Matthieu Valet : "Il faut des policiers sur le terrain !" (LCI)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 4:31OuverteRéponse directe
Au-delà des mortiers, essayons de placer le débat plus loin.
- 5:00RelanceRéponse partielle
Le problème, il est là : à quel moment vous faites un clip interdit et attaquez des fonctionnaires ?
- 10:25OuverteRéponse directe
Comment les habitants se sentent-ils protégés dans ces territoires ?
- 15:30OuverteRéponse directe
Qui dit saisie, il faudrait des moyens. Ce n'est pas à vous, députés européens, que je veux dire que des moyens, on en manque.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:42InvitéChiffre
« Depuis les lois Bourleau de 2002, c'est 100 milliards d'euros qui ont été mis dans les cités. »
- 1:43InvitéFait
« le suspect qui le présente a juste relaxé, pourquoi ? Parce que le policier n'a pas pu activer sa caméra piéton. »
- 2:14InvitéPromesse
« J'avais demandé la fermeture de ces sites, j'attends toujours la réponse. »
- 3:27Invité politiquePromesse
« on a justement l'État à installer des brigades spécialisées de terrain. »
- 7:04InvitéFait
« Quartier de reconquête républicaine, ça a été mis en place en 2021. »
- 10:05InvitéFait
« il faut une collaboration européenne et plus parfois, et au minima européenne. »
Temps de parole
- Invité27 %
- Présentateur23 %
- Invité 214 %
- Invité 39 %
- Matthieu Valet9 %
- Invité 49 %
- Invité 58 %
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J'ai commencé avec vous, Mathieu Vallette. Il parlait de reconquête du territoire. Il disait que ce qui s'est passé hier dans sa ville ne doit rien au hasard depuis plusieurs semaines. Lui-même était menacé de mort d'ailleurs. En fait, il y avait un ensemble. Il y avait ce bâtiment, il y avait de la rénovation, il y a un trafic de drogue qui est important dans la région. Et tout simplement, il s'agissait de reconquête du territoire difficile, compliqué.
Oui, la région lyonnaise, mais le syndicaliste d'Alliance pourra le préciser évidemment, puisqu'il est porte-parole des effectifs qui sont dans le syndicat. Vous avez Rieux-la-Pape, vous avez Vain-en-Velin, vous avez aussi Vénitieux et Maguette qui sont très compliqués. Et je note qu'il y a l'extrême-gauche qui a fait des caisses sur Zédebouna pour faire une récupération, comme d'habitude, politique abjecte, en nous disant que l'État n'avait rien fait depuis 20 ans. Depuis les lois Bourleau de 2002, c'est 100 milliards d'euros qui ont été mis dans les cités, 100 milliards de l'argent des Français, que d'autres territoires comme les campagnes n'ont pas eu.
Et vous voyez que le maire expliquait que le bâtiment en feu à cause des mortiers, finalement c'était de la rénovation urbaine. Le problème c'est qu'on a refait les murs, on n'a pas changé les problèmes des gens et des gens à l'intérieur. Donc moi ce que je dis... C'est ce qu'ils voulaient faire. Oui, exactement. Et moi je dis simplement, et je l'avais déjà dit quand j'étais porte-parole de mon syndicat de commissaire, il faut interdire les mortiers.
Parce que, pardon, mais à part les artificiers professionnels, Non, non, c'est un arrêté qui doit être pris pour le transport de mortiers, mais avoir des mortiers sur soi, c'est pas un délit, et ils peuvent être utilisés impunément comme ils le font, et sur les policiers, et sur les dégâts collatéraux, comme on le voit sur le bâtiment à Rio-la-Pape. Voilà ce que je voulais dire. Une dernière chose, parce que je pense que vous avez l'interview aussi syndicaliste, moi j'ai apporté mon soutien par exemple à la brigade socialisée de terrain, à la BST, que nous renforcerons si nous sommes en responsabilité, parce qu'ils luttent contre les voyous, ils sont fidélisés, territorialisés.
J'ai un jeune gardien de la paix qui a été victime d'une agression à Vénitio-Maguette, six mois après le jugement est tombé, le 24 octobre, c'était pour des faits où il y avait eu son équipage pris à partie, l'individu, le suspect qui le présente a juste relaxé, pourquoi ? Parce que le policier n'a pas pu activer sa caméra piéton, ça devient une sale manie de certains magistrats de dire que s'il n'y a pas de caméra piéton, on ne croit pas les policiers alors que leur procès verbal vaut valeur de renseignement, et il a eu neuf jours d'ITT. Et qu'à priori ils sont assermentés.
Oui, exactement, il a eu neuf jours d'ITT, ses collègues ont témoigné, et alors la magistrate dit oui, mais sur les vidéos filmées par les témoins, on ne voit rien. Oui, mais quand on a neuf jours d'ITT et que les constatations médico-légales corroborent les déclarations du gardien de la paix, il faut le croire, non, mais cette impunité, c'est le premier carburant des voyous. Et moi j'avais aussi écrit au ministre de l'Intérieur de l'époque, monsieur Rétario, parce que vous avez l'extrême gauche qui prend en photo les policiers sur des opérations de police et qui les diffuse sur des sites d'internet en étant insidieux. J'avais demandé la fermeture de ces sites, j'attends toujours la réponse.
Alors on écoutera le maire, on le réécoutera, d'ailleurs il a tenu sur notre antenne à préciser une chose, en disant que cet incendie ne doit rien au tir des policiers, mais bien à ces projectiles qui ont été envoyés par les jeunes qui se trouvaient dans cette cité, parce que tout est parti d'un clip de rap, sur les fonctionnaires de police. Alain Barberis, le maire nous disait également qu'il y avait une volonté de reconquête, que ça fait plusieurs jours, plusieurs semaines que les fonctionnaires de police de la ville sont pris à partie et qu'hier ça pouvait d'ailleurs s'apparenter à un guet-apens.
Oui bonjour à tous, donc déjà je voudrais un petit mot ou du moins une pensée pour les familles, parce que plusieurs familles ont perdu leur appartement complètement détruit, ce qui est inadmissible. Ce qui s'est passé hier, honnêtement, c'est très grave.
Alors c'est vrai que Rieux-la-Pape est classé en quartier de reconquête républicaine, on a parlé de Vénitieux, Vonglin, c'est des secteurs où on a justement l'État à installer des brigades spécialisées de terrain, qui font un travail remarquable, en collaboration avec les polices municipales qui a accès sur la sécurité, et un centre de surveillance urbain qui est très important, puisque encore une fois, on aura besoin des enregistrements vidéo, notamment sur ce fait très grave, qui va pouvoir prouver justement qui a fait quoi.
Alors l'enquête vient de démarrer, on peut bien sûr se poser la question, comment se fait-il que sur un clip de rap, ces jeunes avaient des mortiers, sachant qu'ils savent très bien que derrière, la police va être appelée par les riverains, par les habitants qui sont dans leur ras-le-bol de ces troubles à leur public, et malheureusement, voilà pourquoi c'est interdit, sans autorisation, d'autant plus de la préfecture ou de la mairie, ce clip de rap, lorsque vous avez des mortiers, lorsque vous tirez sur des policiers, et là encore plus sur des habitats, il y a ce risque d'incendie, qui aujourd'hui, miraculeusement, et heureusement, on n'a pas eu de décès, de graves décès.
Alors, au-delà des mortiers, je voudrais qu'on essaye de placer le débat un peu plus loin, quand vous avez le maire de Rieux-la-Pape qui dit qu'on était en pleine opération de reconquête, que derrière cette barre qui a été refaite à Ville-Prix, il y a d'autres immeubles qui ont été détruits, que tout ça, c'est sur fond de trafic de drogue, de lutte contre le trafic de drogue, et que vous avez des jeunes, des moins jeunes peut-être, qui s'en prennent et qui attaquent les fonctionnaires de police. Le problème, il est là, c'est à quel moment vous faites un clip interdit, à quel moment vous attaquez des fonctionnaires de police et des pompiers qui viennent éteindre un incendie ?
Je veux dire, votre étonnement m'étonne, mon cher Christophe.
Je ne m'étonne pas, mais je le partage avec vous, on va dire ça comme ça.
En réalité, même cette semaine, je crois qu'on a vu un certain nombre de faits qui prouvent que, malheureusement, ce que vous qualifiez d'étonnant, d'inhabituel, d'inadmissible, ça fait malheureusement quand même quelques années que ça se produit absolument en boucle. Regardez ce qui s'est passé sur les deux dernières semaines quand l'enlèvement qui a eu lieu, je crois, du côté du Bourget, il y a quelques jours, on est capable de se grimer en policier pour faire une tentative d'enlèvement en pleine rue sans que ça n'affole visiblement personne et on ne sent pas une panique s'emparer des personnes qui sont en train de commettre l'acte. Vous avez aussi les braqueurs
contre un dépôt d'or, par exemple,
qui agissent,
ils n'ont pas un visage découvert, mais...
Et je ne trouve pas ça totalement intéressant que ce soit en rapport avec le rap parce qu'il y a eu un excellent livre qui est sorti, on en parlait d'ailleurs avec Philippe au maquillage, en réalité sur la démonstration vraiment très précise des liens qui existent entre les empires de la drogue, du narcotrafic en général et les rappeurs ou du plus gros au plus petit, vous avez directement des financements qui viennent s'installer et qui permettent de blanchir de l'argent. Donc il ne faut pas, je pense, enfin il faut arrêter de nier en réalité les existences qui maintenant sont extrêmement documentées, qui sont extrêmement riches, qu'on aperçoit tous les jours en s'étonnant régulièrement.
Enfin sur ce que dit le maire en disant que bien sûr c'est étonnant parce qu'on est en train de rénover les quartiers, vous pouvez aller malheureusement dans à peu près n'importe quelle banlieue française aujourd'hui avec des projets de rénovation. Ils sont souvent interrompus, ils sont souvent totalement arrêtés parce que vous avez même, sans aller jusqu'à l'incendie, combien de voix ? Des intimidations durées dures. Alors c'est ce qu'il a dit,
puisque le maire a dit sur notre antenne qu'il avait été menacé de mort, il parle même, mais on pourrait en parler, de guerre de territoire. Mais alors la guerre de territoire, c'est entre l'État et entre des bandes de trafiquants de drogue, le plus souvent d'ailleurs.
Il y a deux éléments. Un, les mortiers d'artifice. D'abord, il y a une vraie réflexion à avoir. Halloween, 281 de mortiers d'artifice à Rieux-la-Pape. Il y a une semaine. Donc ça veut dire que toutes les semaines, ça recommence et qu'on n'arrive pas à l'arrêter. On ne peut pas dire que rien n'est fait. Quartier de reconquête républicaine, ça a été mis en place en 2021. Rieux-la-Pape rentre en 2021 dans ce contexte de quartier de reconquête républicaine. Les mots, ils ont quand même un sens fort. Reconquête républicaine. Il y a des policiers en plus. Il y a des choses qui sont faites. Il y a des trafiquants qui sont arrêtés. Il y a des réseaux qui sont démantelés.
Sauf qu'en fait, ça ne suffit pas. Donc qu'est-ce qu'on fait ? C'est là la question. En fait, ça dépend. Il faut regarder l'adversaire. Qui est l'adversaire et quelle est la puissance de l'adversaire ? Il y a les petites mains qui sont là. Ceux qui tirent, c'est tir de mortiers d'artifice. Et puis il y a ceux qui les financent. Il y a ceux qui les font vivre. Il y a ceux qui ont la mainmise sur ces quartiers. Il y a encore quelques années,
je me souviens, on parlait d'économie souterraine. Elle n'est plus souterraine du tout. Et c'est une vraie économie. C'est un empire. Et là aussi, Arlette, c'est-à-dire qu'on est dans une guerre entre ceux qui pratiquent le trafic de drogue, ceux qui ne veulent pas que l'État revienne dans des quartiers, autant se le dire, qui ont quand même été abandonnés par l'État. Et on en est là avec des menaces de mort, avec des incointances, avec des bandes qui aujourd'hui ressemblent plus à des mafias qu'autre chose.
Et à Rieux-la-Pape, on avait été étonnés il y a quelques mois parce qu'on voyait que sur des immeubles, ils avaient publié, vous savez, les tarifs de la drogue. Ce qui prouve que ces gens sont parfaitement à l'aise dans ces quartiers et n'ont pas l'intention de les lâcher. Alors, reconquête républicaine, oui, ça fait bien, c'est chic, c'est déterminé. Mais au bout du compte, c'est vrai que c'est une œuvre sans doute de longue haleine et de détermination. C'est-à-dire qu'il ne faut pas du coup laisser les bras, au contraire.
Parce que ce n'est pas limité, encore une fois, à des villes comme effectivement Rieux-la-Pape où on sait, parce qu'il y a eu beaucoup d'incidents, il y a un commissariat aussi qui a été attaqué, le commissariat de Rieux-la-Pape. Donc tout ça est une série de... Ça n'arrive pas du jour au lendemain.
Et la gangrène gagne les territoires en France avec les grandes villes, bien évidemment, les campagnes aussi.
Le trafic de drogue, on n'arrête pas d'en parler, est quand même un des problèmes majeurs auxquels ce pays comme d'autres est confronté avec un trafic qui s'étend partout, avec des gens qui sont de plus en plus puissants, qui commencent à corrompre parce qu'ils ont beaucoup, beaucoup, beaucoup d'argent. Et donc, grandes villes, quartiers périphériques, petites villes, maintenant, il est partout ce trafic de drogue. Donc, c'est ça qu'il faut effectivement combattre. Et dans les quartiers, le demander à l'État, c'est protéger les gens. Comment ? C'est-à-dire protéger les habitants. On se souvient d'un ministre
de l'Intérieur qui est parti très récemment de la place Beauvau pour récupérer son parti politique. Les opérations place nette, on a vu dans les images que les opérations place nette, ça durait 10 minutes, un quart d'heure au mieux. Et que dès que les fonctionnaires de police avaient le dos tourné, eh bien, les trafiquants revenaient.
Ces opérations, pardon, elles sont nécessaires, mais il faut dézoomer. C'est-à-dire que si seule la France lutte sur son territoire, il faut évidemment le faire, mais si elle est seule à lutter contre ces narcotrafiquants qui sont dix fois plus puissants et qui sont peut-être aussi puissants qu'un État, on n'y arrivera pas. C'est-à-dire qu'il faut une collaboration européenne et plus parfois, et au minima européenne, pour qu'on ait une vraie solution pour tarir les flux. Il faut agir localement. Honnêtement, on le fait. On ne peut pas dire qu'il n'y a pas de prise de conscience en France sur la lutte contre le narcotrafic. Ça existe.
On peut toujours dire qu'on n'en fait pas assez, il faut en faire plus, mais on le fait. Mais il faut dézoomer. Il faut qu'il y ait une action
qui nous a dit ces habitants qui n'ont toujours pas retrouvé de logement. Cet immeuble qui venait d'être refait, plusieurs dizaines de millions d'euros, Richard. Comment, quand vous habitez dans ces territoires-là, vous vous sentez protégé ? Comment voulez-vous aujourd'hui avoir confiance en l'État et dans les représentants de l'État et souvent, peut-être malheureusement, on retourne vers l'ancien policier ? Il n'y a plus que la police. Certains parlent de l'armée, on va dire n'importe quoi, mais il n'y a plus que la police, en fait. Oui, alors je ne suis pas tout à fait sûr
qu'il faille considérer que toute la population de ce quartier précis à Rieu-la-Pape est sous la pression permanente des dealers et des trafics de drogue. Il y a quand même des quartiers rénovés, ces barres d'immeubles ont été rénovés, il y a celle-ci qui... Oui, mais c'est celle qui a été visée. Oui, mais ce que je veux dire, c'est que... Alors que celle que l'on voit derrière devra être détruite. Ce serait faux, je pense. Moi, quand j'écoute le maire, je retiens aussi ce qui a été fait, pas seulement ce qui est mis en cause, pas seulement ce qui est abîmé. Donc ça veut dire qu'il y a des choses qui font et des choses qui tiennent.
Après, la difficulté, tout vient d'être dit, c'est l'action de la police dans la durée et c'est surtout une action suffisamment dissuasive pour que ces trafiquants, je ne sais pas, ces délinquants, reviennent sur place. Après, sur la question européenne, il y a deux énormes difficultés pour la France, c'est qu'elle cumule le fait d'être un gros marché et d'être un couloir de transit. Les deux difficultés. Et ça se passe comme par hasard dans le couloir rhodanien qui est le couloir de remontée de la drogue. C'est une petite chose parce que... Évidemment. Donc ça, c'est une difficulté française particulière. C'est-à-dire, mais regardez le tableau européen.
Le tableau européen, il est quand même très mauvais en matière de lutte contre le trafic de drogue. Regardez les Pays-Bas. Mais ces scènes-là,
qui font pratiquement le quotidien de notre pays, on les voit non pas principalement en France, mais on les voit beaucoup.
Non, on les voit ailleurs. Non, non, on les voit ailleurs. Au Pays-Bas, il y a eu des tentatives d'enlèvement. Au Pays-Bas, je vous signale que la princesse de la famille royale néandienne a dû être à l'abri. On parle dans les affrontements avec les forces de l'ordre. Non, non, il y a aussi des affrontements avec les forces de l'ordre, mais ce sont des pays plus petits. Il n'y a peut-être pas autant d'événements, mais je peux vous dire, je pense aux Pays-Bas, je pense à la Belgique. Regardez, suivez au quotidien ce qui se passe en Belgique. J'arrive de Bruxelles. C'est du grand banditisme. Non, mais c'est du grand banditisme.
C'est aussi de la délinquance de ce type, de la délinquance sur le trafic de drogue. Je vous signale qu'à la sortie d'une bouche de métro de Bruxelles, je me trouvais justement pas loin il y a deux jours, et bien il y a quelques mois, ça tirait dessus à la Kalachnikov.
Donc, il ne faut pas croire que la France est un endroit isolé, mais ce qui est vrai, c'est qu'elle cumule ces deux difficultés, d'être un couloir de transit, ça veut dire qu'elle est stratégique, elle est stratégique pour les mafias de la drogue, et vous pouvez ajouter une troisième difficulté, on en a parlé sur ce plateau dans un tout autre contexte, c'était ce qui se passait au Venezuela, c'est le problème de l'arrivée en provenance des Antilles et de la Guyane de la drogue. Alors, ce n'est pas la même France, ce n'est pas la France métropolitaine, c'est la France d'outre-mer, mais elle aussi est complètement gangrénée par ce problème.
On a une antenne au fast, une antenne au fils anti-soupéfinance sur les Antilles, qui fait un travail remarquable, c'est le volet qu'on n'évoque pas beaucoup sur les plateaux, parce que ce n'est pas vendeur, mais c'est la police judiciaire que Gérald Darmanin, par sa réforme, a désaussé, démantelé, et qu'aujourd'hui est en train de crever. D'ailleurs, les enquêtants dans les commissariats, à Rieux-la-Pape, à Lyon, à Vaud-en-Velin, à Vénissieux, donc des logiciels de rédaction de procédures qui ne fonctionnent pas, une procédure pénale qui est compliquée, et derrière aussi des OPJ qui manquent dans les commissariats et qui sont dévalorisés.
C'est important, moi je vous dis, parce qu'on peut proposer aussi des solutions. La première, il faut arrêter avec un problème à commissariat. Au Louvre, quand il y a eu le casse du siècle, la patronne du Louvre propose un commissariat en plein cœur du Louvre, alors qu'il y en a un à quelques minutes à pied, qui permet aux policiers d'arriver sans difficulté. Pareil à Pise-Vin-Anime, où il y a eu un commissariat mixte entre police station et police social qui a été créé. Moi, je ne veux pas qu'on met des policiers dans des murs, je veux qu'on met des policiers sur le terrain. Les brigades sur les aides de terrain, elles fonctionnent, M.
Moulin, mais le problème, c'est qu'elles ne sont pas assez. Souvent, vous parliez des quartiers de reconquête républicaine, ce qui est ce qui a été fait ? On a mis des policiers à la place d'autres qui partaient en mutation, qui partaient en retraite, qui partaient en détachement, en disponibilité ou en démission. Donc en fait, Quand il y a des problèmes, on envoie le CRS, mais ils repartent après. On colmate des brèches. Et enfin, c'est vrai que vous avez raison, à chaque ministre, son acronyme. La gauche, c'était les zones de sécurité pré-retaires qui n'ont absolument pas été supprimées. Maintenant, vous avez eu les quartiers de reconquête républicaine.
Et puis en plus, derrière, il y a eu M. Darmanin, parce que avant ça, c'était M. Collomb, qui est place, son âme est décédé. Et M. Darmanin, c'était des opérations de place, donc il faut arrêter d'enchaîner les acronymes avec des affichages politiques. Il faut des vraies opérations, il faut du terrain, parce que les gens ne peuvent pas attendre un mois, en moyenne, deux mois, qui est la durée moyenne pour la PJ de démanteler un point de deal, parce que les gens doivent pouvoir rentrer sans être contrôlés, sans être emmerdés, si vous me permettez l'expression triviale, parce que c'est le cas. Et ensuite, il faut que la PJ fasse les réseaux.
Et quand vous parlez des remontées de la Méditerranée ou aussi du Nord ou aussi des ports, il faut parler des ports et de la douane qui fait des saisies record depuis quelques temps, et bien, évidemment, que la PJ, là, avec les GOFAS, avec les BRI, ils font un travail de fonds que nous renforcerons également. Il faut mettre les moyens, M. Moulin, en fait.
Qui dit saisie... Alors, il faudrait des moyens. Ce n'est pas à vous, députés européens, que je veux dire que des moyens, on en manque. Après, c'est peut-être une question de priorité. C'est peut-être une question de priorité. La sécurité a un coût,
mais elle n'a pas pris pour protéger nos concitoyens. Chabot disait que c'est la première priorité. Évidemment, que c'est un budget qu'il faut consacrer. Vous devez parler du budget. Nous, nous sommes battus à l'Assemblée nationale, mes collègues de la Commission des lois, pour que les crédits de la police judiciaire, les crédits de la police nationale, les crédits de la gendarmerie nationale ne soient pas rabotés comme ça a été l'année dernière. Cette année, on gagne quelques millions, mais c'est encore insuffisant face aux difficultés qu'on évoque.
Matthieu Valet