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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 10 mars 2025 20 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileEurope & internationalInstitutions & électionsSolidarités & famille

En roue libre sur l'Algérie, la droite joue avec le feu

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 6 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteÉludée

    Et si on s'intéressait enfin au vrai sujet ?

  • 0:17ComplaisanteÉludée

    Regardons tout de suite ce qu'en pense le ministre de l'Éducation nationale.

  • 0:24OuverteÉludée

    On pourrait peut-être reparler de l'affaire Betaram, cet établissement privé catholique où des élèves ont subi des violences.

  • 0:34OuverteÉludée

    Et M. Bayrou, un commentaire ?

  • 0:36RelanceÉludée

    Est-ce qu'on peut vous demander une réaction sur la plainte qui a été déposée contre vous il y a deux jours ?

  • 0:56OuverteÉludée

    Alors de quoi doit-on parler ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:33InvitéFait
    « Il prône un durcissement de la politique migratoire, se prononce pour une immigration choisie et non subie, appelle à redéfinir l'AME, l'aide médicale d'État et surtout à renégocier l'accord de 68 avec l'Algérie qui organise l'entrée et le séjour des Algériens en France. »
  • 4:06InvitéFait
    « Édouard Philippe souhaite dénoncer l'accord de 68 avec l'Algérie qui facilite les conditions d'entrée et de séjour des ressortissants algériens. »
  • 5:52InvitéFait
    « Est-il envisagé de réviser l'accord de 1968 ? »
  • 6:10InvitéFait
    « Cet accord déjà ancien, il est régulièrement actualisé par toute une série d'instruments juridiques, notamment des échanges de lettres entre les gouvernements et entre les ministères des Affaires étrangères. »
  • 10:52InvitéFait
    « Le gouvernement s'oppose donc à la dénonciation de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. »
  • 10:58InvitéFait
    « La dénonciation de l'accord nous exposerait à une réaction des autorités algériennes qui aurait de sérieuses conséquences. »
  • 13:11InvitéChiffre
    « Non, c'est faux. Le chiffre de Jordan Bardella est très très exagéré. 7% et non 40, comme le dit Jordan Bardella. »
  • 13:44InvitéFait
    « Non, c'est faux. Les critères d'attribution des logements sociaux ne sont pas basés sur la nationalité des demandeurs. »
  • 18:35PrésentateurFait
    « Si j'étais aux manettes et que l'Algérie arrêtait l'écrivain Boalem Sansal, je brûlerais l'ambassade, je stopperais tous les visas, j'augmenterais de 150% les tarifs douaniers. »

Temps de parole

  • Présentateur77 %
  • Invité8 %
  • Invité 24 %
  • Invité 34 %
  • Invité 43 %

1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et si on s'intéressait enfin au vrai sujet ? Tenez, par exemple, le manque persistant d'enseignants dans les classes que l'on constate à chaque rentrée scolaire. Regardons tout de suite ce qu'en pense le ministre de l'Éducation nationale.

0:12
Invité

Le ministre de l'Éducation a tranché. La baïa n'a pas sa place dans nos écoles.

0:17
Présentateur

Interdiction de parler du manque d'effectifs, apparemment. Bon, restons quand même concentrés sur le sujet de l'école. On pourrait peut-être reparler de l'affaire Betaram, cet établissement privé catholique où des élèves ont subi durant des décennies de violents châtiments corporels et des agressions sexuelles. Et M. Bayrou, un commentaire ?

0:36
Invité

Est-ce qu'on peut vous demander une réaction sur la plainte qui a été déposée contre vous il y a deux jours ? Franchement, vous vous rendez compte de ce que vous essayez de faire ? Vous posez la question ? Je ne participe pas au sol.

0:51
Présentateur

Bon, comme j'ai l'impression que les politiques veulent choisir eux-mêmes les sujets qui font l'actualité, alors de quoi doit-on parler ? Franchierie ! Je ne suis pas sûr d'avoir bien compris le sujet.

1:01
Invité

La relation franco-algérienne s'est invitée au cœur de ce conseil interministériel.

1:06
Présentateur

Paris demande à Alger de réexaminer ses accords dans un délai de six semaines maximum. C'est un bras de fer que la France a décidé d'engager avec l'Algérie. L'Algérie ! L'Algérie ! Algérie ! Algérie ! Algérie ! Algérie ! Algérie ! Algérie ! Au football, la VAR, V-A-R, c'est l'assistance vidéo à l'arbitrage. Et aux médias, la VAR, c'est la vérification de la parole des politiques. Dans ce nouvel épisode, on va donc regarder de près, sur notre droite, pour voir comment certains politiques français ne font rien, mais alors vraiment rien, pour tenter de calmer les tensions avec les autorités algériennes. C'est parti !

Entre l'arrestation de l'écrivain franco-algérien Boalem Sansal, les difficultés d'obtention des laissés-passés consulaires, la reconnaissance du Sahara marocain par la France et les querelles mémorielles sur la colonisation, la liste des contentieux entre l'Algérie et la France ne cesse de s'allonger. Côté français, quand il s'agit de répondre à l'Algérie pour une partie de la classe politique, celle qui penche toujours à droite, tous les coups et tous les mots semblent permis.

Alors on va d'abord s'intéresser au cas d'Edouard Philippe, car s'il y a bien quelqu'un qui, à droite, a compris comment instrumentaliser la question migratoire pour faire parler de lui, c'est bien l'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron. Depuis son départ de Matignon en 2020 et la réélection de Macron en 2022, Edouard Philippe ne cache plus ses ambitions présidentielles. Mais en attendant 2027, le chef du parti Horizon doit trouver le moyen de maintenir les projecteurs sur lui à intervalles réguliers.

C'est ce qu'il fait en distillant quelques coups politiques qui vont de la publication de livres à des interviews données sur le ton de la confession, où il évoque même sa maladie, l'alopécie. Mais revenons à l'année 2023. Le maire du Havre s'était fait relativement discret pendant quelques mois, mais en juin, juste avant la trêve estivale, il décide de revenir sur le devant de la scène politique en choisissant de parler d'immigration. Tiens donc, quelques phrases chocs dans une interview à l'Express. C'est bon, tout le monde s'intéresse à lui, mais surtout, tout le monde s'intéresse à ce qu'il dit de l'Algérie.

Et en jugé par les nombreuses reprises médiatiques, ce coup de com' politique est une réussite. Regardez. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Édouard Philippe ne nous avait pas habitués à des paroles aussi fracassantes. Avec cette interview dans l'Express.

3:28
Invité

Une interview à l'Express. Dans une interview à l'Express. Cette interview d'Édouard Philippe dans l'Express. Il prône un durcissement de la politique migratoire, se prononce pour une immigration choisie et non subie, appelle à redéfinir l'AME, l'aide médicale d'État et surtout à renégocier l'accord de 68 avec l'Algérie qui organise l'entrée et le séjour des Algériens en France. L'accord de 1968. Édouard Philippe veut le revoir, cet accord dit qu'il faut le revoir en tout cas.

3:51
Présentateur

Édouard Philippe a lui-même évoqué cet accord qui date de 1968. Il pense qu'il faut durcir cet accord. Édouard Philippe qui dit qu'il faut remettre en cause l'accord conclu en 1968 avec l'Algérie.

4:03
Invité

Dénonciation de l'accord de 1968 avec l'Algérie. Édouard Philippe souhaite dénoncer l'accord de 68 avec l'Algérie qui facilite les conditions d'entrée et de séjour des ressortissants algériens. Ah oui, là ça va très loin.

4:14
Présentateur

Ça va très loin. Enfin, si on considère que piocher des idées dans les programmes politiques migratoires de Marine Le Pen et d'Éric Zemmour, quand on est censé être à la tête d'un parti de centre-droit, alors oui, ça va très très loin. D'autant que, comme le souligne cette tribune publiée sur le site du Figaro, l'accord franco-algérien signé en 1968 qu'Édouard Philippe souhaite dénoncer, cet accord est sans véritable intérêt sur le plan de la maîtrise des flux migratoires, car il ne concerne ni le droit d'asile, ni les outils de lutte contre l'immigration illégale, explique Maxime Tandonnet, qui fut conseiller immigration de Nicolas Sarkozy à l'Elysée entre 2007 et 2011.

Ça va très loin aussi, car en dénonçant cet accord, le Édouard Philippe de 2023 contredit totalement le Édouard Philippe de 2017. Cet accord déjà ancien pourra toujours continuer à vivre. Nous ne pouvons pas rester sous l'empire de cette convention dépassée et sur laquelle, à mon avis, il faut revenir. Ça, c'est ce qui s'appelle faire volte-face. Et là, force est de constater que l'on assiste à un revirement de taille XXL. Regardons maintenant plus en détail ce que disait Édouard Philippe en décembre 2017. C'était à l'occasion d'une conférence de presse commune avec son homologue algérien, Ahmed Ouyaia, qui était en visite à Paris.

Le Premier ministre français défendait alors fermement la pérennité de l'accord de 1968 avec l'Algérie. Le montage que vous allez voir compare ses arguments d'hier avec ce qu'il dit aujourd'hui. Alors attention, ce grand écart est réalisé par un professionnel de la politique. Je vous déconseille de le reproduire chez vous.

5:52
Invité

Est-il envisagé de réviser l'accord de 1968 ?

5:56
Présentateur

Comme vous le savez, cet accord déjà ancien, il est régulièrement actualisé par toute une série d'instruments juridiques, notamment des échanges de lettres entre les gouvernements et entre les ministères des Affaires étrangères. Donc il serait faux de penser qu'il n'a connu aucune évolution. Il en a même connu de nombreuses. Et dans le cadre de notre coopération commune, il pourra toujours continuer à vivre. Nous ne pouvons pas rester sous l'empire de cette convention qui a été signée en 1968 avec l'Algérie dans un autre contexte. Je pense que le régime plus favorable qui est consenti aux ressortissants algériens, ce régime n'a plus de justification. Il pourra toujours continuer à vivre.

J'ai toujours pensé qu'un bon accord était un accord à la fois clair et vivant. Je pense que la nature de nos relations et la tension qui prévaut en général dans les relations entre la France et l'Algérie, que je déplore d'ailleurs, dont j'observe qu'elle n'est pas le fruit de la France. Eh bien cette tension devrait nous conduire à ne plus accepter un dispositif juridique dépassé et sur lequel, à mon avis, il faut revenir. Mais que s'est-il passé entre le moment où Édouard Philippe, alors en responsabilité, souhaitait longue vie à cet accord et celui où, en quête de responsabilité, il réclame sa mise à mort ? Pas grand-chose en réalité.

En 2017, l'Algérie rechignait déjà, tout comme d'autres pays. a délivré des laissés-passés consulaires nécessaires à l'exécution des fameuses obligations de quitter le territoire. Et quant au nombre de nouveaux titres de séjour accordés à des ressortissants algériens, il est resté globalement stable durant cette période. En revanche, les résultats électoraux du RN à la présidentielle et aux législatives de 2022 ont, eux, connu une forte hausse. 89 députés du RN siègent sur les bancs de l'Assemblée en 2022. C'est un record historique. Et c'est sans doute pourquoi l'Algérie en fait les frais quand Édouard Philippe s'aligne sur l'exigence du RN d'en finir avec l'accord de 1968, alors que...

Alors que... Je ne suis pas d'accord avec ce que le RN propose. Ce que je sais, c'est qu'il y a dans le programme du RN un certain nombre de choses qui sont destinées à faire plaisir aux Français et qui ne seront pas faites. Ou pire, qui s'ils sont faits, provoqueront des crises importantes. Comme aggraver les tensions avec l'Algérie. Mais à la droite de l'échiquier politique, Édouard Philippe est loin d'être le seul à retourner sa veste sur le dossier des relations franco-algériennes. C'est aussi le cas de François Bayrou. Et écoutez justement comment il critiquait en 2023 la proposition d'Édouard Philippe d'en finir avec cet accord franco-algérien de 1968.

Et écoutez ce qu'il en dit aujourd'hui. Alors bien sûr, je vous rappelle que ce genre de cascade périlleuse ne peut être réalisé que par des professionnels du retournement de veste.

8:48
Invité

Édouard Philippe fait cette sortie très remarquée sur les accords de 1968. Ce n'est pas rien dans notre pays. Avec l'Algérie qui prévoit des règles dérogatoires depuis tant d'années pour qu'elles soient supprimées, est-ce qu'il a raison ou est-ce qu'il a tort l'ancien Premier ministre ?

9:03
Présentateur

Si vous focalisez la totalité du problème sur cette question, sur la question de l'Algérie,

9:11
Invité

à mon avis vous vous trompez. La France va demander au gouvernement algérien que soit réexaminée la totalité des accords. Si ça n'était pas le cas, ce sont ces accords qui seront remis en cause.

9:25
Présentateur

Ce que vient de dire Bayrou, finalement, ce n'est pas si étonnant. Il s'aligne simplement sur la position de Rotaillot, qui s'est lui-même aligné sur la position de Ciotti, qui s'est lui-même allié avec Le Pen. Souvenez-vous que dans l'épisode précédent, François Bayrou avait déjà offert une victoire idéologique à l'extrême droite, en validant la thèse de la submersion migratoire. Alors, l'entendre menacer de rompre l'accord de 68 avec l'Algérie n'est finalement que la suite logique de sa dérive vers les idées de l'extrême droite.

Il faut pourtant se rappeler que fin 2023, tous les députés du Modem, sauf une abstention, avaient voté contre la proposition de résolution déposée par les Républicains, réclamant la dénonciation de ce fameux accord franco-algérien. Les députés Horizon, le parti d'Edouard Philippe, avaient eux unanimement voté en faveur de cette résolution, tout comme les élus du RN. A l'époque, c'est Olivier Becht, alors ministre du Commerce extérieur, qui s'était exprimé à la tribune de l'Assemblée pour défendre l'accord de 68 contre sa dénonciation par la France.

Dans l'extrait de son discours que vous allez entendre, le représentant du gouvernement Borne alerte sur les conséquences d'une remise en question unilatérale de cet accord par la France. Selon lui, cela entraînerait immanquablement des répercussions sur les laissés-passés consulaires algériens et par conséquent sur les centres de rétention.

10:52
Invité

Le gouvernement s'oppose donc à la dénonciation de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. La dénonciation de l'accord nous exposerait à une réaction des autorités algériennes qui aurait de sérieuses conséquences. Ce serait la fin de la délivrance des laissés-passés consulaires pour les consulats algériens en France et donc la fin de la possibilité pour la France de faire admettre les ressortissants algériens en séjour irrégulier. La fin des laissés-passés consulaires. Cela veut dire aussi qu'il faudrait envisager une sortie en masse des ressortissants algériens se trouvant dans les centres de rétention administratif.

Ce serait fortement préjudiciable, en particulier pour les profils les plus signalés.

11:37
Présentateur

Parmi les effets contre-productifs, un risque sécuritaire pourtant majeur a été totalement ignoré par François Bayrou lorsqu'il a lancé son ultimatum à l'Algérie. Il s'agit de la possible interruption des échanges d'informations entre les services de renseignement algériens et français, un enjeu pourtant crucial dans la lutte contre le terrorisme.

11:59
Invité

Nos relations militaires et sécuritaires avec l'Algérie pourraient être affectées avec des conséquences directes sur la sécurité de notre pays et des Français, notamment en matière de lutte contre le terrorisme, les réseaux criminels et l'immigration illégale. Ces coopérations, aujourd'hui, elles fonctionnent bien. Elles nous permettent d'arrêter des personnes qui ont appartenu à des groupes terroristes et qui menacent directement notre sécurité. Privé de nos cadres d'échange, nous détecterions moins vite et moins bien ces profils dangereux qui pourraient rejoindre la France.

12:32
Présentateur

Et depuis quelques semaines, l'extrême droite se déchaîne. D'abord en balançant des fake news ciblant directement la population algérienne qu'elles vivent en France ou de l'autre côté de la Méditerranée. Rien n'est épargné aux Algériens. On les accuse de tous les maux, on les stigmatise sans scrupule. Le mensonge sert d'arme politique pour échauffer les esprits. À la manœuvre, dans cette guerre des maux contre l'Algérie, on retrouve le président du RN, Jordan Bardella, et aussi son porte-parole, Julien Odoul. Mais regardez comment leur stratégie a rapidement été rattrapée par la patrouille des fact-checkers.

Je mettrai fin au scandale des visas pour soins, qui fait que 40% des Algériens qui demandent un visa sur le sol français sont des visas pour soins.

13:16
Invité

Non, c'est faux. Le chiffre de Jordan Bardella est très très exagéré. 7% et non 40, comme le dit Jordan Bardella. Et on peut même élargir la focale. Dans ce cas, les demandes de titres de séjour pour soins ne représentent plus que 1% des titres et visas délivrés à des Algériens. Une demande qui, par ailleurs, a tendance à baisser d'année en année. Je rappelle que les ressortissants algériens sont prioritaires sur le logement social plutôt que les compatriotes français. Non, c'est faux. Les critères d'attribution des logements sociaux ne sont pas basés sur la nationalité des demandeurs. Ces familles accèdent au logement social d'abord parce qu'elles ont de plus faibles revenus.

Elles ont plus de mal à accéder au parc locatif privé parce qu'elles sont plus victimes de discrimination.

13:57
Présentateur

Julien Audoux, le porte-parole du Rassemblement national, s'est vraiment surpassé ces derniers jours. Non seulement il ment, mais en plus, il a commis ce lapsus très, très embarrassant.

14:09
Invité

On est la septième puissance du monde. Est-ce qu'on a à ce point aussi peu d'orgueil pour se voir infliger des insultes, des menaces, des pressions de la 68e puissance du monde ? Je ne pense pas.

14:27
Présentateur

L'avare est formelle. Le porte-parole du RN, Julien Audoux, mérite un carton rouge pour l'ensemble de son œuvre. Il y a une autre obsession de l'extrême droite, c'est la question des visas accordés aux ressortissants algériens. Là, la réponse est tout aussi radicale. C'est terminado, maquin, chouanlou, chlas, finito, comme dirait l'autre. Finito ? Autre idée du Rassemblement national, taxer, limiter, voire carrément interdire les transferts d'argent que les expatriés algériens vivant en France envoient vers l'Algérie dans le but de faire pression sur Alger. Et nous, on ne met pas une pression réelle sur, par exemple, les transferts d'argent.

15:09
Invité

Il faut évidemment se pencher également sur la question des transferts d'argent massifs aujourd'hui, précisément de la France vers l'Algérie. Il faut aussi suspendre les transferts financiers qui sont très importants entre la France et l'Algérie. Il faut mettre fin aux échanges monétaires de la diaspora.

15:25
Présentateur

Nous suspenderions les transferts de fonds privés. Je bloque les transferts de fonds des Algériens en France vers l'Algérie. On pourrait taxer beaucoup plus les transferts d'argent qui représentent une part importante du PIB algérien. Vous l'avez entendu, l'extrême droite appelle sur tous les plateaux à s'en prendre directement aux individus en les frappant au portefeuille alors qu'ils ne sont coupables de rien, sauf d'être Algériens. Mais du côté des Le Pen, on pense avoir trouvé le moyen de pression ultime sur les autorités algériennes car, je cite ce que l'on vient d'entendre, les transferts d'argent de la diaspora représentent une part importante du PIB algérien.

Alors qu'en réalité, ce n'est pas du tout le cas, Kévin.

16:06
Invité

Les calculs ne sont pas bons, Kévin.

16:07
Présentateur

Ce qu'il faut savoir, c'est que les transferts d'argent de la diaspora représentent en réalité, tenez-vous bien, à peine 0,8% du PIB nominal de l'Algérie, selon une estimation de la Banque mondiale publiée en 2023. Rendez-vous compte, c'est 6 fois moins que pour la Tunisie et 10 fois moins que pour le Maroc. Autant vous dire que l'extrême droite ne maîtrise pas du tout son sujet concernant l'Algérie. Marion Maréchal et Jordan Bardella semblent n'avoir toujours pas compris que la diaspora utilise en fait assez peu les services de transfert d'argent comme Western Union, qui a d'ailleurs cessé ses activités en Algérie depuis 2023.

Les expatriés algériens, les immigrés, préfèrent passer par un marché parallèle pour échanger leurs euros en dinars algériens, car ce marché noir offre jusqu'à présent un taux de change bien plus avantageux que le taux de change officiel fixé par la Banque d'Algérie. On peut donc facilement évaluer la mesure préconisée par Bardella et ses amis à un niveau d'efficacité proche de zéro. Au RN et chez Reconquête, on semble également ne pas avoir lu le traité sur le fonctionnement de l'Union Européenne. En effet, l'article 63 du TFUE interdit, je cite, « toute restriction au mouvement de capitaux entre les États membres de l'Union Européenne et les pays tiers ».

Autrement dit, sauf à obtenir l'unanimité des 27 chefs d'État ou de gouvernement de l'Union Européenne, ce n'est pas demain la veille que l'UE interdira aux Algériens de transférer des fonds vers leur pays d'origine. Mais l'objectif de la droite et de l'extrême droite, ce n'est pas de proposer des mesures utiles, efficaces ou même réalisables. Tout ce que nous venons d'entendre semble motivé par un désir de revanche 60 ans après la fin de la guerre d'Algérie.

Ceux qui, en France, accusent le pouvoir algérien de profiter d'une rente mémorielle, cherchent eux-mêmes à exploiter les restes d'un ressentiment, sans doute encore présent dans l'inconscient collectif des Français, en voulant faire payer le prix fort aux Algériens.

Sinon, comment expliquer le quasi-silence médiatique et politique, après la publication mi-février dans les colonnes du journal Le Monde, des propos d'une figure montante à la droite de la droite, un certain Louis Sarkozy, le fils de qui vous savez, qui a déclaré « Si j'étais aux manettes et que l'Algérie arrêtait l'écrivain Boalem Sansal, je brûlerais l'ambassade, je stopperais tous les visas, j'augmenterais de 150% les tarifs douaniers.

» Mais dans un pays qui s'enflamme pendant des jours et des jours, quand la députée écologiste Sandrine Rousseau se désole que manger une entrecôte au barbecue soit un symbole de virilité, dans ce même pays, appeler à brûler l'ambassade d'Algérie ne suscite aucune indignation, aucun débat, aucune autosaisie de la justice.

19:06
Invité

Appeler à brûler l'ambassade, mais quelle est l'étape d'après ? Le fils de l'ancien président de la République, qui se permet ça et qui a des ambitions politiques à droite, parce qu'aujourd'hui il est présenté comme une figure de la nouvelle droite, ça m'interpelle. Où est la gauche ? Où est la gauche quand on appelle à brûler l'ambassade d'Algérie ? Mince ! Et peut-être aujourd'hui, voilà, une acceptation générale dans ce climat où on peut dire tout et n'importe quoi. Attention, là il y a un seuil qui est dépassé.

Si on accepte de lire dans le monde, si le lecteur du monde lit ça tranquillement dans un portrait, cette phrase qui arrive en fin de portrait, tranquillement, sans perspective, et si personne ne réagit, on est foutu.

19:44
Présentateur

Je ne sais pas si on est foutu, mais force est de déplorer que le sursaut tarde à venir. S'il faut bien sûr ne pas se résigner, on peine quand même à entrevoir une issue qui nous permettrait de commencer à sortir enfin de ce climat politique toujours plus oppressant, toujours plus hostile. Voilà, c'est terminé. Merci d'avoir regardé ce nouvel épisode de la VAR politique. Dites-nous ce que vous en avez pensé en laissant un commentaire, likez si vous avez aimé, et restez connecté aux médias. Merci.

20:18
Locuteur

Merci. Merci.