À la rentrée, avant la censure parlementaire, il faut une censure populaire
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Et ça suffit. Ça suffit les deux jours fériés, dont le 8 mai quand même, la victoire sur la barbarie nazie, ça veut dire y compris les associations d'anciens combattants, qui sont quand même très remontées. Les congés payés, on va venir toucher à la cinquième semaine. On nous parle de l'assurance chômage, la protection des jours de carence pour l'assurance maladie. Il y a un moment, ça suffit. Comment ça se fait que c'est toujours les salariés qui payent ? Vous connaissez mon attachement au travail, au fait que les Français doivent pouvoir vivre de leur travail, bien en vivre et pas en survivre, mais ça suppose que derrière, ça soit rattaché à des droits.
Il y a un droit qui est le droit au repos, il y a un droit qui est le droit au chômage quand on se retrouve sans travail, il y a un droit qui est le droit au congé maladie simplement quand on tombe malade. Vous allez recevoir demain la ministre du Travail. Je l'interroge. Que faites-vous, Madame Panossian-Bouvé, contrôler 100 000 inaptitudes par an au travail ? Ça a doublé en 10 ans. À peu près la moitié, c'est des troubles musculo-soquelettiques, la deuxième moitié, ce sont des burn-out. Rien que ça, ça chiffre à 3 à 4 milliards d'euros. Xavier Bertrand avait chiffré ministre du Travail de droite et c'était il y a 15 ans.
Le mal-travail a une variation de 3 à 4% du PIB, c'est-à-dire 50 milliards d'euros par an. Le mal-travail, c'est les accidents du travail, c'est les maladies professionnelles, les troubles psychiques, les troubles musculo-soquelettiques. Voilà ce qu'on a fait du travail depuis 40 ans. François Bérou, il ne fait rien de neuf. Ils font ce que les gouvernements font depuis 40 ans, c'est-à-dire considérer le travail comme étant un coût et non pas comme étant un atout. À partir du moment où le travail est un coût, c'est un coût à diminuer, c'est un coût à écraser. On écrase les travailleurs en même temps qu'on veut écraser le coût du travail.
Il y a un choix qui est fait par ce gouvernement qui est non pas de protéger les Français, de protéger les salariés, de protéger la santé, de protéger notre économie, mais de servir des intérêts particuliers. Et je pense que cette cause centrale, elle doit nous amener à voir, avant une censure parlementaire, une forme de censure populaire qui fait qu'on se met ensemble. Moi, je suis arrivé avec mon numéro des 500 fortunes de Challenge. Ah oui. Qu'est-ce qui se passe en 30 ans ? Multiplication par 14 des 500 fortunes françaises. Ce qu'on apprend surtout, c'est que l'impôt, les millions de dividendes, les milliards de dividendes qui sont versés, ils y échappent.
Ils y échappent par des holdings, ils y échappent par les héritages. Moi, ce que je demande, ce sont des états généraux de la fiscalité dans notre pays. Parce que je pense qu'on a des impôts qui sont devenus à la fois injustes et illisibles. Les grands seigneurs du présent, ces 500 fortunes, comment ça se fait qu'ils ne payent pas l'équivalent de M. Marty, docteur, de moi, député, de vous, journaliste, et surtout, je pense aux éboueurs, je pense aux infirmières, je pense aux auxiliaires de vie. Ils payent deux fois moins d'impôts en proportion. Je suis d'accord pour baisser les impôts des ouvriers, baisser les impôts... Mais les entreprises payent plus d'impôts en France qu'ailleurs.
Non, mais je suis d'accord pour baisser les impôts des auxiliaires de vie et ainsi de suite. Et les entreprises ? Ça dépend de quelles entreprises. Aujourd'hui, vous avez les multinationales qui payent moins d'impôts... Oui, mais ce n'est pas les multinationales qui font que les PME de la France. C'est ce que je vous dis, c'est un rééquilibrage. Qu'est-ce qui se passe ? Vous avez les grandes entreprises qui captent la plus-value et qui ne laissent que les miettes aux sous-traitants ensuite. Je ne comprends pas que quand on fait des grandes prises de parole à la télévision comme François Bérot, il n'y a pas un mot sur ces questions-là.