Accord de paix entre l'Iran et les États-Unis, défaillances d'entreprises, IA... Le "8h30 franceinfo" de Patrick Martin
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Bonjour Patrick Martin. Bonjour. Bonjour Paul. Bonjour à tous. Merci d'être avec nous Patrick Martin sur France Info. Vous êtes le patron du MEDEF, la première organisation patronale de France et vous dites attendre du courage du débat présidentiel. Vous allez nous dire pourquoi le débat n'est pas tout à fait à la hauteur selon vous. On va parler aussi salaire, protection sociale, mais d'abord l'accord entre l'Iran et les Etats-Unis au cœur du G7 à Evian, vous qui alertiez il y a quelques jours sur les défaillances d'entreprises. Est-ce que vous êtes un peu soulagé ce matin ? Est-ce que vous dites les entreprises, l'économie vont retrouver un peu d'air ?
Oui, parce qu'effectivement cette situation très anxiogène et puis objectivement très impactante pesa immanquablement sur la croissance française, donc sur l'emploi, sur l'investissement, sur le moral des troupes, je veux dire les entrepreneurs et les ménages, donc c'est une bonne nouvelle. Alors évidemment, on est habitué maintenant à des volte-face, des changements de pieds de la part des uns et des autres, je ne vais pas être plus précis. Donald Trump pour ne pas le citer. Par exemple. Attendons de voir, mais c'est une bonne nouvelle.
C'est pour ça que ça peut changer d'ici vendredi, vous avez cette crainte ?
Une volte-face d'ici la signature ? Oui, j'ai cette crainte parce qu'on a des Iraniens qui sont très résilients et assez retorts et puis un président Trump qui effectivement peut changer d'avis assez régulièrement. Mais je crois que, comment dire, le sérieux et la raison sont en train de l'emporter.
Emmanuel Macron promet justement de tout faire pour qu'il n'y ait pas de péage dans le stratégique détroit d'Hormuz, le détroit d'Hormuz dont le blocage avait provoqué la flambée des prix du carburant notamment. Vous, le patron des patrons, est-ce que vous avez confiance dans la capacité de la France à faire bouger les lignes et à peser dans la résolution ?
Je trouve que la France, d'autres pays européens notamment, sont intelligemment présents dans ce débat et essaient d'apporter de l'apaisement sans perdre de vue les menaces géopolitiques qui peuvent émaner de ce régime iranien qui est assez odieux à certains égards pour sa population en particulier. Donc nous, on est très alignés avec le président de la République et quand il fait des offres de services pour le compte de la France, mais je le redis, accompagné par d'autres pays, ça va exactement dans le bon sens. Sauf que ces offres de services sont pour l'instant rejetées plus ou moins polluement
par le président américain, c'est ce qu'on a vu hier soir.
Oui, écoutez, en toutes choses et singulièrement sur la scène internationale, a fortiori avec des personnages de ce profil, je pense qu'il faut prendre un petit peu de recul et ne pas s'en tenir simplement aux postures et aux déclarations intempestives.
Vous pouvez nous dire, vous avez un ordre de grandeur sur ce que ça a coûté aux entreprises françaises, cette situation depuis le début de la guerre ?
Il est assez communément admis qu'une augmentation de 10 dollars du prix du baril, il avait quasiment doublé, ça a un impact 10 dollars, un impact de 0,1% sur la croissance. Or, on était déjà en légère récession sur le premier trimestre, alors même que les événements au Moyen-Orient n'étaient intervenus qu'à la fin du premier trimestre. Donc immanquablement, ça va peser. Même si le détroit d'Ormouz se rouvre, on le souhaite évidemment, il y aura un effet dans la durée sur l'inflation et sur la croissance.
Combien d'entreprises ont dû mettre la clé sous la porte ?
On est sur une tendance annuelle de plus de 70 000 entreprises, on bat des records. Ça s'est aggravé depuis le début de cette guerre ? Ça s'est aggravé, mais on était déjà sur une mauvaise tendance. J'insiste sur un point, non pas pour... C'est pas un jugement de valeur en quelque sorte, mais il y a de plus en plus dans ce panel d'entreprises qui déposent le bilan, d'entreprises importantes et dans des secteurs d'activité de plus en plus nombreux, je pense à l'industrie en particulier. Donc il faut y être très attentif, c'est quand même un indicateur de la santé de l'économie française.
Donald Trump, vous parliez de son comportement pas évident à saisir sans le mentionner. Il est en France, donc pour le G7, le président espère le faire rester jusqu'au bout, avec notamment un dîner fastuio au château de Versailles demain soir. Donald Trump qui menace en parallèle la France de droit de douane de 100% sur le vin si Paris ne supprime pas une taxe sur les géants du numérique américain. Est-ce qu'il faut quand même traiter Donald Trump ? On n'a pas le choix ?
Je vais vous dire à notre place, celle des entrepreneurs, on a traité le sujet. J'ai présidé le B7 qui est le miroir entrepreneurial du G7, donc avec les mêmes pays, dont les Etats-Unis. Et je voudrais attirer votre attention sur le fait qu'on a eu une déclaration commune, donc signée par les Américains, qui appelle à ce qu'on restaure une forme de stabilité, de loyauté, de lisibilité dans les règles du commerce international. Même les patrons américains le demandent, c'est ça que vous dites ? Ça veut dire quoi concrètement ? Pas de droit de douane. Pas de droit de douane. Pas de droit de douane.
Et puis pas de volte-face permanente sur des dispositifs tarifaires ou non tarifaires d'ailleurs en matière de commerce international. Moi je salue en particulier l'attitude, pour ne pas dire le courage de mon homologue américaine, c'est une femme qui a signé cette déclaration qui est très importante.
qui ne va pas dans le même sens que son président, le président américain. C'est dans cela que je salue son courage. Et vous, vous pensez qu'il ne faut pas lâcher sur cette taxe sur les gens du numérique américain instaurée en 2019, qui crée cette colère du président américain, qui menace encore de taxer à 100% le vin et le champagne français ?
Alors, je pense que le sujet du digital va bien au-delà. On en a la démonstration ces derniers jours avec la suspension d'anthropique par le... La intelligence artificielle. Donc, il faut qu'on soit parfaitement conscient. On laisse chaque jour un peu plus qu'on est dans une situation de dépendance dorénavant à l'égard des Chinois dans beaucoup de domaines, pas seulement industriels, et puis des Américains s'agissant du digital. Donc, ça pose un problème existentiel, je dirais. Pas seulement pour les entreprises et l'économie des pays européens, mais pour les populations également. Donc, à un moment donné, il faut établir un rapport de force. C'est une prise de risque.
Au détriment du vin et du champagne français ?
Pardon ? Au détriment potentiel du vin et du champagne français ? Pas nécessairement.
C'est ce qui va céder les Américains ?
On a eu la démonstration ces derniers temps qu'il pouvait y avoir des champagne français.
Ce n'est pas la première fois que Donald Trump menace de droits de douane ? Vous ne pensez pas forcément qu'il ira ?
Moi, je vous parlais de la Chine. La Chine avait instauré sur le cognac et l'armagnac des droits de douane qui étaient mortels, en quelque sorte, pour cette filière très exportatrice. Je m'étais rendu en Chine avec notre ministre des Affaires étrangères pour, comment dire, assouplir, et puis à la fin, essentiellement supprimer ces mesures. Donc, c'est très stressant, et c'est très pénalisant pour les secteurs qui, à l'instant, sont touchés, mais à la fin des fins. Moi, je pense que la raison va reprendre ces droits. Et puis, la diplomatie économique. Je parlais du B7. La diplomatie économique pèse.
Donc, à notre place, je le redis, on insiste auprès de nos gouvernements, quels qu'ils soient, pour qu'ils se départissent en définitive de ces postures et de ces polémiques.
Vous parlez de l'intelligence artificielle. Justement, la France va investir 655 millions d'euros supplémentaires dans son développement, a annoncé Matignon aujourd'hui. Vous vous dites qu'il faut faire du prosélytisme en matière d'intelligence artificielle. Est-ce que cette annonce va dans le bon sens, et est-ce que c'est suffisant ?
Faire du prosélytisme, et par nom de la trivialité de l'expression, il faut investir comme des brutes. Investir comme des brutes dans la formation, investir comme des brutes dans les technologies, dans les data centers, dans l'intelligence artificielle.
Est-ce que le Premier ministre qui annonce ce matin 655 millions d'euros
est investi comme une brute ? Il investit à la mesure des moyens très faibles, dont la France dispose dorénavant du fait de l'état de ses finances publiques. Et ça nous fait toucher du doigt la dangerosité de l'état de ses finances publiques et l'impérieuse nécessité de les remettre en ordre.
Et justement, tout à l'heure, on va parler de ce que vous proposez, un choc de compétitivité pour remettre les finances publiques en ordre. Hier, Matignon a reçu, c'est inédit, le conseil exécutif du MEDEF, ça représente une cinquantaine de personnes. Il faut dire que c'était très tendu entre vous et le Premier ministre ces derniers jours. Vous avez étrié le gel des allégements de charges patronales décidés par Bercy suite à la hausse du SMIC au 1er juin. Est-ce que vous avez arrondi les angles ?
Non, ce n'était pas très tendu, je ne vais pas vous le démontrer.
Ces derniers jours, ça l'était.
Si je vous présentais mon smartphone, vous verriez que très régulièrement, j'échange en particulier des SMS avec le Premier ministre. Et puis, il ne faut pas se tromper, il y a l'exécutif, le gouvernement, mais il y a le Parlement aussi. Et c'est autant au Parlement que je m'adresse quand je dénonce effectivement la dégradation de la compétitivité française, les risques que ça fait peser sur l'emploi, sur l'investissement, notamment ce coup de rabot sur les allégements de charges qui va non seulement enchérir le coût du travail, mais limiter les marges de manœuvre des entreprises pour augmenter les salaires.
Il y a 2 milliards d'eux qui partent en fumée dans le tonneau des Danaïdes, des finances publiques incontrôlées.
Les parlementaires ne sont pas responsables, ils n'ont pas conscience de votre situation.
Les parlementaires, d'abord, les parlementaires, on vient d'évoquer la situation internationale. De mon point de vue, beaucoup de parlementaires ne prennent pas suffisamment en compte cette situation internationale, notamment en termes de compétition.
Sur tous les bancs ou en partie en particulier ?
Sur certains bancs plus qu'ailleurs, mais en moyenne des cas. Premier point. Deuxième point, et c'est dans l'ordre des choses, ils sont tous focalisés sur l'élection présidentielle, puis immanquablement les élections législatives. Ça peut se comprendre, nous sommes républicains, nous sommes démocrates. Mais il faudrait à un moment donné que les uns et les autres lèvent le nez du guidon et élargissent leur spectre. Nous, on est confrontés à la concurrence internationale quotidiennement. On a évoqué à l'instant le nombre impressionnant de dépôts de bilan. Donc, on ne fait pas de la politique.
On est là pour rappeler un certain nombre de choses parce qu'on considère, et c'est d'évidence, que c'est l'intérêt du pays que de se remettre en ordre sur le plan économique, de regagner en dynamique économique, regarder le marché de l'emploi, c'est quand même un peu préoccupant en ce moment.
Oui, mais en toile de fond, c'est la question aussi du bilan d'Emmanuel Macron qui se pose, Patrick Martin, Emmanuel Macron, président pro-business, président de Choose France, de la Startup Nation. C'est terminé, ça ?
Non, ceux qui affirment que la politique de l'offre a été préjudiciable au pays mentent. Ils mentent. Tous les chiffres en témoignent, en termes de croissance, en termes d'attractivité, en termes d'emploi, ça donnait des bons résultats. Le vrai problème, et c'est ce que j'ai dit très respectueusement au Premier ministre hier, c'est précisément qu'on est en train de détricoter cette politique de l'offre. Donc, à bas bruit, mais parfois de manière beaucoup plus spectaculaire, on est en train de décrocher par rapport à d'autres pays. À la fin des fins...
Même si la France reste le pays
qui est en train de l'offre ? À la fin des fins, ça se traduit par quoi ? Ça se traduit par moins de pouvoir d'achat. Moi, je ne perds à aucun moment de vue que la préoccupation numéro un des Français, c'est le pouvoir d'achat. Comment créer du pouvoir d'achat ? Par de l'emploi, on a encore trop de gens qui sont au chômage, des jeunes en particulier, c'est profondément choquant, et ensuite en générant de la croissance pour donner aux entreprises les marges de manœuvre pour qu'elles distribuent les salaires. C'est d'évidence.
On va en parler dans un instant, mais c'est le dernier G7 d'Emmanuel Macron et c'est l'heure du bilan. Ce décrochage, ce détricotage d'une politique qui a fonctionné, selon vous, vous le datez à quand ? C'est quoi le péché ? C'est la dissolution ?
C'est la dissolution. C'est la dissolution qui était une prise de risque énorme et ça n'a pas marché. Bon, il faut par ailleurs souligner que l'Europe elle-même, d'une manière générale, est en train de se déclasser par rapport aux Etats-Unis, par rapport à la Chine. Donc, de la même manière qu'on est très insistant en France pour se redonner les moyens de la croissance et du pouvoir d'achat, on l'est auprès de l'Union européenne. Le MEDEF est omniprésent auprès de la Commission européenne, auprès du Parlement européen. On commence à marquer des points.
Je voudrais juste te rappeler qu'il y a quelques années encore, l'Europe s'apprêtait à interdire le financement des industries de défense et du nucléaire avec une vague préoccupation supposément écologique. Heureusement, heureusement que le MEDEF, parmi d'autres, a fait le job pour qu'on remette les idées en ordre.
Et qu'est-ce que vous attendez de ce G7 aujourd'hui en termes de commerce international ?
Bien précisément que, d'abord, on objective les situations, qu'on prenne mieux conscience des menaces et que les pays reviennent à ce qui a préexisté pendant des décennies, c'est-à-dire une volonté de coopération. Vous dites que les chefs
d'entreprise n'investissent plus et n'embauchent plus et vous parlez même d'un découragement inédit. En quoi il est inédit, ce découragement ?
Non, je n'ai pas dit qu'ils n'investissaient plus et qu'ils n'embauchaient plus. C'est dans le Figaro le 22 mai. Cela dit, les prévisions d'embauche sont assez catastrophiques. Elles ont été publiées en particulier par Manpower hier. Donc, on investit moins, on embauche moins. Pourquoi ? Parce qu'on est dans le brouillard. Et c'est de la responsabilité de nos politiques. Donc, l'incertitude. L'incertitude. L'incertitude. C'est terrible sur le plan économique, l'incertitude. Et c'est logique. Qu'est-ce que vous voulez... Quand vous ne savez pas si on ne va pas encore vous assommer d'impôts et de charges sociales, qu'on ne va pas vous assommer encore de complexité.
Il y a une loi qui est en cours d'élaboration sur la transparence salariale. Ce truc est dingue. Animé par de bonnes intentions mais avec des résultats catastrophiques.
La transparence salariale, c'est dingue pour vous ?
C'est complètement dingue. Et alors, on veut nous faire croire que c'est le sujet de l'égalité homme-femme. Nous, on a été moteur...
Mais c'est quand même un sujet.
C'est un moteur. On a été moteur... Pardon, c'est un sujet. On a été moteur sur l'instauration de l'index dit Pénico d'égalité homme-femme. Et encore, si on parle sérieusement 3,5 à 4% d'écart entre les hommes et les femmes à poste et carrière. Ça dépend des chiffres. Non, à poste... Non, non, ça dépend.
Parfois, c'est beaucoup... Oui, mais si,
comparons des choses comparables. Donc, on est très déterminés sur ce sujet. Mais ce que le gouvernement s'apprête à faire, c'est pas très compliqué. Ça va dissuader les salariés qui veulent s'engager, qui veulent progresser, qui veulent être augmentés parce qu'on va instaurer un principe d'égalitarisme. C'est-à-dire que des salariés qui, eux, sont moins engagés, sont moins motivés, veulent peut-être moins progresser, seront traités exactement comme ceux qui s'arrachent.
Donc, vous dites un certain de nivellement par le bas, c'est ça le risque.
Et ensuite, c'est le summum de ce qu'on n'a jamais vu en termes de complexité. Je peux vous dire qu'on va embaucher, pour le coup, des palanqués de DRH au même moment où ce gouvernement, de bonne foi et animé par de bonnes intentions, veut simplifier. Donc, nous, on dénonce cette mauvaise réponse à un vrai problème. Le 8.30 France Info, Agathe Lambret, Paul Larouturou.
Avec Patrick Martin, président du MEDEF, vous appelez au courage.
Courage, et vous le savez, 2027 a commencé. J'ai compté ce matin déjà 26 candidats. Sur le fond, vous qui appelez donc au courage Patrick Martin, est-ce que vous trouvez les discours de ces 26 candidats à la hauteur des enjeux ?
D'abord, les chefs d'entreprise eux-mêmes sont courageux pour faire face à la situation qu'on vient de longuement évoquer. Ensuite, dans ce vaste panel, et ce n'est peut-être pas fini d'ailleurs, des candidatures, il y a encore beaucoup de, comment dire, beaucoup d'ambiguïté. Nous, on est très soucieux que les uns et les autres se déclarent beaucoup plus, affichent des positions beaucoup plus claires, beaucoup plus fermes. Et puis, les rares qui d'ores et déjà ont exprimé des positions claires et fermes sont très inquiétants pour nous.
Oui, alors en fait, là vous évoquez, j'imagine, le sujet des retraites. C'est un sujet que les candidats évitent pour la plupart parce que c'est un sujet qui crispe, à l'exception de Marine Le Pen qui promet de revenir aux 62 ans ou de LFI qui promet un retour aux 60 ans. Ça, c'est irréaliste pour vous et c'est dangereux ?
Mais c'est dangereux, oui, c'est dangereux. Mais c'est dangereux pour qui ? À la limite, je ne suis pas à ma place en m'exprimant sur ce sujet-là. Les principaux intéressés, qui sont-ils ? Les retraités et les salariés qui, à bon droit, légitimement, peuvent s'interroger sur les retraites dont ils bénéficieront le jour venu si on ne consolide pas les régimes. Donc, à un moment donné, et c'est du courage, c'est vrai que ça n'est pas très populaire. Mais moi, je crois au bon sens de nos concitoyens et d'ailleurs, il y a un certain nombre d'enquêtes qui vont dans ce sens. Plus personne ne croit à la pérennité des régimes sociaux et des régimes de retraite en particulier.
Donc, comme d'autres pays l'ont fait de manière, à vrai dire, assez pacifique, concertée, à un moment donné, il faut prendre des décisions. Est-ce qu'elles sont courageuses ? En tout cas, elles sont lucides et elles sont nécessaires.
On va parler de ce que vous proposez mais juste, vous l'avez dit ça au patron du Rassemblement National, à Jordan Bardella que vous avez reçu. Vous lui avez dit le programme du RN, il n'est pas réaliste, il est dangereux ?
Non, on a pointé un certain nombre de zones d'ombre mais au RN comme dans d'autres formations en disant à notre place, j'insiste, on n'est pas un mouvement politique, ce que nous pensons nécessaire pour que le pays soit prospère et stable. Donc, effectivement, au Rassemblement National, si je suis bien les événements, il y a encore des réglages, je dirais, opérés.
Il y a clairement deux lignes entre Marine Le Pen et Jordan Bardella. C'est ce qu'on dit. Est-ce que vous avez constaté aussi en lui parlant, Jordan Bardella ?
Je ne l'ai pas vu,
Mme Le Pen. Non, je parle à Jordan Bardella. Est-ce que vous avez constaté sur sa ligne ?
On l'a challengé comme on a challengé Gabriel Attal, comme on a challengé qui a reçu encore pardon, ça va me revenir,
Bruno Retailleau
qu'on reçoit cette semaine. On reçoit tous les chefs de parti. D'ailleurs, on a toujours une invitation en suspens, je veux dire par là qu'il n'y a pas répondu, à Emmanuel Bompard. Donc voilà, c'est vous dire...
Je suis ordinateur national de la France insoumise, il n'a pas répondu à l'invitation du MEDEF pour l'instant.
Et on le recevra, d'ailleurs on l'avait reçu l'année dernière, notre REF, notre université d'été fin août 2025, c'est vous dire si on est très œcuménique, très soucieux de comprendre qui sont les uns et les autres et ce que veulent faire les uns et les autres. À ce stade, notamment lié au fait qu'il y a 26 candidats, on est dans la confusion.
Vous n'avez pas, je ne dirais pas un préféré, mais un qui vous paraît le plus à même de répondre aux dangers économiques selon vos critères ?
Si vous voulez, ce n'est pas tellement comme ça qu'on analyse les choses. Nous, on énonce des analyses, des propositions, je vais le faire encore la semaine prochaine en publiant un document qui je pense est un diagnostic très objectif de la situation de la France avec de grandes opportunités mais de vrais périls et puis on voit comment les uns et les autres se positionnent par rapport à ça.
Vous êtes quand même positionné, vous aviez dit il y a quelques mois que Gabriel Attal, Bruno Retailleau et dans une certaine mesure Jordan Bardella étaient plus conscients des périls économiques que les autres. Est-ce que c'est toujours le cas ?
Alors sur les 26 je ne sais pas décerner j'allais dire les bons et les mauvais points mais ça renvoie précisément à ce que je vous disais tout à l'heure. Il faut qu'il y ait de la part de nos décideurs politiques qui ont la légitimité ultime, la légitimité démocratique qui a une meilleure prise en compte de la situation internationale. Il y en a beaucoup trop qui sont nombrilistes et provinciaux. C'est un provincial qui vous parle. Provinciaux au sens péjoratif du terme. C'est-à-dire on traite des petits sujets bien démagogiquement dans l'entre-soi alors que d'autres sont en train de nous menacer les Chinois, les Américains, des pays européens. Il faudrait peut-être qu'on en prenne acte.
On entend ce que vous dites et dans une seconde vous allez nous dire ce que vous proposez mais l'ancien Premier ministre François Bayrou qui fait son retour médiatique reproche au patronat d'avoir voulu et chercher l'échec du conclave sur les retraites alors que les syndicats réformistes acceptaient l'allongement à 64 ans. Voilà ce qu'il dit. Ce n'étaient pas les conditions de l'accord qu'il refusait c'était qu'on trouve un accord quel qu'il soit. Voilà ce qu'il dit en parlant des patrons. Qu'est-ce que vous lui répondez ? Est-ce que vous avez fait capoter ce qu'il dit ?
D'abord vous êtes en avance de phase. Moi je n'ai pas encore lu ce qu'il écrit dans son livre qui va paraître
Je l'ai lu et puis il a donné aussi une interview au point dans laquelle il revient là-dessus.
Moi j'ai beaucoup de respect pour François Bayrou il a eu raison de poser gravement le sujet de la situation des finances publiques. Ça n'est pas dans mes habitudes de dévoiler les conversations que je peux avoir en tête à tête en l'occurrence avec lui quand il était Premier ministre. Je dis simplement que c'est très exagéré et il le sait ce qu'il écrit.
Vous proposez au Medef de revoir le financement de notre modèle social pour qu'il cesse de peser estimez-vous autant sur le travail. Vous voulez notamment moins 60 milliards 60 milliards de cotisations patronales à la fois maladie et famille une baisse de 10 milliards de cotisations salariales et de cotisations vieillesse et vous financez tout cela par une hausse de la TVA notamment aujourd'hui le taux normal est de 20% à combien voulez-vous le porter ?
Le taux normal j'insiste là-dessus et je voudrais préciser une chose les ménages modestes qui pourraient craindre une augmentation du taux de TVA quand on regarde la structure de leurs dépenses c'est principalement le logement il n'y a pas de TVA sur le logement donc une augmentation du taux de TVA serait totalement neutre.
Ça c'est ce que vous dites mais ce n'est pas ce que disent notamment la patronne de la CGT qui dit
que c'est antisocial. Le deuxième poste de consommation et c'est normal c'est l'alimentation. L'alimentation est essentiellement à taux réduit de TVA donc ne serait pas impactée non plus. Donc à la limite s'il devait y avoir un impact sur le pouvoir d'achat c'est sur les classes moyennes et supérieures.
On a fait chiffrer de manière très robuste que en définitive ça générerait des augmentations de salaire par définition pour les salariés que ça générerait de la croissance que ça générerait 260 000 emplois on a un petit peu besoin de créer des emplois que ça apporterait de la compétitivité aux entreprises françaises et j'insiste sur ce point que ça serait vertueux pour l'Etat puisque de nous-mêmes on a proposé de baisser de 30 milliards d'euros rien de moins les fameuses aides aux entreprises qui en réalité sont des compensations tout ça est très vertueux Un taux de TVA
à combien Patrick Martin ?
Et je finis sur un point ici et là ça n'est pas votre cas évidemment on me dit TVA sociale c'est antisocial il faudra marcher sur le corps pas de chance il y a déjà 50 milliards d'euros de la protection sociale qui sont financés par la TVA outre les 130 milliards qui sont financés par la CSG donc poser le débat en termes de principe c'est mentir D'accord mais vous n'avez pas répondu combien ? Combien ? Combien la TVA ? A combien ? Il faudrait l'augmenter de l'ordre de 2 points
plus de 2 points
ce qui nous ramènerait d'ailleurs dans la moyenne européenne
et on taxerait
les importations enfin tout ça est très vertueux
La patronne de la CGT dit que c'est antisocial parce que ça va faire payer la quasi-totalité des travailleurs notamment ceux qui ne sont pas imposables parce qu'ils n'ont pas assez de revenus c'est vrai que la TVA ça peut frapper tout le monde
Non mais je viens de vous démontrer que les ménages dont Mme Binet s'occupe ne seraient pas impactés et puis que voulez-vous 260 000 personnes qui accèderaient à l'emploi je pense que Mme Binet pour qui j'ai du respect malgré tout devrait s'y intéresser aussi nous on veut que le pays réussisse on est devant une impasse on est devant un mur moi je veux bien faire de l'acharnement thérapeutique en disant on ne touche à rien brandir des étendards des dogmes des postures etc nous on est pragmatique on veut que le pays réussisse que les salariés aient un salaire net qui augmente
Et Gabriel Attal aussi il propose cela et vous vous dites s'il faudrait pour agir sur la TVA
Il est l'heure de la question qui ce matin la question qui tronçonne vous avez selon Mediapart invité le président argentin je vous vois hausser les yeux au ciel le président argentin à votre grande université d'été on le sait à la fin de l'été Javier Mileï c'est ce président arrivé au pouvoir avec une tronçonneuse comme symbole politique qui a engagé une grande cure d'austérité en Argentine ses soutiens mettent en avant le retour à l'équilibre budgétaire et la chute de l'inflation ses nombreux détracteurs dénoncent une explosion de la pauvreté et une casse sociale sans précédent finalement il vous a répondu non il ne viendra pas pourquoi l'avoir invité ?
Est-ce que M. Mileï a été démocratiquement élu oui est-ce que par ailleurs vous ne le soulignez pas je n'ai pas invité la présidente socialiste du Mexique je l'ai invitée est-ce que dans le passé nous avons invité des présidents le cas échéant élu pas toujours illibéraux illibéraux je pense à M. Orban je pense à M. Maduro vous voyez le petit clin d'oeil non est-ce que M. Mileï est illibéral est-ce qu'il met en prison ses opposants est-ce qu'il met la main sur les médias non
on a vu le clin d'oeil à Jean-Luc Mélenchon vous voulez dire que ce président libertarien qui est une icône pour la droite dure ce n'est pas un modèle pour le MEDEF
je ne sais pas si M. Maduro est un modèle pour le MEDEF non on ne vous parle pas de M. Maduro non mais voilà si je veux rentrer dans la polémique j'y vais plein pot je termine en disant que sauf erreur de ma part l'information vient d'être publiée M. Millet il va venir en France à l'automne pour recevoir un prix c'est un économiste pour recevoir un prix au même moment où M. Aguillon notre prix Nobel d'économie recevra le même prix donc voilà tout ça ce sont des tempêtes dans des verres d'eau ce sont des écrans de fumée pour qu'on ne s'occupe pas pardon des vrais problèmes comment redressons la France pour commencer ces finances publiques ça ça m'intéresse
merci beaucoup Patrick Martin
Patrice Martin