Jordan Bardella : "Je pense que nous allons arriver au pouvoir et qu'après Emmanuel Macron, ce sera nous"
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Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien le président par intérim du Rassemblement National, député européen, candidat à la présidence du RN. Question, réaction au 01 45 24 7000 et sur l'application France Inter. Jordan Bardella, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro. Avant de vous interroger sur l'actualité française, notamment les retraites, le budget, votre réaction au référendum organisé dans quatre régions ukrainiennes qui se sont toutes prononcées en faveur de leur rattachement à la Russie avec des résultats staliniens. Le chef de la diplomatie européenne, Joseph Borrell, a dénoncé hier des scrutins illégaux aux résultats manipulés.
La ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, les a qualifiés de mascarades. Est-ce que vous reprenez ce terme ce matin ?
Oui, je pense que les référendums en zone de guerre, après que la souveraineté d'un État a été violée, que les combats sont encore en cours et que le sang coule encore, ne sont pas admissibles. Même d'ailleurs le président serbe, qui est plutôt proche politiquement des positions de Vladimir Poutine, a indiqué qu'il ne reconnaîtrait pas le résultat de ces référendums. On sait qu'il y a une partie de la population dans ces régions qui a fui, qui s'est déplacée, exilée par la force de la guerre et par la force des choses. Il est évident que ces référendums ne sont pas admissibles et ne peuvent pas être reconnus.
Il fut un temps où vous reconnaissiez les référendums après l'annexion de la Crimée. Marine Le Pen avait reconnu absolument une position qu'elle avait maintenue même en 2017. Je ne crois absolument pas qu'il y ait eu une annexion légale. Il y a eu un référendum, les habitants de Crimée souhaitaient rejoindre la Russie.
Non, non, mais excusez-moi, je pense qu'il n'y a absolument ni comparaison ni équivalence. Il n'y avait pas eu en Crimée d'invasion militaire par l'armée d'un État.
C'était une annexion.
Il n'y avait pas eu... Il n'y avait-il eu une invasion par l'armée d'un État ? Non. Il y avait-il eu des massacres de civils ? Non. Je vous rappelle que suite à la révolution de Maïdan, le parlement de Crimée avait voté son indépendance. Donc, si vous voulez, je sais bien qu'on est dans une période où tout se vaut et tout est égal, mais je pense qu'en l'occurrence, ça n'a absolument rien à voir. Et compte tenu de ce qui est en train de se dérouler aujourd'hui en Ukraine, des crimes qui sont commis, y compris contre les populations civiles, il apparaîtrait invraisemblable de reconnaître une légitimité à de tels résultats.
Selon le renseignement américain, la Russie aurait discrètement distribué depuis 2014 au moins 300 millions de dollars à des partis politiques ou à des candidats amis dans plus d'une vingtaine de pays afin d'exercer son influence. Est-ce que vous nous assurez ce matin, Jordan Bardella, que le RN n'a touché d'aucune façon, aucune forme d'argent russe ?
Non, monsieur. Le Rassemblement National n'a touché aucune subvention, aucun pot de vin de la part de quelque pays que ce soit. Ça fait à peu près... On va fêter notre anniversaire dans quelques jours. Le Rassemblement National aura 50 ans. Et les Français qui nous écoutent ce matin savent très bien que depuis 50 ans, le mouvement d'opposition que nous sommes est absolument laserisé matin, midi et soir et que nos finances n'ont de secret ni pour les journalistes ni pour le moindre fonctionnaire de Bercy.
Moi, j'entends une petite musique qui montre qu'elle est assez diffamatoire de la part de la majorité qui cherche à discréditer son opposition en expliquant que l'opposition est payée par l'étranger. La République En Marche a demandé par la voix de son président, monsieur Séjourné, qu'il y ait une commission d'enquête sur les ingérences russes et sur les ingérences étrangères dans les partis politiques. Nous y sommes extrêmement favorables. Mais pas que pour les ingérences russes, nous n'avons rien à cacher, ni que pour les partis d'opposition. Pour tous les partis politiques, pour tous les partis d'opposition. Et là, y compris la majorité.
Parce que moi, je serais très curieux de connaître, et les Français aussi, les liens de la majorité avec des États étrangers. Comme quoi ? Avec le Qatar, par exemple, avec la Chine.
C'est-à-dire que là, vous laissez entendre la petite musique que le Qatar ou la Chine auraient financé la campagne d'Emmanuel Macron ?
Mais je ne laisse pas entendre. Il y a des députés de la majorité qui ont été épinglés, d'ailleurs par vos confrères, par des journalistes, pour leur lien d'influence qu'ils avaient avec des États comme la Chine. Je pense au Uberfile, je pense à McKinsey, je pense au lien du gouvernement avec des cabinets privés américains. Vous savez, McKinsey, sur lequel on est très très vite passé, a aidé Emmanuel Macron de manière bénévole à se faire élire pendant sa campagne en 2007, et bénéficier ensuite de marchés publics. Je pense que ça nécessite de l'intérêt. Et d'ailleurs, l'information qu'a sortie Radio France hier est très intéressante.
Parce que que disent aujourd'hui les députés de La République En Marche, pris à leur propre jeu, et qui savent qu'il n'y a absolument rien à trouver du côté du Rassemblement National ? Ils font machine arrière. Parce qu'ils savent très bien qu'ils vont se ridiculiser. Donc moi, j'y suis extrêmement favorable. Et je suis favorable, effectivement, à ce que les Français puissent connaître les liens du pouvoir avec des pays étrangers. On pourrait parler de la vente d'Alstom aux Américains. On pourrait parler des financements du parti politique européen d'Emmanuel Macron, qui s'appelait avant la LDE, et qui recevait des financements d'Uber, de Microsoft, de Google.
Je pense que ça peut intéresser les Français.
Et là, nous verrons où se situe le parti de l'étranger. Selon Mediapart, quand Marine Le Pen déclare lors d'une conférence de presse que les résultats du référendum sur la Crimée sont sans contestation possibles. Le premier prêt russe accordé à votre parti est signé deux semaines après. Le second, six mois plus tard, en septembre 2014. Question simple, ces emprunts russes et prêts qui vous ont été consentis ont-ils été un renvoi d'ascenseur en remerciement de ces déclarations ? Ces accusations, monsieur, sont diffamatoires.
Et je vous informe ce matin que nous poursuivrons désormais, parce qu'il y en a un petit peu assez de cette musique, qui vise à nous discréditer par ce biais, à remettre en cause notre intégrité, notre probité, tous ceux qui insinuent, et nous les feront condamner d'ailleurs, que des partis... Vous attaquez Mediapart. Mais tout le monde, sans la moindre exception, parce que ces propos qui visent à nous discréditer sont faux, tout simplement, et ils sont diffamatoires. Je vais quand même rappeler une chose qui est extrêmement simple. Depuis maintenant plusieurs années, le Rassemblement National n'a trouvé aucun prêt bancaire auprès des banques françaises ou des banques européennes.
Donc, si vous voyez, il y a un paradoxe à nous empêcher de trouver des financements auprès des banques françaises et de nous reprocher d'aller chercher à l'étranger. Il est vrai qu'en 2015, nous avons contracté un prêt auprès d'une banque tchéco-russe, à un taux de 6%, qui n'est pas un taux d'amis, vous l'admettrez, et une banque qui depuis a fait faillite. Je vous rappelle que dans un État comme la Russie, lorsqu'une banque fait faillite, on ne peut pas dire qu'elle soit liée au Kremlin.
Juste, dernière question sur ce sujet. Le Figaro dit ce matin que vous devez toujours 6 millions d'euros de ces prêts. Est-ce que c'est vrai ? Est-ce que vous avez remboursé ou pas ?
Oui, c'est vrai, c'est en cours. C'est en train d'être remboursé et ils seront remboursés. Mais, encore une fois, si demain matin, et je passe la petite annonce ce matin, mais si demain matin, un établissement français ou européen décide de reprendre cette créance qui avait été contractée auprès d'une banque tchéco-russe en 2015 pour financer les élections régionales, encore une fois, en toute transparence, le ministère de l'Intérieur avait tous les documents, tout avait été rendu public, eh bien, nous accepterons... Tchéco-russe, ce n'est pas tchéco-poutinienne. Et nous acceptons tchéco-russe, oui. Russe et une banque étaient tchéco-russe.
Vous vous êtes réjouis dimanche soir de la victoire de Giorgia Meloni aux élections législatives italiennes. Et pourtant, vous n'êtes pas du tout sur la même ligne qu'elle sur l'Ukraine, notamment. Elle est pour les sanctions alors que vous souhaitez les lever. Elle est plus libérale économiquement que vous et plus conservatrice que vous sur les questions sociétales. Au fond, la seule chose que vous avez en commun avec Giorgia Meloni, c'est la lutte contre l'immigration. Sinon, les différences sont majeures. D'ailleurs, vous ne siégez pas dans le même groupe au Parlement européen.
D'abord, je me permets de reprendre poliment votre argument. Nous ne sommes pas contre les sanctions. Nous sommes opposés aux sanctions énergétiques. Elles ont été extrêmement réticentes sur les sanctions énergiques parce qu'elles renforcent la machine de guerre russe. Il y a des sanctions qui fonctionnent sur les semi-conducteurs, les sanctions bancaires, les sanctions qui visent les oligarques. Mais si vous voulez, des sanctions qui visent à enrichir la Russie, comme c'est le cas avec les sanctions sur l'énergie. Je vous rappelle que la Russie, depuis l'an dernier, a multiplié par deux ses excédents commerciaux et a vu ses revenus d'hydrocarbures augmenter de 40%.
Elles vendent moins de pétrole mais elles vendent du pétrole plus cher. Et il y a une hypocrisie totale aujourd'hui qui consiste à ne plus acheter du pétrole à la Russie, en tout cas c'est ce qui est prévu par la Commission européenne dans les prochains mois, mais à acheter le pétrole russe en le faisant transiter par l'Inde ou par l'Iran qui nous le revendent évidemment plus cher. Donc il faut arrêter l'hypocrisie en la matière. Et si vous voyez, d'un côté, la Russie est noyée sous le cash pour reprendre l'expression de François Langlais, l'inflation, elle, augmente en Europe. Moi je suis content que les peuples reprennent leur destin en main.
Parce que partout en Europe aujourd'hui, les peuples d'Europe sont en train d'exprimer les mêmes inquiétudes à l'égard de la politique d'immigration et à l'égard d'un sentiment de déclassement vis-à-vis de délits politiques qui ne les écoutent plus et qui gouvernent contre leurs intérêts.
Mais sur Mélanie, c'est votre allié ?
Notre allié, c'est la Ligue de Matteo Salvini
qui n'a pas gagné, qui a fait que 8%.
Exactement, et qui a permis évidemment à Georgia Mélanie et qui lui permettra probablement d'être Premier ministre puisqu'il participe de sa coalition. Mais ça, si vous voulez, c'est la politique italienne. C'est un système de coalition. Ça peut tenir 4 ans comme tenir 3 mois. C'est la politique italienne. Moi ce que je regarde aujourd'hui, c'est les leçons d'humilité qui sont infligées à l'Union Européenne et à Mme van der Leyen par les peuples d'Europe qui partout portent au pouvoir des partis souverainistes et des partis patriotes.
Mais il y a derrière Jordan Bardella ce que vous venez de dire, la question de l'union des droites. Pardon, Mélanie arrive au pouvoir donc non pas seule mais dans une coalition. Salvini, Berlusconi, Marion Maréchal salue cette méthode. Mélanie, je crois qu'en France on devrait avancer dans cette hypothèse. Est-ce que vous, vous pensez toujours que vous pourrez accéder au pouvoir seul, sans alliés ? Il ne s'agit pas d'accéder au pouvoir seul, il s'agit d'y accéder avec tous les Français qui partagent nos idées.
Je veux dire, vous savez très bien... Ce n'est pas la même question. Non mais ne faites pas, pardon, mais ne faites pas semblant. Mais ça ne vous interroge pas, l'union des droites ? Vous savez très bien que, d'ailleurs vous l'avez rappelé sur l'ensemble des plateaux télé, vous et vos confrères, la France et l'Italie ne sont pas comparables, ça n'est pas le même système électoral. L'Italie, comme beaucoup de pays d'Europe, y compris d'Europe de l'Est, sont des coalitions électorales. C'est-à-dire que pour l'emporter, c'est une législative à un tour, il faut additionner les partis politiques et les coalitions électorales.
En France, pour conquérir le pouvoir, c'est une élection présidentielle, avec un scrutin majoritaire à deux tours. En Italie, on choisit le Premier ministre. En France, on choisit un président de la République. Ça n'a strictement rien à voir.
Oui, d'accord, mais ça ne vous interroge pas, la question de l'union des droites.
Ce qui m'intéresse aujourd'hui, c'est d'aller convaincre les déçus d'Éric Zemmour, les orphelins de LR et tous les patriotes, d'où qu'ils viennent, que Marine Le Pen est la seule voix aujourd'hui avec le Rassemblement national pour porter les idées patriotes et les idées nationales au pouvoir. Moi, je veux bien, si vous voulez, que Reconquête nous appelle à l'aide, mais ils ont fait 7% à l'élection présidentielle, 4% aux élections législatives, stratégiques qui a été choisie par Éric Zemmour, est une impasse. Il était prisonnier d'une forme d'outrance verbale et de choix politiques qui ont été faits, qui sont excessifs et qui ne permettent pas de rassembler une majorité de Français.
Donc moi, je veux dire à ces électeurs que nous sommes le seul moyen aujourd'hui politique pour porter leur conviction au pouvoir.
Allez, on en vient à la réforme des retraites. On en sait plus enfin ce matin. L'exécutif présentera donc un texte spécifique avant l'hiver d'une réforme des retraites avec allongement de l'âge de départ à 63 ans d'ici 2027, 65 ans d'ici 2031. Sur la méthode d'abord, on avait entendu parler d'un amendement au PLFSS. Est-ce que là, sur la méthode choisie, c'est un bon point ?
La méthode Emmanuel Macron de concertation et de débat, c'est bien, elle a duré le temps des vacances. Ça a duré trois mois. Maintenant, on va se retrouver donc avec une méthode extrêmement brutale qui vise à trancher quelque chose qui pour moi n'est pas de la comptabilité, mais un vrai choix de société dans un amendement au projet de loi de finances de la sécurité sociale.
Ce sera un texte spécifique.
Écoutez, tout est le contraire de tout. Si ça a changé dans la nuit, je m'en réjouis. Mais moi, je pense qu'il y a une majorité de Français, d'ailleurs, en sondage IFOP, me semble-t-il, nous le dit, 71% des Français sont opposés à cette réforme des retraites. Donc, pour être extrêmement clair, les Français qui nous écoutent ce matin doivent savoir que cette réforme va accentuer les tensions sociales aujourd'hui dans le pays.
Et je pense que, compte tenu de ce qui nous attend, de l'hiver extrêmement difficile en matière énergétique, des difficultés qu'ont de plus en plus de compatriotes à se chauffer, à se soigner, à s'alimenter, à payer les factures, à mettre de l'essence dans leur voiture, s'engager dans une telle réforme qui va diviser le pays m'apparaît être une folie. Mais il a pourtant fait
une campagne sur cette réforme avec l'idée d'une suppression des régimes spéciaux, du relèvement progressif de l'âge légal de départ. Il a été élu président avec 58% des voix. Est-ce qu'il n'a pas le mandat, tout simplement, pour faire ce qu'il a promis de faire ? Il a été élu, mais il n'a pas eu la majorité.
Donc, si j'en crois le résultat des urnes, la volonté de voir son projet de casse sociale appliquée dans le pays est assez contrastée au regard du résultat des élections législatives. Les Français n'ont pas accordé de majorité absolue à Emmanuel Macron. Moi, ce que j'y juge, c'est que le rapport du Conseil d'orientation des retraites, il nous dit quoi ? Il nous dit qu'à l'horizon 2070, en réalité, le système des retraites n'est pas menacé. On a un déficit de 0,5% du PIB, c'est-à-dire, grosso modo, de 10 milliards d'euros.
La question qu'il faut se poser, c'est est-ce qu'on est prêt à sacrifier chaque année en trouvant des sources d'économie de bon sens, dont on pourrait parler, 10 milliards d'euros, pour faire en sorte que les Français puissent partir à la retraite dignement, sans avoir le dos cassé, sans avoir les bras cassés. Et nous, nous défendons, vous le savez, un départ à la retraite à 60 ans et 40 annuités pour tous ceux qui ont commencé à travailler entre 17 et 20 ans. Parce qu'il y a des millions de Français et des millions de Français qui nous écoutent ce matin, qui se demandent d'ores et déjà comment est-ce qu'ils vont faire pour travailler jusqu'à 62 ans.
Reporter l'âge de départ à la retraite à 65 ans est une folie.
Le gouvernement défend cette réforme en disant qu'avec l'endettement du pays, il faut trouver de l'argent pour investir, pour le grand âge, pour l'école, pour le grand âge, pour l'école, pour la santé, et que, comme tous nos voisins européens, travaillent plus, il faut travailler plus pour financer les nouveaux investissements.
C'est la guerre de tous contre tous. Voilà, c'est ça le macronisme. C'est le de tous contre tous. C'est-à-dire que, comme on a besoin d'augmenter le salaire des enseignants, ce qui est parfaitement louable, eh bien, on va décaler l'âge de départ à la retraite. Moi, oui, je pense qu'il y a une désabondance qu'il faudrait stopper dans notre pays. C'est la générosité de notre modèle de protection sociale à l'égard de la Terre entière. Les aides sociales qui sont versées aux étrangers dans notre pays, c'est 12 milliards d'euros par an.
Or, je pense qu'en instaurant la priorité nationale, on pourrait conserver le caractère national de notre système de protection sociale et faire en sorte d'arrêter, de percevoir la France comme un guichet social qui est généreuse à l'égard de la Terre entière quand on voit qu'on a de plus en plus de compatriotes qui n'arrivent plus à faire face tant les difficultés sont importantes au quotidien. Sur la présentation du budget... C'est 12 milliards.
Donc là, vous voyez, on a déjà trouvé 12 milliards d'euros sur les 9 qu'il nous manque. Sur le budget, Jordan Bardella, le MEDEF a dénoncé assez vivement le manque d'ambition de l'exécutif pour réduire les déficits. Le gouvernement répond on est en crise, il faut dépenser pour protéger les plus démunis ou pour augmenter les profs. Vous êtes d'accord avec le MEDEF, vous ?
Non, moi je suis d'accord avec les Français qui trouvent qu'aujourd'hui ce que fait le gouvernement pour les protéger de l'inflation est une usine à gaz. Vous vous souvenez d'ailleurs du chèque alimentation dont on nous avait parlé au mois de juin, il a disparu. Et puis personne n'interroge le gouvernement, le chèque alimentation a disparu. Je pense que pour permettre aux Français de respirer à la fin du mois, il y a deux mesures urgentes à prendre. La première, c'est la baisse de la TVA sur l'énergie, l'électricité, le gaz, le fuel. N'oublions pas le fuel qui est généralement le grand oublié du bouclier énergétique. On baisse la TVA de 20% à 5,5%.
Ça évite les usines à gaz, les chèques et ça permet de rendre du pouvoir d'achat aux Français. Et puis il faut augmenter les salaires, il faut redonner du coût à l'ordre de travail, il faut revaloriser l'ordre de travail. Et nous proposons notamment de permettre à tous les chefs d'entreprise d'augmenter de 10% l'ensemble des salaires de leur entreprise. C'est 10% étant en contrepartie exonérés de cotisations patronales. Et ça, ça permet de redonner du pouvoir d'achat aux Français.
Dans le budget, 1 milliard d'euros de plus pour le ministère de l'Intérieur, pour la police. Gérald Darmanin parle d'un budget historique. Ça, vous dites bravo ?
Écoutez, nous verrons et nous regarderons dans le détail. Mais si vous voulez, plus il y a de lois sur la sécurité et plus M. Darmanin s'exprime, plus l'insécurité augmente. Donc il y a peut-être un problème de méthode. Ce que je regarde aujourd'hui, c'est que la situation sécuritaire et migratoire est absolument hors de contrôle. Et permettez-moi de rappeler là encore que la volonté d'Emmanuel Macron à l'aube des Jeux Olympiques 2024 de répartir l'immigration, il l'a dit, dans les villages françaises, m'apparaît être là encore une pure folie sur laquelle les Français ne sont pas consultés.
Et nous, nous souhaitons que début 2023 soit organisé en France un référendum sur la question de l'immigration parce que les Français se voient aujourd'hui imposer une politique qui, je crois, ne la souhaitent pas et qui a des conséquences sécuritaires et sur la poussée du commun.
Donc le projet de loi sur l'immigration qui vise à améliorer la reconduite à la frontière, à faciliter l'expulsion d'étrangers condamnés pour ces délits à Gérald Darmanin assume une forme de double peine. Là non plus, vous ne la voterez pas.
Non mais d'accord. Le bilan de M. Darmanin c'est seulement 10% d'exécution des OQTF. Moi je pense que les demandes d'asile doivent être traitées dans des pays tiers. C'est-à-dire que elles doivent être traitées dans les ambassades et les consulats des pays de départ. On ne peut pas accueillir en France, être un hôtel pour le monde entier et gérer les demandes d'asile parce qu'on n'y arrive pas et que l'administration française est totalement saturée.
Vous voterez le projet de loi ou pas ?
On verra ce qu'il y a dedans. Mais en l'état, s'il s'agit d'accélérer à la répartition des migrants dans les villages, ne nous le feront pas parce que c'est aussi en répartir les problèmes. Vous voyez ce qui se passe à Nantes ? Nantes c'est l'illustre exemple de la faillite sécuritaire et migratoire où les restaurateurs sont obligés d'armer leurs serveurs avec des bombes lacrymogènes. Il y a une femme qui a été violée par trois Soudanais en pleine rue il y a quelques jours. Les Français s'habituent à ça, sont en train de s'habituer à cette explosion de la violence.
Moi je leur dis ne vous habituez pas à cela et en la matière le RN est le seul parti à proposer aujourd'hui aux Français de reprendre le contrôle de leur pays, d'arrêter l'immigration et de ramener l'ordre.
On passe au standard où nous attend Farid. Farid à Paris, bonjour et bienvenue, on vous écoute.
Bonjour et merci beaucoup. Bonjour M. Bartela. Partout en Europe, du nord au sud, de l'Islande jusqu'au Portugal, l'âge de départ à la retraite s'échelonne entre 65 et 67 ans. Je voudrais comprendre quelle est la spécificité française qui ferait que nous serions le seul pays en Europe à échapper à cette loi qui est une conséquence de la démographie tout simplement. Voilà, je voudrais comprendre qu'est-ce qui fait que nous serions différents de tous ces autres pays qui ont commis, comme vous l'avez dit tout à l'heure, une folie donc apparemment d'instaurer un départ à la retraite entre 65 et 67 ans.
Merci Farid. Question très claire, réponse Jordan Bardela. Je vais essayer de vous répondre
monsieur en quelques mots, mais la France a un modèle assez spécifique où ceux qui travaillent paient la retraite de ceux qui ne travaillent pas. Moi, ce qui m'intéresse, c'est l'espérance de vie, certes qui augmente, mais l'espérance de vie en bonne santé. Et depuis 10 ans, l'espérance de vie en bonne santé, et notamment chez les femmes, elle stagne dans notre pays. Or, quand le Conseil d'orientation des retraites lui-même vous dit qu'à l'horizon 2070, le financement du système de retraite n'est pas menacé... n'est pas menacé...
Oui, alors je suis obligé de vous reprendre. Le corps, il dit clairement qu'on est cette année excédentaire, qu'à partir de l'année prochaine et jusqu'en 2030, on va être largement déficitaire.
Non, pas largement déficitaire, qu'il y aura un déficit de 9 milliards d'euros qui est stable et maîtrisable à l'horizon 2070. Et il s'oppose d'ailleurs à ceux qui disent que le système de retraite n'est pas financé, etc. Donc, moi, si vous voyez, ce qui m'intéresse, c'est l'espérance de vie en bonne santé. Or, je pense que c'est un acquis social français et qu'il y a des millions de gens, des millions de Français dont certains nous écoutent ce matin, qui se demandent comment est-ce qu'ils vont aller jusqu'à 62 ans.
Parce qu'ils font des métiers difficiles, qui font des métiers de force, qui font des métiers manuels, qui n'ont pas la chance de travailler dans des bureaux qui sont chauffés pendant l'hiver et qui aimeraient pouvoir partir à la retraite sans avoir le dos cassé et les bras cassés. Donc, si vous voulez, entre 17 et 20 ans, nous nous défendons 60 ans et 40 annuités pleines et au-delà, si vous voulez, une forme de progression jusqu'à 62 ans avec une forme de statu quo avec le système actuel au-delà d'un départ, enfin d'un début de carrière à 20 ans.
Rapidement, en question d'Hervé sur l'appli, vous dites que vous aidez le peuple mais vous refusez d'augmenter le SMIC. Expliquez-nous.
Parce que la hausse du SMIC est une hausse de charge pour les chefs d'entreprise. Or, je pense que beaucoup de chefs d'entreprise ne peuvent pas se la permettre. Nous, on a trouvé un système qui est beaucoup plus efficace, qui ne concerne pas que le SMIC mais tous les bas salaires et c'est cette hausse, ce coup de pouce de 10%, ce deal gagnant-gagnant qu'on passe avec les chefs d'entreprise et qui leur permet, eux, en contrepartie, de ne pas avoir de cotisation patronale sur ces 10%.
C'est un deal gagnant-gagnant avec les entreprises qui permet de cibler d'une part tous les salaires et pas que le SMIC sans faire peser de hausse de charge sur eux parce qu'aller parler de hausse du SMIC à des chefs d'entreprise, 90% des patrons sont des patrons de TPE, PME dont beaucoup se lèvent beaucoup plus tôt que leurs salariés et ont de plus en plus de mal à gagner sinon autant voire plus qu'eux et qui ont des difficultés avec cette mesure.
Vous le savez, Jordan Bardella, il y a en ce moment des affaires MeToo en politique. Le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, a poussé un coup de gueule jugeant qu'il était temps de siffler la fin de la récréation. C'est extraordinairement dangereux. Certains se font dévorer par un monstre qu'ils ont contribué à créer. La libération de la parole de la femme, oui. Pour autant, les réseaux sociaux ne peuvent pas être l'unique réceptacle sans filtre de cette parole et la justice doit intervenir. Fin de citation. C'est votre position aussi ? Oui, je partage en partie.
Si vous voulez, c'est assez amusant et je dis ça de manière très ironique de voir la gauche aujourd'hui prise à son propre piège. Parce que, si vous voulez, la gauche a passé des années à faire la morale à toute la classe politique et à jouer les redresseurs de tort. Or, on s'aperçoit aujourd'hui qu'ils sont les premiers concernés par ce type d'affaires. Je pense que ce n'est pas au parti politique de se faire justice, de dissimuler ou d'étouffer ses affaires. C'est à la justice. Moi, je suis extrêmement attaché à la présomption d'innocence parce que je suis extrêmement attaché à l'état de droit.
Or, je note qu'en la matière, quand un autre responsable politique qui n'est pas de gauche est concerné par ce type d'affaires, toute la classe politique à gauche demande sur la moindre suspicion, le moindre témoignage, la démission. Mais quand ça les concerne, on reste en poste, on garde les mandats, il n'y a pas de problème. C'est assez contradictoire et ça dit beaucoup du naufrage moral de cette gauche-là.
Jordan Bardella, vous aimez le foot ?
Bof ! Enfin, j'en faisais quand j'étais petit, j'étais gardien de but, mais depuis que la France a perdu face à l'Italie en 2006, ça a cassé quelque chose. Je ne sais pas.
Il n'y a plus de foot dans votre vie. Il n'y a plus de match de foot à l'Assemblée nationale. Les présidents des groupes PS et la France Insoumise ont confirmé que leurs députés ne participeraient pas aux matchs de foot caritatifs de l'équipe de foot de l'Assemblée, estimant que le RN voulait poursuivre son entreprise de banalisation. Même chose du côté des députés Renaissance. Aurore Berger a recommandé à ses troupes de ne pas participer à ce match qui donnera lieu à une photo d'équipe en ne jouant pas dans la même équipe que le RN, ni extrême droite ni extrême gauche.
La République est sauvée. Les gens moulins du foot ont sauvé la République et ont sauvé la Constitution en ne jouant pas avec nous au foot. Ce n'est pas grave, on joue avec d'autres personnes qui veulent jouer avec nous au foot. Je trouve ça assez pathétique et si vous voulez une telle polémique qui a à peu près une journée à commenter ça sur toutes les chaînes d'info quand les Français se demandent s'ils vont devoir mettre un pull chez eux cet hiver, je trouve ça assez pathétique et assez concernant et je déplore un peu que le débat politique soit réduit au barbecue et à... Est-ce que les députés
de la France Insomnie jouent avec nous ? Un mot de Samy sur l'application d'Inter. Vous dites qu'il y a 12 milliards d'euros dépensés pour les aides aux étrangers. Je travaille à l'INSEE et c'est faux. Bah écoutez, je crois que c'est
la cour des comptes. Bon, tout ça est chiffré. On va vérifier. Voilà la parole de l'INSEE. Le chiffrage, je vous invite à aller sur le... Et moi, je pense que ça coûte beaucoup plus, mais je vous invite à aller sur le site du Rassemblement National. On a le projet présentiel de Marine Le Pen avec le chiffrage et toutes les sources.
Venons-en à la bataille pour la présidence du RN. Vous êtes candidat face à Louis Alliot qui a pour lui son âge, son expérience, son ancienneté au RN près de 30 ans et son ancrage local de maire de Perpignan. N'est-il pas le successeur naturel de Marine Le Pen ?
Bah écoutez, c'est les adhérents qui vont le dire. Voilà, les adhérents vont être terminés. On a une ligne politique, c'est vrai, qui est assez proche. Maintenant, on a chacun nos parcours, nos sensibilités. Et moi, je m'inscris dans une forme de continuité. Je pense que nous allons arriver au pouvoir et qu'après Emmanuel Macron, ce sera nous qu'il faut qu'on prépare cette accession aux responsabilités parce que je pense que la plus grande blessure pour nous sera de décevoir tous les gens qui espèrent de nous, qui attendent de nous.
Et après la bataille interne au RN, vous serez tête de liste aux élections européennes ?
J'aurai l'occasion de vous le dire en temps voulu. Mais probablement oui, c'est pas non plus.
Vous l'avez été la dernière fois, vous avez fait un bon score, vous devriez...
Je suis député européen aujourd'hui, j'ai pris l'engagement d'aller au bout de mon mandat et si je ne me suis pas présenté aux élections législatives, c'est justement pour pouvoir me concentrer sur les prochaines élections européennes. Non, en tant que tête de liste ou pas, ça, on le déterminera.
Il y a un suspense insupportable.
Merci Jordan Barba d'avoir été à notre micro. On apprend d'ailleurs dans le Figaro ce matin que vous êtes le record man des invitations dans les médias depuis les élections législatives.
Les temps changent, les rapports entre le Rassemblement National et les médias.
Vous n'aimez pas le foot, mais vous aimez les médias.
Et même entre France Inter, ça améliore.
Mais vous avez toujours été invité. Mais vous avez parfaitement raison,
je vous en remercie. Merci à vous.
Il est 8h48.
Sous-titrage ST' 501
Jordan Bardella