🔴 DIRECT - L'intégrale de l'interview de Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement nationa...
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Législative. Je voudrais commencer par vous faire écouter le témoignage de Fadela. Fadela, elle m'a appelée ce matin au 32 16, le standard RMC.
On parlait de la question d'une forme de racisme ou d'antisémitisme débridé. Elle le ressent dans sa vie au quotidien. Elle a 47 ans, elle est infirmière libérale dans l'Ariège.
Et voilà ce qu'elle raconte. Moi, je me suis sentie profondément humiliée lors du débat sur le thème de la binationalité. Est-ce que vous avez la double nationalité, Fadela ?
Franco-marocaine, voilà. Et je l'assume, et je suis fière de mes origines marocaines, et je suis fière d'être née en France. J'ai l'impression qu'à ce jour, il faut se promener dans la rue avec un panneau.
Je suis fière d'être française. Je n'ai plus à me justifier, stop. J'ai 47 ans, je n'ai plus à me justifier.
Elle trouve ça non seulement très douloureux d'avoir le sentiment de devoir en permanence prouver qu'elle est une bonne française, elle est infirmière, elle est d'ailleurs victime de plus en plus d'une forme de racisme débridé, y compris de la part de ses patients parfois les plus fidèles et depuis longtemps. Qu'est-ce que vous lui répondez à Fadela ? Qu'elle n'a pas à s'inquiéter, qu'elle écoute ce que nous proposons.
Fadela est française, elle est binationale, mais elle est donc par définition française. Et évidemment, elle a toute sa place dans la société française en tant que telle. Vous savez, sur les insultes racistes qu'elle peut recevoir, puisque j'ai entendu ce témoignage, « On juge un homme extraordinaire à ce qu'il exige des autres, ordinaire à ce qu'il exige des autres et extraordinaire à ce qu'il exige de lui-même. » C'était Marc Aurel qui écrivait ça.
Et bien donc, nous, on va être exigeants de nous-mêmes et de l'appareil d'État, des responsabilités que les Français nous confieront. Et nous n'accepterons pas que des personnes puissent éventuellement mal se comporter, pensant que finalement, l'arrivée du Rassemblement national devrait permettre de laisser ouverte une porte sur la façon dont on considère nos compatriotes. Ça veut dire qu'au fond, c'est moins à Fadela que vous vous adressez qu'à vos sympathisants, j'allais dire, qui pourraient se sentir en quelque sorte galvanisés ?
Non, parce que moi, j'ai confiance d'abord dans le bon sens des Français. Je pense que les Français sont des gens tolérants, sont des gens qui veulent du changement, sont des gens qui veulent de l'autorité, mais sont des gens qui n'ont pas envie de voir s'installer ce qui existe depuis des années, c'est-à-dire ce qu'ont fait nos prédécesseurs, une société fragmentée, communautarisée et abîmée parce qu'on a mis les gens dans des cases et que finalement, on les a opposés les uns aux autres. Ce que vit Fadela, c'est le fruit des conséquences des politiques qui sont menées depuis des années dans notre pays.
Ce n'est pas le Rassemblement national qui amène à ça. C'est parce que la société a été fracturée, parce que dans notre société, on a distingué les Français les uns des autres. Moi, je ne distingue pas les Français.
On est Français, quelle que soit sa religion, on est Français, quelle que soit son origine sociale, quelle que soit sa couleur de peau, quels que soient ses choix affectifs. On est Français. Quand on est Français, on est Français.
Alors, le truc, c'est quand même que je vous ai entendu aussi il y a dix jours, vous ne disiez pas exactement ça, quand même, Sébastien Chelieu. Vous étiez sur le plateau de « Touche pas à mon poste » et vous disiez « Quand on a une nationalité, on en a une » parce que ça dit beaucoup de ce que vous êtes et de ce à quoi vous êtes attachés. Vous défendiez alors avec vigueur l'interdiction de la double nationalité extra-européenne avant de faire un « mais à coup le pas » le soir même en disant « je me suis trompé, erreur ».
Je défendais une position qui était anciennement celle du RN mais qui ne l'est plus. Je vais vous dire parce que moi, fondamentalement, n'étant pas binational, je considère qu'effectivement, lorsqu'on a une nationalité, on la porte comme un étendard et on doit effectivement en être particulièrement fier. Marine Le Pen a souhaité renoncer à effectivement l'arrêt de la double nationalité au fait de ne plus pouvoir avoir la double nationalité.
Elle a considéré que c'était trop blessant, justement. On a eu ce débat, elle m'a dit « c'est beaucoup trop blessant de dire à quelqu'un « tu dois renoncer à ta double nationalité » parce que c'est une part constitutive de ce qu'on est. » Et je l'ai compris comme ça et dans notre programme, nous ne demandons pas aux gens de renoncer.
Vous avez été convaincu parce que quand même, moi j'avais écouté cet extrait, vous étiez vigilant. Mais vous savez, je pense qu'il faut probablement être soi-même double national pour avoir cette double nationalité, pour comprendre effectivement combien ça peut être pénible de devoir, comme le disait Fadela, être dans la nécessité de toujours trouver quelque chose. Vous comprenez que ça a laissé un doute et qu'on a été retrouvé aussi des propos qui sont les propos notamment de Jean-Marie Le Pen, qui lui étaient très attachés à l'interdiction de la double nationalité.
Il l'avait même dit à propos de Yannick Noah quand il avait gagné Roland-Garros, estimant que comme il avait aussi la nationalité manienne, il n'était pas vraiment totalement français. Je le croyais compatriote, avait-il dit à l'époque. Marine Le Pen a tranché tout ça et elle a considéré qu'effectivement, on pouvait être un citoyen avec une double nationalité sans aucun problème.
Et d'ailleurs, dans le débat qui nous préoccupe, quand nous parlons de la fonction publique et de l'accès à des emplois de fonction publique, il n'y a aucun problème pour les agents de la fonction publique dans notre pays, qu'ils soient nationaux ou binationaux. Nous avons fait en revanche, nous ferons en revanche une liste des emplois, il y en a peut-être 50, qui sont des emplois extrêmement sensibles de direction, de services de renseignement, etc. dans lequel nous considérons que pour ne pas avoir de pression, peut-être même affective, familiale, il faut être national, français.
Mais pourquoi est-ce qu'effectivement, depuis trois jours, ça éveille une telle passion ? D'abord parce qu'il y a 3 millions de binationaux en France qui se sont sentis visés, qui se disent au fond, on m'expulsera des fonctions les plus importantes, parce qu'effectivement, on retrouve des mots de Jean-Marie Le Pen qui dit si on est français, on adopte les mœurs, les coutumes, les lois, si on préfère ses racines. Alors dans ce cas-là, je crois qu'il vaut mieux rentrer chez soi.
Encore une fois, il parlait à ce moment-là de Yannick Noah qui devait rentrer au Cameroun d'après lui. Tout cela n'est pas du tout anodin, vous l'entendez bien. Je vais vous dire, par exemple, j'ai regardé ce qui se passe ailleurs.
Par exemple, en Algérie, il y a une liste de hauts fonctionnaires, des hauts fonctionnaires qui interdite aux binationaux. C'est-à-dire que cette liste, elle est rendue officielle, et ils vont beaucoup plus loin, puisqu'ils demandent même aux gens d'abandonner leur binationnalité. Nous, on considère qu'il y a à peu près 50, je vous ai dit, postes en France extrêmement sensibles dans la sécurité et le renseignement.
On n'a pas envie de voir arriver un franco-chinois, un franco-russe, un franco-américain, parce qu'on considère que sa vie personnelle, il y a ce qu'on appelle un criblage, sa vie personnelle ou sa binationnalité peut le mettre dans une situation, un moment qui soit difficilement compatible avec cette exigence, avec cette sensibilité sur les affaires de la France. C'est tout, point. Ça ne va pas plus loin.
Et donc, j'ai l'impression qu'on monte en mayonnaise quelque chose qui, sincèrement, ne touchera évidemment aucun agent de la fonction publique. Encore une fois, vous-même, je vous dis, il y a 15 jours, vous étiez quand même assez convaincu par ce que vous disiez. Donc, je comprends que depuis, vous avez eu cette discussion avec Marine Le Pen, mais vous ne pouvez pas nous faire le reproche, puisque vous-même, ça faisait partie des points que vous avez défendus.
Je vous dis qui ça va concerner. Donc, à partir du moment où on dit les choses, et qu'on le fait de façon transparente, il n'y a pas de problème ou de fantasme à faire naître. Je vous dis les choses, ça va concerner à peu près 50 postes de la très haute fonction publique extrêmement sensible.
Bien sûr, c'est justement ça l'intérêt. C'est que la liste soit publiée et transparente. Sébastien Chenu, sur la question, effectivement, de ce racisme débridé, il y a mon confrère, Karim Rissouli, qui a lu une lettre qu'il a reçue à son domicile, qui lui dit, franchement, Karim, tu n'as rien compris au vote du 9 juin.
Il fait donc référence aux résultats des européennes. Ce n'est pas le pouvoir d'achat, ce n'est pas la retraite, etc. Non, non.
Ce qui est fondamental, c'est que le peuple français historique en a plein le cul de tous ces bigots. de tous ces bigots, le reste, c'est du blabla. Le sous-chien, c'est-à-dire le français de souche, ne t'acceptera jamais, ni toi, ni tes frérots, et même malgré le nombre, vous ne posséderez jamais la France.
Qu'est-ce que vous lui dites ? Non, mais c'est inacceptable. Le racisme sous toutes ses formes, mais je pense au racisme, vous savez, moi, j'ai reçu des lettres aussi épouvantables, des menaces homophobes, de racisme anti-blanc.
J'en ai rarement fait la promotion. Une fois, j'ai attiré l'attention à la présidente de l'Assemblée nationale. En réalité, on n'a pas beaucoup été soutenus dans ces cas-là.
Mais ce qui traverse notre société, cette violence qui traverse notre société, démontre, un, où nous en sommes. Et l'exigence de ceux qui...
Mais ça n'a rien à voir, d'après vous, avec...
Parce qu'il commence sa lettre, c'est une lettre anonyme, évidemment, par le vote du 9 juin. C'est donc une référence précise. Non, mais regardez, dans la société, il y a des faits divers, voire plus que des faits divers, qui nous ont montré dernièrement que des jeunes pouvaient être victimes de racisme anti-blancs, au point de se faire tuer.
Donc, ce ne sont même pas des faits divers, ce sont des faits. Une gravité extrême, et c'était qui était structurée par du racisme anti-blanc. Donc, ça veut dire qu'on est dans une société, ça ramène à ce que je disais en début de notre conversation, dans lesquelles la France est fracturée, elle a besoin d'unité, et l'unité, elle se fait à travers la restauration de l'autorité.
J'ai bien entendu, mais comment est-ce que vous ferez pour protéger ? Vous évoquiez à l'instant aussi les menaces homophobes. Vous faites référence à ces sympathisants, encore une fois, ils se sont revendiqués comme tels, sympathisants de vos idées, sympathisants RN qui, le soir des européennes, ont dit avoir célébré, en quelque sorte, votre victoire, et ont dit bientôt on pourra casser du PD.
Oui, mais madame, il faut être très exigeant de ça, et j'ai dit, j'espère qu'ils prendront le maximum. Moi, je pense que notre société, comme je vous le dis, est fracturée. Elle est fracturée parce qu'il n'y a plus de cadre, parce qu'il n'y a plus d'autorité, parce que chacun s'autorise dans tous les sens à pouvoir faire, dire ou agir comme bon lui semble.
Je suis désolé, ramener un cadre, restructurer la société, c'est notre boulot demain. C'est votre boulot, il y a du boulot. Je voudrais qu'on parle un instant de cette étude qui a été révélée hier soir et qui montre qu'il y a une explosion de consommation de la drogue parmi les Français.
Donc il y a avec la drogue le problème du trafic, il y a avec la drogue désormais le problème de la consommation, et notamment de la consommation de cocaïne. Qu'est-ce que vous feriez de différent ? Comment est-ce que vous, vous traiteriez ce problème majeur ?
Et pourquoi vous arriveriez là où les autres n'arrivent pas ? Vous avez raison, c'est un problème éminemment important. Ça fait très longtemps, et j'en ai souvent parlé dans les médias, que la drogue envahit notre société.
Elle l'envahit aujourd'hui, y compris dans la ruralité. Et moi, je l'ai vu aussi l'envahir dans des professions qui étaient parfois assez inattendues, puisqu'on dit qu'il y a des gens qui consomment des drogues pour pouvoir tenir le coup. Et ce n'est pas simplement...
Dans le bâtiment, dit-on, dans la restauration. Ce n'est pas simplement des traders, comme dans l'idée qu'on s'en faisait auparavant, mais parfois dans des métiers difficiles. Il y a plusieurs choses.
D'abord, la drogue, les drogues, n'arrivent pas de la planète Mars. Elles arrivent sur notre territoire, souvent par des voies qui montrent qu'il faut contrôler nos frontières. Notamment dans les ports de Rotterdam ou d'Anvers.
Oui, donc il faut contrôler nos frontières. On peut revenir sur, effectivement, la politique que nous proposons en matière de contrôle des frontières. Je vous rappelle ce que Jordan Bardella disait pendant les élections européennes, avec la double frontière, la nécessité de reprendre en main le contrôle des frontières.
Ça, c'est pour l'importation. Il y a également la question de la consommation et de la sanction du client. Car, évidemment, je crois que pendant des années, on a fermé les yeux sur le fait qu'il y ait des consommateurs qui, parce que tout le monde connaît des gens qui consomment de la drogue, eh bien, on se dit, finalement, est-ce que c'est si grave une fois de temps en temps, il fume un joint, etc.
Moi, je pense que c'est très grave. Je pense qu'il faut taper le consommateur. Le taper, évidemment, au portefeuille, le taper par des sanctions pénales.
Mais il faut avoir zéro tolérance en matière de consommation de drogue. Zéro tolérance pour les consommateurs. Bien sûr.
Donc, voilà, vous dites que vous feriez un peu différemment ou en tout cas que la fermeture des frontières ou le contrôle des frontières serait une des réponses. À propos des frontières, une autre question sur les OQTF. Régulièrement, cette question de l'application ou non des OQTF traverse l'actualité.
Hier, on a appris qu'il y avait un agresseur qui avait fait une tentative de viol et peut-être même d'homicide ou en tout cas d'agression contre une infirmière qui l'a séquestrée chez elle dans les Hauts-de-Seine. Il est de nationalité algérienne. Il est bien connu des services de police.
Ça, c'est ce que disent nos confrères du Figaro. Il fait l'objet d'au moins une fiche de recherche pour son OQTF. Pourquoi est-ce que vous, vous arriveriez à renvoyer les OQTF, à appliquer les OQTF, là où, honnêtement, Gérald Darmanin, il n'a pas l'air moins motivé que vous sur l'application des OQTF ?
Lui, par exemple, il est de nationalité algérienne. Pourquoi il partirait avec vous ? Et pourquoi il n'arriverait pas à partir lui ?
Vous savez, moi, je l'ai vécu dans ma ville de Denain où il y a eu une agression au couteau faite par quelqu'un qui est sans papier, qui n'avait pas le droit de résider a priori de ce que je sais sur le territoire français, et qui pourtant l'était, et qui a commis hier à Denain une agression au couteau avec deux victimes dont l'une est dans un état sérieuse. Donc, on a aujourd'hui des gens qui n'ont pas l'autorisation, vous l'avez dit, d'être ici, et parfois qui sont sous la vindicte d'une OQTF. Gérald Darmanin, ce qui ne l'a pas fait...
Prenons cet exemple, pourquoi vous y arriveriez ? J'y viens parce que vous prenez l'exemple de l'Algérie, il est particulièrement intéressant. Les accords que nous avons avec l'Algérie permettent à l'Algérie de nous envoyer une immigration plus importante depuis les accords de 68.
Édouard Philippe, d'ailleurs, lui-même avait dit qu'il faudrait revoir les accords qui nous lient à l'Algérie. Édouard Philippe, le problème, a été Premier ministre pendant deux ans. Il a vu, je crois, deux fois le président Tebboune.
À aucun moment, ils n'ont ouvert ce dossier. Nous allons ouvrir ces dossiers. Nous allons reprendre à zéro les discussions avec les pays d'origine.
C'est-à-dire que nous allons leur dire la réduction des visas sera réalisée si vous ne reprenez pas vos ressortissants étrangers qui sont sous la menace d'OQTF, sous l'obligation d'OQTF. Nous allons évidemment regarder...
OQTF, obligation de quitter le territoire. Également, en termes de coopération économique et financière, d'aide finalement au développement, nous allons dire à ces pays nous pouvons continuer à vous aider, mais de l'autre côté, vous devez assumer votre obligation de reprendre vos ressortissants. Ça n'a pas été fait.
Je vous donne l'exemple des accords de l'Algérie parce que c'était porté par Édouard Philippe lui-même qui dit « nous ne l'avons pas fait, or il faudrait le faire ». Eh bien, nous, nous allons le faire, madame. Nous allons ouvrir ces dossiers, les faire aboutir en cela.
Et puis, je le dis aussi, le délit de séjour irrégulier sera rétabli. Lorsque vous êtes irrégulièrement sur le territoire français, vous commettrez un délit, vous serez en situation de délit. Tout ça a été abrogé par la Macronie.
Avec quelles sanctions et avec quelles conséquences ? Avec des conséquences qui sont effectivement l'expulsion. Avec aussi des conséquences qui font que vous n'avez plus le droit à rien.
Lorsque vous commettez un délit sur le sol français, que vous n'êtes pas autorisé à vous maintenir sur le sol français, vous n'avez pas le droit de toucher des prestations sociales, vous n'avez pas le droit d'avoir un logement social, vous n'avez pas le droit d'être embauché dans une entreprise. Il faut un moment remettre de l'ordre dans notre pays. On ne peut pas laisser des gens qui n'ont pas le droit, qui ont franchi toutes les autorisations ou toutes les lois françaises qui sont passées outre les lois françaises et ensuite leur donner des droits sur le territoire.
Ce n'est pas possible. On se décrédibilise. Sébastien Chenu, je voudrais qu'on parle des retraites et des armées.
C'est qui le chef des armées ? Vous savez la Constitution. Moi, j'ai regardé l'article 15.
Le chef de l'État est le chef des armées. Le Premier ministre a la maîtrise de la politique de la défense avec, j'allais dire, un veto budgétaire. C'est-à-dire que c'est le Premier ministre qui engage les crédits, c'est le Premier ministre qui signe les autorisations de crédit lorsqu'il y a des opérations militaires et dans la Constitution, les choses sont bien claires.
Donc, le chef des armées, c'est le président et ce serait le Premier ministre qui aurait par contre le pouvoir budgétaire. Est-ce que le pouvoir budgétaire, il faut l'entendre aussi comme stopper les budgets pour l'envoi d'armes en Ukraine ? En tous les cas, comme celui qui peut mettre une ligne rouge ou des limites à un président qui semble ne pas en avoir.
Si vous posez cette question, c'est parce que Marine Le Pen, dans une interview qu'elle accorde à nos confrères du Télégramme de Brest, dit ce matin que le président, chef des armées, ce n'est que symbolique. Oui, c'est vrai. Honorifique, même, dit-elle.
Oui, mais c'est exactement cela. C'est la Constitution, toute la Constitution, rien que la Constitution. Nous considérons qu'Emmanuel Macron est un président sans limite.
Est-ce que ça veut dire que vous demanderez, par exemple, à obtenir, si vous arrivez au pouvoir, le ministère de la Défense ? Ou est-ce que c'est Emmanuel Macron qui pourra choisir parmi ses proches un ministre de la Défense ? Non, mais le président de la République nomme les ministres sur proposition du Premier ministre.
Donc, Jordan Bardella, si les Français le souhaitent, sera à Matillon et proposera au président de la République un ministre de la Défense qui sera respectueux de la Constitution, c'est-à-dire des prérogatives du chef de l'État, chef des armées, mais qui comptera, évidemment, comme ministre de la Défense, sous l'autorité de Jordan Bardella, mettre des limites à Emmanuel Macron si celui-ci voulait franchir certaines limites. Et qui sera issu des rangs du RN ? Pourquoi pas ?
Quel est le problème ? Ministre de la Défense et ministre des Affaires étrangères également. Mais pourquoi pas ?
Les deux domaines qu'on a traditionnellement estimé être les domaines réservés du président de la République. Nous, ce qu'on veut, c'est avoir des gens compétents, c'est avoir des gens qui ont le sens de l'État, qui savent évidemment mener les affaires de l'État dans ces domaines-là. Qu'ils soient issus du RN ou pas, s'ils se retrouvent dans notre gouvernement d'Union nationale, dans cette majorité d'Union nationale, qu'il ait une carte au Rassemblement national ou qu'il n'en ait pas, c'est pas très grave.
En tout cas, il n'y aura pas deux ministères les plus régaliens comme ministère de la Défense et ministère des Affaires étrangères dont vous diriez au président Emmanuel Macron, ça, vous pouvez vous garder des proches. En fait, non. En fait, ce qu'il faut comprendre, je crois, c'est que si nous arrivons aux responsabilités, c'est pour appliquer une politique.
C'est pas pour faire semblant. C'est pas pour occuper des places et des strapontins. Et dans cette politique en matière de défense et d'affaires étrangères, la ligne rouge, c'est pas de soldats en Ukraine.
La ligne rouge, c'est pas d'armes à longue portée. La ligne rouge, c'est aider l'Ukraine financièrement dans la mesure où financièrement on peut continuer à l'aider. Donc, vous voyez, nous avons des propositions qui sont claires, qui sont cohérentes.
Elles seront portées demain par nos ministres, mais on n'est pas là pour faire semblant de mener une politique. On n'est pas l'intention de faire de la figuration. On est là pour faire aboutir les propositions que les Français connaissent.
Sébastien Chenu, une question encore sur les retraites, parce que je n'ai pas tout à fait compris quelle était la différence entre les retraites avec vous et les retraites avec Emmanuel Macron. Si, c'est le gain d'année. Moi, j'ai regardé, tout simplement, j'ai un comparatif, et on peut comparer nos tableaux, sur l'âge de départ ou l'âge de départ à taux plein.
Vous avez, avec Emmanuel Macron, dans sa réforme, un âge de départ qui part de 64 ans et qui peut aller jusqu'à 67 ans selon l'âge auquel vous entrez dans la vie active. Annulation de la décote à 67 ans. Pour l'instant, au moment où on se parle, c'est-à-dire jusqu'en 2030, c'est 62 ans l'âge légal qui va être porté progressivement, donc en 2030.
Un mot là-dessus, d'ailleurs, Pauline de Malherbe, parce que j'ai regardé ce que le comité de suivi des retraites disait. D'accord. Non, le comité de suivi des retraites est placé sous l'autorité du Premier ministre.
Tout à fait. Emmanuel Macron nous avait dit la réforme qu'il mène à la vocation à faire rentrer beaucoup d'argent dans les caisses, elle devait rapporter 18 milliards d'euros. Et le comité de suivi des retraites nous dit, à long terme, cette propre réforme d'Emmanuel Macron, il est possible même qu'elle coûte plus cher.
Donc, vous voyez que, quand même, cette réforme des retraites, elle a vraiment besoin d'être abrogée et de la remettre sur la table. Ça, j'ai bien compris, mais j'ai du mal à comprendre que vous abrogiez une réforme qui, en réalité, n'est pas très différente de celle que vous proposez. Encore une fois, j'ai entendu Jordan Bardella qui parlait de 62 ans.
C'est le cas au moment où on se parle. Je vous le dis, avec notre réforme, dont l'âge de départ est 60 ans pour ceux qui ont travaillé avant 20 ans, puis ensuite, progressivement, jusqu'à 62 ans. Eh bien, vous pouvez partir, évidemment, à partir de...
Donc, il n'y aura pas de 64 ans avec vous ? C'est ça ce que vous voulez dire ? Même en 2030, il n'y aura pas de 64 ans ?
Non, mais à partir du moment où vous voulez une retraite à taux plein, si vous êtes entré très tard dans la vie active, évidemment, progressivement, ça fait reculer votre âge de départ en retraite à taux plein. Parce que, par exemple, la gauche dit tout le monde a 60 ans, mais personne ne sera à taux plein. En fait, il y aura une énorme décote.
Moi, j'ai regardé combien on gagne d'années, combien on gagne d'années de travail ? Eh bien, avec notre réforme, quand vous êtes entré sur le marché du travail à 21 ans, vous gagnez deux années. Enfin, deux années, c'est quand même extrêmement important quand on arrive à la fin de sa carrière professionnelle et qu'on a fait des métiers difficiles.
Et quand vous êtes entré à 23 ans sur le marché du travail, vous gagnez une année. Donc, si vous voulez, notre réforme, oui, elle a des conséquences extrêmement importantes dans le quotidien des Français. Merci Sébastien Chenu d'avoir répondu à mes questions ce matin.
Je rappelle que vous êtes donc député sortant du Nord et vice-président du Rassemblement national.