Emmanuel Macron est-il vraiment sadique ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 90 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:05OuverteRéponse partielle
Que lui a-t-il rétorqué ?
- 3:20RelanceÉludée
Mais enfin, Manu, elle n'a pas dit tout ce que tu prétends.
- 3:35OuverteRéponse directe
Comment les journalistes ont réussi à savoir ce qui s'est dit au Conseil des ministres ?
- 5:37OuverteRéponse directe
Que disait-il à propos de la locataire de Matignon ?
- 8:22OuverteRéponse directe
Si vous deviez choisir un mot pour résumer la relation Macron-Philippe, que diriez-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:42InvitéFait
« Héritier de Pétain ? Oui, également héritier de Pétain. »
- 3:57InvitéFait
« Emmanuel Macron a recadré sa Première ministre. »
- 4:25InvitéFait
« Je veux ici lui redire toute ma confiance. »
- 5:41PrésentateurFait
« Elle a ma confiance pour conduire cette équipe gouvernementale. »
- 7:35InvitéFait
« Fillon, c'est Mister Nobody. »
- 8:27InvitéFait
« Il y a une véritable détestation aujourd'hui entre eux. »
- 8:31InvitéFait
« Elle a commencé à la fin de Matignon où Emmanuel Macron a très mal vécu la lumière. »
Temps de parole
- Présentateur84 %
- Invité3 %
- Invité 23 %
- Invité 33 %
- Invité 43 %
- Invité 52 %
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Pour ne rater aucune de nos vidéos, n'oubliez pas de vous abonner et d'activer la cloche. Bon, il commence à faire beau, alors je sais que vous vous en foutez, mais au Média, on a déménagé le studio du premier étage qui est devenu une serre pour emménager au sous-sol, et on est bien. Quand il fait beau, je veux voir le bon côté des choses, mais voilà, j'y arrive pas. Et pourtant, je fais des efforts. Je me dis, en m'inspirant de mon pote Jemil, Ok, Tina Turner est morte, mais il nous reste à Fida. Oui, mais non, vous voyez bien que c'est pas la même chose.
Quand je regarde la une de Libé qui m'explique qu'on a toujours de beaux arbres en France, mais qu'ils ne sont pas foutus de capturer autant de CO2 que leurs ancêtres, et que tout ça aggrave le dérèglement climatique, bah j'ai envie de me dire, si ça se trouve, le sud de la France deviendra une zone tropicale, et on pourra bouffer des mangues bien de chez nous sans exploser notre bilan carbone. Mais je vois d'ici là mon collègue Rémi Kenzo, le spécialiste de l'écologie, qui m'explique, bah de toute façon, on va tous mourir, qu'est-ce que tu racontes ? Les morts, ça ne mange pas de mangue. Oui, c'est factuellement vrai. Le journalisme des bonnes nouvelles, c'est pas le métier le plus facile.
Quoique, j'en tiens deux. 1. Emmanuel Macron et Elisabeth Borne s'embrouillent. 2. Avec tous les tripatouillages constitutionnels qu'on vit en ce moment, les Français connaîtront bientôt mieux leur loi fondamentale que Fabien Roussel, les techniques de cuisson au barbecue. Vous êtes sur le média et vous regardez l'actu démasquée. Je le disais en cachant à peine ma joie. Manu et Babette s'embrouillent. Enfin, pour être plus précis, le président de la République cherche des noises à sa première ministre, selon un procédé qui semble déjà bien rôdé. Épisode 1. Babette fait un truc ou dit un truc. Épisode 2.
Manu fait fuiter en off dans des médias des petites phrases désagréables qui laissent entendre qu'elle dit n'importe quoi ou qu'elle est nulle. Épisode 3. Babette réagit sans réagir. Elle ne peut pas aller trop loin si elle veut garder son poste. Épisode 4. Manu prend la parole en on et dit à quel point il a confiance en Babette. Cette fois-ci, tout a commencé par une interview d'Elisabeth Borne sur Radio-J.
Vous savez, moi, je ne crois pas du tout à la normalisation du Rassemblement national. Je pense qu'il ne faut pas banaliser ses idées. Ses idées sont toujours les mêmes. Alors, maintenant, le Rassemblement national y met les formes. Mais je continue à penser que c'est une idéologie dangereuse. Héritier de Pétain ? Oui, également héritier de Pétain.
Bon, franchement, ses propos cassent pas trois pattes un canard. C'est la base, quoi. Hashtag livre d'histoire. Mais voilà, il faut croire que Manu n'aime pas quand on dit du mal de Marine, sa meilleure ennemie. Et du coup, il a profité de la tribune du Conseil des ministres pour dire tout le mal qu'il pensait de la prise de position de sa chef de gouvernement. Que lui a-t-il rétorqué ?
Le combat contre l'extrême droite ne passe plus par des arguments moraux. On n'arrivera pas à faire croire à des millions de Français qui ont voté pour elle que ce sont des fascistes.
C'est le moment cringe de l'année où je suis obligé de défendre Elisabeth Borne. Mais enfin, Manu, elle n'a pas dit tout ce que tu prétends. Elle a évoqué l'histoire et le fond idéologique du RN, pas l'identité politique de ses électeurs. Mais enfin bref, les plus bisounours d'entre nous se posent une question. Mais comment les journalistes ont réussi à savoir ce qui s'est dit au Conseil des ministres qui se déroule à huis clos et sans caméra, contrairement au débat parlementaire ? Ben les fuites, ça ne concerne pas que les plombiers, quoi.
Et quand les porte-paroles de l'ombre du président appellent les médias pour bicher sur la Première ministre, ils leur livrent aussi des éléments de langage clé en main, et ça donne ça.
Emmanuel Macron a recadré sa Première ministre.
Et le recadrage du président de la République ?
Le chef de l'État a recadré sa Première ministre. Emmanuel Macron recadre. Le président de la République recadre sa Première ministre, c'est ce qu'on appelle un recadrage.
L'humiliation, quoi. En plus, il faut ajouter à ça les ministres ambitieux qui s'y voient déjà et qui ricadent au fond de la classe, pardon, de la salle du Conseil des ministres. Bref, quand il estime qu'il a assez rabaissé, qu'est-ce que Macron fait ? Il sauve sa Première ministre.
C'est ce que j'ai pu entendre sur Madame la Première ministre. Je veux ici lui redire toute ma confiance. Et vous savez, j'ai un mode de fonctionnement simple. Quand j'ai des choses à dire, mes premiers ministres depuis six ans, je le dis dans un colloque singulier dont rien ne sort.
Et nous réglons les choses ensemble. Un colloque singulier dont rien ne sort. Non mais la grosse blague. Et ce n'est pas la première fois que l'arme des fuites et du chaud-froid-chaud est utilisée de cette manière par l'Elysée. En pleine explosion de colère suite à sa réforme des retraites et au 49-3, le président se lâchait déjà dans une conversation à huis clos avec sa garde rapprochée. Une conversation évoquée dans le point du 23 mars et qui a donc fuité quelques jours avant.
Ouais, genre, quand c'est bien, c'est grâce à ton génie.
Et quand ça foire, c'est de la faute des autres qui sont trop cons. Bref. Pendant que ce numéro de l'hebdomadaire dans lequel il avait fait balancer son scud était dans le processus d'impression ou de distribution, Emmanuel Macron donnait une interview à TF1 et à France 2. Et que disait-il à propos de la locataire de Matignon ? Elle a ma confiance pour conduire cette équipe gouvernementale. Ok, on avait dit, c'est pas bien de psychiatriser le comportement des politiques. Mais quand même, il serait pas carrément sadique, le Manu ? C'est vrai quoi ? On a envie de lui dire, c'est toi le président. Si elle ne te convient pas, tu la vire et tu la remplaces.
Nous non plus, on n'est pas trop fan d'elle, pas de toi non plus, pour te dire toute la vérité. Mais pourquoi tu es la maltraite ? En fait, c'est peut-être un peu plus compliqué que ça. Cela a quelque chose à voir avec la psychologie particulière de nos hommes et femmes politiques, mais aussi et surtout avec les institutions de la Vème République.
Les fameuses institutions de la Vème République qui font du chef de l'État une espèce de monarque élu qui incarne en quelque sorte l'unité nationale, sans se jeter à corps perdu dans l'arène de la politique quotidienne qui est plutôt du domaine de son Premier ministre, son fusible, qui va aller au charbon et qui peut sauter quand la pression politique est trop forte.
Avant l'alignement des mandats présidentiels et législatifs, suite à la réforme constitutionnelle de 2000 faisant passer la durée du bail présidentiel de 7 à 5 ans, entre deux scrutins présidentiels, il y avait des élections législatives permettant aux citoyens de sanctionner l'exécutif, ce qui pouvait ouvrir la voie à une cohabitation. En plus de protéger la démocratie contre le jument-foutisme actuel d'un Macron qui sait qu'il est de toute façon peinard jusqu'en 2027, ce désalignement créait des sources de légitimité différentes pour le président et pour le Premier ministre.
Mais ce que produit la nouvelle donne, c'est une énorme potentialité de concurrence et de conflit entre les deux têtes de l'exécutif, y compris quand elles sont du même camp. On avait déjà vu ça, ce jeu d'humiliation et de sadisme entre Nicolas Sarkozy et François Fillon. De leur relation franchement détestable, les journalistes Gérard Davé et Fabrice Lhomme avaient alors tiré un livre au titre explicite « La haine ».
Fillon, c'est Mister Nobody. François vit mal d'être Premier ministre alors qu'il devrait être le plus heureux des hommes. Mais qu'il le vive bien ou mal n'a aucune importance. On s'en fout, tout le monde s'en fout. Il ne prend pas la lumière.
Ah, la folle ambiance. Folle ambiance aussi entre Emmanuel Macron et son ancien Premier ministre Édouard Philippe. Si l'on en croit Ludovic Vigogne, journaliste à l'opinion et auteur du livre « Les 100 jours » qui entend raconter les secrets d'une période de passage à vide du chef de l'État.
Emmanuel Macron et Édouard Philippe, là c'est une autre affaire. Et si vous deviez choisir ce matin un mot pour résumer ce qui caractérise leur relation, que diriez-vous ? Il y a une véritable détestation aujourd'hui entre eux. Oui, mais pourquoi ? Elle a commencé à la fin de Matignon où Emmanuel Macron a très mal vécu la lumière car à un moment donné concentré, lors de la première crise sanitaire, Édouard Philippe, il ne le supportait plus, tout simplement.
Oh, c'est pas bien la jalousie. Je disais qu'il fait beau et que je veux voir le bon côté des choses. Le bon côté du versant parlementaire de la bataille des retraites, c'est que les Français vont finir par connaître leur constitution par cœur. Non pas dans sa rédaction hyper pompeuse, mais dans la réalité de sa signification. Je ne sais pas si des éditeurs m'écoutent, mais j'imagine un livre dont le titre serait « La constitution de la Ve République en français facile ». Chaque disposition particulière correspondrait à un court chapitre dans le style. Article 49.3 Bon, je suis le président, je suis le chef et j'en ai rien à foutre de votre vote.
Vous, les députés, je vous impose mon projet de loi en passant par mon Premier ministre. Alors, si vous voulez, essayez de le renverser en faisant une motion de censure. Si vous réussissez, eh ben, je vous dissous. Et vous n'allez peut-être pas être réélu. Que chacun pense à sa circo 1, toi qui étais réélu à 50,01%, ben, t'es pas pareil que ton pote qui a eu 70% et qui gueule dans l'hémicycle. Fais pas le con. Article 47.1 Alors, c'est logique. Dans parlementaire, il y a parlé et vous parlez trop. Du coup, j'ai mon petit sifflet et je vous dis, c'est bien beau tout ça, les députés. Mais si vous prenez vos aises sur un projet de loi, je vous arrache le dossier et je le refourgue au sénateur.
Ok, ils ont une légitimité douteuse, mais ils sont très souvent de droite. C'est pratique. Et s'ils font comme vous et que ça pénale trop, y compris dans une commission mixte paritaire et qu'on va au-delà de 50 jours, j'ai le droit de passer par une ordonnance et c'est emballé.
Article 40, vu par Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale.
Alors, c'est vrai que vous, les députés, vous pouvez faire des propositions de loi, mais attention, si elles aggravent les charges publiques, c'est irrecevable. Sauf si ça ne dérange pas l'exécutif, donc du coup, nous, c'est plein mobile. Dans ce cas, mais uniquement dans ce cas, il y a toujours moyen de moyenner. Je peux aussi juger un texte recevable les jours pairs et le juger irrecevable les jours impairs. Tout dépend des coups de fil que je reçois de Manu. Voilà, voilà, que ceux qui ne sont pas contents, qui n'admettent pas que ce qui est légal est forcément démocratique, eh bien, qui lèvent le doigt. Ils seront conduits, sans violence, en dehors de l'arc républicain.
J'avais décidé de regarder le bon côté des choses folles qui arrivent dans notre vie politique. On va dire que je n'y suis pas vraiment parvenu. Mais en commentaire, donnez-moi vos idées si vous en avez. Si vous le pouvez, faites-nous un don pour nous permettre de survivre durant l'été. Nous en avons absolument besoin et restez connectés aux médias. Sous-titrage ST' 501