Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 23 septembre 2025 22 min

Reconnaissance de l'État de Palestine : de "la communication" qui "ne réglera rien" pour le RN Louis Aliot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Inter, Nicolas Demorand, Benjamin Duhamel, La Grande Matinale.

0:06
Louis Aliot

Et avec Benjamin Duhamel, nous recevons ce matin le maire de Perpignan et vice-président du Rassemblement National. Vos questions, vos réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application de Radio France. Louis Alliot, bonjour ! Bonjour ! Et merci d'être avec nous en duplex de Perpignan dans les studios d'ici Roussillon. Contexte, la France n'a toujours pas de gouvernement et votre parti, le Rassemblement National, continue de demander une dissolution de l'Assemblée et de nouvelles élections. Nous évoquerons aussi l'hommage rendu à Charlie Kirk, à Phoenix dans l'Arizona. Là, vous représentiez le RN à cette cérémonie qui a rassemblé 70 000 personnes.

Mais commençons par la tribune des Nations Unies, où Emmanuel Macron a donc officiellement reconnu l'État de Palestine hier soir. Une dynamique qui a conduit, entre autres pays, le Royaume-Uni, le Portugal, le Canada à faire de même. Le pari diplomatique du Président est-il réussi, Louis Alliot ? La France pèse-t-elle de nouveau au Proche-Orient ?

1:21
Présentateur

Écoutez, je pense qu'il a fait sa pub, il a fait sa com sur une thématique très sensible, qui aujourd'hui, à l'échelle du monde, j'allais dire, est un cas international d'une particulière gravité. Et je crois qu'effectivement, cette déclaration ne réglera rien. D'ailleurs, je crois que dans le commentaire de l'interlocuteur précédent, dont je ne partageais pas le fond, mais en fait, il a clairement dit que ça relevait... Il n'a pas dit de la communication, mais moi, je dis de la communication. Et sur le terrain, eh bien, on en restera évidemment à la même situation. Avec, quand même, je note une invisibilisation des otages, car ça vient toujours après, maintenant, le reste.

Qui ont été évoqués plusieurs fois, Louis Alliot ? Emmanuel Macron a même commencé son discours en citant le sort de ces 48 otages, dont une vingtaine encore vivants détenus par le Hamas. Il a fait un tweet, je crois que c'est ce matin ou hier, où les otages passent après le reste. Or, la guerre a été déclenchée parce qu'il y a eu le massacre et parce qu'il y a eu des otages. Il ne faut pas inverser les choses. Et donc, en fait, il a créé le Hamas Land, comme on peut dire aujourd'hui, mais sûrement pas un État palestinien libre de ces mouvements et en paix avec Israël. Simplement, je reviens sur vos mots d'abord Hamas Land. Je crois que Marine Le Pen disait Hamastan.

Quand vous voyez la quinzaine de pays qui ont suivi la voie pavée par la France pour reconnaître l'État de Palestine, vous dites vraiment que c'est seulement de la communication ? Oui, je pense que c'est seulement de la communication. D'ailleurs, l'Allemagne, elle, ne s'y est pas trompée. Elle y a mis un certain nombre de conditions qui ne sont pas réunies. et elle n'a pas reconnu la Palestine comme l'a fait M. Macron. Comme il n'a plus la main sur la politique française, eh bien, il s'exprime toute la journée sur la politique internationale et veut se donner un rôle.

Bon, mais écoutez, aujourd'hui, il s'est payé une tribune dans l'hémicycle de l'ONU et la suite, je crois, n'ira pas bien loin, malheureusement, pour tout le monde.

3:15
Louis Aliot

Mais c'est une faute de sa part, selon vous, pour qu'on comprenne bien votre pensée ?

3:21
Présentateur

Mais c'est une faute. On est pour une solution à deux États, mais vous ne pouvez pas reconnaître un État qui n'a ni gouvernement, aujourd'hui, ni frontière, ni liberté. Il reconnaît un État comme ça, j'allais dire, dans le néant de la politique internationale qui est basé sur rien, si ce n'est que la Palestine, aujourd'hui, c'est le Hamas et que le Hamas, aujourd'hui, détient des otages et en a tué déjà beaucoup et qu'on ne voit pas comment il pourrait en être autrement à l'avenir. Et cette déclaration de cet État ne réglera pas le problème sur le terrain. Alors, Louis Alliot, prenons la question inversement.

Quand vous avez un gouvernement israélien qui poursuit et accélère la colonisation en Cisjordanie, qui a décidé d'intervenir militairement dans la ville de Gaza, si vous étiez au pouvoir au Rassemblement National, qu'est-ce que vous feriez ? Vous resteriez là, les bras croisés, en disant si on reconnaissait l'État de Palestine, ce serait seulement de la communication. Très concrètement, quelle serait votre position ? On participerait aux négociations pour que cette guerre s'arrête et on ferait pression sur les amis du Hamas pour qu'ils rendent les otages. Car je rappelle que rendre les otages, c'est mettre fin immédiatement à la guerre. Pourquoi le Hamas ne rend pas les otages ?

Mais personne ne demande ça. Pourquoi le Qatar ne dit pas au Hamas de rendre les otages ? Pourquoi tous les soutiens du Hamas dans le monde, dans les pays arabes, ne demandent pas au Hamas de rendre les otages ? Mais Louis Elio, je crois qu'ici, tout le monde est d'accord sur le caractère terroriste et immonde de la stratégie du Hamas. Mais simplement, là, je vous interroge, on vous interroge sur la stratégie du gouvernement israélien. Est-ce qu'au Rassemblement National, vous vous considérez qu'on peut ne rien faire face à la colonisation en Cisjordanie ? Je ne suis pas... Pardonnez-moi, je termine. Et face à ce qui est en train de se passer à Gaza ?

Moi, je ne suis ni israélien, ni au gouvernement israélien. Je suis français et je fais de la politique en France. On peut discuter, on peut négocier, on peut faire pression, on peut participer avec les nations qui veulent en finir avec cet état de fait là, en Israël. Mais on ne peut pas imposer les choses. Et encore une fois, la clé est entre les mains du Hamas. Qui sont les alliés du Hamas ? Eh bien, le Qatar en priorité... On a compris ce que vous disiez, mais simplement sur la colonisation en Cisjordanie qui risque d'empêcher toute possibilité qu'il y ait deux états. Est-ce que vous condamnez cette accélération de la colonisation en Cisjordanie ?

Ils ne le feront pas, sinon c'est remettre en cause les accords d'Abraham. Et c'est quelque chose auquel Donald Trump tient plus que tout. Donc faire ça, c'est remettre en cause ce qu'a fait Donald Trump et politique à laquelle il tient. Mais vous ne répondez pas à ma question, Louis Alliot. Est-ce que vous condamnez l'accélération de la colonisation en Cisjordanie ? Je ne peux pas condamner quelque chose qui aujourd'hui n'est pas encore le cas. Il n'y a pas de colonisation en Cisjordanie ? Si demain, M. Netanyahou met à exécution ce qu'il menace, on verra bien ce qu'il en est.

Mais aujourd'hui, moi, je ne me prononce pas sur un état de guerre qui fait qu'aujourd'hui, il y a encore des otages civils entre les mains du Hamas.

6:13
Louis Aliot

Louis Alliot, vous étiez donc dimanche aux Etats-Unis, à Phoenix, en Arizona, pour la cérémonie d'hommage à Charlie Kirk, avec influenceurs, militants trumpistes morts, assassinés. À quel titre étiez-vous sur place pour rendre hommage à un nouveau martyr comme soutien du président américain ? La nature de votre présence là-bas ?

6:39
Présentateur

Non, pas du tout. J'étais invité par un ami qui s'appelle Jacob Elberg, qui est un jeune politicien américain, et qui entretient des relations avec notre mouvement, et qui a tenu à ce que l'on soit présent à cet hommage-là. Et j'y suis allé parce que je pense qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de libertés qui sont menacées. Et cette liberté de pouvoir dialoguer, de pouvoir débattre, de pouvoir dire ce que l'on veut, de pouvoir penser ce que l'on veut, eh bien, aujourd'hui, je pense qu'elle est en péril dans beaucoup de pays du monde.

Et je pense qu'il fallait marquer le coup, parce que c'est un assassinat politique, très clairement, et qu'on ne peut pas tolérer ces assassinats politiques, qu'ils soient d'ailleurs aux Etats-Unis comme partout ailleurs. Mais Louis Alliot, sur ce à quoi vous avez assisté, est-ce qu'il y a des choses qui vous ont frappé, des propos qui vous ont choqué, ou au contraire, vous considérez que c'était une cérémonie tout à fait normale, si j'ose dire ? C'est une cérémonie à l'américaine, c'est-à-dire un show avec une succession de prises de paroles.

Et j'allais dire, ce qui m'a le plus marqué, c'est la dynamique à laquelle on assiste aujourd'hui, derrière une jeunesse, et une jeunesse qui est en train de vouloir, j'allais dire, conquérir le monde, notamment économiquement. Et c'est là que, finalement, j'ai eu plus d'inquiétude que la compassion que l'on peut avoir, notamment avec la veuve et tous les militants qui étaient meurtris par cet assassinat, c'est que les Etats-Unis, aujourd'hui, sont en guerre, notamment contre la Chine, mais dans une guerre de puissance économique, et qui ne feront aucun cadeau à personne. Même pas aux Français, encore moins à l'Europe.

Et nous, pendant qu'on critique Trump, qu'on le prend pour un fou, qu'on dise n'importe quoi sur lui, eux, ils avancent. Ils mettent des milliards de dollars sur l'intelligence artificielle. Ils sont en train de participer à la réindustrialisation des Etats-Unis. Et nous, on parle, on parle, on parle, on parle. On est immobile, j'allais dire, comme eux jamais. Et c'est ça le plus inquiétant pour notre avenir.

8:38
Louis Aliot

Un mot tout de même, quand vous avez entendu Donald Trump lors de cette cérémonie, après le discours de la veuve de Charlie Kirk, expliquant qu'elle pardonnait aux meurtriers, quand vous avez entendu le président américain expliquer « Moi, je hais mes adversaires et je ne veux pas le meilleur pour eux ». Qu'est-ce que vous vous êtes dit ?

9:01
Présentateur

Que c'est le style Trump, qu'il est dans une provocation. C'est seulement une affaire de style, Louis Alliot ? Non, je pense que c'est du Trump, il a toujours fait ça, mais je pense, pour le coup, je pense l'inverse, et qu'il faut être respectueux de ses adversaires si on veut que la démocratie puisse se vivre. Mais très honnêtement, aujourd'hui, les Etats-Unis, c'est un autre monde.

Et quand vous arrivez là-bas, dans ce genre de réunion, vous vous dites qu'on est à cent mille lieux de ce que l'on voit en France, mais il n'en reste pas moins qu'il y a des principes fondateurs de notre civilisation, de notre démocratie, et que le pluralisme politique et la tolérance des opinions des autres me paraît être le socle d'une démocratie apaisée. On viendra dans un instant à la question de la liberté d'expression qui, effectivement, a été évoquée. Mais juste avant, là encore, pour citer Donald Trump à cet hommage, ouvrez les guillemets, notre pays s'est fait arracher l'un des plus grands esprits de notre temps, un géant de sa génération. Il parle donc de Charlie Kerr.

Là encore, revenons simplement sur les faits des prises de position de ce militant climato-sceptique, considérant que l'élection de 2020 aux Etats-Unis était une élection volée, opposée au droit à l'avortement qu'il comparait à l'Holocauste. Est-ce que, pour le Rassemblement national, Charlie Kerr était un modèle ? Est-ce que vous vous retrouvez dans ces prises de position ? Non. La seule chose dans laquelle je me retrouve, c'est dans le fait de pouvoir accéder sur des campus universitaires, d'installer son chapiteau et de pouvoir discuter avec tous les étudiants, y compris les pires adversaires.

Là, je me retrouve parce que je me dis que c'est le fondement du débat démocratique et de la discussion possible sur tous les sujets, y compris... Mais donc sur ces idées, vous étiez en désaccord avec les combats qu'ils portaient ? Mais les Etats-Unis, encore une fois, c'est aujourd'hui un autre monde et ces sujets-là sont au cœur de leur débat, ils ne sont plus au cœur du nôtre, c'est leur affaire et ce n'est pas la nôtre. Et d'ailleurs, en discutant avec des responsables locaux, je leur ai dit que ce qui était aujourd'hui aux Etats-Unis serait impossible chez nous. Par exemple, la référence à Dieu. J'ai assisté à plusieurs discours où il y avait systématiquement des références à Dieu.

dans un pays comme le nôtre, laïc, ça paraît totalement suranné. Mais vous aimeriez qu'on puisse tenir ce type de propos en France ? Non, justement, ça m'inquiéterait. Moi, je suis croyant, pourtant je suis croyant, mais je trouverais ça totalement fou que ça puisse arriver. Mais voilà, les Etats-Unis, aujourd'hui, c'est ça. Et si on ne prend pas la mesure de ce qu'est en train de réaliser Trump aux Etats-Unis, on ne pourra pas prendre les bonnes décisions en Europe pour se protéger et pour développer notre propre économie, notre propre système de démocratie. Voilà, c'est America first. Moi, j'espère et j'espère que ce sera France first et Europa first.

11:36
Louis Aliot

Un dernier mot sur cette cérémonie et sur Kerk. Le président de votre parti, Jordan Bardella, s'est exprimé dans une vidéo en affirmant vouloir mener frontalement le combat contre la gauche radicale et en mettant en avant l'héritage de Charlie Kirk, à savoir la défense intransigeante de la liberté d'expression. Fin de citation. Quand le présentateur télé, Jimmy Kimmel, est retiré de l'antenne après des propos sur Charlie Kirk suite aux pressions de la Maison Blanche, même s'il va revenir à la télévision ce soir, la principale menace contre la liberté d'expression, ce n'est pas la gauche, là ?

12:19
Présentateur

Ça l'a été beaucoup. Et malheureusement, dans un esprit de vengeance, le balancier s'inverse. Et donc, effectivement, il ne faut pas tolérer ça non plus. Je suis d'accord. Pour le coup, je suis d'accord avec vous. Louis Lio, la gauche a déjà empêché un présentateur de revenir à la télévision sur la pression d'un président comme Barack Obama ou Joe Biden ? Écoutez, je ne sais pas, ça a dû arriver. Ce que je sais, c'est qu'ils ont infiltré beaucoup de milieux. Jamais dans des proportions comme celle-ci. Écoutez, je ne sais pas. Vous avez l'air d'être un très bon connaisseur de ce qui se passe aux Etats-Unis. Moi, je n'en sais rien.

Mais je sais comment agit la gauche, la manière dont elle infiltre un certain nombre de milieux et comment derrière, elle verrouille les débats. Il n'y a qu'à voir en France comment ça se passe. Pas là, celui qui veut accélérer les poursuites contre ceux qu'il considère comme étant ses opposants, c'est bien Donald Trump. Oui, mais c'est ce que je suis en train de vous dire. Bon, maintenant, le fameux opposant reprend l'antenne aujourd'hui et je pense que les choses iront en se calmant. Du moins, je l'espère.

Mais moi, ce qui m'intéresse aussi, c'est de voir l'état de notre démocratie chez nous et l'état du pluralisme des opinions chez nous aussi, y compris, puisque j'y suis, sur le service public. Et vous avez la parole. Oui, oui, merci, merci.

13:22
Louis Aliot

Et on est très heureux de vous avoir comme invité. Alors, revenons en France, alors que Sébastien Lecornu poursuit ses consultations. Aujourd'hui, les groupes du socle commun, demain, les syndicats qui lui ont fixé un ultimatum. Y a-t-il encore le moindre scénario où le Rassemblement national ne voterait pas la censure du futur gouvernement Lecornu ?

13:46
Présentateur

Écoutez, je pense que M. Macron est dans une impasse. Il s'agite dans son bocal en nommant son dernier collaborateur le plus proche, M. Lecornu. M. Lecornu, est-il susceptible de faire des concessions par rapport à des mesures, des programmes d'un certain nombre de partis politiques ? À mon avis, non. Donc, on verra bien ce qu'il propose dans sa feuille de route et lors du discours à l'Assemblée nationale. Mais vous ne croyez pas beaucoup à la possibilité de ne pas censurer ? Je ne crois pas beaucoup à la durée longue de ce gouvernement. En revanche, je sens, dans l'opinion, je vois ici, à Perpignan, beaucoup de gens qui veulent aller aux urnes.

Et ils veulent aller aux urnes non seulement pour changer de gouvernement, mais de plus en plus pour changer de président. Parce que vraiment, je crois que M. Macron a réussi l'exploit. Et petit à petit, il arrive d'être plus impopulaire que François Hollande. Ce qui est, excusez-moi du peu, un challenge vraiment important. Alors, dans les sondages, il y a encore un tout petit peu de marge. Mais c'est vrai qu'il se rapproche dangereusement de la cote de popularité de François Hollande. Je voudrais qu'on rentre dans le détail, Louis Alliot, de ce que sont vos lignes rouges dans les négociations. D'abord, sur la fiscalité.

Dans les colonnes du journal du dimanche, Marine Le Pen dénonce une France, je cite, « record man mondial des prélèvements de toutes sortes, tout en proposant un nouvel impôt, l'IFF, l'impôt sur la fortune financière. » Alors là, on a du mal à comprendre, Louis Alliot, la ligne ORN, c'est pas un euro d'impôt en plus, ou c'est « il faut faire contribuer les plus fortunés ? » Ce n'est pas un euro d'impôt en plus, et c'est que les plus fortunés puissent participer à l'effort national par la création de ce fameux impôt sur les fortunes financières, qui est un impôt bien déterminé et qui remplacera les autres impôts qui aujourd'hui s'appliquent notamment à l'immobilier d'entreprise.

Le but étant de préserver l'outil de production, la résidence principale, et un certain nombre d'actions dans les PME, et les petites entreprises qui font fonctionner l'économie réelle. Sauf que si on rentre dans le détail, Louis Alliot, cet impôt sur la fortune financière, ça veut dire qu'on taxe davantage les revenus financiers, les actions, les dividendes. Est-ce que ça ne risque pas de décourager l'investissement ? Vous qui voulez, notamment dites aux patrons que vous êtes désormais un parti qui soutient l'activité, qui défend les petits patrons, si vous taxez ces revenus financiers-là, est-ce que vous ne risquez pas de décourager l'activité ?

Écoutez, je viens de vous dire que justement, sur ces choses-là, et notamment les actions qui sont dans les PME, les outils de production, il fallait les exonérer. Un certain nombre d'autres, non. Mais c'est inimaginable que dans l'accumulation des richesses actuelles de l'économie, ceux qui en ont le plus ne puissent pas faire, j'allais dire, un effort... Il faut bien augmenter les impôts pour vous ? Ce n'est pas par un euro de plus ? Par rapport à ceux qui en ont le moins.

Il n'en demeure pas moins qu'il faut quand même libérer un peu l'économie pour créer de la richesse et de la croissance, et qu'il faudra s'atteler à un programme fiscal, j'allais dire, dynamique, en ce qui concerne les entreprises, parce qu'aujourd'hui, elles sont accablées, pas seulement d'ailleurs, de fiscalité, mais de normes et d'interdits qui empêchent tout simplement l'économie de vivre.

17:00
Louis Aliot

Louis Alliot, est-ce que vous pourriez accueillir favorablement un retour de l'impôt sur la fortune si c'était la concession faite par le gouvernement au Parti Socialiste ?

17:12
Présentateur

On a dit que non, puisqu'on remplacera tout ça par un impôt sur les fortunes financières, c'est-à-dire l'argent qui permet à des gens de s'enrichir tout en continuant à dormir, en quelque sorte. Il faut arrêter cela. Il faut permettre à l'économie dynamique de s'exprimer et d'être exonéré d'un certain nombre de fiscalités. Oui, mais Louis Alliot, là encore, si on rentre dans le détail de la proposition, en quoi est-ce favorisé l'économie dynamique que de dire que vous exonérez d'impôts sur la fortune une résidence principale ?

Je rappelle que le montant à partir duquel on paye l'impôt sur la fortune immobilière en France, c'est 1,3 million d'euros, sans compter même l'abattement quand il s'agit d'une résidence principale. On parle quand même des plus privilégiés quand on a un bien immobilier à 1,3 million d'euros ou plus. Oui, mais la résidence principale, ça reste la résidence principale ou la résidence unique, d'ailleurs. Et c'est normal, je pense, qu'elle soit exonérée comme les biens professionnels. Parce que si vous commencez à taxer les biens professionnels, eh bien, c'est autant de pénalisation. Je ne parle pas des biens professionnels, je parle dans l'espèce des biens immobiliers.

Oui, mais justement, dans ces biens immobiliers, il y a aussi l'outil de production. Faut-il taxer l'outil de production dont la propriété appartient à un certain nombre de personnes ? Nous ne le pensons pas.

18:24
Louis Aliot

Sur la désormais célèbre taxe Zuckman, quand le patron et fondateur de LVMH, Bernard Arnault, qualifie l'économiste Gabriel Zuckman de militant d'extrême gauche qui cherche à mettre à terre l'économie française, a-t-il raison ou non ?

18:42
Présentateur

Écoutez, il a pris un gros feutre pour appuyer sur le trait. Mais M. Zuckman est un militant de gauche radical qui ne l'a jamais caché d'ailleurs et qui, sous couvert de titres universitaires, développe une idéologie bien à lui. Donc, vous défendez plutôt Bernard Arnault ? Je suis plutôt... Écoutez, si Bernard Arnault dit qu'aujourd'hui à Perpignan, il fait beau, je peux vous rassurer, il fait beau à Perpignan. D'accord, et on n'a pas encore entendu parler de la météo de Perpignan. Parlons d'immigration, Louis Alliot, vous faites partie de ceux qui, au Rassemblement National, ont signé la pétition lancée par Philippe de Villiers qui plaide pour un référendum sur l'immigration.

Contrairement à Marine Le Pen qui considère, elle le dit dans les colonnes du Journal du Dimanche, là encore, que ce n'est pas son rôle. Vous n'êtes pas tous alignés au Rassemblement National, il y a ceux qui la signent et ceux qui considèrent qu'il ne faut pas la signer. Vous aurez remarqué que je ne suis pas député. Je suis maire et je pense que c'est complémentaire du travail que, évidemment, fait Marine et que fait Marine et le groupe parlementaire du RN à l'Assemblée Nationale.

Philippe de Villiers est un ami et je pense qu'il fallait soutenir sa démarche pour bien montrer qu'il y a un problème sur l'immigration en France et qu'au-delà du débat parlementaire et de ce débat que nous portons dans l'actualité systématiquement, il y a aussi des gens qui veulent voir cette question au bout, c'est-à-dire au référendum. Et vous souscrivez à tous les mots de cette pétition. Je vais inciter une phrase, notamment, ouvrez les guillemets, si nous ne faisons rien, dit Philippe de Villiers, c'est la fin de la France. C'est la fin de la France s'il n'y a pas un référendum sur l'immigration ? Je ne sais pas si le référendum peut-être ne réglera rien.

En tout cas, il réglera le fait d'arrêter l'immigration, de la réguler dans un sens évidemment plus drastique. Mais je pense que la France est en très grande difficulté et que si elle continue à assumer l'accueil de centaines de milliers d'immigrés sur son territoire, finira par perdre effectivement sa culture et son idéal patriotique et républicain.

20:39
Louis Aliot

Pour terminer, Louis Alliot, un mot sur l'hypothèse d'une dissolution que vous continuez de demander. Est-ce que vous seriez prêt à gouverner par exemple avec l'appui des républicains en l'absence d'une majorité absolue ? Des auditeurs d'Inter nous posent la question et je vous la transmets donc.

21:01
Présentateur

Écoutez, je pense que c'est aux républicains qu'il faut poser la question puisque aujourd'hui la force dominante c'est le Rassemblement National mais j'allais dire sur un programme commun immédiat de mesures fortes pour réveiller la France, je pense que l'on pourrait effectivement gouverner avec d'autres. Oui, c'est important gouverner avec d'autres. Est-ce que ça pourrait vouloir dire une union des droites ? Non, parce que l'union des droites, laquelle droite ? Ce n'est pas avec M. Bertrand qu'on va pouvoir gouverner. Ce n'est pas avec M. Copé qu'on va pouvoir gouverner. Ce n'est pas avec M. Larcher qu'on va pouvoir gouverner.

Vous la commencez où la droite avec laquelle vous pouvez gouverner ? Il y a d'abord les idées et ensuite viennent les hommes. Moi je crois plus à la défense des idées et à l'union à la base avec tous les patriotes et notamment ceux de droite plutôt qu'à un accord de parti qui ne résoudrait aucun des problèmes qui se posent à la France.

21:54
Louis Aliot

Merci Louis Alliot d'avoir été sur Inter ce matin. vous étiez à Perpignan. Je remercie et je salue les équipes d'ici Roussillon. Merci encore. Sous-titrage Société Radio-Canada