Laure Lavalette (RN) : "Je souhaite une bonne retraite à Jean-Luc Mélenchon"
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Il est 8h35.
Matinale spéciale législative sur France Inter.
Et c'est la suite donc de cette édition spéciale du 7-9 avec au micro de France Inter maintenant la porte-parole du RN, candidate aux législatives dans le Var où elle est arrivée en tête hier soir. Laure Lavalette, bonjour. Bonjour. Bonjour. Et bienvenue au micro d'Inter. Alors certes, vous avez fait mieux le RN, là je parle, qu'aux dernières législatives, vous devriez avoir dans la nouvelle législature un groupe à l'Assemblée Nationale, mais si on compare vos 19% d'hier au 42% de Marine Le Pen à la présidentielle et à ses 23% au premier tour de la présidentielle, c'est nettement moins. Pourquoi votre électorat s'est-il moins déplacé hier ?
Non, il ne s'est pas moins déplacé. Ne minimisez pas pour le coup cette percée quand même spectaculaire par rapport à 2017. Nous gagnons 6 points, mais ce n'est pas mieux, c'est quand même beaucoup mieux. Typiquement, pratiquement dans le Var, sur nos circonscriptions, on a fait le même score que Marine Le Pen, ce qui est très nouveau. Avant, vous savez, il y avait systématiquement une déperdition de 5-6 points. Là, on fait le même score, voire même mieux. Donc vous voyez bien que cette percée, les Français ont bien compris que la véritable opposition était évidemment de notre côté.
Et ce n'est pas NUPES, dont vous aviez une des représentantes ce matin, qui a appelé à élire Emmanuel Macron, qui peut maintenant endosser le rôle de la première opposition. Ou alors, c'est assez ubuesque quand même. Et typiquement, on peut parler de...
Pardon, Laure Lavalette, quel groupe va être majoritaire en nombre de députés si Emmanuel Macron a la majorité ? C'est vous ou c'est la NUPES ?
Léa Salamé, c'est un peu beaucoup de bruit pour rien, NUPES. Quand on prend 2017 et les résultats des législatives, en fait, ils font exactement le même score. Alors certes, c'est, j'allais dire, un coup de com' qui, effectivement, est pas mal, il faut le dire. Mais ça reste de la com', encore une fois, beaucoup de bruit pour rien. Vous allez voir, en plus, c'est une coalition de 4 parties qui ne sont pas d'accord forcément sur le nucléaire, qui ne sont pas forcément d'accord sur l'Europe. Certains sont fédéralistes, d'autres ne le sont pas.
Je prends juste la France Insoumise, mais prenez juste le groupe de la France Insoumise, il y en aura plus que chez vous.
Vous allez voir qu'ils vont se déchirer après ces législatives. Et moi, je pense que, vous savez, les estimations les plus basses peuvent nous faire entrevoir, qu'on multiplie par 5 le score que nous avions avant. Donc, puis un député des Rassemblements nationaux, ça en vaut 10. Léa Salamé, je ne suis pas inquiète. C'est basé sur quoi ?
Non, c'est basé sur la force de nos convictions. Vous dites que c'est un coup de com', le « Élisez-moi Premier ministre ». Est-ce qu'à l'inverse, votre stratégie, ça a été celle de Marine Le Pen et du Rassemblement national, juste après la présidentielle, d'expliquer partout que, de toutes les manières, Emmanuel Macron aurait la majorité, car c'était la règle sous la Ve République ? Est-ce qu'avec cet argument-là, vous n'avez tout simplement pas démobilisé votre électorat ?
Je ne pense pas. Vous savez, en fait, nous, on dit la vérité aux Français. Et globalement, quand un président est élu, il a la majorité derrière. Donc, effectivement, ça pose une vraie question et ça pose aussi, justement, une question de légitimité de ce président de la République fraîchement élu, qui, finalement, ne l'aura peut-être pas. Mais on ne peut pas avoir la fable, regardée comme Jean-Luc Mélenchon, de dire qu'il sera Premier ministre. Alors, effectivement, les médias ont acheté un peu cette fable et ont ressassé qu'il serait peut-être Premier ministre. Mais, effectivement, je souhaite une bonne retraite à Jean-Luc Mélenchon.
Maintenant qu'on sait qu'il ne sera pas Premier ministre et qu'il n'était pas candidat, je pense qu'il peut partir à son potager. Ça fera un circuit court, tiens.
Ok. Marine Le Pen demandait dimanche dernier à ses troupes d'aller voter pour lui donner 100 à 150 députés. Aujourd'hui, les projections des instituts tables sur une fourchette de 20 à 45 députés pour vous. Vous espérez toujours en avoir plus de 100 ?
On est quand même... On a 200... Nous sommes présents dans plus de 200 secondes tours, ce qui n'est jamais arrivé. Donc, effectivement, tant que ce n'est pas perdu, c'est encore gagnable, Léa Salamé.
Jean-Marie Le Pen avait... C'était le record, avait fait rentrer 35 députés en 86 à l'Assemblée nationale. Vous espérez faire plus ? Oui, on espère faire plus, évidemment.
Encore une fois, je vous dis, plus de 200 à 250 secondes tours. Regardez le Pas-de-Calais dans les 12 circonscriptions, typiquement le Var. Nous, on est en tête sur 7 circonscriptions sur 8. Et c'est aussi un désaveu, si vous voulez, d'une certaine forme de la classe politique. Typiquement, mon adversaire était encore UDI il y a un mois et demi, mais s'est mis sous la bannière Macron. Vous savez, je pense que les gens ont besoin de sincérité. Les gens ont besoin de savoir que... Enfin, qu'un candidat ira porter un projet.
Et moi, je veux dire aux Français que voter pour un candidat du Rassemblement national, c'est avoir la certitude que ce candidat, une fois député, s'opposera à la retraite à 65 ans. Comment peut-on croire Nupes, alors qu'ils ont fait élire, évidemment, Emmanuel Macron ? On s'opposera à la politique migratoire qui ne nous convient pas. On s'opposera à la hausse des taxes. On sera très attentifs à la sécurité de nos territoires. Alors que, excusez-moi, Nupes, c'est le Birkin à la piscine, c'est désarmer la police et c'est plus de droits aux délinquants étrangers. Je crois qu'effectivement, entre la ZAD et la salle de marché McKinsey... Ça, c'était la formule hier.
Oui, c'est la formule choc, mais qui est bonne. Voilà, vous avez d'un côté la salle de marché McKinsey, de l'autre côté la ZAD. Nous, il y a la République française à laquelle nous sommes évidemment hyper attachés.
Lors, la valette, dans un nombre très élevé de circonscriptions, le Rassemblement National est exclu d'emblée du second tour. Il y aura donc des duels ensemble. Nupes, est-ce que vous donnez des consignes de vote pour le second tour ou pour vous, c'est bonnet blanc et blanc bonnet et pour vos électeurs, restez chez vous ?
Alors, elle est jolie, votre formule bonnet blanc et blanc bonnet. Moi, c'est plutôt entre la peste et le choléra. Vous voyez, chacun a son biais pour voir. Nul n'est évidemment propriétaire de ses voix. Nos électeurs choisiront en conscience, mais je vois mal un électeur du Rassemblement National donner sa voix, soit Emmanuel Macron pour la retraite à 65 ans, la hausse des taxes. Vous savez quand même, Emmanuel Macron, il a beau juste avoir été élu, il a un bilan. La France d'Emmanuel Macron, c'est un Français sur quatre qui ne mange pas à sa faim. C'est une agression gratuite toutes les 44 secondes. C'est 600 milliards de dettes. Donc, pas de consigne de vote ? Non, bien sûr.
Ou même, vous leur dites, n'allez pas voter ?
Ah non, pas de consigne de vote. Marine Le Pen a toujours été très claire. On n'est pas infantilisant. Nos électeurs font évidemment ce qu'ils veulent, mais je ne vois pas...
Oui, mais n'est-ce pas une manière d'encourager l'abstention qui est massive quand même en ne donnant pas de consigne de vote ? Vous leur dites ce matin, allez voter blanc. Non, on peut voter blanc, effectivement. Donc, vous leur dites, allez voter blanc.
Ah oui, je leur dis pas de ne pas aller voter, évidemment. Il faut voter, c'est quand même un droit. Un droit. Je vote, donc je suis un citoyen quand même.
Vous ne vouliez pas vous allier à Éric Zemmour à ses élections. Vous avez présenté des candidats partout face à ceux de son parti reconquête. Vous vouliez l'asphyxier. Êtes-vous satisfaite
de ce point de vue ce matin ? Madame Salamé, c'est pas que nous n'avons mis personne en face des candidats d'Éric Zemmour, c'est que nous avions déjà des candidats investis dans 577 circonscriptions. Mais vous ne vouliez pas vous allier avec lui ? Non, mais typiquement, celle où M. Zemmour s'est présenté, nous avions déjà Philippe Lautiot qui s'était déjà présenté il y a cinq ans. Mais parce que vous avez refusé au lendemain de la présidentielle de vous allier à lui ? En fait, ça a été très clair, le positionnement de Marine Le Pen. Souvenez-vous, depuis le début des présidentielles, elle a donné la présidence par intérim à Jordan Bardella justement pour être au-dessus des partis.
Ce n'était pas pour revenir dans une logique politicienne. Après, typiquement, dans le Sud, on sait qu'il y a une porosité de nos électorats qui est peut-être moins marquée dans le Nord. Et je ne doute pas que, j'allais dire, assez loyalement, si vous voulez, les électeurs de reconquête dans le Sud se reportent sur les candidats que nous sommes mieux placés pour être des patriotes, des députés patriotes pour défendre les Français.
La carrière politique d'Éric Zemmour est finie, selon vous ?
Je n'en sais rien. Encore une fois, c'est un peu comme Nupes, beaucoup de bruit pour rien. C'est dommage, tant de divisions. Le camp national s'est un peu déchiré. Souvenez-vous, à un moment, on venait sur vos plateaux pour parler des gens qui partaient. Et au final, je pense que les Français ont tranché. Ils avaient tranché, j'allais dire, au soir du premier tour en ne donnant que 7% de voix à Éric Zemmour et plus de 20% à Marine Le Pen. Vous lui espérez quoi ? De retrouver sa place sur ces news ? Sur ces news ? Non, je n'en sais rien. J'imagine que personnellement, l'aventure doit être... C'est un peu difficile, je pense, ce qu'il vient de vivre. Effectivement, ce n'est pas simple.
Après, il a amené des thèmes, peut-être, sur le sujet. Moi, j'ai toujours trouvé que sa candidature n'avait rien amené au débat national. Je le déplore, mais je pense qu'à titre personnel, ça ne doit pas être très facile.
Laure Lavalette, merci. Merci. Porte-parole du Rassemblement national et je rappelle que vous êtes candidate aux législatives dans le Var.
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Laure Lavalette