Éric Zemmour invité chez les Eveilleurs
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Chers amis de l'amphithéâtre, mais également de la salle Lully, nous sommes heureux avec Benoît Sévillat et Nicolas Sévillat, et fondateurs de cette belle association des éveilleurs depuis plus de 6 ans maintenant, de vous recevoir si nombreux à l'occasion de la venue de Rizemmour à Versailles. Nous recevons Eric Zemmour pour la quatrième fois, fidèle parmi les fidèles. Il nous fait la joie de venir nous voir encore ce soir. Alors cette soirée exceptionnelle a mobilisé un dispositif tout à fait exceptionnel, et je vous demande d'applaudir bien fort les 100 bénévoles qui viennent pour servir notre association. Le palais des congrès de Versailles fait carton plein, puisque nous sommes 1500.
Vous pouvez compter sur nous, vous pouvez compter sur les éveilleurs, pour faire vivre le débat d'idées sans concession, pendant toute cette période de campagne électorale qui s'ouvre. Nous sommes jeunes, nombreux, dynamiques. Vous pouvez compter sur nous pour porter la voix de tous, des plus faibles et des personnes qui aiment la France. Bonne soirée ! Et pour ce début de soirée, j'appelle sur scène l'excellent directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles,
Geoffroy Lejeune, avec un débat animé par le non moins excellent Nicolas Sevilla.
Geoffroy Lejeune, vous nous entendez bien ? Geoffroy Lejeune, vous allez bien ?
Vous allez très bien.
Est-ce que vous entendez Geoffroy ?
Ça marche là, non ?
Ok.
C'est les trucs anti-Covid qui font que ça atténue un peu le bruit, mais ça va aller.
Bien, Geoffroy Lejeune, nous allons accueillir Eric Zemmour tout à l'heure. Pour l'instant, il n'est pas président encore. Il n'a pas gagné la présidentielle. Il n'est même pas encore candidat. Je pense qu'à ce jour, il n'y a qu'un seul grand gagnant, c'est vous. Pouvez-vous espérer avoir une salle plus comble que celle-ci pour présenter votre livre ce soir ?
En fait, c'est une position très compliquée dans laquelle je suis aujourd'hui, parce que je suis comme le mec, tu sais, qui vient faire la première partie des Rolling Stones. En fait, personne ne le connaît, personne ne veut l'écouter. On attend les Stones et on espère que ça va durer le moins longtemps possible. Et le mec, il est là avec sa guitare, il joue 25 minutes et tout le monde veut qu'il se barre en fait. Donc je suis ça aujourd'hui.
On aurait presque pu lui faire venir chanter Jean-Pax Méfrès, finalement, parce qu'il est là ici au premier rang. Alors, du coup, on a un petit carardeur quand même, mais on est assis et on ne va pas venir nous déloger comme ça, après tout. Il y a un autre personnage qui m'a fasciné dans ce livre, finalement, c'est vous, parce qu'on a l'impression d'entrer dans cette introduction, dans vos rêveries d'adolescents. On vous découvre tous les mercredis soirs dans le public de On n'est pas couché, à l'époque où Éric Zemmour était chroniqueur de l'émission de Laurent Ruquier. Et je voulais vous poser en fait une réaction. Comment est née cette fascination pour Éric Zemmour ?
Comment vous êtes-vous zemmouraché d'Éric, si je puis dire ? Allez, bonne celle-là !
En fait, c'est très simple et je pense que c'est une histoire pas du tout unique. Je pense que je suis comme plein de gens dans ma génération, et je pense qu'il y en a encore plus dans les générations d'après, qui ont beaucoup aimé la liberté de ton, le courage aussi de Zemmour. Et moi, en fait, je n'étais pas très politisé quand je l'ai connu, quand je l'ai découvert à la télé. Je raconte dans le livre que je rentre de soirée avec un copain un samedi soir et qu'on boit une dernière bière chez moi en allumant la télé, en coupant le son pour discuter tranquillement.
Puis on voit un mec en fait dans le poste qui s'excite, qui bouge les bras, qui bouge la tête comme ça, qui murmure quelque chose. On a l'impression qu'il dit ben voyons, mais on n'entend pas. Et en fait, visuellement, il se passe quelque chose. Et donc du coup, on allume le son pour voir, et il était en train de pulvériser une romancière qui avait écrit un bouquin à qui il disait que c'était un bouquin pour les enfants de 2 ans et qu'elle aurait mieux fait de faire un bouquin de coloriage et que lui avait perdu 2 heures de sa vie à lire ce bouquin.
Et on se dit en fait, juste sur la liberté de ton, sans avoir d'opinion politique en commun avec lui, puisqu'à l'époque, j'en avais assez peu en réalité. Ce mec change en fait de ce qui se passe d'habitude. D'habitude, la télévision, c'est assez sage. D'habitude, il ne faut pas froisser les gens. On fait des émissions de promotion. Tout le monde est copain. Et en fait, on ne dit pas ce qu'on pense réellement des spectacles. Moi, 15 fois, j'ai été dans des émissions où des artistes se faisaient encenser. Et puis derrière, son dernier album est nul. Mais bon, il ne faut pas le dire. Lui, il le disait. Et en fait, il s'avère qu'il fait pareil dans tous les domaines.
Et il le fait aussi dans les domaines politiques. Et quand j'ai commencé à m'intéresser à tout ça, j'ai réalisé qu'en fait, il n'avait absolument aucun filtre. Et je pense que le succès d'Éric depuis une quinzaine d'années est dû au fait qu'il ne met pas de filtre entre lui et nous. Et que finalement, dans une période où les politiques sont de plus en plus aseptisées, lobotomisées par la pensée unique, qui sont tous tétanisés par la peur de déplaire à la gauche et à certains médias, tout à coup, il y en a un qui décide qu'il n'en a rien à faire et ça marche.
Alors, on est obligé d'avancer vite. Vous expliquez très bien, dans votre riche introduction, que la structuration du vote Zemmour, elle est d'abord faite d'un électorat urbain et aisé, plus acquis à la droite classique qu'au vote contestataire. Et qu'en réalité, le défi principal d'Éric Zemmour aujourd'hui, c'est d'aller grignoter l'électorat de Marine Le Pen. Alors, vous dites que si, au mois de janvier, Éric Zemmour est à 10% dans les intentions de vote, c'est que déjà, il aura quasiment gagné l'électorat de Marine Le Pen. Enfin, dans tout cas, que l'électorat de Marine Le Pen commencera à glisser chez lui. Or, on est le 15 octobre et Éric Zemmour est déjà à 15%.
Qu'est-ce que ça signifie pour vous ? En fait, je ne dis pas exactement ça. Je pense que, justement, la force de cette candidature, pour l'instant, de son succès, je pense, c'est dû au fait que ça fait 40 ans que François Mitterrand a établi une digue entre la droite et le Front National. Digue que, moi, j'appelle un piège. C'est-à-dire qu'en fait, il a assigné chacun un résidence de son côté. Et il a fait en sorte, de cette manière, que la droite soit tétanisée par la gauche et que le Front National grossisse, grossisse, grossisse, mais soit toujours stérile politiquement parce qu'il n'arrive jamais au pouvoir, à part dans certaines mairies.
Et en fait, je pensais depuis longtemps, déjà, quand j'avais fait mon premier livre que Zemmour incarnait idéologiquement la bonne ligne pour venir grignoter les deux électorats, parler à la droite classique et parler au Rassemblement National, lui, il dit parler à la bourgeoisie patriote et aux classes populaires. Mais c'est la même chose. Et qu'aujourd'hui, il s'est lancé... D'ailleurs, il ne s'est pas encore vraiment lancé, mais il est rentré dans l'atmosphère sur ce positionnement-là. Et on voit que ce qui est intéressant, c'est qu'il grignote des deux côtés. Ça veut dire qu'en fait, les gens attendaient ça. Et il n'y avait personne pour le faire. Pourquoi ?
Parce que personne n'a eu le courage de le faire ou personne n'a eu la bonne idée de le faire au bon moment. Et lui, je ne sais pas pour quelle raison mystérieuse il a trouvé ce moment. Et il est en train de rencontrer aujourd'hui son électorat. Et l'histoire des 10%, c'est... Moi, je fais beaucoup dans mes articles ou dans mes livres des prédictions qui, en fait, s'avèrent systématiquement fausses. J'ai beaucoup de chance avec ce bouquin qu'aujourd'hui, on me prenne pour un prophète. En réalité, c'est un pur coup de chance. Mais ce qui est intéressant, c'est que j'essayais de faire un scénario de sa victoire potentielle.
Et en effet, je me disais, s'il a 10% en janvier, là, il peut commencer. On va le regarder en se disant peut-être qu'il peut être au second tour, peut-être que ça peut gagner. Et c'est presque devenu un problème dans sa campagne. Il est tellement haut aujourd'hui qu'il faut qu'il sache comment meubler les 6 mois qui restent. Et c'est un problème pour lui. J'espère qu'il a la solution. Il va vous l'expliquer tout à l'heure.
Alors, je pense que la candidature d'Éric Zemmour, elle est sans doute aussi un problème pour, évidemment, Marine Le Pen. Moi, ce qui m'a frappé dans votre livre, c'est de voir combien la grande absente, finalement, de toutes vos conversations régulières avec le monde politique, c'est elle, en fait, c'est Marine Le Pen. Est-ce que c'est révélateur de l'isolement politique dans lequel elle est aujourd'hui ?
En fait, je pense qu'elle a fait une erreur. C'est qu'elle a choisi une stratégie. En gros, elle récupère le parti de son père en 2011. Elle est candidate en 2012, un peu naturelle. Et là, la droite perd. Et à ce moment-là, elle doit lancer, selon moi, une OPA sur la droite, tendre la main aux électeurs orphelins de Sarkozy ou de ce qui était la droite à l'époque, et leur dire, on va refaire un grand parti, mais ça sera autour de moi. Et à ce moment-là, elle décide... ...de gauche, ceux de Mélenchon, qu'elle estime très nombreux et très porteurs pour elle. Et donc, elle décide de se couper complètement de ça.
Sauf que c'est le début d'une forme de renouveau des idées de droite, des idées conservatrices, il y a la Manif pour tous un an après, donc il y a beaucoup de gens qui vont dans la rue. Et un peu par orgueil, un peu par cécité, et aussi parce qu'elle ne voulait pas se dédire au moment où elle venait de choisir cette stratégie, elle passe à côté de ce mouvement, voire elle le méprise un peu. Elle ne va pas dans la rue, elle théorise le fait qu'elle ne va pas dans la rue, elle théorise le fait qu'elle n'a pas à parler à ces gens-là, etc.
Et en parallèle de ça, il y a un éditorialiste à la télévision qui fait exactement l'inverse, en fait, et qui parle à tous ces publics-là, et qui aujourd'hui, évidemment, lui fait beaucoup de mal quand il continue à dire la même chose, mais en étant potentiellement candidat. Je pense que c'est ça son problème, et que c'est vraiment un problème de mauvais choix stratégiques en 2012, dont elle n'a pas voulu se changer, qu'elle n'a pas voulu changer, parce qu'elle ne pouvait pas se renier à ce point-là.
J'entends qu'Éric Zemmour s'impatiente dans les coulisses, alors on va achever cette première partie. Alors nous, il y a quelques années, on était accablés par les prédictions de Michel Houellebecq dans Soumission. À la limite, on préfère le Deezer de Bonne Aventure, Geoffroy Lejeune. On a l'impression, finalement, que vous avez été pris à votre propre jeu, qu'à la limite, en 2015, vous n'y croyez pas vraiment, et qu'aujourd'hui, à la limite, la réalité dépasse même la fiction. Alors votre première prophétie, elle s'est réalisée, puisque vous aviez pronostiqué que l'Italie serait championne d'Europe de football, ce qui a été le cas, quand même. Merci de le souligner, je suis très fier de ça.
Contre toute attente, objectivement. Alors, est-ce que vous croyez concrètement, enfin, Geoffroy Lejeune, qu'Éric Zemmour peut gagner la présidentielle demain ? Non, mais évidemment.
Je vais répondre d'une phrase, parce que j'ai pas envie de me fâcher avec lui ce soir, mais, comment dire, il est porté par une vague, en fait, qui dépasse de très loin tout ce que tous les observateurs avaient imaginé. Il a choisi une stratégie qui, rationnellement, se défend, et ensuite, je vais citer une phrase de Jacques Pilan, qui était le conseiller en images de Mitterrand, puis de Chirac, et qui les a donc fait gagner chacun l'élection présidentielle, et qui disait, l'opinion change d'elle-même l'image de celui qu'elle veut faire élire.
Et il y a quelques mois, Éric Zemmour était perçu par tous les gens qui l'aiment bien, mais qui se disaient, est-ce que c'est vraiment une bonne idée qu'il soit candidat ? Il disait, mais il a pas la carure, il a pas le costume, il va perdre toutes ses émissions de télévision et ses chroniques dans le Figaro, etc. C'est une catastrophe. Et aujourd'hui, je constate que toutes ces barrières sont levées progressivement et les gens ont oublié ce genre de réticence parce qu'il a réussi à sublimer un peu le truc. Donc évidemment, pour toutes ces raisons, je pense qu'il peut gagner. C'est une évidence de le dire, oui.
Merci, Geoffroy Lejeune. Voilà. Je sais pas si c'est une bonne idée. En tout cas, c'est vous qui lui avez mis, vous le précisez dans votre livre, c'est vous qui lui avez mis cette idée folle dans la tête. Donc vous êtes le vrai coupable, en fait, peut-être, de la future candidature d'Éric Zemmour à l'élection présidentielle. Et donc je vous propose maintenant d'accueillir Éric Zemmour. Cher Éric Zemmour, nous sommes heureux de vous accueillir pour la quatrième fois. Nous vous avons presque fait juste après Laurent Ruquier.
Un immense merci d'avoir choisi Versailles à l'occasion de ce Tour de France que vous avez entamé, ville d'art et de culture qui porte en elle notre passé glorieux, ville riche de sa jeunesse et de ses familles, ville séduisante par sa beauté, sa douceur de vivre et ville aussi pleinement engagée dans le combat des idées. A quelques mois de l'élection présidentielle, votre irruption brutale dans le débat a bouleversé une campagne électorale qui s'annonçait assez à Tône au sortir d'un quinquennat marqué par une succession de crises qui ont révélé les immenses fragilités de notre vieux pays.
J'aimerais plus particulièrement vous interroger ce soir sur des sujets sur lesquels on vous a moins entendu et qui sont pourtant cruciaux. La crise sociale qui affecte notre pays, le combat culturel, la nécessaire reconstruction de l'école et le réarmement moral de notre vieille nation. Mais pour débuter, j'aimerais que vous vous présentiez mieux à notre public qui ne vous connaît que par les descriptions souvent outrancières, voire insultantes, dont vous êtes régulièrement l'objet dans les médias et qui parfois aussi en vient à vous imaginer sous des traits qui ne sont pas les vôtres.
Alors, cher Éric Zemmour, comment devient-on ce Français si éperdument amoureux de son pays lorsque l'on est de confession juive et que l'on a ses racines au sud de la Méditerranée ? N'y a-t-il pas une forme de contradiction entre votre expérience personnelle, preuve d'une assimilation parfaitement réussie, et votre dénonciation de l'impossible intégration française de ceux qui sont venus d'autres cultures ?
Ah, je ne crois pas du tout. Au contraire, je pense que... Enfin, je vais répondre. D'abord, je voudrais saluer tout le monde ici. Je voudrais vous dire la joie que j'ai. Je suis un habitué de Versailles maintenant. Je pense que je vais m'installer ici. Non, vous inquiétez pas. Je ne vais pas m'installer au château non plus.
Non, mais vous avez la lanterne qui n'est pas très loin, Éric Zemmour.
Non, non, non. Je suis mégalo, mais il y a des limites. Je ne me prends pas encore pour Louis XIV. Donc, je voudrais vraiment vous remercier de cet enthousiasme, de cette chaleur, de votre... Vraiment, de cet accueil aussi... Mick Jaggarien, je dirais. Et donc, voilà, je vais répondre aux questions. Je vais essayer d'être le plus... Ne pas être trop long parce que j'ai l'impression qu'il y a beaucoup de questions, donc je me méfie. Et donc, je commence... Vous commencez par le commencement, si j'ose dire, c'est-à-dire l'enfance. En fait, il faut bien comprendre que j'ai eu une enfance très banale.
C'est-à-dire que mon enfance, dans les années 60, en France, en banlieue parisienne, avec des gens qui venaient, comme vous l'avez dit, du sud de la Méditerranée, qui venaient d'Algérie, avec des gens de confession juive qui étaient... Mon grand-père était très pratiquant. Et donc, vous savez, c'était les patriarches d'avant, donc tout le monde devait suivre la lettre. Donc, on n'avait pas le choix, on ne pouvait pas discuter, de toute façon. Et ce n'était pas très original. C'est-à-dire que vous me posez la question comment on devient comme ça un Français aussi amoureux de la France. Mais mon père était déjà amoureux de la France. Mon grand-père était amoureux de la France.
J'entendais mon grand-père se lamenter sur les massacres de 14-18. On était dans les années 60 et pestés contre vous voyez, il avait quitté l'école à 11 ans. Mais c'était, si vous voulez, mais franchement, je vous assure, vous êtes trop jeune pour avoir connu ça, mais c'est ce que je dis souvent quand on m'insulte à la télévision. Le modèle que je défends et les idées que je défends, c'était d'une banalité confondante entre aller, si vous voulez, il y a des immigrés en France à partir de 1860 pour le second empire et le début de la révolution industrielle jusqu'aux années 60 du XXe siècle. Donc, pendant un siècle, tout ce que je dis était banal.
Le génie maléfique de la gauche, ça a été de rendre cette banalité qu'elle avait inventée elle-même, parce que tout ça vient des républicains, on en reparlera si vous voulez, mais qu'elle avait inventée elle-même comme quelque chose de profondément pervers et quasiment nazifié. c'est la grande perversité de notre époque. Donc, vous me dites, comment on devient ça ?
On ne devient rien, on devient, on est français, on aime la France, on va à l'école, on apprend l'histoire de France, on apprend Jeanne d'Arc, on apprend Saint-Louis, on apprend Bonaparte, on apprend, voilà, on rentre à la maison, on regarde la télévision au RTF de l'époque et on regarde des feuilletons sur Napoléon, la Révolution, etc. Les Brigades du Tigre avec Clémenceau, Schummeister, Espion de l'Empereur, vous voyez, c'est les feuilletons qu'on regarde. Donc, en fait, ça continue. On regarde des adaptations des illusions perdues. Moi, j'ai déjà raconté ça, j'ai 12-13 ans et je vois une adaptation des illusions perdues avec Yves Régnier, je me souviens.
Et je trouve ça tellement extraordinaire que je dis à ma mère que je veux ce livre. Elle m'achète le livre. Si vous voulez, il y a un continuum. Il y a un continuum entre la famille, l'école, la télévision, les parents. Je vous assure, ça paraît fou aujourd'hui. Après, la désagrégation totale de la société française que j'ai décrite dans le suicide français. Mais à l'époque, ça nous paraît banal. Il y a dans ma... On ne disait pas une cité, on disait, oui, c'était une résidence, c'était plus chic. Mais enfin, c'était à Drancy quand même. Dans ma résidence de Drancy, il y a des enfants de l'immigration italienne, espagnole, nous, les pieds noirs. Il y a...
Enfin, déjà, je dis nous, les pieds noirs. Déjà, c'est une approximation. Parce qu'en fait, nous, on n'est pas pieds noirs au départ. On est juifs, berbères. On est là depuis mille ans en Algérie. Les arabes nous ont déjà colonisés. Ils oublient. Mais c'est eux qui nous ont colonisés. La blague de mon père, c'était l'Algérie, là, moi. J'étais là avant tout le monde. Il a raison. Il était là avec Saint-Augustin. Vous voyez, c'est ça l'Algérie. Bon, bref. Donc, après, il y avait eux, et puis il y avait des gens, des Français depuis mille ans. Il y avait des gens qui s'appelaient Minot. Il y avait des gens qui s'appelaient Martin.
Et tout ce petit monde vivait, je ne veux pas faire de reconstitution idéalisée, mais tous ces gens vivaient harmonieusement parce que, tout simplement, on ne sait pas qu'on était meilleur qu'aujourd'hui, mais parce qu'on avait la même culture. En fait, c'est l'école aussi qui s'appelait. Évidemment. L'école, pas aussi. L'école, d'abord. En vérité, les parents, d'abord, parce que les parents, si vous n'appreniez pas ce qu'il fallait, si vous ne travaillez pas, vous étiez sévèrement sanctionné. Et puis l'école. En fait, il y avait une rencontre. Mais l'école, évidemment, qui nous apprenait. Moi, j'ai connu les dernières années de la Troisième République, en vérité.
On était sous la cinquième, mais c'est les dernières. C'est-à-dire que j'ai connu le « Aime la France » parce que l'histoire la fait grande et la géographie la fait belle. J'ai connu les livres, les derniers livres, avant la grande révolution des années 70.
Alors, justement, vous parlez de vos parents, parce qu'on rentrera plus tard dans le débat de fond sur l'école. Vous parlez souvent avec l'émotion de votre mère que vous trouviez si aimant. D'ailleurs, si joli, vous en parlez souvent. C'est pas moi
qui la trouvais si jolie.
De votre père, courageux, travailleur, qui dirigeait une société d'ambulance à Paris. Alors, quelle a été la place de vos parents justement dans votre éducation ? Quelle a été la place de votre famille ? De qui, finalement, vous tenez cette incroyable pugnacité qui vous habite ?
Mais, d'abord, c'est l'Algérie. On est un peu fous, vous savez. C'est des gens un peu nerveux. Le soleil leur a tapé sur la tête et ils sont connus pour être des guerriers féroces. J'ai découvert, grâce aux pamphlets qui sont écrits contre moi, je découvre des choses, c'est toujours intéressant, que mes lointains ancêtres étaient des espèces de seigneurs de la guerre qui faisaient payer un tribut. Même le roi du Maroc évitait la région. Donc, quand on est arrivé à Paris, évidemment, on est des barbares romanisés. Donc, voilà, on est des barbares romanisés. C'est vraiment ça.
C'est-à-dire qu'on vient de terres âpres, vous voyez, de terres dures, où il faut bien comprendre qu'avant la France, c'était la misère, la misère, la misère. C'est pas une chanson de Coluche. C'était le typhus, le choléra, quand les mecs s'en sortaient, quand ils arrivaient à grandir. Je vous parle pas de mon enfance, évidemment, c'est les enfances en Algérie, avant la France. C'est la France qui a séché les marais. Et donc, quand j'étais enfant, si vous voulez, on avait une vie assez, encore une fois, assez banale. Éducation assez stricte ? Éducation pas assez stricte. Très stricte. Non, mais c'est vrai, c'était... Je m'en reprenais des sacrés, parce qu'en plus, moi, j'étais insolent.
Donc, c'est marrant, ça étonne personne. J'avais pas ma langue dans la poche et je répondais à tout le monde, adulte ou pas adulte. Donc, évidemment, parfois, je m'en prenais des sacrés. En plus, j'étais très indiscipliné à l'école, donc ma mère était convoquée. C'est là que j'ai compris qu'elle était jolie, parce qu'il y avait tout un essaim de gamins autour quand elle venait convoquée par moi. J'étais pas vraiment... Je faisais pas le marionne. Et en fait, non, ils étaient très stricts sur l'école. Il fallait que... Si j'étais pas premier de la classe, j'étais vraiment mal vu. Donc, j'ai été élevé comme ça.
En fait, vous savez, c'est un mélange de culte du livre très juif et de culte de l'école très français. Et le mélange, ça donne la façon dont on a été élevé. C'est-à-dire que c'est double peine, quoi. C'est et tu lis, et tu lis. Voilà. Donc, oui, c'est sûr que là, il n'y a pas de problème de coexistence entre les cultures. C'est la même. Donc, voilà, tu tapes dessus et tu dois lire et être le meilleur en français. Et voilà. Et donc, vous êtes aussi exigeant avec vos propres enfants que vos parents ont été avec vous ? Vous savez, je vais vous dire, pour mon époque, j'étais un monstre d'exigence. Mais par rapport à mes parents, non, je n'étais pas aussi exigeant qu'eux.
Mais vous savez, tout est relatif, en fait. On se réfère toujours à notre époque. On est les... Vous connaissez la phrase célèbre, on est plus les enfants de notre génération que de ses parents. Il y a du vrai là-dedans. Et donc, on ajuste par rapport à ce qui est acceptable par l'époque. Et je passais souvent pour un monstre.
Au-delà de l'éducation que vous avez reçue, que vous avez donnée à vos enfants, c'est vrai qu'on a besoin aussi de savoir qui se cache derrière le phénomène médiatique Zemmour. Moi, en lisant votre livre, je reconnais que j'étais assez frappé, parce que vous avez souvent un ton qui est quand même très ironique, cruel, voire même parfois méchant. Alors, derrière cette dureté apparente, quel personnage se cache ? Un macho ou un homme galant ? Celui qui cultive ses réseaux par intérêt ou un ami fidèle ? Un athée invétéré, ou un homme de foire ?
D'abord, je vais vous dire, en fait, je suis d'abord un homme qui s'est forgé par les livres. C'est-à-dire, ce que vous trouvez méchant, moqueur, etc., c'est ce que j'ai trouvé dans la littérature française. Moi, je me suis imprégné de ça. Et quand je lis Victor Hugo, Flaubert, Châteaubriand, je m'imprègne de ça. Je suis une éponge. Je suis d'abord constitué par mes lectures. Et comme ça fait 50 ans que je passe mon temps à lire, ça ressort comme ça. Bon, ça c'est une première chose. Deuxièmement, pour répondre précisément à vos questions, je suis, encore une fois, ni macho, ni spécialement galant. Je suis l'homme de ma génération, l'homme de mon éducation.
Oui, chez moi, on ouvre les portes aux femmes. Je ne sais pas si c'est bien ou pas, mais moi, j'ai été élevé comme ça. oui, on pense qu'un homme doit protéger une femme. Oui, on pense qu'une femme n'est pas un homme et un homme n'est pas une femme. Mais encore une fois,
mais, apparemment,
apparemment, à part dans cette salle, c'est criminel de penser ça. J'ai lu maintenant, c'est la toxicité masculine. Je ne savais pas, mais bon, on est toxique, on est tout, mais vous aussi, vous êtes toxiques, ne croyez pas. Oh, pas du tout. Ça viendra. Donc, voilà, je pense que, en plus, moi, j'ai un gros défaut par rapport à la classe politico-médiatique d'aujourd'hui. J'écris mes livres. Donc, évidemment, après, on lit mes livres. Donc, on va chercher des phrases. Ça ne peut pas arriver à Valérie Pécresse, ça, c'est sûr.
C'est vrai que vous êtes très, très dur avec le personnel politique, notamment des Républicains. C'est pas moi qui suis dur.
C'est pas moi qui suis dur. C'est pas moi qui suis dur. C'est eux qui sont durs avec eux-mêmes, je vous assure. Enfin... Vous savez, je raconte dans le livre une réflexion que m'a faite Nolo quand on était chez Ruquet. Ça m'a frappé beaucoup, je l'ai noté dans le livre. Parce qu'on avait eu une semaine où Lionel Jospin était venu. Et j'avais sué sang et haut. Et vraiment, c'était un combat âpre. C'était vraiment très dur. Et je raconte que c'était... Nolo avait regardé ça avec un petit sourire. Et la semaine d'après, le hasard fait bien les choses, on avait Valérie Pécresse. et après l'émission, il me dit, tu vois, voilà la différence. Avec les vieux, c'est toi qui as peur.
Avec les jeunes, c'est eux qui ont peur.
Mais alors, est-ce que c'est compliqué pour vous d'avoir encore des amis quand même ? Parce que vous êtes tellement présenté comme le diable. Comment vous vous faites pour vivre avec ça ? Vous êtes à la fois aimé, disons, le adulé.
Vous avez parlé de mon enfance tout à l'heure. J'ai trouvé une très belle phrase de Philippe Roth, l'écrivain américain, qui dit « Celui qui, dans son enfance, est aimé par sa mère est un conquistador. » Donc, franchement, franchement, on me pose souvent cette question « Mais comment faites-vous ? » Et tout. Vous continuez à avancer. Non, c'est pas ça, mais je m'en moque. Je vous dis la vérité, je m'en moque. Pour la plupart, ils sont tellement prévisibles, assez minables, en fait. Moi, j'aime quand il y a un vrai débat, quand il y a une vraie opposition, quand il y a un type intelligent en face et que...
Vous aimez Mélenchon alors qu'il est quand même très dur avec vous.
Il est très dur, mais au moins, bon, au moins, c'est agréable de débattre avec lui. Moi, je préfère ça. Je préfère ça à un type qui s'écroule au bout de cinq minutes. Alors, et puis, et puis, je vais vous dire, et puis, je vais vous dire, je pense que, au moins, d'ailleurs, c'est ce que j'ai dit hors du débat, sa créolisation, son nouveau concept à la noix, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'il admet que la démographie est en train de faire l'histoire et que le grand remplacement est en train d'avoir lieu. Et lui, il s'en réjouit. Grand bien lui fasse. Grand bien lui fasse. Il a oublié le sort des communistes iraniens qui ont préparé la révolution de Roménie. Il finira comme ça.
Ou peut-être qu'il sera déjà mort. Mais pour le reste, au moins, on part des mêmes bases. La démographie, c'est le destin. Après, moi, j'essaye d'arrêter cette invasion migratoire et ce basculement civilisationnel. Lui, il prépare sa place de Dimi.
On en parlera un peu plus tard, d'ailleurs. Alors, juste pour finir sur votre personnalité, Éric Zemmour, dans votre livre, vous faites une description de Giscard d'Estaing, du président Giscard d'Estaing comme étant celui pour qui vous aviez vraiment le plus grand respect parce qu'il avait une immense intelligence et donc c'était le seul finalement qui avait vraiment endossé le costume de chef d'Etat. Alors, quels sont pour vous les traits de caractère indispensables d'un chef d'Etat et comment peut-on passer du statut de star médiatique parisienne, parce que vous êtes un peu quand même, à celui de président de la République ?
Moi, pour moi, un chef d'Etat, il y a une très belle phrase et je n'ai pas l'habitude de faire son éloge dans le dernier livre d'Edouard Philippe. Edouard Philippe dit « Un président de la République, c'est quelqu'un qui ne prend pas un nombre immense de décisions mais qui trace une ligne claire et qui vérifie que les décisions qui sont prises par d'autres que lui s'y conforment. » Moi, je pense que c'est la meilleure définition. Je pense que le général de Gaulle, c'était ça. Georges Pompidou, c'était ça. Même Valéry Giscard d'Estaing, vous avez vu le portrait que je fais de lui, j'ai beaucoup de critiques sur le fond.
C'est-à-dire que je pense qu'il a été, mais c'était intellectuellement voulu et conceptuellement pensé, il a été celui qui a cru que l'histoire était finie et que nous étions dans une nouvelle ère parce qu'on s'était débarrassés de nos vieux conflits avec nos adversaires millénaires, l'Angleterre et l'Allemagne et que comme nous étions en paix avec nos voisins et adversaires séculaires, on pouvait passer à autre chose et le bonheur, la quête du bonheur individuel serait le nouveau graal de la politique. Alors que de Gaulle disait encore je crois je ne sais plus qui le bonheur c'est pour les imbéciles en politique. Vous voyez la différence d'univers.
Si vous voulez, de Gaulle est près de Churchill et Giscard est près de Kennedy. C'est deux mondes, deux époques. Mais il n'empêche qu'il l'avait conceptualisé. Pour moi, un président, c'est ce que dit Edouard Philippe. Il a deux, trois grandes lignes, il sait où il veut aller mais il n'est pas obligé de mettre les mains dans le cambouis tous les jours. Ça c'est une vision dévoyée du président de nos... Vous connaissez le mot de Borloo sur Nicolas Sarkozy, le mot le plus drôle sur Nicolas Sarkozy qui disait c'est le seul type qui s'est fait élire président de la République pour devenir Premier ministre. C'est un mot très juste mais qui pourrait s'accorder à Emmanuel Macron.
Donc pour vous, la rupture, elle date de Nicolas Sarkozy. C'est lui qui était un président hyperactif.
Oui, ça avait commencé avant mais c'est surtout le quinquennat pour être honnête. Je pense que le quinquennat, j'ai voté contre, je suis assez fier avec le recul. Je pense que le quinquennat... Oui, il faut applaudir parce qu'effectivement on n'était pas nombreux. Le quinquennat a été une catastrophe mais bon, en même temps, est-ce que les présidents avaient le niveau des anciens ? Je ne suis pas sûr non plus. Vous savez, quand Giscard, peu de temps avant sa mort, a vu Macron, il lui a dit vous êtes brillant, vous auriez mérité de servir un grand président.
Vous avez en plus des talents d'imitateur incroyables.
Ce n'est pas dur, Giscard. Et donc pour moi, un président, c'est ça. C'est celui... Et d'ailleurs, si vous voulez, pour répondre à votre question, je ne sais pas si je passerai de l'un à l'autre ce que vous avez décrit mais en tout cas, ce dont je suis sûr, c'est que depuis un mois, j'essaye et je crois que j'ai en partie réussi de mettre le sujet, de mettre le débat au niveau présidentiel. C'est-à-dire, en tout cas, pour moi, une présidentielle, ça parle du destin de la France. Ça parle de la France à 20 ans. Qu'est-ce que doit devenir la France ? Je pense que je fais ça. Et d'ailleurs, vous voyez les autres politiques qui me disent « Ah, mais qu'est-ce qu'il fait ?
» « Ah, il ne comprend rien, il ne sait pas ce que c'est. » « Je ne vais pas la citer encore, mais la politique, c'est faire. » Ben non. Ben non, le président de la République, ce n'est pas faire. savoir que faire, ce n'est pas exactement la même chose.
Alors, candidat, Éric Zemmour.
Passons à autre chose.
Question de Joker. Alors, on va maintenant rentrer dans le fond. La start-up Nation de 2017 finit en Épad Nation en 2022 au sortir de cette crise sanitaire qui a durablement fragilisé les esprits à défaut d'avoir finalement détruit économiquement notre pays qui s'en sort probablement mieux que prévu à coup de milliards d'euros de subventions publiques. Cela suffira-t-il néanmoins pour se relever durablement d'une politique qui a consisté à sacrifier pendant deux ans les enfants, les jeunes, les actifs au profit des retraités ?
Alors, grande question que cette épidémie et que nos réactions. D'abord, moi, je vais vous dire, j'ai une conviction. Alors, je ne sais pas si vous serez d'accord. Je pense que rien ne se serait passé comme ça s'est passé si l'origine n'avait pas été chinoise et si on n'avait pas tous imité un pouvoir communiste totalitaire. Je suis convaincu de ça. D'ailleurs, j'ai déjà dit à la télévision que je considérais que c'était la marque que décidément la Chine allait influencer le monde entier pendant tout le XXIe siècle. Je fais référence évidemment aux États-Unis d'après la Première Guerre mondiale.
Très vite, les meilleurs esprits, c'est-à-dire Paul Morand, Paul Valéry, Robert Aron, comprennent très vite dès 1920 que les États-Unis sont la grande puissance à venir et qu'ils vont imposer leur modèle culturel au monde entier. Je pense que nous vivons un moment comparable avec cette épidémie et la Chine. Et que le fait qu'on imite tous la Chine, confinement, enfermer des gens pendant des mois pour un virus qui certes est mauvais et qui certes évidemment chaque personne morte est un drame mais qui tue une quantité infime par rapport à d'autres épidémies phénoménales qu'on a connues dans le passé. Et d'autres maladies aussi d'ailleurs. Et d'autres maladies.
Donc là, il y a une surréaction qui tient vraiment à l'influence de la Chine et évidemment au système médiatique tel qu'il est devenu. Bon, ça c'est une première chose. La seconde, la deuxième, c'est que il y a, je pense, pour la France un avant et un après. C'est-à-dire que il y a eu une prise de conscience de notre tiers-mondisation. Moi, je suis convaincu de ça. Et je n'emploie pas ce mot au hasard. On pourrait développer ce terme de tiers-mondisation, c'est-à-dire un mélange d'appauvrissement, de déclassement et une espèce d'irrationalité du débat. Ce mélange vraiment de tiers-mondisation. Et je pense que les Français ont vraiment pris conscience là du déclin de notre pays.
Tout peut paraître anecdotique. Les masques, les respirateurs, tous ces manques qu'on a connus, je ne peux pas vous refaire l'histoire. L'hôpital, le système santé français qu'on croyait le meilleur du monde, etc. Je ne vais pas vous refaire toute l'historique parce que ça nous mènerait jusqu'à minuit. Si Batendai qui dit qu'elle ne sait pas mettre un masque, ça pour moi, ça sera le résumé de toute cette histoire. parce que même moi qui suis le plus malhabile des hommes, je sais mettre un masque. Donc c'est dire où on en est. Enfin bref, je ne vais pas vous faire le... Mais il y a deux choses. Il y a un, le mélange de pathos, de pseudo-lyrisme et de brutalité.
Ça, c'est vraiment la marque de fabrique d'Emmanuel Macron. Nous sommes en guerre. Nous sommes en guerre six fois. Six fois. Grotesque. En grotesque. Au moins, au moins, François Hollande, au moins, François Hollande, quand il a dit nous sommes en guerre, c'était après le Bataclan. Là, il avait raison. Oui, c'était un acte de guerre. Mais franchement, être en guerre contre un virus, c'est d'une bêtise crasse. Je n'ai jamais vu ça. Donc, ça, et puis ensuite, les injonctions contradictoires permanentes, je passe. La deuxième chose, la troisième chose, maintenant, c'est comment on le reçoit nous. J'ai beaucoup lu des choses sur on ne supporte plus la mort, j'ai beaucoup lu ça. Bon.
Ce qui est vrai, c'est que, j'en ai discuté avec des médecins, d'ailleurs, c'était assez intéressant. On a beaucoup comparé à la grippe hongkongaise de 68. Mais j'ai un ami médecin qui m'a dit, mais en 68, il n'y avait pas de respirateur atypiciel. ça n'existait pas. Donc, aujourd'hui, en fait, les gens n'acceptent plus de ne plus être soignés avec les moyens les plus modernes et les logiques. Ça, c'est sûr. Mais est-ce que on a changé notre rapport à la mort ? Je sais que j'ai beaucoup lu ça. J'ai beaucoup lu que les gens n'acceptaient plus la mort, etc. Moi, je ne suis même pas sûr de ça.
Je pense surtout qu'il y avait un décalage entre ce que les Français pensaient naïvement, c'est-à-dire, on a un bon système de santé, donc, ce n'est pas une maladie si terrible que ça, et donc, on va être bien soignés, et le regard éberlué qu'ils ont porté sur, mais c'est ça la France. Vous voyez ? Je pense que c'est vraiment ça. Les gens ne croyaient pas à cela, ne croyaient pas à leurs yeux. Au début, vous vous souvenez, ça a commencé avec l'Italie en Europe, on a rigolé, comme d'habitude avec les Italiens, on est d'une bêtise avec les Italiens crasses, on se moque toujours des Italiens. Ils se débrouillent souvent beaucoup mieux que nous.
Mais ça ne fait rien, on a dit, c'est les Italiens.
Il y a aussi le phénomène médiatique quand même qui a épouvanté les gens.
Mais bien sûr, Salomon tous les soirs sur les chaînes info. Ça, on s'en souvient, ça c'est sûr qui égrène le nombre de morts. Mais ça confirme ce que je dis toujours. C'est-à-dire que nous vivons à une époque où la puissance de feu de la propagande officielle et officieuse d'ailleurs est sans commune mesure avec ce que nous avons connu dans le passé.
Au point d'avoir carrément abandonné nos vieux et nos personnes des LGV. Alors c'est très paradoxal.
En même temps, on les abandonne et en même temps, on enferme tout le monde pour les protéger. C'est le en même temps macronien.
Voilà. Alors, passons à cette crise sociale que vit notre pays qui s'illustre par l'accélération de l'appauvrissement économique des classes populaires, la fameuse France périphérique dont on parlait souvent, mais aussi par l'éclatement de la cellule familiale, la montée de la violence. Quelles sont selon vous les différentes causes de ce mal qui rongent les sociétés occidentales ? Alors,
c'est les sociétés occidentales mais plus particulièrement la France. Société occidentale, oui, l'analyse de Guy, lui, est indépassable. C'est-à-dire que il y a dans tous les pays occidentaux un phénomène de métropolisation. Les flux mondiaux ne passent que par les métropoles et donc il y a toute une partie de la population qui est marginalisée et qui est éloignée des centres où est diffusée la richesse mondiale, les métropoles, qui ne peuvent pas y vivre parce que c'est trop cher, qui ne peuvent pas vivre non plus à proximité dans les banlieues. C'est là qu'on vivait ailleurs avant.
Quand on n'était pas très riche, on vivait à proximité dans les banlieues et on pouvait aller travailler en ville, dans la grande ville. Mais aujourd'hui, deuxième phénomène, l'immigration qui a chassé les Français des banlieues et donc les Français des classes populaires qui sont obligés d'être à 100 kilomètres. C'est le fameux gilet jaune. Donc en fait, et nous, on a un phénomène spécifique en France qui peut d'ailleurs être rapporté de certains coins des Etats-Unis et du nord de l'Angleterre, c'est-à-dire la désindustrialisation.
La désindustrialisation a fait que les gens qui étaient déportés à 100 kilomètres à cause de l'immigration de la banlieue, en plus, ne trouvaient pas de travail parce que les usines qui étaient là et n'étaient plus là. Et que les usines n'étaient plus là pour deux motifs essentiels, pas trois. Le premier, l'entrée de la Chine couplée avec une politique de francfort et de puits d'eurofort pour la productivité française, pas pour les Allemands, évidemment, avait laminé l'industrie française. Deux, le poids des charges sociales énormes avait poussé les grands groupes à délocaliser ailleurs.
Et, si vous voulez, là, on avait une désindustrialisation complètement incroyable qui n'a pas d'équivalent en Europe. C'est-à-dire que, vous connaissez tous les chiffres, la richesse, la part de l'industrie dans le PIB en France est tombée de 20 à 12 ou 13 et en Allemagne, c'est 24% et en Italie, c'est aussi entre 20 et 24%. Donc, les Italiens et les Allemands, malgré la mondialisation, ont maintenu leur tissu industriel. Pas nous. Pour deux raisons. La première, nos élites, toujours plus intelligentes que les autres, qui étaient persuadés que l'industrie était dépassée et qu'il n'y avait plus que l'air des services.
et deuxièmement, parce que nous avons payé notre fameux modèle social à crédit pendant 20 ans et sur le dos des entreprises et de l'alourdissement permanent des charges sociales et des charges sur les entreprises. Et ce modèle social, pourquoi il est devenu absolument insupportable ? Pour, là aussi, plusieurs raisons. La première, c'est que les Français, globalement, travaillent moins que les autres. Je dis bien globalement, c'est-à-dire que les jeunes rentrent trop tard dans la vie professionnelle, les vieux sortent trop tôt. Quand je dis les vieux, je me mets dedans, évidemment. Je préfère d'avance. Et ça, c'est une première chose.
Donc, il y a moins d'activité, donc il y a moins de richesse et donc il y a moins de bases imposables. Deux, parce que c'est souvent mal géré, il y a une fraude sociale énorme. Que Pratt s'évalue, vous savez, le fameux magistrat autour de 50 milliards. Et trois, parce que notre modèle social est ouvert au cas de vent. Et que le monde entier vient se faire soigner, se faire rembourser, prendre nos subventions, etc. Le monde entier. Et donc, on arrive à des dépenses sociales qui avoisinent les 750 milliards, 30% du PIB. Et donc, tout ça doit être payé soit par les entreprises charges sociales et les salariés d'ailleurs, soit par la dette. Et on plonge comme ça depuis 20 ans.
On devient de moins en moins compétitif. On sait que, si vous voulez, il y a un déficit, on a un déficit commercial. On n'a pas été en excédent commercial depuis 2005. Et depuis, ça s'alourdit. Ça finit. Au début, moi je me souviens, il y a 20 ans, on disait, on a un déficit commercial, mais c'est pas grave parce que notre balance des paiements est excédentaire et qu'ainsi, on compense avec les services, avec le tourisme, etc. En vérité, ce n'est plus le cas. Et donc, on a également des déficits de balance des paiements qui s'aggravent. Et qu'est-ce qui arrive ?
C'est qu'à force d'avoir des déficits de balance des paiements, on a ce qu'on appelle la position extérieure nette, qui est la somme de ce qu'on possède sur les autres et de ce qu'on est possédé, si j'ose dire, qui est en grave déficit. On atteint aujourd'hui les 695 milliards, 30% de notre richesse nationale, qui est détenue par les autres. Et on est en négatif. Pour vous donner une idée, l'Allemagne, elle, est en positif de 2700 milliards d'euros. Là, ce n'est plus un gouffre. Et donc, qu'est-ce qu'on fait ? On travaille pour se vendre aux autres. Les autres nous achètent petit à petit. Et c'est ça le drame, c'est ça l'appauvrissement. Vous voyez, c'est un des éléments majeurs.
En fait, les Français ont compris, au hasard d'une crise, d'une épidémie, l'étendue du déclin.
Oui, alors, vous décrivez, vous avez fait une démonstration économique très claire dont je vous remercie parce que rarement, je ne comprends pas bien ce genre de démonstration. Mais là, c'était très clair. Merci. Mais je voulais surtout que vous nous parliez de la souffrance sociale qui remonte quand même à de nombreuses années et qui probablement trouvent ses racines aussi dans peut-être la culture du matérialisme, dans la culture de l'individualisme. Là-dessus, qu'est-ce que vous répondez à ça ? Alors,
je pense qu'il y a deux choses. Il y a d'abord un appauvrissement matériel. Vous savez, en 1980, la richesse nationale par habitant française était supérieure à l'allemande et à l'américaine. Donc, pour être heureux, il faut être riche. 40 ans plus tard, attendez, 40 ans plus tard, on est, le même chiffre, la richesse nationale par habitant est inférieure de 15% par rapport aux Allemands et de 40% par rapport aux Etats-Unis. Donc, il y a un appauvrissement matériel. Avant de parler d'immatériel, de spirituel, on va en parler, mais d'abord, il y a ça. Et il y a un appauvrissement, c'est la fameuse tiers-mondisation dont je vous parlais tout à l'heure.
C'est un des éléments de la tiers-mondisation. Et deuxièmement, là, vous avez raison, évidemment, il y a un appauvrissement spirituel, il y a une déchristianisation, il y a une matérialisation, il y a le fait que tout passe par la consommation. Mais, vous savez, ce n'est pas une critique neuve. On entend ça depuis les années 50-60 et même, on entendait ça dès les années 20-30 avec le fameux modèle américain. Le livre de Robert Aaron s'appelait le cancer américain. Déjà, on critiquait, c'est plutôt une critique de droite d'ailleurs, et très justifiée. Déjà, on critiquait le matérialisme et le fait qu'il y ait une perte de sens spirituel. Je suis tout à fait d'accord avec ça.
L'agrégation de la famille, exactement, etc., etc., l'individualisme, les ravages de l'individualisme. Mais cette critique, elle n'est pas neuve, c'est ça que je veux dire. Ça ne veut pas dire qu'elle est fausse, ça veut dire qu'elle n'est pas neuve. Aujourd'hui, je pense qu'il y a autre chose. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a une... mais on va en parler peut-être après, il y a une remise en cause des fondamentaux, des structures les plus évidentes, c'est-à-dire la famille, mais aussi le sexe, masculin, féminin, la patrie, etc. Donc, vous voyez, je pense que c'est cette remise en cause-là qui désarçonne et qui déstabilise les gens.
Plus que l'individualisme, le consumérisme, franchement, ça fait 50 ans qu'on entend ça. Vous voyez, donc je ne dis pas que c'est bien.
Non, c'est vrai, mais quand on dit que la France est le premier pays consommateur d'antidépresseurs en Europe, ça ne remonte pas à la crise de Covid-19.
Non, ça ne date pas du Covid-19, vous avez raison. Je ne suis pas sûr que ça soit lié non plus, je vais vous dire, je ne vais peut-être pas aller dans le sens du poil de la salle, mais je ne suis pas sûr que ça vienne seulement, je dis bien seulement, parce qu'il est évident que les destructions familiales sont pesantes pour les gens, en particulier pour les enfants, etc. Je suis tout à fait, je n'en dis ce qu'on vient nullement. Mais je pense que quand on dit, par exemple, vous savez, on se gosse toujours, de « Ah, les Français sont les plus pessimistes », après les Irakiens, on entend ça beaucoup dans le discours médiatique et des élites.
Moi, je vais vous dire, je pense, mais c'est ma grise d'analyse, je pense que les Français ne sont pas malheureux dans leur vie personnelle. Ils sont inquiets pour leur pays. Je pense vraiment que ce qui les rend terriblement pessimistes, c'est le sort de leur pays. et ils craignent vraiment que leur pays disparaisse, qu'ils soient remplacés par une autre civilisation, par un autre peuple. Moi, je pense que c'est ça qui les rend très pessimistes. C'est la phrase, vous savez, de Pierre Nora, l'historien, « Les Français savent qu'ils ont un futur, mais ils pensent qu'ils n'ont pas d'avenir ». C'est ça que nous devons combattre.
Et je pense que c'est vraiment dans ça qu'il y a ce pessimisme français. Ce pessimisme français, il est une angoisse sur la France.
Oui, alors, justement, en parlant d'angoisse et de pays qui s'effacent, on a une nouvelle mode qui est arrivée en France, la fameuse culture walk. On court toujours derrière les modes américaines qui consiste à détruire à marche forcée tous les fondements culturels d'un pays. Alors, nous, en France, on a de quoi être inquiets parce qu'avec notre passé colonial et une forte immigration de fraîche date à intégrer, c'est quand même un poison mortel qui nous menace, non ?
Alors, ça, je pense, effectivement, si vous voulez, pour faire le lien entre la précédente question et la nouvelle, il y a une double peine. C'est-à-dire qu'il y a des gens qui sont pauvres, qui ont du mal à boucler les fins de mois, qui, comme, si vous voulez, il y a une désindustrialisation, il y a des charges sociales trop importantes, on ne peut jamais augmenter le salaire net en France. Moi, je suis très frappé qu'en France, le salaire net soit aussi faible par rapport au salaire net allemand, par rapport au salaire net suisse. Qu'est-ce qu'ils ont de plus ? Alors, évidemment, ils travaillent, je vous dis, plus nombreux.
Ils partent à la retraite plus tard et ils ont plus d'entreprises, ils ont gardé leur industrie. Vous voyez, il y a un appauvrissement des gens et donc effectivement une misère matérielle et il y a effectivement la culture woke qui vient par-dessus, qui est omniprésente par tous les canaux de la propagande, c'est-à-dire la télévision publique, la télévision en général, les affiches dans la rue, le cinéma. C'est-à-dire que c'est une propagande tous azimuts et qui nous explique que la France est coupable de tous les crimes de l'humanité. Ils font la même chose aux Etats-Unis, je vous rassure, et en Angleterre. Et j'ai même découvert cet été, je lisais un livre sur l'Espagne.
C'est la même chose aussi en Espagne. Donc c'est vraiment en Occident. Donc la France est coupable de tous les crimes de l'humanité, elle doit se repentir sans cesse. Et tout ce qui était considéré comme les choses les plus stables du monde, je disais tout à l'heure, un homme, une femme, là ce n'est fini, tout doit être mouvant, fluide, remis en question. Ça c'est une vraie souffrance pour les gens. Parce qu'en plus, vous savez, on dit aujourd'hui que 20% des enfants ne savent pas s'ils sont des garçons ou des filles. On m'a beaucoup reproché d'avoir été violent avec Jean-Michel Blanquer.
Moi j'estime que c'est lui qui en s'aidant à cette folie du transsexualisme pour les enfants est très violent. On va en parler juste après. Mais ça fait partie de la culture woke. Oui, oui, oui. Si vous voulez, la culture woke, le fameux éveillé, là, ça devrait vous parler. Nous sommes les éveilleurs, nous. Voilà, ils vous ont copié. Voilà. En fait, qu'est-ce que c'est ? C'est une machine à culpabiliser l'homme blanc hétérosexuel catholique ou protestant aux Etats-Unis. C'est une machine. Et pourquoi on veut le culpabiliser ?
On veut le culpabiliser pour pour qu'il soit tellement plein de culpabilité que la seule façon de se débarrasser de cette culpabilité c'est de se débarrasser de sa culture, de sa civilisation et de se soumettre à une autre culture, à une autre civilisation. C'est ça le but du jeu. Le but est là. Le but n'est pas... Il est lié au grand mouvement démographique de migration. Tout ça est lié. On veut culpabiliser l'homme blanc hétérosexuel pour qu'il soit... pour qu'il accepte son remplacement. Il faut bien comprendre la logique perverse de tout ça. On peut aussi détester son histoire. Mais... On le délaisse de son histoire parce que c'est plus facile après de l'achever.
Et en plus, on le délaisse pas de son histoire. On lui raconte une autre histoire. On lui raconte... Moi, ça m'amuse beaucoup parce que je me suis permis d'écrire un ou deux livres d'histoire. Et évidemment, on m'a expliqué que j'étais un révisionniste. Évidemment, ça les embête. On m'a dit... Oui, il cite des historiens qui n'existent pas. Non. C'est des historiens qui ont été mis au placard par le politiquement correct universitaire. Évidemment, ça les embête quand on exhume des historiens qui racontent une autre histoire que celle qu'on raconte à nos enfants. Alors évidemment, on est un révisionniste. Donc si vous voulez, c'est pas qu'on nous enlève l'histoire.
On nous raconte une autre histoire où le peuple français doit de lui-même dire bon ben ça va, on veut mourir, où est-ce que c'est ? Où est le cimetière ? Qu'on se jette tous et comme ça, vous serez tranquille.
C'est ce qu'on appelle l'historiquement correct d'ailleurs. Absolument. Il est bien. Il est pas mal. Puisque vous parlez de grands remplacements, cette question, on en parlait tout à l'heure, mais finalement, vous criez beaucoup aux grands remplacements et pourtant, vous ne parlez pas de l'autre racine du mal qui est quand même notre faible taux de natalité, qui est l'évolution de nos mœurs occidentales et qui finalement se confrontent à une pression démographique très forte qui est présente notamment au Maghreb et en Afrique. Alors, qu'est-ce qu'on fait ? On peut mettre des barrières partout, mais si on fait pas d'enfants ? Vous savez,
ça c'est toujours une question, vous voyez, en fait même vous, vous êtes woke. Ah non. Mais si, mais si. Mais si, je vais vous dire pourquoi. Ah vous êtes dur. Parce que même vous, vous battez votre culp. Ah, c'est parce qu'on fait pas d'enfants qu'on est envahi.
Non, non, moi j'en ai eu six.
C'est bien. Moi avec mes trois, je suis ridicule, je suis un petit joueur. Ah c'est déjà pas mal. Non mais, sérieusement, j'entends bien l'histoire de la natalité, j'entends bien qu'un peuple doit se renouveler, qu'il doit avoir au moins deux enfants, virgule un par femme. J'entends bien tout ça, qu'une population dynamique, c'est une population jeune, etc. Je veux bien. Mais, c'est pas parce que les français font moins d'enfants à un moment de leur histoire. Ils ont fait énormément d'enfants au 17ème siècle et au 18ème siècle. Et ils ont fait très peu d'enfants au 19ème siècle. Ça leur a coûté déjà très cher. C'est pour ça qu'il y a les guerres avec l'Allemagne.
L'Allemagne, à l'époque, a une démographie exubérante. Et donc, elle attaque la France qui ne fait pas d'enfants. Donc, j'entends bien tout ça. Mais, il n'empêche que c'est pas pour autant qu'il faut se laisser envahir. Il faut quand même, même si, dans un premier temps, on comprend qu'il y a une baisse de la natalité française, il faut quand même arrêter l'invasion qui guette. En 14, ils ne se sont pas dit « Ah ben, on ne va pas se battre puisque de toute façon, on est 40 millions et que les Allemands sont 60. » Non, ils se sont battus. Donc, si vous voulez, il faut arrêter les flux migratoires car nous subissons une invasion inédite dans l'histoire. Je donne toujours les rapports de force.
En 1900, il y a 400 millions d'Européens, il y a 100 millions d'Africains. Ça donne la colonisation. Aujourd'hui, un siècle plus tard, il y a 400 ou 500 millions d'Européens, il va y avoir en 2050 2 milliards d'Africains. Le rapport est toujours de 1 à 4. Vous voyez, c'est simple, on fait le mouvement inverse. Donc, soit on accepte et on est... Vous savez, je suis très frappé depuis des années, il y a toujours un responsable politique qui dit « L'Europe, c'est l'Amérique » et ils font un long island des immigrants. Ils oublient simplement que les immigrants, ils ont remplacé qui ? Les Indiens. Donc, si on veut être les Indiens, il faut savoir ce que l'on veut.
Continuons comme ça et on sera les Indiens. C'est déjà ce qui se passe. Vous avez vu le rapport de France Stratégie. C'est très simple. Vous avez des villes de vieille immigration depuis 40 ans, c'est-à-dire toutes les banlieues, etc. Où c'est réglé. Le remplacement est terminé. Vous savez, entre les enfants entre 0 et 18 ans, ils sont 80 à 85% d'immigration extra-européenne.
Bon.
Là, c'est plié. Il ne suffit plus que le remplacement se fasse, que le remplacement des générations. Puis, vous avez des villes qui étaient épargnées. Vous aviez en Bretagne, Nantes, Rennes, vous aviez des villes un peu retirées, Limoges. C'est les exemples qu'ils donnent dans l'étude de France Stratégie. Et là, vous avez 20% des enfants de 0 à 18 ans qui viennent de l'immigration extra-européenne, c'est-à-dire ce qui était dans les banlieues il y a 40 ans. Voilà. Notre destin, il est écrit si on n'arrête pas cela. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a une course poursuite entre la démographie et la politique.
Soit la politique ne fait rien et c'est la démographie qui l'emporte et on a la créolisation de Jean-Luc Mélenchon, c'est-à-dire l'islamisation, soit la politique arrête le phénomène démographique.
On a le choix. Alors, éventuellement, on reviendra là-dessus un petit peu plus tard, rapidement, sur effectivement comment ce qu'on fait. vous avez parlé de culture LGBT tout à l'heure. Je voudrais vous entendre sur deux fléaux qui ont probablement détruit l'école de la République. Vous avez d'abord le communautarisme islamique qui contraint de plus en plus l'enseignement. On a malheureusement célébré récemment l'assassinat de Samuel Paty et on a l'idéologie LGBT qui a envahi les programmes scolaires. Alors, pouvez-vous me dresser en état des lieux et tenter de nous expliquer comment on a pu en arriver là ? Je vais vous dire
ce qui a d'abord détruit l'école c'est l'effondrement du niveau scolaire. C'est la première chose. Depuis 40 ans, c'est un effondrement continu. On a aujourd'hui, grâce aux comparaisons internationales, l'étendue des dégâts et ça touche tout le monde. C'est-à-dire qu'on a renoncé à l'école de l'excellence, on a renoncé à l'école du mérite, la vraie école républicaine dont moi, j'ai bénéficié quand j'étais enfant. On a renoncé à cela pour un discours soi-disant démocratique, soi-disant de, vous savez, l'objectif de l'école n'était plus la transmission des savoirs mais la réduction des inégalités sociales. Non. La République, ce n'est pas cela. La République, c'est le mérite.
C'est-à-dire qu'on dégage une élite, on enseigne à tout le monde, tout le monde avec ses moyens intellectuels peut progresser et on dégage après des gens qui réussissent plus ou moins bien. Et tout le monde a le droit à l'excellence. C'est ça la République. C'est pas tout le monde est nul, comme ça tout le monde reste dans l'école. Ça n'a rien à voir. Donc, je pense que c'est la première chose. Et l'effondrement du niveau entraîne la perte, la baisse de culture, donc la baisse de capacité de jugement et donc permet à des idéologies de s'emparer des cerveaux des enfants qui n'ont plus d'anticorps intellectuel. Mais permettez-moi ça a été fait pour ça.
C'était le but du jeu et comme d'habitude on arrive toujours à la fin des parties. Mais c'est quoi l'objectif ? Mais le but du jeu c'est exactement ce qu'on vit.
C'est-à-dire que comme on a des enfants qui ont moins de capacité de jugement parce qu'ils ont moins de culture, comme on a des enfants qui ne savent plus ce qu'est la France ou alors quand ils le savent ils pensent qu'elle est criminelle je pourrais vous raconter pendant des heures ma propre expérience avec mes propres enfants ce que les professeurs leur apprennent je suis obligé de les rattraper par le col c'est toujours la France criminelle la France coupable donc si vous voulez on leur apprend ça et ensuite comme ils ont un niveau inférieur à part une petite élite qui arrive à garder le niveau d'avant j'ai regardé j'ai trouvé une étude très intéressante sur le niveau en fait en 1987 et en 2017 en 1987 les 10% les meilleurs sont capables de faire des choses et en 2017 ceux qui sont capables de faire la même chose que les 10% ne sont plus que 1% c'est à dire que la base s'est effondrée et que le quota d'excellents élèves s'est raréfié c'est ça notre pays aujourd'hui ça c'est vraiment la première c'est ça la catastrophe française c'est ça la tiers mondisation aussi c'est ça la tiers mondisation alors si vous me dites que l'immigration a aggravé tout ça parce qu'on a fait venir des millions de gens qui ont un bagage socioculturel assez faible oui mais c'est quand même nous c'est quand même notre école là je vous rejoins ça c'est une première chose la deuxième vous avez raison dans cette école sinistrée on a répandu les idéologies LGBT c'est c'est très révélateur LGBT parce que LGBT a pris possession du mouvement féministe et l'a complètement dirigé vers la théorie du genre vers le transsexualisme ce qui provoque d'ailleurs des réactions de certaines féministes historiques très intéressantes qui se font insulter et donc le mouvement LGBT qui n'a rien à voir avec la plupart des homosexuels parce que ça aussi ils sont très forts ils vont faire croire que tous ceux qui critiquent le lobby LGBT sont des homophobes c'est leur grand truc ça ils sont dix dans une salle ils inventent des théories fumeuses et quand on critique leur théorie ils disent oh là là là c'est parce qu'on est homosexuel bah non mais non c'est votre théorie qui sont fumeuses c'est pas pareil
mais alors pardon parce que j'avance mais la culture LGBT donc vous en parlez dans les programmes scolaires pardon moi je vais peut-être vous laisser terminer oui mais elle a aussi envahi la sphère médiatique les plateformes streaming la publicité même le droit positif alors qu'en réalité c'est défendu par une minorité mais comment fait-on pourquoi ne se défend pas pourquoi est-on lâche à ce point-là à défendre ne serait-ce qu'un chose commun
il y a un affaiblissement du caractère j'ai déjà mis jadis étudier ça dans un livre qui est le premier sexe alors maintenant j'ai vu que madame Pécresse et monsieur Castaner épluchaient mon livre 15 ans après il est jamais trop tard pour essayer de tirer quelques phrases pour montrer à quel point je suis horrible donc je dénonçais cela déjà je dénonçais ce que j'appelais la dévirilisation et donc le manque de caractère mais profondément je pense que là si vous voulez nous avons une situation très particulière historiquement je veux dire par là que en fait au 19ème siècle tout le monde connaît le grand Tocqueville qui a fait une analyse très brillante des conséquences de l'avènement de la démocratie et Tocqueville a expliqué que le risque c'était la dictature de la majorité et pour contrer la dictature de la majorité il a expliqué toujours esprit fin et grand écrivain qu'il fallait mettre des contre-pouvoirs alors les contre-pouvoirs c'était dans son esprit la justice ce qu'il n'appelait pas la décentralisation mais ça voulait dire ça les élus locaux vous voyez et les associations sauf que 100 ans plus tard 150 ans plus tard on a retourné Tocqueville c'est à dire qu'aujourd'hui les contre-pouvoirs sont devenus les pouvoirs les juges se prennent pour des des justiciers à main pure aux mains pures les les élus locaux beaucoup se prennent se jouent grands féodaux et les minorités les associations instrumentalisent la justice pour imposer leur volonté et instrumentalisent les médias instrumentalisent tout ce qu'on a dit toute la toute la la machine de propagande médiatique à leur service donc en fait si vous voulez on a retourné l'analyse de Tocqueville pour imposer la dictature des minorités et la dictature des minorités sur une majorité qui n'en peut mais oui mais tout le monde est terrorisé tout le monde le moindre politique n'ose pas dire le début le monde est terrorisé parce que ils ont à leur service l'arme médiatique et l'arme judiciaire et l'état quand il est dans la main d'Emmanuel Macron est aussi leur fer de lance et désormais vous avez vu ils ont aussi la commission européenne de Bruxelles qui est à leur service quand il y a des états qui se révoltent justement contre sa dictature des minorités on pense évidemment à la Hongrie et à la Pologne elles sont tensées par la commission de Bruxelles qui leur fait le chantage absolument ignoble aux subventions européennes donc vous voyez les ramifications sont puissantes et sont nombreuses
vous parliez tout à l'heure de la difficulté de s'attaquer au lobby LGBT parce qu'effectivement on pouvait être taxé d'homophobe alors il y a eu ces dernières années notamment ça a été un combat qui a été porté à Versailles en particulier le combat contre la loi dite Taubira et c'est quand même ça a été une défaite absolument à la fois politique peut-être pas culturelle mais politique à l'évidence et dans votre ouvrage vous vous moquez d'ailleurs un peu de cette France bien élevée qui a défilé pourquoi ce combat était si magistralement perdu alors qu'il était porté par des millions de gens
pour plusieurs raisons d'abord je dis d'ailleurs dans le livre et c'est horrible ce que je dis d'ailleurs je m'en rends compte quand je l'écris c'est tout simplement parce que les manifestants étaient pacifiques et qu'ils n'ont rien cassé et c'était la première raison parce que le pouvoir n'a pas eu peur et comme il n'a pas eu peur il n'a pas cédé et ça a permis à François Hollande de se la jouer homme de gauche ça c'est la première chose deuxième chose je pense que il y a un si vous voulez la sociologie de la manif pour tous était plutôt bourgeoise dans ma bouche c'est pas une insulte je suis moi-même devenu un bourgeois ce que je veux dire c'est que je pense qu'en France et c'est tout le sens de mon combat actuel on ne gagne contre les forces qu'on a en face de nous que s'il y a une alliance entre la bourgeoisie patriote et les classes populaires merci c'est la grande thèse ils sont d'accord avec moi les classes populaires sont restées étrangères à ce combat c'est triste parce que moi vous savez que j'étais à vos côtés et que sur les plateaux télé j'ai mené ce combat farouchement mais j'ai bien senti et vous confirmez dans les sondages que les classes populaires n'ont pas suivi qu'elles ont estimé que c'était un combat vain c'est pour ça qu'aujourd'hui je pense que il faut trouver les axes qui rassemblent ces deux sociologies et je pense que le sujet qui rassemble ces deux sociologies c'est la question au sens large identitaire et de l'immigration je pense que c'est le sujet qui rassemble et donc nous devons nous devons c'est ce que je fais porter ce thème parce que c'est celui qui va nous permettre de balayer tous nos adversaires les autres combats qui sont pas moins importants qui sont importants aussi vont plutôt nous faire perdre vous voyez donc je pense qu'il faut avancer avec le thème qui rassemble ensuite nous verrons bien mais je pense que c'est ça la bonne tactique
alors on parlait tout à l'heure d'Europe j'avance et on va revenir à l'Europe parce que vous avez changé radicalement une de vos positions un peu je dirais historique peut-être sur la monnaie unique vous avez longtemps soutenu que la sortie de l'euro était le seul moyen de mettre un point d'arrêt à notre déficit commercial qui a quand même atteint 67 milliards d'euros en septembre vous le rappeliez tout à l'heure pourquoi ce revirement
pour deux raisons d'abord je vous l'ai dit et je l'ai écrit je pense que la question proprement souverainiste et donc de l'Europe de l'euro etc est la question des années 90 et moi vous voyez je suis comme la manif pour tous j'ai aussi des défaites et donc nous avons perdu cette bataille Maastricht et les années suivantes aujourd'hui je pense que la question urgente urgentissime est la question identitaire vous savez c'est Rousseau qui explique ça très bien les polonais lui demandent que faire ils sont vous savez ils ont eu les fameux partages de la Pologne en 1783 je crois et 1792 j'espère que je ne me trompe pas ils sont partagés entre la Russie la Prusse et l'Autriche et donc ils demandent les élites polonaises demandent à Rousseau qu'est-ce qu'il faut faire et Rousseau dit vous avez perdu la souveraineté il faut sauvegarder votre identité parce que un jour ainsi si vous gardez votre identité vous pourrez retrouver votre souveraineté je pense que nous en sommes là notre souveraineté a été largement réduite si j'ose dire puisqu'on a distribué généreusement à l'Europe des pans entiers de notre souveraineté et là maintenant c'est notre identité qui est en cause donc il faut sauvegarder notre identité pour recouvrer petit à petit notre souveraineté ça c'est la première raison deuxièmement deuxième raison tactique que je vous ai dit discuter de l'euro aujourd'hui on l'a vu en 2017 ça divise l'axe sociologique que je souhaite rassembler vous avez vu donc donc c'est pas la peine troisièmement et là on est sur le fond je pense effectivement que la politique de Francfort puis l'entrée dans l'euro a été une des causes de la désindustrialisation française je maintiens cette analyse mais je pense aujourd'hui que en sortir ça causerait un nouveau pourment et voilà un nouvel affaiblissement par ailleurs il faut dire que la politique de la banque centrale européenne depuis Draghi est radicalement différente et que d'ailleurs ce n'est pas sans poser quelques problèmes mais on a retrouvé une espèce de politique d'aide aux états par des chemins détournés mais qui ne trompent personne qui fait que les états peuvent s'endetter c'est pour ça que je dis ça a des effets délétères mais en tout cas ce n'est plus la politique suivie par Jean-Claude Trichet et le premier gouverneur de la banque centrale européenne donc je pense pour toutes ces raisons c'est toutes ces raisons qui m'ont fait en vérité évoluer
et pourtant l'Europe sur les autres aspects est très impuissante parce que quand vous dites en fait face aux périls qui se mettent face à nous il faut que j'imagine nous soyons ensemble et pour être ensemble il faut que nous soyons unis que nous soyons évidemment tactiques or aujourd'hui chacun joue sa partition on l'a vu avec le Covid-19 l'Europe a montré une impuissance incroyable
qu'est-ce qu'on peut attendre ?
le problème c'est que l'Europe n'a pas à être impuissante parce que l'Europe n'a pas à être puissante si vous voulez il faut comprendre qu'est-ce que l'Europe soit on est macronien et on vibre à la chimère des Etats-Unis d'Europe et on vibre à l'autonomie stratégique européenne ce sont des chimères moi j'appelle ça des chimères hugoliennes vous savez le grand texte de Victor Hugo demain il n'y aura plus d'anglais il n'y aura plus d'allemands il n'y aura plus de russes et tous seront aussi unis que les Auvergnats les Bretons et les Corésiens dans les Etats-Unis d'Europe ça c'est une vision de poète grandiose sublime mais qui n'arrivera pas en tout cas à l'échelle humaine il y a comme disait le général de Gaulle on ne fait pas d'omelette avec des œufs durs on revient sur terre le problème le problème c'est que nous avons des dirigeants et en particulier Emmanuel Macron qui sont prêts à sacrifier les intérêts français pour suivre leur chimère européiste et le problème c'est que par exemple on le voit bien dans son concept de défense européenne et d'autonomie stratégique européenne il est le seul à penser ça tous les autres européens pensent que la défense européenne ça s'appelle l'OTAN et que l'armée européenne ça s'appelle l'armée des Etats-Unis d'Amérique Emmanuel Macron s'évertue à leur expliquer le contraire il s'en moque je me souviens que la ministre des affaires étrangères allemande lui avait dit crûment son propos en lui disant que c'était des chimères il ne veut pas entendre et peut-être est-ce qu'on est le seul pays à avoir encore une armée en Europe oui mais justement justement d'abord on a une armée oui on a encore une armée mais on pourrait partir sur ce sujet on a une armée échantillonesque c'est à dire qu'on a de tout à petite quantité donc quand on fait la guerre on a des soldats formidables on a toutes les armes qu'on veut à part les drones mais au bout de trois jours on n'a plus rien on est obligé d'aller demander aux Etats-Unis pour qu'ils nous donnent des balles des bombes pour nos avions etc on ne peut pas faire la guerre plus d'une semaine si vous voulez c'est quand même embêtant et en plus c'est là où le problème est le plus grave c'est que au nom de l'Europe on va chercher des coopérations à toute force avec l'Allemagne l'Allemagne elle elle fait ça uniquement pour nous prendre les compétences qu'on a gardées dans un de nos rares domaines d'excellence encore qui est l'industrie d'armement mais pour elle le patron ce sont les Etats-Unis et donc à chaque fois c'est le même cirque c'est à dire que les français font des efforts pour se rapprocher des allemands et les allemands les emmènent à papa américain et tout le monde se soumet à papa américain c'est ça la logique européenne d'Emmanuel Macron c'est finalement au nom de l'Europe et au nom du couple encore une autre une autre chimère du couple franco-allemand on se soumet tous aux Etats-Unis qui en vérité se moquent de l'Europe eux ils sont dans leur grand duel du 20ème siècle avec la Chine l'Europe c'est fini pour eux c'est plus un sujet ils veulent des alliés obéissants et soumis ils nous l'ont bien montré avec l'affaire australienne le reste ils s'en moquent complètement eux ils veulent leur grand affrontement avec la Chine donc si vous voulez les Européens sont peut-être aveugles peut-être qu'Emmanuel Macron a raison conceptuellement mais il a tort rationnellement donc ce qu'il faut c'est reprendre en main notre propre défense remettre beaucoup d'argent dans notre budget de la défense alors qu'on en a baissé depuis 20 ans de façon inconsidérée d'où notre armée échantillonesque et reprendre effectivement notre stratégie d'indépendance quitte pour cela à sortir du commandement militaire intégré de l'OTAN puisque de toute façon l'OTAN n'a plus lieu d'être en vérité depuis 1989 alors
je vous remercie comme il faut avancer parce que le temps passe vite je navigue je continue à naviguer je reviens en France sur un sujet qui est aussi d'actualité les énergies renouvelables pendant qu'à Olière dans le Var les habitants pendant le confinement ils ne pouvaient pas sortir de chez eux sans attestation sans risquer une amende et pendant ce temps là on a construit 22 maséoliens de plus de 120 mètres de haut sans permis de construire devant la montagne de Sainte-Victoire alors quels intérêts se cachent derrière cette industrie pour que l'autorité publique ferme ses yeux à ce point là c'est une bonne question
je ne j'avoue que je n'ai pas je n'ai pas de révélation à vous faire ce que je sais c'est que il y a eu là aussi Emmanuel Macron a fait tout et son contraire pendant son quinquennat il a d'abord sacrifié le nucléaire au profit des énergies non renouvelables et désormais il nous dit qu'il faut faire du nucléaire en fait notre système énergétique est tout à fait particulier dans le monde nous sommes un des pays qui a le plus faible taux d'émissions de CO2 tout simplement parce que notre mix électrique le fameux mix électrique comme on dit aujourd'hui est à 80% à 85% entre le nucléaire et l'hydraulique n'émet absolument pas de CO2 nous sommes les seuls en Europe et donc vous voyez bien que en fait pour avoir pour réduire encore notre taux de CO2 il ne faut pas il ne faut pas toucher à cela et il ne faut pas mettre en comment dire en danger ce mix électrique en revanche on peut réduire essayer de réduire les énergies fossiles dans les bâtiments vous voyez dans l'industrie etc c'est une autre action mais les éoliennes sont contre-productives dans cette histoire c'est des gouffres à subvention tout le monde sait désormais que leur production et leur productivité plutôt parce qu'on devrait dire ça est à 25% de leur capacité c'est à dire qu'il n'y a pas de vent il n'y a pas d'énergie il n'y a pas d'électricité donc qu'est-ce qu'on fait et bien on va chercher dans les centrales à charbon on va chercher dans les centrales à gaz c'est exactement ce que font les allemands qui émettent 2 à 3 fois plus de CO2 que nous uniquement à cause de ça parce qu'ils ont arrêté le nucléaire et qu'ils sont ils se développent leurs éoliens en plus les éoliens sont des espèces de monstres de béton qui tuent les oiseaux qui font du bruit qui enlédissent tout le paysage et en plus qui sont apportés de Chine ou d'Allemagne alors que le nucléaire était une technologie française et que monsieur Macron a non seulement fermé comme chacun sait la centrale de Fessenheim mais en plus il a arrêté une technologie qui était très prometteuse qui était appelée Astrid et qui permettait de faire de l'énergie à partir des déchets donc ça commençait de régler le problème majeur de l'énergie nucléaire que sont les déchets mais même d'ailleurs ce problème des déchets ça tient vous savez aujourd'hui les déchets ça tient dans un grand hangar donc c'est pas aussi terrible que cela donc je pense qu'il y a là et maintenant Emmanuel Macron qui a mis 4 ans à comprendre cela il est un peu lent à la compréhension ou alors ou alors l'ère de la présidentielle le rend plus vif et donc là il comprend qu'il faut faire quelque chose et il nous annonce il nous annonce qu'il y a on va avoir une création soudaine de petites centrales nucléaires les fameux SMR sauf que non seulement il y a d'autres pays qui nous ont précédés Etats-Unis Chine Russie surtout mais en plus comme il a laissé en déshérence le nucléaire depuis 4 ans nous ne maîtrisons pas cette technologie des petites centrales nucléaires qu'il annonce donc c'est une fois de plus quelque chose de complètement utopique illusion dans cette histoire alors que nous avions une technologie compétitive pour une fois française et qui en plus était favorable à la lutte contre pour le climat et contre le CO2 on l'a pas laissé tomber complètement parce que ça reste quand même 70% de notre électricité mais on a perdu des compétences parce que depuis des années on donne l'impression que c'est fini que son avenir est derrière elle et qu'on va abandonner l'énergie nucléaire et il y a un conflit terrible au sein des autorités gouvernementales entre le ministère des finances de l'économie des finances qui pousse au nucléaire depuis 4 ans et le ministère de la transition écologique que ça soit Hulot ou Barbara Pompili qui pousse au contraire aux éoliennes et contre le nucléaire et Macron en fait a mis 4 ans et demi à trancher ces 4 ans et demi de perdus
il a pas vraiment tranché il a fait du en même temps puisqu'il a mis en place un plan de développement éolien il a réduit les possibilités d'agir contre les les permis de construire enfin bon bon alors cher Eric Zemmour maintenant on va être plutôt sur un volet de reconstruction pour terminer cette causerie premier sujet évidemment qui en plus je dirais vous intéresse en particulier mais tout le monde dans cette salle c'est comment est-ce que vous voulez relancer l'assimilation et mettre un terme à l'immigration sans risque d'hystériser le débat public et même je dirais de blesser les individus parce que on vous reproche souvent de ça que répondez-vous à ceux qui vous disent attention vous allez déclencher une guerre civile
d'abord je pense que c'est pas moi qui décapite les gens en pleine rue ça me fait toujours rire quand on me dit ça si j'ose dire c'est je pousse à la guerre civile mais qui vient avec des kalachnikov et tue 130 personnes au Bataclan c'est moi qui égorge un professeur dans la rue en criant à l'Akbar c'est moi qui tue un prêtre dans son église c'est moi donc il faut peut-être arrêter deux minutes avec à chaque fois ces accusations dont on m'abreuve moi je pense que la politique c'est annoncer le pire et non pas le meilleur pour pouvoir l'empêcher et lutter contre je pense que c'est ça qui est important et effectivement nous sommes dans un début de guerre civile dans une guerre civile à bas bruit dans une guerre civile appelez-le comme vous voulez qui est en vérité une guerre de religion et qui est en vérité une conquête par une religion d'une terre qui appartenait à une autre qui est dans le cadre d'un flux et d'un reflux millénaire depuis que l'islam est arrivé sur la terre au 7ème siècle il n'a cessé d'affronter le christianisme et il y a des vagues de reflux pour la conquête de cette méditerranée si chérie René Grousset l'historien oublié malheureusement aujourd'hui injustement a écrit des pages absolument indépassables là-dessus il explique très bien ça ce flux et ce reflux permanent il l'insère d'ailleurs de façon très brillante dans la lutte entre l'orient et l'occident c'est à dire que l'occident depuis la Grèce antique a lutte contre l'orient les perses puis l'empire romain contre l'orient et l'islam est simplement le porte-drapeau dit-il que l'orient a trouvé pour combattre le monde occidental dont le christianisme a pris a retenu l'héritage vous voyez c'est dans ce cadre là qu'il faut bien comprendre les évolutions alors quand vous me dites je blesse les gens peut-être que je blesse les gens mais moi je les respecte en même temps je leur dis exactement vous savez ils sont pris dans une histoire plus grande qu'eux comme disait Raymond Aron l'homme fait l'histoire mais ne sait pas l'histoire qu'il fait je n'accuse pas les individus je dis simplement il y a un mouvement historique qui nous dépasse et dont il faut prendre conscience pour pouvoir savoir ce que l'on veut c'est ce que je vous disais au début de notre discussion est-ce qu'on veut rester une terre chrétienne et gréco-romaine ou est-ce qu'on veut devenir une terre islamisée c'est ça le sujet si on veut rester une terre gréco-romaine et chrétienne il faut s'en donner les moyens après après vous demandez comment on refait l'assimilation d'abord d'abord parce que c'est la seule solution c'est assimiler des gens qui sont là vous m'avez présenté au début et vous avez tout à fait raison de dire que moi je viens du sud de la Méditerranée et que j'avais une culture enfin mes ancêtres avaient une culture de cette région là mon père et mon grand-père parlaient un arabe parfait mon grand-père parlait mieux arabe que français vous voyez on boucle la boucle donc effectivement vous avez raison toute assimilation est possible mais comme dit le général de Gaulle on assimile des individus pas des peuples c'est la première chose or nos élites et nos gouvernants depuis 40 ans ont laissé se développer des diasporas gigantesques qui sont devenus des peuples et qui vivent selon leurs lois selon leurs dieux selon leur langue bien souvent et qui ne reconnaissent pas et qui se considèrent un peu avec l'arrogance de conquérants il faut arrêter
cette conquête si vous arrêtez les flux migratoires comment concrètement vous faites pour assumer ces peuples qui sont maintenant en France
si on arrête déjà les flux migratoires c'est déjà un grand succès ça veut dire qu'on prend des mesures très fortes pour arrêter les 275 000 entrées légales pour arrêter les 140 000 ou 170 000 droits d'asile qu'on ne renvoie jamais pour arrêter les clandestins déjà c'est un effort énorme qui demandera une lutte politique considérable contre les médias contre les juges contre la gauche etc contre l'Europe mais ça permettra de s'occuper de ceux d'ici parce que vous comprenez les derniers arrivants culpabilisent ceux qui sont là déjà et qui pour certains essayent de vivre à la française vous avez vu jusqu'où va cette culpabilisation cette culpabilisation va jusqu'à brûler sa femme quand elle veut vivre à la française ça va loin c'est ça qui se passe aujourd'hui dans nos banlieues donc pour s'occuper ensuite de cela il faut remettre les règles de l'assimilation qu'on a toujours utilisé on m'a beaucoup tensé moqué brocardé sur l'histoire des prénoms mais je continue de penser que c'est un symbole que c'est un c'est pas c'est pas un truc essentiel mais c'est c'est un symbole de la défrancisation et donc il faut le reprendre comme symbole de la francisation de la volonté de francisation d'ailleurs quand je rencontre des gens qui viennent me voir ils me disent moi je suis fils d'italien moi je suis fils d'espagnol moi je suis fils d'asiatique moi je suis fils de ou fille de berbère et mon père a changé son prénom il y a une très belle page dans un livre de Robert Badinter de Robert Badinter qui raconte très bien comment quand son père est arrivé de Pologne il a lui même changé son nom parce qu'il trouvait que Samuel c'était encore trop juif polonais et qu'il a donné évidemment des prénoms Robert à son fils et à son autre fils je ne sais plus quel prénom c'était la France il n'y a aucune raison que ceux d'aujourd'hui ne se soumettent pas aux mêmes règles que les autres et puis après il y a l'école je vous ai dit tout à l'heure la base de l'assimilation c'est l'école c'est refaire des français par l'école par la culture par la littérature par le français la langue française vous savez la langue a un effet performatif sur les cerveaux je ne suis pas du tout un scientifique mais parler une langue ça transforme le cerveau et bien parler la langue française ça rend français parce que tout simplement on s'imprègne d'une structure linguistique je veux dire j'espère que les spécialistes ne vont pas me condamner mais je pense vraiment c'est important de parler une langue ça vous transforme donc apprendre son histoire moi je sais que pour moi être français je vais vous dire c'est que Napoléon est son grand-père et que Jeanne d'Arc est son aïeul c'est ça être français c'est à dire que s'approprier l'histoire de France en considérant que les défaites sont vos défaites et que les victoires sont vos victoires moi je suis encore en train de me demander vous voyez pourquoi il perd à Waterloo pourquoi il va en Russie etc c'est une histoire qui est la mienne c'est une histoire de ma famille j'étais pas à Hélo dans la charge avec Murat
alors il y a aussi effectivement vous parliez de leur apprendre à aimer notre histoire nos racines et ça c'est peut-être une des choses les plus indispensables c'est Jean-Marie Rouard qui l'écrivait dans une tribune du Figaro l'année dernière que l'expansion de l'islam se nourrissait de la déchristianisation massive de notre pays alors comment redonneriez-vous à ces français mais même à tous les français le goût de leurs racines l'envie de faire revivre leurs traditions la volonté aussi de protéger leurs églises qui sont désespérément vides
mais je vous dis il y a tout un comment vous dire tout un éco j'allais dire un écosystème à réinventer on a parlé de l'école on pourrait parler de la télévision aujourd'hui la télévision en particulier le service public est une machine à dénigrer la France il faut que ça cesse il y a le cinéma la culture le patrimoine vous voyez il y a tout un ensemble c'est une politique culturelle gigantesque de transmission de la culture de transmission de notre héritage c'est la base c'est comme ça qu'on refait des français donc vous vous y attellerez en tout cas c'est ça qu'il faut faire d'après moi
alors nous arrivons à la fin de cet échange en 2017 la classe politique de gauche a été emportée par une vague de dégagisme historique le parti socialiste n'existe plus face aux atermoiements des républicains qui ne désigneront leur candidat que début décembre la droite ne s'apprête-t-elle pas à subir le même sort
je le pense je pense que on est arrivé au bout d'une évolution qui a vu si vous voulez des élites de droite devenir de plus en plus à gauche alors que le peuple de droite de ses électeurs était de plus en plus à droite et là on arrive je pense à la fin de l'histoire c'est à dire qu'en gros on voit bien les évolutions qu'est-ce qui se passe il y avait jadis dans les années 70-80 deux grands partis le RPR et l'UDF il y avait le RPR qui était bonapartiste qui était patriotique qui était social aussi et il y avait l'UDF qui était plutôt européiste libéral et décentralisatrice le RPR s'est fondu dans l'UDF c'est à dire il y a eu comme un échange les chiraciens ont gardé les places parce que pour eux c'est le seul chose importante et l'UDF a donné l'idéologie et ça a donné l'UMP ça a donné LR donc aujourd'hui vous voyez les candidats LR ce sont des candidats UDF ce sont des candidats centristes qui font semblant pour la campagne de reprendre des thèmes qu'on pourrait dire RPR qu'on pourrait dire plus patriotique c'est un jeu de rôle vous avez bien compris personne n'est dupe en vérité moi j'explique partout que ce que je veux c'est refaire le RPR et je constate que de l'autre côté monsieur Edouard Philippe fils spirituel d'Alain Juppé veut refaire l'UDF vous voyez tout se transforme rien ne se perd donc en fait LR n'a plus de raison d'être
alors nous devons vous aviez fini nous devons conclure cher Eric Zemmour et j'aimerais que vous nous donniez terminer sur une note d'espoir alors comment redonner à tous ces gens qui sont ici ce soir comment redonner à tous les français la fierté qu'ils ont perdu le moral parce que c'est important et surtout l'espoir de lendemain meilleur
je pense vraiment que pour redonner moi je suis très frappé vous savez je passe je fais une tournée là depuis un mois et je suis allé à Nice à Lille je suis allé à Ajaccio je suis allé à Nîmes à Béziers à Toulon et à chaque fois les gens partout me disent la même chose vous nous donnez de l'espoir au début j'étais assez sidéré parce que je pense que je tiens un discours un peu dur un peu vous voyez je les mets je les mets face au destin de la France qui peut être tragique si on ne fait rien et finalement j'ai réfléchi et j'ai compris en fait c'est comme sur un bateau s'il y a une tempête et que le bateau va prendre l'eau si le capitaine dit mais non c'est rien c'est un petit vent frais qui va vous rafraîchir c'est angoissant si le capitaine vous dit c'est une tempête c'est la plus terrible tempête qu'on ait vécu depuis des années mais si on se met tous ensemble et qu'on se bat et qu'on sait qu'on va pouvoir traverser cela mais on sait que la tempête va être terrible et bien finalement ça nous redonne de l'espoir
merci cher Eric Zemmour pour la clarté de vos propos merci de votre courage merci d'être venu nous visiter merci à vous vous pouvez retrouver Eric Zemmour en salle en dessous pour une séance de structure
merci à vous merci merci à vous bonne soirée je vous attends à la dédicace je serai là Eric Zemmour
va descendre dédicacer son ouvrage il y aura une signature pour tout le monde donc n'hésitez pas à le suivre pas trop près d'ailleurs allez-y Eric vous pouvez partir de ce côté là merci à vous
merci à vous merci à vous
Éric Zemmour