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interviewFrance Inter — Questions politiques· 28 mai 2017 94 min

Yannick Jadot : Macron avec Poutine, c'est le roi Soleil qui reçoit l'empereur de toutes les Russies"

Source d'origine 9 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:11
Présentateur

Bonjour et bienvenue dans Question Politique, l'émission politique de France Inter, France Info et Le Monde. Nous sommes ensemble jusqu'à 14h. Notre invité aujourd'hui est l'eurodéputé écologiste Yannick Jadot. À 13h15, toutes vos questions en direct. Intervenez au 01 45 24 7000 sur franceinter.fr via Twitter avec le mot-clé Question Paul. On démarre, comme chaque semaine, avec le magazine politique. France Inter, Question Politique, Nicolas Demorand. Et tous vos rendez-vous dans quelques instants. Le portrait de notre invité signé Karine Becker, la riche semaine politique revue et analysée par Laurence Perron.

Et on commence avec Charline Vanhoenacker qui, dans le 7-9 de Patrick Cohen mercredi dernier, réaffirmait le droit à la satire et interpellait donc les terroristes en réaction à l'attaque de Manchester.

1:01
Locuteur 1

Depuis Charline, on s'est promis que dans les pires circonstances, la satire avait sa place. Tant qu'on trouve les mots pour l'exprimer, on reste plus fort que ce qui nous arrive. Alors allons-y, parce que maintenant les terroristes s'en prennent aux gosses. Donc non seulement ils ne veulent pas qu'on boive d'alcool, mais maintenant quand on boit un Diabolomante ou un Laid Grenadine, on est une cible. Mais le type qui s'est fait sauter en plein concert lundi soir, il va être bien surpris quand il va se rendre que ses 72 vierges sont toutes des fans d'Ariana Grandet. Il paraît qu'au départ, il avait pensé s'attaquer aux Teletubbies.

Mais vu qu'ils sont trop forts pour lui, il a eu les chocottes. Alors avant-hier à Manchester, tout ce que ce crevard a réussi à faire, c'est de réunir les fans d'Ariana Grandet avec ceux des Eagles of Death Metal. Des gens qui au départ n'avaient que très peu de points communs. Donc si aujourd'hui ils sont rassemblés dans la même douleur, ça signifie que quand vous, les terroristes, vous diffusez votre haine, nous, on la transforme en solidarité. Je me dis aussi que si vous continuez à vouloir imposer la terreur, c'est que vous devez penser que vos attentats ont vraiment un impact sur nos mœurs.

Et alors là les mecs, autant vous dire tout de suite que depuis le Bataclan, ici on s'est tous pris facilement au quoi, une douzaine de cuites. On a blasphémé quotidiennement dans la joie et la bonne humeur. On a continué à coucher juste pour le plaisir, pas que pour procréer des petits mécréants. On a écouté du rock, du rap, du jazz. Il en sort toutes les heures un nouvel album. Bref, contrairement à vous, on respire, on vit, on rit. En bon dépravé, même à terre, on continue à vouloir se marrer. Sauf Gérard Collomb qui hier a complètement réalisé qu'il était ministre de l'Intérieur et que ce n'était pas une blague.

Oui, il va falloir que vous compreniez qu'à Manchester, Nice, Paris, Istanbul, Bruxelles, on continue à faire des blagues. Et si maintenant la résistance, c'est de se rendre en masse au concert d'Henri Dès ? Nous on est prêts ! Puis chez vous, ça va devenir difficile de trouver un kamikaze qui se fait sauter de nuit pendant ses heures de loisirs sans être payé double. Vous vous épuiserez avant nous. Parce que nous, on continuera à faire la fête, à balancer nos soutifs et à mettre nos slips sur la tête. Alors pour ceux qui y croient encore, seul Dieu nous jugera. Éventuellement, si son planning n'est pas trop chargé.

Et comme avec vous, il a déjà beaucoup trop de boulot, nous on va rester bien peinards.

3:00
Présentateur

Charline Vanhoenacker dans le 7-9 de Patrick Cohen. On passe à la semaine politique marquée par le thème du travail. Le zapping est signé. Laurence Perron avec pour, pour commencer, pardon, le gouvernement qui se met au boulot. Allez, au boulot, au travail. Pour une présidence qui se veut jupitérienne, ça se traduit comme cela dans les consignes du gouvernement. Pas une tête qui dépasse, pas un mot déviant. Fini les divans médiatiques, sobriété et concentration.

3:31
Locuteur 2

Édouard Philippe ne veut voir qu'une seule tête. Dans une circulaire signée du Premier ministre et publiée ce matin dans le journal officiel, le chef du gouvernement appelle sa nouvelle équipe à une triple exigence d'exemplarité, de collégialité et d'efficacité. Bonjour Frédéric Mettezot. Bonjour Alain Passerelle. Un discours de la méthode très stricte.

3:50
Locuteur 7

Oui, trois pages et demie en petits caractères qui ont beaucoup occupé le cabinet d'Édouard Philippe, y compris le week-end dernier.

3:57
Présentateur

Mais soudain, c'est le drame. Le ministre peut-il rester en poste ? Les militants sont divisés.

4:02
Locuteur 2

Il y a-t-il de l'affaire Richard Ferrand ?

4:03
Présentateur

Oui, voilà qui est embarrassant en tout cas. À l'heure où l'Elysée promet de faire le ménage dans certaines pratiques, c'est un fidèle du président qui est épinglé aujourd'hui par le canard enchaîné. Encore un coup du palmipède. En pleine annonce de la prochaine loi sur la moralisation de la vie publique, le canard enchaîné dès mardi soir révèle que Richard Ferrand, l'actuel ministre de la Cohésion des Territoires, aurait favorisé sa femme dans un marché immobilier proposé par les Mutuelles de Bretagne, dont il était alors le patron.

Que les boules puantes arrivent une semaine après l'admination de quelqu'un en poste de ministre, alors que le sujet est connu aux Mutuelles de Bretagne depuis des années, ça ne trompe personne. Benjamin Griveaux, fidèle d'Emmanuel Macron et candidat En Marche dans la cinquième circonscription de Paris, le ministre est ce soir à ses côtés en meeting au doc de Paris. Il n'y aura évidemment pas de démission à la suite de ce non-événement. C'est un non-événement puisque les procédures légales ont été parfaitement respectées et que Richard Ferrand n'a pas de pouvoir décisionnaire dans ce choix-là. Rien d'illégal encore dans l'emploi de son fils pour un job d'été.

Richard Ferrand venait d'être élu député en étant 2012.

5:02
Locuteur 2

Écoutez, parce que c'est un peu au déboté que j'avais besoin d'un coup de main à ce moment-là. Mon fils était disponible, donc je lui ai demandé s'il pouvait pendant 3 ou 4 mois venir travailler. J'insiste sur ce mot. Et il se trouve que mes collaborateurs habituels étaient totalement investis sur autre chose. Très honnêtement, je trouve qu'il faut en faire beaucoup pour mettre en scène les choses comme ça. Cela étant, et compte tenu des événements plus douloureux qui ont eu lieu ces derniers mois, si c'était à refaire, je ne le referais pas.

5:28
Présentateur

A l'extrême droite, on souhaite mettre illico le ministre chômage. A gauche, on juge que l'affaire n'est pas très heureuse. On retire le mot « affaire » intime aussitôt le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner. Il y a un débat Ferrand, il n'y a pas une affaire Ferrand. Je pense qu'il faut faire attention au mot. A Matignon, on attend désormais les retours de terrain de ce week-end. Est-ce que l'affaire ou le débat travaillent les esprits dans les circonscriptions ? Et le sujet avec lequel l'opposition, en revanche, elle, laboure la campagne, c'est précisément le travail, la réforme du Code du Travail par ordonnance. François Baroin, chef de la bataille pour la droite LR.

6:01
Locuteur 3

J'ai pour ma part toujours été réservé sur les ordonnances, et je vais vous dire pourquoi. On va nous expliquer, en faisant voter les Français pour une nouvelle Assemblée nationale, que tout de suite et immédiatement, on va passer par ordonnance. C'est ne pas avoir compris le message de ce qui s'est passé sur le texte El Khomri. Le 49-3, c'est une arme tactique nucléaire. Et le nucléaire, c'est fait pour ne pas être utilisé. Manuel Valls est mort sur le 49-3. Les ordonnances, je vous annonce le même résultat.

6:28
Locuteur 9

Résistance ! Résistance !

6:30
Locuteur 2

La Fiem est un délit d'opinion. Est-ce que la peine était un moteur de sanction et la sentinelle ?

6:41
Locuteur

Résistance ! Résistance !

6:44
Locuteur 2

Mais l'autre, vous le connaissez ? Dégagez-les ! Dégagez-les !

6:48
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon ne ménage pas sa peine non plus. Il se démultiplie en vrai sur toutes les places de France pour aller soutenir ces insoumis qui font campagne pour la défense du Code du Travail. Le Code du Travail est pour nous quelque chose de fondamental. De même que le ministère du Travail n'a jamais été créé pour qu'on y mette le DRH de Nestlé, il a été créé l'année du plus grand accident industriel de l'histoire de France. L'explosion de la ligne de courrières dans le Pas-de-Calais où 1300 malheureux ont été engloutis par cet accident. Et si le Code du Travail est si épais, que paraît-il cela défrise ces gens ? Pourquoi est-il si épais ?

Parce qu'ils n'ont pas cessé de multiplier les dérogations. Vous avez vu cette histoire de GMS. L'État est actionnaire dans ces deux boîtes. Les gens n'en peuvent plus, voyez-vous ? C'est pour ça qu'ils ont mis des bonbonnes de gaz sur les citernes. Bon, allez les gens, merci à tous, à bientôt. Voilà donc pour ce zapping signé Laurence Perron. Avec moi ce dimanche brûlant et ensoleillé, Agnès Varamian pour France Télévisions. Bonjour. Bonjour. Françoise Fresseauce du Monde, bonjour Françoise. Bonjour. Et Karine Bécard de France Inter. Bonjour. Karine, bonjour. Fait politique de la semaine pour vous.

Moi ce qui m'a marqué, je crois que c'est le soutien de Benoît Hamon à un certain nombre de candidats communistes. Il y a cinq jours, je crois, le premier qu'il a annoncé, c'était le soutien au candidat communiste face à Manuel Valls. Il a dit à peu près la même chose, je crois, dans la circonscription de Myriam El Khomri en Loire-Atlantique face à De Rugy. Alors on comprend, il y a la volonté de se venger, en tout cas de cibler une politique qui n'était pas la sienne. Mais en soutenant comme ça des élus communistes, on se dit quand même qu'il se met dans une sacrée situation face à Jean-Luc Mélenchon.

Et qu'entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, ça va peut-être devenir compliqué parce que les communistes et Mélenchon, en ce moment, c'est une drôle d'affaire. Donc je ne sais pas, on a l'impression qu'on a les fermants, le fermant d'une bataille assez sévère qui va bientôt commencer, juste après les législatives probablement. Françoise Fressoz, pour vous, la semaine.

8:49
Locuteur 5

Alors ce sont les révélations du canard enchaîné, ce qu'on appelle l'affaire Ferrand. Le débat, le débat Ferrand.

8:54
Présentateur

Le débat Ferrand, c'est pour moi le petit grain de sable dans une séquence politique presque parfaite où Emmanuel Macron mène d'une main de fer la recomposition politique. L'affaire Ferrand, quand vous la lisez bien, c'est quand même l'histoire d'un directeur de Mutuel qui a avantagé sa compagne par le biais d'un montage immobilier qui impliquait sa société. Alors à l'époque, il n'était pas élu, tout est légal puisqu'il y a eu un appel d'offres et que visiblement la société n'a pas été lésée.

Mais enfin, les français sont en quête d'hommes politiques absolument irréprochables et le gouvernement a décidé de tenir compte et de répondre à cette attente en faisant la première loi qui soit une loi de moralisation politique.

9:34
Locuteur 5

Alors évidemment, il y a eu un débat au sein du gouvernement. Que fallait-il faire de Richard Ferrand ? Est-ce qu'il fallait sacrifier ? Le ministre de la Cohésion des Territoires, l'ancien secrétaire général de En Marche, Edouard Philippe, a décidé que non. Il a dit que ce seront les électeurs qui trancheront les 11 et 18 juin. Le seul risque, c'est que d'ici là, le dossier Ferrand se transforme en affaire Ferrand, exactement la même que celle qu'avait coupé François Fillon pendant la campagne de la présidentielle.

10:00
Présentateur

C'est donc une erreur à vous entendre, Françoise Fresseuse, même si vous n'êtes pas chef du gouvernement, que de ne pas le sortir, comme on dit simplement ? Maintenant, vous faites de la moralisation de la vie politique la tête de chapitre de votre première décision. Il me semble que vous devez être d'une rigueur absolue. Ça vous a étonné, comment dire, l'argument qu'on a entendu déjà à l'époque de François Fillon ? J'attends le jugement des électeurs. Voilà les vrais juges. Le bon sens, c'est que si vous voulez, il y a une difficulté parce que c'est toujours le problème de la vie politique.

C'est-à-dire qu'on veut des élus absolument irréprochables et dès qu'on s'aperçoit qu'un l'un a failli, vous avez une opprobre de l'opinion publique extrêmement forte. Et quand vous biaisez avec cette opprobre, vous vous mettez vous-même en difficulté. Agnès Varamian ?

10:47
Locuteur 1

Ce n'est pas un fait politique, c'est un fait de société, moi, qui m'a marquée cette semaine. Et c'est une découverte scientifique qui, à mon avis, change tout, celle de la température de nos cellules. Rien n'est d'anecdotique là-dedans. Imaginez-vous quand même que certaines composantes de nos cellules ne sont pas à 37 degrés, comme vous l'aviez tous imaginé comme moi. Non, mais elles approchent les 50 degrés. Alors, c'est une découverte scientifique qui montre aussi que ces cellules sont des mitochondries, qu'elles ont un rôle dans la régulation de la température du corps.

Elles ouvrent de nouveaux champs thérapeutiques pour traiter les fièvres, les inflammations musculaires et aussi, avec prudence, il faut le dire, mais peut-être la lutte contre le cancer. Alors, voilà, imaginez qu'on vit, vous et moi, avec des petits bouts de cellules à 50 degrés. Et moi, j'ai trouvé ça fantastique.

11:41
Présentateur

Yannick Jadot, vous étiez au courant de ça ou pas ? Pas du tout, pas du tout. Ce n'est pas un effet indirect du réchauffement climatique ? Du dérèglement climatique, absolument pas, ni du dérèglement hormonal. Donc, visiblement, si ça ouvre des perspectives sanitaires, tant mieux. Oui, oui, parfait. Eh bien, on passe au portrait d'Yannick Jadot. Question politique sur France Inter.

12:02
Locuteur 2

Un portrait signé Karine Bécard.

12:04
Présentateur

Bonjour, Yannick Jadot.

12:05
Locuteur 2

Bonjour.

12:05
Présentateur

Yannick Jadot, qui se souvient, à votre avis, que vous avez été le candidat écolo de l'élection présidentielle ? Moi. Dans cette bataille, vous avez... Ça fait une personne. Au moins une personne. Dans cette bataille, je rappelle que vous avez tenu un tout petit peu plus de trois mois, puisque depuis fin février, vous avez, pour ainsi dire, pratiquement disparu. Pourtant, pour le député européen presque inconnu que vous étiez, il faut reconnaître que tout avait plutôt bien commencé. La primaire d'Europe Écologie-Les Verts vous a permis d'écraser votre ennemi juré, Cécile Duflo, qui, il y a cinq ans, vous avait empêché d'entrer au gouvernement.

Certes, c'est vrai, jamais vous n'avez décollé dans les sondages, mais en vous ralliant à Benoît Hamon, vous réalisez, au départ en tout cas, une assez bonne opération. Le candidat socialiste qui vient d'être officiellement désigné surprend tout le monde avec sa vraie dynamique. Il est à 15% au moins, et vous pensez certainement, vous, Yannick Jadot, pouvoir lui apporter quelques points. Vous êtes réputé bon orateur, l'ancien directeur des campagnes de Greenpeace en France sait faire passer ses idées, et surtout connaît par cœur ses dossiers, le climat notamment. Vous êtes incollable sur tout ce qui a trait aux énergies, et en particulier à l'énergie nucléaire.

Sans oublier, bien sûr, votre spécialité, vous le diplômez en économie internationale, à savoir la négociation des grands traités. Donc, l'attelage aurait pu parfaitement fonctionner, d'autant que ce n'était pas votre première campagne présidentielle au service d'un candidat. Vous l'aviez déjà expérimenté avec Noël Mamère, et puis dix ans plus tard avec Eva Jolie. Cette fois, ce n'est pas ce que vous aviez imaginé pour vous, mais vous avez très vite senti, Yannick Jadot, que c'est une autre personnalité, hélas, pas la vôtre, qui allait émerger. Et cette personnalité, c'est celle d'Emmanuel Macron, Karine. Rejoindre Macron pour Yannick Jadot, c'était inimaginable.

Oui, et en soi, c'est assez surprenant, de la part d'un homme notamment, qui a participé au Grenelle de l'environnement il y a maintenant dix ans. L'initiative était sarkoziste, personne n'a oublié, et à l'époque, Yannick Jadot, il n'était pas question pour vous de ne pas être à la table des discussions. C'est vrai qu'en 2007, vous n'aviez pas encore adhéré aux Verts, des Verts qui étaient vent debout contre ce qu'ils estimaient être une opération de communication, alors que vous, vous aviez fondé pour l'occasion une nouvelle association, l'Alliance pour la planète, qui regroupait toute une kyrielle d'organisations.

Vous ne partagez pas les idées du nouveau président, mais le mouvement vous semblait suffisamment important pour en profiter et pour faire avancer vos idées. Aujourd'hui, l'impulsion est du côté d'Emmanuel Macron, et vous qui siégez depuis huit bonnes années au Parlement européen, vous avez appris à composer avec d'autres partis, même ceux qui sont parfois un peu loin des convictions que vous défendez. Comme Daniel Cohn-Bendit, votre ami qui est venu vous chercher pour vous faire entrer dans l'arène politique, comme Daniel Cohn-Bendit, votre écologie n'a jamais été dans la contestation systématique. Vous apparaissez plutôt comme un écolo capable de vous allier pour construire des majorités.

15:03
Locuteur 3

Et c'est ce qu'il a fait avec Benoît Hamon.

15:05
Présentateur

Oui, vous avez raison, puisque vous avez décidé, Yannick Jadot, de l'aider à lancer cet été un nouveau mouvement, fidèle évidemment à votre premier engagement, et peu importe finalement que vous ayez fini tous les deux à 6,3%. En réalité, tout le monde le sait, ce n'est pas si simple de changer. Vous êtes resté forcément un peu ce militant alter-mondialiste que vous avez été, parti vivre pour commencer en Afrique et en Asie du Sud, au Burkina Faso et au Bangladesh, pour éprouver la solidarité. Vous êtes un homme de gauche, une gauche à laquelle vous semblez profondément attaché. Soyez prêt simplement à croupir dans l'opposition pendant quelques années.

Croupir, verbe du deuxième groupe, Yannick Jadot, il me semble fort mais très juste, non ? Je ne crois pas. Je ne crois pas. Je pense qu'on est dans un grand moment de recomposition politique. Vous l'avez dit, Macron a incontestablement réussi un grand coup en composant en quelques mois le pôle social-libéral ou libéral-centre-droite, peu importe d'où viennent les gens, et qu'on est dans un moment de recomposition. Et finalement, si j'ai construit cette plateforme présidentielle avec Benoît Hamon, c'est parce qu'à la différence des autres décompositions à gauche dans les autres pays européens, là, à gauche, la question écologique est au cœur des programmes.

Elle était au cœur du programme de Benoît Hamon, elle est au cœur du programme de Jean-Luc Mélenchon, elle est évidemment depuis très longtemps au cœur du programme des écologistes, c'est ça. C'est son ADN et que donc, ma responsabilité a été de construire au maximum ce rassemblement autour d'une idée essentielle qui est de mettre notre planète, la santé, l'environnement, le respect des femmes et des hommes, l'Europe et la démocratie au cœur d'un programme pour gagner. Moi, mon sujet, vous l'avez plutôt bien dit, ce n'est pas de me retrouver tous les trois mois à Notre-Dame-des-Landes avec les copains pour militer contre le projet d'aéroport, c'est de gagner.

Ce n'est pas d'être anti-nucléaire, c'est de faire en sorte qu'on en sorte et qu'on développe les énergies renouvelables et qu'on crée des emplois. Ce n'est pas d'être simplement pour hurler sur l'Europe telle qu'elle est, c'est de participer à sa reconstruction parce que pour moi, c'est le projet de civilisation du 20ème siècle. Mais en disant tout ça, vous n'avez pas le sentiment de ne pas avoir fait le bon choix, justement ? Mais non, moi, je fais toujours le bon choix. Non, j'essaye, évidemment. Je ne dis pas que j'ai fait toujours des bons choix. Simplement, ce sont toujours des choix de cohérence et de conviction.

Je suis un écolo qui, comme vous l'avez dit, a initié et participé à la négociation du Grenelle de l'environnement avec Sarkozy, qui a travaillé avec le précédent quinquennat et François Hollande sur la COP21. Et je n'hésiterai pas une seconde à soutenir Nicolas Hulot dans son action dans un gouvernement qui n'est pas très écolo. Mais lui est l'un des nôtres. Je n'hésiterai pas une seconde à le soutenir dès que ça ira dans le bon sens. François Fressoz. Europe, écologie, les versent. C'est mort aujourd'hui. Et pourquoi, si c'est le cas, pourquoi c'est mort ? Je l'ai dit, le paysage politique, sur l'ensemble des sensibilités, mais particulièrement à gauche, ne sera plus jamais le même.

Avec ce qu'a fait Emmanuel Macron. Ce qu'a fait aussi Mélenchon, qui, autour de sa personne, il a créé un collectif autour de sa personne. Emmanuel Macron a créé un mouvement autour de sa personne. Et d'idées, incontestablement. Si l'espace qui existe aujourd'hui entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, qui se veut, celui qui se veut autour de quatre piliers, l'écologie, le social, l'Europe et la démocratie, s'il ne se met pas ensemble pour exister et faire valoir ses idées, ses propositions, le débat public, cet espace-là, il est mort.

Dans la plateforme qu'on a créée avec Benoît Hamon, ça a été rejoint par des personnalités écologistes, par des militants, des citoyens, socialistes, communistes, ou qui ne se trouvent pas dans ces mouvements politiques-là. Si on veut que cette maison-là existe, que ces idées-là existent, ces personnes-là doivent se regrouper dans un nouveau mouvement politique. Je n'irai jamais au Parti Socialiste. Et Benoît Hamon ne viendra jamais à Europe Écologie Les Verts. Et tous ceux qui, bien au-delà du score qui a été fait, vous le savez, se retrouvés dans ces idées-là, n'iront ni au Parti Socialiste, ni à Europe Écologie Les Verts.

Et donc, il est logique que la nouvelle maison commune, qui doit naître, déborde les appareils politiques. Je l'ai dit dès le début. Et ce sera et le Parti Socialiste, et Europe Écologie Les Verts qui devront être débordés.

19:47
Locuteur 1

Mais ce mouvement transpartisan auquel vous vous associez, que vous appelez de vos voeux, est-ce que ce n'est pas une imitation à contre-camp de ce qu'a fait Emmanuel Macron ? On a l'impression que vous courez après.

19:57
Présentateur

Oui et non. Gannick Jadot. Ben un, il faut tirer les leçons de la réalité politique. Ben c'est tard. Non, mais encore une fois, Macron, il réussit à agglomérer le pôle libéral de centre-droit. Tant mieux, il l'a réussi. C'est une bonne nouvelle pour la démocratie, c'est un enjeu de clarification. Moi, si je veux participer à ce que le pôle écolo-social européen-démocrate s'agglomère, il faut être ça, mais avec des logiques différentes.

20:23
Locuteur 1

Mais vous avez à votre gauche déjà un autre mouvement transpartisan créé par Anne Hidalgo, Martine Aubry qui s'appelle Dès Demain.

20:29
Présentateur

Oui, excusez-moi, mais là vous avez raison, là vous avez raison, c'est que si ces appels, si ces initiatives ne sont que des motions de congrès du PS, si ce sont des écuries personnelles, ce sera sans moi, mais ce sera sans moi le 1er juillet avec Benoît Hamon ou dans toutes les autres initiatives. C'est l'écurie d'Hidalgo, c'est ça ? Non, mais son appel ressemble fortement à l'idée qu'elle veut recomposer autour d'elle, recomposer sa majorité parisienne. Tant mieux, elle a raison, c'est logique. Les idées qui sont écrites par Anne Hidalgo, Christiane Taubira et d'autres sont assez proches de celles qu'on défend.

On retrouve même dans la motion de congrès de Mathias Feckel et Najat Vallaud-Belkacem à peu près toutes les idées qu'on voudrait reprendre, mais simplement à un moment donné, il faut acter que nos forces politiques, nos appareils politiques ne peuvent plus incarner cet élan-là, cette nécessité-là. Donc la forme même du parti est dépassée ? Elle doit se recomposer. On voit, on a des vieux appareils politiques qui se sont repliés sur eux-mêmes, qui fonctionnent sur des loyautés ou des formes de militantisme qui ne correspondent plus à l'envie des citoyennes et des citoyens. Et on a à côté trois dynamiques verticales.

Le Pen, avec un parti croupion au service de Le Pen, le mouvement autour de Macron, le collectif autour de Jean-Luc Mélenchon. Ce n'est pas non plus véritablement la démocratie, ces systèmes-là. Parce qu'à la fois, ça fonctionne beaucoup par réseaux sociaux, il y a incontestablement de la co-construction, mais à un moment donné, il ne faut pas se raconter d'histoire. C'est Mélenchon qui décide de tout à la France insoumise, c'est Macron qui a décidé de tout à En Marche, comme c'est Le Pen qui décide de tout au Front National. Mais là, ça tombe très bien parce que vous manquez d'un chef, vous, en fait.

Oui, mais quand on est dans une pensée politique où l'idée de l'homme ou de la femme providentielle n'est pas ce qu'il nous... où on a plutôt envie de faire du collectif, il faudrait trouver un espace, et moi, c'est ce à quoi je veux contribuer, où la forme politique du mouvement, c'est à la fois de l'horizontalité et des engagements qui ne sont pas forcément des engagements permanents. On vient sur une campagne, on vient sur un combat, on vient pour participer à des idées, on verra là. Et en même temps, on a de la démocratie interne, parce que l'histoire du chef qui décide de tout, ce n'est pas de la démocratie interne. Ça s'appelait Europe Écologie, ça a la grande époque. Absolument.

Et on a foiré. Ça ne vous a pas échappé ?

23:01
Locuteur 3

Pourquoi vous avez foiré ? Pourquoi on n'a pas foiré ?

23:04
Présentateur

Vous aviez un mouvement, celui que vous venez de décrire, on est en 2017, vous avez en fait cassé un outil. Oui, mais oui, et raison de plus, pour ne pas recommencer les mêmes erreurs avec le rassemblement qu'on peut créer avec cette plateforme présidentielle, avec Benoît Hamon, qui est de se perdre, et dans le Parti Socialiste, et dans Europe Écologie Les Verts. Qu'est-ce qu'on a raté avec Europe Écologie ? C'est qu'à un moment donné, on s'est nous-mêmes, je pense à Danny Conben, dit José Bové, Jean-Paul Bessé, Pascal Durand et moi-même, qui étions un peu au cœur de ce lancement.

Ce qu'on a raté, c'est qu'on s'est auto-intoxiqué avec l'idée que ce grand mouvement, qui devait s'élargir en permanence, pouvait se traduire par des statuts d'un parti politique. Ça, c'était l'erreur absolue. Et on s'est pris la tête avec Les Verts, on s'est pris la tête avec Jean-Vincent Plassé, et on a tué la dynamique d'ouverture. On en reparle dans deux minutes. Bonjour et bienvenue, bienvenue à ceux qui nous rejoignent. Question politique, l'émission politique de France Inter, France Info et Le Monde. Vous avez la parole, amis auditeurs, amis téléspectateurs, à partir de 13h15, intervenez au 01 45 24 7000 sur franceinter.fr et via Twitter avec le mot-clé Question Paul.

Notre invité cette semaine, et je le salue à nouveau et le remercie d'avoir accepté notre invitation, et l'eurodéputé écologiste Yannick Jadot. À mes côtés, pour vous interroger, Karine Bécard de France Inter, Agnès Varamiant de France Télé et Françoise Fresseuse du Monde. Françoise, c'est à vous. Première question. Oui, vous venez d'acter, vous avez acté la mort d'Europe écologique. Alors, qu'est-ce qu'il faut faire aujourd'hui ? Est-ce que Benoît Hamon peut rester au Parti Socialiste ? Est-ce que vous, qu'est-ce que vous allez faire ensemble ? Quel est votre appel aujourd'hui ? Yannick Jadot.

Mon appel, je l'ai dit quand Benoît Hamon a été désigné, ce qui changeait, je l'ai dit, la carte politique, au sens où vous aviez trois offres politiques qui plaçaient la question écologique au cœur de leur programme. Différemment, mais qui plaçaient la question écologique. J'ai dit, il faut dépasser les égaux pour parler projet, et j'en ai tiré la conclusion qu'à un moment, je me suis retiré, et il fallait déborder les appareils politiques pour créer un rassemblement. Dans cette dynamique autour de ces quatre sujets, écologie, sociale, Europe et démocratie, ce ne sera pas le Parti Socialiste qui incarnera ça. Ce ne sera pas Europe Écologie Les Verts qui incarne ça.

C'est la mort du Parti Socialiste ? Les structures, vous le savez, les institutions sont très fortes. Et puis un parti politique, ce n'est pas simplement un score à une élection présidentielle. Oui, mais ce sont aussi des milliers de militants qui sont sur le terrain, qui distribuent tous les dimanches, qui organisent des réunions politiques, qui mènent des combats. Ce sont des élus de terrain.

25:57
Locuteur 1

Est-ce que vous demandez à Benoît Hamon de quitter le PS ?

26:00
Présentateur

Si à un moment donné, les socialistes qui croient dans sa plateforme présidentielle ne quittent pas le Parti Socialiste, comme les écologistes ne débordent pas Europe Écologie Les Verts, comme un certain nombre de communistes ne sortent pas du Parti Communiste, comme beaucoup, y compris des radicaux de gauche et puis des gens qui ne sont pas du tout affiliés, heureusement, et ils sont beaucoup plus nombreux que ceux qui ont des cartes, ne se retrouvent pas dans une maison qui fait l'articulation entre la politique et la société civile et qui dit les socialistes, c'est quand même aussi un vieil appareil politique qui ne soutient pas aujourd'hui la plateforme présidentielle de Benoît Hamon, qui ne soutiennent pas la plateforme présidentielle de Benoît Hamon.

Europe Écologie Les Verts qui, à la force de la cohérence politique, mais reconnaissons-le, a perdu un peu dans la qualité de son image et ne peut pas être le grand parti social, écolo, européen, démocrate de demain. Si on n'a pas tous le courage et la responsabilité politique de dépasser nos appareils politiques pour construire quelque chose en commun, nous serons divisés. Et si nous sommes divisés dans le moment-là, on sera écrasés soit par Macron, soit par l'hégémonisme de Mélenchon. Karine Bécard. Vous voulez dépasser tout ça très bien, mais soyons un peu clairs, dans ce nouveau parti que vous voulez créer avec Benoît Hamon, on met qui exactement ?

Parce qu'en ce moment, on a un candidat, Benoît Hamon, qui soutient les candidats communistes. Donc on met qui ? On met la gauche ammoniste, la gauche frondeuse, les communistes, quelques vers, vous ? C'est surtout ceux qui se retrouvent dans des idées. Franchement, on ne va pas vivre sur cette campagne présidentielle jusqu'à la fin du quinquennat et tout le XXIe siècle. Quand vous regardez la question démocratique, on a absolument besoin de renouveler les institutions, c'est une évidence. On parlera sûrement d'Emmanuel Macron et de sa conception des institutions et la façon dont il joue des institutions tout à l'heure.

Sur la question européenne, on a absolument besoin d'inscrire l'Europe, pas simplement sur des règles budgétaires, sur un projet de civilisation, sur la société ouverte, sur la question de l'écologie. C'est la relocalisation de l'économie sur nos territoires. C'est des Françaises et des Français qui se rempartent de sujets essentiels. Donc c'est toutes celles et tous ceux qui se retrouvent là-dedans. Mais je reste sur l'idée des communistes. Les communistes, vous les voulez parce que ça pousse un peu plus loin Jean-Luc Mélenchon ? Vous voyez bien que les sujets que je viens d'indiquer, ils ne correspondent plus à des formations politiques.

Il y a toute une partie de cette gauche-là qui est orphelune d'un mouvement politique qui peut les représenter, qui peut réouvrir le débat. Et la réalité de cette élection présidentielle, c'est que les vieux appareils ont été écrasés par cette élection présidentielle. Il faut quand même retenir le message des Françaises et des Français. La question, tout de même, je vous repose la question de Karine Bécard avant de donner la parole à Françoise Fresseuse. La question du chef ou de la personne qui incarne ce mouvement est tout de même cruciale.

Vous l'avez dit, les différents mouvements qui ont pu émerger ces derniers temps, si on prend en marche pour Emmanuel Macron la France insoumise, il y a des chefs. Il y a des chefs très puissants qui ont fondé ces mouvements et qui continuent à les animer. Donc, on peut avoir des structures horizontales, mais on est en France dans une cinquième république qui demande aussi des structures verticales.

29:10
Locuteur 2

Donc, la question des chefs, elle n'est pas simplement pour avoir la carte d'identité de l'un ou l'autre ou de jouer à la question des égaux ou des petits chevaux. Comment vous la pensez

29:19
Présentateur

dans ce mouvement à venir ? Comment vous pensez la question du chef ou de la chef ? C'est la question, il y a un enjeu d'incarnation qui n'est pas forcément la question du chef. Ce sont deux choses assez différentes d'ailleurs. Et puis, il y a la question de comment un collectif qui, évidemment, joue de l'incarnation. Quand je pense à cette maison commune, je pense évidemment à Christiane Taubira, je pense à Anne Hidalgo, je pense aux écologistes, je pense à une partie des communistes aujourd'hui qui ont évolué aussi sur la question de l'écologie. Et puis, je pense à toute la série d'intellectuels qui ont rejoint la campagne d'Edgar Morin à Piketty en passant par Médat, Marie Desplechin.

Ça, c'est l'intelligence collective et l'intelligence politique, on va dire. Mais vous n'avez la force du moment politique d'une certaine façon. C'est les leçons qu'on doit tirer de l'élection présidentielle et c'est quel est le calendrier qu'on a devant nous. Le calendrier qu'on a devant nous, c'est deux ans sans élection et c'est la prochaine élection, c'est une élection européenne.

Donc, ce n'est pas une élection qui se traduit uniquement par un nom sur un bulletin et qu'il faut mettre à profit ce moment pour à la fois faire de l'éducation populaire, ce que les partis politiques ne font plus, pour penser ce que les partis politiques ne font plus depuis trop longtemps pour créer du débat local. Il y a plein de régions aujourd'hui. Si le Front National est si fort aujourd'hui, c'est parce que les partis politiques ont aussi disparu. Vous ne répondez pas à la question. Vous parliez d'incarnation, c'est la bonne question. L'incarnation, Benoît Hamon, des gens avaient envie de voter pour lui mais les gens ne trouvaient pas qu'il ressemblait à un président.

C'est quand même un vrai problème. Vous êtes en train... Si vous dites que les écologistes, particulièrement dans leur volonté de renouveler les institutions de donner beaucoup plus de place au Parlement qu'au président, de fonctionner sur l'intelligence collective, les conférences de consensus, tout ça, si vous me dites qu'on est décalé par rapport à une partie de l'imaginaire politique de ce pays, je suis d'accord. Mais si vous me dites qu'aujourd'hui, on n'a même pas fait les élections législatives, le seul sujet, c'est qui sera candidat en 2022, on se trompe.

On ne réformera pas la politique, on ne fera pas revenir les jeunes, ceux qui se sentent exclus de la politique ou exclus du social dans le champ politique. Aujourd'hui,

31:31
Locuteur 5

l'homme qui incarne le courant pour lequel vous prêchez, c'est Nicolas Hulot. Nicolas Hulot, il est au gouvernement, il est dans le gouvernement, nommé par Emmanuel Macron. Pour vous, c'est un cactus dans la recomposition puisque c'est Macron qui a le trophée.

31:46
Présentateur

Comment vous faites avec ça ? Surtout que vous l'avez soutenu. Oui, bien sûr, bien sûr. C'est votre avis. Pour moi, j'ai immédiatement pris ça pour une bonne nouvelle. Vous savez, vous l'avez dit, ça fait 25 ans que je me bats pour l'écologie. L'urgence écologique, elle ne peut pas attendre 5 ans. L'urgence écologique, ce n'est pas l'alternance. L'urgence écologique, c'est qu'est-ce qu'on fait demain sur la question de la santé. La pollution de l'air dans notre pays, c'est 130 morts par jour. 130 morts par jour. La question du changement de notre mixte énergétique, sortir du nucléaire pour faire des renouvelables, c'est évidemment se sortir de la perspective d'un Fukushima.

Mais c'est aussi créer des emplois sur tous les territoires, là où on a besoin de créer de l'emploi pour avoir de la culture, des services publics et donc de la démocratie. Donc tous ces enjeux-là, ils ne peuvent pas attendre. Dès que Nicolas Hulot et ce gouvernement feront des choses bien, mais ils auront mon soutien. Je ne me sens pas dans cette majorité présidentielle parce que je ne suis pas d'accord avec le programme d'un Emmanuel Macron qui a quand même dit que le nucléaire, c'est une énergie d'avenir. Le diesel propre n'est pas un problème pour la santé, qui a été le VRP des EPR en Grande-Bretagne qui risque de tuer EDF.

Édouard Philippe qui n'a pas voté la loi de transition énergétique, qui n'a pas voté la loi sur la biodiversité et qui a été aux affaires chez Areva au moment du pire pittu d'Areva. Bruno Le Maire qui était contre le principe de précaution, qui a été le premier relais, de la FNSEA quand il était ministre de l'Agriculture et je ne vous parle pas de Le Drian et je ne vous parle pas des uns et des autres. Il y en a peu. Dans ce gouvernement, beaucoup de ministres ont méprisé historiquement l'environnement, ont combattu les solutions écologiques. Il aura la force politique de pouvoir inverser la donne comme vous venez de la décrire. Je ferai tout pour que oui.

33:29
Locuteur 1

Est-ce que Nicolas Hulot finalement ne vous donne pas le coup de grâce à vous les écologistes ? Et puis qu'est-ce que vous dites à François de Rugy, à Barbara Pompili, écologistes qui ont soutenu Emmanuel Macron puis qu'ils ne se retrouvent pas au gouvernement ?

33:40
Présentateur

Écoutez, ils ont été Europe Écologie Les Verts en 2012 quand on a passé un accord qui leur permettait d'être députés. Quand ils ont vu que ce ne serait pas avec Europe Écologie et avec Hollande, ils sont passés chez Hollande. Puis après, ils se sont dit finalement Macron a l'air d'être un logo plus fort pour regagner une circonscription. C'est un peu ça les écologistes en même temps. Oui, simplement, quand ils ont rejoint François Hollande, qu'est-ce qu'ils ont obtenu comme décision sur l'écologie ?

Moi, mon sujet, au fond, s'ils avaient rejoint Hollande et qu'ils avaient arraché la fermeture de Fessenheim, qu'ils avaient arraché la mise en oeuvre de la transition énergétique, qu'ils avaient arraché la réduction des pesticides ou la fin de Notre-Dame-des-Landes, j'aurais dit OK, c'est un parcours un peu sinueux, mais ils obtiennent des choses. Ils n'ont rien obtenu. Et ça, ça pose un problème de conviction et de cohérence. Karine Becker. Mais là, Nicolas Hulot, on l'a dit, c'est votre ami, vous l'avez peut-être eu au téléphone. Oui, bien sûr. Donc il a eu des garanties, non ? Il a eu un certain nombre de garanties sur un certain nombre de choses. Je ne suis pas naïf, Nicolas Hulot.

Vous savez comment il fonctionne, Nicolas Hulot ? Il fonctionne à la confiance. Il fonctionne à la confiance. Il a eu une discussion longue avec le président de la République. Vous en avez tous fait écho. Il veut croire. Il veut croire toujours à l'intelligence. Il n'a rien négocié. Pardon ?

34:50
Locuteur 1

Il n'a rien négocié.

34:51
Présentateur

Il a négocié le périmètre de son ministère pour avoir une fonction transversale, d'avoir les transports, qui est quand même un sujet extrêmement important pour les Françaises et les Français, y compris pas simplement la question de l'environnement, la question de l'accès au transport collectif. Donc il est dans cette idée que peut-être Emmanuel Macron va être un président qui va comprendre que cette question environnementale, elle n'est pas simplement bonne pour la planète. C'est qu'elle est bonne pour l'emploi, elle est bonne pour la démocratie, elle est bonne pour l'innovation industrielle. Dans le journal du dimanche aujourd'hui, Nicolas Hulot dit un espoir s'est levé pendant la campagne.

Est-ce que vous partagez son analyse ? Yannick Jadot. Pendant cette campagne, Nicolas Hulot pendant la campagne avait été très critique vis-à-vis d'Emmanuel Macron. Il le reconnaît d'ailleurs. Ça ne vous avait pas échappé, y compris il a fait une tribune dans votre journal, dans Le Monde, disant que ça n'était pas un vote d'adhésion et notamment il attaquait beaucoup sur la question de l'accord de libre-échange avec le Canada. Donc on va voir ce qu'il va obtenir. Moi j'espère qu'il va convaincre que effectivement cet accord de libre-échange avec le Canada est une catastrophe pour notre agriculture, pour l'environnement, comme pour notre démocratie.

J'espère qu'il va réussir à arracher des choses. Ce que je vois aujourd'hui dans le gouvernement, c'est qu'évidemment il est très isolé. Parce que la plupart des autres ministres... Prenez le ministre de l'Agriculture. Pareil, même pas il a voté contre les néonicotinoïdes qui tuent les abeilles. Donc c'est... Voilà. Après, est-ce qu'il va réussir à les convaincre ou, je crois, dans la réalité politique, plus sérieusement à arracher des bons arbitrages ? C'est ça le sujet. Parce que Bruno Le Maire, quand il veut remettre en cause le principe de précaution, c'est pas qu'il n'a pas compris ce que c'était.

Quand Edouard Philippe est pour le nucléaire, c'est pas qu'il n'a pas compris que les énergies renouvelables c'étaient moins risquées et plus propres que le nucléaire. C'est parce qu'il veut porter cet intérêt, y compris peut-être de pensée politique, surtout d'un intérêt de lobby. Donc il va falloir arracher les arbitrages. Est-ce que Nicolas Hulot vous a proposé de travailler avec lui ? Vous dites que vous vous parlez souvent, vous vous parlez de quoi ? Est-ce que vous vous parlez de ce genre de choses ? Je... Vous avez la rembêté ? Non, mais parce que... Mais oui, oui, oui. Mais il y a eu proposition, donc. Non, non, non.

Il y a eu proposition, oui, qu'on continue à travailler, qu'on continue... Vous savez, Nicolas Hulot, il sait qu'il a besoin, il aura besoin de députés écologistes et c'est aussi pour ça que moi je fais beaucoup la campagne des législatives parce qu'il faudra des députés écologistes à l'Assemblée pour le soutenir. Mais y compris, je travaille quand même beaucoup, vous l'avez mentionné sur les questions d'énergie... Vous voulez des députés écologistes qui soient de la majorité présidentielle et pas avec vous avec votre nouveau parti ? C'est ça que je suis en train de comprendre ? Non, non, non, non, non, vous avez mal compris. Ah bon, d'accord, je préfère.

Des députés écologistes Europe Écologie Les Verts. Mais qui seront où ? À l'Assemblée. Dans la majorité présidentielle derrière Nicolas Hulot ? Mais qui seront libres et qui sont derrière Nicolas Hulot et le gouvernement à chaque fois que ça ira dans le bon sens et qui combattront les positions du gouvernement à chaque fois que ça ira dans le mauvais sens. C'est ça l'Assemblée nationale. Est-ce qu'il y a eu un accord

37:49
Locuteur 1

Hulot-Jadot ? Fais-moi un groupe parlementaire sur mesure à l'Assemblée nationale.

37:54
Présentateur

Vous voyez bien que ce n'est pas comme ça que ça se passe. Simplement, évidemment... Vous parlez de quoi alors ? Vous parlez de quoi ? Dites-nous. On a senti un comment ? On a senti un comment ? Parce qu'on est effectivement amis à la fois comment il vivait la période et il sent le poids énorme des responsabilités. Il sentait que son... Il le dit dans la presse que le moment était venu pour lui d'assumer des responsabilités qui étaient plus que lanceurs d'alerte, qui étaient plus que conseillers de présidents. Il vous a demandé de l'aide ? Il vous a demandé d'être conseiller après-midi ?

Il veut pouvoir rester en contact avec tous les écologistes qu'il connaît, y compris pour qu'on puisse proposer des solutions. Prenons un exemple. Vous n'échappez pas de la question, s'il vous plaît, Yannick Jadot, parce que, s'il vous plaît,

38:41
Locuteur 2

on vous connaît très, très franc, jamais sans langue de voix.

38:45
Présentateur

Je pense que c'est la première fois

38:46
Locuteur 2

depuis que j'ai le privilège

38:49
Présentateur

de vous interviewer. C'est la première fois que je vous sens flottant alors que normalement, vous répondez... Enfin, vous n'avez pas de problème de cette nature. Mais j'ai aucun problème. Simplement, il n'y a pas d'accord. Je ne sais pas ce que vous attendez, vous attendez... Je ne vais pas rentrer au gouvernement. Je ne suis pas dans la majorité présidentielle. Est-ce qu'il vous demande de l'aide ? Est-ce qu'il vous demande de l'accompagner ? Est-ce que vous répondez oui à ces questions-là ? Mais bien sûr, il souhaite de l'aide de tous ceux qui peuvent porter et dans le débat politique et dans les assemblées et qui peuvent aussi lui fournir des idées. Prenons un exemple.

Il ne vous a pas échappé que François Hollande, pendant cinq ans, avait promis à Angela Merkel de faire une communauté européenne de l'énergie. Les Allemands ont complètement lâché parce que les Français venaient toujours avec le nucléaire. Les Allemands, ils en sortent. Ils ont compris que ce n'était pas une énergie d'avenir. Ils préfèrent investir sur les énergies renouvelables. Est-ce que, dans cette refondation de l'Europe, une grande idée que pourrait porter Emmanuel Macron, ce n'est pas simplement la question des déficits et tout ça, sur lesquels je n'ai pas forcément d'accord avec lui, mais c'est qu'il y a un axe franco-allemand autour du climat.

La France est garante de l'accord de Paris sur le climat. La prochaine conférence sur le climat est présidée par les Fidji mais se tiendra en Allemagne à Bonn. Madame Merkel est actrice forte de cette question du dérèglement climatique. Il pourrait prendre une initiative face aux deux climato-sceptiques que sont Trump et Poutine pour que l'Europe retrouve un fort leadership sur la transition énergétique, ce qu'elle a perdu ces dernières années autour d'un axe franco-allemand y compris industriel, technologique qui emmène l'Europe sur ce sujet-là.

Voilà une belle proposition sur laquelle j'ai envie de travailler avec Nicolas Hulot pour qu'il, à la fois à l'échelle européenne mais aussi au sein du gouvernement. Nicolas Hulot le reconnaît, il le dit aujourd'hui dans le journal du dimanche, on a besoin d'une administration pour faire tout ce qu'on a à faire. je ne serai pas en conflit avec mon administration, j'ai besoin d'elle. C'est vrai que c'est très important pour traduire un certain nombre d'idées en mesures politiques de travailler de manière harmonieuse avec son administration. Pour faire de la politique, il faut aussi, mais peut-être que je me trompe, être poussé ou porté ou défendu par un certain nombre de députés.

Donc, les députés Europe Écologie, les Verts, qui peuvent rentrer

41:08
Locuteur 2

à l'Assemblée Nationale, je ne vous demande pas

41:10
Présentateur

s'ils rentreront dans la majorité présidentielle mais est-ce que ce sont des députés qui seront en soutien de Nicolas Hulot ? Bien sûr, bien sûr, à chaque fois que ça ira dans le bon sens. Après, Nicolas Hulot n'est pas notre dieu, n'est pas... Non, non, c'est un ministre, c'est un ministre. À chaque fois qu'il arrachera des arbitrages qui iront dans le bon sens, on le soutiendra. S'il n'arrive pas à arracher ces arbitrages-là, nous dénoncerons les mauvais arbitrages sans en vouloir particulièrement à Nicolas Hulot. Souvenez-vous quand Nicolas Sarkozy portait la taxe carbone.

Il avait dit à un moment la taxe carbone, c'est comme l'abolition de l'esclavage, c'est comme la fin de la peine de mort avant de se retourner complètement. Eh bien, les écologistes ont été le parti politique situé à gauche de l'échiquier qui a été rencontré Nicolas Sarkozy pour essayer de voir comment on pouvait gagner sur la taxe carbone. Nous mettons toujours la question de l'écologie comme la question de l'Europe et de la question de la démocratie au-dessus des questions de paysages politiques.

42:12
Locuteur 1

Comment est-ce que vous qualifiez la démarche de Nicolas Hulot ? Vous diriez qu'il a du courage ou un brin d'inconscience d'aller sous les...

42:19
Présentateur

Il connaît bien la machine. Il connaît bien la machine. Donc, il n'est ni naïf ni inconscient. Courageux, oui, j'ai toujours un problème avec le terme courageux. Je pense que le courage, c'est quand on résiste en Syrie contre Daesh ou contre Bachar el-Assad. Le courage en politique...

42:37
Locuteur 1

La bataille de l'écologie n'était pas gagnée. Il faut un peu de courage quand même pour y aller. Oui,

42:40
Présentateur

mais c'est du courage au sens... Voilà, bon, mais incontestablement de la détermination, de l'ambition et puis encore une fois, quand on est écologiste, l'urgence écologique, ça n'attend pas les alternances. Vous serez du Grenelle de l'alimentation ? Si j'y suis convié, bien sûr. J'ai été sur le Grenelle de l'environnement. C'était un moment passionnant dans l'écologie en France. Vous parliez de conférences de consensus, ça ressemble à ça.

Parce qu'on était sortis d'un moment où tout le monde disait la science nous dit que il faut agir par rapport à la crise écologique avec le Grenelle de l'environnement qui était une proposition des associations qu'on a faite avec Nicolas Hulot, Yann Arthus-Bertrand et tous les autres. Ça a été un moment de dire qu'il faut débattre sur les solutions. Et ce qui est intéressant dans le moment politique, ce qui est aussi une vraie question pour les écologistes, c'est qu'aujourd'hui, le débat, il est sur les solutions. Est-ce qu'on a, par exemple, quand vous êtes écologiste, est-ce qu'il faut l'Europe ou pas l'Europe ? Est-ce qu'il faut être jacobin ou girondin ?

Est-ce qu'il faut être démocrate ou une planification très dure ? Tous ces sujets-là, est-ce qu'on construit les solutions écologiques en brutalisant le débat politique ou on assume la conflictualité de la société, les paradoxes de la société et on essaye de les dépasser en trouvant des compromis ? C'est ça le sujet de l'écologie. Oui, en même temps, vous avez vu qu'il y a eu beaucoup de déboires après le Grenelle de l'environnement, il y a eu beaucoup de déceptions. Il y a eu aussi Nicolas Sarkozy qui a dit je me suis trompé, ce n'est pas ce qu'il fallait faire.

Parce que vous le savez parfaitement, madame, c'est que Nicolas Sarkozy, pendant longtemps, a dit l'environnement est un sujet important, je veux en faire un levier électoral. Quand il a remarqué que ça ne lui faisait pas gagner une voix, il a tourné le dos à l'environnement. Mais ça, c'est le pire des opportunismes. J'espère qu'il ne se passera pas avec Nicolas Hulot ce qui s'est passé avec Jean-Louis Borloo. Borloo, écolo convaincu, qui s'était battu sur le Grenelle de l'environnement, il a toujours dû arracher ses arbitrages à l'Elysée contre Fillon à Matignon et contre Bercy. Et le jour où Sarkozy l'a lâché, Borloo était KO dans les cordes.

J'espère qu'il n'arrivera pas la même chose à Nicolas Hulot. Karine Bécard. Alors, il y a un dossier sur lequel on a déjà parlé, enfin en tout cas depuis l'arrivée du nouveau gouvernement, c'est Notre-Dame-des-Landes. Ça vous passionne ça ? Moi, je trouve ça bien parce que finalement, c'est un sujet qui est en permanence dans l'actualité. Mais c'est un bel objet. C'est un super objet politique. Je suis d'accord. Et là, au bout de 30 ans, on est encore sur une médiation de 6 mois. C'était ça, c'est une bonne solution ? Yannick Ladeau.

Si vous me demandez est-ce qu'il ne faudrait pas que le gouvernement dans la première minute dise on arrête ce projet qui, comme vous le dites, est aujourd'hui porté par une sorte de carteron d'élus et d'anciens élus, d'ailleurs, qui partent un peu tous à la retraite et quelques intérêts économiques, bien sûr. Mais pourquoi il est fort ce projet-là ? Parce qu'il est un symbole extraordinaire. On a un aéroport à Nantes-Atlantique. Tout le monde dit on peut l'améliorer un peu, il répondra aux besoins.

Mais le conflit, il est entre, finalement, est-ce que notre modèle de développement, c'est de couler du béton ou c'est de protéger la biodiversité des terres agricoles si on peut faire avec l'aéroport actuel ? Au fond, il est sur le jetable. Est-ce qu'on jette Nantes-Atlantique et on refait du béton ? Comme ça, ça fait de la croissance, mais ça détruit l'environnement ou est-ce qu'on fait mieux avec ce qu'on a ? La question c'est aussi est-ce qu'on est encore capable en France de porter des grands travaux d'infrastructure ? On a l'impression que dès qu'on veut s'encherner quelque chose, c'est jamais possible.

Mais moi j'en rêve qu'on ait un énorme projet d'infrastructure autour du climat dans notre pays. Ça serait un magnifique projet de société. Vous vous rendez compte qu'on a 7,5 millions de précaires énergétiques dans notre pays. On a deux fois plus de mal logés. D'accord ? Un grand projet d'infrastructure autour du confort dans nos logements et des logements qui consomment peu d'énergie. Vous savez, Poutine a signé le 13 mai un document sur la sécurité en Russie. L'une des principales menaces vues par Poutine et son administration, c'est le fait qu'on économise l'énergie en Europe.

parce qu'il veut absolument qu'on reste un débouché de son pétrole, ce qu'il continue à nourrir son oligarchie corrompue. Et donc, c'est ça un grand projet d'infrastructure. Mettre des énergies renouvelables un peu partout, avoir des trames. Les gens sont heureux quand ils sont dans des trames. Voilà un grand projet d'infrastructure, mais pas un grand projet d'infrastructure pour faire plaisir à l'égo de quelques élus qui viendront couper un ruban d'inauguration, mais pour faire plaisir aux Françaises et aux Français et surtout transformer leur vie en mieux. Les premiers pas d'Emmanuel Macron, vous les jugez comment, Yannick Jadot ? Quel est votre jugement, oui ?

Alors, les premiers pas sont lents. Ils marchent lentement, mais ça lui donne une vraie prestance. En termes de communication, je pense que c'est carton plein pour Emmanuel Macron, c'est très réussi. Les... Avec de la com ? Oui, mais vous savez, les G7 et tout ça, c'est quand même des sommets de la com. Les grandes se montent, sont ensemble, et comme ils sont ensemble, c'est bien que les uns et les autres sont des grandes se montent. C'est ça la logique. Notamment pour les puissances intermédiaires que nous sommes devenus, être là au milieu des chefs, c'est... Puis en plus, quand on lui serre la main et qu'on lui fait blanchir visiblement la poignée...

Il a bien résisté à la poignement de Donald Trump puisque c'est à quoi vous faites référence. Il a réussi ses images quand il va au sommet de l'OTAN et qu'il se dirige un peu vers Trump et finalement il se détourne pour aller embrasser Angela Merkel en laissant un peu le Trump tout seul avec les bras ouverts. C'est assez réussi. Maintenant, ça n'est que de la communication. Ce que je trouve particulièrement inquiétant pour le coup, c'est la rencontre avec Vladimir Poutine demain. C'est-à-dire ? Elle n'a pas eu encore lieu. Pourquoi vous êtes inquiète ? Parce que, pour le coup, c'est un recul par rapport à François Hollande.

Quand Vladimir Poutine devait venir, on a quand même réalisé que Vladimir Poutine était un dictateur, qu'il a massacré Alep, qu'il continue à sinon participer, ou en tout cas soutenir les massacres de Bachar el-Assad en Syrie, qu'il continue à faire la guerre en Ukraine, qu'il continue à réprimer les homosexuels. Ça veut dire

48:48
Locuteur 5

qu'il ne faut pas le voir ?

48:49
Présentateur

Ça veut dire que comme Trump, vous voyez Vladimir Poutine dans un cadre qui est un cadre européen. Là où il fait une erreur, il fait deux erreurs. Un, il se la joue trop. C'est le roi soleil qui reçoit l'empereur de toutes les Russies. Oui, après la pyramide on a Versailles. Non, parce qu'ils vont à une expo sur Pierre Le Grand. Depuis quand, sur quel fondement les Russes réclament la Crimée et l'Ukraine ? Depuis Pierre Le Grand qui avait annexé ces territoires. Et il était devenu l'empereur de toutes les Russies par expansionnisme. De jouer Versailles. Vous imaginez le cadeau de propagande que vous faites à Vladimir Poutine, ce qu'il aurait dû faire.

Parce que c'est de ça dont on a absolument besoin, y compris quand on se déclare pro-européen. C'est de voir Vladimir Poutine dans un cadre beaucoup plus neutre avec Angela Merkel pour pouvoir continuer sur les accords de Minsk sur l'Ukraine. Là, lui faire un cadeau d'une telle image d'un président de la République qui se prend pour le roi soleil et de donner à Vladimir Poutine cet extraordinaire bénéfice de communication, je trouve que c'est une faute très lourde.

50:02
Locuteur 1

En quoi cela empêche-t-il de lui parler fermement à Vladimir Poutine ? C'est ce que dit Emmanuel Macron. Rencontrer un chef d'État n'exclut pas de lui parler fermement et strictement de ses intérêts nationaux et des intérêts du monde. Alors, qu'est-ce qui vous fait penser que demain, Emmanuel Macron ne parlera pas fermement à Vladimir Poutine ?

50:22
Présentateur

Parce qu'une rencontre à Versailles, c'est d'abord une image. C'est d'abord une image qui va circuler.

50:26
Locuteur 1

Mais on sent que ça vous agace, la communication réussie, les images. Mais est-ce que ça empêche de lui parler de manière ferme ?

50:35
Présentateur

Parce que la seule chose que connaît Vladimir Poutine, c'est le rapport de force. Et le seul groupe politique qui peut imposer du rapport de force à la Russie, c'est l'Union européenne. C'est ce qu'elle a fait aujourd'hui.

50:46
Locuteur 1

Vous pensez qu'Emmanuel Macron a les épaules trop fragiles pour parler à Vladimir Poutine ?

50:49
Présentateur

À Versailles ? Mais je ne doute pas. Vous savez, tous les présidents qui ont rencontré des dictateurs, plus ou moins, leur ont dit les yeux dans les yeux, libèrent l'été prisonnier politique, laissent un peu plus de presse, arrêtent de taper sur les homosexuels, arrêtent de faire la guerre aux frontières de l'Europe. Simplement, la question, c'est qu'est-ce qui est efficace ? La seule chose qui soit efficace aujourd'hui vis-à-vis de la Russie, c'est les sanctions économiques sur l'oligarchie dirigeante, pas sur le peuple russe, sur l'oligarchie dirigeante. On est dans un moment... Vous savez, Emmanuel Macron a porté l'Europe.

Tous les pays de l'Est de l'Europe sont extrêmement inquiets vis-à-vis de l'expansionnisme russe. Et une bonne façon aussi, par exemple, de traiter la question des travailleurs détachés dont il a parlé dans les sommets européens, c'est de mettre ça en lien avec la politique de défense. Et donc, il faut l'Europe comme puissance continentale politique pour faire face à Poutine, puissance continentale, Trump, puissance continentale.

51:51
Locuteur 7

Dans deux minutes, le journal sur France Inter.

51:54
Locuteur 2

Il sera 13h. On vous retrouve,

51:56
Présentateur

Yannick Jadot, à 13h15 avec les questions des auditeurs. A tout de suite. Deuxième partie de questions politiques, l'émission politique de France Inter, France Info et Le Monde. Notre invité cette semaine, l'eurodéputé écologiste Yannick Jadot. A mes côtés, je vous le rappelle, Agnès Varamian, France Télévisions, Françoise Fressos du Monde, Karine Bécard de France Inter et toutes vos questions maintenant. Amis auditeurs et téléspectateurs 0145 24 7000 franceinter.fr Twitter avec le mot-clé Question Paul. Le premier auditeur, Jean-Christophe de Besançon. Bonjour monsieur, bienvenue.

52:40
Locuteur 10

Oui, bonjour. Nous vous écoutons. Vous m'avez présenté, Jean-Christophe de Besançon. Vous m'entendez bien ?

52:45
Présentateur

Parfaitement bien.

52:47
Locuteur 10

Voilà, d'accord. Juste nous présenter très rapidement. J'ai travaillé depuis le début sur le dossier de la transition énergétique quand Madame Royal a lancé le dossier. Plus de trois ans de travail là-dessus. Or moi, j'ai juste deux réflexions. Déjà sur la première partie de M. Jadot qui parlait de différence entre parti et mouvement politique. Pour moi, c'est un leurre. C'est de la sémantique, c'est de la philosophie parce que les mouvements en tant que tels n'existent pas. Il n'y a que des partis en France. Ensuite, sur l'écologie. Mon sentiment, c'est que l'écologie ne peut exister en tant que parti ou mouvement.

Elle doit être transverse à tous les partis, à toutes les organisations qui s'occupent de politique en France. Ça doit être un truc transverse. Ce n'est pas un mouvement en tant que tel. Ça, c'est une chose. Vu l'urgence climatique, en l'état des choses actuelles, on ne peut pas faire un parti écolo. Ça doit être transverse à tout le monde, si je me fais bien comprendre. Ensuite, par rapport à mes travaux sur la transition énergétique, très rapidement, je ne vais pas développer parce que ça pourrait être très long, mais la question actuelle, au vu de ce qui s'est passé en Allemagne, quand l'Allemagne a décidé de fermer les centrales nucléaires, ils ont redéveloppé le charbon.

Donc, est-ce que la question aussi, il ne faut pas se leurrer actuellement, par rapport au niveau mondial, la question écologique, c'est nucléaire nucléaire ou charbon ? Et j'aimerais bien avoir des éléments de M. Jadot par rapport à ça.

54:27
Présentateur

Il vous écoute, Jean-Christophe, merci beaucoup pour cette question. Alors, Allemagne, nucléaire, charbon, pour commencer. Yannick Jadot. Bonjour Jean-Christophe, quand on regarde l'évolution du mix énergétique allemand, il est faux de dire que la sortie du nucléaire en Allemagne se traduit par une montée en puissance du charbon. Toutes les courbes indiquent à la fois la baisse du nucléaire et la baisse du charbon.

Il y a eu une petite période où le charbon s'est de nouveau développé en Allemagne, c'est quand le prix du charbon à l'échelle mondiale s'est écroulé, c'était il y a 3-4 ans, et là, les centrales charbon ont remplacé les centrales gaz, les centrales gaz étant évidemment beaucoup moins polluantes. Et il y a tout un débat en Allemagne sur la sortie du charbon, c'est assez passionnant.

La force de l'Allemagne, c'est dans sa sortie du nucléaire, c'est véritablement d'avoir pas simplement donné le signal économique, social de la sortie du nucléaire, mais c'est d'avoir fait en même temps une loi de développement des énergies renouvelables, ils ont créé près de 400 000 emplois dans les énergies renouvelables en Allemagne, sur tous les territoires, et puis d'avoir favorisé tout le développement des coopératives et le financement des coopératives. Ce qui est fort en Allemagne, c'est que les énergies renouvelables appartiennent essentiellement aux citoyens et pas aux grands groupes industriels.

Donc c'est une transformation démocratique du système énergétique où c'est plutôt le partage entre citoyens, la démocratie, la décentralisation et la relocalisation de l'économie plutôt que les grands groupes avec leur opacité, avec leur corruption, parfois malheureusement, ou sur des schémas qui sont extrêmement polluants. Karine Bécard ? Soyons juste concrets, on dit beaucoup, pendant toute la campagne présidentielle, on l'a entendu, ramener à 50% la part du nucléaire d'ici à 2025. Tout le monde est quasiment à peu près d'accord sur ça. Concrètement, pour les gens, ça veut dire combien de centrales nucléaires qui ferment ?

C'est ça qui va être intéressant dans les mois qui viennent, justement, parce que moi, je veux bien qu'on dise l'écologie doit être centrale dans tous les partis politiques. J'en rêve. La réalité, c'est que ce n'est pas le cas. C'est qu'il y a des partis qui portent la construction de centrales nucléaires. Vous avez des partis qui veulent des gaz de schiste et puis des partis qui les combattent. Donc, sans écologie dans ce pays, on aurait probablement du gaz de schiste, des OGM, une eau plus polluée et la question de la pollution de l'air encore pire que celle qu'on a aujourd'hui.

La traduction opérationnelle de la loi de transition énergétique portée par Madame Royal, c'est effectivement réduire la part d'électricité nucléaire à 50%. Elle est aujourd'hui plutôt à 76-77%. Ça veut dire d'ici 2025, fermer une bonne vingtaine de réacteurs nucléaires. Parce qu'évidemment, on investit en même temps sur les économies d'énergie, donc on a moins besoin de consommer et on investit sur les énergies renouvelables, donc on remplace une source nucléaire par une autre source nucléaire. Et donc, quand Nicolas Hulot maintenant a, comme il a, l'énergie, il doit faire ce que n'a pas fait Madame Royal.

C'était un peu facile pour elle, c'est qu'elle n'a pas opérationnalisé sa loi transition énergétique. Ce que doit faire Nicolas Hulot d'ici début 2018, c'est de dire où est-ce qu'on va investir en matière d'énergie. Et donc, d'ici 2022, la fin du quinquennat, il va falloir fermer 15 réacteurs nucléaires. Ça va être un test incroyable pour ce gouvernement. Est-ce qu'on s'engage sur cette fermeture ? Et comme l'a dit Nicolas Hulot, qui était aussi une idée que j'avais portée pour ma part dans mon programme présidentiel, qui est une idée portée par les écologistes et notamment qu'enfin, c'est comment on organise l'accompagnement des transitions à l'échelle des territoires.

Parce qu'on sait que ça crée beaucoup plus d'emplois, la transition énergétique, que le nucléaire. Mais là où on a un souci qui est réel, c'est que vous n'offrirez jamais dans les énergies renouvelables le statut de salarié d'EDF nucléaire. Ça n'existe pas. Ce statut-là, il est tellement privilégié qu'il n'existe pas dans l'autre monde. Alors concrètement, c'est quoi la solution ? Concrètement, pour les personnes qui sont sous ce statut et dont l'usine va fermer ou la centrale va fermer, qu'est-ce que vous proposez ? Moi, je crois qu'il faut en discuter avec les syndicats, mais on a une pyramide des âges dans le secteur du nucléaire qui est extrêmement élevée.

C'est-à-dire qu'on a quand même des salariés qui sont entre 50 et 55 ans. On ne va pas fermer en trois jours 15 réacteurs nucléaires. Donc je pense qu'il faut laisser le statut à ces salariés du nucléaire jusqu'à ce qu'ils partent en retraite. Mais c'est vrai qu'un tel statut n'existe plus aujourd'hui dans le monde du travail. Donc il va falloir aussi que dans ces PME des énergies renouvelables, la PME ne peut pas vous offrir votre logement, vos vacances et l'électricité gratuite. Ça, c'est vrai.

59:03
Locuteur 2

On retourne au standard.

59:04
Présentateur

Joël, bonjour. Vous nous appelez de Dordogne. Bienvenue. Bonjour. Allez-y, Joël. On vous écoute.

59:11
Locuteur 5

Alors, je voulais savoir pourquoi Jadot s'était plutôt rallié à Amon plutôt qu'à Mélenchon, alors que le programme d'un point de vue écologique de Mélenchon est bien au point et surtout au niveau du nucléaire. Voilà. Et je suis étonnée de la remarque qu'il a faite par rapport à Mélenchon quand il a dit qu'il décidait de tout alors que je fais partie des Insoumis et que pas du tout. C'est pas Mélenchon qui décide de tout. Je voudrais qu'il me prouve la raison pour laquelle il dit ça.

59:41
Présentateur

Merci beaucoup, Joël. Yannick Jadot vous répond. Quand Benoît Hamon a été désigné à la primaire socialiste et j'ai dit à quel point ça a bouleversé le paysage politique puisque trois candidats de gauche situés à gauche, Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon et moi-même portion des réformes en matière d'écologie et avaient mis l'écologie au cœur du projet, eh bien moi, j'ai ouvert la porte à un grand rassemblement.

Simplement, il y a Benoît Hamon qui a dit OK, on discute et on construit ensemble une plateforme présidentielle et il y a Jean-Luc Mélenchon qui a dit si tu veux me rejoindre, tu me rejoins mais il a déclaré publiquement je ne bougerai pas 1% de mon programme et vous l'avez vu pour la législative.

Le problème de la relation aujourd'hui avec la France insoumise qui, dont le programme a sur bien des aspects des choses extrêmement positives, c'est qu'ils sont dans une dynamique politique c'est soumets-toi ou tu seras à côté et on va essayer de te dégager et ça, ça ne peut pas être une logique politique à gauche dans notre pays on ne s'est jamais rassemblé le doigt sur la couture le rassemblement se fait sur le respect des diversités et sur le respect des différences ça n'était pas le cas avec Jean-Luc Mélenchon et peut-être que au fond qu'il ait fait un tel score c'est peut-être aussi parce qu'il a choisi cette stratégie-là mais on ne peut pas avoir une stratégie qui est de dire soit vous êtes derrière moi sur mon programme et vous disparaissez soit voilà c'est peut-être pour ça qu'il a réussi mais on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre on est même surpris que vous lui ouvriez la porte finalement au moment où vous décidez de ne plus être candidat parce que vous n'avez rien en commun sur l'Europe par exemple qui est vraiment au cœur on a de vraies différences sur l'Europe mais moi je me refuse à penser que à la fois un tous les insoumis ne pensent pas exactement sur l'Europe comme sur la géopolitique deuxièmement vous savez il y a deux modèles en Europe aujourd'hui il y a le Portugal où je peux vous dire que les différences entre les différentes formations politiques qui participent au gouvernement de gauche au Portugal elles sont très très fortes mais ils ont réussi à se mettre d'accord pour éviter que la droite gouverne et puis il y a ce qui se passe en Espagne où Podemos a dit nous notre ennemi numéro un c'est les socialistes et bien quand au moment où il s'agissait de faire alliance ils pouvaient gouverner sur une plateforme qui n'aurait pas été Podemos mais qui aurait été plus à gauche que le parti socialiste ils pouvaient le faire et ce conflit entre les deux gauches en Espagne fait que c'est une droite très dure qui gouverne donc on a ce choix là moi j'avais choisi le rassemblement mais reconnaissons que Jean-Luc Mélenchon ne l'a pas souhaité sous cette forme là après il suffit pas de se dire écologiste et vouloir sortir du nucléaire je l'ai dit tout à l'heure à la fois les grands moments d'amélioration de l'écologie y compris dans notre pays ont été portés au départ par l'Europe c'est la France qui s'est adaptée à un agenda environnemental européen donc il faut être pro-européen pour construire des solutions sur l'écologie et puis c'est un rapport au dans l'écologie il y a je l'ai dit reconnaître la conflictualité qu'il y a dans la société les paradoxes et la recherche de compromis la façon dont Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui essaie assumer il veut incarner la colère du peuple contre les élites et il fait en sorte peut-être qu'il en récupère quelques-uns de l'extrême droite ou ceux qui ne votaient pas le problème c'est que à vouloir incarner cette colère il y a un moment je ne suis pas sûr que vous la contrôliez totalement cette colère du peuple contre les élites et que finalement à un moment ça vous amène à ne plus faire la différence entre Macron et Le Pen et moi je pense que brutaliser le débat politique jouer toujours nous contre eux et se perdre entre un libéralisme que je combat mais que je combat dans la république et la démocratie et ne pas faire la différence avec le fascisme qui est anti-républicain et anti-démocratique pour moi c'est un problème il est dangereux Mélenchon pour vous ?

je ne sais pas s'il est dangereux aujourd'hui il veut buter les écologistes et il veut buter l'espace qui est entre lui et Macron il veut incarner l'ensemble de la gauche voilà c'est son projet politique il l'assume et voilà on verra s'il réussit ou pas moi je crois que la gauche elle a toujours vécu dans sa diversité et que moi effectivement l'écologie l'Europe la démocratie sont au coeur du projet écologiste et de la maison commune que je veux aider à construire

1:03:58
Locuteur 2

Magide Magide est au standard

1:04:00
Présentateur

bonjour et bienvenue vous nous appelez Magide de Perpignan

1:04:02
Locuteur 6

oui bonjour à tous en fait à entendre monsieur Jadot je suis un peu consterné en fait le choix de monsieur Hulot au ministère

1:04:13
Locuteur 10

de l'écologie pour moi c'est juste une farce dans le sens où on est à la veille des élections législatives et pour moi en fait c'est une façade du greenwashing comment ne pas voir qu'on a un premier ministre

1:04:26
Locuteur 6

qui vendait de l'uranium il y a quelques temps encore qui travaillait pour Areva et aujourd'hui on a un ministre de l'écologie monsieur Hulot qui est donc un symbole de l'écologie juste pour voilà montrer une façade comme ça qui va repeindre en vert comment ?

1:04:42
Présentateur

repeindre en vert ce gouvernement exactement

1:04:44
Locuteur 6

le greenwashing en fait c'est ça c'est repeindre en vert pour donner une conscience et surtout faire dire aux gens effectivement le nouveau gouvernement il compose avec les réalités de notre société mais tout ça en fait beaucoup de gens le voient et ça paraît trop gros ça paraît énorme demain il y aura Pierre Rabhi ministre de je ne sais pas de la transition écologique et ce sera tout aussi gros en fait et surtout et je finirai là-dessus quand j'entends monsieur Jadot dire qu'il ne faut pas

1:05:12
Locuteur 3

faire que les compromis c'est pas ce qu'il faut faire en fait c'est l'écologie moi je dis quand même attention parce que

1:05:21
Locuteur 6

en ce qui concerne le libéralisme et le capitalisme et le néo-capitalisme avec le FETA qui arrive derrière le TAFTA qui arrive derrière il ne sera plus question de compromis et là on ne pourra pas revenir en arrière donc attention lorsqu'on parle d'écologie et qu'on dit que le compromis est possible parce que pour moi ça paraît juste faux voilà merci Magide c'est comment ne pas voir l'élection enfin le choix de monsieur Jadot comme du Grinois tout simplement

1:05:44
Présentateur

merci Magide Yannick Jadot vous répond je veux faire confiance à Nicolas Hulot sur le fait que j'espère il a arraché des engagements de la part d'Emmanuel Macron et j'espère qu'il arrivera à obtenir des bonnes réponses mais c'est aussi pour ça que je dis pour éviter ce greenwashing moi je ne fais pas confiance au candidat En Marche pour soutenir Nicolas Hulot c'est pour ça qu'il faut des députés écologistes mais s'il arrive à obtenir des choses on ne peut pas en permanence être uniquement dans la défiance moi je veux croire que ça peut bouger dans le bon sens parce que la rationalité économique sur la transition écologique sur l'innovation industrielle que la rationalité sociale au-delà de la rationalité environnementale elle est avec nous aujourd'hui mais attention quand je parle de compromis c'est pas de céder sur nos engagements écologiques c'est de dire une société on a nous on est plein de paradoxes de contradictions une société est pleine aussi de paradoxes c'est qu'il y a un moment pour construire une majorité les transformations écolo à faire elles sont tellement importantes qu'il faut qu'on ait le soutien de la société il faut qu'on accompagne cette société pour lui dire qu'il ne faut pas qu'elle ait peur aujourd'hui tout le monde est un peu tétanisé dans le monde d'aujourd'hui parce que le monde fout la trouille donc pour ne pas avoir peur il ne faut pas simplement dire je veux la sortie du nucléaire regardez tout va bien il faut qu'on puisse démontrer qu'on peut sortir du nucléaire

1:07:09
Locuteur 1

combien de temps lui donner combien de temps donner

1:07:12
Présentateur

tant qu'il gagnera je pense qu'il restera à Nicolas Hulot tant qu'il gagnera je pense qu'il restera

1:07:16
Locuteur 1

est-ce que vous pensez qu'il tiendra on dit que c'est quelqu'un qui est très attaché à son confort de vie c'est un changement quand même

1:07:23
Présentateur

j'imagine qu'il y a il y a beaucoup réfléchi parce qu'effectivement c'est quelqu'un qui veut équilibrer sa vie parce qu'il pense qu'aussi l'écologie c'est aussi une culture une façon de vivre vous dites comme la droite il tiendra quelques mois et puis dans 6 mois c'est terminé non je ne dis jamais comme la droite mais l'enchant dit 6 mois si vous préférez la référence j'en sais rien je pense qu'il va monter son grenelle de l'alimentation il y a un enjeu extraordinaire j'étais hier en Maine-et-Loire sur une agriculture sur une exploitation agricole biologique c'est extraordinaire ce qu'on peut faire de mieux on a un paysan qui se suicide tous les jours on a un plan social dans l'agriculture c'est 30 000 emplois par an on vit sous perfusion et on est dans le pays de la bonne bouffe où on a peur de notre alimentation si on arrive à accompagner tous ceux qui aujourd'hui sont dans le conventionnel qui utilisent de Roundup ou d'autres saloperies vers l'agriculture biologique si on crée ces contrats de transition pour les accompagner et bien ce sera formidable pour nos territoires pour notre ruralité comme pour la planète et ce qu'on mange et bien c'est ça qu'il faut réussir à faire il a ça il devra je l'ai dit il a la programmation des investissements dans l'énergie d'ici 6 mois on saura s'il y a sur la table la fermeture de 15 réacteurs nucléaires j'espère qu'il va y arriver et puis on retrouve les questions internationales vous dites la bataille écologique elle est très sociétale il faut avoir la société avec soi est-ce que les français sont écologiques selon vous ?

je crois que jamais la conscience écologique n'a été aussi forte on le voit d'ailleurs comment a évolué le débat sur la santé ces 2-3 dernières années c'est extraordinaire je veux dire il n'y a pas un de vos journaux émissions machin où on ne parle pas des questions de santé liées à la pollution c'est aussi la réalité 15 000 cancers par an sont liés à notre environnement donc c'est considérable l'impact sur la santé ce qu'on n'a pas encore réussi à faire c'est de montrer qu'il y a des politiques publiques donc il faut de la politique donc ça revient à une question d'un de vos auditeurs qui disait pourquoi faire de la politique bah oui parce qu'à un moment c'est des politiques publiques qui apportent des solutions il y a un peu une forme de fatalisme sur la question écologique qui veut dire le dérèglement climatique c'est tellement lourd qu'on ne peut pas en sortir la catastrophe et moi j'ai toujours voulu et je crois que c'était aussi le chemin de Nicolas Hulot c'est de ne pas être des porteurs de la fin du monde c'est d'être aujourd'hui les porteurs de ceux qui dans la vie réelle construisent le monde de demain pour moi la politique c'est pas d'inventer le monde de demain le monde qui va bien il existe ceux qui cultivent de manière biologique ceux qui dans les entreprises associent les salariés et ont des projets il n'y a pas de souffrance au travail ceux qui dans les centres de recherche le monde qui va bien aujourd'hui il existe la responsabilité politique c'est que ce soit plus en marge des politiques publiques c'est que ce soit au coeur des politiques publiques allez on retourne au standard Georges bonjour vous nous appelez de Paris

1:10:21
Locuteur 6

bonjour

1:10:24
Présentateur

bonjour bienvenue

1:10:25
Locuteur 6

bonjour merci merci pour votre émission qui est très intéressante merci à vous bonjour monsieur vous savez bien que les questions d'environnement ont des conséquences internationales vous savez bien que les crimes en matière d'environnement comme Bopal comme l'agent orange comme les marais noirs ont eu des conséquences mondiales mais les responsables n'ont pas été punis il y a eu des amendes enfin les amendes ça passe dans les frais généraux mais les responsables n'ont pas été punis alors je voudrais vous demander s'il ne serait pas plus efficace de créer des tribunaux internationaux un tribunal international de la en matière d'environnement qui pourrait un tribunal par exemple un tribunal qui pourrait être rattaché à la campagne internationale et qui pourrait traiter des questions des questions d'environnement alors je vous avoue demandé ce que vous pensez de cette initiative qui est portée par le mouvement un des COSID arrêtons l'écocide dans le monde ou en Europe et je vous avoue demandé quels sont les meilleurs moyens pour arriver à cette tâche

1:11:37
Présentateur

merci beaucoup Georges pour cette question Yannick Jadot vous répond vous avez parfaitement raison et je participe à cette campagne sur l'écocide effectivement il faut construire un tribunal international qui puisse juger des dégradations à l'environnement des crimes sur l'environnement et que aujourd'hui malheureusement dans la structuration du droit international on est plutôt sur un régime d'amende d'amende assez légère sur la question des marées noires sur tout ça plutôt que sur une pénalisation y compris des responsables mais ça renvoie monsieur ce que vous dites aussi à la fois au rôle de l'Europe l'Europe ça peut pas être une petite mondialisation libérale qui fait des taffetas des cétats au détriment de l'environnement du social ou de notre souveraineté démocratique l'Europe ça doit être l'espace qui construit de la régulation internationale qui construit la régulation publique de la mondialisation et face à Poutine je l'ai dit et Trump qui sont climato-sceptiques mais ils sont pas climato-sceptiques parce qu'ils croient pas la science ils sont climato-sceptiques parce qu'ils sont financés ou que leur pouvoir tient sur le charbon et le pétrole c'est tout c'est des pures pensées politiques et économiques donc il faut absolument que l'Europe prenne ce leadership là prenne aussi cette question juridique qui est essentielle parce qu'on défendra pas les biens communs si on n'est pas en capacité aussi de pénaliser ceux qui font des crimes pardon

1:13:08
Locuteur 7

sur l'accord de Paris peut-être

1:13:10
Présentateur

Françoise Fressoz le G7 oui justement on attend une réponse de Donald Trump beaucoup sont inquiets si jamais les Etats-Unis se retirent de l'accord de Paris est-ce que l'accord est mort ou est-ce qu'il peut être sauvable il ne peut pas être mort il ne faut pas qu'il soit mort de toute façon le mandat Trump est une mauvaise nouvelle pour le climat qu'il sorte totalement de l'accord de Paris ou qu'il y soit mais qu'il paralyse la discussion fera que la négociation internationale aura pris un coup simplement il faut rappeler ce qu'est l'accord de Paris l'accord de Paris c'est nous reconnaissons la science et tout ça il faut éviter un réchauffement de plus de 1,5 et de toute façon en dessous de 2 degrés et qu'on doit mettre en place des politiques nationales pour justement empêcher ce réchauffement aujourd'hui à Paris les accords qui ont été pris c'est 3, 4, 5 degrés de réchauffement c'est très insuffisant donc de toute façon l'Europe doit prendre le leadership sur les négociations ce ne sera pas la Chine la Chine en fait y compris par intérêt économique mais elle ne sera pas leader d'une négociation onusienne il ne faut pas se raconter l'histoire ce ne seront pas les Etats-Unis ce ne sera pas la Russie de Poutine donc il faut que ce soit l'Europe mais l'Europe aussi par l'exemple je l'ai dit aux Etats-Unis Trump il peut raconter ce qu'il veut il y a des villes des Etats aux Etats-Unis des entreprises qui se sont mis sur le climat déjà aux Etats-Unis il y a plus d'emplois sur les énergies renouvelables que sur les énergies fossiles donc de toute façon la réalité elle est là et la question c'est est-ce qu'on en fait un atout extraordinaire pour se donner un projet partagé collectif un projet de société un projet d'innovation économique et un projet de relocalisation de l'économie ou est-ce qu'on laisse le vieux monde continuer à nous pourrir la vie Agnès Varamiens

1:15:01
Locuteur 1

si je vous écoute bien Emmanuel Macron a eu raison de relativiser finalement l'échec du G7

1:15:05
Présentateur

ah non non non je ne dis pas qu'il ait raison de relativiser je dis simplement de toute façon le mandat de Trump ne sera pas un mandat qui va aider sur le climat

1:15:14
Locuteur 1

mais quel est l'exemple que donneraient les Etats-Unis en sortant ou en terrible est-ce que ça vous semble possible déjà qu'ils sortent ?

1:15:22
Présentateur

c'est alors il peut le faire politiquement juridiquement normalement il ne peut pas sortir avant 2021 parce qu'en fait il faut que le truc soit en place vous avez trois ans pour gérer votre sortie d'un accord que vous avez signé et après il y a un an de période machin mais politiquement s'il sort ce sera ce sera une mauvaise nouvelle y compris dans la solidarité vis-à-vis des pays du Sud parce que les Etats-Unis sont engagés autour de plusieurs milliards pour aider les pays du Sud à lutter contre le dérèglement climatique

1:15:49
Locuteur 1

mais vous semblez relativiser en même temps ça que les auditeurs ne comprennent pas très bien

1:15:54
Présentateur

ce que je dis simplement c'est que de toute façon les Etats-Unis dans la période qui vient ne seront pas des acteurs positifs de la lutte contre le dérèglement climatique Trump est financé par le charbon et le pétrole il ne va pas lâcher là-dessus

1:16:08
Locuteur 1

alors que ce sont les plus gros pollueurs

1:16:09
Présentateur

ce qu'il fait aux Etats-Unis c'est une catastrophe et d'ailleurs je trouve qu'on parle trop souvent de Trump sur ses excentricités alors que les réformes qu'il est en train de passer sont un drame pour les pauvres pour les handicapés pour les femmes pour les minorités et pour l'environnement mais ça on n'en parle pas parce que finalement il y a la fumée des excentricités est-ce qu'il peut y avoir un accord directement avec les villes américaines par-dessus la tête de Trump bien sûr dans le cadre de l'accord de Paris il y a déjà des réseaux de villes qui agissent et qui coopèrent la force des villes et des collectivités dans la lutte contre le dérèglement climatique c'est que ce sont souvent des espaces politiques et démocratiques qui ne sont pas en concurrence les uns avec les autres les pays sont souvent économiquement en concurrence les villes ne sont pas en concurrence donc il y a une coopération en permanence sur les solutions donc ça ça va très très vite le seul difficulté qu'on a c'est que les entreprises qui innovent qui ont compris et qui ont fait ce choix de la transition énergétique ou de la sobriété en ressources les citoyens les villes tout ça ça donne une dynamique mais ça ne suffit pas aujourd'hui il faut les états parce qu'un état qui décide de faire des gaz de schiste de taxer le carbone ou de ne pas taxer le carbone c'est ça qui aussi impacte fortement on retourne au standard et si on fait de la diplomatie Merkel a eu raison hier de dramatiser la situation ou finalement Macron peut obtenir des résultats en ne voulant pas braquer Trump parce que c'est un personnage un peu particulier

1:17:31
Locuteur 3

alors un

1:17:31
Présentateur

ils peuvent peut-être qu'il y a une répartition des rôles entre good cop et bad cop à l'époque sur la Grèce c'était l'inverse Merkel c'était la bad cop et Hollande disait mais si je vais jouer les intermédiaires et tout ça mais la politique de Trump en matière d'environnement est une catastrophe et là pour le coup le jeune Trudeau sympathique aussi comme Macron tout ça il a renoué des relations avec Trump pour exporter ces sables bitumineux d'Alberta qui sont les pétroles à peu près les plus dégueulasses qu'on peut extraire du sol donc même Trudeau ça en revanche on n'en parle pas assez oui même Trudeau parce que c'est le fameux oléoduc pipeline qui relie le Canada aux raffineries la com' de Trudeau permet de mettre ça de côté ce qui est le question XL Obama avait stoppé à l'époque en disant c'est climaticide on ne peut pas faire ce pipeline c'est trop grave pour le climat ce pipeline avait été porté par le prédécesseur de Trudeau qui était Harper un climato-sceptique et finalement c'est Trudeau le gars sympa qui passe bien la télé qui fait des belles images qui a renégocié avec Trump un climato-sceptique pour exporter ces pétroles très très sales et y compris vis-à-vis de l'Europe dans le cadre du CETA Jean-Marie bonjour bonjour vous nous appelez Strasbourg bienvenue oui bon merci

1:18:49
Locuteur 9

on vous écoute je voulais juste revenir un petit peu sur ce qu'avait dit Yannick Yannick je te connais à propos de Mélenchon qui décide de tout et qui ne peut pas amender son programme au moment de discuter avec Benoît Hamon voire Yannick Jadot il faut savoir que le programme de Jean-Luc Mélenchon c'est pas Jean-Luc Mélenchon qui l'a écrit et qui a décidé de tout j'ai été l'un des l'un des rédacteurs de son programme sur l'énergie en particulier sur le nucléaire vous nous donnez votre nom de famille Jean-Marie

1:19:16
Présentateur

Jean-Marie vous nous donnez votre nom de famille Jean-Marie Brome voilà merci comme ça tout le monde sait qui parle alors on vous écoute

1:19:24
Locuteur 9

oui ça n'est pas Mélenchon qui a écrit son programme il y a eu beaucoup de discussions pendant plus d'un an ce programme il a été fait avec beaucoup de monde encore une fois j'ai été l'un des rédacteurs et c'est très difficile juste avant des élections d'amender son programme de dire on est d'accord avec ceci on est d'accord avec cela on change c'est vraiment de la cuisine électoraliste qu'on fait juste avant des élections c'est pas le moment de les faire je le pense ceci étant au niveau du nucléaire Yannick je suis désolé de te dire que si tu nous dis aujourd'hui oui peut-être qu'avec Nicolas Hulot on va planifier quelque chose j'ai quand même deux un petit peu de mémoire et le président Macron a dit lui-même qu'il ne voyait pas comment on pourrait arriver à 50% de nucléaire en 2025 et que à partir du moment où la loi de transition énergétique a été votée je ne me souviens pas d'avoir vu beaucoup de députés ou de ministres Europe Écologie Les Verts du gouvernement qui ont fait quelque chose pour le mettre en place

1:20:26
Présentateur

Merci Jean-Marie pour cette question Yannick Jadot vous répond en vous tutoyant je pense Oui tout à fait j'ai pas de soucis un quand la loi de transition énergétique a été votée il n'y avait plus de ministre Europe Écologie Les Verts au gouvernement puisque nous avions déjà quitté le gouvernement parce que justement il ne faisait rien sur l'environnement deuxièmement oui on peut toujours dire de toute façon ça se fera pas de toute façon il va rien se passer de toute façon rien ne peut changer moi j'ai un ministre de l'écologie qui s'appelle Nicolas Hulot qui veut sortir du nucléaire qui veut sortir du diesel qui veut sortir des pesticides voilà je me dis que là où il est ma responsabilité c'est de l'accompagner au maximum s'il n'obtient pas la fermeture de 15 réacteurs nucléaires et bien évidemment on pourra mettre ce gouvernement devant ses contradictions et Emmanuel Macron devant ses contradictions mais reconnaissons et reconnaît Jean-Marie que s'il obtient la fermeture de 15 réacteurs nucléaires d'ici 2022 et bien ce sera quand même quelque chose qui n'est jamais arrivé dans notre pays donc j'ai envie de tout faire comme d'habitude à la fois dans les manifestations dans la réflexion à l'échelle européenne comme à l'échelle française pour qu'on gagne un peu plus qu'on se qu'on gagne aujourd'hui Agnès Varamian

1:21:45
Locuteur 1

croyez-vous à un agenda caché d'EDF ? il y a des informations qui ont circulé cette semaine disant que EDF ferait tout pour gagner du temps gagner encore 10 ans prolonger la durée

1:21:55
Présentateur

mais EDF depuis 30 ans EDF a oublié que sa mission c'était le service public de l'énergie et s'est faite à sa direction l'entreprise du nucléaire vous avez quand même un directeur financier qui a démissionné c'était pas un anti-nucléaire qui a démissionné en disant en faisant des EPR en Grande-Bretagne on va tuer EDF on va cette entreprise va être en faillite elle a 37-38 milliards de dettes elle a un mur d'investissement de 100 milliards si elle veut faire le site d'enfouissement à Bure c'est 35 milliards de plus le nucléaire a tué Areva le nucléaire est en train de tuer EDF donc Nicolas Lévy

1:22:36
Locuteur 1

aura la main sur EDF et gagnera la bataille entre des

1:22:40
Présentateur

vous savez que la tutelle d'EDF c'est plutôt Bercy c'est ça la difficulté ah non c'est Nicolas Hulot la politique énergétique c'est Nicolas Hulot ah non on avait compris que la politique énergétique

1:22:48
Locuteur 5

c'était EDF

1:22:49
Présentateur

non attendez on est quand même dans un pays où l'Etat a encore 80% d'EDF vous n'y croyez pas que M. Lévy patron d'EDF soit un pro-nucléaire qui va tout faire pour saboter la transition énergétique je n'en ai aucun doute

1:23:05
Locuteur 5

mais croyez-vous que Nicolas Hulot gagne son bataille c'est une bataille c'est une bataille c'est une bataille

1:23:07
Présentateur

c'est une bataille c'est une bataille c'est une bataille que EDF qui vit aujourd'hui de l'argent public puisse aller contre l'Etat contre la volonté des politiques publiques sur la transition énergétique continue à nous faire prendre des risques cache des choses pendant des années à l'autorité de sûreté nucléaire sur les malfaçons d'une partie des parties essentielles de centrales nucléaires tout ça c'est la réalité vous savez EDF est le nucléaire le nucléaire c'est le dernier avatar du soviétisme dans le monde économique ou du gaullisme non non mais c'est plus que ça c'est le soviétisme c'est opaque c'est ultra centralisé on nous promet toujours un avenir radieux ça coûte de plus en plus cher on n'a pas de solution pour les déchets on ne sait pas gérer les risques ça pète ça pète malheureusement on l'a vu à Fukushima il y a encore quelques années donc c'est le dernier avatar du soviétisme ils sont trop forts pour Nicolas Hulot mais j'espère que non ils ne peuvent pas être plus forts que le climat ils ne peuvent pas être plus forts que notre sécurité ils ne peuvent pas être plus forts que notre volonté de maîtriser notre avenir énergétique Françoise puis Adrien au standard vous avez beaucoup vanté au cours de votre intervention le modèle allemand décentralisé est-ce que c'est exportable en France ou pas du tout ?

bien sûr puisque d'ailleurs dans une partie de la loi de décentralisation il y a de plus en plus de compétences qui sont données aux régions en matière de transition énergétique le mixte énergétique idéal c'est de la biomasse c'est de l'eau c'est du vent c'est du soleil c'est des économies d'énergie c'est l'aménagement du territoire autour de ces PME ces artisans du bâtiment ces entreprises qui justement construisent la transition énergétique c'est ça qui est fort c'est pour ça que c'est un tel changement politique la transition énergétique c'est pas simplement un enjeu de technologie c'est pas simplement un enjeu de climat et de risque nucléaire c'est aussi un enjeu de réappropriation de sujets essentiels quand on se bat sur la relocalisation de l'agriculture les circuits courts tout ça c'est pareil les transports c'est pareil la nourriture l'énergie les transports tout ça c'est intimement lié à notre vie et si au niveau local vous êtes partie prenante de ce qui se passe vous créez de la démocratie c'est extraordinaire 13h50 les pixels du monde questions politiques sur France Inter en partenariat avec le monde et cette semaine c'est Damien Leloup qu'on a le plaisir d'accueillir bonjour Damien bonjour vous allez nous parler de surveillance de masse suite à l'arrêt définitif des procédures en France

1:25:36
Locuteur 7

contre les services de renseignement américains et on commence par le G7 bonjour Yannick Jadot bonjour donc effectivement ce week-end pendant le G7 on a beaucoup parlé d'environnement d'accord sur le climat il y a un autre sujet qui a été abordé par Theresa May notamment et qui a abouti samedi une déclaration commune c'est la lutte contre le terrorisme sur internet donc je vous lis un bref extrait de cette déclaration commune le G7 appelle les fournisseurs d'accès à internet et les réseaux sociaux à augmenter massivement leurs efforts contre les contenus terroristes nous les encourageons à développer et à partager de nouvelles technologies et outils pour détecter automatiquement les contenus qui promeuvent le terrorisme et incitent à la violence alors est-ce que ça doit être le rôle des fournisseurs d'accès et des réseaux sociaux de faire une détection automatique de ce type de contenu

1:26:16
Présentateur

Yannick Jadot oui je pense qu'ils ont une responsabilité quand on voit ce qui circule sur internet ils ont incontestablement une responsabilité aussi d'ailleurs je suis toujours surpris de la violence de ce qui est posté sur les réseaux sociaux je suis surpris qu'on contrôle un peu pas plus le niveau d'insultes et de violences qu'il y a sur ces réseaux sociaux mais il y a deux choses que vous avez mentionné il y a comment les fournisseurs d'internet assument aussi une part de responsabilité dans la détection de contenu à djihadistes ou terroristes ou d'appels à la violence et puis il y a ce qu'il y a ce que vous appelez la surveillance de masse parce que vous avez commencé sur les procès de la NSA la NSA surveillait même Angela Merkel et l'Elysée il ne m'a pas semblé qu'à l'Elysée ni à la chancellerie allemande on avait des apprentis terroristes donc là c'était l'instrumentalisation par la NSA notamment du Patriot Act qui leur avait donné beaucoup de liberté dans la surveillance mais qui a été totalement détourné pour surveiller les citoyens et pour surveiller les responsables politiques que nous pouvons être

1:27:19
Locuteur 7

Alors ça je l'entends bien mais vous êtes un peu un des derniers à le dire parce qu'effectivement cette semaine la dernière plainte enfin la seule plainte d'ailleurs qui avait été déposée en France contre ces pratiques de la NSA américaine la procédure s'est éteinte pas faute de combattants mais faute d'argent faute d'argent

1:27:36
Présentateur

parce que la justice a quand même demandé à la Ligue des droits de l'homme et à la FIDH des milliers et des milliers d'euros pour pouvoir aller en justice ce qui est quand même incroyable

1:27:45
Locuteur 7

Et alors la LIDH et la FIDH disent qu'il y avait quand même peu d'empressement de la justice française à instruire ces plaintes et à se pencher sur ce dossier donc du coup la question c'est on fait quoi ? C'est-à-dire les américains en fait on a besoin d'eux dans le cadre de la lutte antiterroriste donc on les laisse faire tout ce qu'ils veulent et on ferme les yeux sur ce qu'on... Non

1:28:01
Présentateur

Vous savez c'est dommage que vous avez raison de mentionner que ce sujet n'est pas sensible en France il l'est par exemple particulièrement en Allemagne mais parce que aussi en Allemagne l'État à un moment donné ça a été les nazis ou ça a été l'astasie donc ils sont particulièrement sensibles à la question de l'espionnage alors qu'en France on peut penser qu'on donne tous les pouvoirs à l'État même de contrôler nos vies privées finalement c'est l'État donc c'est la révolution française c'est tout ça c'est l'intérêt général là où vous avez à la fois il n'y a pas de plainte en France il faut remarquer que la plainte de Wikimedia aux États-Unis est recevable donc la NSA continue à être poursuivie mais ce qui est vrai c'est que souvenez-vous à l'époque de Snowden c'était au moment en plus plein lancement des négociations sur le TAFTA on apprend que la NSA fliquait l'ensemble des citoyens européens et nos institutions et François Hollande a interdit le survol du territoire français par un avion où il pensait qu'il y avait Evo Morales qui allait chercher Edward Snowden donc il y a malheureusement une opacité et une j'allais dire une complicité des différents services de renseignement et des États qui sont censés les contrôler mais pas toujours dans le manque de sérieux vis-à-vis de nos libertés publiques

1:29:14
Locuteur 7

et vous savez que

1:29:16
Présentateur

tous les services sur les questions de la NSA les Britanniques étaient associés à un moment les Allemands étaient associés pour nous espionner aussi donc en fait ils sont tous j'allais dire en dehors du cadre des lois le problème c'est qu'il n'y a pas d'autorité parlementaire ou de contrôle suffisamment sérieuse pour contrôler leurs agissements

1:29:36
Locuteur 7

Damien alors justement c'est intéressant que vous parliez des Britanniques parce qu'effectivement c'est le premier allié de la NSA américaine cette semaine on a quand même vu que même le phlegme britannique qui est trouvé ses limites puisqu'il y a des informations liées à l'enquête sur l'attentat de Manchester qui ont fuité dans la presse via les Etats-Unis et que la Grande-Bretagne a tapé un peu du poing sur la table en disant si c'est comme ça on arrête de partager nos informations avec les services américains alors je vous rassure ça a duré que 24 heures ils se font tout de suite réconciliés mais dans ces cas-là comment on fait parce que visiblement même les Britanniques qui disposent d'un appareil de surveillance extrêmement puissant extrêmement complexe ils ont visiblement besoin de cette collaboration avec les Etats-Unis c'est quoi ?

1:30:13
Présentateur

Vous savez que les Britanniques ont une relation aux Etats-Unis qui est très particulière y compris sur la question de la sécurité et du renseignement donc la moitié du renseignement britannique a été installé par les américains donc imaginez qu'à un moment ils peuvent s'extraire de la tutelle américaine sur leur service de renseignement c'est juste une blague mais on est dans un moment où cette question de la remise en cause des libertés publiques parfois peut-être ça peut se discuter pour combattre de la menace terroriste ça peut être acceptable le problème c'est que toutes ces dérives-là encore une fois ne sont contrôlées absolument par personne donc je ne sais pas ce qu'auraient fait les médias ici parce que c'est quand même le New York Times si je ne dis pas de bêtises qui a diffusé ces informations piratées j'allais dire par les services de renseignement américains c'est évidemment scandaleux au regard des enquêtes qui étaient menées en Grande-Bretagne mais tant qu'on n'aura pas un contrôle démocratique qui doit être un contrôle parlementaire sur les services de renseignement ça n'avancera pas parce que les capacités technologiques aujourd'hui de nous espionner sont telles que dès qu'ils en ont envie ils savent exactement ce qui se passe en ce moment sur le téléphone portable de Nicolas Demeurand quelque soit il ne se passe rien je vous rassure

1:31:30
Locuteur 7

Damien parce que du coup ça veut dire que comme le souhaitent visiblement Emmanuel Macron et son gouvernement il faut faire un énième texte antiterroriste pour renforcer encore les capacités des agences de renseignement françaises pour avoir des garanties d'indépendance et ne plus dépendre uniquement du renseignement

1:31:47
Présentateur

Vous avez vu que c'était constitué à la fois une commission parlementaire pour suivre toutes les requêtes qui passaient par l'état d'urgence justement pour en contrôler la légitimité le problème qu'on a dans ce système là c'est qu'on ne sait pas bien si les services de renseignement fournissent toutes les informations nécessaires moi je pense que il y a aujourd'hui y compris dans le débat politique on doit avoir une possibilité de distinguer ce qui relève de la menace terroriste et ce qui est utilisé à d'autres fins Souvenez-vous dans le bouquin de Hollande quand il parlait sur son divan il avait dit qu'une partie de l'état d'urgence avait servi à contrôler les militants écologistes pour la COP21 et ça c'est profondément inacceptable Un mot Karine Bécard

1:32:42
Locuteur 2

un mot Yannick Jadot

1:32:44
Présentateur

Je change complètement de sujet mais on ne vous a pas posé la question Monsieur Ferrand le ministre de la cohésion des territoires doit-il démissionner ?

Il m'a semblé qu'un certain nombre de personnes de son entourage ont considéré qu'en Centre-Bretagne il n'y avait pas de jeunes volontaires qui connaissaient l'informatique donc je pense qu'il a une mission aujourd'hui c'est de partir en Centre-Bretagne vérifier qu'il y a une jeunesse extraordinaire en Centre-Bretagne qui est volontaire et qui connaît l'informatique en tout cas me semble-t-il dans le moment politique là on ne peut pas reprendre les mêmes stratégies de déni que la droite est Fillon et qu'il devrait partir Merci Yannick Jadot Merci d'avoir été notre invité croupir donc un verbe du second groupe qui n'a rien à voir avec groupir sur la recomposition de la gauche Allez merci à tous bonne fin de journée Merci