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interviewyoutube.com· 5 septembre 2024 21 min

Valérie Pécresse, présidente de la Région IDF, dans le Grand Entretien France Inter du 05/09/2024

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:04
Présentateur

Valérie Pécresse, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro, on va évoquer avec vous les dossiers qui concernent votre région, la rentrée scolaire, l'accessibilité dans les transports en commun, les retombées des Jeux Olympiques et Paralympiques. Mais d'abord, évidemment, la situation politique en France qui n'a toujours pas de Premier ministre ce matin. Vous étiez à ce micro le 5 août dernier, il y a donc un mois pile, et vous nous aviez dit, si j'avais été élue présidente de la République, j'aurais sans doute choisi Xavier Bertrand à Matignon. Vous le redites ce matin, Valérie Pécresse, ce serait la bonne personne au bon endroit ?

0:45
Valérie Pécresse

Écoutez, ce n'est pas moi qui choisis le Premier ministre, parce que comme vous l'avez compris, le président de la République est une autre personne. Le sujet aujourd'hui, il est très clair, c'est qu'il y a une majorité de blocage au Parlement. Il y a une majorité de blocage, c'est une situation qu'on n'a jamais connue. Il n'y a plus de majorité d'action. Et aujourd'hui, on est dans une situation assez terrifiante, où il faut trouver un Premier ministre qui soit une personnalité d'assez large consensus, pour faire une politique qui, elle, ne va pas être consensuelle.

Parce que la situation de la France, en termes financiers, vous le savez, est une situation extrêmement complexe, extrêmement délicate. Et pour faire un budget pour le pays, il va falloir prendre des décisions difficiles, des décisions politiques. Donc on est dans une équation qui est extrêmement compliquée. Et là, on a aujourd'hui un certain nombre de partis politiques qui jouent la politique du pire. On ne peut pas jouer la politique du pire avec la France. Donc je crois qu'il faut absolument que les partis politiques aujourd'hui au Parlement se hissent à la hauteur de la gravité de la situation.

Je veux dire, quand j'entends le Rassemblement National, pour ne pas le citer, dire qu'il va falloir, pour qu'ils donnent leur non-blocage, puisque ce n'est pas un soutien, leur non-blocage, il va falloir que le candidat s'engage à tripatouiller les scrutins, à faire de la proportionnelle pour, en réalité, les intérêts politiciens d'un parti politique, je leur dis que ce n'est pas à la hauteur des enjeux. Donc à un moment donné, il va falloir un Premier ministre à la France. Et il va falloir que les partis de gauche, comme du Rassemblement National, acceptent que ce ne soit pas forcément quelqu'un issu de leur rang, qui leur convienne.

2:29
Présentateur

Hier, c'était l'option Xavier Bertrand, mais d'ores et déjà, le RN et le NFP, le nouveau Front Populaire, avaient prévenu qu'ils le censuraient. N'est-ce pas normal que le président ait hésité à nommer un homme qui pourrait être censuré le lendemain de sa nomination ?

2:48
Valérie Pécresse

Ce que je crois, c'est que les Français jugeront très sévèrement les partis qui prendront l'option de mettre la France dans le chaos. Voilà. Et je pense que les Français sont inquiets. Quel que soit leur vote aux législatives dernières, quel que soit le parti pour lequel ils ont voté, je pense qu'aujourd'hui, ils sont inquiets. Je pense qu'ils veulent de la stabilité. Je pense qu'ils veulent un budget, un projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Ils veulent que la France soit gouvernée. Et il y a une vraie inquiétude aujourd'hui.

Donc, je pense que le parti qui choisirait, les partis qui choisiraient, de bloquer pour bloquer, parce que c'est bloquer pour bloquer, à un moment donné, ils bloquent des noms. Mais, en fait, la personnalité du Premier ministre est beaucoup moins importante que la politique qu'il va faire. Et la politique qu'on va faire est une politique qu'on va faire sous pression, sous pression des organisations internationales, sous pression des milieux économiques et financiers. Enfin, pardon, mais de vous dire qu'au mois de juillet, déjà, l'activité en France a ralenti, parce que les investisseurs se disent qu'on ne va plus créer d'emplois en France. Donc, la situation, elle est gravissime.

Donc, à un moment donné, il faut arrêter de jouer. Et il faut être responsable. Et vraiment, j'en appelle à tous les parlementaires, il faudra, à un moment donné, s'entendre sur un nom. Et qu'est-ce qu'il faut comme politique pour la France ? Parce que c'est quand même le sujet qu'il faut.

4:11
Présentateur

Alors, c'est la question. Vous le savez, le nouveau Front populaire, le groupe, est arrivé en tête. Estimé que c'était à lui de gouverner avec Lucie Casté à Matignon. Sur le fond de leur politique, ils veulent l'abrogation de la réforme des retraites, la hausse du SMIC, le retour de l'ISF, pour ne prendre que quelques mesures. Il pourrait y avoir ça avec un Xavier Bertrand ou un Michel Barnier à Matignon, puisque maintenant on parle de Michel Barnier, où c'est exclu ?

4:41
Valérie Pécresse

Rétrospectivement, je pense qu'il y a eu une erreur d'analyse du président de la République à l'issue de cette dissolution ratée. Je pense qu'il faut que le président de la République change de méthode et qu'il accepte l'idée que le futur Premier ministre ne sera plus son collaborateur. Il n'est plus maître aujourd'hui du jeu. Et je pense, rétrospectivement, qu'il aurait sans doute dû, il y a quelques semaines, prendre le nom de Madame Casté. Le NFP est effectivement la première coalition au Parlement.

Dire à Madame Casté ou dire au nouveau Front populaire, écoutez, essayez d'avoir une majorité, vous êtes le premier gros, essayez d'avoir une majorité, revenez, dites-moi si vous avez trouvé cette majorité de non-blocage, et si c'est le cas, je nommerai un Premier ministre issu du NFP. Pourquoi ? Parce que c'est comme ça que ça marche dans les démocraties parlementaires, dans les grandes démocraties parlementaires.

S'il avait fait ça, on se serait rendu compte très vite que le NFP, en réalité, n'a pas la majorité, que la politique de gauche, aujourd'hui, telle qu'elle est, présentée par le NFP, c'est-à-dire effectivement, on va dire, une politique qui mènerait la France à la faillite économique, on n'a plus un rond, on n'a plus d'argent. Non, voilà, j'ai dit en 2022 qu'Emmanuel Macron avait cramé la caisse, c'est la vérité, personne n'a voulu l'entendre. Vous le redites ce matin. Mais bien évidemment, et ça se voit aujourd'hui. Donc, en réalité, cette politique, nous n'avons pas les moyens de la faire, il faut faire autrement.

Il faut faire une politique à dimension sociale, mais avec des fondamentaux de droite. Je peux vous expliquer comment ça marche, mais c'est-à-dire une politique où, effectivement, on baisse des dépenses inutiles pour pouvoir redonner du pouvoir d'achat, et que les Français aient des salaires qui augmentent, parce que c'est ça la grande aspiration aujourd'hui des Français dignement de leur salaire. Mais la politique du NFP, il n'aurait pas trouvé de majorité.

Mais si on leur avait dit, faites-le, faites ce gouvernement, allez-y trouver la majorité, en réalité, je pense que le Président serait beaucoup moins dans les cordes aujourd'hui, parce que la gauche, les électeurs de la gauche, auraient vu que finalement, on avait respecté leur vote, on avait donné sa chance au NFP, mais qu'ils n'avaient pas la majorité. Ce qui s'est dévoilé quand le NFP n'a pas pu faire élire un candidat de gauche à la présidence de l'Assemblée nationale.

6:59
Présentateur

Valérie Pécresse, sur la question des retraites, de la réforme des retraites, Dominique Seux disait avec quasi-certitude qu'elle ne sortirait pas indemne de la crise politique actuelle. Différents scénarios possibles, suspendre la réforme, la décaler, l'amender, l'abroger. Quelle est votre position sur le sujet ? Quelle doit être la position d'un futur gouvernement, disons Barnier-Bertrand, ou proche de votre famille politique ? On remet l'ouvrage sur le métier ou on ne touche à rien ?

7:36
Valérie Pécresse

Vous savez, si je continue de faire de la politique aujourd'hui, c'est pour dire la vérité. Ce n'est pas pour dire aux Français ce qu'ils ont envie d'entendre. La réforme des retraites, elle a été mal comprise, elle a été mal expliquée. On peut toujours l'améliorer. Il y a forcément des aspects de cette réforme qui peuvent être encore améliorés, notamment pour les personnes qui ont des métiers pénibles, notamment pour les carrières longues. Donc oui, bien sûr, on pourra l'améliorer. Mais la vérité, la réalité, c'est qu'aujourd'hui, nous allons vivre plus longtemps.

Et que quand on vit plus longtemps, on a besoin de sauver un régime de retraite qui va coûter plus cher en travaillant plus longtemps. Tous les pays du monde ont repoussé l'âge de départ à la retraite. Tous ! D'ailleurs, autour de nous... Donc amélioration à la marge. Non, mais attendez, M. Debran, les pays autour de nous qui ont la démographie la plus faible, je pense à l'Allemagne ou à l'Espagne, sont en train de passer aux 67 ans. Voilà. Donc on ne peut pas nier cette réalité. Et la vérité, c'est que le rôle d'un gouvernement, c'est de sauver les retraites. Parce que les retraites, c'est un acquis social. Et c'est vraiment...

Voilà, c'est un pacte qu'on fait avec tous ceux qui travaillent.

8:44
Présentateur

Vous avez dit, Valérie Pécresse, qu'il y avait des urgences. J'imagine que vous pensez aux finances publiques. Vous avez recité vos propres mots sur les caisses cramées. Elles sont dans un état préoccupant avec un nouveau dérapage de 16 milliards d'euros du déficit français qui pourrait atteindre 5,6% du PIB pour 2024. Rétablir les comptes, ça fait partie des priorités, selon vous ? C'est au sommet de l'agenda ?

9:12
Valérie Pécresse

La politique qu'il faut mener. D'abord, il nous faut un budget pour 2025. Les services publics français, la France, ne peuvent pas fonctionner sans budget. Donc il va falloir voter ce budget. Ou il va falloir en faire un. Ça va nécessiter des choix politiques. Quelle est la bonne politique, à mon sens, aujourd'hui, qu'il faudrait faire ? Il faudrait faire une vraie révision des politiques publiques. Il va falloir faire des économies. Des économies, tout en... Tout en... Tout en... Tout en veillant à ce que ça se traduise par une baisse des charges pour augmenter les salaires et le pouvoir d'achat des français.

Il y a une dimension sociale dans la politique qui doit être menée, qui est impérative, parce que les français le demandent. Et aujourd'hui, on a des vrais sujets de vivre dignement de son salaire.

9:56
Présentateur

Mais ça veut dire des coupes budgétaires, franches ? Et si oui, des coupes où ? Moins d'argent pour l'hôpital, pour l'école, moins d'argent pour la police, pour les collectivités. À un moment, il faut bien le trouver quelque part. Si les impôts n'augmentent pas ?

10:09
Valérie Pécresse

Je vais vous dire aussi une autre chose. Aujourd'hui, la France d'en haut est bloquée. On a une démocratie dans laquelle le Parlement est bloqué. Donc, le gouvernement qui va être élu va être essentiellement un gouvernement de gestion. Ce ne sera plus un gouvernement de réforme. Il ne pourra plus faire passer des grandes lois. Donc, on a une démocratie d'en haut qui est bloquée. C'est le moment du lâcher prise de l'État. C'est le moment d'engager un grand mouvement de décentralisation vers les collectivités locales. Pourquoi ? Parce que nous, les collectivités locales, les régions, les départements, nous avons des majorités.

Nous, nous fonctionnons tout à fait bien avec des personnalités qui sont en général assez expérimentées pour mener des vraies politiques.

10:48
Présentateur

L'État dit que le dérapage, le dernier en date du déficit, c'est les collectivités.

10:54
Valérie Pécresse

Alors ça, c'est une vaste blague, M. Demand. C'est une vaste blague. Je vous explique comment ça marche. En fait, l'État, en décembre 2023, l'État nous dit, voilà mes prévisions de croissance. Et à partir de ces prévisions de croissance, voilà ce que vous allez toucher en termes d'impôts. Et donc, nous, les collectivités, on a bâti nos budgets 2024 sur ces prévisions de croissance de M. Bruno Le Maire, du budget de l'État. Typiquement, pour la région Île-de-France, on a un exemple concret. L'État m'a promis 80 millions d'euros de TVA de plus que ce que je vais avoir.

Donc, en août, j'ai reçu une notification de Bercy me disant, ah ben, finalement, c'est 80 millions de TVA en moins, Mme Pécresse. Donc, évidemment, si mécaniquement, je continue mes dépenses, ça veut dire que j'aurais théoriquement un déficit de 80 millions d'euros. Mais ce n'est pas de ma faute, c'est de la faute des fausses prévisions de l'État. Et toutes les collectivités sont dans la même situation. Alors, évidemment, quand on est la région Île-de-France, on a les épaules solides, on peut faire 80 millions d'économies en 6 mois.

Mais une commune qui, elle, dépense, vous l'avez dit, dans des services de proximité avec des salaires, on ne va pas supprimer le chauffage, on ne va pas arrêter de payer les fausses. D'où ce déficit accru des collectivités locales. Mais qui est dû à quoi ? Qui est dû à une mauvaise anticipation des recettes. Et là encore, qui est dû aux mauvaises prévisions de croissance du gouvernement. Qui savait que ces prévisions de croissance d'ailleurs étaient excessivement optimistes. C'est comme ça que ça s'est passé.

12:23
Présentateur

Valérie Pécresse sur les salaires sur le SMIC. Le NFP propose de le porter à 1600 euros. Gérald Darmanin a dit pendant l'été, l'augmentation du SMIC défendu par la gauche n'est pas un mauvais débat. Et nous aurions tort de l'écarter d'un revers de la main. Vous en pensez quoi ?

12:42
Valérie Pécresse

J'ai toujours défendu, vous ne vous en souvenez pas plus, mais dès 2022 j'ai défendu l'augmentation des salaires de 10% en disant il faut que les salaires nets augmentent, il faut que les français en aient davantage dans leur poche. Il faut leur rendre l'argent, une partie de l'argent. C'est pour ça qu'il faut qu'on arrive à faire des économies budgétaires. Et là encore je le dis, dans ma région, j'ai fait 400 millions d'euros d'économies budgétaires en 10 ans sur des politiques qui n'étaient pas efficaces. Il y a des politiques publiques qui ne sont que marginalement efficaces. Il y en a beaucoup. Et ces politiques, il faut apprendre à les supprimer.

Et c'est pour ça que je plaide pour la décentralisation parce qu'il y a beaucoup de doublons. Dans l'aide économique, dans les aides économiques aujourd'hui aux entreprises, dans les politiques de l'emploi, il y a des doublons. Donc donnons aux collectivités. Et si vous donnez aux collectivités, les politiques seront beaucoup plus efficaces. Aujourd'hui, nous avons en matière de politique du logement, en matière de politique de l'emploi, en matière de développement économique, la possibilité de reprendre la main.

13:48
Présentateur

On passe au standard d'Inter. Philippe, bonjour. Bonjour. Vous avez la parole et vous nous appelez des Alpes-Maritimes, je crois.

13:57
Invité

Tout à fait. Je vous remercie de me donner la parole.

13:59
Présentateur

Je vous en prie.

13:59
Invité

Ma question est très simple. Il y a trois groupes qui, grosso modo, sont arrivés au même nombre de voix aux élections législatives. Et pour avoir un gouvernement stable, il faut simplement une promesse de non-censure automatique d'un gouvernement, quel qu'il soit. Pourquoi est-ce que le centre, plus les Républicains, ne peuvent pas promettre, ne serait-ce que la moitié d'entre eux, ça suffirait, de ne pas censurer automatiquement un gouvernement de gauche, c'est-à-dire mené par Lucie Castel. Avec cette promesse de ne pas censurer automatiquement le programme qui est arrivé en tête des législatives, on a un gouvernement stable, une arithmétique très simple.

14:43
Présentateur

Merci Philippe pour cette question. Valérie Pécresse vous répond.

14:47
Valérie Pécresse

Je crois qu'aujourd'hui, le programme qui est porté par le NFP, sous une domination intellectuelle de la France insoumise, n'est pas acceptable aujourd'hui pour la droite. Je crois qu'il ne l'est pas non plus, mais je ne parlerai pas pour eux, par le parti du président de la République. Nous, ce que nous avons accepté, nous l'avons dit, c'est éventuellement la nomination d'un Premier ministre de gauche.

À un moment, le nom de Bernard Cazeneuve est arrivé et je crois, sans me tromper, que Gérard Larcher et Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez ont dit que, par principe, il ne sanctionnerait pas une personnalité de gauche, à condition que celle-ci ne remette pas en cause un pilier fondamental pour nous de l'équilibre de la France et du pacte social français, qu'est la réforme des retraites.

15:43
Présentateur

Venons-en aux Jeux paralympiques qui s'achèvent dimanche, fermant la parenthèse olympique parisienne. En mai dernier, le comité d'organisation des Jeux a publié les résultats d'une étude estimant à 9 milliards d'euros les retombées économiques de l'événement en Ile-de-France, selon un scénario intermédiaire, je le précise. À ce stade, Valérie Pécresse, que pouvez-vous nous dire de ces retombées économiques ? Sont-elles aussi élevées qu'espérées ou sont-elles en demi-teinte ?

16:13
Valérie Pécresse

Alors d'abord, ce qu'il faut dire, c'est qu'on a réussi les Jeux. Et ça, c'est quand même une formidable source de fierté. Je sais que quand on fait quelque chose de bien, on n'en parle jamais. On en a beaucoup parlé. J'en parle parce que ça doit être une source de fierté pour tous les Français de se dire que quand on se met ensemble, et c'est peut-être une leçon aussi à retenir pour ce futur gouvernement, quand on se met ensemble et qu'on y va ensemble, pour la France, on gagne.

16:37
Présentateur

Il en restera quelque chose de ça ?

16:39
Valérie Pécresse

On a réussi les Jeux, mais maintenant, il faut réussir l'héritage des Jeux. Et c'est aujourd'hui en partie ma mission, c'est-à-dire les retombées économiques, les retombées sociales, les retombées touristiques. Donc, on s'y met. Dès ce matin, nous allons nous retrouver avec l'Association des Paralysés de France pour travailler ensemble sur ce projet qui doit être un héritage des Jeux, qui est un métro pour tous. La semaine prochaine, lundi prochain, avec Pôle emploi, nous allons ouvrir une plateforme, Mon emploi, après les Jeux, puisque nous avons des dizaines de milliers de Français qui sont venus travailler pour les Jeux olympiques.

Et il faut leur offrir un emploi, une formation, une carrière. Donc, on va lancer cela. Et par ailleurs, évidemment, il y a les retombées touristiques de long terme, de long terme des Jeux. Ces retombées économiques et touristiques, elles vont être importantes. Alors, sur le tourisme, j'ai très peu de doutes que nous allons connaître une vraie flambée touristique à l'issue de ces Jeux, parce que les images et cartes salles que nous avons envoyées au monde étaient extraordinaires. Sur les retombées économiques, évidemment, la dissolution fait que tout cela est un petit peu en demi-teinte et un petit peu suspendu à la stabilité du gouvernement de la France.

17:51
Présentateur

Vous avez annoncé, avant le début des Paralympiques, cette volonté de lancer le métro pour tous. Je rentre dans les détails. C'est un plan pour rendre le métro « historique », entre guillemets, accessible aux personnes handicapées, ou aux personnes âgées, ou aux mères avec poussette. Il faut dire qu'on est très en retard par rapport à d'autres capitales. Cela a un coût, 20 milliards d'euros sur 20 ans. Vous voulez partager ce coût en trois ? Un tiers pour la région, un tiers pour l'État, un tiers pour la ville de Paris. Réponse de la ville de Paris. Les transports sont une compétence de la région. Pécresse file la facture aux voisins pour éviter de la payer elle-même. Vous répondez quoi ?

18:37
Valérie Pécresse

C'est indigne. C'est indigne parce qu'aujourd'hui, l'accessibilité, c'est l'affaire de tous. Dans les projets d'infrastructures de transport, ça ne se passe pas du tout comme ça. Les projets d'infrastructures de transport sont en général cofinancés par l'État et la région, mais avec ce qu'on appelle une participation du bloc local. Le bloc local, c'est les villes et les départements. Chaque projet de transport est en général financé à hauteur d'un tiers par les départements. Mais je vais vous donner un exemple très concret.

19:06
Présentateur

Mais Anne Hidalgo dit dans l'Ouest-Prance qu'il faut augmenter très fortement les impôts pour payer ça.

19:11
Valérie Pécresse

Attendez, attendez, M. Demand, je finis. Quand M. Delannoy et Mme Hidalgo ont voulu que le tramway de Paris soit fait avant les tramways de banlieue, ils ont payé la facture. Et donc, qu'est-ce qui s'est passé ? Ils ont payé 60% du tramway. Donc, quand il s'agit de faire un tramway, la ville de Paris est prête à payer 60% de la facture. Quand il s'agit de faire l'accessibilité du métro, elle n'est pas prête à payer ce que paye d'habitude le bloc local, c'est-à-dire un tiers. C'est inacceptable, c'est indigne. Et j'ajoute une chose, c'est que tout le monde comprend bien que l'accessibilité du métro, ce n'est pas seulement un travail qu'on va faire sur le métro.

C'est aussi tous les trottoirs de Paris qu'il va falloir casser pour mettre des ascenseurs. La voirie est une compétence communale. Donc, bien évidemment, on ne peut rien faire sans la mairie de Paris. Et on ne pourra rien faire sans...

19:53
Présentateur

La mairie de Paris dit qu'elle n'a pas un milliard par an. Voilà, je rends...

19:56
Valérie Pécresse

Ce n'est pas un milliard par an, c'est 250 millions d'euros par an sur 20 ans. Écoutez, mettons-nous autour de la table et travaillons au moins à ce qu'on le réalise. Ce projet, à ce qu'on le fasse, négocions. Mais dire, je ne mettrai pas un copec quand il s'agit de l'accessibilité. Pourquoi l'accessibilité est un sujet majeur ? On a déjà fait énormément. Là aussi, bon, on s'intéresse qu'aux trains qui n'arrivent pas à l'heure. Nous avons fait 300 gares accessibles en Ile-de-France. Nous avons multiplié par 5 l'accessibilité des transports. Nous avons rattrapé Londres. Nous sommes à 56% d'accessibilité sur toute la région. Mais le métro historique, lui, reste le point noir.

Et il concerne le cœur de Paris. Il concerne les Parisiens. Sinon, il n'y aura plus de famille. Sinon, il n'y aura plus de personnes âgées qui pourront prendre les transports.

20:42
Présentateur

Sur l'héritage matériel et symbolique des Jeux, la vasque, les anneaux sur la tour Eiffel, vous êtes favorable à ce qu'il reste en place ?

20:51
Valérie Pécresse

Moi, je trouve que ce serait assez logique qu'on garde les anneaux jusqu'à 2028, c'est-à-dire jusqu'à Los Angeles. Mais au-delà, je ne vois pas bien. On n'est pas non plus une grande enseigne de promotion des Jeux olympiques. On a eu les Jeux olympiques. On est la ville olympique jusqu'à 2028. Donc moi, ça ne me choquerait pas qu'il reste jusqu'en 2028. Par ailleurs, j'ai demandé à ce qu'on puisse garder aussi les agitos des Jeux paralympiques. J'ai même proposé, nous, on n'est pas un monument historique, donc ça posera moins de problèmes, qu'on les mette sur la façade du Conseil régional à Saint-Ouen.