement ? C'est flou, vous ne savez pas comment vous allez compenser, etc. Résultat des courses, la taxe d'habitation supprimée pour 80% des Français, compensée pour les collectivités locales.
Cela dit, c'était flou, effectivement, puisque vous aviez dit, on va le faire pour 80% des Français et que le Conseil constitutionnel est passé derrière, pour dire, vous n'avez pas le droit de le faire, ce sera pour 100%.
Et donc, ce sera l'intégralité des Français ?
Oui, mais ce qui n'était pas dans votre projet, puisque vous aviez dit, les 20% des plus riches n'auront pas la suppression.
C'est plutôt en mieux, entre guillemets, que ça a évolué. Ce n'était pas écrit dans le projet, disons. Mais de même que sur la question du pouvoir d'achat, on avait annoncé qu'on allait renforcer les choses, on a été plus loin que nos engagements. Donc, quand on prend des engagements, on les tient. On l'a montré ces cinq dernières années. Et les engagements qu'on prend, on les tiendra. On connaît tout le projet d'Emmanuel Macron.
Il n'y a pas de nouveauté attendue aujourd'hui ou demain. On connaît le projet. Ça ne bougera plus.
Et sur la question du handicap, ça fait partie des sujets sur lesquels on veut continuer à avancer fortement. L'allocation adulte handicapé, je veux le rappeler, on l'a augmenté sensiblement de 100 euros par mois dans ce quinquennat. C'était un engagement qu'on avait pris en 2017. On l'a tenu. Il y a 25% d'enfants en situation de handicap en plus qui sont accueillis dans les établissements scolaires. C'était un engagement qu'on avait pris en 2017. On l'a tenu. Nos AESH, les accompagnants d'enfants en situation de handicap à l'école, sont mieux rémunérés, ont des contrats plus robustes. C'était un engagement pris en 2017. On l'a tenu.
Sur les droits à vie pour les personnes en situation de handicap. C'est-à-dire quand vous êtes handicapé à vie et que vous devez tous les deux ou trois ans aller prouver votre handicap pour bénéficier de vos droits, on y a mis fin. Maintenant, c'est des droits à vie. On s'avait pris cet engagement. On l'a tenu. Donc, vous voyez que quand on prend des engagements, on les tient. Ensuite, il y a effectivement une part de technique, d'organisation. Et ça, je pense qu'on peut comprendre aussi qu'on le fasse en concertation avec les acteurs concernés pour que ça soit le plus efficace possible et que ça réponde le mieux possible au problème.
Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement et soutien d'Emmanuel Macron. Et l'invité de France Info jusqu'à 9h et les 8h51, le fil info avec Maureen Suignard.
Une phrase qui restera de ce débat de l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de la part d'Emmanuel Macron. Près de deux mois après le début de la guerre en Ukraine, vous parlez à votre banquier quand vous parlez de la Russie, lance le chef de l'État à la candidate du Rassemblement national en faisant référence à un prêt d'URN auprès d'une banque russe en 2014. L'Ukraine où le Premier ministre espagnol est d'ailleurs arrivé à Kiev avec son homologue danoise. Après près de trois heures d'échange hier, les deux finalistes de cette élection présidentielle repartent chacun de leur côté.
Emmanuel Macron en Seine-Saint-Denis, direction les Hauts-de-France pour Marine Le Pen à Arras pour un dernier meeting. De nouvelles violences entre Israéliens et Palestiniens ces dernières heures, des tirs de roquettes depuis Gaza et de nouveaux raids israéliens en réponse. Ces tirs interviennent après des heures ce week-end à Jérusalem. Ils vont devoir attendre au moins jusqu'à samedi les Parisiens du PSG qui n'ont pas encore été sacrés champions de France hier malgré leur victoire hier contre Angers. 3-0 pour le compte de la 33ème journée de Ligue 1, titre retardé par l'OM qui s'impose aussi contre Nantes. 3-2 Marseille qui voit la Ligue des champions se rapprocher. France Info
Élysée 2022, les matins présidentiels, Salia Braclia, Marc Vauvel.
Gabriel Attal, dans votre programme sur le volet immigration, il est écrit que vous souhaitez l'expulsion des étrangers qui troublent l'ordre public. Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que des étrangers qui constituent un risque pour la sécurité publique doivent être expulsés. On a commencé sur ce sujet-là.
Troubler l'ordre public, par exemple, c'est un tapage nocturne, c'est être ivre sur la voie publique.
On a, vous savez, fixé un objectif, c'était l'été dernier, le président qui a fixé cet objectif, que 1 000 étrangers présents en France, sur 1 000 étrangers présents en France qui constituent un risque pour la sécurité, ils soient expulsés. Ils ont été expulsés. On était à 700 en décembre dernier et on a progressé encore ces derniers mois.
Là, vous parlez d'islamistes.
Je parle de ceux qui étaient inscrits au FSPRT.
Oui, donc radicalisation, terrorisme, c'est pas la même chose que l'expulsion des étrangers qui troublent l'ordre public.
Notre ligne, c'est de faire respecter nos règles et que des étrangers qui ont vocation à pouvoir être accueillis, intégrés en France, le soient dans de bonnes conditions, notamment ceux qui bénéficient de l'Asie.
Quand vous dites l'expulsion des étrangers qui troublent l'ordre public, c'est quoi ? Ça veut dire qu'il faut une condamnation pour les expulser, déjà ?
Sur ce sujet-là aussi, Salia Braclia, si le président de la République est réélu, il y aura l'examen d'un texte sur les questions d'immigration pour appliquer et discuter au Parlement des mesures qui sont proposées dans le programme. Mais c'est flou, là, vous voyez bien. Mais, Salia Braclia, quand on dit qu'on veut que nos règles soient respectées, c'est-à-dire que ceux qui ont vocation à pouvoir être accueillis, intégrés en France, le soient, notamment ceux qui bénéficient de l'asile. Et ceux qui n'ont pas vocation à rester en France parce qu'ils sont déboutés de leur demande d'asile ou parce qu'ils troublent la sécurité dans notre pays, le soient aussi. Je crois que c'est assez clair.
Ensuite, sur les modalités et sur les situations qui seront concernées, les étrangers qui seront concernés, ça fera partie de la discussion parlementaire. Mais je crois que l'objectif, chacun peut le comprendre.
Si vous expulsez les étrangers qui sont responsables de troubles de l'ordre public, est-ce que vous expulsez aussi les étrangers qui se trouvent dans les prisons, qui sont des détenus ?
Encore une fois, sur ces sujets-là, il y aura une discussion parlementaire sur la mise en œuvre. Mais chacun peut comprendre nos objectifs. Il y a des étrangers, on n'est pas là à dire qu'on veut mettre l'immigration zéro, etc. Ce n'est pas possible et ça n'est pas souhaitable. Il y a des étrangers qui ont vocation à être intégrés, accueillis en France. Il faut qu'ils le soient dans de bonnes conditions. C'est ce qu'on a commencé à faire, notamment sur la question de l'asile, en renforçant le nombre d'heures de Français, en renforçant la formation citoyenne des étrangers et en faisant un parcours aussi sur la question du logement, du travail.
Et puis, il y a des étrangers qui n'ont pas vocation à rester en France. Là aussi, on a commencé à agir. On a augmenté la durée de rétention dans les centres de rétention administrative. On a réduit un certain nombre de formalités administratives pour qu'ils puissent être expulsés. Et donc, on veut être plus efficaces et on veut revoir un certain nombre de règles.
Gabriel Attal, Jean-Luc Mélenchon a demandé aux Français de l'élire à Matignon, c'est-à-dire de remporter les législatives du mois de juin pour que le prochain président ou la prochaine présidente le nomme. À Matignon, au poste de Premier ministre, vous imaginez une cohabitation Emmanuel Macron-Jean-Luc Mélenchon ?
Moi, d'abord, je ne brûle pas les étapes. Je pense que c'est toujours important de ne pas enjamber les échéances démocratiques, et notamment les échéances majeures comme celles de l'élection présidentielle.
En l'occurrence, il est éliminé. Donc, lui, il peut penser à l'après.
Oui, il y a un second tour de l'élection ce dimanche. La France joue gros, et donc je crois que la responsabilité, c'est de ne pas enjamber cette échéance. Et encore une fois, ceux qui enjambaient des échéances en se disant que des choses étaient jouées, etc., on a beaucoup d'exemples dans l'histoire et beaucoup d'exemples dans l'international qui montrent que tout est possible en démocratie. Heureusement, d'ailleurs. Et c'est les Français qui décident au moment de leur vote. Et moi, j'ai le souvenir de beaucoup de Britanniques qui, quelques jours avant le vote sur le Brexit, se disaient c'est fait.
D'ailleurs, les sondages disaient à l'époque que c'était fait, qu'il y avait une avance de deux ou trois points pour le fait de rester dans l'Union européenne, puis qui, trois jours après, au moment du vote, se sont rendus compte que c'est le Brexit qui l'avait emporté. Et parmi ces Français, il y en a probablement, pardon, ces Britanniques, pardon, il y en a probablement un certain nombre qui avaient fait le choix de ne pas aller voter en se disant que c'était fait. Et qui se sont réveillés, entre guillemets, avec la gueule de bois, et qui, aujourd'hui, regrettent beaucoup de ne pas y être allés. Et le pays joue très gros ce dimanche.
Il y a des gens autour de vous qui vous disent ça, qui vous disent soit c'est plié, soit je n'irai pas voter pour Emmanuel Macron, ou est-ce qu'il n'y a que des fans d'Emmanuel Macron dans votre entourage ?
Non, alors non, je vous confirme, moi j'ai un entourage pluriel, divers.
Ça veut dire que le soir, vous faites campagne, vous leur dites qu'il faut y aller, il y a un risque de perdre ?
Ah bien sûr, moi je dis toujours à mes proches qu'il faut aller voter, bien sûr.
Il y a par exemple des électeurs de gauche dans votre entourage qui vous disent... Il y en a, je vous confirme. Pardon, il y avait une suite à ma question qui vous disent, on l'a fait une fois, on ne le refera pas une deuxième.
Non mais vous avez des personnes qui n'ont pas voté pour Emmanuel Macron au premier tour, et oui, vous en avez qui hésitent à aller voter au deuxième tour. Je pense que c'est aussi pour ça que le débat d'hier était important. Je pense qu'il a permis de marquer un certain nombre de positions sur différents sujets. Et c'est pour ça que la campagne de deuxième tour est importante. C'est pour ça que les précisions, les clarifications qu'on apporte, elles sont importantes.
Mais moi ce que je vois et ce que je constate, c'est notamment dans l'électorat de gauche, puisque c'est ce que vous évoquiez, c'est qu'une majorité veut évidemment rester dans l'Union européenne, que nos jeunes puissent continuer à bénéficier d'Erasmus, que notre pays puisse rester dans l'Union européenne, qu'une majorité veut pouvoir continuer à avoir un projet social d'égalité des chances, d'émancipation. Marine Le Pen, ça n'a pas été dit hier, Marine Le Pen a un projet qui vise à supprimer ce qu'on appelle l'éducation prioritaire dans notre pays. Il y a 400 000 enfants qui font leur entrée chaque année dans des classes à 12.
Elle veut supprimer ce dispositif dont on voit qu'il permet de réduire les inégalités en mettant plus de moyens dans les quartiers où c'est plus difficile, dans l'école de la République. Voilà, donc tout ça c'est quand même sur l'environnement aussi. Non seulement elle n'a aucune mesure pour l'environnement, mais elle veut même déterrer les éoliennes, c'est-à-dire nous priver d'énergie renouvelable et d'énergie propre. On ne fait pas tout le débat. Oui, mais je pense que vous m'interrogez sur des électeurs de gauche qui existaient. Un mot, un seul. Je pense qu'on voit un certain nombre de différences.
Si dimanche soir, à 20h, c'est le visage de Marine Le Pen qui s'affiche, vous faites quoi ?
Je ne me projette pas, moi, après dimanche soir. Je pense que c'est important de convaincre les Français d'aller voter, d'aller voter pour le président de la République. C'est ce que je suis venu faire ce matin. Maintenant, c'est vrai, il faut le rappeler, qu'il y a un des deux visages qui apparaîtra à l'écran ce dimanche, et que ça peut être le visage de l'extrême droite. Merci. Donc, il faut faire attention.
Merci, Gabriel Attal. Bonne journée à vous. Si vous aimez le 8.30 France Info, on vous conseille Élisée La Bataille, le podcast du service politique de France Info, pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr.
Gabriel Attal