4ème édition du #OnePlanetSummit pour la Biodiversité.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 91 %Attaque 4 %Défensif 5 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 6:00Emmanuel MacronChiffre
« Les Nations unies nous le disent, les opportunités émergentes dans la nature peuvent créer 191 millions d'emplois d'ici 2030. »
- 7:00Emmanuel MacronFait
« Sur la biodiversité, la communauté internationale avait défini en 2010 les engagements d'Aichi. 10 ans plus tard, le constat est sans appel. Pas un seul des 20 objectifs qui allaient de l'arrêt de l'extinction des espèces à la réduction de la pollution et à la préservation des forêts n'est atteint. »
- 9:00Antonio GuterresFait
« Les ressources que nous utilisons demanderaient deux planètes, mais nous n'en avons qu'une. »
- 10:00Antonio GuterresChiffre
« La biodiversité en fait manque de 711 milliards de dollars d'ici 2030. »
- 12:00David MalpassChiffre
« Nous avons appuyé la création et la consolidation de plus d'un million d'hectares de zones protégées marines et côtières. »
- 13:00Prince CharlesFait
« Cette charte prévoit 10 domaines d'action, mais il y a des domaines-clés où il faut accélérer les choses, à savoir arriver à plus d'investissements pour la restauration, la régénération du capital naturel. »
- 15:00Cristian SamperFait
« Seule 23% de la surface terrestre de la planète demeure sauvage aujourd'hui. »
- 16:00Cristian SamperFait
« Le rapport de 2019 de l'IPBES confirme que plus d'un million d'espèces sont en danger d'extinction. »
- 17:00Carlos Alvarado QuesadaFait
« La nature, les océans, la terre, tout cela, ce sont des ressources indispensables à la vie. »
- 18:00Carlos Alvarado QuesadaFait
« Aujourd'hui, notre responsabilité en tant que dirigeants, ce n'est pas seulement une responsabilité à l'égard de nos citoyens et de notre génération, notre responsabilité en tant que dirigeants, elle va au-delà. »
- 19:00Prince Albert II de MonacoChiffre
« Le MedFund permet ainsi de maintenir sur le terrain des équipes engagées dans la protection de plus de 3 000km2 d'espaces maritimes. »
- 3:00U. Von der LeyenFait
« Car nous savons que les effets de la perte de nature touchent de manière disproportionnée les communautés les plus pauvres, les communautés autochtones. »
- 4:00U. Von der LeyenFait
« Lorsque l'on perd des forêts, on ne perd pas seulement des habitats naturels ou des espaces verts, nous perdons un allié-clé dans notre lutte contre le changement climatique. »
- 5:00U. Von der LeyenChiffre
« Nous allons investir plusieurs centaines de milliers d'euros dans les 4 années à venir, dans la recherche sur la biodiversité, la santé animale, les maladies émergentes et beaucoup plus encore. »
- 6:00U. Von der LeyenChiffre
« Nous allons mobiliser encore plus que 700 millions d'euros par an prévus pour l'initiative de la Grande Muraille Verte. »
- 7:00D. MalpassChiffre
« Entre maintenant et 2025, le groupe de la Banque mondiale va investir plus de 5 milliards de dollars, pour améliorer la vie et restaurer les terres dégradées dans le Sahel et dans la partie de la Corne de l'Afrique. »
- 8:00D. MalpassChiffre
« Pour tout dollar investi, il y a un retour de 6 dollars. »
- 9:00K. Ait TalebChiffre
« Avec 1,2 milliard d'euros injectés dans les campagnes chaque année et près de 2 milliards d'euros de devises, le coton est la colonne vertébrale des zones rurales des pays sahéliens. »
- 10:00M. Ould el-GhazouaniFait
« La désertification et la dégradation des terres et des écosystèmes augmentent inexorablement en Afrique, et plus particulièrement au Sahel. »
- 11:00E. MacronChiffre
« C'est 100 millions d'hectares restaurés, 10 millions d'emplois créés, 250 millions de tonnes de carbone séquestrées. »
- 12:00C. LagardeChiffre
« 130 000 milliards de dollars, c'est à peu près la valorisation des services qui nous sont fournis par l'écosystème. »
- 16:00J.-P. TricoirePromesse
« Nous nous sommes engagés à atteindre zéro perte nette de biodiversité dans nos propres opérations en 2030. »
- 18:00M. MerkelFait
« Un quart de la plupart des espèces de la faune et de la flore sont affectées. »
- 4:00T. GhebreyesusFait
« Au cours des deux derniers mois, la pandémie Covid-19 nous a appris beaucoup d'enseignements. L'un des plus importants est que le maintien donc des humains, des animaux qui existent sur cette planète est essentiel. »
- 5:00T. GhebreyesusChiffre
« Il y a eu, au cours des récentes années, plus de 70 maladies liées à des maladies chez les animaux, et nous n'avons qu'une seule planète. »
- 6:00T. GhebreyesusFait
« Nous avons publié notre manifeste pour une reprise saine et verte. Il s'agit de mesures pour protéger la nature, les conditions sanitaires, et pour apporter, donc, de l'aide pour construire des villes qui soient saines et pour réduire les activités polluantes. »
- 8:00T. GhebreyesusPromesse
« Et il faut, en effet, trouver des réponses politiques qui vont nous aider à le faire. Ensemble, nous allons travailler pour créer les mécanismes de soutien pour le Conseil, et on va présenter cela à mes frères et soeurs. »
- 10:00Qu DongyuFait
« La pandémie de Covid-19 a montré le lien qui existe entre l'environnement, la santé humaine et la santé animale dans un contexte où il y a de plus en plus de contacts entre les humains, le bétail, et la flore et la faune sauvage, et cela a un lien avec la dégradation des écosystèmes. »
- 14:00Barbara PompiliFait
« Les forêts hébergent 80% de la biodiversité terrestre, or à ce jour, et depuis trois décennies, les taux de déforestation et de dégradation des écosystèmes forestiers restent à un niveau préoccupant. »
- 18:00F. TshisekediFait
« La République démocratique du Congo s'est investie à renforcer le cadre juridique de protection des forêts et de lutte contre la déforestation. À cet effet, nous avons promulgué un code forestier qui pose les principes fondamentaux en matière de gestion et de protection des forêts. »
- 20:00F. TshisekediChiffre
« Nous nous sommes investis dans la préservation et dans la création des aires protégées dont le réseau ouvre environ 14% de l'étendue du territoire national avec une ambition de l'étendre à 17% à l'horizon 2030. »
- 22:00Marco LambertiniFait
« Trois sur quatre infections humaines viennent déjà des animaux. Il faut réellement ne pas permettre de créer ces autoroutes pour les virus, et nous devons regarder comment nous élevons les animaux, mais la déforestation est aussi un moteur fondamental des virus. »
- 26:00Pascal CanfinFait
« Nous allons mettre ces nouvelles technologies que nous finançons, par ailleurs, la plupart des pays riches à travers leur aide au développement, nous allons mettre en place cette technologie, et nous allons les utiliser pour tracer la déforestation. »
- 28:00Emmanuel MacronChiffre
« Nous avons élargi l'alliance. 50 Etats sont désormais engagés dans une coalition pour protéger 30% de la planète, terre et mer, d'ici 2030. »
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... -E.
Macron : Et ce geste, cet engagement, que Christophe Maé et Youssou N'Dour ont décidé de porter ensemble sur, à la fois, une création commune, mais ce qui est aussi un engagement commun. Je vous propose peut-être de les voir et de les entendre et puis après, je vous donnerai tout de suite la parole. -Ch.
Maé : J'entends des voix, des fois, venues d'Afrique. (Youssou N'Dour chante en Africain) (...) -Ch.
Maé : Laisse-moi seul sous ma Grande Ourse. Aujourd'hui, je donne pas cher de ma peau à la Bourse. Je me traîne une drôle d'allure.
Je fais de la peine à voir dans ma fourrure. C'est plus le grand froid, chez moi, y a plus d'hiver. Et elle s'enlève pas, ma polaire.
Un jour, les seuls ours blancs seront les peluches de vos enfants. Je crève de chaud, j'en perds le nord, j'en perds l'Arctique, j'entends des voix des fois venues d'Afrique. (Youssou N'Dour) (...) Ch.
Maé : Je meurs de chaud dans ma fourrure, je l'enlève pas, moi, ma polaire. Je meurs de faim, je te le jure, sur la vie de ma mère. (...) Ch.
Maé : Laisse-moi seul, de toute façon, y a plus la place sur mon glaçon. (Applaudissements) Bravo et merci infiniment à tous les deux. On aperçoit Youssou qui est avec nous.
On te demande pas où tu es. -Y. N'Dour : Je suis à Dakar.
Ca se voit. -E. Macron : Merci beaucoup.
Christophe...
C. Maé : Merci. Merci à vous.
Bonjour à tous. Ecoutez. Moi, en tant qu'artiste, j'ai la chance d'être écouté et entendu.
D'ailleurs, je suis très honoré et fier d'être là aujourd'hui et je vous en remercie. Cette chanson, c'est un constat sur les conséquences du réchauffement climatique. Je pense qu'aujourd'hui, le plus important est de sensibiliser et responsabiliser tout le monde afin d'intégrer cette notion d'écologie dans nos modes de vie.
Pour moi, l'ours, c'est surtout montrer que tous les continents sont concernés. Et les pays d'Afrique sont certainement ceux qui en souffrent le plus. Les images de Yann Arthus-Bertrand qui accompagnent cette chanson ont contribué à ma prise de conscience.
Je l'en remercie d'ailleurs. Et moi qui suis un amoureux de l'Afrique, j'ai la chance de partager cette histoire avec mon ami Youssou N'Dour qui est un artiste engagé pour la cause et pour l'Afrique. -E.
Macron : Merci beaucoup. Youssou ! -Y.
N'Dour : Salut. -Salut. -Salut, tout le monde.
Bonjour, M. le président. Bonjour, mon cher ami, Christophe.
Ecoute, Christophe l'a bien résumé tout à l'heure. La musique, c'est quand même oui, un loisir, qui entraîne les gens, accompagne les gens. Mais nous sommes conscients que c'est une force aussi.
Et nous pouvons l'utiliser pour faire avancer des choses. Aujourd'hui, c'est l'éducation et la sensibilisation. Depuis Paris, la COP 21 où il y a eu un objectif pour diminuer le réchauffement climatique.
Aujourd'hui, ce rôle a changé. Et donc je pense que c'est l'apport de tout le monde : des artistes, des politiques, des financiers pour répondre à ce nouveau monde qui a besoin beaucoup plus de solidarité. Et je me réjouis.
D'où la nécessité de cette chanson, "L'ours", que j'ai eu le plaisir de chanter avec mon ami Christophe Maé qui aime beaucoup l'Afrique, c'est vrai. Il me raconte des fois qu'il est dans un taxi au Sénégal où il est en train d'écouter de la musique locale, il me parle des artistes d'ici, un bon truc nord/sud. Et je pense que si ça résonne jusque là-bas, nous, on est très heureux, et nous voulons faire savoir que l'Afrique a besoin aujourd'hui de beaucoup plus de soutien, M. le président, parce que la pollution, toutes ces choses qui nous impactent ne viennent pas de nos pays, viennent des pays riches.
Et c'est pour cela qu'il faut reconsidérer énormément de choses et je suis tout à fait d'accord avec votre discours de ce matin pour l'annulation, sous conditions effectivement, de la dette africaine des pays les plus pauvres. J'en ai parlé avec le président Macky et beaucoup d'autres présidents. Nous voulons l'annulation de cette dette.
Merci, M. le président. -E.
Macron : Merci beaucoup. Merci, Youssou. Merci à tous les deux. (Applaudissements) Merci beaucoup pour cette chanson et votre engagement.
L'Afrique en a besoin, tu l'as dit, mais on a besoin de l'Afrique et que l'Afrique réussisse. Et donc je pense que c'est aussi un jeu parfaitement équitable, et un engagement équitable. Et je pense, c'est toujours important de le redire.
Merci à tous les deux en tout cas pour cet engagement. Cette réconciliation de toutes les grandes questions climatiques, on va beaucoup en parler aujourd'hui. Tout ça, c'est en effet de l'engagement des politiques publiques, mais c'est de l'émotion et de l'inspiration et vous en donnez beaucoup.
Donc merci à l'un et à l'autre. Merci encore. Beau travail.
Bien. Donc nous passons maintenant au travail après cette introduction artistique, et je remercie encore les deux artistes, surtout dans un moment où, on le sait, compte tenu des contraintes sanitaires, il est si difficile aujourd'hui pour beaucoup d'artistes de se produire. Je pense que c'était encore plus fort et symbolique d'avoir Christophe Maé et Youssou N'Dour avec nous.
Et nous savons combien aussi la culture contribue au sens de nos vies. M. le secrétaire général des Nations unies, M. le président de la Banque mondiale, mesdames et messieurs, les chefs d'Etat et de gouvernement, mesdames, messieurs, merci d'être là.
Merci à celles et ceux qui ont pu être à Paris, qui sont à mes côtés. Merci également infiniment à toutes celles et ceux qui vont nous rejoindre cet après-midi. Nous avons un agenda extrêmement chargé.
Donc je ne serai pas long du tout. Et je serai vigilant pour qu'on essaie de tenir notre rythme. Mais nous avons aussi des sujets extrêmement importants à aborder.
En effet, cette mobilisation, c'est celle du premier One Planet Summit pour la biodiversité. Vous le savez, le premier One Planet Summit s'est tenu à Paris en décembre 2017 avec un objectif qui est de consolider des coalitions concrètes, des actions, des engagements, avec un système aussi de suivi pour s'assurer que tout ça est véritablement suivi des faits. Et le One Planet Summit d'aujourd'hui a pour but véritablement de consacrer ces liens entre notre humanité avec la nature et l'environnement que nous habitons.
Il y a près de 2 ans, l'IPBES, qui est le GIEC de la biodiversité, dont je veux vraiment saluer le rôle, l'engagement, la force, présentait ici même sa première évaluation mondiale en établissant les faits sur la surexploitation de notre planète, la dégradation considérable de l'environnement terrestre et marin, et l'extinction des espèces. Le constat scientifique, il est sans appel. Il a été fait début 2019.
Nous le connaissons. Ce que nous savons aussi de façon encore plus évidente du fait de la crise que nous vivons, c'est que toutes nos vulnérabilités sont liées. Les pressions exercées par la nature, par l'activité humaine accroissent les inégalités, menacent notre santé et notre sécurité.
Et c'est à une transformation profonde et rapide que notre modèle de développement... de notre modèle de développement que nous sommes précisément appelés.
Ce que nous savons enfin, c'est que nous pouvons changer la donne si nous le décidons. Chacun l'a ressenti en voyant comment quand l'activité humaine telle que nous la connaissons s'est un peu, et pendant un temps, suspendue à cause de la pandémie, la nature a pu reprendre ses droits sur nos littoraux, ou au coeur même de nos villes. Ce sentiment n'avait rien d'anodin.
Il nous renvoyait d'un seul coup à une réalité évidente : notre avenir et celui de notre planète dépend de ce que nous faisons ici et maintenant. Nous devons faire, nous avons les moyens de le faire, et il est dans notre intérêt à tous de le faire. Les Nations unies nous le disent, les opportunités émergentes dans la nature peuvent créer 191 millions d'emplois d'ici 2030.
Les forêts, les océans, les écosystèmes intacts sont des puits de carbone efficaces qui nous permettront de tenir nos ambitions climatiques. Et la nature nous offre des solutions pour développer une agriculture durable, fournir des services économiques et financiers, préserver nos patrimoines, nos cultures. Et donc cet agenda pour la biodiversité, que nous allons traiter aujourd'hui, a évidemment des synergies massives avec la lutte contre le réchauffement climatique, avec la lutte contre les grandes famines, qui sont aujourd'hui à un niveau exceptionnel sur notre planète, avec la lutte pour le développement et la stabilisation d'écosystèmes, et nous y reviendrons dans quelques instants.
Ce que nous voulons aujourd'hui, c'est agir ensemble et acter des engagements profondément transformants, concrets et vérifiables. Des acteurs publics et privés, des acteurs étatiques et de la société civile. Avec les Nations unies, nous avons engagé cette dynamique pour ne plus attendre avant de passer à l'action.
C'est absolument impératif. Sur la biodiversité, la communauté internationale avait défini en 2010 les engagements d'Aichi. 10 ans plus tard, le constat est sans appel.
Pas un seul des 20 objectifs qui allaient de l'arrêt de l'extinction des espèces à la réduction de la pollution et à la préservation des forêts n'est atteint. Il nous faut regarder en face cet échec pas du tout pour crier au drame ou pour le contempler ou avec une fascination quelconque pour le désastre, juste pour accélérer notre action avec des choses très concrètes, et un suivi réaliste de celles-ci. Et commencer l'année 2021 avec ce One Planet Summit est très important, parce que c'est l'année de la réconciliation de tous nos défis.
Le Congrès mondial de la nature en septembre à Marseille, la COP biodiversité à Kunming, la COP de Glasgow pour justement la lutte contre le réchauffement climatique, et j'espère ce sommet de toutes les COP, puisqu'il y a cette convergence en 2021 autour du secrétaire général et avec l'ensemble justement de nos partenaires, de nos amis, de toutes celles et ceux qui font la communauté internationale. C'est pourquoi nous avons décidé de commencer cette année par des actions avec 4 priorités et thèmes d'actions concrètes. Premièrement sur la protection des espaces terrestres et maritimes, pour mettre la nature sur la voie de la régénération en protégeant de façon effective 30% des terres et 30% des mers.
C'est d'autant plus essentiel que si nous n'agissons pas pour préserver les écosystèmes, nous ne pourrons pas tenir les engagements que nous nous sommes fixés sur le climat. Deuxièmement, sur l'agroécologie, qui est absolument critique, pour permettre à la fois la protection de l'environnement, notre sécurité alimentaire, et la réduction des inégalités. Pour transformer aussi de manière structurante notre modèle collectif de développement.
On y reviendra dans un instant dans le cadre de la 1re séquence. 3e point, sur la mobilisation des financements publics et privés, qui sera le nerf de la guerre sur la biodiversité comme ça l'est sur le climat. Et quatrièmement, sur la protection enfin des forêts tropicales, des espèces et de la santé humaine.
A l'été 2019, les incendies qui avaient ravagé l'Amazonie ont éveillé le monde sur la destruction par l'homme d'un patrimoine commun de l'humanité. Nous avons agi, par l'alliance sur les forêts tropicales, en Afrique, comme en Amérique latine, mais il nous faut consolider ces efforts, voir plus loin et agir aussi, parce que c'est l'une des principales leçons de cette pandémie, sur tout ce qui constitue la santé de notre planète et les liens également entre ce combat et celui pour la santé mondiale. Voilà les quelques points que je voulais mettre en lumière pour cette rapide introduction.
Il y a donc beaucoup d'engagements, beaucoup d'actions, de mobilisations, mais il y aura aussi un suivi scrupuleux et j'y tiens, pour que ça ne soit pas simplement le sommet d'un jour. Je vous remercie en tout cas de vous être mobilisés. Nous sommes que peu dans cette salle compte tenu des contraintes sanitaires, mais je veux remercier les parlementaires, les responsables d'organisations internationales, évidemment les chefs d'Etat, de gouvernement qui sont là, mais aussi les acteurs engagés de terrain qui, depuis des années, pratiquent au quotidien, dans leur vie, ce que je viens de dire.
Je ne serai pas plus long et je vais céder tout de suite la parole à M. le secrétaire général de l'Organisation des Nations unies. Cher Antonio. -A.
Guterres : Chers amis, 2021 doit être l'année de la réconciliation entre l'humanité et la nature. Jusqu'à présent, nous avons détruit notre planète. Nous en avons abusé comme si nous en avions une autre de rechange.
Les ressources que nous utilisons demanderaient deux planètes, mais nous n'en avons qu'une. Si on faisait une comparaison par rapport à une année calendaire, eh bien, au cours des dernières 0,2 secondes, nous en avons utilisé un tiers des ressources. Et maintenant, la nature reprend ses droits.
Les températures atteignent des records, la biodiversité s'effondre, les déserts s'étendent, il y a des événements climatiques de plus en plus extrêmes. Nous sommes fragiles. Et la Covid-19 a coûté la vie à plus de 1,8 million de personnes et a détruit les économies, et pour la première fois lors de ce siècle, la pauvreté s'accroît, les inégalités se creusent, et tout en reconstruisant, on ne pourra pas revenir à ce qui était la normale par le passé.
Il nous faut des politiques intelligentes, les bons investissements pour raviver nos économies et les reconstruire de manière plus résiliente. Les innovations dans l'énergie, dans le transport peuvent permettre une reprise durable et une transformation économique et sociale et des solutions qui reposent sur la nature, comme la Grande Muraille Verte pour l'Afrique, sont très prometteuses. Préserver la biodiversité à l'échelle mondiale, cela peut créer des emplois.
D'après le forum économique mondial, cela pourrait créer 191 millions d'emplois d'ici 2030. Mais le monde, pour l'instant, n'a atteint aucun des objectifs de biodiversité prévus pour 2020. Et la biodiversité en fait manque de 711 milliards de dollars d'ici 2030.
Donc le financement durable est essentiel si l'on veut une transition pour s'éloigner des secteurs polluants. La rencontre prévue à Kunming, en Chine, sera une étape décisive pour mettre en place un cadre post-2020 pour la biodiversité et pour arrêter la crise des extinctions. Chers amis, biodiversité et climat sont étroitement liés.
Et un nouvel élan est en train de naître. De nombreux grands émetteurs se sont engagés à atteindre des émissions nettes nulles d'ici 2050. L'objectif principal des Nations unies en 2021 est de construire une véritable coalition mondiale pour la neutralité carbone.
Chaque pays, ville et entreprise doit adopter une feuille de route ambitieuse pour atteindre zéro émission nette d'ici 2050. Et le temps est venu de mettre un prix sur le carbone, d'arrêter de construire de nouvelles centrales à charbon, de mettre fin aux subventions pour les énergies fossiles de transférer la charge fiscale des contribuables aux pollueurs et d'aligner les flux financiers publics et privés avec les engagements de l'accord de Paris et les objectifs de développement durable. Et aussi il faut intégrer l'objectif de neutralité carbone dans toutes les décisions économiques et fiscales.
Et nous devons aider les plus vulnérables. Celles et ceux qui souffrent déjà des effets du changement climatique et de la perte de la biodiversité. Aujourd'hui, les efforts d'adaptation ne représentent que 20% du financement climat.
Et seulement 14% de la finance climat sont dédiés aux pays les moins avancés. C'est très insuffisant, notamment pour protéger les petits Etats insulaires dont l'existence même est menacée. Chacun doit faire beaucoup plus.
La COP 26 ne peut pas être un autre rendez-vous manqué, comme la réunion de Kunming ne peut pas être un autre rendez-vous manqué. Depuis 3 ans, le One Planet Summit permet de rassembler les acteurs privés, publics, et la société civile autour d'initiatives concrètes au niveau des pays et au niveau global. La Coalition de la Haute Ambition pour la Nature et les Peuples qui sera lancée formellement aujourd'hui en est le parfait exemple.
Chers amis, nous entamons une nouvelle année sous le signe de l'espoir. Ensemble, saisissons l'occasion pour construire un monde plus sûr, plus équitable et plus durable. Et je vous remercie. -E.
Macron : Merci beaucoup. Merci beaucoup, cher Antonio pour cette intervention, et la conviction profonde, je sais, qui est chez toi. Cher David Malpass pour la Banque mondiale, cher président Malpass, je vais vous céder maintenant la parole. (Il n'y a pas de son) (...) E.
Macron : David, your mic is muted. -D. Malpass : Is that better ?
E. Macron : Yes, perfect. -D.
Malpass : M. le président Macron, cher Emmanuel...
Excellences, je suis très heureux de participer à ce sommet One Planet cette année. Emmanuel, est-ce que vous m'entendez bien ? -Interprète : On vous entend assez mal.
Les interprètes entendent assez mal en tout cas. -E. Macron : On t'entend.
This is OK. -D. Malpass : OK.
La Banque mondiale a été très heureuse de co-organiser le Sommet en 2017 à Paris, à New York, en 2018, et à Nairobi, en 2019. Donc je vous remercie, M. le président Macron, ainsi que la France, pour votre leadership et votre engagement pour l'agenda de la biodiversité.
Le changement climatique et la perte de biodiversité sont des caractéristiques de notre époque. Ce sont des défis immenses pour nos efforts de développement, y compris pour réduire la pauvreté et les inégalités. Cette année, nous avons de nombreuses opportunités pour que les pays alignent leurs objectifs de biodiversité et de climat sur les programmes de développement avec la COP 15 à Kunming et la COP 26 à Glasgow en novembre prochain.
Il est donc important que nous apportions un soutien aux pays en développement, et pour leur permettre de développer des stratégies à long terme pour des économies neutres en carbone, qu'ils abandonnent leur dépendance au charbon, et qu'ils renversent leur perte de biodiversité. La Banque mondiale finance des investissements dans les pays en développement avec, au cours de la dernière année, des investissements sans précédent, et nous allons poursuivre. Je me fixe des objectifs tout à fait ambitieux : que 35% de nos financements aient des co-bénéfices écologiques au cours des 5 prochaines années, ce qui aidera les pays à reconstruire de façon plus Verte avec des infrastructures à bas carbone et des pratiques agricoles plus favorables à l'environnement.
Nous allons continuer à mettre l'accent sur l'adaptation au changement climatique avec un objectif d'avoir 50% de la finance de la Banque mondiale dans cet objectif. Nous avons aussi des opérations qui visent à la conservation des espèces, des habitats naturels, et nous travaillons pour améliorer les modes de vie des populations qui dépendent de l'agriculture, de la pêche et de la foresterie. Et nous allons continuer à accélérer notre travail en matière de biodiversité et de gestion durable des écosystèmes marins, côtiers et terrestres.
Au cours des deux dernières années, nous avons appuyé la création et la consolidation de plus d'un million d'hectares de zones protégées marines et côtières, avec 2 millions de zones protégées terrestres en Asie, en Amérique latine et en Afrique. En Inde, nos opérations ont permis de faire une cartographie de toute la zone côtière et de planter 6 000 hectares de mangrove qui offrent une protection face aux phénomènes météorologiques extrêmes. Et 7 millions de personnes en dépendent.
Ce que nous faisons en Chine vise ces biens communs publics, en particulier la réduction des plastiques dans l'océan. En Afrique de l'Ouest, nous protégeons les côtes de l'érosion et nous accélérons notre soutien pour restaurer les terres dégradées dans le Sahel, autour du lac Tchad, et dans la région de la Corne de l'Afrique. La Covid-19 a montré le lien entre la santé des humains et celle de la planète.
Avec le soutien de l'Allemagne, nous avons de nouvelles politiques pour mettre en place cette approche : une santé pour lutter contre les maladies infectieuses. Et alors que les pays vont se reconstruire, nous devons travailler ensemble : les communautés, les Etats, les gouvernements, les entreprises privées et nous-mêmes pour un redressement vert. Car il ne sera pas possible d'aider les pays à réduire la pauvreté et les inégalités sans relever ce défi du changement climatique et celui de la perte de biodiversité.
Merci infiniment, M. le président Macron. -E.
Macron : Merci, cher président, cher David, pour cet engagement. Et avec vos 2 interventions, je crois qu'on a bien vu la nécessité de fixer un cadre collectif clair pour en particulier réussir la COP 15, et orienter nos actions vers des résultats concrets. Je vais maintenant passer la parole au vice-Premier ministre de la République populaire de Chine par un message vidéo.
M Han Zheng. -E. Macron : Merci beaucoup.
Pour achever cette séquence d'ouverture, je vais maintenant passer la parole à Son Altesse royale le prince de Galles, que je remercie encore pour non seulement sa participation, mais son engagement constant sur ces sujets et l'ambition qu'il porte. Son Altesse royale, la parole est à vous. -Prince Charles : M. le président, Excellences, mesdames et messieurs, je suis très touché d'avoir été invité à me joindre à vous tous au début de cette année d'espoir, pour ce One Planet Summit unique d'une importance vitale.
Je ne peux que vous féliciter, cher M. le président, d'offrir une occasion aussi cruciale de galvaniser une action ambitieuse, mais concrète pour relever les défis critiques auxquels notre planète est confrontée et que nous partageons tous. Ces dernières années, nous avons réalisé certains progrès sur la voie d'un consensus sur la direction dans laquelle l'humanité doit s'engager et sur les étapes à atteindre à la moitié du siècle, d'ici 2050.
Nous espérons que nous pourrons bien entendu continuer à élaborer cela au sein de la conférence sur la diversité biologique ou sur la biodiversité en Chine, cette année. Néanmoins, le consensus, les intentions des objectifs, ce ne sont que les premières étapes. Ensuite, il faut bien entendu déployer des efforts pratiques extraordinaires pour mobiliser les ressources financières, l'ingéniosité technique et l'innovation institutionnelle pour y parvenir.
C'est la raison pour laquelle il y a un an, à Davos, j'ai lancé l'initiative Sustainable Markets, "marchés durables", pour que les êtres humains et la planète soient au coeur de la chaîne de valeurs. Cela est né de ma conviction que la seule solution au défi auquel notre planète est confrontée, c'est de travailler en harmonie avec l'économie de la nature et pas contre l'économie de la nature. Personne d'entre nous n'aurait pu anticiper la pandémie dévastatrice qui était sur le point de se produire, ni son impact horrible sur les vies et les moyens de subsistance partout dans le monde.
Aujourd'hui, en réfléchissant à tout ce que nous avons enduré ensemble, il est plus clair que jamais que la santé humaine et la santé planétaire sont fondamentalement liées. Au cours de l'année écoulée, par le biais de mon initiative, Sustainable Markets, j'ai réuni des dirigeants mondiaux dans le cadre d'une coalition de volontaires issus de tous les secteurs industriels et de presque toutes les branches de l'économie. Et je les ai mis au défi de trouver des moyens de placer notre planète sur une trajectoire fondamentalement plus durable.
Aujourd'hui, je lance un appel urgent aux dirigeants de tous les secteurs partout dans le monde pour qu'ils nous rejoignent dans ces efforts et pour qu'ils apportent leur soutien à cette charte dont l'objectif est d'arriver à une harmonie avec la nature, la planète, dans la décennie à venir. Et je ne peux qu'encourager ceux qui, dans le secteur de l'industrie et de la finance, peuvent le faire, d'apporter un leadership pratique à ce projet, car ils sont les seuls à pouvoir mobiliser l'innovation et les ressources qu'il nous faut à l'échelle mondiale pour transformer notre économie. Alors, cette charte prévoit 10 domaines d'action, mais il y a des domaines-clés où il faut accélérer les choses, à savoir arriver à plus d'investissements pour la restauration, la régénération du capital naturel.
Telle que la restauration des sols, des forêts, des prairies, des zones humides, et des terres agricoles peuvent protéger et restaurer la biodiversité tout en continuant à réduire les émissions en tant que prix du carbone naturel. La tarification du carbone, la compensation des émissions de carbone, et l'investissement dans le capital naturel pourraient avoir un impact significatif sur l'obtention du capital nécessaire pour réaliser une mise à l'échelle. Par exemple, le marché des compensations carbone basées sur la nature devrait se développer de manière significative en raison du nombre croissant d'entreprises qui s'engagent à atteindre des objectifs de neutralité carbone.
Pour appuyer tout cela, et avec votre soutien, M. le président, il y a une initiative pratique qui consiste à créer une alliance du secteur privé pour faire donc du capital naturel un domaine d'investissement, et pour arriver à obtenir plus de capital dans ce domaine pour arriver à 10 milliards d'ici 2022. Cette alliance permettra d'étendre le flux d'investissements grâce en fait également à la compensation carbone.
Un avenir soutenable est en fait l'histoire de la croissance de notre époque. Mais c'est à nous de saisir l'occasion qu'elle nous offre. J'espère sincèrement que la Terra Carta nous aidera à y parvenir.
Ainsi, alors que nous nous tournons vers un avenir plus brillant et plus durable, avec nos promesses tenues, unissons nos forces et ne perdons plus de temps. L'heure étant venue, c'est vraiment à nous de faire en sorte que chaque jour compte. Merci mille fois, M. le président. -E.
Macron : Thank you so much, His Royal Highness. Thank you for your french, and your commitment. Merci infiniment, pour cet engagement.
Et je crois que l'alliance des investisseurs privés pour la nature est un mouvement extrêmement fort, qui est le fruit de tout ce travail que vous évoquiez, et je pense qu'il est important que tout le monde prenne conscience de ce que ça représente, 10 milliards de dollars d'ici 2022, donc c'est demain, et je veux vraiment remercier tous ceux qui ont suivi votre mobilisation : HSBC, Mirova, Lombard Odier, et plusieurs autres, ce qui permet vraiment d'engager un changement d'échelle et une mobilisation. Merci infiniment pour cela. Et nous continuons.
Nous allons maintenant passer à la première séquence, qui est de protéger les espaces terrestres et maritimes. Et je vais tout de suite passer la parole à Cristian Samper, directeur général de la Wildlife Conservation Society. (Propos en anglais) -C.
Samper : Merci, M. le président, Excellences, ladies and gentlemen, dear friends. Les êtres humains vivent sur cette planète depuis un peu plus de 5 000 ans, et nous partageons cette planète avec 10 000 espèces.
Mais aucune autre espèce n'a eu le même impact que les humains sur la planète. Seule 23% de la surface terrestre de la planète demeure sauvage aujourd'hui. Ces changements rapides menacent non seulement la vie sur terre, mais également notre existence en tant qu'espèce.
Le rapport de 2019 de l'IPBES confirme que plus d'un million d'espèces sont en danger d'extinction. Et il faut donc trouver des solutions pour faire face à ces phénomènes, et ce sont les zones protégées. Les gouvernements ont accéléré la création de ces zones protégées.
Nous pensons que la gestion de ces zones protégées aide à atténuer les effets du changement climatique et permettent la survie des communautés. L'objectif a été adopté en 2010 et l'ODD 10 fixe de protéger 70% de la Terre et 10% de l'espace marin. Aujourd'hui, nous avons protégé 15% de terres et des eaux douces et un peu plus de 7% des océans aujourd'hui.
Mais la bonne nouvelle, c'est que nous avons plus que doublé le nombre de zones protégées, d'aires protégées. Mais toutes ne sont pas bien gérées, elles ne représentent pas la diversité des écosystèmes. Et beaucoup d'entre elles sont trop petites pour être viables à long terme, en particulier face au changement climatique.
Nous avons la science, la pratique, l'expérience. Nous savons ce qu'il faut pour que cela fonctionne, mais il nous manque l'ambition, la volonté politique et les ressources financières pour faire avancer les choses dans 3 domaines. D'abord la science nous dit qu'il faut élargir ces zones protégées et prendre d'autres mesures de conservation pour couvrir au moins 30% de la surface terrestre et marine d'ici 2030.
Il nous faut protéger en particulier les récifs coralliens qui abritent de nombreuses espèces. Nous savons que les zones protégées doivent représenter la diversité des espèces. La science nous montre que seuls 42% des écorégions de la planète sont bien représentées dans les zones protégées, et que 78% des espèces ne sont pas suffisamment bien protégées aujourd'hui.
Ceci est particulièrement critique étant donné l'impact du changement climatique sur la migration d'un certain nombre d'espèces. Troisièmement, nous devons faire en sorte que ces zones protégées soient bien gérées. Pour cela, il faut que nous disposions des ressources adéquates sur le plan humain et financier, et les capacités à long terme.
Je suis encouragé par des initiatives telles que le Fonds Bleu ou d'autres initiatives du même type. Excellences, mesdames et messieurs, chers amis, le monde est confronté à 3 grandes crises aujourd'hui : la perte de la biodiversité, le changement climatique et la pandémie. Or ces 3 crises sont liées entre elles et elles ont les mêmes causes et les mêmes solutions.
Les zones protégées, les zones de conservation, sont au coeur de la solution et elles sont essentielles aussi pour atteindre les ODD des Nations unies. Elles sont essentielles pour l'avenir et la survie sur Terre. Nous avons une vision partagée, et il nous faut maintenant adopter un objectif global qui est d'arrêter et de renverser la perte de biodiversité d'ici 2030 et les zones protégées doivent être au coeur de cette politique publique.
Nous sommes prêts à travailler avec tous pour construire ensemble un avenir durable, neutre en carbone, qui protège la nature pour le bénéfice de la terre, de la planète et des humains. -E. Macron : Des éléments scientifiques sont établis, vous l'avez rappelé, et l'objectif qu'on doit se fixer, c'est ce 30% d'ici 2030, le sujet en effet de la représentativité et de la protection réelle de tous les espaces et de toutes les espèces, et le management de ces zones.
C'est l'objet justement des deux points que nous allons évoquer dans le cadre de cette séquence. D'abord un point sur la Coalition Haute Ambition pour la Nature et les Peuples, puis nous ferons un point sur la Coalition Méditerranée exemplaire 2030. Premièrement, Coalition Haute Ambition pour la Nature et les Peuples.
Notre objectif, c'est d'élargir cette coalition. On l'a fait pour aujourd'hui, et nous allons y revenir, et c'est de continuer cet effort jusqu'à Kunming pour avoir le maximum de pays, et atteindre justement l'objectif que vous évoquiez à l'instant. Courte vidéo pour présenter les engagements de précisément la Haute Ambition pour la Nature et les Peuples.
Je vais tout de suite passer la parole au président du Costa Rica que nous avons vu dans le petit film à l'instant, Carlos Alvarado Quesada qui, précisément, porte à nos côtés la coalition à l'instant présentée et dont je veux vraiment saluer l'engagement personnel, mais aussi l'engagement de tout son pays dans ce travail. C'est à toi, Carlos. -C.
Alvarado Quesada : Merci beaucoup, M. le président. Merci, M. le président Macron. pour l'organisation de ce sommet si important pour le monde, pour l'humanité, pour votre leadership en termes de biodiversité, et pour tout ce qui est lié au climat.
Et je profite pour saluer toutes les personnes qui participent à ce sommet. C'est un honneur pour moi que de présenter le lancement de la Coalition Haute Ambition pour la Nature et pour les Peuples, avec donc des pays qui s'engagent pour l'environnement, unis dans l'objectif de protéger au moins 30% de la superficie de la Terre et des mers pour l'année 2030. La nature, les océans, la terre, tout cela, ce sont des ressources indispensables à la vie.
L'eau potable, l'air pur, lutter contre les effets du changement climatique. Contrôler les plaies, les maladies, la pollinisation, le maintien de la biodiversité de la planète. Voilà quelques-uns des services, des choses que la nature apporte pour la vie sur la planète.
Ce sont des solutions qui reposent sur la nature. Et aujourd'hui, néanmoins, seuls 7% des océans sont protégés et seuls 15% du territoire terrestre sont protégés, alors qu'on constate qu'il y a une perte accélérée des écosystèmes et de la biomasse partout sur la planète. Aujourd'hui, notre responsabilité en tant que dirigeants, ce n'est pas seulement une responsabilité à l'égard de nos citoyens et de notre génération, notre responsabilité en tant que dirigeants, elle va au-delà.
Elle va également au-delà de cette génération. C'est une responsabilité unique dans l'histoire et par rapport à l'ensemble de l'histoire de l'humanité. Une responsabilité pour l'avenir de l'humanité.
Il s'agit probablement de la seule génération sur la planète qui soit chargée de cette responsabilité. Il s'agit de nous, ici réunis, et de tous ceux qui participent à cette coalition. C'est la raison pour laquelle aujourd'hui, en 2021, il est grand temps d'agir, de nous engager au sein de cette Coalition Haute Ambition pour la Nature et les Peuples pour atteindre ces objectifs de conservation et de protection de 30% du territoire terrestre et océanique pour l'année 2030.
C'est un défi que nous avons lancé d'ailleurs en 2019 lors de la COP au Costa Rica. Et cela aura des bénéfices économiques. On l'a vu, ç'a été le cas pour le Costa Rica.
On est un modèle d'écotourisme qui est l'une des principales industries de notre pays. C'est une industrie propre, ou alors, il faut investir plus dans la recherche scientifique. Dans un pays aussi petit que le Costa Rica, nous abritons 5% de l'ensemble de la biodiversité de la planète.
C'est de cela que nous parlons. Nous parlons de la conservation du patrimoine de nos peuples autochtones, ceux qui nous ont apporté la connaissance de cette époque, cette culture de la coexistence harmonieuse avec la terre. Donc un élément de plus qui participe à cette vision.
Donc pour le Costa Rica, c'est un véritable honneur que de pouvoir faire partie de ce groupe. Et j'en appelle aux différents dirigeants aujourd'hui présents et à d'autres pour leur dire : "N'ayons pas peur, faisons preuve de courage. "faisons ce qui est juste, ce qui est correct, "et essayons de relever ce défi "car il s'agit d'un moment unique dans l'histoire de l'humanité." Et c'est cela que ce moment attend de nous.
Voilà l'appel qui nous est lancé. Alors que nous connaissons une pandémie, une perte accélérée de la biodiversité, le changement climatique, c'est aujourd'hui qu'il faut agir, et cela, avec courage. Faisons preuve d'ambition pour tout ce qui est positif.
Allons de l'avant pour atteindre ces objectifs. Notre objectif, c'est de protéger notre planète, et donc notre humanité. Merci à tous les participants. -E.
Macron : Merci beaucoup, président. Merci, Carlos. Merci infiniment pour cet engagement.
Je vais maintenant passer la parole au président du Conseil des ministres italiens Giuseppe Conte, cher Giuseppe, précisément, je disais que cette alliance avait vocation à s'élargir et je veux saluer ici l'engagement de l'Italie en la matière. Bonsoir. (Inaudible) -G.
Conte : Cher Emmanuel, merci beaucoup de cette invitation. Merci d'organiser ce sommet véritablement encourageant sur la biodiversité. Chers collègues, chers invités, l'année 2021 est une année cruciale pour la planète.
Les COP des trois conventions sur le climat, la biodiversité et la désertification auront lieu au cours des prochains mois. Ainsi que la 5e session de l'Assemblée environnementale des Nations unies, et la conférence des Nations unies sur les océans. Nous avons donc une chance unique de prendre des mesures concrètes pour corriger les plaies infligées à la planète, pour restaurer les écosystèmes.
Et la pandémie nous a rappelé que détruire des habitats, cela augmente les risques de diffusion de maladies qui passent des animaux aux êtres humains. La perte de biodiversité et le changement climatique par ailleurs ont des impacts plus durs pour les plus vulnérables, compromettent les efforts de développement et l'agenda à l'horizon 2050. Ces principes selon lesquels nous vivons tous sur une seule et même planète doivent accompagner nos politiques pour le redressement de nos systèmes économiques après la pandémie.
Avec les peuples et la prospérité, la présidence italienne appuie ces objectifs. La présidence italienne du G20. Nous avons donc une approche holistique.
Une approche que la présidence italienne poursuivra par exemple en visant la neutralité de la dégradation des terres, des solutions pragmatiques sur les questions environnementales sont toutes liées entre elles. Le changement climatique entraîne la biodiversité qui entraîne la dégradation des sols, des océans, et la désertification. De même la restauration des écosystèmes le redressement de la biodiversité et le reboisement sont des éléments-clés pour faire face au changement climatique.
Inspirés par ces principes, nous allons travailler pour une COP 26 couronnée de succès en partenariat avec le Royaume-Uni. L'Italie s'est engagée à renforcer l'engagement du cadre pour la biodiversité en vue de la prochaine COP. Nous appuyons la nouvelle stratégie pour la biodiversité à l'horizon 2030, ainsi que ces objectifs d'étendre les zones protégées marines et terrestres à 30% de la planète d'ici 2030.
En tant que présidents du G20, nous proposons à ces membres de nous fixer un objectif à l'échelle mondiale à l'occasion de la COP 15. Nous appuyons l'engagement des leaders pour la nature et nous rejoignons la Haute Ambition pour la Nature et les Peuples. Nous travaillons aussi avec l'Unesco pour promouvoir le réseau mondial d'experts environnementaux pour offrir une aide gratuite et un renforcement des capacités pour la gestion des zones naturelles reconnues par l'Unesco partout dans le monde.
Cette année est donc cruciale. Il nous faut multiplier nos efforts. Nous le devons à nous-mêmes d'abord, mais surtout aux jeunes générations.
Je vous remercie. -E. Macron : Merci beaucoup, cher Giuseppe.
Merci, et je veux vraiment saluer l'engagement de l'Italie dans le cadre de sa présidence du G20 sur ces sujets et l'unité de ces sujets, comme tu l'as rappelé, et merci de rejoindre la Coalition. Une déclinaison concrète de l'engagement de la France de protéger 30% de la surface terrestre et marine de notre pays en 2022, c'est précisément, et plus largement, la Coalition sur la Méditerranée. Et je vais laisser notre ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, modérer cette séquence, mais non sans avoir remercié le prince Albert II pour sa présence et son rôle pionnier en la matière, parce que vous n'avez pas attendu ces initiatives, monseigneur, pour vraiment vous engager, faire, et être un éclaireur sur ce sujet.
Donc merci d'être là et d'avoir tant fait. Mme la ministre. -B.
Pompili : Merci, M. le président. Effectivement de tous les écosystèmes vulnérables, la mer Méditerranée, est sans doute l'un des plus remarquables, puisqu'elle représente 1% de la superficie océanique, et pourtant elle est une des mers les plus riches au monde en matière de diversité biologique avec plus de 17 000 espèces recensées.
Cette richesse est menacée aujourd'hui par diverses activités humaines : le transport maritime, la pêche, les forages offshore, le tourisme, l'agriculture intensive, l'artificialisation du littoral, etc. Et face à ces menaces, nous souhaitons lancer une coalition pour remobiliser les gouvernements et l'ensemble des acteurs concernés pour faire de la Méditerranée une mer exemplaire en 2030. Cette initiative repose sur un plan d'action avec 4 axes : la protection de la biodiversité marine, le développement d'une pêche durable, la lutte contre la pollution et la promotion d'un transport maritime durable.
Et nos intervenants vont les détailler. L'objectif de protéger 30% de l'océan d'ici 2030 est porté par la France, le Costa Rica et 50 Etats réunis dans la Coalition de la Haute ambition pour la Nature et les Peuples qui vient d'être présentée. Je me tourne vers Son Altesse sérénissime le prince Albert.
Comment le plan d'action pour la Méditerranée peut-il concrètement décliner cette ambition ? Monseigneur, je vous cède la parole. -Prince Albert II de Monaco : Merci infiniment, M. le président.
Mesdames et messieurs les chefs d'Etat et de gouvernement, Excellences, mesdames et messieurs, chers amis. Merci, M. le président d'avoir pris l'initiative d'organiser cet événement dans ce contexte particulièrement difficile.
Notre responsabilité commune, celle des Etats et des institutions que nous représentons ne s'arrête pas ici et maintenant. Ca concerne bien sûr le monde que nous laisserons à nos enfants, et particulièrement ces étendues maritimes immenses qui ne nous appartiennent pas, mais qui dépendent de nous autant que nous dépendons d'elles. Nous devons comprendre que nous engager pour les mers souvent encore inexplorées, tout comme pour les forêts agressées, c'est agir pour l'humanité, pour sa survie.
La principauté de Monaco s'est depuis longtemps efforcée de regarder vers le large et vers l'avenir. Nous mesurons combien cette Méditerranée si belle, si riche est aussi si fragile. Pour la préserver nous avons engagé et soutenu de nombreuses initiatives.
Je voudrais évoquer une qui me semble ouvrir des perspectives particulièrement fécondes lorsque nous nous interrogeons sur la manière d'agir pour notre planète. Il s'agit des aires marines protégées, si importantes pour la préservation des écosystèmes les plus fragiles. Pour favoriser leur développement, nous avons créé en 2015, avec la France et la Tunisie, un fonds fiduciaire qui s'appelle le MedFund qui, depuis, a rencontré le soutien politique d'autres pays riverains de l'Union pour la Méditerranée et de la Convention de Barcelone.
Cette organisation repose sur une structure souple réunissant Etats, sociétés civiles et organisations régionales. Elle a pour objectif le financement durable du fonctionnement des aires marines protégées afin de renforcer leur efficacité et leur pérennité. Elles visent pour cela à capitaliser un montant substantiel en suivant une stratégie d'investissement responsable générant des produits réguliers.
A ce séjour, ce sont 8 AMP situées dans 4 pays qui sont déjà soutenues. Le MedFund permet ainsi de maintenir sur le terrain des équipes engagées dans la protection de plus de 3 000km2 d'espaces maritimes. A l'horizon 2025, ce fond vise une capitalisation de 30 millions d'euros qui permettra de soutenir une vingtaine d'aires marines protégées.
En 2030, le fonds ambitionne le soutien d'une quarantaine d'AMP, s'inscrivant ainsi en partenaire actif de la Coalition de la Haute Ambition pour la Nature dont a parlé le président Alvarado Quesada. D'ores et déjà le MedFund a obtenu le soutien financier très substantiel du Fonds pour l'environnement mondial, du Fonds français pour l'environnement mondial, de l'Agence française pour le développement, ainsi que de plusieurs fondations et aquariums partenaires. Je ne peux que souhaiter que d'autres pays et organisations rejoignent cette initiative et je le redis, les AMP sont essentielles pour la sauvegarde de la biodiversité, puisqu'elles permettent également de développer un écotourisme responsable et que les scientifiques s'accordent à considérer leur rôle non négligeable dans l'atténuation du climat.
Sans dévoiler ce que dira sans doute M. Simeoni, je voudrais aussi dire un mot de la lutte contre les pollutions plastiques qui contaminent l'ensemble des écosystèmes et aussi notre alimentation. Pour faire face à ce fléau, ma fondation a lancé il y a 4 ans l'initiative Beyond Plastic Med, ou BeMed, avec l'UICN et d'autres fondations de protection des mers.
Nous avons engagé plus d'1,3 million euros dans le maintien de 57 projets dans 15 pays du bassin méditerranéen. Des projets de terrain visant à réduire l'utilisation du plastique, trouver des alternatives, améliorer aussi les systèmes de collecte, sensibiliser les opinions publiques, et aider à la mise en place de nouvelles réglementations. Ces initiatives font apparaître des perspectives encourageantes.
Celles d'un monde qui n'est pas impuissant, dès lors qu'il sait se mobiliser en associant les acteurs et les niveaux d'action. La défense de la biodiversité, contrairement à d'autres enjeux environnementaux comme le climat, nous permet d'obtenir des résultats rapides et tangibles pour chaque réalisation. Puisqu'il est possible d'agir, il est de notre devoir de le faire, c'est pourquoi je pense que nous sommes ici aujourd'hui à vos côtés.
M. le président, Mme la ministre, je vous remercie. -B.
Pompili. Merci. Merci beaucoup monseigneur.
Le changement climatique affecte également beaucoup la Méditerranée. Le réchauffement des températures enregistrées est de 20% plus élevé que la moyenne mondiale selon les experts méditerranéens du climat. Les acteurs du secteur maritime sont pour partie responsables, car si le secteur maritime était un Etat, il se classerait au 7e rang mondial des émissions de gaz à effets de serre.
De même, la Méditerranée est soumise à une forte pression liée au tourisme. Elle était, avant la crise sanitaire, la 5e destination touristique au monde, et la 2e, s'agissant du tourisme de croisières. Je me tourne vers Gilles Simeoni, président de la Commission des Iles de la Conférence des régions périphériques maritimes d'Europe.
M. Simeoni, comment le plan d'action pour la biodiversité peut-il agir sur ces deux activités qui dégradent la biodiversité ? -G.
Simeoni : Merci, madame la ministre, M. le président, Son Altesse sérénissime, mesdames et messieurs, les chefs d'Etat et de gouvernement, mesdames et messieurs, merci de me donner l'occasion de participer à ce One Planet Summit, qu'il me soit permis d'abord de vous présenter respectueusement tous mes voeux, "Pace è salute", comme on dit en Corse, la paix et la santé. Je crois que ce sont deux vertus cardinales.
J'ai aujourd'hui l'honneur de m'exprimer, non pas en tant que président du Conseil exécutif de Corse, mais président de la Commission des îles, de la CRPM, une instance qui regroupe 21 autorités régionales européennes insulaires, bénéficiant souvent d'un statut d'autonomie ou de self-government, issues de 11 Etats et regroupant donc environ 15 millions de citoyens de l'Union européenne. Il me semble, M. le président de la République que si vous avez souhaité que nous puissions être associés à ce Sommet, c'est à travers un triple message.
Premier message, d'abord me semble-t-il, dire que si les Etats restent des acteurs essentiels de la scène internationale, ils ne sont plus les seuls, et que la révolution copernicienne que nous appelons de nos voeux aujourd'hui doit également impliquer bien sûr les collectivités infra-étatiques mais également la jeunesse de la rive nord et de la rive sud en Méditerranée, les acteurs de l'économie, les établissements d'enseignement supérieur, les universités par exemple. Tout cela pour repenser notre rapport à la production en milieu naturel avec des perspectives importantes et vertigineuses. Par exemple, si la planète est notre bien commun, si la Méditerranée est notre bien commun, alors l'eau est aussi notre bien commun, la santé et les vaccins, également et l'éducation, tout autant. 1er message donc, il est important.
La lutte pour la biodiversité, c'est un combat que mènent les Etats, mais c'est aussi un combat que mènent les citoyens, et notamment les citoyens de Méditerranée. Le 2e message sur cet espace méditerranéen qui ne va pas de soi, qui est souvent représenté, Mme la ministre, comme une zone de tous les risques et de toutes les fractures. La Méditerranée, c'est aussi le creuset, le substrat d'une identité culturelle commune.
Et notre conviction, c'est qu'à partir de ce substrat, peuvent se développer des initiatives porteuses de sens dont la conjugaison dessine un projet méditerranéen qui s'impose désormais, au nord comme au sud, comme une utopie créatrice et mobilisatrice pour l'ensemble des acteurs. 3e et dernier message, envoyé à travers la représentation de la Conférence des Iles, et notamment de Méditerranée, c'est effectivement que ces îles sont, notamment depuis Homère et "L'Odyssée", consubstantielles de l'idée même du monde méditerranéen, souvent conçue comme une contrainte, quelquefois comme un fardeau, vu depuis le continent, l'insularité peut être aujourd'hui, et plus encore demain, un facteur d'innovation. Et en ce qui nous concerne, nous souhaitons résolument, notamment en Méditerranée, que les îles, la Corse, la Sardaigne, les Baléares, la Sicile pour parler de la Méditerranée occidentale, travaillent entre elles, travaillent avec leurs Etats membres de rattachement, et travaillent bien sûr à cette coopération nord/sud que nous appelons de nos voeux.
Ceci étant posé et pour répondre très directement à votre question, la question du transport, et notamment du transport maritime est centrale. Notamment bien sûr pour des îles, puisque nous vivons au quotidien, et la crise Covid-19 nous l'a encore rappelé, nous vivons au quotidien à travers l'exigence de transports qui soient des transports de qualité pour l'activité économique, sociale, culturelle, universitaire, pour la vie individuelle et collective tout simplement. Si on reprend le plan d'action pour la Méditerranée, que nous portons aujourd'hui sur les fonts baptismaux en termes d'efficacité.
Chacun de ces axes de travail, chacune de ces actions nous intéresse directement nous, insulaires de Méditerranée. J'en prends très rapidement deux ou trois. L'article 14, les ports verts, au nord, comme au sud.
Nous travaillons, vous le savez, par exemple à l'électrification des quais, à des avitaillements en source d'énergie alternative. L'action 15, le respect de la convention MARPOL, relative à la prévention de la pollution de l'air, où l'objectif ambitieux d'ériger la Méditerranée en zone d'émissions contrôlées en matière d'oxyde de souffre fait l'objet des travaux respectifs des Etats, au nord, comme au sud, mais également des assemblées délibérantes, par exemple l'assemblée de Corse, mais également de travaux au sein de la Commission des Iles. La perspective entre ce qui se fait aujourd'hui et ce qui se fera demain, par exemple en termes de recherches développement pour les modes de transport.
Je pense par exemple aux travaux qui ont été engagés sur les scrubbers, c'est-à-dire la façon de diminuer les émissions d'oxyde de soufre par les bateaux ou les nouvelles technologies. Le gaz naturel liquide d'ores et déjà aujourd'hui, l'hydrogène, très vite. Nous l'espérons demain ou encore action 19, du plan d'action pour la Méditerranée.
La lutte contre les dégazages, ou la pollution par les hydrocarbures, un combat qui nous parle en tant qu'élu et en tant que citoyens, particulièrement en Corse, où dès 1973, peut-être certains se rappellent-ils, nous étions mobilisés contre les rejets toxiques, les boues rouges, par une société multinationale. Au-delà de ce qui s'est passé hier, ce qui nous intéresse, c'est aujourd'hui et demain. Les objectifs sont clairement identifiés.
La volonté est partagée. Elle est affirmée aujourd'hui au plus haut niveau international à travers notamment le One Planet Summit. Je pense également, et je salue très respectueusement Son Altesse sérénissime, à l'engagement par exemple de Monaco, aux côtés de la France, de l'Italie et plus modestement de la Corse.
Par exemple sur le sanctuaire Pelagos, qui nous permet de mettre en oeuvre des programmes de protection des balbuzards dans les airs et sur terre, ou de protection des cétacés dans les mers et dans les eaux de Méditerranée. L'attente des citoyens est immense, les défis sont colossaux. Qu'il me soit permis, en tant qu'élu, mais surtout peut-être encore plus fortement, en tant que citoyen d'exprimer un souhait, que les engagements qui sont énumérés solennellement aujourd'hui devant le monde entier à l'initiative du président E.
Macron et en présence des plus hautes autorités internationales, que ces engagements se concrétisent le plus vite possible, dans les mois et années à venir, à chaque niveau de décision, par des décisions politiques courageuses, par des politiques publiques innovantes, en rupture avec un modèle qui, incontestablement, nous conduit au désastre, et également à travers des lignes budgétaires dédiées. Si nous faisons cela et que nous le faisons ensemble, alors oui, nous réussirons. (Propos en corse) C'est-à-dire pour les générations d'aujourd'hui et pour celles de demain.
Je vous remercie. -B. Pompili : Merci beaucoup, M.
Simeoni. Comme on le voit, ce plan d'action, c'est un plan d'action concret pour agir sur la biodiversité et pour éviter de continuer à polluer cette mer qui recèle tant de richesses aussi avec des enjeux comme la pêche durable par exemple, comme la pollution plastique. Voilà quelques mesures qui vont égrener ce plan.
C'est le début d'un processus que nous devons continuer à mobiliser pour que cette coalition soit la plus large possible et pour faire venir encore d'autres pays. M. le président, vous avez la parole. -E.
Macron : Je sais que le 1er ministre Sanchez ne pouvait pas être là. Si la vice-présidente du gouvernement du royaume d'Espagne veut dire quelques mots. Je vois Teresa à l'écran. -B.
Pompili : Teresa est là. Avec grand plaisir. Teresa, vous avez la parole pour parler de pêche durable. -T.
Ribera : Merci beaucoup. Merci, M. le président, Mme la ministre et amis et collègues.
C'est avec un grand plaisir que je vous joins aujourd'hui, même si le Premier ministre me demande de partager... his apologies for, and his absence this afternoon.
Interprète : présente ses excuses pour son absence cet après-midi. Je crois que la durabilité, le développement socio-économique et environnemental qui sont devant nous, et la surpêche, l'utilisation des ressources, la pollution ont amené à une perte de biodiversité sans précédent, et il faut les combattre. Il faut conserver la nature.
Mais les efforts de conservation ne sont pas suffisants, il faut maintenant renverser la tendance. Et pour cela, il faut produire et consommer de façon différente et travailler ensemble avec les différents secteurs d'activité : foresterie, pêche, énergie, transport, tourisme et la finance durable. Et ceci, nous devons le faire dans la mer méditerranée.
Nous sommes partenaires de cette haute ambition pour la nature et les peuples, et nous sommes heureux d'y participer. Nous pensons qu'il faut lutter contre la pêche illégale dans la Méditerranée. Nous pensons que c'est possible et nous pensons également qu'il faut continuer à investir dans différents domaines.
Il faut que 30% de la zone marine soient protégés, fasse partie des aires protégées. Un dernier commentaire. Je crois que la perte de la nature en mer vient aussi de ce qui se passe sur terre.
Et il nous faut investir dans les zones côtières avec des solutions basées sur la nature. Il faut éviter que notre pollution et les déchets sur terre soient jetés en mer et polluent la mer. -E.
Macron : Donc rendez-vous à Marseille pour justement l'avancée de ces sujets sur l'initiative méditerranéenne. Plus largement, je veux ici resouligner l'importance de ce travail justement entre le secteur privé et public, les collectivités des sociétés civiles et les Etats des deux rives pour réussir celle-ci. Et l'importance de cet agenda que nous avons fixé pour la protection des aires terrestres et aires marines.
Pour concrétiser l'engagement de la France à atteindre 30% d'aires protégées sur terre et en mer, une stratégie de création d'aires protégées est publiée ce jour même, et les moyens humains consacrés à leur gestion par les opérateurs de l'Etat seront renforcés sur les 3 années à venir avec, en particulier, une mobilisation exceptionnelle des services civiques que nous souhaitons développer pour nos plus jeunes, et avec des choix qui seront faits pour renforcer donc les moyens qui seront mis à disposition de ces opérateurs. Passons maintenant à la 2e séquence de l'après-midi : promouvoir l'agroécologie. Bien.
Sur ce sujet, l'agroécologie, nous savons, c'est tout à la fois la transformation de nos modèles de production et une manière de protéger la biodiversité, d'apporter de la sécurité alimentaire et de maximiser le développement économique, et donc la création d'emplois dans de nombreuses régions du monde. Et cette mobilisation pour l'agroécologie, elle vaut, évidemment, pour nos ambitions collectives pour la réussite du développement du continent africain, mais elle vaut sur toutes nos terres et c'est pour moi un continuum. J'y reviendrai entre ce que nous devons faire en France, en Europe et promouvoir partout à travers le monde.
Et plutôt que d'opposer biodiversité et production agricole, l'agroécologie et les systèmes agricoles durables, tels que ceux promus notamment par la France et ses partenaires européens, proposent une approche intégrée innovante permettant d'augmenter durablement la productivité agricole, d'offrir de nombreux externalités bénéfiques, comme par exemple la préservation de la biodiversité, le stockage du carbone, la réduction d'émissions de gaz à effet de serre, la préservation de la ressource en eau et des opportunités d'investissement aussi pour de nombreuses petites et moyennes entreprises. Je vais, pour commencer cette séquence, passer la parole à Mme la présidente de la Commission européenne, Mme Ursula von der Leyen. Chère Ursula, merci beaucoup d'être avec nous cet après-midi sur la stratégie européenne de la protection de la biodiversité de la promotion de l'agroécologie et de la sécurité alimentaire. -U.
Von der Leyen : Merci, M. le président, cher Emmanuel, dear friends. E.
Macron : Ursula, on t'entend pas. Tu dois être en mute. (...) On ne t'entend pas, Ursula.
Tu dois avoir le micro coupé. (...) Le micro est manifestement coupé dans les 2 sens. (...) Le micro est coupé.
Sinon, on peut appeler les équipes à Bruxelles. Je reconnais les lieux. (...) On entend pas l'intervention de Mme la présidente. (...) On ne t'entend pas. (...) -U.
Von der Leyen : Car nous savons que les effets de la perte de nature touchent de manière disproportionnée les communautés les plus pauvres, les communautés autochtones. Il en va de la sécurité, car les conflits explosent quand plus de personnes se battent pour moins de ressources naturelles. Et il en va de notre qualité de vie parce que nous avons besoin de la nature dans nos vies pour notre santé physique et mentale.
Nous savons quelle est l'urgence et l'ampleur de la tâche qui nous attend, et nous voyons les changements dans notre continent, dans notre quotidien, pardon. On le voit dans la faune, la flore. On voit qu'il y a de plus en plus d'événements climatiques et météorologiques extrêmes.
Mais tout cela, c'est un même ensemble. Ce sont des aspects qui se renforcent les uns les autres. Lorsque l'on perd des forêts, on ne perd pas seulement des habitats naturels ou des espaces verts, nous perdons un allié-clé dans notre lutte contre le changement climatique.
Lorsque les températures augmentent et que la nature disparaît, on souffre de plus de zoonoses et de catastrophes naturelles. Nous avons beaucoup parlé de ces liens entre la perte de biodiversité et le Covid. Mais il ne s'agit pas du 1er, du dernier ou de l'exemple le plus parlant.
Pensez, par exemple, à l'une des pandémies les plus mortelles comme celle de l'Ebola. Comment elle a commencé ? Un garçon qui jouait à côté d'un arbre en Guinée, dans lequel il y avait des chauves-souris, qui avaient été repoussées vers le village parce que 80% des forêts près du village avaient été détruites.
Et nous connaissons tous les répercussions tragiques de cette pandémie. Si nous n'agissons pas de manière urgente pour protéger notre nature, eh bien, nous risquons de trouver le début d'une ère de pandémie, mais nous pouvons y remédier. Il faut une action concertée globale et il faut un développement durable.
Nous coopérons pour notre unique planète et nous devons également le faire pour notre santé. C'est la raison pour laquelle nous allons fixer des priorités pour notre santé dans le cadre d'Horizon Europe. Nous allons investir plusieurs centaines de milliers d'euros dans les 4 années à venir, dans la recherche sur la biodiversité, la santé animale, les maladies émergentes et beaucoup plus encore.
C'est la raison pour laquelle nous allons coopérer étroitement avec nos partenaires internationaux en matière de recherches, dans le cadre de l'initiative Prezode, lancée par la France et les Etats membres, dont la Commission européenne se réjouit. Et c'est la raison pour laquelle nous allons organiser des initiatives, comme celle de la Grande Muraille Verte pour l'Afrique. Et je félicite l'Union africaine et tous les partenaires impliqués pour veiller à ce qu'un rêve qui remonte à plusieurs décennies puisse se réaliser.
On a vu les résultats du Sénégal jusqu'à Djibouti. On a pu restaurer 15 millions d'hectares de sols dégradés en Ethiopie, ou appuyer des exploitants, des fermiers dans d'autres pays d'Afrique. Au Niger, par exemple, c'est la raison pour laquelle je dis aujourd'hui, nous allons mobiliser encore plus que 700 millions d'euros par an prévus pour l'initiative de la Grande Muraille Verte.
Plus il y a de partenaires, plus il y a d'Etats membres qui investissent, qui nous rejoignent, mieux on sera en mesure de faire avancer les choses. Je sais qu'on peut faire beaucoup plus en coopérant étroitement avec nos partenaires africains. Cela montre...
Si on veut écrire un nouveau chapitre pour la nature, il faudra beaucoup plus d'actions à l'échelle locale et donc le Green Deal européen, le pacte vert européen, prévoit plus d'actions à l'échelle locale et à l'échelle globale. Notre nouvelle stratégie pour la biodiversité, et notre stratégie donc du producteur à l'assiette, prévoit une protection des zones terrestres, des zones maritimes en Europe, dans le monde. Cela nous permettra de restaurer des zones endommagées, et de planter des millions d'arbres d'ici 2030.
Cela permettra une nouvelle pollinisation, et on pourra réduire l'utilisation et les risques liés aux pesticides. Et notre nouvelle politique agricole commune plus verte, nous permettra de protéger les habitats, de garantir la sécurité alimentaire, tout en protégeant notre nature et le climat. Mais nous savons qu'il faut faire plus.
Nous sommes une grande économie et nous sommes une super puissance commerciale, mais cela s'accompagne, bien entendu, de responsabilités. C'est de notre devoir de veiller à ce que notre marché unique ne fasse pas avancer la déforestation dans d'autres régions du monde. C'est la raison pour laquelle, plus tard, cette année, nous allons proposer une nouvelle législation dont l'objectif sera de minimiser les risques de produits liés à la déforestation, donc minimiser le risque que ces produits ne soient mis sur le marché en Europe.
L'Europe est prête à prendre le leadership, et nous sommes convaincus que d'autres nous rejoindront dans ces efforts. Voilà, chers amis, en résumé, l'approche de l'Union européenne dans cette année historique par la nature. Nous mènerons, de manière ambitieuse, en agissant en Europe, et ferons tout ce que nous pouvons pour rallier le plus grand nombre de partenaires à nos objectifs.
Et donc à Kunming, nous espérons pouvoir obtenir un accord ambitieux et nous appuierons des initiatives, comme celle de la Grande Muraille Verte. Veillons à tourner cette nouvelle page ensemble. Merci beaucoup à tous les participants.
Un grand merci à vous, M. le président, cher Emmanuel. -E.
Macron : Merci pour tous ces engagements. Merci aussi pour Prezode, nous avons bien noté le soutien, nous y reviendrons tout à l'heure. Et je pense que l'engagement de la Commission et de l'Union européenne est très important aussi sur ce sujet.
Comme tu l'as parfaitement dit, l'enjeu pour réussir ce combat pour l'agroécologie et pour réconcilier les agendas biodiversité et sécurité alimentaire, a une très forte dimension euro-africaine. Et je crois qu'un des éléments essentiels est la coalition pour nous très structurante sur ce sujet aujourd'hui, c'est évidemment l'accélération donnée. Il y a eu tout un travail important ce matin que je veux saluer, à la Grande Muraille Verte.
Je veux maintenant passer la parole au président du FIDA, Gilbert Houngbo, ancien 1er ministre du Togo et qui, avec le FIDA, joue un rôle essentiel dans précisément la Grande Muraille Verte. Merci, président, d'être là. Merci pour votre mobilisation.
Et je veux ici vous redire tout le soutien de la France à tous égards. -G. Houngbo : Merci beaucoup, M. le président de la République française.
Mesdames et messieurs, les chefs d'Etat et de gouvernement, chers collègues. Dans la continuation directe du débat qu'on a entamé dans cette session, évidemment je voudrais commencer par rappeler l'importance d'être le plus bref et concis possible, et je pense que je vais donner le bon exemple en limitant mon intervention liminaire à une minute et demie. Juste une question de présenter les panélistes que nous allons avoir, notamment nous allons bénéficier de l'intervention de Son Excellence, M. le président de la République mauritanienne.
Mais juste avant, nous écouterons le président de la Banque mondiale, David Malpass, et bien sûr monsieur Karim Ait Taleb, le directeur général de Géocoton, et Mme Mariam Sow qui est la cofondatrice de 3AO, l'alliance pour l'agroécologie en Afrique de l'Ouest. Justement, Mme Sow, si on commençait par vous. Est-ce que vous voudrez bien partager avec nous votre expérience sur le terrain dans le cadre de la promotion de l'agroécologie, notamment auprès des populations rurales ?
Vous avez la parole, Mme Sow. -Mariam Sow : Merci tout le monde, et merci de l'invitation, et merci, monsieur le président. C'est un plaisir de parler de l'expérience du Sénégal en agroécologie, et de la 3AO.
Au Sénégal, tous les acteurs de l'agroécologie dans leur diversité se retrouvent dans une dynamique nationale pour une transition agroécologique. Le souci est de mutualiser nos ressources, nos connaissances et les résultats de nos recherches actions, et faire face aux enjeux du moment. La dégradation de nos écosystèmes, la perte de la biodiversité due au changement climatique et à nos systèmes de production.
Notre Dy TAES, c'est-à-dire la dynamique qui regroupe des organisations paysannes, des collectivités locales, des ONG, des partenaires de recherches scientifiques au niveau national et international basés au Sénégal. Nous sommes, effectivement, un membre fondateur de l'Alliance 3AO, qui est une plateforme de coopération et de plaidoyer de diffusion de l'agroécologie dans la sous-région. C'est dans ces cas-là que nous, la Dy TAES, au Sénégal, avons produit un document de contributions, et nous l'avons remis au président sénégalais, qui fait de l'agroécologie le 4e axe de son quinquennat.
Après notre restructuration à la demande du ministre de l'Agriculture, nous sommes en négociation avec le ministre de l'Agriculture pour un cadre de dialogue multi-acteur, pour la mise en oeuvre de nos recommandations. Ce cadre va naturellement intégrer les différents ministères de l'agroécologie, dès l'instant que nous reconnaissons que l'agroécologie, elle prend tout. Donc tous les ministères seront dedans.
En plus, il y a la Covid-19 qui confirme aujourd'hui la nécessité dans le changement de paradigme et d'accélérer la mise à l'échelle de la transition agroécologique. C'est de là que nous invitons tous les partenaires politiques et financiers à des négociations sur des systèmes de financement adaptés et durables pour une agroécologie portée par les peuples et pour les peuples, qui permettra de rétablir les inégalités pour différents niveaux, et aspirer à une souveraineté alimentaire nutritionnelle, alimentaire, sanitaire et bien sûr, économique, au Sénégal et dans la sous-région. Et ainsi, nous pourrons sécuriser les communautés actuelles et futures.
M. le président, je demeure convaincue, et chers participants, le Sénégal va confirmer son leadership en agroécologie pour des projets structurants, qui permettront d'aller à des dynamiques locales et à aller aussi à l'échelle. Mais pourvu aussi qu'il y ait une bonne gouvernance de nos ressources, une écoute mutuelle des échanges égalitaires à tous les niveaux.
On ne peut plus régler le problème à tout ça, mais c'est avec la compréhension de tous et la participation de tous, de façon claire, nous pouvons apporter une réponse à cette urgence qui est à l'échelle mondiale, pas seulement en Afrique et au Sénégal. mais c'est partout. Je vous remercie, M. le président et j'espère que j'aurai un moment beaucoup plus long pour parler de l'expérience du Sénégal.
Merci. -G. Houngbo : C'est moi qui vous remercie, Mme Sow, pour cette intervention concrète des actions que vous menez sur le terrain, et je vous en félicite.
Let me turn to David Malpass. First of all, thank you so much for been there, in the early time in Washington. We know that the World Bank is an important player when it comes to support in countries with landscape restauration, or biodiversity protection.
Listen to you earlier, and during your opening statement, you made it very clear that you intend to increase your investment in the coming years. Could you please maybe share with us more about those plans? Please.
The floor is yours. -D. Malpass : Thank you, Let me check the mic this time.
Am I all right ? -Traductrice : Parfait. Très bien.
Oui, on vous entend très bien. Merci. -D.
Malpass : Président Houngbo et Vos Excellences, je suis très heureux d'annoncer qu'entre maintenant et 2025, le groupe de la Banque mondiale va investir plus de 5 milliards de dollars, pour améliorer la vie et restaurer les terres dégradées dans le Sahel et dans la partie de la Corne de l'Afrique. C'est un moment crucial et nous aiderons les gens à vivre un moment important puisque les pays se remettent de la Covid-19 et qu'il y a aussi des pressions dues au changement climatique sur les économies, mais aussi les peuples, l'agriculture, l'eau, la sécurité alimentaire, les infrastructures résilience, la restauration du paysage, et les énergies renouvelables. Voilà nos projets.
Nous allons travailler en étroite collaboration avec des partenaires, et nous aiderons donc à accélérer les efforts des pays dans leur lutte contre la dégradation des terres. 14,5 milliards de dollars sur un projet pour le Burkina-Faso, le Mali et d'autres. En effet, cette partie est vraiment la partie qui souffre le plus de la désertification.
Les températures devraient être en augmentation de 1,5 fois plus qu'ailleurs, et il y a à peu près 30 millions de personnes qui n'ont pas de sécurité alimentaire. Et la Covid-19 a exacerbé le niveau d'extrême pauvreté. Et pour la 1re fois en 10 ans, on pense que la température va augmenter de 1,5% par rapport à 2020.
Donc cela va entraîner encore une augmentation importante des pauvres dans la région. Donc il est important de restaurer les terres pour inverser ces tendances. Alors on a le programme SAWAP qui a commencé en 2012 et qui a aidé les pays dans la région à accroître la productivité des sols et à accroître la sécurité alimentaire, et qui a apporté beaucoup de stabilité à la vie des gens.
Un pays comme le Sénégal, le programme a atteint plus que 19 millions de personnes. Il y a eu six augmentations de la proportion de terres agricoles, et nous avons pu atteindre la racine de cette dégradation des terres, et apporter une plus grande sécurité pour les régimes fonciers. Et beaucoup des programmes ont été menés par des femmes et les jeunes, et ils ont travaillé à la restauration des paysages.
Et cela, d'abord, a un sens économique. Pour tout dollar investi, il y a un retour de 6 dollars. Donc seuls, ensemble, nous pourrons réellement rompre ce cercle vicieux de la pauvreté et faire en sorte que nous ayons un monde plus vivable et plus durable.
Merci beaucoup, président Houngbo. -G. Houngbo : Merci beaucoup, président Malpass.
Je me permets réellement de vous citer et réellement investir et restaurer. Merci beaucoup. Merci pour votre engagement.
Mesdames et messieurs, je voudrais maintenant me tourner vers Géocoton. M. Karim Ait Taleb, nous aimerions que vous puissiez partager avec nous non seulement votre expérience, mais aussi comment vous voyez l'implication du secteur privé.
A vous la parole. Je vous en prie. -K.
Ait Taleb : Merci beaucoup. M. le président de la République française, votre Altesse royale, monsieur le président de la République islamique de Mauritanie, Excellences, chers invités, chers amis.
Je suis très honoré d'être parmi vous ce jour et souhaite saisir cette occasion pour rétablir la culture du coton au Sahel à sa juste place, sur l'échiquier du développement économique et social, du maintien de la paix, de la préservation de la biodiversité et de l'adaptation au changement climatique. Dans cette région, le coton est produit par 2,5 millions d'agriculteurs sur 3,4 millions d'hectares sans irrigation. Ce sont 30 millions de personnes qui vivent de cette culture dans une relation de confiance avec des agro-industriels publics et privés locaux, que je voudrais saluer ici : Sodefitex, SMDT, Sofitex, Socoma, Faso Coton, Nioto, et Sodécoton.
Avec 1,2 milliard d'euros injectés dans les campagnes chaque année et près de 2 milliards d'euros de devises, le coton est la colonne vertébrale des zones rurales des pays sahéliens. Cette culture est à l'image de l'Afrique, résiliente et généreuse. Elle est valorisée en fibres, en huile alimentaire, en aliment pour le bétail, en biomasse.
L'appui fourni par les sociétés cotonnières dynamise les cultures vivrières. Elles distribuent de l'argent dans les campagnes. En somme, dans le coton tout est bon, à une époque où l'on meurt du Covid.
Il est tout aussi important que les Africains ne meurent pas du "poche vide" par manque d'activité. Face au changement climatique, la filière cotonnière sahélienne a engagé un autre combat vers des pratiques culturales de plus en plus respectueuses des ressources naturelles : nutrition intégrée, apport de matières organiques, utilisation de bio intrants, zéro labour, semis directs sous couvert végétal. Avec la contribution du Cirad, le modèle évolue pour amplifier le développement des systèmes de production agroécologiques.
Un autre défi s'invite aujourd'hui, l'impact des conflits armés dans les pays sahéliens. Au Burkina, par exemple, où Advens Géocoton intervient dans l'est du pays, accompagne 65 000 exploitations familiales, la zone cotonnière est fortement impactée par cette crise. Malgré cela, le groupe poursuit son engagement et investit localement dans une 4e unité de valorisation d'une valeur de 15 millions d'euros, financée par des banques locales.
L'exemple du coton est remarquable, mais de nombreuses autres filières agricoles africaines sous-valorisées disposent d'atouts comparables. Ainsi l'approche par chaîne de valeur, l'investissement privé, comme nous avons pu le voir ce matin, avec IAM Africa lors du forum, et le soutien de la communauté financière internationale aux entreprises contribueront à gagner le défi de la transition agroécologique. Merci de votre attention. -G.
Houngbo : C'est moi qui vous remercie de cette intervention. Et encore une fois, merci beaucoup. Maintenant, je voudrais passer, avec tous mes respects, la parole à son Excellence M. le président de la République mauritanienne.
M. le président, vous avez la parole. -M.
Ould el-Ghazouani : Merci, Gilbert. Merci, M. le président.
Merci, Emmanuel pour m'avoir permis encore une fois d'être là pour assister à ce One Planet Summit. Je salue également vos honorables invités, qui nous ont permis, pour ceux qui sont déjà intervenus, d'écouter leurs riches interventions. Comme je l'ai souligné ce matin, la désertification et la dégradation des terres et des écosystèmes augmentent inexorablement en Afrique, et plus particulièrement au Sahel, où ces phénomènes-là constituent l'une des causes majeures de l'urbanisation anarchique, et de la pauvreté.
Cette situation réduit la productivité des sols, la disponibilité des ressources hydriques et énergétiques, des plantes médicinales et la capacité de stockage de carbone dans les sols. Elle doit donc être appréhendée dans le cadre d'une approche intégrée, qui associe la restauration et la gestion durable des écosystèmes terrestres au développement des activités productives, telles que l'agriculture, l'élevage, et la foresterie. Dans cette optique, l'agroécologie représente un enjeu majeur pour nos pays sahélo-sahariens.
Et c'est précisément pour mettre en oeuvre des solutions intégrées, qui répondent à la fois aux enjeux écologiques et sociaux économiques que nous avons sur la base d'une vision nouvelle pour un développement rural durable, créé l'initiative dans la Grande Muraille Verte. Cette approche multidimensionnelle a déjà montré de bons résultats là où elle a été mise en oeuvre. Elle constitue de ce fait une excellente opportunité pour une relance économique post-Covid en milieu rural.
Cette relance, outre les effets positifs qu'elle aura sur les conditions de vie des populations déjà éprouvées par la crise, ou par les crises sanitaires et économiques, nous permettra d'accélérer les progrès dans la réalisation des objectifs de développement durable et ceux de l'accord de Paris sur le climat, et contribuera au maintien de la santé des écosystèmes et à la prévention des zoonoses comme la Covid-19. La Grande Muraille Verte nous offre le cadre adéquat pour introduire des changements significatifs dans les modes de production et améliorer substantiellement les conditions de vie des populations du Sahel, qui subissent plus sévèrement les crises multiformes auxquelles nous faisons face aujourd'hui. C'est convaincu de cela que la Mauritanie a inscrit la Grande Muraille Verte parmi les axes d'intervention du nouveau programme de relance post-Covid-19 adopté en septembre dernier, qui accorde une place prépondérante au renforcement du secteur agropastoral.
Ce programme a pour objectif dans le contexte de la Covid-19 de créer les conditions d'une reprise économique durable exclusive et créatrice d'emplois. Tout comme il conclut à la transformation progressive de nos modes de production vers des pratiques d'exploitation durable, comme l'agroécologie. Cette transformation passe par la diversification et l'adaptation des productions agricoles aux fluctuations climatiques.
Outre ce programme...
Ce programme permettra à moyen terme d'améliorer la disponibilité à un coût abordable de l'énergie en milieu rural, et favorisera la transformation locale des productions, en créant des chaînes de valeur qui apportent revenus et emplois, notamment au profit des femmes et des jeunes. Les initiatives comme la Grande Muraille Verte ont besoin, au regard des crises économiques sanitaires et leur impact sur l'endettement de nos pays, plus que jamais de la solidarité de tous pour atteindre les objectifs de la Décennie des Nations unies, pour la restauration des écosystèmes 2021-2030. Enfin, je souhaite insister sur la nécessité de promouvoir des outils, qui nous permettent de changer nos modes de production et de vulgariser les pratiques d'exploitation durable, comme l'agroécologie, et renforcer l'accès aux technologies et aux financements et d'améliorer les connaissances techniques et scientifiques.
Je vous remercie, M. le président. -E.
Macron : Merci beaucoup, président. Merci infiniment d'être là. Et je crois que votre présence à Paris aujourd'hui, votre détermination à porter ce sujet et d'être l'un de ces 11 Etats de la région, dans un contexte sanitaire extrêmement dur et dans un contexte sécuritaire extrêmement dur, montre toute la pertinence de cet engagement, et fait que celui-ci s'inscrit comme une réponse, justement, à ces défis.
Merci, Mohamed, d'être là aujourd'hui à Paris et de le porter. Je pense que ce qui a été décidé ce matin dans une session plus longue et que nous actons aujourd'hui dans le cadre de ce One Planet Summit, c'est véritablement une accélération de cette initiative qui a 15 ans d'âge et qui a permis, justement, déjà des 1ers résultats, 18% de l'objectif, et on prépare véritablement l'Afrique de 2030. Une citation apocryphe faisait dire à Chateaubriand que les forêts précédaient les civilisations et que les déserts les suivaient.
C'est exactement ce dont nous parlons. Et donc, en la matière, nous voulons rebâtir. Et je veux ici vous dire ma détermination à aider.
L'enjeu est immense d'ici à 2030. C'est 100 millions d'hectares restaurés, 10 millions d'emplois créés, 250 millions de tonnes de carbone séquestrées. C'est aussi par cette initiative la capacité pour l'Afrique à montrer qu'elle est un acteur de la lutte contre le réchauffement climatique.
Et non seulement nous allons le faire par la mobilisation des financements, par l'accélérateur avec les 5 piliers qui a été décidé aujourd'hui. Je crois qu'il y a une infographie qui va apparaître, et qui montre que d'abord nous avons dépassé largement les engagements de 10 milliards qui étaient initialement prévus pour tutoyer les 14, et qu'ensuite ces 5 piliers qu'il y a derrière l'accélérateur vont permettre de créer des synergies entre toutes ces actions. C'est-à-dire permettre un financement vers les PME, les chaînes de valeur locales, l'organisation des exportations, et donc la construction d'écosystèmes locaux, la construction de financements, en particulier avec la charte IAM Africa, qui est un élément extrêmement important qui était présenté ce matin et que vous avez rappelé, un pilier de restauration des terres et gestion durable des écosystèmes qui permet, justement, d'aller combattre des situations que l'on connaît et qui sont le fruit parfois de ces abandons des reculs qu'on a évoqués.
Un 3e pilier infrastructure résiliente au climat et accès aux énergies renouvelables. Comme le secrétaire exécutif a expliqué tout à l'heure, cher Ibrahim. L'un des problèmes qu'on a eus durant les 15 années passées, c'est le problème de l'énergie et de l'accès à l'énergie pour les populations sahéliennes.
C'est ce qui en quelque sorte, à un moment donné rend quasiment impossible, dans le temps, la possibilité de réussir. Un 4e pilier, qui est le cadre économique et institutionnel favorable pour une gouvernance efficace. C'est ce que madame Sow nous disait tout à l'heure très justement dans son intervention.
Et le pilier 5, c'est le renforcement des capacités. Cet accélérateur permettra aussi de suivre, transparence, comptes rendus de manière régulière, avec un rendez-vous lors du Sommet de Montpellier au mois de juillet, un rendez-vous à l'AGNU en septembre, et l'engagement que je prends sous présidence française de l'Union européenne de faire un suivi de cet axe euro-africain absolument essentiel pour nous tous. Merci infiniment, en tout cas, pour votre engagement, président, et pour cette accélération, ce coup de booster, si je puis dire, que nous mettons à cette Grande Muraille Verte, qui se prolongera, si je puis dire, avec l'objectif que nous portons dans le cadre du plan de relance d'une petite Muraille Verte, c'est-à-dire de continuer à développer, justement, cette part française de ce projet agroécologique, avec des projets que nous allons accélérer et financer avec la ministre et la secrétaire d'Etat, ici présentes.
Je les remercie pour leur engagement. Nous passons maintenant à la 3e séquence de l'ordre du jour, la question des financements. Et en effet, merci aux contributeurs de la Grande Muraille Verte : 14,3 milliards.
Et vous avez tous les financements qu'on a plusieurs fois évoqués. Bonne transition pour passer à la séquence 3 : mobiliser les financements. Bien.
Sur ce sujet, nous avons depuis des années appris collectivement combien la mobilisation des financements, publics et privés, est essentielle pour réussir de telles batailles. C'est ce que nous avons vécu et continuons à vivre sur le climat, ou comme nous le partagions ce midi avec plusieurs des participants autour de la table, le combat n'est pas terminé. Et donc nous menons cette action déterminée dans la lutte contre le réchauffement climatique.
Simplement, nous devons l'initier maintenant pour réussir cette mobilisation, justement, en faveur de la biodiversité. Ce qui est un enjeu aussi pour financer les initiatives dont nous parlons depuis tout à l'heure, mais pour lutter plus activement contre les inégalités. Parce que la transition écologique est toujours une transition solidaire, et que les pays qui sont les plus victimes de la disparition de la biodiversité et de ses conséquences sur leurs écosystèmes et leurs économies sont d'ores et déjà les pays les plus pauvres, et que nous avons réussi en particulier avec ce qui a été fait sur le climat à avoir une partie de solidarité vers certains pays émergeants et certains pays à économie intermédiaire, Nous avons sans doute, beaucoup l'évoquaient tout à l'heure, pas tout à fait encore atteint la cible de solidarité à l'égard des pays les plus pauvres.
Et ce qu'il nous faut réussir en matière de financement et de mobilisation des moyens pour la biodiversité, c'est véritablement d'aller accompagner les pays les plus pauvres dans cette bataille, nous inciter à repenser nos outils et mobiliser différemment nos financements publics et privés pour avoir une meilleure convergence de nos actions. Je veux remercier la présidente de la Banque centrale européenne, chère Christine Lagarde, d'être parmi nous aujourd'hui. Et je vais vous donner la parole pour animer cette séquence.
Merci encore d'être ici, Christine. -C. Lagarde : Merci, monsieur le président.
Et avant de passer la parole à trois 1ers ministres, respectivement du Canada, de la Norvège, et de la Grande-Bretagne, et à un grand patron d'entreprise, Jean-Pascal Tricoire du groupe Schneider, je voudrais juste indiquer 2 chiffres et parler de deux animaux, très brièvement. Deux chiffres. Le 1er, c'est 130 000 milliards de dollars.
C'est à peu près la valorisation des services qui nous sont fournis par l'écosystème. Et l'écosystème, patrimoine de l'humanité, probablement le bien le plus précieux et le plus sous-évalué dont nous disposons. Le 2e chiffre, c'est ce que nous perdons chaque année en services fournis par l'écosystème.
Ca a été mesuré entre 1995 et 2011. C'est à peu près en moyenne 20 000 milliards de dollars qui sont perdus chaque année. Donc ces deux chiffres, quand on parle de financement, sont vraiment importants à retenir.
Les deux animaux dont je voudrais vous dire un mot, ce sont ceux qui illustrent bien la question du chiffrage et la question du lien entre biodiversité et climat. La question du chiffrage est assez simple, en fait. Quand on pense aux services fournis par l'écosystème, on pense à l'eau, à la nourriture à la nutrition, on pense aussi évidemment à la pollinisation, qui est effectuée bien souvent par les abeilles.
Or, les abeilles ne sont pas toujours très contentes des produits chimiques qu'on déverse sur nos champs, au titre de l'agriculture productive. Et dans ce cas-là, elles ne sont plus très contentes de procéder à la pollinisation. Pour savoir quelle est la valeur de ces services, il suffit de se référer à ceux des pays qui ont commencé à essayer de faire une pollinisation mécanique.
Il s'agit évidemment de pays qui disposent de beaucoup de main-d'oeuvre, et qui peuvent se permettre ce genre d'exercice, qui néanmoins est extrêmement coûteux. 2e exemple, qui est emprunté à une étude qui a été effectuée par Ralph Chami, au sein du Fonds monétaire international, qui est l'histoire de la baleine. Parce qu'on s'est aperçus en liaison entre les économistes et les spécialistes de biodiversité marine que les baleines, au cours de leur vie, sont d'extraordinaires capteurs et séquestreurs du CO2, et que les baleines, au terme de leur vie, échouent au fond de l'océan et permettent ainsi de séquestrer des quantités phénoménales de CO2.
D'autre part, elles émettent un certain nombre de restes dans le cadre de leur vie, qui viennent alimenter largement le phytoplancton. Or, on sait très bien que le phytoplancton est un élément absolument vital d'absorption du CO2 et de production d'oxygène. Donc ça, c'est un lien très clair qui s'établit entre la lutte contre le changement climatique, la nécessité de séquestrer du CO2 et la protection de la biodiversité.
Aujourd'hui, les baleines sont à peu près un petit peu plus d'un million dans le monde. A la fin du 19e, elles étaient 3 millions de baleines. Si on était capables de protéger un peu mieux la biodiversité, de protéger un peu mieux les baleines, on serait à peu près certains de pouvoir contribuer largement à l'absorption de plus de 30% du CO2, puisque c'est ce que le phytoplancton actuellement génère.
Voilà 2 chiffres et 2 animaux dont je voulais vous dire un mot avant de passer la parole à M. le 1er ministre du Canada, cher Justin. Ce que j'aimerais te poser comme question, c'est quelles sont les initiatives concrètes que le Canada prend, a prises, en particulier pour préserver l'environnement dans les pays en développement, puisque le Canada est un acteur absolument dominant dans ce domaine ?
La parole est à toi. -J. Trudeau : Bonjour, tout le monde.
Au plaisir de vous voir, mes amis. J'aurais bien évidemment aimé être là avec vous en personne à Paris, aujourd'hui, mais ce sera pour après cette crise sanitaire. Merci Christine pour cette question et cette fascinante introduction de différents animaux et de chiffres.
Et c'est toujours un plaisir de travailler avec toi, Emmanuel, et avec la France afin de faire avancer nos priorités communes. En ce qui concerne la lutte contre les changements climatiques et la protection de l'environnement. Alors merci d'accueillir ce sommet aujourd'hui.
Je suis très heureux de me joindre au 1er ministre Johnson, à la 1re ministre Solberg et à M. Tricoire dans le cadre de cette importante discussion. Mes amis, notre survie dépend de celle de la nature.
Or, nous vivons présentement un moment critique. Si nous n'agissons pas, les écosystèmes dont nous dépendons pour notre eau, notre air, notre alimentation risquent de s'effondrer. Nous avons tous la responsabilité de protéger la nature.
Le Canada fait sa part. Notre gouvernement investit déjà près de 4 milliards de dollars en vue de planter 2 milliards d'arbres, de protéger les milieux humides et de soutenir l'agriculture durable à travers notre pays. Le Canada fait partie de la Coalition de la Haute Ambition pour la Nature et les Peuples, qui permettra de protéger au moins 30% des terres et des océans du monde.
Depuis 2015, nous avons augmenté la superficie canadienne de nos zones de protection marines et côtières, pour passer de 1% à près de 14% en juste 5 ans. Nous travaillons évidemment avec les peuples autochtones, afin de protéger un quart des terres et des océans du Canada d'ici 2025, et au moins 30% d'ici 2030. Et pour veiller à ce que la biodiversité soit prise en compte dans les décisions financières, nous nous joignons aussi au groupe de travail sur l'information financière relative à la nature. (...) La climatique et la biodiversité sont inextricablement liées.
Lorsque le niveau de la mer augmente, lorsque les sécheresses deviennent la norme, cela a des effets catastrophiques sur les habitats naturels. En tant que communauté internationale, nous avons une responsabilité, nous devons agir. La Canada contribuera à hauteur de 55 millions de dollars au Fonds des Nations unies pour appuyer des projets dans des pays à faibles revenus.
Nous ne pouvons pas lutter contre le changement climatique sans solution qui repose sur la nature. Toutes futures contributions du Canada paiera des fonds pour la biodiversité. La destruction des habitats naturels mène à des résultats imprévus et néfastes.
Non seulement pour la santé de la planète, mais aussi pour celle de nos communautés. C'est pourquoi le Canada continuera de participer aux efforts internationaux de recherches sur la relation entre le recul de la nature et l'augmentation des risques de pandémie mondiale. Nous devons travailler ensemble afin de prévenir de futures crises sanitaires mondiales.
En adoptant des mesures pour protéger la nature et lutter contre les changements climatiques, et favoriser les connaissances scientifiques, nous ferons de 2021 une année déterminante dans les efforts collectifs que nous déployons pour sauvegarder la planète. Chacun de nous a un rôle à jouer, et nous devons travailler ensemble pour faire en sorte que la 15e Conférence des parties sur la Convention sur la diversité biologique donne suite à nos efforts visant à laisser un monde meilleur à nos enfants et nos petits-enfants. Nous sommes donc enthousiastes à l'idée de collaborer avec d'autres pays, afin de créer un avenir équitable, positif et évidemment carboneutre.
Merci beaucoup, mes amis. -C. Lagarde : Merci, Justin.
La Première ministre de Norvège, chère Erna, vous savez, la France a décidé de consacrer 30% des fonds pour la biodiversité. La Norvège, sous votre leadership, est devenue véritablement un champion de cela. Comment est-ce que vous établissez le lien entre le financement pour la lutte contre le climat et la protection de la biodiversité ?
Vous avez la parole, Erna. -C. Lagarde : Nous ne vous entendons pas. -E.
Solberg : J'espère que vous m'entendez maintenant. Alors, tout d'abord merci, merci beaucoup Christine. Et je voudrais aussi remercier le président Macron pour cette initiative très importante, et ce sommet très important.
Alors, évidemment, des urgences du climat doivent être traitées ensemble. Sinon, il faudra traiter des conséquences, mais évidemment il faut les traiter, mais aussi il faut penser à l'avenir. Et il faut notamment penser à la résilience que l'on aura vis-à-vis des tendances à venir.
Nous avons besoin d'un cadre ambition ambitieux pour la biodiversité. Et je pense que 3 points sont très importants. Le 1er : nous devrions produire des subventions pour tout ce qui est nuisible pour la biodiversité.
Nous devons, deuxièmement, accorder des subventions plus importantes aux secteurs privé et public. Nous devons créer des partenariats publics privés à une échelle beaucoup plus importante. Et puis le 3e point, il faut des ressources pour l'utilisation plus efficace de nos ressources.
Comme la France, la Norvège accroît ses ambitions, nous avons renforcé nos contributions à l'accord de Paris. Nous avons aussi...
Nous essayons de mobiliser nos ressources encore plus pour les décennies à venir. Et puis il y a aussi un élément-clé pour le problème du changement climatique et la biodiversité, c'est ce que nous faisons avec le Royaume-Uni et l'Allemagne, nous avons apporté plus de 5 milliards de dollars entre 2015 et 2020, et nous avons l'intention de continuer cette initiative pour les forêts tropicales à l'avenir. Et l'Indonésie, le Gabon, la Colombie commencent à réduire leur déboisement.
Et il faut que ces ressources soient maintenant augmentées. La déforestation est un élément absolument clé. Je suis heureuse que la Norvège ait pu faire cet engagement.
Et donc pour les pays comme l'Ethiopie, et pour avoir une coopération très étroite avec les pays qui ont des forêts tropicales. Et je voudrais terminer sur une note positive. La pandémie a montré que la communauté mondiale peut mobiliser des ressources énormes lorsque cela est nécessaire pour répondre à une crise.
Eh bien, il y aura une crise de la biodiversité. Alors montrons que nous sommes prêts à être à la hauteur. Et le bon point de départ, c'est de commencer par s'assurer que nous incluons la biodiversité lorsque nous traitons du changement climatique.
Merci. -C. Lagarde : Merci beaucoup.
Et merci pour votre leadership. Alors maintenant, je vais donner la parole à Jean-Pascal Tricoire, qui est le président directeur général de Schneider Electric, qui est bien une entreprise française, mais surtout internationale. Est-ce que vous pourriez nous dire comment vous tenez compte de la biodiversité et notamment l'empreinte qu'un groupe comme le vôtre a sur cette biodiversité, lorsque vous décidez de vos investissements et prenez des décisions d'affaires ? -J.-P.
Tricoire : Merci, Christine. M. le président, merci d'organiser ce forum.
Mesdames et messieurs, je suis enchanté de participer à ce panel avec vous. Je vais essayer de témoigner de la mobilisation de l'industrie pour la biodiversité, et pour répondre à la question de Christine, je pense que l'industrie à deux rôles. La 1re chose, c'est de montrer l'exemple en termes de protection de la biodiversité, d'où la réponse à la question qui vient de m'être posée.
Et puis la 2e chose, qu'il ne faut pas oublier, c'est que l'industrie a pour rôle majeur de mettre au point des solutions pour cette protection de la biodiversité. Notre 1re contribution, c'est d'essayer de montrer le chemin en préservation dans le domaine de la préservation d'aptitude. Et ce qu'on réalise très vite lorsqu'on est industriel, c'est qu'on ne peut pas y arriver tout seul.
Chez Schneider Electric, par exemple, 90% de notre empreinte carbone et biodiversité est liée à nos partenaires, qu'ils soient des fournisseurs ou des intégrateurs. Donc nous les aidons à réduire (coupure de son) en eau, en carbone, en pollution, et à nous fournir en matériaux durables. Et très vite, nous avons réalisé qu'il était impératif de travailler ensemble pour construire en biodiversité le même momentum que nous avons construit pour le climat.
Vous savez que Schneider est spécialisé dans la gestion de...
Notre spécialité, c'est le développement des technologies pour combattre le changement climatique. Et lorsqu'on est engagé dans le combat contre le changement climatique, on se rend compte que la diversité et le changement climatique sont une même cause et qu'on travaille très rapidement sur les deux sujets en même temps. Donc nous nous sommes engagés dans des coalitions très tôt avec le Global Compact bien évidemment, qui nous donne un cadre, une grammaire de référence commune.
Nous venons de nous engager aussi très fortement dans une coalition qui s'appelle Act4Nature International dans lequel un certain nombre d'entreprises s'engagent ensemble, et prennent des engagements basés sur la science pour l'amélioration de leur impact. Et puis un certain nombre d'autres initiatives autour du monde qui correspondent aux réalités locales. Pour vous donner 2 exemples de ce que nous faisons ensemble. 1er exemple, c'est de mesurer parce qu'on sait en industrie, c'est "What gets measured, gets done" : ce qu'on mesure normalement peut se réaliser et s'exécuter.
Et pour mesurer l'impact biodiversité de notre entreprise, nous avons choisi un dispositif de mesures, des métriques simples, partagé avec d'autres sociétés pour pouvoir nous comparer et progresser ensemble. Et dans ce cas, nous avons choisi le score de biodiversité global qui s'appelle le Biodiversity Score, GBS, un outil développé par la Caisse des Dépôts et de biodiversité, avec d'autres sociétés et d'institutions financières. Le 2e point, c'est effectivement d'engager une entreprise.
Dans notre cas, c'est très simple, nous nous sommes engagés à atteindre zéro perte nette de biodiversité dans nos propres opérations en 2030. C'est un engagement multifacette dans lequel nous nous engageons à ce que nos 200 sites industriels deviennent "waste-to-resources" en 2025, et que nos 500 sites aient un plan biodiversité. Ca touche la circularité, ça touche les matériaux, ça touche la consommation d'eau et de ressources.
Notre propre réduction d'empreinte carbone, nous nous sommes engagés à être neutres en carbone en 2030. Et le fait d'aider nos clients par nos technologies à économiser 100 millions de tonnes de carbone par an. Donc tout ça est un mouvement qui ne peut fonctionner que si c'est un mouvement d'équipe et un mouvement coordonné.
Et puis le dernier point qui me semble le plus important, c'est celui d'engager les collaborateurs au niveau local et les communautés qui les entourent. Lorsqu'une société comme la nôtre aide des communautés qui n'avaient pas accès à l'énergie à se pourvoir en électricité verte et décarbonée, on participe quelque part à la déforestation de l'environnement et à la préservation de l'environnement. Dernier point, c'est l'innovation et se dire que finalement le rôle de nos entreprises qui disposent de ressources globales dans le domaine technologique, dans le domaine financier, dans le domaine de la gestion de projet, ont un rôle absolument clé pour amener des solutions innovantes, et en rupture dans le domaine de la biodiversité.
C'est ce que nous faisons. Ce qui me frappe aujourd'hui, c'est que beaucoup de solutions existent d'ores et déjà. Simplement, qu'il faut les adopter, qu'il faut les intégrer et qu'on continue à concevoir et construire le monde aujourd'hui, comme le monde d'hier est pas assez comme le monde de demain.
Et c'est pour ça qu'on doit y travailler ensemble aussi pour que nous communiquions sur ce qu'il est possible de faire et qu'on travaille ensemble à mieux intégrer ces technologies dans le design, dans la conception du monde de demain. C'est pourquoi je pense que le Summit d'aujourd'hui est extrêmement important, puisqu'il permet à des acteurs, de diverses origines, de travailler ensemble pour construire un monde plus durable, et plus divers biologiquement. -C.
Lagarde : Merci beaucoup, Jean-Pascal. And it is now my real pleasure to welcome to Prime minister of the United Kingdom, you, Boris. It's very very nice to see you on screen.
We delighted that you've accepted the invitation to the Summit, organised under the leadership of president Macron. I'm giving you the floor, you're the last speaker, and we have great expectations. -B.
Johnson : Right, Christine, thank you very much, I wanna thank you and I wanna thank Emmanuel very much for organising this One Planet Summit because I think it's an absolutly crucial subject. After all, we are making a lot of progress as humanity in finding the technological solutions to tackle climate change and to reduce carbon. Clearly, there is a huge amount still to do, but we are starting to see a way forward since the Paris Summit five years ago, which was I think a great success.
We can see that humanity can do this. But the problem is that we are destroying species and habitat at an absolutely unconscionable rate. I think we've lost about 500 species in the last century, of all the mammals in the world, the biomass of mammals.
I think I'm right in saying that 96% of mammals on our planet are human beings, or oxen, or pigs, or the livestock that human beings rely on. 70% of all the birds in the world are chickens, Christine. In other words, there has been a total, or near-total destruction of wildlife.
Only 4% of the mammals in the world are now wild mammals from whales to monkeys, to you name it. And that is in my view a disaster. We're seeing a parallel loss of habitat, forests and plant species of all kinds.
So that's why the UK is pledged to protect 30% of our land surface, 30% of the marine surface, to create marine protected areas, vast protected areas, which is someting by the way an objective that we share very much with France, with Canada... ...we're all engaged in this same effort.
And of the 11,6 billion pounds that we've consecrated to climate, finance initiatives, we're putting 3 billion to protecting nature, wether it's marine life, or timber conservation, or sustainable food. But I think that as global leaders, we must go further, and I'm very pleased therefore that so many countries have signed up to the UN Leaders Pledge for Nature, so that we have really hard-edge targets for the preservation, of species and wildlife. But also the re-wilding of our planet in the way that Sir David Attenborough has suggested. -Interprète :...des parties entières de notre planète.
Je crois qu'il faut que nous donnions une véritable signification aux objectifs d'Aichi que nous nous sommes fixés il y a quelques années, et j'espère que nos collègues chinois, au Sommet sur la Biodiversité qui se tiendra chez eux, nous fixeront des objectifs ambitieux et nous travaillerons avec nos collègues sous les hospices des Nations unies pour que le sommet de la COP 26 à Glasgow aboutisse. Bien sûr, il faut se concentrer sur le changement climatique, bien sûr qu'il faut réduire les émissions de C02. Mais nous ne retrouverons l'équilibre avec la nature que si nous protégeons cette nature sur notre planète.
Une dernière idée pour conclure. La pandémie de coronavirus est justement le résultat de ce déséquilibre entre l'être humain et la nature. Je crois que c'est dans "L'Iliade" que l'on parle pour la première fois de ces maladies, de ces zoonoses.
Que cela vienne des pangolins ou des chauves-souris, on voit bien que si l'on détruit l'habitat des pangolins, on en est menacés. Et donc il faut arrêter cette destruction de la nature par l'espèce humaine, et c'est la raison pour laquelle ce sommet est si important. Il faut...
Le fait de se concentrer sur la biodiversité est essentiel. Oui, il faut lutter contre le changement climatique, c'est vrai, mais le changement climatique doit être vu dans un cadre plus large de protection de la nature, et cette initiative One Planet est essentielle. Merci à tous, et merci à Emmanuel d'avoir organisé ce sommet. -E.
Macron : Merci, Christine, d'avoir modéré cette séquence, et je veux remercier vraiment Jean-Pascal, Boris, Justin, Erna, pour leur présence, leur engagement à l'instant. 3 points très rapides. Je pense que l'élargissement de l'initiative Land Degradation Neutrality est un point très important, et merci au Canada de contribuer au Fonds et à l'action qui est menée par tous ici.
Deuxième point, l'objectif aussi de pivoter tous notre financement public. 30% des financements bilatéraux en faveur du climat, à des projets qui contribuent à la biodiversité, ou à travers des projets qui sont basés sur des solutions fondées sur la nature, c'est, je crois, tout ce que nous sommes prêts à faire tous ensemble pour l'horizon 2030. Et le dernier point que nous lançons aujourd'hui, et je pense que l'objectif pourrait être de faire un point d'étape, si Boris en est d'accord, à la COP à Glasgow, c'est, en effet, la Task Force on Nature-related Disclosures.
On a réussi avec TCFD à faire sur le climat, à changer les financements privés, maintenant, il faut le faire sur la biodiversité avec TNFD, et donc si Boris en est d'accord, on pourrait peut-être avoir un point d'étape à Glasgow, mais de faire tout ce travail méthodologique qui va permettre d'emmener le secteur privé avec le secteur public dans cette direction. Donc voilà les conclusions opérationnelles qu'on peut sortir de cette session, mais merci véritablement à tous les trois pour votre présence en visio. Je sais, Justin, qu'il est tôt chez toi, et donc merci d'avoir été là avec nous et d'être si engagé, et merci à Erna et Boris d'être là et constamment porteurs sur ces sujets, et pionnière, pour ce qui est d'Erna, qui a été vraiment, justement, très tôt engagée sur tous ces sujets.
Ce qui est une bonne transition pour passer à la séquence 4 : "Protéger les forêts tropicales, les espèces, et la santé humaine". Merci encore, Christine. Beaucoup a été dit, et nous avons tous insisté jusqu'alors sur l'importance de préserver notre environnement pour préserver la santé humaine et renforcer, justement, la stabilité des écosystèmes.
Et je veux remercier la chancelière Angela Merkel d'être présente aujourd'hui avec nous par visio. L'Allemagne est engagée, et tôt engagée en faveur de la biodiversité, en particulier pour les forêts, et est l'un des premiers pays européens à avoir mené des initiatives avec des financements massifs depuis plusieurs années en la matière, et donc merci, Mme la chancelière, d'être là aujourd'hui, merci, chère Angela, et je te cède la parole. -M. le président Emmanuel, M. le secrétaire général, Excellences, mesdames et messieurs, chaque jour, nous le savons, nos habitats naturels sont détruits.
Un quart de la plupart des espèces de la faune et de la flore sont affectées, et cela a des conséquences dramatiques pour la vie, les habitats, et la qualité de vie des êtres humains également. C'est la raison pour laquelle nous devons redoubler d'efforts pour protéger la biodiversité et les habitats naturels, et cela pas à un moment donné, mais maintenant, et pas de n'importe quelle façon, mais de façon considérable, sinon, les conséquences seront bientôt irréversibles. C'est la raison pour laquelle cette réunion au sommet est une étape importante sur la voie de la COP, et pour ce qui est de la Coalition pour la Haute Ambition pour la Nature et le Peuple, initiée par la France et le Costa Rica, je souhaiterais vous dire que l'Allemagne la rejoindra.
Donc en amont de la COP 15, nous coopérerons étroitement pour protéger 30% des terres et des mers de notre planète, pour financer ces aires protégées et zones protégées avec le Legacy Landscapes Fund, LLF. Nous protégeons, donc, la nature également dans les pays moins avancés. Nous devons tout faire pour lutter contre plus de désertification avec la Norvège, le Royaume-Uni.
Nous avons mis à disposition 5 milliards de dollars pour la protection des forêts tropicales ces 5 dernières années, et j'appuie également l'alliance pour la protection des forêts tropicales lancée par la France en 2015. Je suis ravie que sous la présidence allemande, le partenariat d'Amsterdam se soit engagé pour une chaîne d'approvisionnement pour les produits agricoles plus durables. Donc...
Il y a plus de risques d'infection avec des pathogènes lorsqu'on détruit les forêts tropicales, les sources naturelles, les ressources naturelles, et quand on abuse des écosystèmes. Mais nous autres, êtres humains, ne pouvons bien vivre que sur une planète saine, avec une flore et une faune saine. Et donc avec la France, nous avons mis en place cette initiative "une seule santé".
Ca permet de renforcer la coopération entre différentes organisations des Nations unies aussi, et c'était important de lancer une alliance qui permette de combattre également l'infection par des pathogènes, et cela en luttant contre le trafic des espèces. Donc c'est important pour notre santé, et si notre santé nous tient à coeur, il nous faut protéger la nature et la biodiversité, et c'est la raison pour laquelle je souhaite que ce sommet soit couronné de succès. C'est une chose dont nous avons tous besoin, et je vous encourage tous à poursuivre ces efforts.
Un grand merci. -Merci, Mme la chancelière, et je veux ici vraiment saluer les annonces qui viennent d'être faites et qui sont très structurantes pour l'ensemble, d'ailleurs, des perspectives et des chantiers que nous évoquons depuis tout à l'heure, et dire, d'ailleurs, que nous contribuerons à l'initiative lancée par l'Allemagne de Legacy Landscapes Fund. Je tiens ici à dire que la France sera à vos côtés.
Merci encore d'avoir pris de telles initiatives. Je vais maintenant passer la parole au président du Conseil européen Charles Michel, dont nous connaissons l'engagement sur tous ces sujets, pour aussi, justement, mobiliser l'ensemble du Conseil et de tous nos collègues à travers lui. Merci, cher Charles, d'être là avec nous. -Merci beaucoup, M. le président, et merci pour cette initiative qui est essentielle, parce que mettre, effectivement, la biodiversité au coeur du projet, c'est veiller à ce qu'on travaille tous ensemble en étant dans la coopération internationale, pour protéger notre environnement et pour protéger collectivement notre santé.
Quelques points, simplement, pour ce qui me concerne. Premier point, nous savons toutes et tous, et le Covid-19 l'a remis en lumière de manière brutale, quel est le lien entre la perte de biodiversité, le développement des zoonoses, et nous savons à quel point les trafics d'animaux ou le commerce d'animaux sauvages peut donner lieu à de grandes difficultés, et nous savons qu'il y a, d'ailleurs, dans la nature, 1,6 million de virus non encore détectés, qui sont, probablement, liés à ce lien entre l'espèce humaine et les animaux. Le premier point touche à la forêt et à l'importance de ne pas perdre de vue que 30% de la surface terrestre est représentée par des forêts et que ces forêts représentent 80% de notre biodiversité, et c'est pour ça qu'il y a un enjeu majeur.
Et je salue les initiatives françaises sur le sujet, mais l'ensemble des pays qui sont également mobilisés pour travailler à des alliances afin de mobiliser des protections de la forêt et de gestion durable de la forêt, et là, il y a certainement un rôle dans le cadre européen qui est essentiel au travers de la coopération internationale, de la coopération au développement. L'Union européenne est un acteur qui est engagé sur le terrain de la coopération, développement, notamment pour tenter de mieux développer, soutenir les systèmes de santé, d'une part, c'est un objectif que nous partageons toutes et tous, et d'autre part, il y a cet enjeu lié spécialement en Afrique, mais pas seulement en Afrique, à cette question de la gestion des forêts. L'Union européenne doit aussi, sur notre propre territoire, être engagée, c'est ce que nous faisons dans le cadre de la stratégie 2030 puisque nous sommes engagés à protéger strictement les forêts primaires, nous sommes aussi engagés à planter à l'horizon 2030 3 milliards d'arbres, c'est aussi un engagement important qui montre un signal essentiel.
Nous devons continuer aussi à développer des zones qui soient des zones protégées. Encore 2 points, rapidement. 1, c'est continuer à travailler, comme c'est le cas aujourd'hui pour rehausser l'engagement politique.
La conscience politique sur ce sujet est un sujet important, d'autres l'ont dit avant moi, pour pas être trop détaillé par rapport à cela, mais évidemment, les 20 objectifs d'Aichi, on en est loin, doivent être la boussole dans le cadre de laquelle nous devons travailler. Un dernier point que je souhaiterais faire en profitant encore une fois de cette tribune ici, j'ai eu l'occasion de l'exprimer déjà dans le cadre du G20 et dans le cadre d'autres réunions bilatérales avec les uns et les autres, cette idée d'un traité international pour prévenir les pandémies, et pour gérer les pandémies lorsque l'on y est confrontés, tirer les leçons de ce Covid-19, échanger les données, échanger les informations. J'ai eu l'occasion aussi d'en parler abondamment avec Tedros, et je le remercie pour son plein engagement également sur le sujet.
J'en ai parlé également à Boris Johnson dans le cadre de la présidence du G7, qui est aussi prêt à être mobilisé, parce que certainement il y a là un levier supplémentaire, un levier additionnel pour tenter de poser des actes intelligents, des actes dans l'esprit de coopération internationale qui nous permettent de tirer aussi les leçons de cette crise qui frappe le monde, le Covid-19. Voilà les quelques éléments que je voulais partager avec vous. Encore une fois, merci à tous les amis présents, mobilisés, merci à la France et à son président pour cette initiative et vous pouvez compter sur le travail de l'Union européenne pour tenter de faire des pas positifs afin de s'inscrire dans cette coopération pour relever ensemble ce défi. -E.
Macron : Merci beaucoup, M. le président, cher Charles, pour cet engagement et ces initiatives, et je crois que la dernière suggestion est une transition toute trouvée pour que je puisse donner la parole au directeur général de l'OMS, sur l'approche, précisément, One Health, et les perspectives concrètes pour la création d'un haut Conseil sur ce sujet, et plus largement sur le lien entre toutes ces thématiques, comme la chancelière Merkel l'a aussi évoqué. M. le directeur général, Dr Tedros Ghebreyesus. -T.
Ghebreyesus : Merci beaucoup, M. le président. Merci beaucoup pour votre leadership et votre partenariat aujourd'hui au cours de la dernière année.
Je remercie aussi Son Excellence Angela Merkel pour son leadership et son partenariat, et puis Ses Excellences...
Son Excellence...
Son Excellence Charles Michel. Et donc c'est une très bonne idée d'avoir convoqué cette conférence, et merci beaucoup d'avoir eu cette idée, M. Lambertini, Excellences, chers collègues et chers amis.
Au cours des deux derniers mois, la pandémie Covid-19 nous a appris beaucoup d'enseignements. L'un des plus importants est que le maintien donc des humains, des animaux qui existent sur cette planète est essentiel. Et il y a eu, au cours des récentes années, plus de 70 maladies liées à des maladies chez les animaux, et nous n'avons qu'une seule planète.
Il y a un domaine qui cherche à être promu par l'OMS, c'est une approche unique. Nous avons publié notre manifeste pour une reprise saine et verte. Il s'agit de mesures pour protéger la nature, les conditions sanitaires, et pour apporter, donc, de l'aide pour construire des villes qui soient saines et pour réduire les activités polluantes.
Cette approche One Health est fondamentale. Par l'intermédiaire de tous nos bureaux dans les pays, nous travaillons pour mettre en place cette One Health approach, "une seule santé", et pour intégrer toutes nos mesures et surveillances et suivis, pour à la fois les êtres humains, les animaux, et l'environnement. Et les défis, en particulier par exemple la résistance à la Covid, ne peuvent pas être traités de manière efficace par un seul domaine.
Et souvenez-vous, il y a une tripartie qui est organisée entre l'aliment, la santé animale, et l'OMS au sein de l'ONU, et ensemble, avec mon partenaire, dans cette tripartie, nous nous sommes mis d'accord pour créer un Conseil à haut niveau One Health qui est soutenu par les secrétariats conjoints. Et merci à l'Allemagne et à la France pour cette proposition. Et il faut, en effet, trouver des réponses politiques qui vont nous aider à le faire.
Ensemble, nous allons travailler pour créer les mécanismes de soutien pour le Conseil, et on va présenter cela à mes frères et soeurs. Nous travaillons, et nous vivons dans un monde en mutation permanente. Non seulement soumis à des maladies zooniques, mais il faut avoir un partenariat beaucoup plus fort et un One Health de manière à pouvoir réellement faire face, à l'avenir, à des pandémies de ce type pour avoir un monde plus en santé, plus durable, plus juste, et meilleur pour tous.
M. Macron, merci à nouveau pour votre leadership et merci infiniment. Merci beaucoup, merci, pour cette intervention et votre engagement, et on comprend ainsi comment se structurera la mise en oeuvre sur l'initiative One Health.
Je veux ici mentionner que notre One Planet Summit est aussi l'occasion de lancer l'initiative Prezode portée par la recherche française sur la prévention de l'émergence de futures maladies à potentiel épidémique, et cette initiative, que la présidente von der Leyen a saluée, et pour laquelle elle a d'ailleurs souligné l'engagement, aussi, européen, cherche à mieux coordonner la recherche internationale dans ce domaine, ce qui est un complément à One Health qui doit coordonner, si je puis dire, nos agendas mondiaux, mais donc l'initiative Prezode soutiendra le renforcement des réseaux de vigilance en matière de santé humaine, animale et environnementale afin d'identifier les risques de les réduire en lien direct avec les Etats concernés. Et donc je veux remercier la Commission européenne et également la FAO pour leur implication très forte dans cette initiative ainsi que l'ensemble des organismes de recherche qui se sont, justement, impliqués et qui ont pensé cette initiative. C'est une transition toute trouvée pour passer la parole au directeur général de la FAO, Qu Dongyu, précisément sur cette initiative mais également sur le lien santé/environnement.
M. le directeur général. On ne vous entend pas.
Nous entendons, maintenant. -Excellences, M. le président Macron, Mme la chancelière, merci pour votre leadership.
Mesdames et messieurs, bonjour. Alors que les gouvernements négocient... négocient le cadre global pour la biodiversité post-2020, la FAO continue de s'engager pour appuyer, en fait, la conservation de la biodiversité dans le secteur de l'agriculture et de l'alimentation.
La pandémie de Covid-19 a montré le lien qui existe entre l'environnement, la santé humaine et la santé animale dans un contexte où il y a de plus en plus de contacts entre les humains, le bétail, et la flore et la faune sauvage, et cela a un lien avec la dégradation des écosystèmes. Il nous faut faire plus car nous avons "une seule santé", et la FAO appuie tout cela, la FAO appuie la création d'un Conseil d'experts à haut niveau, "une seule santé", et cela porte, justement, sur cette interconnexion. Il faut se pencher sur les inégalités dans le domaine de la santé car il ne peut y avoir de sécurité sanitaire si des pays ou des communautés sont laissés de côté.
Nous devons renforcer nos travaux pour ce qui est de l'interface entre "une seule santé" et la restauration des écosystèmes, et je me réjouis de l'initiative Prezode, donc un programme de prévention des zoonoses. Prezode peut compter sur la FAO. Nous avons... dans un réseau avec 400 experts en santé animale qui travaillent dans 36 pays d'Afrique et d'Asie dans des centres de référence et des laboratoires dans le cadre de notre programme de surveillance.
Avec la nouvelle initiative ZODIAC, nous allons apporter un soutien supplémentaire avec l'aide de la France et de l'Allemagne, nous fournirons un soutien de 100 millions de dollars américains pour la surveillance des zoonoses, et cela avec une centaine de laboratoires chargés de la santé animale entre 2021 et 2023. Et nous nous réjouissons également de pouvoir ajouter que nous pourrons utiliser les centres de la FAO et de l'OMS pour le dialogue sciences politiques. Ce sera une plateforme qui permettra de mieux intégrer les résultats scientifiques dans les décisions politiques.
Le monde a besoin d'une santé pour tous, par tous, pour "une seule santé", donc agissons de manière holistique, cohérente, collective et historique. Je vous remercie. -E.
Macron : Merci beaucoup, M. le directeur général. On voit ainsi la cohérence de notre agenda international sur les sujets santé humaine, environnement, biodiversité, et merci pour votre rôle.
Dès maintenant, sur la base des constats posés, nous devons aussi accélérer la lutte contre la déforestation, ça a été évoqué à plusieurs reprises, qui est un élément-clé, justement, à la fois de prévention de certaines, justement, pandémies d'origine animale, mais également pour renforcer la biodiversité. Et c'est la dernière action sur laquelle l'agenda d'aujourd'hui va se concentrer dans le cadre de cette séquence qui est donc la table ronde sur la déforestation. Je vous propose de regarder une courte vidéo sur l'alliance pour la préservation des forêts tropicales, puis je donnerai la parole à la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, pour modérer la table ronde sur la déforestation. -Barbara Pompili : Les interventions précédentes l'ont montré, la lutte contre la déforestation va être un enjeu majeur dans les années qui viennent.
Tout simplement parce qu'elle est à la croisée des chemins de nombreux enjeux, et on l'a dit, l'une des causes de propagation des zoonoses est le contact entre la faune sauvage et les hommes liée à la pénétration de l'homme dans des réserves riches en biodiversité telles que les forêts. Charles Michel le disait tout à l'heure, les forêts hébergent 80% de la biodiversité terrestre, or à ce jour, et depuis trois décennies, les taux de déforestation et de dégradation des écosystèmes forestiers restent à un niveau préoccupant, et la progression des surfaces boisées, notamment en Europe et en Amérique du Nord, ne compense pas les pertes de forêts tropicales. Il est donc essentiel de les protéger, et la France s'y est engagée avec une stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée.
Pour échanger sur les solutions pour lutter contre la déforestation, nous sommes aujourd'hui, en présence de M. Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo, de M. Mark Rutte, 1er ministre des Pays-Bas, de M.
Pascal Canfin, président de la commission environnement du Parlement européen, et de M. Marco Lambertini, président du WWF International. Je voudrais tout d'abord passer la parole à Mark Rutte.
M. le Premier ministre, quel rôle les politiques relatives à la conduite responsable des entreprises pourraient-elles jouer pour éviter la déforestation importée, et que font les Pays-Bas à cet égard ? Vous avez la parole. -M.
Rutte : Merci. Merci beaucoup. Je voudrais dire tout d'abord que nous, aux Pays-Bas, nous avons adhéré aux orientations de l'OCDE et aux principes des Nations unies, ce qui veut dire que nous nous attendons à ce que les entreprises identifient, atténuent et tiennent compte des risques pour les populations et les environnements, y compris en ce qui concerne ce sujet extrêmement important qu'est la déforestation.
Nous avons renouvelé nos politiques publiques en la matière avec un code de conduite qui propose un ensemble de mesures. Et ce qui est important pour nous, c'est cette législation sur les "due diligence", c'est-à-dire pour les entreprises qui, pour le moment, ont pris du retard. Nous sommes des avocats de l'adoption d'une telle législation au niveau de l'Union européenne parce que nous pensons que cela en augmenterait l'impact et permettrait d'avoir les mêmes règles de jeu pour toutes les entreprises.
Voilà, j'espère que cela a répondu à votre question. -Merci, M. Rutte, pour cette prise de parole qui reflète l'alignement des perspectives que nous avons en matière de lutte contre la déforestation importée.
Cela s'est notamment traduit par plusieurs initiatives réussies au sein du partenariat des déclarations d'Amsterdam en 2020 qui vient de renouveler ses engagements pour les cinq prochaines années. Je me tourne maintenant vers M. Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo.
Quel rôle, selon vous, les pays producteurs peuvent-ils jouer dans la facilitation des chaînes d'approvisionnement durable ? Et je reviendrai vers M. Rutte s'il souhaite s'exprimer plus tard.
Vous avez un petit problème de micro, peut-être. -F. Tshisekedi : Oui, ça va, là. -On vous entend. -Voilà.
Merci beaucoup. Je voudrais remercier le président de la République française, M. Emmanuel Macron.
Cher Emmanuel, merci de m'avoir invité. Mon propos va s'axer sur deux principes, les actions et les engagements de la République démocratique du Congo en matière de protection et de préservation de la forêt tropicale. Ces engagements peuvent être déclinés à trois niveaux, juridique, politique et socioculturel.
Tout d'abord, après avoir pris conscience du fait que le changement d'affectation des terres entraîne la perte d'habitats, une dégradation des terres, une érosion des sols, une diminution des réserves d'eau potable et l'émission de carbone dans l'atmosphère, la République démocratique du Congo s'est investie à renforcer le cadre juridique de protection des forêts et de lutte contre la déforestation. A cet effet, nous avons promulgué un code forestier qui pose les principes fondamentaux en matière de gestion et de protection des forêts. Ce texte reconnaît et garantit aux communautés locales et aux petits exploitants des droits d'accès aux forêts et aux arbres dans l'objectif, non seulement d'éliminer la pauvreté, mais aussi de leur imposer une approche à long terme de la gestion forestière.
Pour impulser davantage la transition écologique et lutter contre la déforestation, nous venons de créer une agence, l'agence congolaise de transition écologique et du développement durable. Ensuite, la République démocratique du Congo qui a une couverture forestière estimée à 155 millions d'hectares, représentant près de 10% des forêts tropicales mondiales et plus de 47% de celles d'Afrique et qui aligne une biodiversité caractérisée par un complexe végétal imposant, et un faciès varié et rare, a adopté des politiques visant à préserver les forêts contre le déboisement et à encourager à inverser le processus de la dégradation des terres et mettre fin à l'appauvrissement de la biodiversité. A titre d'exemple, nous nous sommes investis dans la préservation et dans la création des aires protégées dont le réseau ouvre environ 14% de l'étendue du territoire national avec une ambition de l'étendre à 17% à l'horizon 2030.
Donc voilà en quelques mots ce que nous pouvons dire à ce sujet. Je vous remercie. -Merci beaucoup, M. le président, pour ce point de vue indispensable d'un pays producteur comme le vôtre sur les enjeux de déforestation à la source même des matières premières concernées.
J'ajoute que la France, au travers de sa stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée, élabore des feuilles de route pour renforcer la collaboration avec les principaux pays producteurs à ce sujet, et leur objectif principal est d'accompagner ces pays dans leurs efforts vers une production durable. Je me tourne maintenant vers Marco Lambertini, président de WWF International. Une partie significative de la déforestation est liée à la production de matières premières consommées ailleurs dans le monde.
Agit-on actuellement suffisamment contre cette déforestation importée ? Je vous passe la parole. -Merci beaucoup, Mme la ministre, et M. le président, Excellences, messieurs dames.
Nous avons considéré que la nature allait de soi, mais en fait, les crises climatiques nous permettent de comprendre enfin les conséquences désastreuses du manque de soin de la nature. Et un récent rapport du BID a montré qu'à peu près la moitié des employés au monde perdaient leur travail à cause de cela. Et on trouve donc que l'un des cinq 1ers risques pour l'économie, c'est justement le problème de l'environnement.
Alors d'ici 2050, il faut une neutralité de carbone. Nous avons besoin aussi d'un objectif identique ou parallèle pour la nature. Il faut que l'on ait des objectifs réellement qui s'appliquent à nous tous, les gouvernements, la société civile, les entreprises, et nous devons réellement mener les actions de la même manière que nous l'avons fait pour le climat.
Nous avons déjà mentionné le fait que l'épidémie, la pandémie Covid-19 a bien montré la relation endommagée entre l'homme et la nature, et on a trouvé que les prochains virus nous attendent et vont provoquer d'autres pandémies. Trois sur quatre infections humaines viennent déjà des animaux. Il faut réellement ne pas permettre de créer ces autoroutes pour les virus, et nous devons regarder comment nous élevons les animaux, mais la déforestation est aussi un moteur fondamental des virus, un chemin fait aux virus pour nous atteindre.
Donc il faut vraiment faire attention à ne pas leur permettre cela. Alors, ce que je voudrais dire, c'est qu'il faut le reconnaître, il faut jusqu'à maintenant essayer de respecter certaines conditions, et ça a été assez difficile. Les gouvernements et les entreprises ne sont pas à l'appel.
Et donc qu'est-ce qu'il faut changer ? Eh bien, d'abord, il y a un besoin urgent de transformer la manière dont nous produisons les denrées alimentaires. L'alimentation, aujourd'hui, est absolument essentielle mais les choses comme la viande, où les animaux sont produits de manière non durable.
Et les initiatives qui ont été proposées et mentionnées par le Premier ministre de la Hollande montrent qu'il faut réellement agir, et nous pouvons agir, contre la déforestation. Il faut réellement regarder du côté des importations. Et puis il faut reconnaître les droits des populations autochtones, et puis il faut aussi regarder une dimension fondamentale, il faut regarder le côté financier, c'est un moteur essentiel pour lutter contre la déforestation.
Le Canada, le Costa Rica ont montré la voie là-dessus. Et donc il faut vraiment avoir une gestion durable de la nature, ça n'est plus un choix, et nous avons enfin compris qu'il y a une révolution énorme de notre société, nous avons enfin compris que nous dépendons de la nature. Je vous remercie de m'avoir donné l'occasion de vous parler, et j'espère que nous allons pouvoir restaurer la nature d'ici 2030 de manière qu'à la fin de la décennie, nous puissions célébrer plus de nature plutôt que moins. -B.
Pompili : Merci beaucoup pour cet éclairage éclairant. Nous dépendons de la nature et nous devons engager l'ensemble des forces vives dans le déploiement des modèles de production et de consommation durable. Je laisse désormais la parole à M.
Pascal Canfin pour nous faire part des perspectives en matière de déforestation importée à l'échelle européenne du point de vue du Parlement européen et de sa Commission Environnement. M. Canfin, quelles sont les priorités du Parlement en matière de lutte contre la déforestation importée dans l'Union européenne et quelles avancées peut-on attendre ?
Je vous passe la parole. -Bonjour. Merci, Mme la ministre.
Je salue évidemment le président de la République. et l'ensemble des intervenants à ce panel. Vous le savez, en Europe, nous sommes engagés dans un processus très profond de transformation de nos politiques publiques, que l'on appelle le Green Deal.
Dans ce Green Deal, il y a, bien évidemment, le climat mais il y a aussi la biodiversité, il y a la biodiversité chez nous, mais comme ça vient d'être rappelé, la biodiversité, c'est aussi l'impact de ce que l'on importe. Et l'Europe, parce que nous avons très peu de café, de chocolat, d'huile de palme, de tourteau de soja, d'hévéa, sur notre sol, eh bien, nous l'importons, ce qui fait des Européens les premiers contributeurs au monde à la déforestation importée. et cela est parfaitement incompatible avec les engagements que nous venons d'évoquer.
C'est pourquoi en juin 2021, la Commission européenne présentera la première loi européenne voulant mettre fin à la déforestation importée sur les matières 1res agricoles les plus impactantes, celles, notamment, que je viens de mentionner. Comment on va faire ? On a travaillé avec les entreprises qui depuis plusieurs années, depuis 2014, pour être très précis, ont pris des engagements pour être, pour garantir à leurs consommateurs et à leurs clients le fait d'être zéro déforestation.
Mais pour aller plus loin et ne pas se contenter d'avoir quelques entreprises qui travaillent bien, comme une goutte d'eau dans un océan qui continuent de détruire nos forêts tropicales, il faut changer les règles du jeu, et pour changer les règles du jeu, il faut adopter une loi à l'échelle du continent européen qui progressivement va restreindre l'accès aux marchés des matières premières qui ne sont pas capables de garantir qu'elles ne contribuent pas à la déforestation. Très concrètement, et ça a été rappelé dans la vidéo que nous avons vue il y a quelques minutes, nous avons maintenant tous les outils satellitaires, tous les outils GPS capables de tracer à la parcelle près, à l'hectare près, à la semaine près, ce qui est produit et où, et ce que nous importons. Et donc nous allons mettre ces nouvelles technologies que nous finançons, par ailleurs, la plupart des pays riches à travers leur aide au développement, nous allons mettre en place cette technologie, et nous allons les utiliser pour tracer la déforestation, et lorsqu'une entreprise, lorsqu'un trader n'est pas capable de démontrer que son sourcing, ses matières premières, ne sont pas issues de la déforestation, il ne pourra plus entrer dans le marché européen.
Le dernier point porte sur les accords commerciaux. Nous voulons aussi, et c'est un processus qui est fortement soutenu par la Commission européenne, par la France, et aussi par les Pays-Bas, nous voulons changer les règles du jeu en matière d'accords commerciaux, de façon à ce que lorsque l'on commerce avec des pays, lorsque l'on importe des produits, des matières premières importées, nous voulons garantir qu'il n'y a pas de déforestation associée. Et évidemment, nous voulons le faire en bonne intelligence avec nos partenaires, nous voulons faire non pas comme des sanctions qui s'imposeraient sans tenir compte des enjeux économiques, des enjeux de développement, nous voulons le faire en bonne intelligence, de manière coopérative.
Mais nous allons le faire car comme cela a été rappelé, nous ne pouvons en aucun cas, nous, être sur le statu quo, et nous devons changer nos propres règles du jeu. Voilà deux exemples concrets que je voulais mentionner aujourd'hui dans le cadre du One Planet Summit. -Merci beaucoup, et merci à tous les quatre.
Merci, Mme la ministre, pour vos interventions. Je veux remercier le président de la RDC, cher Félix, pour son rôle et l'implication africaine dans l'alliance pour la préservation des forêts tropicales, je pense que c'est absolument clé. Merci aussi pour l'intervention de Marco Lambertini, et je crois vraiment l'importance du rapport et de cette dynamique qui est lancée.
Enfin, je crois vraiment que l'intervention du 1er ministre Mark Rutte, que je salue amicalement, cet après-midi, et de Pascal Canfin à l'instant, montre l'importance de cet agenda qui a été rappelé européen, parce qu'il l'est totalement, de lutte contre la déforestation importée. Au fond, cet agenda, il est à mes yeux double, c'est un agenda de clarification, c'est-à-dire comment faire que notre politique commerciale et notre politique agricole soient cohérentes avec cet objectif et que nous réduisions les importations, en particulier de protéines, qui créent de la déforestation dans d'autres pays. Et ça, c'est tout ce qu'on est en train de faire avec le plan européen et le plan français pour nos propres protéines agricoles, ce qui est un agenda de souveraineté qui réduit ces importations indues.
Mais je crois qu'il a un versant aussi positif qu'on doit maintenant développer ensemble, qui est un agenda euro-africain parce que l'Europe ne doit pas chercher l'autarcie protéinique, elle doit chercher à réduire sa dépendance à l'égard de protéines qui créent de la déforestation, mais elle doit bâtir des stratégies gagnantes avec de la production de protéines qui permettent d'aider au développement de l'agroécologie. C'est la cohérence entre cet agenda de lutte contre la déforestation et par exemple l'agenda Grande Muraille Verte qu'on évoquait tout à l'heure. Et donc je souhaite qu'on puisse avoir les deux volants de cette stratégie maintenant réconciliés.
Le temps est venu de la conclusion, et juste avant celle-ci, on va passer une courte vidéo, justement, du Leaders Pledge for Nature, puis j'essaierai de rendre compte de notre discussion collective en quelques minutes. Nous arrivons à la conclusion de ce One Planet Summit sur la Biodiversité, et il me revient d'abord la tâche de vous remercier tous et toutes. Remercier les participants qui sont là physiquement, les chefs d'Etat et de gouvernement qui se sont joints à nous, les dirigeants d'organisations internationales, aussi tous les acteurs de la société civile, et remercier toutes celles et ceux qui, par la vidéo et les réseaux ont pu se joindre et contribuer à ce travail.
Je veux aussi remercier vraiment Monique Barbut pour l'important travail qui a été fait pour préparer ce One Planet Summit avec toutes ses équipes et les équipes de nos partenaires, celles de l'Elysée et des ministères. Un immense merci pour, justement, ce rendez-vous extrêmement important. Il y a beaucoup de sujets qu'on n'a évidemment pas couverts aujourd'hui parce que c'eût été impossible, et on aurait pu aller beaucoup plus loin, l'eau et plusieurs autres, on y reviendra.
Mais je crois pouvoir dire, grâce à votre engagement et au travail des équipes, beaucoup a été fait, annoncé et structuré à l'occasion de ce One Planet Summit, beaucoup plus qu'on ne pouvait s'y attendre il y a quelques mois, ce qui montre la maturité de cet agenda et la nécessité d'agir. Lorsque j'ai présenté mes voeux aux Françaises et aux Français, j'ai dit que cette année peut-être plus qu'aucune autre, nous avions à préparer la France de 2030. Et je crois que ce qu'on a évoqué depuis le début de l'après-midi, c'est en effet la France de 2030, c'est l'Europe de 2030, c'est l'Afrique de 2030, c'est le monde de 2030, sa possibilité d'être mais aussi les actions concrètes qui vont nous permettre de le changer.
Je dis ça parce qu'on peut reprocher beaucoup de choses à des sommets comme celui qu'on a eu aujourd'hui. Il y a des gens qui nous diront : "C'est du blabla, ça sert à rien." Il y a des gens qui adorent la déploration et qui vont continuer à dire : "On va tous mourir, et le monde va s'effondrer." Il y a même des gens qui font commerce de cela.
Or moi, je pense qu'on peut changer les choses, comme vous, mais les choses ne changent pas du jour au lendemain. Elles supposent une action concrète sur le terrain, et je salue beaucoup d'associations qui sont là, d'acteurs de l'agroécologie, de la finance verte, qui depuis des années et des années y croient et ont été des avant-gardistes. Mais je pense que s'il n'y a pas l'engagement, et des engagements tels que ceux qu'on vient de prendre aujourd'hui, ça n'avance pas.
Le système international est parfois très lent, il est très ingrat pour beaucoup de gens, ça ne va pas assez vite pour beaucoup d'engagés, et je suis d'accord. Simplement, on a des habitudes à changer, il y a la vie de gens à bouger, il y a des tas de choses à bousculer, mais je pense que si on a le bon niveau de représentation, si on a la bonne capacité à se mobiliser, si on est précis, concrets, avec des dates et des chiffres, on peut y arriver. C'est exactement ce qu'on a fait aujourd'hui, et pour ma part, je considère que c'est extraordinairement utile, et ce qu'on fait depuis trois ans avec les One Planet Summit pour le climat l'a montré, parce qu'il y a des rendez-vous, parce qu'il y a de la responsabilité, parce qu'il y a de la transparence sur les résultats.
Et donc je pense que ce qui a été décidé aujourd'hui, il faut le faire avec beaucoup d'humilité, de détermination, de transparence, mais c'est un agenda de progrès sur le sujet de la biodiversité. Premièrement, sur la protection des écosystèmes terrestres et marins, nous avons élargi l'alliance. 50 Etats sont désormais engagés dans une coalition pour protéger 30% de la planète, terre et mer, d'ici 2030.
Nous allons encore élargir cette dynamique dans les prochains mois pour acter une cible décisive, concrète et vérifiable, à Kunming. Et ça doit être l'objectif, si je puis dire, en fin d'année, lors de la COP 15 biodiversité. Nous avons également engagé une initiative forte pour protéger la Méditerranée, développer un réseau d'aires protégées, mettre fin à la surpêche, lutter contre la pollution marine, verdir le transport maritime.
Et là, je propose qu'on se donne rendez-vous dans quelques mois à Marseille pour porter cette initiative et obtenir de premiers résultats avec les Etats, les acteurs régionaux, locaux, la société civile et le secteur privé pour la préservation du bassin méditerranéen. Et à cet égard, pour moi, un rendez-vous très structurant et très important sera, évidemment, le sommet mondial de la nature que nous tiendrons à Marseille. Et je veux saluer la présence de M.
Oberle, le directeur général de l'UICN, et du maire de Marseille, qui est avec nous en visio. Et peut-être si vous avez quelques mots à dire pour ce rendez-vous de Marseille, qui sera sur ce volet de la protection des écosystèmes terrestres et marins, mais plus largement sur les autres points un moment de rendez-vous très important. M. le maire, merci d'être avec nous. -Bonjour, M. le président de la République.
Merci, M. le président de la République. Merci bien évidemment aussi au président de l'IUCN d'avoir choisi Marseille pour ce Congrès mondial de la nature.
Nous avons hâte, j'ai hâte, de vous accueillir à Marseille. C'est une ville que nous venons de déclarer en urgence climatique, une ville qui abrite un joyau national, le parc national des Calanques. Nous avons un impératif à Marseille, et vous avez travaillé tout cet après-midi sur ces questions-là, qu'on puisse grandir ensemble, l'humain et la nature.
Alors rendez-vous à toutes et à tous en septembre à Marseille. A très bientôt. -E.
Macron : Je serai heureux d'y être, et beaucoup autour de la table aussi, sachez-le, M. le maire, vous avez plusieurs aficionados. M. le directeur général. -Ils sont tous les bienvenus, M. le président de la République.
Peut-être même pour regarder un match de football. (inaudible) -Chiche ! -C'est très très court, M. le président.
Merci à la France pour avoir soutenu l'UICN, toute la préparation du congrès, avec des "postponements" déjà deux fois. La France a toujours été derrière, nous a encouragés, soutenus. Merci beaucoup à la France.
Et bienvenue à vous, personnellement, à Marseille, au congrès. -Merci beaucoup, M. le directeur général, M. le maire.
Et donc Marseille, vous l'avez compris, c'est un point de rendez-vous, de responsabilité aussi, où on regardera où nous en sommes sur cet objectif. Deuxièmement, sur la promotion de l'agroécologie, nous actons aujourd'hui une accélération sans précédent du projet de Grande Muraille Verte avec la mobilisation de plus de 14 milliards d'euros de financements internationaux dans les 11 pays concernés d'ici 2025. Plus d'une centaine d'entreprises regroupées autour de la charte IAM Africa, International Agroecological Movement for Africa, se sont engagées, et je propose que là, on ait un rendez-vous très concret, et on continuera d'en parler dans les mois qui viennent avec le président mauritanien et l'ensemble des collègues, mais qu'on ait un point très concret de rendez-vous au sommet de Montpellier, qu'on tiendra en juillet, qui est le nouveau sommet Afrique-France.
L'accélérateur qu'on a annoncé tout à l'heure va permettre sur les cinq piliers d'avoir des points de rendez-vous réguliers, et qu'on ait un suivi très formel au moment de l'AGNU. Et moi, je prends l'engagement ici que sous la présidence française au premier semestre 2022, présidence française de l'Union européenne, on fasse un rendez-vous détaillé sur ce sujet agroécologie dans sa partie africaine mais aussi dans sa partie européenne. 3e grande série d'engagements, c'est sur les financements en faveur de la biodiversité.
Nous actons une dynamique forte que nous allons amplifier de mobilisation des entreprises des gestionnaires d'actifs et des bailleurs publics pour la protection de la biodiversité. L'Alliance pour l'investissement dans le capital naturel qui a été portée par le prince de Galles regroupe les acteurs de la finance souhaitant accroître leurs investissements dans la restauration de la biodiversité. Je veux vraiment les remercier, plusieurs sont là avec nous, cher Philippe, et avec l'objectif de mobiliser 10 milliards de dollars pour la nature dans les 2 prochaines années.
Et là, on ne parle pas de choses qui sont à 20, 30 ans, on parle de 10 milliards sur les 2 prochaines années. Et je pense qu'on peut aller beaucoup plus loin si on arrive à simplifier nos règles, à mieux travailler encore ensemble. Deuxième chose très concrète sur les financements, c'est la Task Force on Nature-related Financial Disclosures, TNFD, qui sera le TCFD de la biodiversité, qui doit nous permettre d'élaborer un cadre de mesures risques, impacts et bénéfices des activités économiques en matière de biodiversité pour établir des cadres de transparence pour les entreprises et les institutions financières.
C'est ce qui va nous permettre près des fonds souverains, des asset managers, des banques et des assureurs, évidemment, des private equity, d'avoir, en quelque sorte, une mesure claire, une taxonomie, d'engager des financements privés dans cette direction, comme nous l'avons fait sur le climat, et de pouvoir, ensuite, porter la contrainte sur les entreprises et d'être sûrs qu'on réinternalise en quelque sorte dans le marché et son fonctionnement, les contraintes que nous nous donnons. 3e grand point concret sur les financements, c'est la coalition pour la convergence des financements en faveur du climat et de la biodiversité qui permettra de construire davantage de synergies entre action climatique et préservation de la biosphère. L'objectif, et la France l'a endossé, est d'accroître la part de financement en faveur du climat bénéficiant également à la biodiversité pour atteindre au moins 30% à l'horizon 2030.
L'AFD, j'en remercie son directeur général ici présent, bien sûr, respectera cet objectif. Enfin, la quatrième série d'engagements que nous avons pris cet après-midi, c'est sur la protection des forêts, des espèces, et de la santé humaine. Nous lançons l'initiative Prezode, Preventing Zoonotic Diseases Emergence, qui permettra une coopération inédite à l'échelle internationale entre acteurs de la recherche et réseau de vigilance sanitaire pour la prévention de nouvelles pandémies issues de réservoirs animaux.
Cette initiative, et je remercie encore une fois les organismes de recherche ici présents qui l'ont lancée, cher Philippe, elle mobilise déjà plus de 400 chercheurs et acteurs de la santé humaine, animale et environnementale au niveau international. Nous aurons, là aussi, à mesurer les progrès accomplis et les résultats obtenus lors du congrès mondial de la nature à Marseille, et je propose qu'on ait également un point de rendez-vous à cette occasion. One Health a pu avoir son agenda clarifié par le directeur général de l'OMS, avec, donc, le rendez-vous de mai qui a été ici fixé.
Voilà, sur l'ensemble de ces sujets, et je rajouterai à celui-ci sur le dernier point, évidemment, la concrétisation et la poursuite des agendas de lutte contre la déforestation, et notre agenda euro-africain de lutte contre la déforestation importée, avec, là aussi, un point de rendez-vous que je ferai à Marseille, et que le président Michel, la présidente von der Leyen, pourront faire à nos côtés à Marseille. Voilà quelques-unes des actions structurantes que nous avons collectivement engagées. Engagées avec l'ensemble de nos partenaires, et je veux vraiment saluer l'ensemble de celles et ceux qui, ici, représentent, portent et croient dans le continent africain.
Nous l'avons vu tout aujourd'hui, l'Afrique a énormément de solutions en main, et je crois que notre rôle est de l'aider pour nous aider aussi pleinement à les dévoiler et accélérer. Et nous avons vu que, aussi, la nature porte beaucoup des innovations dont nous avons besoin, et c'est à nous de les accélérer. Tout ce qu'on s'est dit aujourd'hui, on va le consolider, le mettre en oeuvre, le mesurer, le vérifier à échéance régulière comme on l'a fait à chaque fois.
Rendez-vous est donné donc, comme vous l'avez compris, à Montpellier, en juillet, au Congrès mondial de la nature à Marseille. Et puis il y aura à l'AGNU justement la convergence des COP. Le chemin vers Kunming en fin d'année, en Chine, pour la COP 15 biodiversité.
Et à Glasgow, pour la COP climatique, qui sont aussi des points de rendez-vous et de convergence de tous ces agendas. Je veux dire à l'ensemble des représentants de la société civile et des engagés sur ce sujet qui, parfois, depuis plusieurs années, ont le sentiment qu'on ne va pas assez vite, que je les remercie de nous avoir, non pas attendu, mais d'avoir ouvert la voie. Et je sais leur impatience, et nous continuerons d'aller le plus vite possible.
Je veux remercier l'IPBES pour son action, son savoir. L'IPBES est véritablement le GIEC de la biodiversité et joue un rôle essentiel que je veux défendre, et je veux dire à tous et toutes que les chefs d'Etat et de gouvernement qui sont là présents ont vocation à être leurs alliés, à prendre leurs parts, mais à leur permettre d'accélérer leur action pour que nous puissions tous ensemble aller beaucoup plus loin et beaucoup plus vite sur cet agenda, à tous égards vital pour nous. Merci beaucoup pour votre participation, vos engagements, et on continue.
Merci à vous. (Applaudissements) Merci, mes amis.
Emmanuel Macron