"Les premiers qui souffrent de la hausse des prix sont ceux qu'on accompagne" - Michel Pinçon de la Banque Alimentaire
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Chapitres
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Questions et réponses
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Est-ce que vous avez déjà observé, vous à la Banque Alimentaire, un afflux moindre de fruits et légumes ?
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Parce que c'est vrai que vous dépendez de ce qu'on vous donne et notamment de la part des grandes surfaces, c'est ça ?
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Et alors là, avec la sécheresse, les magasins ont moins de fruits et légumes et ils sont plus chers, ça les incite à ne pas vous en donner ? Comment ça se passe ?
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Est-ce que là, on a dit qu'il y a de moins en moins de dotations pour les fruits et légumes notamment, est-ce que vous craignez qu'il n'y en ait tout simplement plus à terme ?
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Et alors par exemple, si j'ai un jardin qui a bien donné, est-ce que moi je peux donner des fruits et légumes à la Banque Alimentaire ?
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Est-ce qu'il y a des alternatives aussi qui sont mises en place, je pense avec les associations partenaires de la Banque Alimentaire par exemple ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Effectivement, depuis déjà plusieurs années, et ça s'accentue, on a une diminution de nos entrées de produits frais, en particulier les fruits et légumes bien entendu »
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« Le premier qui souffre de cette hausse des prix, c'est les personnes qu'on accompagne. »
- 1:32InvitéFait
« Donc nous avons besoin effectivement de plus en plus de denrées. »
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« nous mettons en place des stratégies de contournement, notamment une plateforme que nous appelons Proxidon. »
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« Alors, pour ce qui est des subventions des communes, ça ne bouge pas. Au contraire, ça s'améliore. »
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« Par contre, il faut reconnaître que l'année dernière, les subventions départementales ont baissé et les subventions d'État également. »
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« Pour compenser les diminutions d'argent public, il faut que nous trouvions de l'argent privé. »
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« pour compenser les baisses de dons, il faut que nous ayons des fonds pour pouvoir acheter en compensation. »
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« De préférence, évidemment, des produits de qualité. »
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Conséquence de la sécheresse et du manque d'eau, le prix des fruits et légumes frais flambe dans les rayons car la quantité a chuté. Vous l'avez sûrement constaté en faisant vos courses, des produits plus chers, des produits plus rares. Cela se fait sentir pour les consommateurs mais aussi pour la banque alimentaire. Et pour en parler, Alexis, on reçoit ce matin Michel Pinson, le président de la Banque Alimentaire de la Vienne. Bonjour Michel Pinson. Bonjour. Est-ce que vous avez déjà observé, vous à la Banque Alimentaire, un afflux moindre de fruits et légumes ?
Effectivement, depuis déjà plusieurs années, et ça s'accentue, on a une diminution de nos entrées de produits frais, en particulier les fruits et légumes bien entendu, à la fois sur la ramasse mais aussi sur les achats éventuels que nous pouvions faire, soit au niveau national, soit au niveau local.
Parce que c'est vrai que vous dépendez de ce qu'on vous donne et notamment de la part des grandes surfaces, c'est ça ?
Absolument, on dépend de ce qu'on nous donne, on ne distribue que ce qu'on nous donne.
Et alors là, avec la sécheresse, les magasins ont moins de fruits et légumes et ils sont plus chers, ça les incite à ne pas vous en donner ? Comment ça se passe ?
Il faut bien se rendre compte que le premier qui souffre de cette hausse des prix, c'est les personnes qu'on accompagne. Les personnes qui sont accompagnées par le réseau des banques alimentaires et leurs partenaires, ce sont eux qui souffrent le plus de l'augmentation des prix puisque de toute façon, nous ne pouvons pas tout leur donner, donc ils sont obligés de compléter et ce complément est de plus en plus difficile pour eux. Donc nous avons besoin effectivement de plus en plus de denrées.
Et alors justement, est-ce que là, on a dit qu'il y a de moins en moins de dotations pour les fruits et légumes notamment, est-ce que vous craignez qu'il n'y en ait tout simplement plus à terme ?
Plus, non. Non, parce que nous, petit à petit, si vous voulez, nous mettons en place des stratégies de contournement, notamment une plateforme que nous appelons Proxidon. Et Proxidon permet effectivement de rapprocher le donateur de l'association ou de l'organisation qui va distribuer aux bénéficiaires sans que cela passe forcément par le dépôt à Poitiers. Il s'agit ici, si vous voulez, de raccourcir les délais puisque effectivement, l'une des sources de défaut des produits, c'est aussi qu'on les perd parce qu'il faut les transporter, il faut les garder, etc.
Et alors par exemple, si j'ai un jardin qui a bien donné, est-ce que moi je peux donner des fruits et légumes à la Banque Alimentaire ?
Absolument, vous pouvez donner les fruits et légumes, il suffit de passer un petit coup de fil ou de vous inscrire sur Proxidon.
Est-ce qu'il y a des alternatives aussi qui sont mises en place, je pense avec les associations partenaires de la Banque Alimentaire par exemple ?
Oui, toutes les associations. On a 110 lieux de distribution dans la Vienne, tout compris entre les CCAS, les différentes communes qui s'en occupent, les épiceries sociales et puis toutes les organisations caritatives qui s'occupent effectivement de distribuer la nourriture. Nous essayons de faire en sorte, si vous voulez, que l'ensemble de ce réseau soit le plus près possible des donateurs, de façon à éviter les transports ou tout au moins à les limiter au maximum. Nous incitons, si vous finalement, à avoir des conventions tripartites, si vous voulez, Banque Alimentaire, distributeurs et associations de distribution, de façon à ce qu'il y ait des dons, même petits, mais en local.
Et est-ce que c'est quelque chose qui est imaginable par exemple d'avoir des partenariats avec, je ne sais pas, des AMAP ou des potagers locaux ? Ça existe aussi ?
Ça existe, ça existe. Évidemment, on est toujours sur le don, a priori. Quelques fois, on peut acheter. Je vous dis 8% qu'on peut acheter. Et c'est excellent d'avoir effectivement des accords en local avec des organisations qui sont déjà dans l'aide.
On a parlé du don, on a évoqué rapidement les subventions. Elles en sont où ces subventions publiques ? Est-ce qu'elles sont stables ? Est-ce qu'elles diminuent ?
Alors, pour ce qui est des subventions des communes, ça ne bouge pas. Au contraire, ça s'améliore. Je pense que les maires sont très sensibles à leurs concitoyens et que la participation à l'aide alimentaire n'aurait naturel. Par contre, il faut reconnaître que l'année dernière, les subventions départementales ont baissé et les subventions d'État également.
Est-ce que tout ce dont on a parlé, ça suffit pour faire les distributions de la banque alimentaire ? Est-ce qu'il y a d'autres perspectives ?
Bien sûr que non. Il faut absolument que notre modèle évolue. Pour compenser les diminutions d'argent public, il faut que nous trouvions de l'argent privé. Et par ailleurs, pour compenser les baisses de dons, il faut que nous ayons des fonds pour pouvoir acheter en compensation. De préférence, évidemment, des produits de qualité.
La saison va commencer. Bientôt septembre arrive. Il y aura la grande collecte aussi. Elle arrive quand, celle-là ?
La collecte nationale, auquel la Banque Alimentaire de la Vienne participe, avec 700 bénévoles, que nous sommes dans la recherche, aura lieu au mois de novembre, comme tous les ans, mais le week-end entre la Toussaint et le 11 novembre, c'est-à-dire 5, 6 et 7 novembre.
Et donc, on sera tous là pour se mobiliser pour la Banque Alimentaire. Merci beaucoup, Michel Pinson. Je le rappelle, vous êtes le président de la Banque Alimentaire dans la Vienne. Merci beaucoup.