Lisette Pollet, députée "Rassemblement National" de la Drôme | La politique et moi
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Défensif 70 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:05OuverteRéponse directe
Vous vous êtes mis une sacrée pression juste après votre élection. Qu'est-ce que ça veut dire ?
- 1:31OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui s'est passé exactement au début de votre premier mandat ?
- 2:38OuverteRéponse directe
Et depuis, vous vous êtes fixé des règles, justement, pour ne pas vous remettre dans le rouge ?
- 2:52OuverteRéponse directe
Quel regard est-ce que vous portiez à l'époque sur le monde politique ?
- 3:48OuverteRéponse directe
C'est ça votre carburant aujourd'hui, c'est représenter les invisibles ?
- 4:01OuverteRéponse directe
Comment ça se traduit concrètement dans les combats que vous menez à l'Assemblée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:35Invité politiqueFait
« Il va falloir que ce soit un sans-faute pour moi, parce que les gens m'ont porté à cette place. »
- 1:12Invité politiqueFait
« Il y a toujours le syndrome de l'imposteur. On ne s'estime pas légitime parce que je n'ai pas fait de grandes études. »
- 1:47Invité politiqueFait
« Mon premier mandat, j'attrape le Covid. J'ai attrapé le Covid à l'Assemblée nationale. »
- 2:31Invité politiqueFait
« Maintenant on les a. C'est vrai qu'on finit à minuit. »
- 3:10Invité politiqueFait
« qu'on avait, voilà, il fallait toujours faire des sacrifices, mais que les sacrifices venaient toujours de la base et jamais d'en haut. »
- 3:45PrésentateurFait
« j'espère être la députée des gueux. J'ai fait partie des invisibles, je sais ce qu'ils vivent. »
- 4:09Invité politiqueFait
« Alors, moi, je me suis sentie utile au moment du texte sur la fin de vie. »
- 5:47Invité politiqueFait
« il me serre la main et il me dit « Vous êtes trompé de groupe, en fait ». »
- 6:18Invité politiqueFait
« Moi, je suis patriote. J'aime mon pays. Donc, je le défends. Bec et ongle. »
- 7:11Invité politiqueFait
« j'ai découvert que mes collègues se faisaient harceler sexuellement. »
- 8:39Invité politiqueFait
« on me dit, madame Paulet, ce n'est pas possible. Vous choisissez. C'est soit nous, soit vous. »
- 10:14Invité politiqueFait
« Je pense que soit on est pédagogique, qu'on informe les personnes de la meilleure façon. »
- 11:20Invité politiqueFait
« Certains étaient asymptomatiques et propageaient le virus. »
Temps de parole
- Lisette Pollet65 %
- Présentateur34 %
≈ 7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Elle a longtemps été femme de ménage, mais le syndicalisme et la politique sont venus bouleverser sa vie. Mon invité siège aujourd'hui au sein du groupe Rassemblement National à l'Assemblée. Bonjour, Lisette Paulet. Bonjour. En préparant l'émission, je suis tombé sur les premiers mots que vous avez prononcés juste après votre élection en 2022. Et les mots que vous avez employés m'ont surpris. On va revoir ça en image.
Il va falloir que ce soit un sans-faute pour moi, parce que les gens m'ont porté à cette place. Je pense qu'ils attendent beaucoup. Donc, à moi de leur prouver qu'ils ont eu confiance de me laisser ma chance. Parce que c'est vrai que ce n'est pas simple. Ce n'est pas simple. Alors après, il va falloir aller cravacher encore deux fois plus pour prouver qu'ils ont bien fait de m'élire.
Alors, il va falloir que ce soit un sans-faute pour moi. Il va falloir cravacher deux fois plus. Vous vous êtes mis une sacrée pression juste après votre élection. Qu'est-ce que ça veut dire ? Vous ne vous sentiez pas légitime en tant que députée élue ?
Il y a toujours le syndrome de l'imposteur. On ne s'estime pas légitime parce que je n'ai pas fait de grandes études. Et c'est vrai qu'on me renvoie toujours, encore aujourd'hui, sur mon ancien travail que je ne dénigre pas parce que j'étais fière d'avoir fait ce que j'ai fait. Et j'ai toujours travaillé. Mais voilà, c'est vrai que je me suis mis vraiment la pression et je me la mets encore.
Oui, mais c'est ce que j'allais dire parce que vous dites que je me suis mis la pression et ça vous a mis même dans le rouge parce que vous avez dit que vos premiers jours à l'Assemblée, ça a été pour vous un tourbillon, un ouragan, au point que vous avez mis votre santé en danger. Qu'est-ce qui s'est passé exactement au début de votre premier mandat ?
Mon premier mandat, j'attrape le Covid. J'ai attrapé le Covid à l'Assemblée nationale. Donc c'est vrai qu'en ayant des problèmes de santé, ça m'a mis un petit peu en danger. Et puis après, c'est vrai que c'est mon problème, c'est que je... Comment je pourrais dire ça ? Je veux tellement bien faire, tellement que les gens disent, voilà, elle est là, elle est présente, elle vote, que je mette de côté tout le reste et je fonce.
Sauf que vous avez expliqué, j'avais perdu 5 kilos, j'ai dû me faire arrêter un peu car il faut tenir 5 ans.
Oui, c'est ça. J'ai perdu du poids. J'ai perdu du poids que j'ai repris. Mais c'est vrai que de siéger jusqu'à 6h du matin, en fait, de ne pas avoir véritablement d'horaire, maintenant on les a. C'est vrai qu'on finit à minuit. Mais imaginez quelqu'un qui ferait ça tous les jours, pendant 5 ans, à un moment donné, et le corps dit stop.
Et depuis, vous vous êtes fixé des règles, justement, pour ne pas vous remettre dans le rouge ?
Oui, maintenant, quand je suis fatiguée, je me dis, tant pis, je n'irai pas à la séance du soir, je vais dormir. Voilà, il faut.
Donc vous avez été notamment femme de ménage pour plusieurs groupes, Elior et Sodexo. Quel regard est-ce que vous portiez à l'époque sur le monde politique ?
J'avais l'impression qu'on n'était pas à écouter, que la condition des travailleurs n'était pas à écouter, qu'on avait beau faire, en fait, de participer à l'effort, et qu'à un moment donné, les fins de mois étaient compliquées, qu'on avait, voilà, il fallait toujours faire des sacrifices, mais que les sacrifices venaient toujours de la base et jamais d'en haut. Et c'est pour ça aussi que je me suis investie. Je me suis dit, il faut que les choses changent, parce que la base est importante. Alors quand je dis base, ce n'est pas dénigré, mais en fait, on a besoin de chacun. Mais c'est vrai qu'on apporte chacun une petite pierre à l'édifice.
Et cette petite pierre, des fois, je pense que les salariés, on n'est pas écoutés.
Et c'est votre objectif aujourd'hui, parce que vous avez dit un peu après votre élection, j'espère être la députée des gueux. J'ai fait partie des invisibles, je sais ce qu'ils vivent. C'est ça votre carburant aujourd'hui, c'est représenter les invisibles ?
Oui, moi, quand je reçois ma permanence, c'est vrai que j'ai toujours ce contact avec les gens. Je veux être là pour eux, si je peux leur apporter quelque chose demain, je veux être cette députée.
Et alors, comment ça se traduit concrètement dans les combats que vous menez à l'Assemblée ? À quel moment vous vous sentez le plus utile dans ce rôle-là ?
Alors, moi, je me suis sentie utile au moment du texte sur la fin de vie. Je voulais porter la voix de ceux qu'on n'entendait pas et de ceux qui bataillaient pour que ce texte ne passe pas et qu'on fasse entendre qu'on est dans une société où aider les autres, ce n'est pas abréger leur souffrance. C'est justement les accompagner. Alors après, peut-être par rapport à ce que moi, j'ai pu vivre à titre personnel, puisque j'ai été aidante pendant trois ans. Et donc, c'est vrai que ça m'a portée.
C'est un texte où j'ai été vraiment très présente, où j'ai essayé de présenter des amendements, de faire entendre la voix de ceux qui disent « Moi, je suis peut-être éligible, mais je ne veux pas qu'on abrège ma vie. »
Au moment où vous avez été élue pour votre premier mandat en 2022, il y a une autre femme de ménage qui a été élue aussi. C'est Rachel Kéké, sous les couleurs de la France Insoumise. Et alors, on a beaucoup plus parlé d'elle que de vous. Est-ce que c'était un choix délibéré de votre part ? Est-ce que vous aviez envie d'être plutôt discrète sur vos premiers mois à l'Assemblée ou pas forcément ?
Je reviens toujours sur le fait que ça ne me correspondait pas. Je ne suis pas qu'une femme de ménage. Je n'aime pas quand on met les gens dans des cases. J'ai horreur de ça. Donc, pour moi, me cloisonner dans ce rôle, dans cet emploi, ce n'était pas vraiment moi.
Et alors, j'ai lu qu'après votre élection, il y a le député insoumis Louis Boyard qui vous a dit « Vous vous êtes trompé de parti ». C'est vrai ? Il vous a dit ça ? Oui. Et qu'est-ce que vous lui avez répondu ?
Alors, déjà, je n'ai pas compris parce qu'on s'est croisés devant les services de la Poste. Et donc, il me serre la main et il me dit « Vous êtes trompé de groupe, en fait ». Je ne comprends pas me tromper de groupe. Mais je dis « Oui, compte tenu de vos origines et de mon ancien emploi, pour lui, j'aurais dû être chez eux ».
Donc, il fait référence au fait que vous ayez des femmes de ménage et que vos parents sont nés au Portugal et ont immigré en France. Tout à fait. Et vous comprenez que pour lui, votre choix politique du Rassemblement national, ils ne le comprennent pas ?
Moi, je suis patriote. J'aime mon pays. Donc, je le défends. Bec et ongle.
Et vous n'êtes jamais retrouvée dans les idées de gauche ?
Non. Alors après, je ne suis ni de gauche ni de droite. Moi, quand je vote, je peux voter un amendement des Insoumis ou même venant d'autres groupes, si j'estime qu'il apportera quelque chose aux Français. Je ne me cloisonne pas à une droite, à une gauche. À un moment donné, on est là pour défendre notre pays, celui qui m'a vu naître. Donc, j'estime que je dois porter la voix de tous les Français.
Vous avez un autre point commun avec Rachel Kéké. C'est que, comme elle, vous vous êtes mobilisée pour défendre les conditions de travail des femmes de ménage. Vous, ça s'est fait à travers le syndicalisme à la CFDT. Qu'est-ce qui a déclenché cet engagement ?
Ce qui a déclenché mon engagement, c'était en fait de pouvoir représenter mes collègues de travail.
Parce que vous aviez des conditions de travail particulièrement difficiles ? Vous avez vécu des choses personnellement ?
Alors, je les ai vécues après, une fois avoir été élue, parce que j'ai découvert que mes collègues se faisaient harceler sexuellement. Et donc, j'ai porté leur voix.
C'est quelque chose que Rachel Kéké a aussi évoqué.
Oui, sans rentrer dans les détails. Mais un jour, mes collègues me racontent ce qui se passe. Et moi, je ne peux pas me taire. Je lui dis, je suis désolée, je dois en informer notre gérant, ce que j'ai fait. Et suite à ça, il y a eu des choses qui ont été mises en place et autres. Donc, voilà, ça a permis aussi de faire émerger des problématiques sur le lieu de travail et autres.
Alors, en parallèlement de cet engagement syndical, un peu après, vous avez pris votre carte au Front National. À l'époque, c'était le Front National. Et vous vous êtes présentée au Cantonal. Et alors, à ce moment-là, la CFDT a dit, mais non, ça, ce n'est pas possible. C'est incompatible avec nos valeurs. Comment vous l'avez vécu, ça ? Vous ne vous y attendiez pas ?
Ça ne va pas être très mal, parce que moi, j'étais encartée, je crois que c'était en 2010, à la CFDT. Donc, c'est vrai que je me présente au municipal en 2014. Et c'est vrai que j'étais sous mon nom de jeune fille, parce que, bon, voilà. Et c'est vrai que quand je me présente au départemental, j'informe mon syndicat. Je leur envoie un courrier en leur disant, voilà, par honnêteté, je leur dis que je me présente aux élections. Et je vais attendre de savoir ce qu'ils vont en penser. Donc, je n'ai pas de nouvelles. Et en fait, c'est quand je veux me représenter comme déléguée du personnel, que le petit courrier que j'avais adressé ressort, puisqu'il devait être dans une pochette, ressort.
Et on me dit, madame Paulet, ce n'est pas possible. Vous choisissez. C'est soit nous, soit vous.
Mais vous saviez que s'engager au FN, ce n'est pas anodin. Parce que je crois que quand votre frère a appris que vous étiez engagé au FN, il s'est fâché avec vous. Vous vous êtes fâchée. Oui, pendant un an, oui. Donc, vous en aviez conscience de ça ?
Après, c'est l'image qu'on en donnait et qui n'est vraiment pas l'image que le parti a. Enfin, moi, je n'ai jamais été ostracisée. Je n'ai jamais eu une réflexion sur mes origines. Je n'ai jamais renvoyé, entre guillemets, oui, à mes origines. Donc, je pense que c'est vraiment le parti qui défend le mieux les Français.
Et votre fils, parce que vous m'avez parlé de votre frère. Vous avez dit, je crois que vous expliquez en 2017, que c'était un peu houleux avec lui quand vous discutiez politique.
Oui, parce qu'en fait, il y a aussi la pression sur les enfants. Quand nos enfants sont scolarisés et que dans l'école, on n'arrive pas à faire la part des choses en disant, voilà, moi, c'est ce que j'ai dit à l'établissement scolaire où mon fils était scolarisé. Voilà, moi, j'ai une opinion politique. C'est la mienne.
Il est embêté à cause de vos opinions.
Mon fils n'a pas à subir. Mon fils n'a pas à subir. Donc, après, ça, c'est assez.
Alors, parmi les sujets qui vous mobilisent à l'Assemblée, il y a les vaccins, ou plutôt l'obligation vaccinale. C'est un sujet qui vous a mobilisé même avant, parce que je voyais que vous avez beaucoup manifesté contre le pass sanitaire avant d'être député. Et à l'Assemblée, vous êtes opposé notamment à l'obligation vaccinale sur la grippe, dans les EHPAD, obligation pour les personnels soignants, et puis pour les pensionnaires des EHPAD. Ça veut dire quoi ? C'est les vaccins qui vous font peur ? Non, pas du tout. C'est le principe d'une obligation ?
Non, c'est le principe de l'obligation. Je pense que soit on est pédagogique, qu'on informe les personnes de la meilleure façon. Je pense que quand on oblige, automatiquement, on a un système qui se tend. Et les gens ont tendance à se braquer. Voilà. Moi, pour information, bien que je ne devrais pas le dire, mais je me fais vacciner tous les uns contre la grippe saisonnière. Donc, vous n'êtes pas anti-vax ? Je n'en cliquine personne. Moi, quand on traite d'anti-vax, d'ailleurs, j'ai sorti auprès de certains collègues, on me disait, voilà, moi, j'ai mon petit papy, je me suis fait vacciner. Mais je ne vous ai pas obligé, pour me protéger, à vous faire vacciner.
Sauf que les vaccins, ça marche que s'il y a une couverture suffisante.
Oui, mais le vaccin de la grippe saisonnière mute tous les ans. On est obligé de se faire vacciner tous les ans. Bon, cette année, je ne l'ai pas attrapé. Mais moi, tous les ans, j'ai la grippe. Alors, avec une forme moins importante, c'est vrai. Mais puis après, moi, ce que je crains, c'est que les gens se fassent vacciner alors qu'ils n'ont rien. Parce que l'histoire du vaccin pendant le Covid, certains étaient asymptomatiques et propageaient le virus. Moi, j'ai fait très attention. C'est vrai que je ne me suis pas fait vacciner. Chez moi, on ne s'est pas fait vacciner. Moi, j'avais une personne en fin de vie au domicile. Mon beau-père était domicilié. Je l'ai récupéré pendant trois ans.
Et c'est vrai qu'on a toujours fait très attention. Moi, quand j'ai attrapé le Covid, je ne l'ai pas transmis à mon beau-père, à mon mari, malheureusement. Mais voilà, j'ai toujours fait attention. Je m'auto-testais. Et je pense qu'à un moment donné, il faut vraiment faire de la pédagogie.
On va conclure l'émission avec notre quiz. Donc, je vais vous proposer des phrases et vous allez devoir les compléter. Cinq minutes de crochet par jour. Ah oui.
C'était il y a très longtemps.
C'est fini ? Je n'ai plus le temps. Vous n'avez plus le temps ? Non.
Par contre, je me suis mise à l'aquarelle.
Ah ben, ça change.
J'adore tout ce qui est manuel.
Quand on est député et qu'on n'a pas le permis de conduire, comment on fait ? Parce que vous êtes dans une circonscription assez grande, assez rurale. Il faut se balader. Oui.
Merci à mon mari. Merci à mon mari qui m'accompagne.
C'est lui qui est votre chauffeur ? Oui. Enfin, ce qu'il y a de plus portugais en moi.
Je parle avec les mains et je suis une bavarde, malheureusement.
Ce sera le mot de la fin. Merci à vous, Lisette Paulet. Merci à vous. Merci.
Merci. Merci. Merci à vous. Merci à vous.
Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous.
Lisette Pollet