Caroline Champetier : "Le directeur de la photographie est un directeur du regard"
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bonjour à tous elle est la plus grande directrice française de la photographie chef-hop aussi comme on dit même si elle n'aime pas ses mots la liste des réalisateurs français ou étrangers qui font appel à elle et vertigineuse rivet Ackerman Godard Doyon dans les années 80 Benoît Jacquot Philippe Garrel André Téchiné dans les années 90 José Dayan à Mosquita ou encore par betchdor dans les années 2000 elle a aussi accompagné les oscarax pour son retour au cinéma il y a deux ans avec Annette soutenu Xavier Beauvois depuis son presque 1er film sa vie est une histoire de cinéma mais aussi une histoire d'amitié et de fidélité comme on le verra Caroline Champetier est aujourd'hui notre invité [Musique] une émission programmée par Henri Leblanc préparée par Sacha matteiko ordonnée par Laura du Tech Perez réalisé par Félicie Faugères avec Dali il y a à la technique et bonjour Caroline Champetier bonjour et félicitations honoré de la berlinal caméra au dernier Festival du Film de Berlin cette année vous voilà aujourd'hui notre prix france Culture notre prix cinéma consécration prix qui vous sera remis demain à Cannes aux côtés du lauréat du Prix cinéma des étudiants dont nous tirons encore le nom il sera révélé demain à l'antenne sur l'antenne de France Culture et sur les réseaux dissociaux félicitations merci bienvenue dans le club très select des prix cinéma consécration je suis à la fois honorée un petit peu intimidé je sais pas ce que ça veut dire mais j'essaye de comprendre ce que ça signifie ce qui était une ou un directeur de la photographie chef-up alors vous n'aimez vraiment pas ce mot là cette historique le chef opérateur c'est le mot qui apparaît avec la nouvelle vague quand cette nouvelle vague commence à devenir au cinéma réduit les équipes et ce que l'équipe images qui était composé d'indirecteurs de la photographie d'un cadreur devient une seule personne et cette seule personne on l'a appelé chef donc je trouve que ça boucle le terme reste à cet endroit là de l'histoire de la fabrication des films et puis dans le mot directeur de la photographie il y a photographie ça ça m'importe plus que tout et c'est vrai que le terme anglais cinématographeur est le plus juste parce que il dit exactement ce que nous faisons c'est à dire écrire avec des images c'est à dire en fait avoir un phrasé de l'image voilà ce que vous vous dites vous dites ce mot photographie c'est celui qui m'importe le plus c'est au contraire celui qui moi m'intrigue le plus simple parce que dans cette idée de directeur de la photographie il y a cette notion de photos c'est-à-dire d'image mais aussi peut-être d'un moment figé alors que le cinéma c'est quand même plusieurs images par seconde c'est une autre idée du mouvement c'est ça que je trouvais étrange avec ce terme de directeur ou directrice de la photographie j'avais absolument raison mais c'est là où le terme anglais ou les Anglais très souvent have the good World quoi parce qu'ils sont plus directs et plus précis le vrai terme c'est direction du regard et on pourrait dire on pourrait s'appeler directeur du regard c'est magnifique directrice du regard vous êtes notre directrice de regard et alors il y a dans tout ça un côté très technique dans le job et c'est vraiment ce qui vous a semble-t-il intéressé vous dès le départ Caroline champenier thé vos études à l'idec qui était l'ancêtre de la famille c'était ce côté un peu mécano bidouille de l'image non de nouveau cet historique c'est à dire que c'est les années 70 je suis dans une école où il y a beaucoup plus de garçons que de filles les filles sont plutôt dirigées vers le montage on en était encore là et il y a quelque chose qui me dans les outils il y a quelque chose qui m'appelle et je dis mais pourquoi pourquoi les filles ne sont pas [Musique] reliés aux outils ou liés aux outils comme il faudrait qu'elle le soit voilà et je crois que c'est plutôt l'outil qui m'appelle quoi et puis j'ai ce raccourci qui n'est pas forcément aujourd'hui peut-être que je fonctionnerai autrement de me dire le vrai outil du cinéma c'est la caméra mais pourquoi parce qu'il était interdit aux femmes ou interdit ou en tout cas qui n'était pas aujourd'hui ça serait peut-être l'argent ça serait peut-être l'écriture ça serait peut-être vous voyez les outils de cinéma ils sont multiples avec un esprit de contradiction comme au départ ce que vous disiez l'envie d'aller là où on vous attendait pas forcément l'envie de vous approprier un outil qui n'était pas dédié ou d'évoluer aux femmes dans quelques instants sur votre sur votre féminisme des années 70 à aujourd'hui mais juste ce métier vous allez l'apprendre réellement sur le tas avec William le Luke à la fin des années 70 l'idée d'éclairer un visage de trouver la bonne lumière qui va habiller un lieu quelle était sa méthode à lui qu'est-ce qu'il vous a transmis c'était un grand maître de l'argentique Willy il avait un savoir-faire de de pause c'est à dire qu'ils savaient extrêmement bien doser et poser son négatif d'ailleurs encore aujourd'hui quand je travaille avec des étalonneurs il me disent à quel point ça pose était régulière posée une image qui est un terme très technique en fait et sinon c'était quelqu'un de baroque enfin il avait un rapport coloré contrasté à l'image c'est un maître du contraste en fait je dois dire qu'après c'est en voyant des films et des films éclairés par d'autres directeurs de la photographie comme elle main droite comme Rousselot que ce rapport à au visage et on peut pas dire que l'option qui soit un portraitiste c'était plutôt un créateur d'atmosphère le portrait au cinéma c'est un peu une obsession et ça a été celle sans doute sans doute d'almandros quoique certainement celle de Pierre Lhomme parce que il y a une espèce de contradiction dans la direction de la photographie c'est d'éclairer à la fois des êtres des visages des corps et des décors et d'arriver à ce que quelque chose de cette contradiction soit vraiment prise dans le récit quoi et ça il faut le il faut l'incarner visuellement et les visages le portrait ça a été votre obsession à vous aussi oui la peau j'ai quelque chose la peau pour moi est une chose miraculeuse qui ont dans toutes les périodes argentiques c'est-à-dire les grandes périodes Kodak et Fuji mais particulièrement Kodak a été rendu avec une précision extraordinaire et d'accord d'ailleurs on voit encore des films argentiques et on est surpris par la qualité de du rendu dépôt donc oui à partir de ce moment où j'ai compris que c'était l'axe site mais c'est aussi un rapport à l'acteur une façon de s'approcher de l'acteur par la chose qu'on partage avec lui qui est sa peau c'est une drôle de chose ça oui ça pourrait être son regard ça pourrait être aussi sa silhouette oui mais c'est ce grain de peau et peut-être vous avez raison pour la peinture qui vous a peut-être aussi amené à ça cette idée du grain de peau il y a des grands peintres d'ailleurs justement de ces carnations cette manière de rendre la lumière sur les peaux c'est à dire qu'à un certain on comprend à un moment donné qu'en fait tout aimé tout est médiation au cinéma et que éclairer un acteur c'est faire que ce soit lui qui est clair et donc tout le travail c'est cette espèce de transmission de force visuelle qui fait que en éclairant un regard on sait que la scène prend forme prend force est-ce qu'on appelle la lumière réfléchie la lumière qui tombe sur le sur le personnage sur la peau c'est un trajet quoi c'est pas une chose directe en fait la photographie sur un tournage on voit souvent le chef hop on l'imagine comme étant l'un des bras droits ou le bras droit du réalisateur on sait que le réalisateur nous souvent aussi une relation directe avec les acteurs de son film comment vous vous avez appris à tisser un lien avec les acteurs est-ce que ça vous a pris du temps avant de d'intervenir peut-être directement auprès d'eux de travailler directement avec eux je parle pas aux acteurs vous leur parlez pas je ne parle pas aux acteurs très très peu c'est le metteur en scène qui parle aux acteurs je les regarde et je crois que vous les éclairez ils doivent attendre beaucoup de vous quand même oui mais je les regarde pour les éclairer et je crois que c'est le regard et c'est ce regard qui peut les conforter et les amener à me rendre quelque chose de l'ordre du regard de la question etc oui souvent un acteur regarde la personne qui est derrière la caméra à la fin de la prise mais ça ne passe pas par les mots ce qui passe par les mots c'est avec les autres collaborateurs avec le metteur en scène avec un acteur c'est quelque chose de très étrange d'assez fusionnelle surtout quand le cadre est compliqué et qu'il faut le donc et c'est une aventure à la fois étrange et très puissante de savoir qu'un acteur vous vous sollicite sont évidemment vous le demandez il y en a pas qui vous ont dit parfois là Caroline tu m'as trop exposé je suis surexposée ou exposé quelqu'un comme Isabelle Huppert j'ai parfois eu des moments de discussion sur son image si elle est vive elle est vive mais elle n'est pas non non elle n'est jamais violente donc non il y a une forme de négociation bien sûr c'est une mais tout est négociation aussi c'est pas simple un plateau de tournage non on imagine c'est beaucoup de circonvolution humaine et une petite sociologie qui s'établit le temps d'un tournage aussi une petite société qui doit apprendre à faire un petit foie dont les gens parlent beaucoup aujourd'hui puisque avec ces histoires de maltraitance etc c'est intéressant vous les regardez de loin toutes ces histoires justement ça vous fait de revoir réviser aussi votre parcours votre propre positionnement à la fois comme directrice de la photographie mais aussi comme femme sur un plateau pendant toutes ces années avec beaucoup de réalisateurs hommes mais c'était effectivement comme ça dans les années 60 et je lui en garde énormément de reconnaissance et ça m'a placé aussi de ce côté là quoi ouais vous avez raison je crois que moi j'ai l'impression que je suis myomi femme alors peut-être que j'ai que cette partie mi-homme elle me facilite la vie avec les hommes pourquoi pas aussi avec les femmes mais c'est vrai qu'il y a des choses que j'ai encaissées voilà j'ai encaissé des choses mais parce que le prix en valait la chandelle quoi et j'ai beaucoup admiré ces hommes qui étaient parfois violent parfois puissant autoritaire mais c'est étrange je n'ai jamais senti ça contre moi et alors c'est une chose très particulière mais ça revient à une chose d'enfance je me souviens d'un dessin que j'avais fait très jeune et mon père qui est architecte que j'ai beaucoup admiré et auquel je pense que je dois beaucoup cette rapport scopique au monde quand il a vu ce que j'avais dessiné a dit c'est furieusement naturaliste je sortais de l'enfance et et peut-être que je perdais l'invention absolue de des enfants avec le dessin et cette phrase qui était trop compliquée pour un enfant de 8 ans et en même temps pas sympathique et en même temps je me suis dit un truc là et finalement je n'ai jamais la colère des hommes ou les réflexions des hommes ou la distance des hommes dans le travail n'a jamais été quelque chose qui m'a blessé je suis plus blessée par les femmes pourquoi parce que sororité peut-être ou de je me sens plus proche d'elle oui pour reparler d'Isabelle Huppert si Isabelle Huppert n'est pas les pas satisfaite de quelque chose je serai peut-être plus inquiète que si un metteur en scène où ça me dit quelque chose ça ça passe ça passe je sais pas comment je fais le torero ou plutôt la torera mais les femmes ça m'inquiète plus évidemment ça a peut-être avoir avec la mer je ne sais pas mais oui c'est ce que vous disiez à l'instant en disant c'était pas je le ressentais pas qu'on est en contre moi quand un homme pouvait s'emporter ou qui avait une relation plus plus colérique ou plus tendue il y a peut-être aussi cette mise à distance qui qui se faisait et le sentiment que ce n'était pas quelque chose à comprendre personnellement en revenant une fois sur vos engagements militants après 68 Caroline Champetier vous avez dit je fais partie des féministes qui ont poussé la radicalité un peu loin quel est aujourd'hui pour vous la meilleure façon d'être féministe sur un tournage dans le milieu dans l'industrie du cinéma oh là là quelle question je peux je peux éventuellement vous en faire vous la faire en deux temps est-ce que vous pensez que pour que les mentalités évoluent est-ce que vous croyez comme la dire récemment la ministre Rima Abdul Malak est-ce que vous croyez davantage au pouvoir des films plutôt que tribuent à l'emporte-pièce mais plus globalement je crois au pouvoir du cinéma je crois que le cinéma est un extraordinaire lieu de regard du monde de partage d'intelligence donc oui je crois je crois ça les tribunes quand elles apparaissent et quand elles sont fortes elles peuvent toujours m'émouvoir si vous voulez parler par exemple de la dernière en date qui est cellenel oui est-ce qu'elle a pour vous le mérite de la radicalité retrouvée elle est bouleversante et ce dont personne ne parle en parlant de cette tribune c'est qu'il s'agit d'une victime et qu'à partir de là quelqu'un qui est passé par quelque chose qu'il a abîmé ou qu'il a c'est différent que quelqu'un qui qui ne l'a pas été et donc on ne peut qu'entendre ce qu'elle dit qu'à partir de cet état-là et qu'elle ne veuille plus l'être et qu'elle veuille construire un monde qui la protège et que c'est que ce soit dans ce monde-là qu'elle agisse je dis bravo et puis à vrai dire fais ce que tu veux je connais la la dramaturge j'ai mes deux en scène avec lequel elle travaille Gisèle Vienne qui est quelqu'un qui nous a beaucoup inspiré les oscarax et moi au moment d'année nous sommes allés voir son son spectacle sur la conférence des ventriloques avec des marionnettes et c'est quelqu'un d'exceptionnel et qui réfléchit le monde et de façon exceptionnelle je comprends qu'on veuille se concentrer quand on approche des gens comme ça complètement et Gisèle viennent qui est aussi chorégraphe elle a beaucoup réfléchi à cette question du corps du corps de l'acteur du corps des danseurs ou des danseuses et combien ce matériau finalement avec lequel travaille le cinéma le théâtre ou encore la danse et fragile et personnelle et intime et il ne se manie pas sans qu'on y prête réellement attention elle questionne beaucoup aussi son propre regard sur sur le corps des acteurs ou des actrices ou des danseurs ou des ou des danseuses plus que beaucoup de plus que beaucoup de cinéastes et je pense qu'elle a aujourd'hui un projet dont elle m'a parlé qui est justement la façon dont le langage du corps explose dans dans cette périphérie urbaine quelle a périphérie parisienne et où on se rend pas compte le nombre de différents langages corporels qui sont en train d'émerger France Culture on est aujourd'hui en compagnie de la directrice de la photographie Caroline Champetier on vient de vous l'annoncer elle vient d'obtenir le prix cinéma consécration France Culture 2023 et sur succède ainsi au cinéaste ukrainien Sergueï losnitza qui a été le lauréat l'an passé pris qui lui sera remis demain samedi à Cannes on a beaucoup de plaisir à vous recevoir d'autant que vous pratiquez ce métier si singulier quelle est la direction de la photographie c'est un art pour vous d'ailleurs un art de la maîtrise ou un art de la surprise je sais pas si c'est un art non ce qui est un art c'est le cinéma c'est ce qu'on partage avec une équipe entière de je j'ai l'impression de progresser de plus en plus dans dans ce mot étrange pour les Français qui s'appelle la collaboration c'est à dire travailler avec les autres et c'est ça que je trouve à la fois si puissant c'est difficile avec le cinéma c'est que on le fait à plusieurs voilà on n'est pas seul à faire un film pour ça quand quelques-unes ou quelques-uns parlent de films comme s'ils l'avaient fabriqué seul pour moi c'est toujours une chose très très étrange parce que c'est ça la force du cinéma c'est une vous l'avez dit tout à l'heure c'est c'est une société choisie c'est une démocratie ou tyrannie choisie et c'est avec ça qu'on travaille et quand vous regardez les films des autres on imagine que peut-être du coup vous ne voyez pas que la lumière vous regardez l'ensemble comme un tableau c'est ce que racontait Lucci dont on parlait tout à l'heure quand il a été lui le chef hop membre du jury du Festival de Cannes en 93 moi je pense que dans un film c'est pas vraiment une loi mais ça se tient je veux dire que c'est très c'est assez rare de voir une photo qui soit disant déficiente comme vous le dites qu'il soit attachés à un film intéressant je pense que s'il se forme un tout bon quand je peux très bien soit une photo qui qui colle avec le film et qui soit pas forcément une très belle photo mais si c'est la photo qui colle avec le film il y a aucun problème et effectivement certains films je trouve la photo superbe et ça marche très bien avec le film d'autres films je trouve une fouine une très belle photo qui ne marche pas avec le film donc c'est à mon avis c'est aussi c'est une erreur qui est aussi importante et puis il y a des films qui sont pas intéressants et qui ont des photos qui sont pas intéressantes voilà qu'est-ce que vous regardez vous où est-ce que votre regard se dirige quand vous regardez les films des autres des films sur lesquels vous n'avez pas travaillé vous avez été comme lui à un moment membre du jury de la Caméra d'Or à Cannes c'est les premiers films c'est les premiers films 98 vous regardez que la lumière où vous laissez emporter pendant évidemment c'est le film évidemment que c'est le film par contre si je commence à m'ennuyer et si je commence à regarder trop ce qu'on appelle la lumière là c'est pas bon signe c'est pas possible un art un art de la lumière qu'est-ce qu'une bonne lumière la danseuse studio par exemple ou la jugé combat elle est bien la lumière on a réussi on pourrait adoucir un petit peu les projets mais en même temps voilà ça crée un espace une lumière c'est quelque chose qui crée l'espace vous composez toujours avec le réel pour le cadre pour la lumière où vous autorisez à considérer que la lumière peut aussi être un artifice un artifice de cinéma qu'on peut la créer pour l'occasion bien sûr déjà on n'est pas toujours en lumière naturelle on peut être en studio et quand on est au studio aux commissions par du noir et là on crée tout et puis bien sûr que la lumière doit venir c'est spirituel en fait la lumière l'option qui parlait là mais c'était à la fois totalement juste et peut-être que le niveau dessus c'est de dire que quand la lumière arrive à à un niveau de de d'expression dans le film ça remonte quelque chose là c'est que quelque chose de spirituel se passe c'est c'est un c'est pas un outil la lumière tout est tout peut être un outil au cinéma la caméra le cadre le format la lumière c'est autre chose pour cette nouvelle édition du Festival de Cannes Caroline Champetier le film du réalisateur cinéaste chinois Wang Bing pour la première fois en compétition a été présenté hier de mémoire un jeunesse le printemps c'est une chronique de la vie quotidienne des ouvriers des ateliers de textiles entre travail et amour parce qu'ils sont souvent très jeunes c'est ces ouvriers alors il y a eu des conditions de tournage on imaginait assez particulière puisqu'il est allé filmer filmer directement en Chine c'est un documentaire de de trois heures trois heures et demie mais c'est rien il faut se souvenir que Wang Bing fait partie avec Frédéric Wiesmann des cinéastes du temps long l'un de ses premiers films documentaires à l'ouest des rails sortis en 2002 raconte la vie des travailleurs chinois en plus de 9 heures 551 minutes de films mais depuis lanzman et Shoah vous étiez à ce moment-là assistante aussi vous avez travaillé un peu sur ce projet on imagine que plus rien ne vous effraie sur la longueur des films et sur ce temps long que certains cinéastes décident d'adopter je vous parle de Wang Bing parce que vous avez récemment collaboré avec lui pour un autre film made in black qui serait présenté en sélection spéciale à Cannes comment ça s'est passé c'est très intimidant parce que on sent quelque chose de puissant qui le pousse qui le porte et il y a pas les mots il y a pas les mots parce que je parle pas chinois il parle pas et en plus il y a quelque chose qui ne divulgue pas donc il était très arrêté sur le lieu qui était les Bouffes du Nord trop cher mais on y est revenu est une salle de spectacle à Paris un grand théâtre parisien Peter Brouck toute cette et surtout avec un rouge qui se pourrait se rapprocher du rouge de la Cité Interdite et il voulait filmer là un immense musicien chinois qui a été dans les camps pour droitier qui a été torturé et dont il voulait justement filmer la peau et donc il voulait qu'il soit nu donc il y avait quelque chose vous voyez c'était comme des éléments épars qu'il fallait arriver à réunir dans ce que j'appelle le plan parce que l'atome du film c'est le plan et c'est ce qu'on a fait et la chose est assez sidérante voilà et il sera présenté là ce film vous avez travaillé aussi avec des cinéastes des metteurs en scène japonais je pense notamment à Naomi kawasé ou d'autres exactement aussi la on quitte la Chine avec wangwin pour aller plutôt vers le Japon mais qu'est-ce que c'est collaboration avec des regards avec des sensibilités avec des cultures aussi de l'image qui sont quand même différentes vous ont apporté parce qu'on vous a longtemps vu comme la chef hop du du cinéma français il m'a immensément apporté parce que c'est aussi la culture japonaise c'est-à-dire que il y a pas de jeu au Japon et et du coup là justement la fabrication d'un film et il dit c'est comme un grand trou dans chacun apporte quelque chose donc là dessus il m'a énormément apporté nos bureaux et puis il fait ce travail assez impressionnant avec l'improvisation qui fait que ça modifie beaucoup quand même la construction des plans et le rapport qu'on a aux acteurs est-ce que le cinéma c'est aussi une affaire de génération vous qui avez commencé dans les années 70 évoluer avec une autre génération de Cinéas dans les années 80-90 et ce qu'aujourd'hui vous avez le sentiment que la nouvelle génération travaille très différemment de ces prédécesseurs je sais pas c'est pas une affaire de génération ou alors c'est une génération des outils c'est les outils qui font évoluer le cinéma c'est des caméras de plus en plus légères de plus en plus sensibles etc après ce qui est très mystérieux c'est que quand il y a du cinéma les gens qui aiment le cinéma savouillaient quoi aujourd'hui il y a tellement de films il y a tellement que parfois il disparaît dans la quantité quoi mais mais quand il se manifeste c'est plus une affaire de génération et quand est-ce qu'il s'est manifesté la dernière fois pour vous la dernière fois vous êtes là il y a du cinéma alors j'ai vu un film cet automne que j'ai trouvé magnifique qui était le film de Clément cogitor Goutte d'Or et là il y avait vraiment du cinéma à quoi ça tient très mystérieux il faudrait du temps pour l'expliquer mais justement un rapport entre la caméra l'acteur l'espace imaginaire et ce petit glissement qui a du réel à oui la fiction l'imaginaire qui m'a vraiment emporté et vous avez souvent aussi cité Justine Triet qui sera rappelant le cette année dans la sélection officielle aussi du Festival de Cannes pour son dernier film anatomie d'une chute elle figure parmi les 21 films en compétition merci mille fois à vous Caroline Champetier d'avoir accepté de passer par le studio du club pour venir fêter avec nous ce prix cinéma consécration que France Culture vous remettra demain en main propre à Cannes merci beaucoup merci
Océane Godard