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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 29 mai 2012 11 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesImmigration & asileInstitutions & électionsSolidarités & famille

Marine Le Pen

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 87 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:17OuverteRéponse directe

    Que préconisez-vous dans ce domaine ?

  • 1:34OuverteÉludée

    Quel type de mesures d'urgence pourraient-elles être prises face aux employés menacés de perdre leur emploi ?

  • 2:43FerméeRéponse directe

    Une contribution avec les échanges, avec tous les pays, y compris européens ?

  • 3:25OuverteRéponse partielle

    Parmi les mesures promises et envisagées par le gouvernement, dont on va discuter aujourd'hui, un coup de pouce sur le SMIC, le retour de la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler à 18 ou 19 ans, sont des bonnes mesures ?

  • 4:31RelanceRéponse directe

    Au final, c'est le consommateur qui paye.

  • 5:40RelanceRéponse directe

    Sur un chiffre à ce qui est contesté, puisque certains économistes estiment que l'immigration entraîne des recettes nettes d'environ 12 milliards d'euros.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:34Invité politiqueFait
    « La seule chose qui pourrait être utile, c'est un protectionnisme intelligent à nos frontières. »
  • 0:39Invité politiqueFait
    « C'est résoudre le problème de la concurrence déloyale et donc de l'avantage qu'il y a pour un certain nombre d'entreprises à délocaliser leur production. »
  • 0:51Invité politiqueFait
    « C'est de mettre en œuvre une grande politique de priorité aux PME, aux PMI françaises. »
  • 1:10Invité politiqueChiffre
    « par l'augmentation des bas salaires pour financer par une contribution sociale à l'importation de 3%. »
  • 2:04Invité politiqueFait
    « Or, nous avons été, encore une fois, l'inventeur de la TVA. »
  • 2:15Invité politiqueChiffre
    « qui serait une contribution très minime, 3% c'est très minime, »
  • 2:21Invité politiqueChiffre
    « et qui permettrait à ces pays européens d'augmenter les salaires jusqu'à, en France en tout cas, 1500 euros, »
  • 3:00Invité politiqueFait
    « nous avons touché, atteint un déficit historique de notre balance commerciale. »
  • 5:18Invité politiqueFait
    « Moi, je dis qu'il faut que nous arrêtions de prendre en charge toute la misère du monde. »
  • 5:26Invité politiqueFait
    « Je pense qu'il faut arrêter l'immigration. »
  • 5:28Invité politiqueFait
    « Qu'il faut réserver les prestations sociales aux Français. »
  • 7:20Invité politiqueFait
    « Il n'a pas dit, je ne m'entourerai pas de gens qui n'ont pas un casier vierge, »
  • 7:32Invité politiqueFait
    « moi, je considère que quand on est condamné pénalement à cause de faits qui ont été commis grâce à l'exercice de son mandat ou dans l'exercice de son mandat, effectivement, il faudrait l'inéligibilité à vie. »
  • 8:18Invité politiqueFait
    « sa nomination est absolument ahurissante. »
  • 8:27Invité politiqueFait
    « Comment peut-on, comme ministre, défendre la Constitution, qui indique que la République est une et indivisible, quand on a plaidé toute sa vie ? »

Temps de parole

  • Marine Le Pen76 %
  • Présentateur24 %

8,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:02
Présentateur

Bonjour Marine Le Pen, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault lance des consultations aujourd'hui avec les syndicats et le patronat. Le gouvernement confronté, vous le savez, à une vague de plans sociaux, la France confrontée à une vague de plans sociaux. Que préconisez-vous dans ce domaine ?

0:19
Marine Le Pen

Je te préconise de changer radicalement de modèle économique. On ne s'est pas donné les moyens de protéger notre économie, nos industries. Ils auront beau discuter, bavarder entre eux, ça ne changera pas une réalité. Ça ne sert à rien. Non, ça ne servira à rien, non. La seule chose qui pourrait être utile, c'est un protectionnisme intelligent à nos frontières. C'est résoudre le problème de la concurrence déloyale et donc de l'avantage qu'il y a pour un certain nombre d'entreprises à délocaliser leur production. C'est de mettre en œuvre une grande politique de priorité aux PME, aux PMI françaises.

Mais ça, c'est interdit par l'Union Européenne, l'Union Européenne qu'ils ont eux-mêmes construite. Et cette interdiction, ils l'ont gravée dans le marbre. C'est aussi de faire une relance, une vraie, pas uniquement une relance en mots, une relance en actes, par l'augmentation des bas salaires pour financer par une contribution sociale à l'importation de 3%. Voilà les solutions concrètes qu'il faut mettre en œuvre pour sauver notre économie. Sinon, elle continuera de se vider de son sang.

1:29
Présentateur

En attendant de changer de modèle économique, comme vous le dites, quel type de mesures d'urgence pourraient-elles être prises face aux employés menacés de perdre leur emploi ?

1:42
Marine Le Pen

Mais il n'y a pas de mesures d'urgence à prendre, monsieur. Parce que je vois bien, monsieur Montebourg, courir d'une usine qui ferme à une usine qui ferme. Mais à part l'agitation qu'on a déjà connue depuis 5 ans et les belles paroles, on s'en souvient, il ne pourra rien être fait si l'on ne trouve pas un nouveau mode de financement, d'une augmentation des salaires pour pouvoir effectuer une relance par la consommation. Or, nous avons été, encore une fois, l'inventeur de la TVA. La TVA, nous l'avons exportée dans le monde.

Eh bien, moi, je propose un nouveau flux, qui est le flux sur les contributions, qui serait une contribution très minime, 3% c'est très minime, que pourraient mettre en œuvre d'ailleurs tous les pays européens, et qui permettrait à ces pays européens d'augmenter les salaires jusqu'à, en France en tout cas, 1500 euros, pour relancer la consommation et donc relancer l'économie. Parce qu'on voit bien que la contraction du pouvoir d'achat, qui est la conséquence des cures d'austérité, a évidemment une conséquence immédiate sur les entreprises. Les entreprises ne peuvent pas se développer si elles n'ont pas de clients. C'est ça, le problème essentiel.

2:43
Présentateur

Une contribution avec les échanges, avec tous les pays, y compris européens ?

2:48
Marine Le Pen

Oui, tous les pays, oui, oui.

2:50
Présentateur

L'Europe représente deux tiers de nos échanges aujourd'hui.

2:53
Marine Le Pen

Oui, mais ça ne change rien, raison de plus. Je vous signale que nous importons plus que nous n'exportons. C'est bien d'ailleurs notre problème, puisque nous avons touché, atteint un déficit historique de notre balance commerciale. Eh bien, imaginez l'idée que ces importations puissent contribuer, encore une fois avec une contribution sociale très minime de 3%, au développement du pouvoir d'achat et donc à la relance de l'économie, est loin d'être absurde. Je crois même que c'est la seule solution possible aujourd'hui.

3:25
Présentateur

Parmi les mesures promises et envisagées par le gouvernement, dont on va discuter aujourd'hui, un coup de pouce sur le SMIC, le retour de la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler à 18 ou 19 ans, sont des bonnes mesures ?

3:38
Marine Le Pen

Mais ça ne peut pas être de bonnes mesures si elles ne sont pas accrochées à quelque chose de réel. Je vous donne un exemple sur le SMIC. Pourquoi l'augmentation du SMIC, ça va être quoi ? 3 euros ? 2 euros ? Bon, ça va être dérisoire. La réalité, elle est là. Mais le problème, c'est que l'augmentation du SMIC entraîne une augmentation des charges qui pèsent sur les entreprises. L'intérêt dans le système dont je vous parlais tout à l'heure, de la prise en charge des cotisations salariales par l'État, financée par un nouveau flux, c'est que ça n'entraîne pas une augmentation des charges de l'entreprise.

Ça entraîne une augmentation de 200 euros net du salaire sans qu'il y ait une augmentation des charges sur l'entreprise. Or, il y a tellement d'entreprises aujourd'hui qui sont à la limite de la faillite que la moindre charge supplémentaire en situation de récession risque évidemment d'aggraver les faillites et d'aggraver cette spirale descendante en quelque sorte de l'économie.

4:31
Présentateur

Au final, c'est le consommateur qui paye. Si vous mettez une taxe de 3% sur les importations, c'est payé par les gens qui achètent les produits.

4:36
Marine Le Pen

Oui, mais ça correspond à peu près à 0,9% d'augmentation sur le produit fini. Mais quand on augmente de 200 euros net les salaires jusqu'à 1500 euros, vous vous rendez compte que, évidemment, c'est l'économie qui va en être bénéficiaire.

4:49
Présentateur

Financé par le contribuable et le consommateur.

4:51
Marine Le Pen

Mais non ! Mais d'accord, mais à un taux qui est dérisoire. Un taux qui est dérisoire. Donc ce sera un bénéfice, encore une fois, pour, évidemment, les salaires les plus bas qui sont aujourd'hui ceux qui souffrent le plus. Concernant la retraite à 60 ans. Moi, je suis pour la retraite à 60 ans avec 40 annuités. Mais je suis consciente qu'il faut quand même faire des économies à côté. Or, quelles économies va faire le gouvernement de M. Hollande ? On ne nous en parle pas. Moi, je dis qu'il faut que nous arrêtions de prendre en charge toute la misère du monde. Je l'ai dit, redit, répété, je l'assume. Je pense qu'il faut arrêter l'immigration.

Qu'il faut réserver les prestations sociales aux Français. Qu'il faut mettre en œuvre la priorité nationale à l'emploi et au logement social. Et que tout ça, effectivement, est susceptible de nous faire faire des économies qui sont considérables et qui pourront nous permettre de sauver notre système de protection sociale.

5:40
Présentateur

Sur un chiffre à ce qui est contesté, puisque certains économistes estiment que l'immigration entraîne des recettes nettes d'environ 12 milliards d'euros.

5:49
Marine Le Pen

C'est quand même drôle, M. Cohen, parce que ceux qui nous disent ça devraient à ce moment-là nous proposer la multiplication de l'immigration. Si l'immigration, ça rapporte 12 milliards, et bien à ce moment-là, qu'on double l'immigration, ça nous rapportera 24 milliards. Vous pensez que ça coûte combien ? 41 milliards. Sauf qu'il n'y a pas une seule personne qui ose dire ça. Même pas les socialistes. Même pas les socialistes osent dire qu'il faut aggraver l'immigration. eux-mêmes sont bien conscients qu'il faut tenter de la réduire, même s'ils n'ont pas le courage de le faire, parce qu'idéologiquement, ils sont bloqués par leur internationalisme.

6:22
Présentateur

D'accord. Je ne voulais pas dire que l'immigration, ça rapportait. Je voulais dire que l'idée que réduire l'immigration puisse rapporter de l'argent et des recettes supplémentaires telles que vous le décrivez, c'est une idée contestée.

6:34
Marine Le Pen

Évidente.

6:34
Présentateur

Vous êtes dans l'opposition au nouveau pouvoir, comme vous étiez, Marine Le Pen, dans l'opposition à Nicolas Sarkozy. Est-ce que depuis le 6 mai, est-ce qu'il y a eu des actes ou des attitudes qui vous ont fait dire, tiens, c'est bien qu'on ait changé de président ?

6:47
Marine Le Pen

Pour l'instant, je ne vois pas une grosse différence avec l'ancien. Il n'y a pas de différence. J'ai vu une charte passée que j'ai trouvée plutôt positive, signée par les ministres.

6:55
Présentateur

De déontologie, oui.

6:56
Marine Le Pen

Une charte éthique de déontologie. Ça, c'est bien. Oui, c'est bien. Il ne suffit pas de signer un papier, si vous voulez. Moi, j'attends de voir dans les actes ce qui va se passer. Parce que j'ai été un petit peu refroidi, permettez-moi, par la nomination, évidemment, de M. Hérault. Bon. Donc, je me suis dit, tiens, ça commence mal, le gouvernement de M. Hollande.

7:14
Présentateur

A cause ?

7:15
Marine Le Pen

Parce que M. Hollande avait pris un engagement qui consistait à dire, je ne m'entourerai pas de gens qui ont été condamnés. Il n'a pas dit, je ne m'entourerai pas de gens qui n'ont pas un casier vierge, qui n'ont jamais été condamnés. Bon, M. Hérault a été condamné, c'est tout.

7:28
Présentateur

Donc, il aurait dû être banni de la vie politique ?

7:30
Marine Le Pen

Ce n'est pas le problème. De toute façon, monsieur, moi, je considère que quand on est condamné pénalement à cause de faits qui ont été commis grâce à l'exercice de son mandat ou dans l'exercice de son mandat, effectivement, il faudrait l'inéligibilité à vie.

7:45
Présentateur

Donc, dans votre système, Jean-Marc Hérault aurait dû quitter la vie publique ?

7:49
Marine Le Pen

Ce qui permettrait de rétablir la confiance qui n'existe plus entre le peuple et les responsables politiques.

7:56
Présentateur

Jean-Marc Hérault n'aurait pas dû poursuivre de carrière politique ?

7:59
Marine Le Pen

Ben non, parce qu'il a été condamné pour un délit qui est un délit très grave dans le code pénal.

8:03
Présentateur

Il a été condamné pour favoritisme à six mois de prison avec sursis en 1997. Délit qui est aujourd'hui effacé et prescrit. Est-ce que comme l'UMP, vous faites de Christiane Taubira, la nouvelle ministre de la Justice, une cible privilégiée, Marine Le Pen ?

8:18
Marine Le Pen

Oui, enfin, une cible privilégiée, sa nomination est absolument ahurissante.

8:22
Présentateur

Pourquoi ?

8:23
Marine Le Pen

Parce que comment peut-on devenir ministre quand on est indépendantiste ? Comment peut-on, comme ministre, défendre la Constitution, qui indique que la République est une et indivisible, quand on a plaidé toute sa vie ? Quand a-t-elle été indépendantiste ? Elle l'a toujours été, monsieur. Et honnêtement, jusqu'à présent, elle l'a toujours assumée.

8:40
Présentateur

Vous l'avez vu défendre à l'Assemblée nationale des positions indépendantistes ?

8:42
Marine Le Pen

Je l'ai vu défendre aux côtés des indépendantistes, en toutes circonstances. Et le dernier, je crois, c'était M. Domota, d'ailleurs, avec qui elle a manifesté au moment des émeutes. Oui, elle est... Ah ben, si elle le conteste, monsieur, alors faites-lui dire. Faites-lui dire. Faites-lui dire que jamais, en aucune circonstance, elle n'a plaidé pour l'indépendance. Moi, ça m'intéresserait énormément. Ce serait un sacré revirement de la part de Mme Taubira. Deuxièmement, je pense que c'est une femme qui est communautariste. Et ça, je pense que c'est contraire à la constitution de la République française.

Par conséquent, il me semble que cette femme n'a pas sa place comme ministre de la République.

9:18
Présentateur

A-t-elle raison, Christiane Taubira, de vouloir faire voter rapidement une nouvelle loi réprimant le harcèlement sexuel ?

9:24
Marine Le Pen

Oui, moi, je suis assez pour. Le tout, c'est d'essayer de rédiger, de faire un travail juridique qui soit sérieux. Parce qu'il est vrai, encore une fois, que les contours du harcèlement sexuel sont flous. Et trop flous pour que des magistrats puissent sereinement pouvoir condamner à des peines qui étaient prévues relativement lourdes.

9:44
Présentateur

Harceler autrui dans le but d'obtenir des faveurs de nature sexuelle. C'était le texte de 2002. Ça vous semble flou aussi ?

9:50
Marine Le Pen

Oui, c'est assez flou parce que ça laisse une grande part à la subjectivité, ce qui ne correspond pas aux règles réclamées pour un texte pénal qui entraîne des condamnations qui sont des condamnations pénales.

10:02
Présentateur

Je vous posais la question aussi parce que vous avez publiquement soutenu le chroniqueur Éric Zemmour qui avait justement ironisé sur l'empressement de Christiane Taubira à vouloir régler cette question et légiférer sur le harcèlement.

10:14
Marine Le Pen

Et quel est le rapport ?

10:15
Présentateur

Le rapport, je voulais savoir quelle était votre position sur une nouvelle loi sur le harcèlement sexuel ?

10:20
Marine Le Pen

Non, mais ça n'a pas de rapport. Ça n'est pas parce que je défends la liberté d'expression, que je défends tout ce qui est dit au nom de la liberté d'expression. Je peux avoir des désaccords avec M. Éric Zemmour. Ce qui m'étonne, encore une fois, c'est que j'entends beaucoup parler de la liberté de la presse, en toutes circonstances. Les journalistes adorent ce thème. Sauf quand, manifestement, un de leurs confrères est privé d'antenne pour des propos qui ont déplu à je ne sais qui. Je pense, moi, je pensais qu'ensemble de la profession... À ma connaissance, il est toujours à l'antenne. Oui, non, mais vous savez très bien qu'il est menacé de cela.

Je pensais que toute la profession des journalistes allait se coaliser pour défendre un confrère. Je vois que, bien somme toute, la liberté de la presse ne vaut que pour défendre ceux qui pensent comme vous.

11:02
Présentateur

Marine Le Pen, invitée de France Inter jusqu'à 9h moins 5. Nous vous retrouvons dans quelques minutes avec les questions des auditeurs de France Inter au 01 45 24 7000.