Programme du Nouveau Front populaire, choix du futur Premier ministre... Le "8h30 franceinfo" de Fabien Roussel, du mercredi 19 juin 2024
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Fabien Roussel. Bonjour Salia Makiya, bonjour à vous.
En déplacement hier sur l'île de Saint, Emmanuel Macron a qualifié du buesque votre proposition du nouveau Front Populaire visant à autoriser les changements de sexe en mairie. Quelle est votre réaction ?
Le président de la République persénaire en attaquant le programme du Front Populaire là-dessus. S'il a trouvé que ça, ça montre qu'il joue le son un peu fébrile. C'est d'ailleurs un argument utilisé par l'extrême droite, celui-là. Et j'ai retrouvé une déclaration qu'il avait faite lui-même dans le magazine Tétu sur ce sujet où il avait dit les personnes qui s'engagent dans un processus de transition doivent être respectées dans leur choix et leur vie ne doit pas être rendue plus complexe par des procédures administratives longues. Eh bien c'est ce que nous avons écrit en deux lignes et ça a besoin d'être précisé.
Autoriser le changement d'état civil libre et gratuit devant un officier d'état civil. Effectivement, les personnes qui souhaitent changer de sexe suite à une opération puissent avoir une procédure, puissent le faire librement, gratuitement et avoir une procédure administrative qui ne soit pas complexe. Elle dure aujourd'hui deux ans. Là il faut l'autorisation d'un juge aujourd'hui. Oui, tout à fait. Et donc nous écrivons simplement que nous voulons pouvoir la simplifier.
Et vraiment quand j'entends le président de la République remettre les pieds dans cette campagne en balançant ça comme argument, c'est comme quand il a dit qu'il avait dissous l'Assemblée, comme s'il avait voulu dégoupiller une grenade et nous la jeter entre les jambes, c'est de la même manière. D'ailleurs à chaque fois qu'il parle, son camp perd. Et le président de la République et le garant des institutions ferait mieux aujourd'hui de jouer l'apaisement et de permettre un débat serein, projet contre projet, parce que c'est ce qu'attendent les Français.
Alors le projet justement, Fabien Roussel, ce matin dans les échos. La socialiste Valérie Rabault, ancienne rapporteure du budget à l'Assemblée nationale, dans le nouveau Front populaire comme vous, estime à 106 milliards les dépenses nouvelles du nouveau Front populaire de 2024 à 2027. Elle reconnaît que votre programme va au moins pour un temps creuser les déficits. Est-ce que vous êtes en phase avec ce chiffrage ?
Oui, plutôt, on est en train de le finaliser.
Parce que LFI dit que ce chiffrage ne correspond pas au sien.
Mais c'est parce que nous sommes en train de le finaliser. Donc Valérie Rabault s'est exprimée peut-être un peu tôt. Les parlementaires, les députés de chacun des groupes y travaillent. C'est Nicolas Sansu pour nous qui y travaillent. Nous avons donc, ce sont des spécialistes, des parlementaires qui ont déposé des projets de loi, qui travaillent à la commission des finances. Donc on ne part pas de rien. Et effectivement, nous avons un programme chiffré. Il sera présenté, je crois, ce soir, dans le cadre d'un débat que nous organisons. C'est ce soir ? Normalement, oui. J'ai une réunion après à 9h pour pouvoir le décider avec l'ensemble de mes partenaires.
Et donc, nous allons montrer que notre programme, il est chiffré et il est en rupture avec ce que vivent les Français depuis 7 ans. Nous voulons faire en sorte qu'ils puissent remplir leur frigo, vivre de leur travail, payer moins cher leur facture. On va rentrer dans le détail de votre programme. C'est un programme, effectivement, qui est en rupture. Ça veut dire que les dépenses publiques vont augmenter pour pouvoir réparer nos services publics, pour pouvoir avoir des hôpitaux et des écoles qui fonctionnent, pour pouvoir avoir des agents de la fonction publique qui puissent vivre au mieux de leur travail. Et donc, nous allons, effectivement, augmenter la dépense publique.
On va rentrer dans le détail de vos mesures, du programme du Nouveau Front Populaire. Mais quand même, ce que dit Valérie Rabault, c'est que ce chiffrage ne tient pas compte de la retraite à 60 ans. Parce que, dit-elle, et là je la cite, cela dépendra du rapport de force au sein du Nouveau Front Populaire. C'est une manière de dire que la retraite à 60 ans n'est pas actée entre vous ?
Ce qui est acté entre nous, c'est que nous abrogerons la réforme de retraite à 64 ans, mise en place par le Président de la République. Et ça, excusez-moi, mais le Nouveau Front Populaire, ce que nous incarnons, nous sommes les seuls à le dire. Mais pas l'abrogation de la réforme touraine. Puisque le rassemblement, nous reviendrons à la situation antérieure, à la réforme de retraite qui a été mis en place par Emmanuel Macron.
Ce qui veut dire que celles et ceux qui, aujourd'hui, à cause de cette réforme de retraite, se voient obligés de travailler 6 mois, 9 mois, 1 an de plus, demain, si nous sommes en responsabilité au gouvernement, tout de suite nous abrogeons cette réforme par décret et donc ils pourront partir en retraite. Mais la situation antérieure, ce n'est pas la retraite à 60 ans. Concernant la retraite à 60 ans, ce qui est écrit dans notre programme, et l'engagement que nous prenons, y compris avec Valérie Rabault et mes collègues parlementaires socialistes, c'est de mettre à l'ordre du jour cette retraite à 60 ans et de l'inscrire dans le temps.
C'est-à-dire, il nous faut trouver les financements pour pouvoir mettre en place cette mesure de progrès social.
Donc c'est un objectif, mais ce n'est pas sûr.
Donc non, c'est un objectif de l'inscrire dans un mandat pour pouvoir y parvenir et de le financer. Et nous le financerons en créant plus de richesses, en ayant plus de cotisations sociales qui rentreront à la sécurité sociale.
On va pas se mentir, c'est un point de désaccord, c'est un point dur entre vous et les socialistes.
Ce qui fait accord entre nous, le point de désaccord, c'est qu'on le fait tout de suite ou plus tard.
Non mais quand Valérie Rabault dit que ça va dépendre du rapport de force au sein d'une mort plus populaire,
c'est-à-dire qu'elle n'est pas d'accord avec vous. Oui mais lisez toute l'interview, je ne l'ai pas sous les yeux, mais je l'ai en tête. Il est aussi écrit que c'est un objectif, d'accord ? Elle le dit Valérie Rabault. Donc c'est un objectif. Donc ça ne veut pas dire que c'est retiré, c'est un objectif. Il faut être juste quand vous faites les citations.
Vous savez pourquoi on insiste sur les dépenses que vous envisagez ? Parce que déjà elles sont décriées par vos adversaires qui disent que vous dépensez à tout va sans forcément trouver les recettes. Et aussi parce que là, actuellement, la Commission européenne lance aujourd'hui une procédure contre la France. notamment pour déficit excessif. Est-ce que vous, du côté du nouveau Front populaire, vous vous dites il faut qu'on tienne un carreau, il faut qu'on respecte le pacte de stabilité, à savoir les 3% de déficit maximum instauré par l'Union européenne ?
D'abord, l'ensemble des forces que nous réunissons jusqu'à place publique s'expriment clairement pour dire que nous dénonçons le budget d'austérité, le pacte budgétaire proposé par la Commission européenne. Donc ça veut dire qu'il ne faut pas en tenir compte. D'abord, nous dénonçons cela et nous voulons que les députés européens qui nous représenteront et le Parlement et la majorité que nous serons, ensemble, travaillent pour refuser ces règles-là et en avoir d'autres. Maintenant, concernant notre budget, il y aura des dépenses supplémentaires pour répondre aux besoins de nos concitoyens.
J'ai parlé des services publics, je pourrais parler des personnes en situation de handicap qui ont besoin aussi d'être plus soutenues. Bref, je pourrais vous faire la liste, qui nécessitent des dépenses publiques plus importantes.
De l'ordre de 206 milliards sur 3 ans à peu près.
Bien sûr, je pense à la sécurité, je pense à la tranquillité publique. Hier, j'étais dans une émission avec le témoignage terrible d'une maman qui a perdu sa fille d'une balle perdue à Marseille. Comment voulez-vous que l'on ne mette pas plus de moyens dans la sécurité, la police et la justice ? Il va falloir augmenter les dépenses publiques, c'est incontournable. En revanche, ce que nous disons, c'est que quand on remet de l'essence dans le moteur, quand on redonne du pouvoir d'achat aux Français, quand on augmente les salaires, dans le privé comme dans le public, eh bien, on relance l'économie aussi.
Alors, ça fait 50 ans qu'on dit qu'on va résorber les déficits avec la croissance.
Oui, mais sauf que la croissance avec M. Macron au pouvoir, elle n'est pas là. Elle n'est pas là. Parce que les Français sont de plus en plus pauvres ou précaires. Oui, mais vous partez des situations actuelles. Ça fait plusieurs décennies que la croissance est autour de 2 ou 3 %, c'est pas comme ça qu'on va résoudre. Donc, nous nous disons qu'en remettant de l'essence dans le moteur, en relançant la croissance par la consommation, nous pourrons atteindre, l'année prochaine et les années qui suivent, une croissance de 3 %, qui nous permettra, à terme, de rassurer ceux qui s'inquiètent en Europe de notre situation.
Les économistes, Fabien Roussel, mais on va continuer de parler de vos recettes.
Vous savez, les économistes, il y a des tendances. Il y a des économistes de toutes sortes. Il y a aussi des économistes qui, à gauche, disent que ce que nous faisons, ce que la France fait depuis 7 ans, a fait terriblement de mal. Oui, aux Français et à l'économie française. Ce sont eux qui ont creusé le déficit, qui l'ont plombé de 600 milliards d'euros. Alors, excusez-nous, non seulement on va répondre aux besoins de nos concitoyens, on va remplir le frigo, on va baisser les factures, mais en plus, on va redresser l'économie française.
Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Saliad Racklia.
Et le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel, pour le nouveau Front Populaire. Vous nous disiez, les dépenses publiques vont augmenter si vous obtenez une majorité. Alors, pour financer toutes ces dépenses, vous voulez recourir à l'impôt, refondre total du système actuel de l'impôt sur le revenu, 14 tranches. Est-ce que c'est bien 50 milliards d'euros de hausse d'impôt prévue dès cet été, comme l'a indiqué, par exemple, le journal Les Echos ?
Est-ce que, tout simplement, vous pourriez préciser que ces hausses d'impôt concernent le capital, c'est-à-dire les plus riches, que ce soit ceux qui ont un très très gros patrimoine, qui payaient l'impôt sur la fortune auparavant, ou que ce soit les grands groupes du CAC 40 qui distribuent des dividendes comme jamais ils en ont distribué et qui doivent contribuer à l'effort de redressement de la paie. Non, non, c'est aussi 50 milliards d'euros sur ces catégories. Mais où les particuliers ? Non, mais où vous avez vu que les particuliers...
Manon Aubry, hier, chez nos collègues de France Inter, qui dit à partir de 4 000 euros,
oui, il faut payer plus. Mais alors, on y va. Eh bien, dans l'augmentation des 14 tranches, on va mettre 14 tranches d'impôt sur le revenu, afin que l'impôt sur le revenu soit plus juste et plus équitable. 92% des contribuables qui payent l'impôt sur le revenu aujourd'hui paieront moins d'impôts. Et donc, pour 8% d'entre eux, des tranches les plus hautes, ils en paieront plus.
On parle des gens qui gagnent plus de 4 000 euros.
Et donc, au-dessus de 4 000 euros nets pour une personne seule, ce sera de quelques centaines, 100, 150 euros de plus. Mais, pour les tranches très élevées, oui, ce sera 1 000, 2 000, 3 000 euros de plus d'impôt pour ceux qui ont les plus gros patrimoines. Vous vous souvenez que quand on a supprimé l'ISF, le dernier rapport de l'inspection des finances sur ceux qui payent l'ISF, c'est qu'ils étaient 358 000 foyers dans notre pays, 358 000 contribuables, ce n'est pas beaucoup, c'est 0,01% des contribuables. 358 000, ils ont, ils avaient, aujourd'hui il a dû augmenter, un patrimoine de 1 000 milliards d'euros. Ceux-là ne payent plus d'impôts sur la fortune.
Mais alors, pardon Fabien Rangel, si on parle de chiffres, l'ISF, ça a rapporté 5 milliards d'euros. Là, on est sur une augmentation d'impôts de 50 milliards.
Mais bien sûr, mais je peux vous les détailler, je peux vous en détailler quelques-unes des mesures. La taxe sur les super profits des entreprises du CAC 40, c'est 15 milliards d'euros qui pourraient rentrer immédiatement dans les caisses de l'État. Qui pourraient ? Qui pourraient si demain nous sommes en majorité. Qui pourront rentrer parce que nous allons gagner. L'impôt sur la fortune, c'est 10 milliards d'euros qui va concerner les 360 000 foyers. Non, c'était 5 milliards. Oui, mais nous on va l'augmenter l'impôt sur la fortune parce qu'il rapportait déjà pas beaucoup avant, il rapportera plus aujourd'hui.
Les niches fiscales, les niches fiscales, en tout, rapportent 78 milliards, enfin, c'est 78 milliards d'euros de manque à gagner pour l'État. Eh bien nous, nous allons récupérer sur ces niches fiscales 19 milliards d'euros. Est-ce que ça peut avoir des conséquences ? On a entendu donc... Non mais donc, il ne faut pas dire, avec vous, les impôts des Français vont augmenter. Non, les impôts des plus riches de nos concitoyens vont augmenter. Donc à 4 000 euros, on est riche. Il y a les impôts des plus riches et il y a le capital. En fait, il y a un rapport qui a complètement changé avec M. Macron entre le travail et le capital. Le travail a beaucoup payé et le capital a été défiscalisé.
Lui, le capital, il a vu ses impôts baisser ces dernières années. Par contre, les travailleurs, nous, nous avons payé beaucoup, beaucoup plus d'impôts et de taxes et on nous a même demandé de travailler plus longtemps. Eh bien ce que l'on veut faire, c'est changer de paradigme. C'est-à-dire que nous, les salariés, nous, les travailleurs, nous voulons nous payer moins d'impôts, moins de factures. Par contre, le capital doit être plus mis à...
Mais c'est important de répondre à une question là-dessus, Fabien Roussel, parce que le capital, on est dans une... La France n'est pas une île, on est dans une économie ouverte. Si vous le taxez plus, est-ce qu'il n'y a pas le risque qu'il y ait moins d'investissement en France ? Et donc, la croissance que vous estimez à 3 % grâce à vos mesures ne soit pas à ce niveau-là.
Eh bien, il y a le même débat d'ailleurs aux États-Unis. Joe Biden lui-même a dit que pour pouvoir mettre un programme de souveraineté économique, de rapatriement des usines dans son pays, de justice sociale, il fallait augmenter les impôts des plus riches. Et donc, nous faisons...
La situation fiscale n'est pas du tout la même aux États-Unis. En France, on n'est pas du tout au même niveau de prélèvement obligatoire aux États-Unis. Si vous voulez nous comparer...
Ah ben, ça, c'est vrai. Ça, c'est vrai. Et certains veulent aussi nous emmener sur le terrain des États-Unis. On en est encore loin. Et ils veulent nous supprimer la sécurité sociale. Eh bien, nous, nous y sommes très attachés. Donc, vous voyez qu'on a un modèle qui est spécial. Et donc, ce modèle de protection sociale avec la sécurité sociale, nous allons la défendre plus que tout, la sécurité sociale. C'est pour ça que nous voulons des salaires bruts avec des cotisations qui financent la santé, la prise en charge des cancers, des maladies graves et longues. Et donc, nous avons un modèle social qu'il faut pouvoir financer. Et on le fera avec les hausses des salaires.
Fabien Roussel, pas un mot sur le nucléaire dans le programme du Nouveau Front Populaire. Si vous avez la majorité, est-ce que ça veut dire que la France arrête de construire des centrales nucléaires ou pas ?
Pas du tout. Pas du tout. Ce que nous ferons, si demain, il va y avoir un nouveau gouvernement, de toute façon. Et donc, nous siégerons tous à l'Assemblée nationale avec des majorités nouvelles. Le programme, le plan pluriannuel pour l'énergie qui a été voté, là, cette année, sera remis à l'ordre du jour pour savoir si les engagements financiers sont confirmés pour les années qui viennent. Dans ces engagements financiers, il y a la construction de nouvelles centrales et l'investissement dans les énergies renouvelables. Vous voulez que je vous dise ? J'ai une totale confiance dans le Parlement demain pour voter de nouveau ce plan pluriannuel pour l'énergie.
Est-ce que vous avez confiance en vos alliés ?
Les écologistes ne veulent pas de nouvelles centrales ?
J'en ai parlé avec Marine Tondelier. J'en ai parlé avec les Insoumis qui étaient contre les investissements dans le nucléaire. Et ils sont d'accord pour que cette décision soit prise par le Parlement demain et qu'ils respecteront... Ah, ça veut dire que met la poussière sous le tapis ? Non, vous rigolez ou quoi ? Mettre la poussière sous le tapis ? On va respecter le Parlement.
Entre vous, vous ne prenez pas de décision. Il n'y a pas de cap clair.
Mais la décision, c'est que ce ne sera pas non au nucléaire. La question, c'est que si le Parlement décide de poursuivre, on poursuivra ses investissements. Et c'est une bonne nouvelle. Et il faut avoir confiance dans le choix des députés qui, demain, de gauche et de droite, voteront ensemble la poursuite.
Ça veut dire qu'en fait, vous seriez obligés de vous appuyer sur les députés de droite pour continuer la politique du nucléaire en France.
Mais quand je dis partout que je suis pour une République apaisée et que l'on respecte le Parlement et que l'on puisse travailler ensemble dans le sens de l'intérêt général et l'intérêt de la nation, je suis de ceux qui disent, oui, demain, sur des sujets comme ceux-là, il y aura certainement des votes communs pour pouvoir nous en sortir. Mais la fin de vie qui a été retirée de l'ordre du jour, si demain, nous le remettrons, nous le remettrons à l'ordre du jour du Parlement pour que les parlementaires s'expriment. Et vous verrez bien qu'il y aura des voix communes à gauche et à droite pour pouvoir voter le respect de la fin de vie et de la dignité humaine.
Et donc, il n'y a pas d'outrance, il n'y a pas d'excès à voir que nous pourrions voter ensemble, que ce soit sur le nucléaire ou sur la fin de vie, quand même. C'est ça le débat politique. Il faut respecter.
Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Brachia.
Fabien Roussel, la CGT appelle à voter pour vous. Le nouveau Front populaire, c'est une prise de position assez rare. Est-ce que c'est un soutien bienvenu ?
Oui, c'est un soutien bienvenu. C'est important que les représentants du monde du travail, les syndicats, se mobilisent dans cette élection parce que la situation est exceptionnelle, grave. L'extrême droite est effectivement aux portes du pouvoir avec un programme qui est très très dur pour les syndicats, pour le monde du travail, pour les droits des salariés dans les entreprises. Et c'est la raison pour laquelle, dans notre programme, c'est pour ça que je comprends que la CGT s'implique. Nous disons, nous, que les salariés dans les entreprises doivent avoir plus de droits pour pouvoir se défendre et même pour pouvoir participer aux choix dans les entreprises. Comment on produit ?
Comment on respecte mieux les salariés ? Comment on a un travail où on a de meilleures conditions de travail, plus de sécurité, une meilleure répartition des richesses ? Oui, nous voulons que les salariés participent aux choix dans les entreprises.
La CGT s'implique, mais ce n'est pas le cas de la CFDT qui est le premier syndicat de France qui refuse de donner une consigne de vote pour le premier tour. Ça, vous pouvez le comprendre aussi.
Tout le monde ne fait pas le même choix, mais je rencontre beaucoup de militants syndicalistes d'horizons divers, CFDT, FO, individuellement. Je ne veux pas impliquer ces syndicats, mais qui me disent dans ma circonscription qu'ils travaillent dans le ferroviaire, dans l'automobile, très inquiets par le fait que l'extrême droite puisse demain l'emporter et qui espèrent que nous pourrons demain arriver en responsabilité parce que nous avons des mesures fortes pour le pouvoir d'achat et pour la défense de l'industrie et de nos services publics. Ils sont demandeurs à ce que ça avance dans ce sens-là.
Fabien Roussel, Jordan Bardellan envisage d'aller à Matignon que s'il obtient la majorité absolue ce matin, Louis Alliot, vice-président du RN, dit qu'on ne peut pas imaginer une cohabitation avec une majorité relative. Vous imaginez ça, vous, cohabiter avec Emmanuel Macron en majorité relative ?
Tout le monde fait beaucoup de politique fiction sur cette question. Il y a d'abord l'étape du premier tour. Ensuite, au second tour, il y aura une étape importante. C'est de faire en sorte que le camp de ceux qui défendent les valeurs de la République soit le plus large possible. Et pour moi, il n'y aura pas d'ambiguïté. Ma voix n'ira... C'est-à-dire ? J'appellerai partout à battre les candidats représentant l'extrême droite en France.
Donc en cas de duel RN...
Et donc vous voyez que tout ça... Présidentiel, vous, au renaissance,
vous votez ensemble, vous ?
Moi, j'ai toujours été clair. Et ensuite...
Il y a aussi la question des retraits, éventuellement, si vous arrivez troisième, si le nouveau Fonds populaire arrive troisième, avec la possibilité... On verra au cas par cas ce que je veux dire. Il pourrait y avoir des retraits.
Non, mais ce n'est pas au cas par cas. On verra la situation à ce moment-là. On verra quelle sera la participation, s'il y a effectivement des triangulaires. Ce que je vous dis, c'est un petit peu la philosophie qui est la mienne. C'est que nous devons nous unir le plus largement possible pour que l'extrême droite et le programme terrible qui va diviser les Français et nos concitoyens, qu'ils n'arrivent pas en responsabilité. Donc nous ferons tout pour. Donc il y a un premier tour. Il y a un second tour. Et puis le troisième tour, c'est une majorité pour gouverner, choisir son premier ministre. Et ça, c'est en fonction de ce que sera l'Assemblée nationale. Oui, d'accord, mais avant...
Non, mais avant,
il faut vous mettre d'accord avec vos alliés, quand même, Fabien Roussel. Pourquoi ? Parce que sur les modalités de désignation d'un premier ministre parmi vous, même si c'est le président de la République qui choisit à la fin, on le rappelle, Olivier Faure, le socialiste, dit qu'il faut qu'on procède par vote. Du côté des insoumis, on dit, non, en fait, ça va dépendre de qui aura le plus de députés. Et bon, voilà, sur le papier, ça peut être que la France insoumise. Vous, vous dites quoi ? Quelles sont les modalités de désignation du premier ministre parmi vous ?
Je vais vous faire une réponse qui est une réponse d'attente. Tout simplement, je vais vous dire pourquoi. Parce que je respecte les institutions d'abord et que ce qui décidera tout, c'est la composition de l'Assemblée nationale et le vote de confiance à l'issue du discours de politique générale. Parce que vous savez que dès que l'Assemblée est élue, il y a un nouveau gouvernement, il faut désigner un premier ministre et ce premier ministre va faire un discours de politique générale le 18 juillet et derrière, il y aura un vote de confiance.
Et si nous sommes dans l'incapacité de présenter un premier ministre qui rassemblera largement le vote des parlementaires, nous n'aurons pas la confiance. Donc il faudra désigner, il faudra désigner quelqu'un, un homme, une femme, capable d'avoir cette majorité. Alors, laissez l'Assemblée nationale se construire et ensuite, vous verrez bien comment nous arriverons à désigner un premier ministre ou une première ministre capable de construire une majorité. Il faut respecter le vote de nos concitoyens. Il ne faut pas une personnalité clivante,
du coup, c'est ce que vous dites, c'est ce qu'on comprend. Et donc, est-ce que... Bien sûr, je l'ai dit. Il y a des noms qui circulent.
Je l'ai dit et il y a plusieurs personnalités parmi nous qui pourraient être capables de construire une majorité, de tendre la main, de rassembler. Vous, vous en faites partie. J'ai dit que j'en étais pas... J'étais capable de faire ça.
Mais ce n'est pas le cas de Jean-Luc Mélenchon ?
Mais ce n'est pas la situation, ce n'est pas le sujet aujourd'hui. Je pense que le sujet aujourd'hui, c'est de faire en sorte d'avoir la possibilité que le nouveau Front populaire ait la majorité la plus large afin de pouvoir mettre en œuvre le programme que nous présentons aux Français.
Juste une dernière question, M. Roussel. Nombre de ministres refusent de choisir entre l'ERN et le nouveau Front populaire en cas de duel au second tour. Ils expliquent qu'ils ne peuvent pas cautionner votre alliance avec un parti antisémite, à savoir la France insoumise, pour eux, supposer antisémite. Qu'est-ce que vous leur répondez ?
La campagne qui fait de la France insoumise un parti antisémite est calomnieuse, je le dis sincèrement. Mais vous-même, vous avez parfois... Non, mais vous avez dénoncé des propos... J'ai pas parlé 5 secondes. Mais non, mais parce que...
Non, mais si vous voulez, je parle pas...
Sur ce sujet,
vous avez dénoncé des propos vous-même ambiguës. Mais laissez-moi dérouler. Alors allez-y.
Je vais pas parler 5 secondes. Allez-y, allez-y, allez-y. Je dis que pour bien connaître aussi beaucoup de militants insoumis, d'élus insoumis, je trouve que cette campagne est calomnieuse. Et j'ai eu des mots durs à l'encontre de Jean-Luc Mélenchon et de certains d'entre eux. Je ne les enlève pas. Et je... Ceux qui tiennent des propos qui sont contraires à nos valeurs, nous le dénonçons. Et ils n'ont rien à faire dans ce rassemblement que nous portons. En revanche, dire que la France insoumise est un parti antisémite, ce n'est pas juste et ce n'est pas vrai. Ce sont des militants qui se battent contre le racisme, contre l'antisémitisme.
Et d'ailleurs, je vous fais une annonce, c'est que demain, si nous sommes en responsabilité, le texte de loi que j'ai proposé à l'Assemblée nationale et qui demande que tout élu qui tient des propos racistes ou antisémites soit rendu inéligible, ce texte de loi qui a été refusé par la majorité, ils ont refusé de le voter. Eh bien nous, la gauche et les insoumis, nous le voterons. Mais vous savez derrière qui est visé. Nous serons clairs là-dessus. Nous serons clairs et nets.
Vous savez derrière qui est visé, Fabien Roussel, c'est Jean-Luc Mélenchon.
Mais, écoutez, Jean-Luc Mélenchon ne se présente pas aux élections législatives
et le Premier ministre
qui devra être demain à la tête d'un gouvernement devra être issu de l'Assemblée nationale. Ah, donc ça, ça veut dire que vous considérez que Jean-Luc Mélenchon ne peut pas être Premier ministre. Lui-même s'est dit qu'il se mettait en retrait si ça ne permettait pas de rassembler. Je pense qu'il a pris une sage décision. Merci beaucoup, Fabien Roussel,
d'avoir été l'invité de France Info ce matin. Je vous laisse en compagnie de Salih Abraklia le programme des Informés dans 5 minutes.
Fabien Roussel