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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 12 décembre 2025 25 min

Else Joseph : « La colère des agriculteurs face au Mercosur, je la redoute et je la comprends »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. On va en parler avec vous, Elsa Joseph. Bonjour, merci d'être notre invitée sénatrice à l'air des Ardennes. Avant de revenir sur les questions budgétaires, on va commencer comme tous les jours par la une de la presse régionale. On en a sélectionné trois, on va les regarder ensemble. D'abord la une de la dépêche. Dermatose, la tension monte, on l'a vu, après une journée de blocage d'une ferme en Ariège pour empêcher l'abattage de 207 vaches suite à un cas de dermatose nodulaire contagieuse. Des échauffouris ont donc éclaté entre agriculteurs et forces de l'hôte qui sont parvenus à les déloger en fin de soirée.

La deuxième une, c'est celle de la République du Centre, Brant, la fin d'un espoir. Le tribunal qui a placé l'entreprise en liquidation judiciaire ne retenant pas le projet de scope, coup de massue pour les 680 salariés qui vont donc se retrouver au chômage. Et puis la dernière une, c'est celle de West France, 10 ans de l'accord de Paris. Ils ont testé la vie à 50 degrés. C'est aujourd'hui, cet anniversaire, le 12 décembre 2015, 195. 15 pays s'engagent à lutter contre le changement climatique. Où en sommes-nous, 10 ans après ? Les lecteurs de West France ont donc testé un quotidien à 50 degrés, pic de chaleur, qui pourrait survenir en France en 2050.

De quelle une avez-vous envie de nous parler, Elsa-Joseph ?

1:17
Else Joseph

Alors, les trois nous interpellent, deux en particulier, mais je pense que je vais prendre la une de la dépêche sur la tension dans le monde agricole.

1:28
Présentateur

Vous la comprenez, on l'a vu hier, ces affrontements, avec l'inquiétude autour de cette maladie, la dermatose nodulaire contagieuse.

1:36
Else Joseph

Tout à fait. Donc, c'est vrai qu'on avait vécu ça déjà, notamment dans les massifs alpins cet été. On pensait qu'on avait trouvé la solution pour éviter la crise. Je comprends les agriculteurs qui, aujourd'hui, subissent, coup après coup, des crises successives. Donc, voilà, je partage hors des arrois. Je travaille beaucoup avec les agriculteurs de mon territoire. Nous ne sommes pas touchés par la dermatose, mais on a connu, malheureusement, d'autres crises, avec la fièvre catarale, par exemple, et le loup. Donc, aujourd'hui, il ne se passe pas un jour, on soit interpellé par nos agriculteurs.

2:12
Présentateur

Et puis ça, il y a eu cette étincelle hier, mais il y a aussi des inquiétudes autour de la PAC, autour du Mercosur, où il y aura des réponses la semaine prochaine. Est-ce que vous redoutez que la colère agricole reprenne de l'ampleur ?

2:24
Else Joseph

À la fois, je la redoute et je la comprends. Aujourd'hui, il faut donner des signes forts aux agriculteurs. Je veux dire, on a l'impression, en discutant avec eux, que régulièrement, on leur annonce, voilà, on va faire telle et telle chose. Et à chaque fois, la crise s'aggrave. Donc, il faut leur donner des garanties. Je pense que le Sénat est la maison qui défend au mieux les agriculteurs, enfin, qui défend, on a un grand nombre de sénateurs qui sont très impliqués dans ce domaine et qui nous impliquent de la même manière dans ce combat.

2:55
Présentateur

– L'autre actualité, là encore, on l'a vu dans le journal, c'est le choc, la colère chez Brandt, en région centre Val-de-Loire, mais pas que, puisque Brandt, c'est un fleuron industriel français, liquidation judiciaire prononcée, alors qu'il y avait un projet de reprise par les salariés, et qui était notamment soutenu par les pouvoirs publics. Est-ce que tout ça, c'est un peu le symbole de la désindustrialisation de notre pays ?

3:18
Else Joseph

– Ça m'inquiète, parce qu'on est un pays où le président de la République fait un grand nombre d'annonces. Il me semble qu'il y a très peu de temps, il avait annoncé qu'on allait réindustrialiser, que l'industrie devait représenter 15% du PIB. On en est loin, c'est une catastrophe, encore ce fleuron qui disparaît, avec peut-être ce manque d'attractivité de la France. On a entendu la colère du maire, comment on n'a pas réussi à mobiliser, alors que les régions étaient impliquées, les pouvoirs publics étaient impliqués. Donc je veux dire, on a aujourd'hui une France qui n'attire plus, une France parce qu'on a trop de taxes, trop de normes, trop de difficultés à…

Je veux dire, ce qui manque de manière générale dans notre pays, c'est de la souplesse. Et on en est le témoin ici. Et ça me rappelle aussi ce qu'on a vécu dans mon département, parce qu'il y avait un autre fleuron, alors peut-être que les plus jeunes ne connaissent pas cette marque, mais notamment Arthur Martin, qui avait été racheté dans un premier temps par l'Electromou, et puis après qui a bien entendu terminé. Donc on touche aussi la concurrence de la Chine, entre autres.

4:18
Présentateur

Il y a ça, et puis là on l'a vu, il y avait un projet de scope de reprise. Est-ce qu'il faut faciliter ces projets de scope pour que les salariés qui ont envie de reprendre leur entreprise puissent le faire plus facilement ?

4:29
Else Joseph

Complètement, mais alors qu'est-ce qu'il faut faire ? Qu'est-ce qui bloque ? Je pense que c'est les élus du territoire qui pourront nous en parler, mais peut-être que tout espoir n'est pas terminé, je ne sais pas. On va peut-être réussir à mobiliser. Comme l'a dit le maire, 4 millions, ce n'est pas non plus énorme.

4:44
Présentateur

Et on posera la question au président de la région dans quelques instants. Mais d'abord, on va passer à l'actualité du Sénat, et c'est le budget, toujours au menu du Sénat. Et aujourd'hui, vous examinez le budget de la culture. On va y revenir dans quelques instants, mais d'abord, puisqu'on parle de culture, évidemment, on a toujours à l'esprit ce qui s'est passé au Louvre, puisque c'est dans ce contexte que va être examiné le budget de la culture. Quentin, c'était aussi l'actualité au Sénat cette semaine, puisque les sénateurs ont reçu mercredi les auteurs de l'enquête administrative, diligentée par le ministère de la Culture, après ce cambriolage au Louvre. C'était le 19 octobre dernier.

Cette enquête est accablante.

5:17
Locuteur 3

Voilà, les conclusions de ce rapport sont d'une grande sévérité et d'une certaine manière implacable. C'est ce qu'a dit mercredi le président de la commission de la culture, Laurent Laffont, en ouverture des travaux de sa commission. Le document, qui n'a pas vocation à être rendu public, pointe une sous-estimation des risques depuis plus de 20 ans au Louvre-Orienne et un sous-équipement en matière de sûreté.

5:40
Présentateur

Et les hauts fonctionnaires qui ont rédigé ce rapport et qui ont témoigné mercredi ont pointé plusieurs dysfonctionnements.

5:44
Locuteur 3

D'abord, il y a l'insuffisance et vétusté du système de vidéoprotection. Et je cite, un nombre total de caméras extérieures insuffisants. Ensuite, le rapport pointe une insuffisance des protections mécaniques des ouvrants périphériques, c'est-à-dire en fait les porte-fenêtres de la galerie Apollon, la galerie où il y avait les bijoux qui ont été volés et qui étaient mal sécurisés, avec un temps de résistance du verre de la fenêtre extrêmement faible. En clair, le verre qui casse immédiatement quand on tape dessus. Enfin, l'enquête constate aussi une intervention des agents de sécurité et des policiers trop tardives pour empêcher la fuite des voleurs.

Orienne, tout s'est donc joué à très peu de choses. Écoutez donc Noël Corbin, c'était en audition cette semaine.

6:28
Locuteur 1

30 secondes près, les agents de sécurité ou les policiers à bord de la voiture auraient pu empêcher la fuite des voleurs. Pour ces 30 précieuses secondes, il aurait suffi, et c'est toujours un peu facile de le dire après, mais on reprend l'ensemble du déroulé. Le signalement un peu plus rapide par les agents du PC, s'ils avaient pu voir la caméra plus tôt. Un temps de résistance à l'effraction de la fenêtre supérieure à celui qui a été constaté. Une information aussi, et ça c'est important, plus précise, donnée aux agents de sécurité et à la police sur la localisation de la fraction.

7:01
Présentateur

Et les auteurs du rapport administratif rapportent l'absence de transmission d'informations au sein de l'établissement lors du changement de gouvernance, c'est en septembre 2021.

7:09
Locuteur 3

Exactement. Il y a eu au total 5 audits réalisés sur la sécurité du Louvre ces dernières années, mais la direction actuelle n'était pas au courant de 2 audits, qui dataient de 2017 et 2018, qui pointaient directement des failles de protection de cette galerie Apollon, on le redit, la galerie des bijoux volés en octobre. Écoutez donc à notre micro la sénatrice Agnès Sévren, très remontée hier, notamment envers Laurence Descartes, la présidente directrice actuelle du Louvre.

7:38
Locuteur 4

À deux reprises, Madame Descartes a été auditionnée par la commission culture de l'Assemblée du Sénat, elle n'en a jamais fait état.

7:44
Locuteur 3

La présidente directrice actuelle.

7:46
Locuteur 4

Exactement.

7:47
Locuteur 3

Vous avez menti par omission.

7:48
Locuteur 4

Oui, je trouve. Et le rapport de 2019 pointait justement la fragilité, en fait, du balcon de la galerie d'Apollon qui aurait permis aux cambrioleurs d'entrer. Et alors figurez-vous qu'en fait, au moment où Laurence Descartes a pris ses fonctions, aucun tuilage, aucune passation n'a été faite. Et ça, honnêtement, les Français ne peuvent pas comprendre que quand on arrive à une nouvelle fonction, il n'y ait pas un état des lieux, des risques et des sujets qu'il faut traiter en priorité.

8:14
Locuteur 3

Agnès Sévren qui a dit mercredi que Laurence Descartes aurait dû démissionner, présenter à nouveau sa démission. Et ce, Joseph, qu'est-ce que vous en pensez est-ce que vous partagez l'avis d'Agnès Sévren ? Laurence Descartes doit démissionner. Elle a notamment menti à la représentation nationale.

8:30
Else Joseph

Je pense qu'on aura l'occasion de voir ça avec elle puisque la semaine prochaine, on auditionne à la fois l'ancien directeur, M. Martinez, et à nouveau Mme Descartes. On va reposer ces questions sur la responsabilité parce que la sécurité d'un musée comme celui du Louvre, parce que c'est quand même notre patrimoine, je veux dire, qui a été atteint, au même titre qu'on a été touchés par l'incendie de Notre-Dame. Là, on est touchés par ces incidents à répétition. Enfin, je veux dire, on a l'impression d'être dans un mauvais film. Et je pense qu'il y a eu des choix politiques qui n'ont pas été faits. C'est-à-dire qu'on a fait le choix de l'accueil, on n'a pas fait le choix de la sécurité.

Et malheureusement, je veux dire, ça a continué avec les inondations dans une galerie la semaine dernière.

9:09
Locuteur 3

Et Laurence Descartes, vous le disiez, qui est auditionnée mercredi au Sénat. Mardi, c'est Jean-Luc Martinez, l'ancien président directeur avant 2021 du Louvre, qui est convoqué par votre commission. On comprend qu'il y a un problème au moment de la passation entre les deux. Comme si leur mésentente avait pu aussi contribuer à ce drame, vous le croyez ?

9:29
Else Joseph

Peut-être. Les questions qu'on leur posera la semaine prochaine iront dans ce sens. Parce qu'il faut qu'on sache ce qui s'est passé. Avec à la fois des grilles qui n'ont pas été remplacées, des vitrines qui n'étaient pas apparemment adaptées, des caméras qui ont fonctionné mais qui ne géolocalisaient pas finalement le problème. Et ce mauvais film, finalement, comme l'a dit l'inspecteur, à 30 secondes près, on pouvait arrêter les voleurs. Donc je pense qu'aujourd'hui, on a, avec le rapport d'inspection, ces éléments pour pouvoir poser des questions dans notre rôle de contrôle.

10:06
Locuteur 3

Avec effectivement un audit, même deux, qui ont disparu au moment de la passation. Comment expliquer ce manque au Louvre d'une véritable culture de la sécurité ? La directrice de la surveillance s'occupe de la surveillance mais ça n'était pas son rôle d'examiner les problèmes de sûreté pure. C'est ce qu'a pointé l'une des personnes auditionnées mercredi. Ça semble incroyable dans le plus grand musée du monde. Vous ne le croyez pas ?

10:27
Else Joseph

Ce qui est incroyable, c'est quand vous regardez l'organigramme du Louvre, il n'y a pas, comme dans n'importe quel autre établissement, il n'y a pas de direction de la sécurité. Donc preuve que ce n'était pas une priorité. Et ça, c'est quand même dommageable dans ce plus grand musée du monde.

10:40
Présentateur

Il y a aussi des inquiétudes sur l'entretien de ce musée.

10:43
Else Joseph

Comme dans beaucoup de musées d'ailleurs.

10:44
Présentateur

Mais est-ce que du coup, c'est révélateur justement d'un manque de budget pour entretenir le musée ? Je ne pense pas.

10:51
Else Joseph

Je pense qu'il y a un manque de budget évidemment parce que quand vous voyez la taille du Louvre, vous avez 37 hectares à couvrir. Je crois que pour installer aujourd'hui un système de sécurité optimum, il y a plus de 60 kilomètres de câbles à passer dans des locaux qui ne sont pas… qui sont des monuments historiques, qui ne sont pas adaptés. Donc il y a certes une raison de moyen, mais je suis convaincue qu'il y a eu un problème de choix. C'est-à-dire qu'on a voulu… D'ailleurs, c'était des annonces du Président de la République il y a plus d'un an avec ces grands projets de changer l'entrée du Louvre de manière à ce que le Louvre soit accessible à plus grand monde.

On a fait ce choix de l'accueil. On a oublié la sécurité. Et ça, c'est dommageable.

11:30
Présentateur

Et c'est dans ce contexte, on le disait que vous allez examiner aujourd'hui le budget de la culture. Quentin, un mot sur ce budget. Quelles sont les grandes lignes ?

11:37
Locuteur 3

Déjà, on peut dire que c'est un budget à la baisse. Ce sont 200 millions d'euros que perd le ministère. C'est ce qu'avait dit Rachida Dati en audition lorsqu'elle était reçue au Sénat. Donc 200 millions d'euros de coupe budgétaire. On note la stabilité des crédits dédiés au spectacle vivant. Une baisse des crédits pour le patrimoine, ce qui réduit le lancement de nouvelles opérations et aussi des économies sur le pass culture recentré sur les jeunes adultes. Alors que dire de ce budget ? C'est un budget de crise, du déficit avec des coupes ?

12:08
Else Joseph

Oui, c'est tout à fait ça. Avec des enjeux qui sont considérables. Vous parliez du patrimoine. Ce que l'on regrette, c'est que le patrimoine, c'est lui qui paye le prix fort dans ses réductions budgétaires, notamment les monuments historiques. Et donc, vous l'avez dit, avec un certain nombre de grands projets qui sont mis à l'arrêt. Je veux dire, on parle de Chambord, on parle du Mont-Saint-Michel, mais surtout aussi les actions des dragues dans nos départements qui vont être limitées. C'est-à-dire qu'aujourd'hui…

12:36
Locuteur 3

Les actions régionales, les affaires culturelles.

12:37
Else Joseph

Voilà, avec notamment ce patrimoine auquel nous nous sommes tous attachés, que ce soit les églises ou les différents patrimoines qu'on a dans nos départements.

12:45
Locuteur 3

Mais donc, c'est un mauvais budget parce que le Sénat va le voter, visiblement ?

12:48
Else Joseph

Un mauvais budget dans un contexte budgétaire qui est mauvais. Donc, je veux dire, je sais que Mme la ministre de la Culture a obtenu un certain nombre, on le saura cet après-midi, d'arbitrage. Mais je veux dire, ça reste inquiétant parce que derrière, il y a la protection de notre patrimoine, mais il y a aussi des emplois.

13:05
Locuteur 3

Oui. Une dernière question sur le pass culture. La majorité de la droite et du centre qui va encore couper dans ce pass. Comment l'expliquer ?

13:14
Else Joseph

C'est une mauvaise mesure. Alors, je fais partie du pass culture. J'avoue qu'il y a quelques temps, je faisais partie de ceux qui disaient qu'il faut couper le pass culture parce que je suis en principe contre cette politique de chèque énergie, chèque culture. J'ai, évidemment, en travaillant, on se rend compte que le pass culture a son utilité. Il a été recentré l'année dernière avec Mme Dati qui l'avait recentré. Donc, il est limité, c'est à partir de l'âge de 17 ans. Et on voit que, dans certains cas, ce n'est pas le pass manga, comme on l'a dit à un moment. Ce ne l'est plus, en tout cas. c'est quand même un premier accès à la culture.

Et on se rend compte qu'on a des jeunes qui, aujourd'hui, fréquentent régulièrement les librairies.

13:55
Locuteur 3

– Donc, vos collègues qui veulent éteindre ce pass culture…

13:58
Else Joseph

– De toute façon, on ne pourra pas parce qu'il y a des droits acquis et il y a des choses qui sont déjà lancées. – Mais donc, ils se trompent

14:02
Locuteur 3

en voulant viser ce pass culture en faire des économies dessus ?

14:05
Else Joseph

– Je ne dirais pas ça, mais je pense qu'il y a peut-être d'autres solutions. Le recentrage qui a été fait était déjà une bonne solution. Il faut peut-être le continuer.

14:11
Locuteur 2

– Très bien.

14:12
Présentateur

– Et au Sénat, vous avez également beaucoup travaillé sur la question des Jeux Olympiques et la France qui va de nouveau accueillir les JO. Ce sera en 2030 dans les Alpes françaises où on va se rendre. Bonjour Arnaud Murgia, merci beaucoup d'être avec nous. – Bonjour. – Vous êtes le maire de Briançois, Arnaud Murgia. Vous allez accueillir le village olympique. Comment vous vous préparez ?

14:31
Locuteur 7

– Avec beaucoup, beaucoup de travail et qui plus est, vous le savez bien, avec une candidature olympique qui a une épreuve de saudé un peu particulière à franchir. Ça a été d'abord celle de la dissolution, puis celle de la chute du gouvernement Barnier. Et malgré toute cette instabilité, il faut avancer et faire travailler les dossiers. Donc c'est un sujet difficile. Mais en tout cas, pour l'instant, tout avance bien. Et on est bien entendu heureux et ravis d'accueillir les JO dans les Alpes françaises.

14:55
Présentateur

– Est-ce que Arnaud Murgia, ça va permettre de redynamiser justement les Alpes françaises, de leur donner une nouvelle visibilité ?

15:04
Locuteur 7

– Évidemment, et de deux manières différentes. Parce que vous savez que dans cette candidature, il y aura finalement deux parties. C'est les Alpes du Nord, dans lesquelles, pour la première fois de l'histoire des JOs olympiques, on va réutiliser tous les équipements qui étaient ceux d'Alberville en 1992. Et ça, ça ne s'est jamais fait. Et je crois que c'est vraiment un beau message aussi de sobriété que de pouvoir réutiliser des équipements qui ont servi pour des JOs olympiques il y a longtemps. Et puis de mon côté, chez Mont-Abriançon, dans les Alpes du Sud, voilà un département, les Hautes-Alpes, qui n'a jamais reçu ces JOs olympiques, d'événements mondiaux de cette nature.

Et ça va profondément, bien entendu, changer notre territoire. Puisqu'avec le président de région, Renaud Muselier, le choix que nous avons fait, c'est d'axer la modernisation du territoire pour les JOs olympiques à travers une mobilité décardonnée, c'est-à-dire à travers le rail principalement. On va, d'une part, moderniser et régénérer la totalité de la ligne de train entre Marseille et Brionçon. C'est une ligne de train dans laquelle, aujourd'hui, on met 5 heures en train alors qu'on met 3 heures en voiture. Ça donne un bon exemple de, malheureusement, ce qui ne marche pas parfois dans les territoires et ce qu'on a mal fait avec la politique du tout-est-gévé.

Et puis, par ailleurs, nous avons obtenu de l'État, du ministre des Transports, Philippe Tabarro, que je salue, le renouvellement de la totalité des trains de nuit sur la ligne Paris-Briançon, qui est l'une des îles les plus historiques. Donc, mobilité décarbonée pour désenclaver un territoire alpin qui, lui, ne l'avait pas été dans les années 90. Donc, c'est, je crois, de beaux messages d'espoir.

16:21
Présentateur

Rester avec nous, évidemment, Arnaud Murgère, on va faire réagir Else-Joseph, vous entendez, M. le maire, sur le message d'espoir et sur les apports au-delà de la période des JO, les apports pour les Alpes françaises de l'accueil de ces Jeux Olympiques.

16:36
Else Joseph

C'est un petit peu ce qu'Albertville avait permis de désenclaver, notamment la vallée de la Tarentaise. Là, il y a des enjeux, vous l'avez dit, des enjeux en matière de transport. Il y a une volonté d'exemplarité. C'est vrai, réutiliser les installations précédentes d'Albertville, c'est quand même une grande chance. Il y a aussi cette volonté de faire de ces Jeux des Jeux exemplaires en termes de sobriété environnementale, exemplarité sociale. Et puis, c'est pour moi, je pense qu'un des enjeux, je ne sais pas si vous le partagez, mais c'est un enjeu de logement. Je sais que c'est vous, vous allez accueillir un des villages olympiques. L'idée, c'est de...

Évidemment, il y a cette notion d'héritage qui a été beaucoup mise en avant et de manière très juste avec les Jeux Olympiques de Paris. Donc, il faut utiliser évidemment ce tremplin des Jeux Olympiques de Paris pour notamment offrir aussi des logements parce que c'est quand même une question dans les montagnes, ce manque de logements. Arnaud-Gerge,

17:34
Présentateur

là-dessus.

17:36
Locuteur 7

Évidemment. En plus, nous, on a un projet assez extraordinaire puisque le village olympique va voir la réhabilitation, on parlait tout à l'heure et vous parliez, madame la sénatrice de patrimoine, d'un fort issu de l'œuvre de Vauban puisque vous en soyez une ville fortifiée historiquement par Vauban et d'un fort inscrit au patrimoine mondial par l'UNESCO.

C'est un choix de sobriété puisque ça veut dire qu'on n'artificialisera pas les sols et c'est un choix aussi, bien entendu, tourné vers le logement puisque le souhait que j'ai émis et sur lequel la Solideo, qui est l'établissement public, qui travaille à l'aménagement des infrastructures olympiques, travaille, c'est bien entendu que les logements des athlètes dans ce fort qui seront aménagés, qui je crois, si nous y arrivons, seront absolument incroyables, soient réhabilités en logement avec deux préoccupations, des logements pour les saisonniers puisque vous savez que chez nous le sujet de l'emploi est un sujet très difficile puisqu'on n'arrive pas à loger les gens qui en saison viennent travailler chez nous et puis du logement en accession sociale à la propriété puisque finalement le grand problème de la montagne française, il est aussi celui-là, une inflation des prix et des jeunes chez nous qui globalement sont obligés de déménager de plus en plus loin pour devenir propriétaires.

Moi, je fais partie des gens qui pensent qu'il nous faut une France de propriétaires et qu'il faut aider nos jeunes actifs en particulier à y accéder avec des prix maîtrisés et des mesures administratives dans cela. Donc ça peut être effectivement là aussi un grand accélérateur, en tout cas, c'est un grand chantier que nous avons lancé.

18:55
Présentateur

Et Arnaud Murget, est-ce que ce sont aussi des sujets de préoccupation qui seront abordés lors du Conseil national de la montagne qui se tient aujourd'hui ?

19:03
Locuteur 7

Évidemment, d'autant plus que vous le savez, ce Conseil national de la montagne n'avait pas été réuni depuis fort longtemps et c'est dommage parce que le Conseil de la montagne, c'est l'émanation de la loi de 86, de la loi de montagne qui dispose de la spécificité finalement de la montagne française.

La montagne française, c'est quand même plus de 30% de notre territoire, c'est une fierté française, c'est la richesse touristique de notre PIB, mais c'est des territoires qui sont plus éloignés, qui sont enclavés parfois, qui ont des problématiques qui sont différentes et il est très important que le législateur sanctuarise cette spécificité montagne pour préserver nos services publics et pour aider ces territoires qui font face aujourd'hui au réchauffement climatique en étant aux avant-postes et donc je crois que c'est un bon message que enfin le Premier ministre réunisse le Conseil national de la montagne parce que moi je vais mettre quelque chose sur la table d'assez simple, le Sénat, l'Assemblée, le Parlement a examiné une loi olympique, je pense qu'il est grand temps maintenant dans ces temps de réchauffement et de dérèglement climatique de mettre aussi sur le bureau du Parlement une nouvelle loi montagne pour adapter et se servir du prétexte de ces Jeux olympiques pour créer les éléments de droit et de réglementation qui nous permettront d'adapter la montagne au défi climatique de 2050.

20:11
Else Joseph

Vous entendez cette préoccupation Anne-Cégenès ?

Je la partage complètement parce que en discutant régulièrement avec mes collègues sénateurs de la région c'est des choses que l'on partage et en pratiquant également notamment ces régions de manière touristique aujourd'hui je pense qu'on est tous réunis aujourd'hui lorsqu'on voit l'unité de l'ensemble des parlementaires quel que soit leur bord politique de manière à aboutir avant la fin de l'année un projet de loi qui puisse permettre à ces Jeux olympiques de se déclencher qu'on a cette volonté comme vous l'avez dit d'avoir des jeux exemplaires en termes d'artificialisation des sols parce que je crois qu'au total c'est 20 hectares qui vont être artificialisés qu'on a cette volonté de simplifier de permettre la dépose des permis de construire très rapidement sans trop les contraintes qu'on a d'habitude et bien je pense qu'il faut vous avez raison profiter de ces Jeux olympiques pour voilà reparler

21:10
Présentateur

d'une loi montagne Merci Arnaud Murgère merci beaucoup d'avoir été avec nous maire de Briançon merci on va poursuivre le tour de l'actualité dans nos régions on va remonter on va aller à Chartres cette fois on retrouve Sébastien Bess bonjour Sébastien merci d'être la rédacteur en chef de l'éco-républicain votre journal Sébastien qui consacre ce matin deux pages un reportage croisé auprès des bénévoles qui assurent des maraudes l'une à Chartres avec les restos du cœur et puis l'autre à Dreux avec la Croix-Rouge

21:37
Locuteur 2

Oui ils sont de plus en plus nombreux à venir chercher de quoi manger auprès des associations exemple mercredi soir 20h à Chartres déjà une vingtaine de bénéficiaires attendaient les restos du cœur une bénévole rappelle que lorsqu'elle s'est engagée c'était en 2017 le maximum de personnes accueillies était d'une cinquantaine par maraude selon elle aujourd'hui d'un maximum cette cinquantaine de personnes c'est quasiment devenu la norme et deux fois par semaine elle note que depuis le Covid et les périodes d'inflation des prix les besoins ont explosé cette année les restos de Chartres prévoient au total d'apporter leur aide à plus de 8000 personnes même constat Dreux aux côtés de la Croix-Rouge le président explique voir tous les ans de nouveaux visages 3 ou 4 personnes en 2017-2018 environ 25 désormais à chaque maraude au-delà de la nourriture les bénéficiaires des associations viennent aussi retirer par exemple des produits d'hygiène et faire le plein de soutien de chaleur humaine en résumé se sentir un peu moins exclu l'un d'eux témoigne on n'est pas des chiens on nous lance des pièces en nous regardant à peine alors qu'on est des humains comme les autres on se sent déshumanisé par moments selon la fondation pour le logement des défavorisés en France en 2024 il y avait 350 000 personnes sans domicile elles étaient 143 000 en 2012 Joseph bonjour vous êtes un membre de la délégation aux droits des femmes du Sénat selon un rapport d'information de cette délégation chaque soir ce sont 3000 femmes et près de 3000 enfants qui tombent dehors or ce nombre est incomplet des femmes étant contraintes de se cacher notamment pour ne pas s'exposer aux violences de la rue comment parvenir à les identifier ?

23:13
Else Joseph

Déjà avant de pouvoir les identifier moi je suis très inquiète qu'au 21ème siècle on soit face à cette situation comme vous le dites on a plus de 3000 femmes qui dorment dans la rue et qui s'échappent c'est vrai face à des violences qui quittent souvent des violences des situations de violences conjugales c'est assez particulier de les identifier je pense que dans tous nos territoires vous avez des agents toutes les personnes qui font les maraudes et j'en profite pour les remercier parce que c'est vraiment un gros travail qui est fait y compris à Paris parce que je les rencontre régulièrement aujourd'hui c'est de peut-être libérer la parole comme on l'a fait dans d'autres domaines c'est-à-dire permettre aussi à ces personnes de ne pas se sentir exclues de ne pas se sentir montrées du doigt comme vous l'avez dit et d'aller vers ces personnes et ça touche également le problème de la santé mentale c'est-à-dire que aujourd'hui on se rend compte que n'importe qui peut être touché par ce phénomène assez rapidement c'est-à-dire avoir une vie sociale j'allais dire classique et puis finalement arriver dans la rue avec ses enfants parce qu'on a aussi un certain nombre de femmes qui sont avec leur enfant dans la rue

24:22
Présentateur

Vous avez une deuxième question Sébastien ?

24:25
Locuteur 2

Oui, 350 000 personnes sont en domicile en 2024 on l'a dit Selon vous est-ce que notre système de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale est-il à bout de souffle ?

24:34
Else Joseph

Je pense vu les résultats on ne peut pas dire autre chose donc il y a je pense une prise en charge différente qui doit être faite alors il y a cette question des logements ou des lieux d'accueil qui doivent être repensés parce que je peux comprendre pour en avoir visité quelques-uns qu'il y a parfois des gens qui veulent rester dans la rue qui ne veulent pas aller dans ce genre d'hébergement donc on a un gros travail c'est un petit peu ce travail qui avait été engagé par Michel Barnier lorsqu'il a annoncé que la santé mentale était la cause nationale ça touche en partie aussi cette situation que l'on déplore tous

25:10
Présentateur

Merci beaucoup Merci Sébastien et on regarde la une de votre journal en première ligne face à la misère c'est à la une ce matin de l'éco-républicain Merci Sébastien Baez d'avoir été avec nous et merci Elsa Joseph Merci beaucoup Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat Merci à tous

Else Joseph : « La colère des agriculteurs face au Mercosur, je la redoute et je la comprends » — Else Joseph · Pourquijevote