Colère des agriculteurs européens : "Nous n'acceptons pas que des produits normés européens avec l'étiquetage Maroc soient bloqués", s'agace le principal syndicat patronal agricole marocain
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:51FerméeRéponse directe
Est-ce qu'à votre connaissance, certaines de vos cargaisons ont été prises pour cible aujourd'hui ?
- 1:05FerméeRéponse directe
Donc, il n'y a pas eu de cargaison de tomates marocaines détruites, immobilisées par les agriculteurs français ou espagnols.
- 1:17OuverteRéponse directe
Vous avez commencé à l'aborder, ça a été le cas il y a deux semaines du côté de Perpignan.
- 1:49OuverteRéponse directe
Ça vous met en colère, ça ?
- 2:22OuverteRéponse directe
Moins d'un euro la barquette pour les tomates cerises marocaines, contre trois euros à peu près pour les tomates cerises françaises.
- 3:03RelanceRéponse partielle
Vous ne nous expliquez pas pourquoi est-ce qu'elles sont beaucoup moins chères.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:35InvitéFait
« Nous respectons totalement les normes sanitaires, sinon vous ne trouverez pas la tomate sur les états français ou européens. »
- 1:44InvitéFait
« Et j'en reviens aussi à l'excitage d'origine. Effectivement, c'est bien mentionné, origine marocque. »
- 2:05InvitéFait
« Ça me met en colère tout simplement parce que l'origine marocaine est mentionnée. »
- 2:33InvitéChiffre
« Trois fois moins cher. »
- 2:40InvitéFait
« Tout simplement, nous avons du soleil toute l'année. »
- 2:51InvitéFait
« Avec une empreinte carbone importante, c'est très énergivoire. »
- 3:22InvitéFait
« Nous avons un enseignement permanent, qui fait vraiment toute une différence. »
- 3:36InvitéFait
« Et donc, ces problèmes, par exemple, récurrents de stress hydrique, nous ne l'avons pas sur le principe de la tomate. »
- 3:40InvitéFait
« Et je crois que, là-dessus, c'est comme sur d'autres produits, où, effectivement, on est, en termes de productivité, meilleur que ce qui se passe en France, surtout derrière la période d'hiver »
- 3:52InvitéChiffre
« où, par exemple, le blé français qui arrive au Maroc, nous sommes importateurs de plus de 2 millions de tonnes, 2 millions de cent mille tonnes, exactement, où le blé français, effectivement, puisqu'il répond aux normes, rentre, et il est beaucoup plus, disons, compétitif que le blé marocain. »
- 4:15InvitéFait
« Alors, je répète, le coût du travail, il y a un salaire minimum horaire qui existe au Maroc, il y a une couverture sociale qui existe au Maroc, et ce salaire minimum est en rapport avec le niveau de vie. »
- 4:33InvitéFait
« et on ne demande pas à l'agriculteur italien, ou roumain, ou polonais de s'aligner sur le salaire. »
- 5:17InvitéChiffre
« Non, non, alors c'est 50 000 tonnes de tomate-cerise sur les 500 000 tonnes consommées en France. »
- 5:25InvitéFait
« Nous, en tant qu'agriculteurs, nous n'acceptons pas que des produits normes européennes, avec l'étiquetage maroc, soient effectivement bloqués aux frontières. »
Temps de parole
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Bonsoir à toutes et à tous, vous l'avez entendu toute la journée sur France Info, les agriculteurs français et espagnols ont organisé des barrages des deux côtés des Pyrénées pour demander à quelques jours des élections européennes une politique agricole totalement harmonisée et pour dénoncer la concurrence déloyale, selon eux, des fruits, notamment en provenance du Maghreb. Pour répondre à ces accusations, je reçois ce soir le secrétaire général du syndicat patronal agricole marocain, Youssef Aloui. Bonsoir.
Bonsoir.
Vous êtes le secrétaire général de la Comadaire, la Confédération marocaine de l'agriculture et du développement rural. Les agriculteurs interrogés sur les barrages aujourd'hui par France Info dénoncent la concurrence déloyale des tomates en provenance du Maroc. Est-ce qu'à votre connaissance, certaines de vos cargaisons ont été prises pour cible aujourd'hui ?
Alors, non, aujourd'hui, à moi connaissant, j'ai suivi un peu, à la différence du 16 mai, où effectivement des marchandises avaient été saccagées. Non, ce n'est pas le cas aujourd'hui.
Donc, il n'y a pas eu de cargaison de tomates marocaines détruites, immobilisées par les agriculteurs français ou espagnols. Alors, vous avez commencé à l'aborder, ça a été le cas il y a deux semaines du côté de Perpignan.
Oui, exactement, c'était le cas. Et là, je voudrais certainement, d'où mon intervention aujourd'hui, rétablir certaines choses. Parce que lorsqu'on parle de déco-grange déloyale, et on sous-entend que la tomate marocaine, la tomate cerise principalement, ne respectent pas les normes sanitaires environnementales, ce qui est faux. Nous respectons totalement les normes sanitaires, sinon vous ne trouverez pas la tomate sur les états français ou européens. Ou européens, ça ne serait pas possible. Il y a des organismes de contrôle, il y a la répression des fraudes. Et j'en reviens aussi à l'excitage d'origine. Effectivement, c'est bien mentionné, origine marocque.
Alors, parce qu'effectivement, l'an dernier, on a retrouvé des barquettes de tomates cerises à moins d'un euro dans des hypermarchés Leclerc. Ça avait fait l'objet d'une manifestation d'agriculteurs qui étaient venus coller des étiquettes origine marocque sur les barquettes marocaines. Ça vous met en colère, ça ?
Ça me met en colère tout simplement parce que l'origine marocaine est mentionnée. C'est une norme obligatoire, c'est une norme européenne obligatoire, française. Et l'origine marocque est clairement mentionnée. Pas compris l'intérêt de cette démarche.
Alors, c'était pour montrer que les barquettes marocaines sont beaucoup moins chères. Moins d'un euro la barquette pour les tomates cerises marocaines, contre trois euros à peu près pour les tomates cerises françaises.
Alors, j'explique.
Vous êtes d'accord ?
Comment ? Le prix n'est pas du tout le même. Trois fois moins cher. Oui, bien sûr. Et c'est le cas dans d'autres produits où, à l'inverse, les produits français sont moins chers que les produits marocains.
C'est à peu près de, voilà, trois fois moins cher.
Tout simplement, nous avons du soleil toute l'année. Nous produisons toute l'année. D'accord ? À la différence, vous savez que durant l'hiver, s'il fallait produire la tomate cerise en France, il faudrait le faire sous serre chauffée. Avec une empreinte carbone importante, c'est très énergivoire. Et donc, effectivement, maintenant, le principe est, qu'est-ce que veut le consommateur ? Il y avait des tomates aux normes européennes ?
Toute l'année ?
Toute l'année. Mais moins cher.
Mais, monsieur Alaoui, vous ne nous expliquez pas pourquoi est-ce qu'elles sont beaucoup moins chères. Vous avez quand même un coût du transport. Ces tomates, elles viennent d'abord par bateau, puis par camion. Vous avez quand même un coût du transport. Vous dites que vous respectez, effectivement, toutes les normes en vigueur en Europe. Pourquoi sont-elles ? Comment faites-vous pour avoir des tomates trois fois moins chères que les tomates françaises ?
Nous avons un enseignement permanent, qui fait vraiment toute une différence. Nous avons, effectivement, par exemple, sur la région de Sousse, la région d'Aguédir, qui est fortement productrice, depuis quelques années, une station de dessalement, qui nous permet d'avoir de l'eau à l'année. Et donc, ces problèmes, par exemple, récurrents de stress hydrique, nous ne l'avons pas sur le principe de la tomate.
Et je crois que, là-dessus, c'est comme sur d'autres produits, où, effectivement, on est, en termes de productivité, meilleur que ce qui se passe en France, surtout derrière la période d'hiver, ce qui fait que nous sommes moins chers, comme sur certains produits, où, par exemple, le blé français qui arrive au Maroc, nous sommes importateurs de plus de 2 millions de tonnes, 2 millions de cent mille tonnes, exactement, où le blé français, effectivement, puisqu'il répond aux normes, rentre, et il est beaucoup plus, disons, compétitif que le blé marocain.
Alors, qu'est-ce que vous répondez aux agriculteurs que vous avez entendus sur les barrages, qui parlent de concurrence déloyale ? Il mentionne notamment le coût du travail au Maroc, qui est moins élevé qu'en France.
Alors, je répète, le coût du travail, il y a un salaire minimum horaire qui existe au Maroc, il y a une couverture sociale qui existe au Maroc, et ce salaire minimum est en rapport avec le niveau de vie. Et à ma connaissance, il n'y a pas de salaire...
Il y a un salaire minimum en France aussi ?
Non, non, il y a un salaire minimum, mais je ne pense pas qu'il soit commun sur l'ensemble de l'Europe, et on ne demande pas à l'agriculteur italien, ou roumain, ou polonais de s'aligner sur le salaire. Et je crois que là, je ne voudrais pas revenir à un faux débat, comme le débat du plombier polonais, et revenir à l'ouvrier marocain.
C'était un des débats, des précédentes élections européennes.
J'ai l'impression que la tomate-cerie marocaine a remplacé le plombier polonais.
En tout cas, vous êtes là, M. Allawi, aujourd'hui, vous êtes là, sur un plateau français, pour expliquer, pour exposer vos arguments. Pourquoi ? Est-ce que c'est parce que vous êtes inquiet, vous avez peur aujourd'hui, que les Français ne consomment plus de tomate-cerise ? C'est un gros marché pour vous, quand même, la tomate-cerise en France. C'est quasiment, je crois, la moitié de vos exportations de tomates.
Non, non, alors c'est 50 000 tonnes de tomate-cerise sur les 500 000 tonnes consommées en France. Alors, non, je suis venu exactement aujourd'hui, parce qu'il y avait cette manifestation prévue, pour répéter qu'effectivement, ce qui a été fait le 16 mai est inadmissible. Nous, en tant qu'agriculteurs, nous n'acceptons pas que des produits normes européennes, avec l'étiquetage maroc, soient effectivement bloqués aux frontières.
En Espagne, vous avez porté l'affaire en justice. Est-ce que vous avez l'intention de faire la même chose en France ?
C'est porté aussi en France, en justice.
D'accord, vous dénoncez une sorte de laxisme de la part des autorités françaises qui laissent faire ?
En dehors des autorités que nous poursuivons, les gens qui arrêteront les camions, qui saccageront les produits marocains, nous le ferons.
Mais est-ce que les personnes qui ont saccagé les camions marocains à Perpignan, le 15 mai, ont été arrêtées ?
Arrêtées, non, mais la justice, nous avons entamé, nous avons pris des avocats en France et en Espagne, et effectivement, la justice suit son cours là-dessus. Mais je voudrais rappeler que c'est un... Dire que nous aussi, il y a des lutteurs marocains, c'est suivi. C'est suivi au Maroc. Et que, effectivement, l'idée... Bien sûr, bien sûr. C'est mal vécu. Tout à fait, c'est mal vécu. Vous savez, nous aussi, la balance commerciale joue en faveur de la France. Nous sommes...
On a une balance commerciale excédentaire, effectivement, vis-à-vis du Maroc.
Avec les produits que vous avez faits, vous savez faire du blé, vous savez faire du fromage, et là-dessus, il n'y a pas de soucis. Chacun sait faire ce qu'il peut faire. La France est un pays à vocation agricole exportatrice. Il ne faut pas l'oublier. Donc, vouloir se fermer entièrement sur un produit... Moi, j'ai l'impression que la tomate-cerise, c'est pour cacher un peu tous les problèmes de l'agriculture française. On en vient à tomber la tomate-cerise marocaine. Je crois qu'il y a d'autres soucis, d'autres débats actuels qui font que...
Je ne voudrais pas que la tomate-cerise soit le cache-misère de beaucoup d'autres choses qui ne nous concernent pas, qui concernent l'agriculture française.
Merci beaucoup Youssef Alaoui, secrétaire général de la Commadaire, la Confédération marocaine de l'agriculture et du développement rural. Vous étiez l'invité éco de France Info ce soir.
Merci à vous. Merci.
Merci. Merci. Merci.