Carole Delga invitée de "L'Evénement" sur France 2
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en duplexe avec Carole Delga. Vous êtes présidente de la région Occitanie en direct de la mairie de Ville- Nouvelle. C'est en Haute Garonne, c'est à 40 km de Toulouse. Merci d'être avec nous euh ce soir. Juste avant de commencer l'interview, quel est le regard que vous portez vous sur la situation qu'on a commenté depuis le début de l'émission, sur cette fébrilité, sur cette crise politique qui inquiète les Français qui nous regardent ce soir ? Bonsoir. Je pense qu'il faut répondre au message que nous envoient les Français de la volonté d'un changement sur des politiques qu'il jugent injustes depuis maintenant 8 ans. C'était le sens du
vote des élections législatives de juillet 2024. Ils ont donné une victoire au front républicain avec une avance à la gauche pour qu'il y ait un changement de politique. Il doit y avoir un changement de politique pour plus de justice fiscale, plus de justice sociale, pour que le travail rémunère, pour qu'on puisse avoir de nouveau une croissance durable dans ce pays. Mais il faut changer aussi de méthode. Ça veut dire que vous êtes dans l'état d'esprit de chercher, peut-être pas trouver mais en tout cas de chercher des compromis. On entendait Jean-Luc Mélenchon qui disait au fond, c'est une façon de trahir ce pourquoi avec le Nouveau Front populaire nous avons été élus. Donc que ce soit clair et je ne partage
pas du tout les propos de Jean-Luc Mélenchon, mais l'heure n'est pas ce genre de petite polémique. Nous les socialistes, ce que nous avons souhaité, c'est présenter un budget pour les Français pour répondre à la problématique du pouvoir d'achat, pour pouvoir euh également augmenter donc les salaires, pour pouvoir investir euh investir dans le logement. Nous avons une crise majeure du logement dans notre pays pour pouvoir investir dans l'hôpital public quand vous êtes sur le terrain. Parmi les premières préoccupations, c'est un rendez-vous chez le médecin. C'est les difficultés d'obtenir des rendez-vous à l'hôpital. Et donc nous, nous sommes là pour servir le peuple. Nous sommes conformes à notre idéal et nous sommes toujours bien
entendu ouverts au dialogue mais un dialogue qui met au centre les Français et leurs besoins de justice fiscale et sociale. ouvert au dialogue mais euh on entend on a entendu l'élu socialiste de l'UR Philippe Brun qui a dit la formule est assez savoureuse un accord avec nous ce sera super cher nous ferons payer 1000 balles les payer les les billets de 10 balles euh sous-entendu ce sera le programme notamment budgétaire du Parti socialiste. Rien que le programme du Parti socialiste où est-ce que il va falloir faire des concessions sur les les propositions faites par les socialistes. Tout d'abord, je dirais en préambule que les socialistes ne sont pas à vendre. il n'y a pas de moyen de les acheter. Nous
œuvrons pour l'intérêt général avec notre idéal euh notre idéal bien sûr républicain, notre idéal aussi qui ait plus de justice dans ce pays, qui est une grande intégrité de respect du vote, de la fonction aussi politique. Nous ce que nous voulons avoir une capacité à changer la vie de la population de France parce que nous sommes conscients qu'il y a une exaspération, qu'il y a un désarrois, qu'il y a un dégoût démocratique et nous ce que nous voulons, c'est d'avoir une République solide. Donc ce n'est pas une question de marchandage. Il faut avoir une nouvelle méthode. Le président de la
République devrait avoir une nouvelle méthode. Il ne l'a pas eu avec le choix de ce Premier ministre. Mais nous devons avoir une nouvelle méthode, c'est-à-dire un gouvernement qui fait des propositions et c'est le Parlement qui décide puisque cela a été expliqué. Aujourd'hui, il n'y a pas une majorité pour le président de la République et pour son premier ministre. Carole Delga, vous avez une question d'une constitutionnaliste ce soir, Anne-Charlen Bezina qui veut vous poser une question. Allez-y Anne-Charlè. Bonsoir. Moi, il y a une question que je me pose à propos justement de cet esprit d'accord dont dont vous parlez. Finalement, où êtes-vous prêt à aller jusqu'où ? Jusqu'à la motion de censure ou pas ? Parce que c'est ça la question qu'on va se poser avant la fin du mois
de décembre pour avoir un budget. C'est combien coûte précisément cette censure auprès de votre groupe ? Alors, un budget en fait, c'est la traduction euh financière d'un projet euh politique. Nous l'avons indiqué, la question du pouvoir d'achat. C'est pour ça que nous proposions un allègement de la CSG, elle est fondamentale. Il faut qu'aujourd'hui euh il n'y ait plus de travailleurs pauvres dans ce pays. La problématique des fins de mois, elle est de plus en plus forte pour de plus en plus de Français. Euh il y a euh aussi la question de la justice fiscale et sociale. Il est nécessaire de relancer la croissance durable et pour avoir des salaires qui sont plus élevés pour pouvoir investir dans le
logement euh dans les transports en commun, dans les énergies renouvelables, dans la souveraineté agricole, et bien il est nécessaire d'avoir en effet une croissance, il est nécessaire d'avoir une nouvelle fiscalité et il est nécessaire de faire des économies. Là là on va rentrer dans les sujets très concrets dans les jours qui viennent. On va en parler dans un instant toutes les deux parce que je suis sûr que c'est au cœur du du débat la taxe Zucman, l'idée de de taxer les plus riches avec vous Axel de Tarle. C'est vrai que les gens qui nous regardent ce soir, ils entendent parler de la taxe Zucman matin, midi et soir depuis plusieurs jours. On va repartir du début. Qui est Gabriel Zuckman ? Voilà parce que derrière la taxe Zucman, il y a monsieur Zucman. Gabriel de son
prénom. C'est un économiste très réputé de façon internationale. Il a 38 ans et il est en pointe sur les questions d'inégalité. C'est un compagnon de route de Thomas Piquetti. Alors il faut reconnaître que les inégalités en France, elles ont explosé. C'est le magazine Challenge. En 20 ans, les le patrimoine des 500 plus grandes fortunes de France a été multiplié par 14. Leur patrimoine représentait 6 % du PIB en 96. Aujourd'hui, c'est plus de 40, c'est 42 % du PIB. Donc lui, il veut tac accélérer. Alors voilà. Alors son idée c'est de dire tous les Français, tous les foyers qui ont plus de 100 millions d'euros, c'est beaucoup 100 millions, c'est le prix d'un Airbus. Donc ils peuvent s'acheter un Airbus. Il y en a il y a 18800 foyers en France he qui ont qui
ont plus de 100 millions d'euros. On va les taxer à hauteur de 2 % chaque année et ça rapportera 15 à 20 milliards chaque année aux recettes de l'État. Sauf que l'argument qu'on entend toujours dans le débat public, c'est de dire, c'est ce qu'a dit d'ailleurs François Bairou, au fond, ça va faire partir les plus fortunés. Alors ce qui est très intéressant, c'est qu'il y a une étude du conseil d'analyse économique. Pourquoi je le cite ? parce que cet organisme est rattaché à Matignon. Donc il travaillait pour François Baïou et il dit le contraire de ce qu'a dit François Baïou. En fait, on a observé le comportement des plus riches à deux moments. En 2013 quand il y a eu le coup de bambou fiscal de François Hollande et en 2017 quand Emmanuel Macron a supprimé l'ISF. Quel a
été le comportement des plus grandes fortunes de France ? Ben en fait, elles sont très peu parties en 2013 et elles sont très peu revenues en 2017. Pour simplifier les choses, sur 800 familles concernées, il y a eu que un départ par an. Alors, c'est un départ mais c'est pas phénoménal. Alors, attention parce que là, c'est une étude qui porte sur l'ISF, la 4 milliards l'ISF, la taxe du c'est un gros coût, c'est 15 milliards, c'est quatre fois plus. Donc là, peut-être que les comportements seraient différents encore que et j'en terminerai par là parce que le conseil d'analyse économique dit une deuxième chose, attention de ne pas prendre vos désirs pour des réalités. Quand vous taxez et vous sur le papier, vous dites ça devrait me rapporter 1 € en fait que
font les grandes fortunes ? C'est pas tant qu'elles vont quitter la France, c'est qu'elles vont embaucher les avocats fiscalistes qui vont faire de l'optimisation fiscale si si bien que à la fin vous comptiez récupérer 1 € et vous ne récupérez que 26 centimes. Donc si on applique le calcul la taxe du 15 milliards que ça rapportera mais 4 milliards voyez le le caros c'est pas loin de se transformer en citrouille. Carole Delga sur la taxe Zucman. Ça c'est à prendre ou à laisser. Je veux dire, c'est au cœur des discussions avec les socialistes. Il est essentiel euh qu'il y ait euh de nouvelles recettes et nous devons euh prendre les recettes euh au niveau de ceux qui ont bénéficié de très grande largesse. Cela vient d'être indiqué. Le patrimoine des 500 plus grandes fortunes
de France a été multiplié par 14. Et si on prend euh depuis les 30 dernières années, le salaire net moyen euh d'un salarié dans le privé, il a augmenté de 13 %. Donc nous devons taxer euh les hauts patrimoines. Les hauts patrimoines, c'est plus de 100 millions d'euros. Cela va concerner 1800 contribuables. Donc nous avons besoin d'avoir cette rentrée fiscale pour pouvoir en générer d'autres à travers la croissance, à travers l'investissement dans le logement, à travers l'investissement dans les grands travaux, à travers l'investissement dans les les hôpitaux. Euh et nous avons besoin aussi euh d'avoir euh cette nouvelle recette fiscale pour permettre un allègement euh
de la CSG pour que il puisse y avoir des salaires plus dignes pour un travail. Il faut être conscient de la précarité, du désespoir, de la pauvreté qui ne fait que s'aggraver de façon forte dans ce pays ces dernières années. C'est dit Merci beaucoup Carol Delga d'avoir été en direct avec nous ce soir. Je me tourne vers vous, Matjid, dans cette instabilité politique.
Carole Delga