Le parti-pris : “Nous aussi, il faut nous dédommager !” alerte le syndicat d'hôtellerie et de plein air de gironde après les annonces de Sébastien Lecornu - 18/08
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 50 %Attaque 20 %Défensif 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:14Invité politiqueFait
« Là, pour l'instant, tout le monde est à entre 30 et 70% de taux d'occupation au lieu d'être les 3 semaines qui viennent de passer au lieu d'être à 100%. »
- 1:25Invité politiqueChiffre
« Ces 3 semaines-là sont les plus importantes et où on fait à peu près 40% de notre chiffre d'affaires. »
- 1:46PrésentateurFait
« La fréquentation touristique a été divisée par deux sur un an en Gironde. »
Temps de parole
- Invité politique63 %
- Présentateur36 %
≈ 3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez RMC.
Bonjour Lionel Pujad.
Bonjour.
Vous dirigez le camping Kérélen, c'est sur le bassin d'Arcachon. Vous êtes le président du syndicat de l'hôtellerie de plein air en Gironde. Votre camping n'a jamais fermé, n'a jamais été évacué et vous vous dites pourtant victime collatérale. Vous demandez à être dédommagé, c'est votre parti pris ce matin. Vous ne rentrez pas dans les clous du Premier ministre, c'est ça ?
On n'y rentre pas non, parce que voilà, nous aujourd'hui il y a un terrain de camping qui reste ouvert et qui ne ferme jamais. Le chômage partiel, ce n'est pas la peine, on n'est pas obligé d'avoir des services qui sont obligatoires. Obligatoires que nos clients payent pour avoir ces services. Donc si je mets mon personnel au chômage, ces services n'auront plus lieu, donc mes clients ne seront pas contents. Donc on continue, mais quand on a plus que 50% d'activité, c'est assez dur de faire la boucle.
Ah oui, c'est ce que vous dites, pardon, qu'il y ait un taux de remplissage de 20 ou de 70%, le personnel doit être là, vous ne pouvez pas les mettre au chômage partiel.
Voilà, on ne peut pas fermer la piscine tous les après-midi parce qu'on a mis le mètre en ajeur à un chômage partiel. Donc voilà, on est obligé de garder tout notre personnel.
Parce que là, concrètement, Lionel Pujad, quel est le bilan que vous faites de cette année par rapport à une année normale ?
Là, pour l'instant, tout le monde est à entre 30 et 70% de taux d'occupation au lieu d'être les 3 semaines qui viennent de passer au lieu d'être à 100%. Donc de suite, ça fait... Et à savoir que ces 3 semaines-là sont les plus importantes et où on fait à peu près 40% de notre chiffre d'affaires. Donc ça fait... Ça fait... Ça fait mal, voilà. Donc même si...
Chez vous, le MEDEF et la Chambre de Commerce affirment que la fréquentation touristique a été divisée par deux sur un an en Gironde. Et ce que vous demandez, c'est quoi ? C'est à l'État de compenser ce chiffre d'affaires ?
Ils peuvent déjà de nous compenser, mais que sur les 3 semaines d'août. Après, ce qui s'est passé avant et ce qui se passera après, c'est plus de la faute à personne. Là, nous, on a besoin... Le problème, c'est ces 3-4 semaines-là, on a besoin d'avoir une compensation du chiffre d'affaires pour pouvoir continuer à vivre. Le problème, c'est qu'on va arriver fin septembre, si toutes les entreprises de l'autorité de plein air sont en déficit, ça ne va pas le faire. On ne pourra pas emprunter, on ne pourra pas faire d'investissement pour l'année prochaine. Et après, la troisième question, c'est quid de 2027 ?
Est-ce que la saison de 2027 sera bonne par rapport aux répercussions qu'il peut y avoir par les incendies ? Parce qu'il y a beaucoup de monde qui ont annulé...
Je voulais vous poser la question, parce qu'on pose aussi la question à nos auditeurs, qui ne seraient pas forcément du département. Vous craignez que ça ait inquiété des touristes potentiels de l'année prochaine ?
Voilà, moi, on espère de tout cœur que non, qu'ils vont tous venir en masse en 2027. Et on va faire le nécessaire pour les accueillir, très bien les accueillir, mais ça peut être une hypothèse.
Le gouvernement a promis 2 millions d'euros sur une campagne de promotion Destination Land Gironde. On est à deux semaines de la rentrée scolaire. Ça a encore du sens, ce genre de proposition ?
Après, on sait, tout le monde sait comment ça marche. Nous, ça fait longtemps qu'on fait des saisons. Même là, on arrive vers le 20 août et tout. C'est la fréquentation. En année normale, la fréquentation commence à baisser. Tout doucement. À partir du 20 août, à partir du 25 août, les gens pensent à la rentrée scolaire et puis à la rentrée, tout simplement. Donc, ça descend, ça descend. Après, on a le mois de septembre. Le mois de septembre, ça peut être un bon mois. On peut faire, mais les tarifs ne sont plus du tout les mêmes. L'offre est plus importante que la demande. Donc, tout ce qu'on a perdu, là, dans ces trois semaines ou quatre semaines, ne sera pas rattrapable.
Voilà, on peut faire un très bon mois de septembre, mais on n'attrapera pas la perte de chiffre d'affaires. Voilà, ça, c'est une chose qui est sûre. Donc là, nous, ce qu'on va faire, c'est qu'on va attendre la fin septembre. On va faire les comptes et on vous présentera exactement ce que l'hôtellerie de plein air a perdu. Et on essaiera de demander une compensation. Voilà, c'est tout.
Monsieur, quand on est dans l'hôtellerie de plein air comme vous et qu'on n'a pas forcément fermé ou évacué, quel est le rôle d'un assureur ? Est-ce qu'il en a un pour vous ?
Le rôle de l'assureur, là, nous, on a demandé, on va faire tous une demande de prise en charge pour la paix de chiffre d'affaires. Mais bon, c'est mettre un coup d'épée dans l'eau parce que les assureurs ne nous soutiennent pas et nous suivent et nous donnons jamais rien. Donc, même les campings évacués qui sont loin du feu et tout ça, on ne sait même pas s'ils vont avoir quelque chose. Donc, il aurait fallu tout se brûler. Et comme ça, les assurances nous ont recouvert.
C'est très grave ce que vous dites, Lionel Pujad. Et je l'entends aussi, il aurait fallu tout se brûler pour qu'on nous aide. C'est ce que vous dites ce matin, Sébastien Lecornu a menacé de donner le nom des assureurs qui ne joueront pas le jeu. Je voudrais simplement vous demander, Lionel Pujad, parce que vous représentez votre camping, le camping Kérélen, mais vous êtes aussi président du syndicat de l'hôtellerie de plein air de la Gironde. Le sentiment, je n'arrive pas à le comprendre chez vous, c'est de la colère ou du découragement ?
Vous savez, on est une profession où on est tout le temps en train d'avancer. On a toujours la tête baissée, on est toujours au boulot. Donc, c'est ni l'un ni l'autre. Ce qu'il y a, c'est qu'aujourd'hui, on a besoin. On a un besoin et on aurait bien aimé que... Parce qu'on n'embête personne, on n'entend jamais parler de nous. On est toujours en train de travailler, on est toujours en train de faire notre boulot et toujours d'accueillir nos clients. Donc, ce qu'on aurait voulu, c'est un peu de compassion et qu'on nous dise, faites vos comptes et tout ça et on aidera au moins ceux qui sont en difficulté, très, très importants. Voilà, c'est tout.
Et on retiendra aussi, parce que vous savez, quand on a des enfants, on est effectivement tourné vers la rentrée scolaire, mais certains partent plus tard, certains partent en décalé. C'est presque un appel. Il y aura de la place dans votre camping et il y aura de l'activité possible chez vous dans les semaines à venir.
Disons-le. Après, c'est tout ouvert partout, le bassin d'Arcachon et puis toute la Gironde est prête à accueillir tout le monde. Donc, il n'y a pas de soucis. Merci. Parce qu'ils veulent venir faire un petit tour, ils peuvent venir.
Merci beaucoup. Lionel Pujade, vous dirigez le camping Carrelène sur le bassin d'Arcachon. Vous présidez le syndicat de l'hôtellerie de plein air de Gironde. Merci d'avoir expliqué votre situation concrète. L'artillerie lourde, dit le Premier ministre. Faut-il qu'elle vise juste et au bon endroit. Pour notre invité, Lionel Pujade, on sera aussi avec le président du département de Gironde à 8h40 tout à l'heure. Merci.
Merci. Merci. Merci.