Réforme des retraites, JO de Paris 2024... Le "8h30 franceinfo" d'Anne Hidalgo
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Bonjour Anne Hidalgo. Bonjour à vous. Nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites aujourd'hui, c'est la troisième, alors qu'en parallèle le débat commence à peine au Parlement. Où se joue pour vous la bataille des retraites ? Dans l'hémicycle ou dans la rue ?
Les deux. Elle se joue avec les Français et les Françaises qui ne veulent pas de ce qui n'est pas une réforme, c'est une régression inouïe. Je crois que toutes les Françaises et les Français ont compris qu'on était en train de porter atteinte à un pan essentiel de notre pacte de solidarité entre les générations et qu'il fallait se lever, que le Président de la République explique qu'il a la légitimité par le scrutin pour le faire. Beaucoup de Françaises et de Français ont voté pour lui au deuxième tour pour éviter l'extrême droite dans notre pays, mais pas pour la réforme des retraites.
Et par ailleurs une réforme tellement injuste, tellement injuste, ceux qui vont payer le prix fort, ce sont ceux qui travaillent, les premières lignes, ceux qui ont eu des carrières à chez les femmes évidemment, ou encore, parce que pour eux c'est triple peine, les seniors. Si vous êtes aujourd'hui licencié à 58 ans, vous êtes à peu près sûr de ne pas retrouver du travail, vous vous prenez une première lame. Je termine là-dessus, pardon, parce que c'est quand même très important de voir la vie réelle des Français. Une première lame qui est le plafonnement des indemnités de licenciement, donc si vous voulez aller au prud'homme, vous n'aurez quasiment rien.
Vous vous prenez la réforme, entre guillemets réforme, sur l'assurance chômage, qui ne vous mènera pas jusqu'à l'âge de la retraite, et vous finirez au RSA. Et vous passerez de 61 à 63 ans et 3 mois au RSA.
Il n'y a rien qui va pour vous dans cette réforme, y compris les 1200 euros de pension minimum que vous réclamiez, que vous proposiez quand vous étiez candidate.
Oui, mais pas comme ça, et d'ailleurs je crois que tous les Français ont compris que les 1200 euros étaient absolument un leur, parce que c'était pour des carrières complètes et que très très peu de Français, in fine, pourraient en bénéficier. Donc il y a beaucoup de mensonges, une absence totale de dialogue social quand même. On est un grand pays qui avait une tradition de dialogue social avec les syndicats. Ça a dialogué pendant des mois, et puis Emmanuel Macron dit même depuis le premier quinquennat. Pas du tout. Le dialogue social, c'est quelque chose, vous savez, qui est très codifié.
C'est les syndicats, le patronat, le gouvernement qui peut s'inviter aussi, évidemment, dans la discussion. Ce sont des négociations, c'est du temps de négociation, c'est de l'explication. De l'explication, à partir notamment du rapport du corps qui dit très bien que le sujet n'est pas un sujet de financement. Aujourd'hui, que non, il n'y a pas une faillite du régime de retraite. Et Aguillon, Philippe Aguillon, un économiste qui ne passe pas pour être le plus gauchiste des économistes français, le disait récemment, il y a 100 milliards d'euros de niches. Il suffirait quand même pour les entreprises, d'aide aux entreprises sans contrepartie.
Franchement, si on n'arrive pas à trouver 10 milliards d'euros sur ces 100 milliards...
La solution, c'est l'impôt.
C'est l'impôt. Aujourd'hui, vous savez que nos impôts financent quoi ? Financent des aides aux entreprises sans aucune contrepartie, ni en matière écologique, ni en matière sociale. Celui qui a lancé ce mouvement, Anne Hidalgo, s'appelait François Hollande. Oui, peut-être. Je ne suis pas d'accord avec cela. Vous voyez, parce que je n'étais pas d'accord avec le CICE sans contrepartie. Je n'étais pas d'accord avec cette politique-là et je continue à ne pas être d'accord. Et celui qui a amplifié ça, et qui était d'ailleurs à l'origine de cette orientation, s'appelle Emmanuel Macron.
Et on va nous expliquer qu'à gauche, nous sommes pour l'impôt parce que ça serait la seule solution que nous aurions, alors que tout ça est en train de partir, mais vraiment enfumer les moyens, les ressources du pays qu'on pourrait mettre et qu'on doit mettre sur la transition écologique et sur l'accompagnement de la solidarité, ça part dans des aides aux entreprises dans des niches fiscales sans aucune contrepartie, y compris des entreprises qui licencient des seniors qui vont se retrouver au RSA parce que la réforme des retraites ne sera pas là pour eux.
Cette réforme, justement, elle est examinée depuis hier à l'Assemblée nationale dans l'hémicycle. Quel regard vous portez sur ce qui s'est passé dans l'hémicycle hier ? Des invectives, les députés de la NUPES qui ont empêché le ministre du Travail de faire son discours en tapant sur les pupitres, en lançant des invectives, je viens de le dire. Quelles images ça donne de la gauche, ça ?
Ça donne d'abord une image d'un Parlement qui n'arrive pas à trouver un espace mais surtout d'une réforme, appelons ça plutôt une régression sociale qui est portée par un gouvernement qui n'a pas pris le soin de travailler en amont. Quand on en arrive là au niveau du Parlement, ça veut dire que le travail n'a pas été fait en amont. Ça veut dire aussi que le Parlement, il est le réceptacle aussi des colères, des indignations, des inquiétudes, de l'anxiété du pays.
Le débat parlementaire commence tout juste, la NUPES dépose 18 000 amendements pour 10 jours d'examen.
Je ne suis pas là pour faire le procès du débat parlementaire, je ne suis pas parlementaire.
Non mais sur l'attitude qu'il faut avoir pour faire avancer le texte.
Eh bien pour faire avancer, mais quel texte ? Vous voulez faire avancer quoi ? Il faut qu'il retire cette réforme, on ne va pas faire avancer un texte de régression qui met à mal un pan essentiel de notre solidarité nationale. Et les gens sont dans la rue, les Françaises et les Français sont dans la rue. Regardez la mobilisation dans les villes moyennes, regardez la mobilisation immense qu'il y a partout. Et vous voulez qu'on détourne le sujet sur le jeu assez classique qui se produit au sein de l'Assemblée ? Je ne détournerai pas le sujet là-dessus.
Le sujet aujourd'hui, c'est la situation des Françaises et des Français au regard de cette solidarité, ce pacte social hérité de l'après-guerre. Pourquoi on a fait ça après la guerre ? J'en reviens au fond de la réforme, Anne Hidalgo.
Est-ce qu'Emmanuel Macron a raison d'accélérer le calendrier de la réforme Touraine mis en place par la gauche et le passage progressif aux 43 années de cotisation ? Est-ce que ça, c'est un volet acceptable de la réforme pour vous ?
Moi je suis pour que l'on ne touche pas à la question de l'âge de départ. Je suis pour les 62 ans. Sur la durée de cotisation. Evidemment. Et je suis évidemment pour qu'on rétablisse les critères de pénibilité, qu'on tienne compte des carrières longues, des métiers pénibles, autant de choses qui ont été supprimées par qui ? Emmanuel Macron. Sur la durée de cotisation. Et sur la durée de cotisation, je ne suis pas pour qu'on touche évidemment à ce sujet-là. Je suis pour qu'on rétablisse un droit à la retraite qui permette aux gens de pouvoir partir, d'ailleurs en fonction de la pénibilité de leur travail, y compris avant 60 ans pour des gens qui ont des métiers pénibles.
Mais ça veut dire que vous n'êtes pas du tout sur la ligne de la NUPES
qui propose la retraite à 60 ans avec 40 annuités ? Je ne suis pas sur les 60 ans, ça c'est clair. Mais je suis contre cette réforme que le gouvernement, cette régression sociale que le gouvernement porte. Donc le sujet, ce n'est pas le spectacle qui parfois a l'air et est pitoyable à l'Assemblée nationale. Je ne suis pas dans les vociférations. Je préside une assemblée à Paris. Franchement, je pense qu'il vaut mieux s'exprimer poliment. Parfois, ça vaut bien l'Assemblée. Ça vaut bien l'Assemblée. Et quand je préside et que je vois ces jeux, voilà, c'est quand même toujours très irritant. Mais ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est le contenu de ce qui est proposé aux Français.
Une régression sans précédent sur laquelle, pourquoi les gens sont dans la rue, pourquoi il y a une unité syndicale pour la première fois depuis très très longtemps. Parce que les gens ont compris. Les gens ont compris ce qui les attendait. Ce qui les attend, c'est plus de précarité. Et les femmes, les femmes, on en parle quand même. Des carrières hachées, des situations dans lesquelles beaucoup de femmes aussi qui travaillent sur des métiers de première ligne. Attendez, vous avez entendu, parce que vous parlez de la NUPES à l'Assemblée nationale.
Vous avez entendu en commission cette députée Renaissance qui explique aux assistantes maternelles qui disent que c'est quand même un travail difficile. Elle est revenue sur ses propos. Elle a pu revenir sur ses propos, mais très spontanément. Elle a dit qu'il fallait qu'elle fasse du sport pour tenir plus longtemps. Non mais enfin, c'est sérieux ça ? C'est des députés qui connaissent la vie des Français, qui parlent comme ça des Français ?
Anne Hidalgo, maire socialiste de Paris, invitée de France Info, 8h41. Un passage par le Fil Info avec Marie Maeu.
Près de 5 000 morts et 20 000 blessés. Dernier bilan des deux violents séismes qui ont touché la Turquie et la Syrie hier. Des milliers de bâtiments se sont effondrés. La Fondation de France lance un appel aux dons pour répondre à l'urgence. Deux faux messages laissés sur le répondeur de plusieurs députés Rassemblements nationals. Hier, en plein débat autour de la réforme des retraites, des alertes mensongères concernant leurs proches qui seraient hospitalisés. Marine Le Pen, présidente du groupe, compte porter plainte. En déplacement en Corse, Gérald Darmanin hausse le ton face aux élus nationalistes.
Le ministre de l'Intérieur dit vouloir ouvrir une nouvelle page mais assure que sans volonté de leur part, rien ne pourra avancer. France Info
Le 8.30 France Info, Salia Brachia, Marc Fauvel.
Toujours avec la maire de Paris, Anne Hidalgo. Plus de 4 millions de personnes ne sont pas ou très mal logées dans notre pays. C'est ce qu'on apprend dans le dernier rapport de la Fondation Abbé Pierre, paru la semaine dernière. Et face à cela, vous, vous avez décidé d'interpeller Emmanuel Macron dans une tribune avec une vingtaine de maires de gauche. Que lui demandez-vous en urgence ?
En urgence, une loi de programmation et de planification sur l'hébergement social des personnes qui sont à la rue. Vous savez, nous avons terminé, fait une nuit de la solidarité. Une nuit où nous, avec des bénévoles, plus de 2000 bénévoles parisiens qui viennent rencontrer les personnes à la rue, comptez dénombrer le nombre de personnes. C'est en augmentation cette année. Plus de 3000 personnes ont été dénombrées, par exemple, rien que dans Paris. Avec plus d'enfants ? Alors, un phénomène que nous voyons et qui est extrêmement inquiétant, c'est des familles avec des enfants.
Tous les jours, au SAMU Social de Paris, ce sont entre 160 et 300 familles et enfants, souvent scolarisés, qui n'ont pas d'hébergement pour le soir et qui dorment dehors, qui dorment dans des halls d'immeubles, qui dorment grâce parfois à des hôpitaux qui ouvrent leurs services d'urgence et qui mettent des matelas. Et ces enfants, enfin, qui sont scolarisés, n'ont pas de domicile digne. Nous avons dû ouvrir beaucoup, beaucoup de gymnases en urgence. Ça n'est pas acceptable. Moi, je demande, avec les maires qui sont confrontés, ce n'est pas un problème parisien, c'est un problème national, dans toutes les grandes villes.
Donc, nous demandons, évidemment, qu'il y ait une loi de programmation et de planification de cet hébergement qui doit être prévue dans toutes les grandes villes. Et les maires sont d'ailleurs très favorables à cela. Et nous allons travailler avec les parlementaires. Rémi Ferrault, sénateur socialiste de Paris, portera avec d'autres parlementaires, notamment cette proposition de loi que nous allons élaborer avec les associations, les grandes associations. Je pense à Emmaüs, je pense à France Terre d'Asile, je pense à toutes ces... à Aurore et bien d'autres qui travaillent sur l'urgence sociale.
Anne Hidalgo, on est à un an et demi des Jeux de Paris, des délégations étrangères d'athlètes s'inquiètent de l'absence de clim au sein du village olympique. C'est un choix que vous avez fait, pas de clim dans le village olympique. Certaines délégations disent si c'est comme ça, on n'ira pas, on ira s'installer ailleurs en cas de canicule. Que leur dites-vous ?
D'abord, ils viendront et puis... Et ils auront chaud. Ils verront qu'ils seront très bien, que justement, on a choisi de faire des Jeux écolos. Vous savez que pour moi, faire ces Jeux, c'était ramener bien sûr le regard sur Paris, redonner de l'élan grâce à la puissance des Jeux olympiques et paralympiques, mais surtout accélérer la transformation écologique de la ville. Le village olympique n'est pas à Paris, il sera à Saint-Denis, sur l'île Saint-Denis. Et il est entièrement, mais vraiment fait avec des bâtiments en bois, avec une climatisation naturelle.
Mais les athlètes auront le droit de louer des climatiseurs mobiles pendant les Jeux.
Mais non, bien sûr que non. Donc pas de clim du tout dans le village olympique ? Mais il n'y en aura pas besoin parce que la climatisation naturelle, vous savez, ça fonctionne très très bien et c'est comme ça que ça a été conçu et tout le monde bénéficiera non seulement, je dirais, de ces conditions idéales, mais aussi de ces premiers jeux écolos que nous portons et sur lesquels nous serons très très fiers.
Et donc il n'y aura pas de clim mobile dans les champs des athlètes comme on a pu le lire
partout ces derniers jours ? Mais écoutez, on n'est pas là pour installer des climatisations. C'est important quand on est athlète
et qu'il y a une canicule.
Oui, mais c'est très important aussi de veiller à la planète. Vous savez, moi j'ai beaucoup de respect pour le confort des athlètes, mais je pense beaucoup plus à la survie de l'humanité.
Est-ce qu'il y aura
une délégation russe aux Jeux de Paris ? Alors, c'est au CIO de décider de cela. Quel est votre souhait ? Mon souhait, c'est qu'il n'y en ait pas. Évidemment, vous savez que tant qu'il y a cette guerre, cette agression russe sur l'Ukraine, ce n'est pas envisageable de défiler comme si de rien n'était, d'avoir une délégation qui vienne à Paris défiler alors que les bombes continueraient à pleuvoir sur l'Ukraine.
Même si c'est sous une bannière olympique ou une bannière neutre ?
En fait, ça n'existe pas. Ça n'existe pas vraiment. Parce que, vous savez, il y a parfois des athlètes qui sont des dissidents et ils défilent et ils concourent sous quelle bannière ? La bannière des réfugiés.
Ou la bannière olympique, ça avait été le cas pour la Russie suspendue pour dopage, par exemple.
Oui, c'était un sujet de dopage et c'était le choix qu'ils avaient fait. Je ne suis pas favorable à cette option-là. Vous ne dites pas de russes du tout. Je trouverais cela totalement indécent. S'il y a des russes dissidents qui veulent défiler sous une bannière de réfugiés, ils seront réfugiés, ils sont dissidents et ça veut dire qu'ils ne soutiennent pas Vladimir Poutine et notamment dans son agression.
Pour pouvoir venir à Paris, dire qu'ils ne soutiennent pas
le régime ? En tous les cas, on ne va pas faire défiler un pays qui est en train d'en agresser un autre et faire comme si ça n'existait pas. Donc, je ne suis pas favorable à ce qu'il y ait une délégation russe au JO de Paris. A fortiori, évidemment, si la guerre est encore ce que je ne souhaite pas. Mais voilà.
Mais si le CIO leur permet de venir à Paris et de concourir à ces Jeux ?
Eh bien, je ne serai pas d'accord avec cette position-là et je m'exprimerai avant. Il nous reste encore un peu de temps avant d'en décider.
Paris a perdu plus de 120 000 habitants depuis 10 ans à Nidalgo. Vous êtes maire de la capitale depuis un peu plus de 8 ans. Est-ce que c'est un peu de votre faute ?
Oh ben, forcément. Si j'en lis... Non mais enfin, c'est quoi la question ? C'est une vraie question. Oui, c'est une vraie question. Et je vais répondre avec... Voilà, non pas avec humour, mais sérieux. Avec sérieux. D'abord, Paris est une des villes les plus denses au monde. Elle fait partie des 6 villes les plus denses au monde.
Un peu moins depuis 10 ans.
20 500 habitants au kilomètre carré. Mais 120 000 de moins depuis 10 ans. Oui, 20 500 habitants au kilomètre carré et même des quartiers comme Belleville à 38 000 habitants au kilomètre carré. Donc, la dédensification de Paris est une nécessité. Pour qu'on puisse mieux vivre à Paris, il faut qu'on ait un peu plus d'espace. Donc, c'est une bonne nouvelle pour vous ? Alors, ce qui est une bonne nouvelle, c'est qu'il y a une dédensification et qu'en même temps, cette dédensification, on l'a construite avec le Grand Paris. Si on a fait le Grand Paris, si on s'est investi dans le Grand Paris, c'est aussi pour qu'il puisse y avoir du logement autour de Paris et pas simplement dans le centre.
Et puis, Paris et le désert français, ce n'est pas non plus ce à quoi je rêve. Ensuite, pourquoi il y a des gens qui ne restent pas à Paris ? Souvent parce que le logement est trop cher. Donc, objectif numéro 1, continuer à produire du logement. Ce que nous faisons d'ailleurs depuis 2001, que j'ai accéléré en 2014, nous sommes aujourd'hui à 25% de logements sociaux dans la capitale. Ça veut dire qu'il y a environ 700 000 personnes qui vivent aujourd'hui à Paris parce qu'elles sont dans un logement aidé.
Et je veux aller plus loin, c'est un objectif que nous nous sommes fixés avec mon équipe, 40% de logements publics permettant à des gens, classe moyenne, travailleurs, de pouvoir revenir et s'installer à Paris.
Il y a le logement à Nidalgo mais il y a aussi le bruit, les travaux, les bouchons. Oh, écoutez, soyez ici.
Non ? Enfin, écoutez... Ah, vous entendez,
c'est presque une bonne nouvelle qu'une capitale se vide.
Non, ce n'est pas une bonne nouvelle qu'une capitale se vide mais que Paris se dédensifie, c'est une bonne nouvelle. Qu'on puisse avoir plus de parcs, plus de jardins, plus d'air, moins de voitures, plus de nature, c'est une bonne nouvelle. Et ça, c'est plutôt quelque chose qui montre l'attractivité de Paris. D'ailleurs, Paris, si vous regardez...
Qui montre l'attractivité qui est moins de monde, là, c'est plus difficile de vous suivre. Alors, attractive, Paris est attractive mais pour d'autres personnes.
Et sur le plan économique. Donc, qu'est-ce qu'il nous faut faire pour maintenir des classes moyennes et des gens qui travaillent ? C'est mon objectif et c'est l'objectif de mon équipe. Il faut produire plus de logements sociaux et du logement pour les classes moyennes. Il faut, ce que nous faisons aussi, encadrer les loyers privés pour éviter que la spéculation et que l'augmentation des loyers privés ne fassent fuir des gens. Justement, sur les prix de l'immobilier,
Alidalgo, votre premier adjoint, Emmanuel Grégoire, s'est félicité récemment que Paris soit la ville la plus recherchée au monde pour les acheteurs fortunés qui veulent avoir un appartement. Vous dites comme lui, vive les milliardaires s'ils viennent à Paris.
Je dis que ça montre... On a besoin d'eux ? Bien sûr qu'on a besoin d'eux aussi. Ça montre l'attractivité de Paris mais sur le marché de l'immobilier, nous avons une politique très offensive. Nous nous sommes battus pour la mise en place de l'encadrement des loyers. Et ça fonctionne à Paris. D'ailleurs, j'ai récupéré la compétence de contrôle. Ça fait que beaucoup de propriétaires
mettent leurs biens
sur la location touristique. Non, puisqu'on l'encadre aussi. Vous voyez, la location touristique avec Airbnb, ça fait partie aussi des sujets sur lesquels nous encadrons. Donc, je ne dis pas que le sujet est simple. Je ne dis pas que le sujet est simple. Je dis que notre vision est très claire. Oui, permettre aux Parisiens et aux Parisiens de respirer. Plus de parcs, ça veut dire moins de voitures parce que c'est la voiture qui occupait jusqu'à présent l'espace essentiel. Et je n'ai pas vu beaucoup de Parisiens me dire je quitte Paris parce qu'il n'y a pas assez de voitures et pas assez de pollution. On peut quitter Paris
et y revenir en voiture pour y travailler aussi. Ça ne veut pas forcément dire moins de voitures.
Ou même en transport en commun ou même en vélo parce que vous savez, il y a une grande préoccupation et je sais que vous la portez en tant que France Info et journaliste très investi sur ce sujet. Ça semble ironique là. Non, pas du tout. Pas du tout. Heureusement qu'il y a un service public et que France Info est dans ce service public de l'info, c'est le changement climatique. Vous savez, ça existe. Ce n'est pas une vue de l'esprit et il faut y travailler. Et Paris est une ville exemplaire regardée dans le monde entier d'ailleurs pour ses transformations et nous allons poursuivre ses transformations.
8h52 avec la ponctualité du service public. Le fil Info Marina.
Combien sont-ils dans les rues aujourd'hui contre la réforme des retraites ? C'est la question que se posent les syndicats. Entre 1 et 2 millions de personnes ont défilé la semaine dernière. En attendant, il y a des perturbations dès ce matin dans les centrales EDF, chez Total Energy et dans les écoles. À la SNCF, comptez 1 TGV sur 2 en moyenne et 3 TER sur 10. Près de 5000 personnes tuées dans les séismes au sud de la Turquie et en Syrie. Le bilan humain s'alourdit alors que l'aide internationale commence à arriver.
Sur France Info, le professeur Raphaël Pity, spécialiste de la médecine d'urgence, appelle la Russie à rouvrir les corridors humanitaires qu'elle a fait fermer vers les zones rebelles syriennes. Les ventes de smartphones se portent mal. 1,2 milliard d'appareils écoulaient l'année dernière du jamais vu depuis 2013. Forte baisse notable en fin d'année pendant les fêtes. C'est inédit. France Info
Le 8.30 France Info Salia Brakia Marc Fauvel
Anne Hidalgo, l'élection du premier secrétaire du PS a tourné au psychodrame pendant plusieurs jours avec deux finalistes qui réclamaient la victoire. Finalement, c'est Olivier Faure qui est resté le chef du parti. Il est légitime ? C'est bien lui votre patron aujourd'hui ?
C'est une direction collégiale et c'est ce qui a été décidé et je soutiens et j'ai soutenu notamment l'idée de cette direction collégiale. Il n'y a pas eu de résultat validé le 19 janvier. Je le regrette parce qu'évidemment il faut se mettre maintenant dans une refondation complète que le parti socialiste, ce grand parti, puisse exister, travailler, se remettre au travail.
Mais la victoire d'Olivier Faure
a été confirmée, vous le concédez ? Non, la victoire d'Olivier Faure n'est pas confirmée. Ce qui a été confirmé, c'est une... Il y a un numéro 1 et un numéro 2. Absolument, mais enfin un numéro 2. Un secrétaire délégué qui s'appelle Nicolas Maillard-Rossignol est une présidente du Conseil national qui s'appelle LNG Froid. Et c'est dans cette collégialité puisque vous aurez remarqué si c'est ce résultat-là, c'est qu'il n'y a pas un accord sur une partie de la ligne. Je vous donne un exemple. Il y a deux PS. Un exemple très... Voilà, là d'actualité. Il y a en Ariège une annulation de l'élection d'un député. C'était un député, une députée et les filles.
Et en Ariège, terre socialiste, terre biberonnée au combat antifasciste. Sur cette terre, il y a une candidate qui s'appelle Martine Froger qui a été investie par les militants socialistes pour être la candidate et une revendication de la LFI de être candidat. Je le dis très clairement. Il faut que le parti socialiste défende aussi les socialistes et surtout dans des terres socialistes où il n'y a pas le risque qu'il y a eu le rassemblement national. Eh bien, par exemple, ça, c'est un cas d'école. Moi, je le dis clairement. Je soutiens et je soutiendrai Martine Froger dans cette législative partielle qui a lieu en Ariège. C'est un cas d'école précis. Sur ce sujet-là...
Mais il y a un accord avec la NUPES. Il y a un accord avec la France insoumise. Eh bien, il y a eu un accord. C'est Olivier Faure qui a fait l'accord. Il y a eu un accord. Et justement, c'est un cas d'école. La direction collégiale doit se réunir. Cette direction collégiale, pour moi, et c'est ce que je porte, doit soutenir la candidate socialiste, vous imaginez que depuis Paris, on vienne imposer un candidat LFI à nos camarades de l'Ariège. Moi, je ne l'imagine pas. Et donc, ça, c'est un cas d'école très précis. Mais ça veut dire... Sur lequel, ça veut dire qu'Olivier Faure ne peut pas décider tout seul. Il y a des instances. Il y a un bureau national. Il y a des votes qui doivent...
Il est sous tutel, en quelque sorte, si on vous suit bien. Il n'est pas sous tutel. Il est dans ce qu'est devenu le Parti socialiste. Un parti très petit, avec beaucoup moins de forces militantes. qui n'a pas beaucoup travaillé ces dernières années, qui n'a pas fait un bon score à l'élection présidentielle non plus. Qui n'a pas fait un bon score à l'élection présidentielle. Et j'avais relevé le drapeau pour éviter que ce drapeau ne finisse aux oubliettes de l'histoire. Il y a encore un combat, parce que j'y crois toujours. Il y a encore un combat pour porter ses idées et cet idéal socialiste.
Je pense que si on veut que la gauche revienne au pouvoir un jour dans notre pays, il faut refaire, avec cette force motrice que nous avons par exemple à Paris et dans beaucoup de villes et dans beaucoup de régions, notamment la région d'Occitanie, il nous faut refaire une proposition, une proposition qui passe par le travail mais aussi par l'affirmation de ce que nous sommes.
Vous avez obtenu 1,7% des voix à l'élection présidentielle. Vous vous dites quand même je suis audible et légitime pour porter justement
la reconstruction de la gauche ? Bien sûr. Et parce que, vous savez, il n'y avait pas grand monde pour relever le drapeau. Et que certains ont dit il faut beaucoup de courage. J'ai eu ce courage-là. Et parce que ce drapeau des socialistes, il fallait le relever. Si je ne l'avais pas relevé, personne ne l'aurait relevé. On se serait effacés et on ne serait même plus là pour parler du Parti Socialiste. Donc oui, je suis légitime. Et en tant que militante, en tant que militante socialiste, militante de gauche et en tant que maire de Paris.
Parce que je mets quand même au défi, tous ceux qui nous expliquent que plus à gauche que moi, tu meurs, qu'à Paris, nous ne serions pas suffisamment écolo et pas suffisamment sociaux. Et en plus, on est des démocrates. Vous voyez ?
Alors, puisqu'on parle de démocratie, un dernier mot, si vous voulez bien, vous allez interroger les Parisiens dans deux mois pour savoir s'il faut ou non interdire les trottinettes électriques en libre-service. Vous avez déjà dit que vous étiez contre. Pourquoi interroger les Parisiens contre les trottinettes ? Si ça ne dépendait que de vous, il n'y en aurait plus aujourd'hui. Pourquoi interroger les Parisiens ? Vous êtes maire ou pas ?
Alors, je suis maire, bien sûr. Et c'est un sujet qui est très intéressant, qui est un sujet qui pose la question des mobilités, de leurs évolutions. que vous avez soutenu que vous avez soutenu pendant des années
en disant que c'était l'avenir.
En essayant de le réguler. Non, non, je n'ai pas soutenu pendant des années. On a eu une belle confrontation, y compris pour essayer de mettre les opérateurs dans des rails pour que les trottinettes, on ne les retrouve pas partout. Maintenant, c'est un sujet sur lequel les Parisiens méritent de débattre. En tous les cas, c'est aussi... Vous savez, on ne peut pas me reprocher de décider de tout toute seule et en même temps de consulter les Parisiens. Mais ça,
c'est la nouvelle à Nidalgo, c'est celle qui est moins clivante, celle qui est contre les Parisiens ? Ah, pas du tout,
parce que vous savez, c'est un sujet qui est... Je ne suis pas la nouvelle. Vous savez, à mon âge, évidemment, qu'il y a des tas de choses qui continuent encore à m'émerveiller et puis que je découvre chaque jour. Mais je suis très constante, en fait. Vous me connaissez quand même depuis quelques années et je suis plutôt quelqu'un qui affirme ses positions. Mais je pense que sur un sujet comme ça, le débat est salutaire. Le débat est salutaire parce qu'il doit aussi nous permettre de mieux comprendre comment, avec toutes ces nouvelles mobilités, qui sont les mobilités d'aujourd'hui et de demain, on doit aussi mieux respecter les règles du jeu.
Et à côté de cette question qui sera posée le 2 avril aux Parisiennes et aux Parisiens, il y a aussi tout un travail sur le code de la rue pour mieux respecter les règles du jeu lorsqu'on est dans la rue. Merci à Nidalgo
et bonne journée à vous. Sous-titrage Société Radio-Canada
Anne Hidalgo