"Créer une vraie force pour récupérer les orphelins de la droite" David Lisnard, maire LR de Cannes
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:06OuverteRéponse directe
Alors ce qui se joue à l'Assemblée autour du budget, c'est une terre inconnue, pas de majorité, pas de 49-3.
- 0:27OuverteRéponse directe
Qu'en pensez-vous ? Est-ce qu'il faut un budget à tout prix ?
- 1:40RelanceRéponse directe
Donc, est-ce que vous pensez que LR pourrait ne pas chercher le compromis à tout prix, que cette stabilité coûte trop cher ?
- 2:06RelanceRéponse directe
Donc, encore une fois, entre Wauquiez et Retailleau, qu'est-ce qu'il faut faire ?
- 2:24FerméeRéponse directe
Oui, mais sur la censure, David Lissena, est-ce qu'il faut envisager de la voter ?
- 3:28ComplaisanteRéponse directe
Alors, vous êtes ce dirigeant de LR ce matin qui dit qu'on peut envisager la censure.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:36Invité politiqueFait
« Comme quoi qu'il en coûte est devenu n'importe quoi qu'il en coûte. »
- 0:38Invité politiqueFait
« Comme lorsque j'entendais un ministre Ria disait que cotiser était la condition du travail. »
- 0:50Invité politiqueFait
« Le PS joue bien, il a des convictions. »
- 0:52Invité politiqueFait
« Je pense qu'il pense sincèrement que la réforme des retraites est une mauvaise réforme. »
- 1:00Invité politiqueFait
« Bravo à eux. »
- 1:20Invité politiqueFait
« C'est-à-dire qu'on continue de faire croire qu'on peut avoir un modèle de développement qui est celui des Trente Glorieuses, là où on faisait beaucoup d'enfants, là où il y avait de la croissance économique, là où il y avait une immigration de travail, pas de peuplement. »
- 4:43Invité politiqueChiffre
« la France, qui a le record du monde des prélèvements obligatoires. »
- 4:43Invité politiqueChiffre
« les impôts de production, sur ce qu'on appelle le capital, c'est-à-dire l'investissement, sont les plus élevés de l'OCDE. »
- 5:10Invité politiqueChiffre
« le record du monde de la dépense publique »
- 6:40Invité politiqueChiffre
« On a 35% de l'argent public qui est détourné vers des fonctions purement administratives. »
- 6:46Invité politiqueChiffre
« Là où des pays comme l'Allemagne, la Suède, qui sont très publiques et très socialisées, sont à 24%. »
- 8:09Invité politiquePromesse
« Je propose 200 milliards en un quinquennat. »
Temps de parole
- David Lisnard72 %
- Présentateur28 %
≈ 7,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Votre invité, Alexandra Ben Saïd, est le maire LR de Cannes.
Bonjour et bienvenue David Lissnard.
Merci, bonjour.
Alors ce qui se joue à l'Assemblée autour du budget, c'est une terre inconnue, pas de majorité, pas de 49-3. Les socialistes se sont placés au centre du jeu, ils ont obtenu la suspension de la réforme des retraites. Maintenant c'est le bras de fer sur la taxe Zuckmann. Ce matin, Bruno Retailleau, le patron des LR, dit que c'est le PS qui gouverne en réalité. La menace bien sûr, c'est la censure, voire la dissolution. Qu'en pensez-vous ? Est-ce qu'il faut un budget à tout prix ?
Non, la réponse est dans la question. Il ne faut pas un budget à tout prix. Comme quoi qu'il en coûte est devenu n'importe quoi qu'il en coûte. Comme lorsque j'entendais un ministre Ria disait que cotiser était la condition du travail. Tout ça c'est orwellien, c'est évidemment faux. Le PS joue bien, il a des convictions. Je pense qu'il pense sincèrement que la réforme des retraites est une mauvaise réforme. Moi je ne suis pas d'accord avec ça. Ils sont très minoritaires. Ils ont réussi à imposer leur point de vue. Bravo à eux.
Mais on est tellement loin, pour moi, de l'intérêt du pays qu'on assiste à la déliquescence à la fois de ce qu'on appelle le macronisme, qui est une impuissance, une impuissance publique. Mais parallèlement, je crois qu'on est à la fin de cycles beaucoup plus longs, la fin de l'européanisation du monde depuis la Renaissance, mais on n'a pas le temps de l'évoquer ici, et la fin de l'État-providence. C'est-à-dire qu'on continue de faire croire qu'on peut avoir un modèle de développement qui est celui des Trente Glorieuses, là où on faisait beaucoup d'enfants, là où il y avait de la croissance économique, là où il y avait une immigration de travail, pas de peuplement. Tout ça, c'est obsolète.
Et c'est pour ça, je pense qu'on assiste au dernier soubresaut et au crépuscule de plusieurs cycles et qu'il faut vraiment une rupture très profonde.
Donc, est-ce que vous pensez que LR pourrait ne pas chercher le compromis à tout prix, que cette stabilité coûte trop cher ? Laurent Wauquiez, le patron du groupe LR à l'Assemblée, décrivait, après la déclaration de politique générale, les risques pour le pays si ce budget n'était pas voté. C'est aggraver le déficit déjà le plus élevé de la zone euro, c'est nous mettre dans la main des créanciers, c'est geler les moyens dédiés à l'hôpital, à la santé. Voilà, il dressait un tableau apocalyptique. Donc, encore une fois, entre Wauquiez et Retailleau, qu'est-ce qu'il faut faire ?
Un tableau apocalyptique, mais sans avoir voté la censure. Si c'est l'apocalypse, on ne peut pas être complice de l'apocalypse. Enfin, à la vie, il faut être cohérent. Et donc, moi, je dis, notamment avec mon parti Nouvelle Énergie, depuis longtemps, qu'on se doit de proposer une alternative.
Oui, mais sur la censure, David Lissena, est-ce qu'il faut envisager de la voter ? Est-ce qu'on peut être clair ce matin ?
Oui, oui, oui. Enfin, pour moi, oui, oui, il n'y a aucun problème. Si vous voulez, ce qui est appelé stabilité, vous vous remarquerez, ne correspond qu'à la stabilité des postes. C'est la lutte des places. Non, c'est pour avoir un budget. Ma question, c'est, est-ce qu'il faut avoir un budget à tout prix ? Il faut toujours avoir un budget. Le budget, ce n'est pas comme les entreprises pour la puissance publique, c'est ce qui permet d'engager les recettes et les dépenses. Mais la Constitution permet d'avoir un budget, y compris s'il y a une censure, y compris par la loi spéciale ou par les ordonnances, etc.
Et donc, ce que je veux vous dire, c'est qu'on nous sort le mantra de la stabilité en créant l'instabilité totale, l'instabilité fiscale par le délire fiscaliste qu'il y a actuellement, l'instabilité sociale, y compris en revenant sur la seule réformette, mais absolument nécessaire, qui était celle des retraites. Donc, tout devrait être instable, sauf ceux qui sont au pouvoir. Il faut que tout change pour que rien ne change. C'est le guépard, quoi.
Alors, vous êtes ce dirigeant de LR ce matin qui dit qu'on peut envisager la censure. En tout cas, ce n'est vraiment pas à n'importe quel prix. Parlons de la taxe Zuckman, justement.
Il y a longtemps. On en parle beaucoup. En tout cas, chez vous.
Sébastien Lecornu, on en parle aussi dans le Figaro, par exemple, ce matin, c'est à la une. Sébastien Lecornu a assuré hier au député LR que pour rien au monde, il n'accepterait de toucher au patrimoine professionnel. Il a ajouté qu'il ne faut pas que les compromis soient des compromissions. Est-ce que vous le trouvez fin stratège, ce Premier ministre ? Est-ce qu'il vous rassure ?
Je ne sais pas. Je ne suis pas capable de lire le cornisme. Je comprends sa déclaration. En revanche, ce que je sais, c'est qu'il disait avec autant d'emphase et autant de gravité la même chose sur la réforme des retraites et qu'ils se sont assis dessus.
Donc, Sébastien Lecornu, ne vous rassure pas. Mais sur le fond, est-ce qu'il faut les taxer, ces ultra-riches, ces 0,0002% qui ne paient pas le même montant d'impôt en proportion que vous et moi ? N'est-ce pas ? Peut-être qu'il faut déjà... On avait le patron de Doctolib hier qui disait « cet argent, ça ne sert à rien d'en avoir autant pour vivre ».
Oui, c'est certainement vrai. Alors, est-ce qu'il faut faire quelque chose ou pas ? Je suis tellement loin de tout cela que j'imagine que ça ne sert à rien. Moi, ce que je sais, c'est que pour moi, c'est du détournement d'opinion. C'est-à-dire qu'on a focalisé le débat sur la taxation sur le patrimoine, y compris le patrimoine professionnel, ce qui est absurde dans le pays, notre pays, la France, qui a le record du monde des prélèvements obligatoires. Où les impôts de production, sur ce qu'on appelle le capital, c'est-à-dire l'investissement, sont les plus élevés de l'OCDE. Donc moi, ce qui m'intéresse, c'est l'intérêt du pays. Ce n'est pas d'être dans des considérations pleines de moraline.
Tout débat sur l'impôt est tout à fait légitime, mais une fois qu'on aura à relancer le pays, c'est pourquoi je dis que le problème de la France aujourd'hui, c'est le fait qu'on a le record du monde de la dépense publique, le record du monde, qui se fait au détriment de la prospérité, c'est-à-dire qu'on est dans une courbe descendante de l'affaire, et que parallèlement, on a des services publics qui se délitent. Moi, je suis tout le temps. Je vis, ce n'est pas que je vais à la rencontre des Français, je suis un Français qui vit avec les Français.
Il faut faire 30 milliards d'efforts, on est d'accord ?
Non, non, mais je rejette même le terme d'efforts, si vous voulez. Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est qu'on ait un appareil public performant. Donc, il faut avoir totalement l'organisation des pouvoirs publics. On est plusieurs à le dire. Jean-Louis Borloo, avec son talent, je trouve, de façon intéressante, parce qu'il change un peu le vocable.
Et puis, parallèlement, qu'on ne soit pas dans des considérations pleines de passions tristes, mais que l'on dise c'est quoi aujourd'hui le système le plus efficace pour créer de la valeur, pour créer de l'emploi, pour avoir des services publics qui fonctionnent, parce que plus on dépense, plus on prélève, moins on a d'urgence hospitalière ouverte, on a des fonctionnaires moins bien payés qu'ailleurs, qui coûtent plus cher qu'ailleurs. Mais on continue de nous dire qu'il faut dépenser plus, etc.
Mais alors, si vous voulez faire des coupes publiques et zéro impôt, ça veut dire qu'il faut faire un effort de 30 milliards. Et c'est évidemment les services publics qui vont...
Je ne comprends pas zéro impôt. Non, il faut de l'impôt.
Non, zéro augmentation d'impôt dans le budget 26. Donc, est-ce que vous voulez faire ces efforts en baissant les dépenses, ce qui va toucher les services publics ?
Non, mais justement, c'est là que je voudrais déconstruire certains éléments. Si la dépense publique, on avait été le facteur de la performance publique, nous serions le pays où les fonctionnaires sont les mieux payés, les plus heureux, où les usagers sont les mieux servis. C'est de moins en moins vrai. Alors, c'est vrai que c'est contre-intuitif. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, c'est très simple. On a 35% de l'argent public qui est détourné vers des fonctions purement administratives. Là où des pays comme l'Allemagne, la Suède, qui sont très publiques et très socialisées, sont à 24%. Donc, si vous voulez des meilleurs fonctionnaires, mieux payés, il faut moins de bureaucrates.
Il faut que je vous parle de politique dans le Parisien ce matin.
Il faut moins de réglementation, à fouaire à la réglementation. Je le dis ici depuis France Inter.
Dans le Parisien ce matin, Jordan Bardella, du Rassemblement National, bien sûr, imagine à quelles conditions il ira à Matignon et il dit qu'il y a une frange plus patriote chez les Républicains. Si je peux bâtir une alliance autour d'un pacte de gouvernement, pourquoi on ne le ferait pas ? Demande-t-il. Vous, vous répondez quoi ?
Moi, je pense qu'on est dans un quadripartisme et pas un tripartisme et qu'on veut nous imposer ça. Je n'ai jamais cru au bloc central, on est d'accord ou pas, mais ça fait des années, je le dis, certains le savent ici. Et donc qu'aujourd'hui, il y a une gauche très très dure, ultra, qui est autour de LFI, qui pour moi a sacrifié l'universalisme républicain. C'est pourquoi il y a beaucoup de gens de gauche qui viennent à Nouvelle-Énergie.
Moi, c'est sur l'union des droites ce matin, ma question.
Il y a une gauche sociale-démocrate, mais je réponds, vous n'inquiétez pas, j'esquiffe pas. J'ai bien compris que c'était l'union des droites. Et ensuite, il y a le RN qui se dit ni de gauche ni de droite, quand c'est Marine Le Pen qui en parle. Et puis quand c'est, ça c'est la main gauche, et puis la main droite de Jordan Barnella qui est tendue. Et il y a un éclatement de l'UDI à Horizon jusqu'à Bupont-designans, Knafou, etc. Et moi, ce que je propose, c'est une grande primaire ouverte à tout cela et une grande entente autour de quelques principes simples. J'ai vu que Sarah Knafou reprenait mes 80 milliards de baisse de dépense la première année. Je propose 200 milliards en un quinquennat.
Bruno Retailleux, il dit encore ce matin qu'il faut un candidat LR.
Je préférerais que ce soit un candidat LR, mais je pense qu'on est à l'épicentre. En tout cas, Nouvelle Énergie et les quelques libéraux qui restent chez LR. Donc, pour avoir un projet libéral, sécuritaire et éducatif, on a cinq mesures que je vais proposer à tout le monde. Est-ce qu'on est d'accord, au moins sur la nature de ces mesures et sur des grands objectifs ? Et ensuite, de créer une vraie force pour récupérer ce que j'appelle les orphelins de la droite qui, par défaut, ne votent plus. Certains étaient allés chez Emmanuel Macron, d'autres étaient à l'ORN, etc. Et c'est ce que je vais proposer.
David Lissnard, au municipal, comme jusqu'à la présidentielle, est-ce que vous avez vu ce qui s'est passé dans la partielle, dans le Tarn-et-Garonne, entre une ciottiste et une socialiste ? Bruno Retailleux a dit qu'il ne faut pas donner une seule voix pour la gauche. C'est comme ça que ça doit se passer ?
Toute la gauche ? Non, mais moi, je serais d'accord si on s'opposait complètement à ce gouvernement. Je crois qu'il faut, comme disait François Mitterrand, un opposant, ça s'oppose. Et il faut une ligne claire. On nous sort toujours le vieil épouvantail. Alors, vous allez vers l'extrême droite, etc. J'entendais quelqu'un de LR, c'est Xavier Bertrand, qui réagissait avec des postures de notables des années 90. Enfin, tout ça, c'est fini. À un moment donné, moi, je suis très bien dans mes principes. Je n'ai pas de leçon de patriotisme à recevoir, ni de RN, ni de quelqu'un d'autre. Et je crois à un projet libéral, sécuritaire et éducatif. C'est ça que je veux faire gagner.
Et vous l'avez déroulé ce matin. Tout le reste, c'est la politique politicienne.
On vous a entendu. David Isner, le maire de Cannes, merci à vous.
Et merci Alexandra Ben Saïd.
David Lisnard