Pascal Canfin, Ministre délégué au Développement
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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Bonjour Pascal Canfin, vous êtes d'abord quelques mots de présentation...
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Vous aviez un dialogue avec le Mali ces derniers mois...
- 1:19RelanceRéponse directe
Cet argent va rester bloqué donc jusqu'à une évolution démocratique ?
- 1:53RelanceRéponse partielle
Mais admettez que c'est un paradoxe incroyable...
- 2:35OuverteRéponse directe
Éclairez-nous sur la position d'Europe Écologie Les Verts sur l'intervention française au Mali...
- 4:21OuverteRéponse directe
Mais ça veut dire quoi, éviter tout discours belliciste, Pascal Canfin ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« C'est ça, c'est-à-dire les relations avec plus de 100 pays qui sont encore en voie de développement »
- 0:52Invité politiqueFait
« suite au putsch de mars dernier, nous avons suspendu l'aide publique au développement »
- 0:59Invité politiqueChiffre
« il y a aujourd'hui 150 millions d'euros qui sont prévus par la France pour être fournis au Mali »
- 1:11Invité politiqueFait
« Ça prouve à quel point nous attachons de l'importance à la conditionnalité démocratique dans notre aide publique »
- 3:16Invité politiqueChiffre
« soutenir, d'une manière aussi claire, aussi nette, à plus de 80% une intervention militaire »
- 3:33Invité politiqueFait
« quelles sont les conditions, non pas pour gagner l'intervention militaire, mais gagner la paix ? »
- 3:49Invité politiqueFait
« ce n'est pas de sécurité sans développement, pas de développement sans sécurité »
- 5:51Invité politiqueFait
« que la France est engagée dans un travail diplomatique extrêmement intense »
- 6:21Invité politiqueFait
« la CDAO, encore ce week-end, a renforcé l'engagement de près de dix pays africains sur le terrain au Mali »
- 6:40Invité politiqueFait
« Il y a la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies »
- 7:19Invité politiqueFait
« Le Président de la République a pris ses responsabilités »
- 7:53Invité politiqueFait
« l'objectif, c'est de préserver l'intégrité du Mali »
Temps de parole
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- Présentateur31 %
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Bonjour Pascal Canfin, vous êtes d'abord quelques mots de présentation, vous êtes l'autre écologiste du gouvernement avec Cécile Duflo, ancien journaliste à alternatives économiques, ancien député européen, spécialiste des questions financières et bancaires, juste avant d'entrer au gouvernement, vous aviez fait paraître un livre au titre évocateur, ce que les banques vous disent et pourquoi il ne faut presque jamais les croire. Vous êtes depuis ministre délégué auprès de Laurent Fabius, chargé du développement, c'est ce qu'on appelait jusqu'alors ministre de la coopération ?
C'est ça, c'est-à-dire les relations avec plus de 100 pays qui sont encore en voie de développement, donc chargé du dialogue et des échanges avec des pays comme le Mali, chargé des politiques d'aide publique au développement en matière de santé, d'éducation, d'énergie, d'infrastructure et évidemment le Mali et les autres pays du Sahel.
Vous aviez un dialogue avec le Mali ces derniers mois, Mali dirigé par un gouvernement de transition issu d'un putsch militaire.
Justement, suite au putsch de mars dernier, nous avons suspendu l'aide publique au développement et il y a aujourd'hui 150 millions d'euros qui sont prévus par la France pour être fournis au Mali, mais nous attendons une feuille de route que les Maliens se mettent d'accord sur une feuille de route vers des élections. Ça prouve à quel point nous attachons de l'importance à la conditionnalité démocratique dans notre aide publique, et en l'occurrence à la transition démocratique au Mali.
Cet argent va rester bloqué donc jusqu'à une évolution démocratique ? Jusqu'à une feuille de route.
Jusqu'à une feuille de route, c'est-à-dire que nous ne demandons pas évidemment la tenue d'élection aujourd'hui.
Feuille de route qui dépendra de la situation militaire.
Qui peut dire les élections au Mali auront lieu à telle date. Personne. En revanche, il faut qu'à travers le dialogue politique de l'ensemble des composants de la société malienne, se crée une feuille de route qui leur permet d'établir les différentes étapes qui devront déboucher au final sur des élections. Et dès que ce consensus sera trouvé, à ce moment-là, évidemment, nous débloquerons l'aide publique au développement.
Mais admettez que c'est un paradoxe incroyable. La France déploie une opération militaire d'envergure, plus de 2000 soldats au Mali, et dans le même temps bloque une aide au développement de 150 millions d'euros.
Il y a l'aide publique au développement qui passe directement par l'État, celle qui est bloquée. Ensuite, il y a l'aide publique au développement qui passe par la société civile, par les organisations non-gouvernementales, les ONG. Celle-là n'est pas bloquée. Mais à partir du moment où nous attendons une feuille de route démocratique, il nous semble légitime de ne pas verser cet argent. En revanche, évidemment, nous sommes extrêmement actifs sur le plan humanitaire, avec l'Union européenne, puisque l'essentiel des crédits aujourd'hui humanitaires de la France transite par l'Union européenne et les Nations unies.
Alors, éclairez-nous sur la position d'Europe Écologie Les Verts sur l'intervention française au Mali, avec, on l'a entendu, Noël Mamère qui dénonce le retour de la France-Afrique, Eva Joly qui parle d'une intervention à haut risque et d'un remède qui peut être pire que le mal, et un conseil fédéral du parti qui, ce week-end, a soutenu l'opération, mais en demandant au gouvernement d'éviter tout discours belliciste, donc il faut faire la guerre sans dire qu'on fait la guerre ?
Non, vous savez, ce n'était pas facile pour les écologistes qui ont une culture pacifiste, que tout le monde connaît, en France comme ailleurs, en Allemagne par exemple, de soutenir, d'une manière aussi claire, aussi nette, à plus de 80% une intervention militaire.
80% c'est quoi ? C'est le vote du conseil fédéral de ce week-end.
Donc ça veut dire qu'il y a une position extrêmement claire, extrêmement majoritaire, qui est de soutien, ce qui n'empêche pas de se poser des questions, questions que nous, nous nous posons, mais je peux vous assurer, nous écologistes, mais que l'ensemble du gouvernement, bien évidemment, se pose. La question est, par exemple, après l'intervention militaire, quelles sont les conditions, non pas pour gagner l'intervention militaire, mais gagner la paix ? Parce que la vraie victoire, ce n'est pas de gagner l'opération militaire, c'est de gagner la paix derrière, pour avoir une stabilité politique.
C'est pour ça que l'équation du gouvernement, qui est aussi l'équation des écologistes, ce n'est pas de sécurité sans développement, pas de développement sans sécurité. Pas de développement sans sécurité. Qui peut croire qu'aujourd'hui, avec la moitié de son territoire qui était occupé par des troupes armées djihadistes, le Mali peut se développer. Personne. Inverse, et parallèlement, pas de sécurité sans développement. Ça veut dire que, comment peut-on imaginer que, à moyen terme, ce pays trouve une stabilité, s'il n'y a pas davantage de création de richesses, et davantage de répartition de ces richesses sur l'ensemble des territoires.
Mais ça veut dire quoi, éviter tout discours belliciste,
Pascal Canfin ? Ça veut dire ne pas en rajouter dans la rhétorique. Mais ça veut dire un soutien. Aujourd'hui, il y a un soutien extrêmement fort d'Europe Écologie. Ça n'a pas fait la une des médias. Je pense que si Europe Écologie n'avait pas soutenu, on n'avait pas soutenu de manière aussi claire l'intervention, là, on aurait dit encore un couac, encore un problème. Pour une fois, le train arrive à l'heure. C'est très bien. Et effectivement, il y a des voix...
On a entendu la voix de Vajoli, celle de Noël Mamère. Mais une voix minoritaire, voix que je respecte. Mais une voix minoritaire. Elle est aussi isolée chez les Verts que la France au Mali, c'est ça ?
Dans chaque partie, il y a des personnes qui sont minoritaires. Il y a une majorité et une minorité. La position extrêmement majoritaire d'Europe Écologie, c'est celle-là. Et encore une fois, c'est important de le souligner, parce que c'est une évolution dans la culture politique des écologistes.
Noël Mamère, il paraît que vous lui avez raccroché au nez après une conversation téléphonique orageuse.
Je pense que les Français s'intéressent relativement peu aux échanges téléphoniques que j'ai avec Noël Mamère, plus à ce qui se passe au Mali et à d'autres...
Si vous m'aviez répondu simplement, on serait passé déjà à autre chose. Ben, on va passer à autre chose. Non, donc vous ne pouvez pas me dire si...
C'était écrit, donc je ne vais pas vous dire le contraire.
Bon, donc vous me le confirmez. Sur le fond, d'abord, l'isolement militaire des Français sur le terrain malien. Les Européens, je rappelais tout à l'heure, vous avez été député européen, les Européens qui restent les bras croisés, c'est de l'indifférence, de la lâcheté ou un manque de préparation diplomatique de la part de la France et donc duquel heure c'est, à votre avis, Pascal Canfar ?
Il fait huit mois depuis l'élection de mai que la France est engagée dans un travail diplomatique extrêmement intense, à la fois pour mobiliser la communauté internationale au Conseil de sécurité des Nations Unies, avec les partenaires européens et en Afrique, de façon à ce que l'ensemble des voisins du Mali, travers ce qu'on appelle la CDAO, puis l'Union africaine, se mobilisent. C'est donc un travail diplomatique avec un braquet extrêmement conséquent, l'Afrique, l'Europe, la communauté internationale.
Je pense sincèrement que nous avons très largement réussi ce travail diplomatique, c'est-à-dire que la CDAO, encore ce week-end, a renforcé l'engagement de près de dix pays africains sur le terrain au Mali
et les troupes sont en train d'arriver. Il y a 60 Nigérians, 50 Togolais, 50 Sénégalais sur le terrain. Il y a d'abord des choses,
vous parlez de diplomatie. Ce travail diplomatique est fait. Il y a la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies et il y a eu à la demande de la France un Conseil des affaires étrangères exceptionnel la semaine dernière qui a renforcé l'engagement de l'Union européenne et des pays européens et notamment de l'Allemagne sur l'aspect formation des troupes maliennes. Et donc quand on prend l'ensemble des leviers qui sont à notre disposition, je pense que nous sommes très très loin d'être isolés et qu'au contraire, nous avons un braquet diplomatique fort qui nous permet d'être extrêmement légitimes dans cette opération.
Maintenant, fallait-il attendre que l'Union européenne ait des troupes et qu'il y ait un accord politique pour intervenir en urgence il y a dix jours ? La réponse est non. C'est pour ça que le Président de la République a pris ses responsabilités.
Sur le fond encore, et avant la pause, une dernière question, on ne voit pas encore bien les limites de l'engagement militaire français. L'objectif, c'est la reconquête totale du Mali ?
Comme le disait Laurent Fabius ce week-end, l'objectif, c'est d'abord ensuite que ce soit l'AMISMA, la force des Nations Unies, qui prenne le relais de l'action française. Oui, mais à quel moment, on ne sait pas. À quel moment, c'est en train de se faire. C'est-à-dire que les troupes arrivent, les troupes africaines, mais pas seulement africaines, arrivent, et petit à petit, la transition va se faire. Et l'objectif, c'est de préserver l'intégrité du Mali. C'est extrêmement clair. C'est la demande des Maliens eux-mêmes et de l'intégralité de la société malienne.
Pascal Canfin, ministre chargé du développement invité de France Inter ce matin. On vous retrouve dans quelques minutes après la revue de presse.
Pascal Canfin