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interviewyoutube.com· 8 avril 2022 46 min

Présidentielle 2022 : Fabien Roussel répond à vos questions (interview complète)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Fabien Roussel

Bonjour, c'est Fabien Roussel et je vais répondre à toutes vos questions pour Brut.

0:06
Auditeur

Comment vous allez mettre en place une stratégie pour réduire au maximum les violences faites aux femmes ?

0:13
Fabien Roussel

Pour réduire les violences faites aux femmes, il faut investir et y mettre les moyens. Nous réclamons un milliard d'euros d'investissement par an. C'est investir d'abord dans des moyens dans nos commissariats, les gendarmeries avec des personnels formés, qualifiés pour recueillir les paroles, protéger les femmes. Il faut mettre en place des moyens, donner plus de moyens à la justice, notamment pour que le délit, quand il est réel, que les personnes soient sanctionnées et que les auteurs de ces victimes ne recommencent plus.

Et je propose aussi la création de maisons dédiées pour protéger les femmes, recueillir leurs paroles quand elles ne souhaitent pas aller au commissariat pour pouvoir les écouter et les protéger. C'est la question notamment du logement, puisque normalement c'est à l'auteur de ces violences qu'ils devraient quitter le logement, mais bien souvent dans la vie, ce n'est pas ça qui se produit. Et donc il faut pouvoir protéger ces femmes et leurs enfants, puisque souvent ce sont des familles.

1:18
Invité

Pour la protection des femmes, il y a aussi justement la lutte contre le harcèlement de rue. Comment on lutte contre ça aujourd'hui ?

1:23
Fabien Roussel

Par la sanction, il faut pouvoir être ferme. Le mouvement MeToo a permis justement et de libérer la femme, et a permis de dire que la peur devait changer de camp. Et donc les hommes qui sont auteurs de ces violences doivent être retrouvés, doivent être condamnés et suffisamment condamnés.

1:46
Invité

Non mais quoi comme moyen ? C'est-à-dire dans la rue, il y a des policiers qui... Parce que c'est toujours la question du flagrant délit. Une femme qui est suivie dans la rue, qui est insultée, il n'y a pas forcément un policier qui est là à quelques mètres pour constater ça. Comment on fait justement pour que concrètement les femmes puissent aujourd'hui se sentir plus en sécurité quand elles sortent ? On sait par exemple que dans les transports en commun, 100% des femmes disent avoir vécu des situations de harcèlement, ou en tout cas des situations compliquées.

2:09
Fabien Roussel

Vous avez bien raison, et d'ailleurs quand j'ai dit qu'il fallait investir dans la sécurité, que je voulais prendre cette question à part entière, je me suis fait chambrer. Eh bien j'assume tellement, oui il y a besoin de plus de moyens de police, de protection, notamment de ces femmes, de ces jeunes filles qui sont agressées dans les transports collectifs, dans la rue. Plus de bleu pour protéger et pour pouvoir attraper les auteurs de ces actes de violence. Mais ça ne suffira pas si derrière il n'y a pas des moyens donnés à la justice. Car bien souvent quand une plainte est déposée, elle est traduite en justice au bout d'un an, deux ans, trois ans. Je n'en veux pas au magistrat.

Ils demandent eux-mêmes plus de moyens, et il faut investir aussi fortement dans la justice.

2:58
Invité

Fabien Roussel, police, justice, on attend aussi d'un candidat de gauche qui parle aussi un peu d'éducation. Est-ce qu'on peut aussi anticiper tout ça et faire un effort d'éducation des hommes des petits garçons, des jeunes garçons pour éviter que ça arrive ?

3:11
Fabien Roussel

Oui, et c'est le mouvement que nous devons enclencher. Et dès maintenant, mais vous voyez bien que les effets se produira plus tard dans la société. Donc d'abord la sanction, la sanction y compris judiciaire, ça c'est tout de suite et on peut le faire immédiatement. La protection des femmes et la sanction contre les auteurs. Mais c'est bien sûr faire en sorte que nos enfants soient mieux formés, mieux éduqués, au respect des sexes, de l'égalité en fonction du sexe, du genre. Et ça commence dès l'école. Ça veut dire que nos enseignants aussi doivent mieux appréhender ces questions-là, intégrer dans leur formation l'égalité de toutes et de tous, quel que soit le sexe ou le genre.

3:58
Invité

On a la question suivante qui est sur la tablette sur l'écologie. Allons-y. Bonjour M. Roussel, petite question. Quelles sont vos propositions pour faire face aux risques environnementaux liés au réchauffement climatique ? Les risques de submersion marine, de crues, de sécheresse, tous ces risques qui sont présents aujourd'hui et qui s'amplifieront demain ?

4:20
Fabien Roussel

Eh bien, nous sommes dans la décennie où tout est possible. C'est maintenant qu'il faut agir et il faut y mettre les moyens. Il faut enclencher une véritable révolution écologique, transition écologique. Cela veut dire qu'il faut y mettre des moyens publics, de l'argent. De l'argent pour pouvoir justement modifier nos modes de consommation, nos modes de production et nos modes de transport. C'est la raison pour laquelle nous proposons, nous, un investissement de 65 milliards d'euros d'argent public par an. C'est d'ailleurs ce que préconise le GIEC, de mettre 6% du PIB par an, par pays, en Europe, en France. Et nous, c'est ce que nous proposons.

Ces 65 milliards d'euros d'argent public doivent justement servir à modifier nos comportements, à modifier nos modes de consommation, nos modes de déplacement, développer le train, logemer, transformer, protéger nos logements, éradiquer les passoires thermiques, faire le grand remplacement des chaudières. Trop de chaudières à fioul, c'est terminé. Il doit y avoir zéro chaudière à fioul le plus rapidement possible, mais le faire avec les gens, les accompagner, financer ces transformations. Ne tapons plus dans le porte-monnaie des Français, des travailleurs, des salariés, des jeunes. Faisons-le avec eux. Et c'est pour ça qu'il faut beaucoup d'argent public. Question suivante.

Alors, c'est une question écrite et je la lis. C'est Jus Berthaud qui me demande. Ah oui, c'est le gars qui veut augmenter la production de viande en France, comme si on n'avait pas assez de problèmes environnementaux. Bon, je veux juste dire à Jus qu'en matière de souveraineté alimentaire, la France est dépendante en matière de production de fruits et légumes et en matière de viande. Ce sont les deux filières où nous sommes dépendants de pays étrangers. Alors, qu'est-ce que tu veux ?

Tu veux qu'on continue d'importer nos fruits et légumes, notre viande, y compris de la viande pourrie, chargée d'antibiotiques, les poulets du Brésil, le mouton de Nouvelle-Zélande, ou est-ce que, c'est pas mieux, de les produire en France sur des systèmes herbagés de plein air, respectant la terre, respectant les animaux, le vivant, respectant les hommes et les femmes qui produisent, et faire en sorte que nous mangions tous de la viande, que nous en mangions moins, il faut en manger moins, mais que nous en mangions de la bonne, produite en France et respectueuse de la terre, des animaux et des agriculteurs. Et c'est tout simplement la proposition que je fais.

7:04
Invité

Femme Roussel, il est interdit en France aujourd'hui d'importer de la viande nourrie d'antibiotiques, ou en tout cas remplie d'antibiotiques, pour améliorer sa croissance. En quoi est-ce que la viande française est de meilleure qualité que la viande étrangère ?

7:15
Fabien Roussel

Ah, ce serait beau si c'était vrai ! Ce serait beau si c'était vrai ! C'est la loi en tout cas ! Mais oui, mais justement, je propose de mettre en place une police alimentaire capable d'aller contrôler ces aliments qui viennent de l'étranger, capable de contrôler quand nous passons des accords commerciaux avec d'autres pays sur l'importation de produits. Je ne dis pas qu'il ne faut plus du tout importer, sinon il y a des produits que nous sommes incapables de faire ici, et auxquels nous pourrions avoir envie de consommer.

Mais il faut contrôler justement que les normes sanitaires que nous exigeons pour notre propre santé, pour le climat, mais que ces normes sanitaires, elles soient au moins respectées par ceux qui les produisent à l'étranger. Et donc oui, je veux beaucoup plus de contrôle et que ces normes soient respectées. Et puis, quand même, on importe aujourd'hui plus de 50% du poulet qu'on consomme en France, transformé en forme de nuggets et compagnie. On ne peut pas les faire chez nous. Avant, ça se faisait chez nous.

Et donc, il vaut mieux produire chez nous ce que nous consommons chez nous, et en respectant ces normes, c'est une question de santé, c'est bon aussi pour le climat, et c'est bon socialement, parce que c'est de l'emploi, c'est du salaire que nous créons en France.

8:33
Invité

La question suivante, M. Roussel, sur la tablette.

8:37
Auditeur

Bonjour, M. Fabien Roussel, j'ai une question pour vous sur Brut. Je voulais savoir pourquoi vous êtes pro-nucléaire.

8:44
Fabien Roussel

Alors, je suis pro-mix énergétique. Je ne suis pas seulement pro-nucléaire, je suis pour aussi investir et investir fortement dans les énergies renouvelables, dans les énergies éoliennes, issues de l'éonien, issues du solaire, de la géothermie, de l'hydraulique. D'ailleurs, c'est l'essentiel de l'énergie, c'est l'issue de nos barrages hydrauliques. Bon, les barrages hydrauliques, on ne peut pas augmenter la production, à moins de couler des vallées sous l'eau, ce que je ne propose pas. Mais nous pouvons investir beaucoup plus dans l'éolien, dans le solaire, dans la géothermie.

Et puis investir parallèlement aussi dans la production d'énergie issues de nos centrales nucléaires, parce que notre volonté, mon objectif, c'est que nous arrivions à nous passer des énergies fossiles, c'est-à-dire du charbon et du pétrole, mais aussi du gaz à plus long terme. Mais tout de suite, c'est pétrole et charbon. Et pour se passer de ces énergies, il faut agir dans deux directions. Un, la sobriété énergétique, investir dans les logements, dans les transports en mode doux, et deux, augmenter la production d'électricité. Sinon, on ne pourra pas répondre aux besoins du pays, on ne pourra pas répondre aux besoins des entreprises, on sera toujours dépendant de puissances extérieures.

Regardez ce qui se passe avec la Russie. Moi, je veux pouvoir retrouver notre indépendance, produire une électricité, une énergie décarbonée, provenant autant des renouvelables que du nucléaire. Il faut investir dans les deux et dans un service public. Je suis le seul à défendre un service public et des renouvelables et du nucléaire.

10:17
Invité

Fabien Roussel, en ce moment, il y a beaucoup de consultations publiques dans des régions de l'Asse de la France, dans la Meuse, par exemple, autour de Bure, sur l'enfouissement des déchets. Les habitants ne sont pas du tout favorables à cela. Qu'est-ce que vous leur dites ?

10:29
Fabien Roussel

Cette question de traitement des déchets est une question effectivement sensible à gérer pour tous les pays qui ont fait le choix d'investir dans l'énergie, dans la production d'énergie nucléaire. Et donc, il faut y mettre les moyens dans la sécurité et dans le traitement de ces déchets. Ne pas les déléguer à d'autres pays. Ça, ce serait inadmissible. Il faut pouvoir les traiter nous-mêmes. Aujourd'hui, la seule solution qui existe, c'est celle de l'enfouissement. Et donc, tous les pays sont confrontés à ça et le font parce qu'il n'y a pas d'autre choix.

Mais il faut aussi investir, investir dans la recherche et faire confiance à la science, car il sera possible demain de produire de l'électricité nucléaire en n'ayant quasiment plus de déchets, en réutilisant ces déchets. L'avenir, c'est aussi ça. Et je fais confiance, moi, à cette filière du nucléaire et à nos ingénieurs, à nos chercheurs dans ce domaine.

11:28
Invité

Merci. Question suivante, s'il vous plaît.

11:32
Auditeur

Parfois, soutenez-vous la chasse ?

11:35
Fabien Roussel

Oh là ! Question rapide. La chasse fait partie de notre histoire. Elle a été la chasse populaire. C'est la Révolution française. Avant, il n'y avait que les seigneurs qui pouvaient chasser. Après la Révolution, le peuple pouvait chasser pour se nourrir. Et donc, aujourd'hui, je demande à ce que l'on respecte tous ceux qui pratiquent la chasse. Ils sont 3 millions. Il y a 3 millions de permis de chasse en France. 1 million renouvelés tous les ans. Il n'y a pas d'autres pays comme ça en Europe. Nous devons pouvoir vivre ensemble. Vivre ensemble dans la nature. Pratiquer les loisirs tous ensemble dans la nature, dans le dialogue et dans le respect.

Et donc, il faut créer toutes les conditions pour que ce dialogue existe. Et si on interdit demain la chasse, le week-end ou pendant les vacances, je pense, moi aussi, à ces chasseurs, ouvriers, salariés qui font ça quand ils ont des loisirs, quand ils ont des vacances ou les week-ends. Eux, ils n'ont pas les moyens d'aller chasser en Afrique en affrétant un jet privé. Et ça, je ne partage pas du tout, par contre. Et donc, si on veut que cette pratique reste populaire, eh bien, il faut mettre en place le dialogue permettant à tous d'avoir accès à la nature et d'y pratiquer ses loisirs.

12:59
Invité

Quand on pense à la chasse, on pense aussi au poids des lobbies. Aujourd'hui, comment vous allez faire pour lutter contre toute forme de lobby ? On a vu que ça a été un vrai sujet durant ce quinquennat.

13:08
Fabien Roussel

Tout à fait. Eh bien, le meilleur moyen de lutter contre les lobbies, c'est de dialoguer avec les instances représentatives. Et il y a notamment une instance représentative de l'ensemble des pratiques de loisirs qui réunit autant les vététistes que les chasseurs et d'autres activités de loisirs qui se pratiquent en plein air et dans la forêt et la nature. Il faut pouvoir permettre à chacun d'y avoir accès et avec des règles de sécurité les plus importantes possibles. Et quand je me suis adressé aux chasseurs, c'était aussi pour leur dire qu'il ne doit y avoir zéro victime, zéro mort à cause de la pratique de la chasse. Mais c'est l'objectif que l'on doit tendre. Tous les ans, ça diminue.

Il faut atteindre l'objectif zéro. Je précise aussi que les chasseurs ont la mission donnée par l'État de réguler des populations et aussi de payer. Ce sont les chasseurs qui payent par leur fédération les dégâts provoqués par les animaux dans les pâtures, dans les champs, dans les sentiers. Et donc, si demain, on leur interdit de chasser, qui va réguler les populations ? Qui va financer les dégâts provoqués par les animaux ?

14:21
Invité

Toute petite question sur la chasse encore. Vous avez dit que c'était pour se nourrir par le passé. C'est vrai. Là, vous avez employé plusieurs fois le mot de loisir qui peut choquer pas mal de gens qui nous écoutent. Est-ce que vous comprenez que ça puisse choquer de parler de loisir quand on parle de tuer des animaux ?

14:35
Fabien Roussel

Bien sûr, je le comprends parfaitement. Et j'en ai discuté aussi avec les représentants de la chasse parce qu'ils doivent tenir compte qu'aujourd'hui, dans nos campagnes, il y a de plus en plus d'habitants, de personnes qui viennent des villes, s'installer à la campagne. On a beaucoup vu ce mouvement-là, d'ailleurs, pendant la pandémie. Et donc, nous devons apprendre à vivre ensemble. À vivre ensemble, ça veut dire à se connaître, à découvrir les pratiques, les usages des uns et des autres et montrer aussi le rôle que chacun joue à la campagne. Je regrette que l'on oppose tant la ruralité et la ville, ceux qui habitent à la campagne et ceux qui vivent dans les villes.

Il faut apprendre à vivre ensemble et par le dialogue et arrêter d'interdire une société qui interdit, qui punit. Ce n'est pas une société très positive. Moi, je souhaite celle de la confiance, du dialogue et de la bienveillance.

15:31
Invité

Question suivante, s'il vous plaît.

15:34
Auditeur

Monsieur Roussel, pendant le Covid, on a beaucoup parlé de précarité étudiante. On n'en parle plus trop aujourd'hui et c'est un grain absent de cette campagne politique. Je voudrais donc savoir ce que vous comptez faire pour nous qui sommes étudiants aujourd'hui.

15:48
Fabien Roussel

D'abord, je mettrai en place le revenu étudiant le plus vite possible et peut-être pourrions-nous le mettre en place pour septembre 2022. Un revenu étudiant à partir de 850 euros net par mois pouvant aller jusqu'à 1000 euros en fonction de la situation de l'étudiant. L'objectif est de garantir à chaque étudiant la possibilité d'avoir un revenu, une allocation lui permettant d'étudier sans être obligé de travailler à côté. C'est une mesure d'égalité, de justice que nous devons vite mettre en place pour garantir à chacun des étudiantes, des étudiants de France, les meilleures conditions d'études. C'est aussi comme ça qu'on construit l'avenir du pays.

16:30
Invité

Donc c'est le fait de garantir aujourd'hui qu'un étudiant ne doit pas travailler à côté ?

16:34
Fabien Roussel

Mais lui permettre, en tout cas, d'avoir le choix parce que beaucoup n'ont pas le choix. Il y a seulement 6% d'enfants d'ouvriers dans les études supérieures. Voilà. Ça, c'est une réalité chiffrée. Et donc, il faut permettre à ceux qui souhaitent pouvoir consacrer 100% de leur temps aux études, à l'enseignement supérieur, de pouvoir le faire. Et ce n'est pas juste que certains ont des parents qui ont la possibilité de leur payer un appart privé sans être obligés d'aller en colloque et sans être obligés de travailler et puis d'autres qui n'ont pas le choix. Voilà. Donc garantissons l'égalité de tous les étudiants en France.

17:14
Invité

La question justement sur le vote à 16 ans, est-ce que vous êtes pour ou contre ?

17:18
Fabien Roussel

Alors, la question du vote à 16 ans est posée comme un moyen de lutter contre l'abstention. Aujourd'hui, le vote à partir de 18 ans existe et pour autant, l'abstention est énorme parmi cette tranche d'âge des 18-25 ans. Alors, est-ce que c'est en l'abaissant l'âge à 16 ans que ça va changer les choses ? Je m'interroge, mais j'en doute même.

Je le dis, mon choix n'est pas forcément d'abaisser l'âge du droit de vote à 16 ans parce qu'abaisser l'âge du droit de vote à 16 ans, c'est abaisser aussi la majorité à 16 ans et c'est donc l'abaisser aussi pour des questions de droit pénal, de justice et ça veut dire que quelqu'un de 16 ans pourrait être demain jugé comme un adulte et subir les mêmes peines qu'un adulte et ça, ça pose d'autres questions derrière. Par contre, je préfère donc que nous nous interrogeons, nous responsables politiques, pour...

18:23
Invité

Est-ce que le vote est forcément de soi ? Est-ce qu'on pourrait décorréler les deux ? On pourrait décorréler l'âge du vote et puis la majorité pénale.

18:31
Fabien Roussel

Mais alors, il faut ouvrir la question, savoir comment on peut décorréler les deux. En tout cas, pour convaincre des jeunes d'aller voter et j'en ai rencontré tellement qui sont exigeants et qui ont de si belles exigences pour eux-mêmes, pour la société, pour le climat, pour l'intérêt général. Eh bien, toutes ces exigences, il faut pouvoir non seulement les entendre mais construire avec la jeunesse de notre pays, la France dans laquelle ils veulent vivre. Il y a une expression qui dit il faut que jeunesse se passe. Eh bien, moi je dis, il faut que jeunesse se fasse, et il faut qu'on fasse ensemble. C'est pour ça que nous, politiques, on doit se remettre en question.

C'est peut-être plus ça qui permettra de faire participer plus les jeunes aux élections.

19:15
Auditeur

Monsieur Roussel, comment comptez-vous faire de la France un pays davantage compétitif si la sphère de travail passe de 35 heures à 32 heures ?

19:28
Fabien Roussel

Alors, la question de la compétition, sacrée question, parce qu'au nom de la compétitivité, je peux vous dire qu'on a une paire d'entreprises qui sont parties s'installer à l'étranger et que ça a provoqué beaucoup de chômage. Au nom de la compétitivité, on a même ouvert à la concurrence beaucoup de nos services publics et on a affaibli beaucoup de nos services publics. La compétitivité, je vais vous dire ce que moi j'y mets dedans. Ce que j'y mets dedans, c'est investir dans l'enseignement, investir dans la formation.

Et nous aurons la France la plus compétitive, même si ce mot, je le mets entre guillemets, parce qu'on peut aussi y mettre des connotations qui ne sont pas forcément efficaces pour le climat, pour le bien-être de tous. Mais prenons le mot positivement. Pour moi, pour avoir la France la plus efficace, la plus compétitive, c'est investir dans les hommes, dans les femmes, dans la jeunesse, dans la formation, dans le bien-être de chacun au travail.

Il faut, on reconstruira une France avec des salariés, des hommes et des femmes bien payés, épanouis au travail, heureux, en bonne santé, bien formés, et pas avec une France qui dit aux salariés « Ah, vous allez travailler plus, il va falloir être un peu plus stressé pour être efficace, il faut... » Non, ça, c'est terminé. Cette France-là, elle a fait la démonstration qu'elle était inefficace. Une France triste, c'est une triste France. Moi, je veux défendre des salariés qui sont épanouis, heureux, heureux au travail. Et ça, c'est le signe de l'efficacité.

21:09
Invité

Est-ce que, comme nos voisins belges, vous pensez que d'instaurer la semaine de 4 jours, ça pourrait être une bonne idée ?

21:15
Fabien Roussel

Non seulement c'est une bonne idée, mais on commence à le mettre en place. Ce n'est pas moi qui le dis. C'est des chefs d'entreprise, notamment dans la restauration, dans l'hôtellerie, qui voient bien qu'ils ont du mal à recruter. Et pour pouvoir recruter, ils proposent à leurs salariés la semaine de 4 jours. Et donc, si ça se fait tout seul aujourd'hui, mais il faut le favoriser, il faut pouvoir permettre à des salariés de pouvoir s'engager dans des métiers où il y a naturellement des horaires décalés. Et donc, comment on fait pour mettre en place la semaine des 4 jours, les 32 heures, dans ces professions ?

Et comment on fait pour accompagner les entreprises et parfois des petites boîtes pour qu'elles puissent avoir des marges de manœuvre pour pouvoir le mettre en place ?

21:58
Invité

– Question suivante.

22:00
Auditeur

– Bonjour, M. Roussel. Vous faites partie du Parti communiste français qui, en 2012 et 2017, soutenait Jean-Luc Mélenchon. Je voulais savoir quels étaient les points de divergence qui ont fait que vous avez décidé de partir en campagne. Merci.

22:22
Fabien Roussel

– Bonjour, merci pour votre question. Alors, nous avons exprimé très tôt des différences dans notre programme, dans le projet de société que nous voulons construire. Bon, il y a la question de l'énergie, elle est fondamentale, et je l'ai dit, je suis pour un mix énergétique, renouvelable et nucléaire, et lui ne veut pas entendre parler du nucléaire. J'ai mis très tôt aussi la question du droit, la tranquillité et la sécurité pour tous. Cela m'a même été reproché, mais je la revendique, et je dis oui qu'il faut investir dans ces moyens pour garantir à tous la tranquillité publique et investir aussi dans nos services publics. J'ai aussi eu d'autres sujets qui ont montré nos différences.

Quand j'ai tenu d'ailleurs cette grande soirée d'initiative de soutien aux salariés de Charlie Hebdo en défendant la liberté d'expression sans y mettre derrière d'adjectifs ou d'adverbes, cela a pu aussi m'être reproché. Et puis enfin, sur les questions économiques, nous avons des différences d'approche. D'abord, nous, nous ne disons pas que l'État en dernier ressort est celui qui doit empocher tout le monde. Nous voulons, nous, faire en sorte que les entreprises, le privé, participent au redressement du pays et que les salariés dans les entreprises aient plus de pouvoir pour pouvoir agir sur nos modes de production et pour que l'on puisse embaucher, relocaliser nos activités en France.

Je vous donne quelques points de détail et d'importance sur des sujets liés à la laïcité, à la sécurité, à l'énergie, mais aussi à l'économie. Ce sont des points importants qui peuvent faire la différence.

24:02
Invité

Et d'un côté, on a aussi, dans le camp de la France insoumise, des personnes qui disent qu'on n'est pas en position pour l'instant d'aller au second tour et le risque, c'est de voir finalement un duel, Macron-Marine Le Pen. Et certains vous en tirent responsable en disant, c'est déjeuner la gauche. D'accord, ça... Est-ce que les électeurs de Roussel peuvent être des électeurs de Mélenchon ?

24:22
Fabien Roussel

Ça, vous savez, bon, en fonction de son âge, on n'a pas la même expérience. Mais moi, à 50 ans, j'en ai marre qu'on me dise à chaque fois attention, il y a le Front National au second tour, il faut voter ça. Attention, la gauche ne sera pas qualifiée, il faut voter ça et on vote par défaut. On vote par défaut. On ne vote plus pour ses idées. On ne vote plus pour soi-même. On ne vote plus pour celui dans lequel on se sent le plus proche. On ne vote plus pour le programme pour lequel on a envie de s'engager. On vote par défaut. Enfin, merde ! On est dans une société démocratique avec une élection où il y a deux tours.

S'il y en a deux, c'est qu'il y en a un où on choisit pour qui on vote et un deuxième où on élimine celui que l'on ne veut pas. Sinon, on n'a qu'à copier le modèle américain. Républicain, démocrate, Biden, Trump, affaire régler. Et on n'en parle plus. Mais ça, ce n'est pas la richesse de notre pays. Donc, votons pour nos idées. La gauche, aujourd'hui, elle est faible. Elle est faible parce qu'elle ne pèse que 25%. Donc, au contraire, allons chercher toutes celles et ceux qui n'y croient plus. Faisons en sorte qu'en additionnant l'ensemble de nos résultats, nous ayons 50% qui puissent constituer une majorité et mettre en œuvre les grandes réformes dont nous avons besoin.

25:40
Invité

J'ai une femme, une petite question. Vous avez parlé de Jean-Luc Mélenchon. Qu'est-ce que vous le reprochez précisément en termes de laïcité ?

25:47
Fabien Roussel

J'ai donné cet exemple sur la liberté d'expression. Concernant la loi de 1905, nous, nous voulons l'observer telle qu'elle. Pareil, sans y mettre derrière d'adjectif ou d'advers. On ne sait rien que la laïcité et toute la laïcité. J'ai défendu, d'ailleurs, sur ce principe et dans le cadre de la loi séparatisme, des amendements et notamment un qui voulait mettre fin aux écoles hors contrat. Ces écoles dans lesquelles nous ne savons rien de ce qui se passe à l'intérieur des murs de ces écoles. Dans la République, ça ne doit pas exister. Et donc, j'ai défendu une République laïque et qui repose notamment sur une école républicaine.

Et puis, j'ai défendu, selon ce même principe, la neutralité des agents de nos services publics, y compris dans les délégations de services publics, puisque ça aussi, c'est un principe républicain inscrit dans la loi et il faut pouvoir le faire vivre et le faire vivre naturellement. Et ça, c'est un point de divergence avec la France insoumise ? Ce sont les points de débat que nous avons eus ensemble sur ce sujet.

27:01
Invité

On a appris justement que le SMIC allait augmenter le 1er mai entre 2,4 et 2,6% pour faire face à l'inflation. Dans votre programme, vous, vous parlez d'un SMIC à 1 500 euros net, ça fait 1 923 euros brut. La question, c'est est-ce que ça ne risque pas de se révéler contre-productif en matière d'emploi ? On sait que certains entrepreneurs, c'est ce qu'ils répondent quand on parle d'augmentation des salaires à ce niveau-là.

27:20
Fabien Roussel

D'abord, l'inflation, elle va passer les 4%, donc on va encore avoir un SMIC qui ne va même pas le suivre. Et à force de dire qu'on ne peut pas augmenter le SMIC parce que c'est compliqué, eh bien, on a aujourd'hui des travailleurs pauvres. Voilà. Et donc, moi, je dis stop. On m'a même expliqué qu'on ne pouvait pas faire l'égalité salariale femmes-hommes parce que ça coûtait cher. Alors, ça suffit, quoi. Ce qui coûte cher aujourd'hui, c'est le capital. Ce qui coûte cher, c'est l'évasion fiscale. Ce qui coûte cher, c'est la privatisation de nos services publics. Je souhaite que l'on puisse retrouver la France de la bonne paye avec des bons salaires.

Concernant les multinationales qui distribuent des bénéfices et même des dividendes, elles ont les moyens d'augmenter les salaires. Les PME, les artisans, les petites entreprises, nous les accompagnerons, nous les aiderons, nous leur donnerons des marges de manœuvre pour qu'elles puissent, elles aussi, augmenter les salaires, faire l'égalité salariale. Quand je dis que nous les aiderons, c'est que nous baisserons la facture énergétique de ces entreprises. Voilà pourquoi il faut un service public et investir dans le nucléaire et dans le renouvelable. Nous baisserons leurs cotisations d'assurance et c'est pour ça que je veux nationaliser AXA.

Et puis enfin, nous leur permettrons d'avoir accès, écoutez bien, à des prêts bonifiés. Des prêts bonifiés, c'est quand une entreprise emprunte 100 et qu'elle rembourse 80. Ce sont des prêts à taux négatifs. Je préfère que l'argent de l'État serve à financer des prêts à taux négatifs pour les PME qui investissent et augmentent les salaires plutôt qu'on verse du blé à des Amazon, à des entreprises, des GAFA qui, elles, défiscalisent ou des McKinsey qui font de l'optimisation fiscale. L'argent public, il sera utile et j'aiderai les PME à financer ces hausses de salaire. C'est une question de Baptiste. C'est quoi un communiste du XXIe siècle ? C'est un communiste heureux.

C'est un communiste bien dans ses baskets, lucide sur le passé, qui dénonce le stalinisme, les régimes autoritaires et j'ai aucun état d'âme là-dessus. Moi, mon engagement politique, il est ancré dans l'histoire de France avec ses parts d'ombre mais c'est par de lumière aussi. Je prends tout, j'assume tout. Je ne fais pas comme ces parties qui changent de nom quand ils ont des gamelles au cul, ceux qui ont collaboré, ceux qui ont eu des affaires. Non, non.

Nous, on assume toute notre histoire mais surtout, je me projette sur l'avenir et dans communisme, il y a commun et je souhaite que l'on mette en commun toutes nos richesses pour les mettre au service du développement humain et de la planète. Voilà, mon communisme à moi.

29:59
Invité

Il y a quand même une dimension historique et idéologique dans le terme de communisme. Tout à l'heure, vous avez dit rapidement je nationalisais AXA. Est-ce qu'il y a encore dans le programme communiste d'aujourd'hui du XXIe siècle l'idée de la mise en commun des moyens de production ?

30:11
Fabien Roussel

Oui, oui, oui, oui, se réapproprier nos moyens de production, c'est essentiel justement pour pouvoir mettre en place un système économique qui tient les objectifs climatiques, qui respecte le vivant, qui respecte la dignité humaine. Qui mieux que les salariés dans une entreprise pour décider avec les actionnaires ensemble des moyens de production, du respect de nos ressources naturelles, du vivant, d'améliorer les conditions de travail. Les salariés n'ont jamais été un problème, ils ont toujours été la solution.

Je dirais même que dans notre histoire, parlons de communisme, dans l'histoire de France, le peuple de France, le monde du travail, les ouvriers, du public comme du privé, sont à l'origine des plus belles conquêtes sociales, des plus grandes avancées de notre pays. Et à chaque fois, le Parti communiste français a été à leur côté. Et à cette époque-là, le Parti communiste français était fort, il était puissant. Et c'est bien pour ça que ça compte aujourd'hui de retrouver un Parti communiste plus fort pour être du côté du monde du travail et gagner ces grandes conquêtes sociales aux côtés de leurs syndicats.

31:20
Invité

Mais il y a encore un secteur privé dans le modèle communiste de Fabien Roussel ? Bien sûr,

31:25
Fabien Roussel

c'est une différence que je peux avoir d'ailleurs avec Jean-Luc Mélenchon. On n'est pas pour tout nationaliser, on est pour faire confiance aux salariés et donner plus de pouvoir aux salariés dans les entreprises et donc dans le secteur privé pour décider ensemble de la production de nos richesses. Nous, nous ne sommes pas que pour dire il faut mieux distribuer les richesses. On est pour dire comment on veut produire les richesses, nos richesses. décidons ensemble capital, travail. Geoffroy Roux de Bézieux me dit oui mais le capital il exige un loyer.

Moi je lui dis il est cher ton loyer, il faudrait le baisser un petit peu pour que l'argent justement soit mis au service de l'investissement des salaires, de l'égalité salariale, de la réindustrialisation et pour une industrie décarbonée justement. Et donc retrouvons le moyen de décider de comment nous produisons les richesses.

32:19
Invité

La question historique, est-ce qu'il y a encore aujourd'hui dans votre logiciel la lutte des classes ?

32:24
Fabien Roussel

Oui, dans la mesure où il y a aujourd'hui et ce n'est pas moi qui le dit, c'est Warren Buffett, le grand milliardaire américain, la lutte, il a dit, la lutte des classes existe et c'est nous les riches qui la menons et qui la gagnons en ce moment. C'est vrai, c'est vrai que les puissants n'ont jamais été aussi riches, ils n'ont jamais autant tenu l'économie du monde en pleine période de guerre. Ils continuent de spéculer, à jouer sur cette terrible loi de l'offre et de la demande et à nous mettre en concurrence. Alors, dans ce combat, nous devons, nous, reprendre plus de pouvoir. Mais, comme je le dis aussi, je n'ai pas d'ennemi en la matière.

On est passé de Hollande qui disait mon ennemi c'est la finance à Macron qui dit mon ami c'est la finance, moi je n'ai pas d'ennemi, je n'ai pas d'ennemi, je ne veux que de la justice.

33:20
Invité

La question suivante.

33:26
Auditeur

Bonjour M. Roussel et merci de répondre à ma question. Alors, finalement, Staline, camarade ou pas camarade ?

33:32
Invité

Ah, je ne suis pas camarade. J'explique en deux mots quand même, c'était de l'émission au tableau, sur ces huit, un gamin vous demande où est-ce qu'on doit mettre Staline et vous hésitez un moment quand même à le mettre dans la colonne camarade ou non camarade. En fait, c'est parce que j'ai voulu,

33:46
Fabien Roussel

mais peut-être que j'aurais dû d'abord le mettre dans la case pas camarade, ce que je viens de dire, mais dire aussi qu'au lendemain de la guerre, au lendemain de la guerre, il a été célébré avec Roosevelt, Churchill, De Gaulle, parmi les héros qui ont permis d'abattre le nazisme et il a été vécu pendant longtemps comme un des héros la bataille de Stalingrad, etc. Mais quand on connaît les morts, les goulags, la responsabilité, le sang qu'il a sur les mains, pas camarade.

34:21
Invité

Merci. Question suivante.

34:25
Auditeur

Bonjour M. Roussel. On sait que l'immigration est un sujet qui divise beaucoup lors de cette période de campagne électorale, notamment entre, d'une part, les candidats qui veulent accueillir tous les immigrés et ceux qui préfèrent plutôt atteindre un objectif de zéro immigration. Je voudrais donc savoir quelle est votre position et si vous êtes élu, souhaitez-vous mettre en place des mesures concernant cette problématique ? Merci d'avance et bon courage pour la suite.

34:47
Fabien Roussel

Alors, c'est une question importante. Je ne partage pas l'idée de zéro immigration. C'est impossible. Je ne connais pas un pays qui le mette réellement en place et d'ailleurs, en Angleterre, avec le Brexit, ils ont voulu le mettre en place et vous avez vu les grèves, les problèmes qu'ils ont eus. Ils ne trouvaient même plus de chauffeurs, de camions pour les livraisons de la nourriture.

donc, je vis, moi, ces personnes, ces hommes et ces femmes qui sont aujourd'hui en France, qui sont venus en France il y a des années, qui ont bâti la France, qui ont cotisé pour la France, comme celles et ceux qui travaillent aujourd'hui, qui nous opèrent, qui nous soignent, qui nous nourrissent, qui participent à l'activité industrielle. Toutes ces hommes et ces femmes qui viennent de pays extérieurs à la France et qui participent à la richesse du pays, à bâtir notre pays, à nous soigner, à tout faire. Ils participent à toutes les activités. Eh bien, il faut les respecter, leur donner des droits, les mêmes droits qu'aux citoyens français.

Ils payent des cotisations, ils doivent donc avoir accès aux mêmes droits que les citoyens français et on ne doit pas faire de différence pour cela. Mais est-ce que vous accueillez tout le monde ou vous mettez une limite ?

36:13
Invité

Est-ce qu'on assouplit par exemple le regroupement familial ?

36:16
Fabien Roussel

Il y a aujourd'hui... Mais le regroupement familial, il faut le respecter. D'abord, le faire vivre. C'est inscrit dans notre Constitution. C'est inscrit dans la Convention européenne. Le regroupement familial a été mis en place au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. justement par des pays d'Europe meurtris par le nazisme et par ces cohortes de réfugiés qui fuyaient la guerre. Or, aujourd'hui, le regroupement familial est honnit, rejeté, vilipendé parce qu'on a oublié. On a oublié que nous-mêmes, nous-mêmes, nous avons dû fuir la guerre.

On oublie aujourd'hui qu'il y a des millions de familles ukrainiennes qui fuient la guerre là-bas et on leur dénirait le droit d'aller rejoindre de la famille qu'ils ont en France, en Angleterre, dans d'autres pays de l'Union européenne. un homme et une femme n'ont pas le droit de vivre leur amour ensemble quand ils sont de pays étrangers ou quand ils sont ensemble et que l'un travaille dans un autre pays. Voilà. Moi, je suis pour respecter ce droit qui fait partie de l'histoire de l'Europe.

37:37
Invité

Alors, vous ne dites pas d'immigration zéro, mais est-ce que vous la limitez quand même ou c'est porte ouverte, tout le monde peut venir ?

37:42
Fabien Roussel

Moi, je suis pour mettre en place des voies légales et sécurisées de l'immigration pour lutter contre cette immigration illégale qui met en danger les familles qui, elles, sont obligées de prendre des risques. Donc, créer des voies légales et sécurisées, ça veut dire qu'aujourd'hui, il y a des règles en France édictées et par le ministère du Travail et par le ministère des affaires étrangères, sur des besoins qui existent dans certaines professions, dans certaines filières, il faut respecter ces règles, ces règles d'immigration, savoir accueillir, traiter les demandes, faire la distinction entre droit d'asile, activité économique et faire vivre ces règles et les respecter tout bonnement.

38:39
Invité

Mais est-ce que ça veut dire que quelqu'un qui migre pour des raisons économiques, qui arrive en France, vous l'expulsez dans son pays ?

38:47
Fabien Roussel

Mais bien sûr que non. C'est bien pour ça que je parle des besoins et de la richesse même qui existent aujourd'hui dans notre pays de la part de salariés. C'est pas forcément très clair dans la réponse. Mais oui, mais pourquoi vous ne donnez pas la parole à celles et ceux qui travaillent aujourd'hui, qui sont venus en France, qui travaillent dans des restaurants, dans des hôpitaux, qui ramassent nos poubelles, qui font la propreté. On leur donne la parole sur Brut tous les jours. Mais ceux-là, ceux-là, je dis aujourd'hui que toutes ces professions qui viennent et qui participent à la richesse de notre pays, oui, ils sont bienvenus.

39:27
Invité

Vous ne répondez pas forcément à la question. Alors précisez. Ces personnes-là, on leur donne la parole très régulièrement sur Brut. Mais la question, c'est de se dire aujourd'hui, par rapport à la migration, est-ce que vous expulsez certaines catégories de personnes ? Donc vous n'expulsez personne.

39:39
Fabien Roussel

Je régulariserai tous ces travailleurs sans papier qui sont aujourd'hui embauchés, qui payent des cotisations et qui n'ont même pas le droit de pouvoir circuler parce qu'ils font l'objet d'une OQTF, une obligation de quitter le territoire. Il faut donc régulariser ces travailleurs, ces personnes qui sont ici parfois depuis de nombreuses années et qui participent à la vie économique de notre pays.

40:07
Invité

Et ceux qui ne sont pas régularisés ? La question, en fait,

40:11
Fabien Roussel

c'est d'être assez claire. Je vous parle de la régularisation des travailleurs sans papier. Et ensuite, et c'est pour ça qu'il y a une distinction à faire, il y a ceux qui doivent bénéficier du droit d'asile, ceux qui fuient la guerre, des catastrophes climatiques et qui sont venus chercher un refuge dans notre pays, dans d'autres pays d'Europe. Ils, eux, font l'objet du droit d'asile qui est un droit spécifique. Et je suis pour l'élargissement du droit d'asile parce qu'on dit accueillir les réfugiés qui fuient la guerre en Ukraine, mais on n'applique pas le même droit pour ceux qui fuient la Syrie ou l'Afghanistan.

Et donc, je suis pour faire respecter ce droit d'asile pour toutes et tous en élargissant ces bases. Et ensuite, il y a parmi la population immigrée, eh bien, ceux qui, aujourd'hui, ont une activité, sont en France depuis des années. Il faut leur donner le droit de pouvoir avoir les mêmes droits que nous quand on a une activité.

41:10
Invité

Est-ce que vous avez évalué le nombre de régularisations que vous feriez ?

41:14
Fabien Roussel

Je ne saurais pas vous dire combien il y a aujourd'hui de travailleurs sans papier à régulariser. Vous m'excuserez, mais je n'ai pas le chiffre en tête. Merci. Mais je fais confiance à l'INSEE, à la DARES, à tous les organismes compétents dans ce domaine pour pouvoir vous le dire.

41:29
Invité

Alors, la question suivante, c'est une question politique internationale, surtout dans le contexte de ce qu'on connaît en Ukraine actuellement. Est-ce que la France doit sortir de l'OTAN ?

41:38
Fabien Roussel

Dans mon projet, il est prévu que la France sorte de l'OTAN, mais aujourd'hui, ce n'est pas l'actualité. L'actualité, c'est la paix, c'est de cesser le feu, c'est d'être unis, toutes les nations, contre Poutine pour faire cesser cette guerre, respecter la souveraineté ukrainienne. Nous mettrons à l'ordre du jour la sortie de l'OTAN quand la paix sera venue et quand sera venu le temps d'élaborer un nouveau traité rassemblant l'ensemble des pays de l'Europe, pas de l'Union européenne, de l'Europe. Nous sommes 50, 50 nations, 50 États à vivre ensemble sur ce continent européen.

Jetons les bases d'un traité de sécurité collective où nous pourrons aborder nos différents, nos problèmes sans chaque fois les régler par les bombes et par des invasions. Mettons en place un traité de sécurité collective et c'est dans cet esprit-là qu'il sera mis à l'ordre du jour le changement d'alliance et le changement de traité. Mais aujourd'hui la priorité ce n'est pas la sortie de l'OTAN c'est la paix.

42:48
Invité

Et il y a la dernière question sur l'appareil.

42:54
Fabien Roussel

C'est une question écrite Mika Création est-ce que vous allez rendre l'argent de votre travail fictif ? Vous allez vite en besogne. J'ai fait l'objet d'un article de Mediapart j'ai répondu à ces questions j'ai exercé une profession un métier avec cœur pour un député quand on est un militant communiste et quand on est un assistant parlementaire pour un député communiste je peux vous dire qu'on ne compte pas son temps ses heures de travail au service de la cause au service du député et je suis certain que je Il n'y a pas eu

43:40
Invité

qu'un article il y a aussi le parquet national financier qui a ouvert une enquête sur des soupçons d'emploi fictif Mais je répondrai à toutes les questions

43:46
Fabien Roussel

qui me seront posées

43:47
Invité

Donc aujourd'hui vous êtes serein pour apporter toutes les preuves de votre travail

43:50
Fabien Roussel

Mais je suis serein comme quelqu'un qui depuis des années est un militant actif ou en tant que militant ou au service salarié d'un député je ferai je donnerai quand je serai interrogé Et c'est le preuve écrit que vous les avez ?

Mais j'ai tout J'aurai tous les éléments à montrer à la justice quand je serai convoqué pour faire la démonstration de la réalité de mon travail Vous savez parler d'emploi fictif d'enrichissement personnel quand on est un militant communiste quand je fais partie de ces candidats qui ont le patrimoine le plus petit quand je fais partie de ces rares députés qui reverse une partie de ces émoluments parce que nous on ne s'enrichit pas quand on est élu nous on reverse une partie de nos émoluments moi je reverse tous les mois 2000 euros à mon parti qui organise derrière avec cet argent de la solidarité des ventes de fruits et légumes des journées à la mer voilà la réalité de notre engagement politique alors je répondrai à toutes les questions voilà en toute transparence mais aujourd'hui c'est l'élection présidentielle et vous avez été contacté

45:03
Invité

par les enquêteurs vous avez une non

45:04
Fabien Roussel

c'est pour ça que c'est la presse qui m'informe c'est vous qui me le dites et je réponds voilà et quand je recevrai cette convocation j'y répondrai tout naturellement je respecte et le travail des journalistes et le travail de la justice et je suis certain que je ferai la démonstration de la réalité de mon travail merci merci beaucoup Fabien merci beaucoup merci beaucoup

45:30
Locuteur

merci beaucoup

Présidentielle 2022 : Fabien Roussel répond à vos questions (interview complète) — Fabien Roussel · Pourquijevote