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interviewJordan Bardella· 15 juin 2026 49 min

Jordan Bardella sur Politico : « Nous réduirons de moitié notre contribution au budget de l'UE ! »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Jordane Bardella. Bonjour. Bonjour.

Merci. Bienvenue dans les bureaux de politicaux. Merci à vous et merci pour votre invitation.

Merci de nous avoir accordé cet entretien. Vous êtes président du Rassemblement national à la tête du troisème plus gros groupe au Parlement européen. Mais aujourd'hui, j'ai envie de dire en France, en Europe, tout le monde vous regarde aussi avec d'autres lunettes comme potentiel candidat à la présidentielle française.

Si Marine Le Pen, votre mentor en politique, devait être empêché le mois prochain. La perspective de votre élection de quelqu'un du Rassemblement national euh suscite beaucoup de questions en Europe, euh quelques inquiétudes aussi euh chez certains partenaires européens. Et justement, vous allez voir l'un d'entre eux, un grand pays européen dans quelques jours, la Pologne.

On va parler du coup de tous ces thèmes de l'Europe, de la Pologne, de la défense qui sont extrêmement importants en particulier dans le contexte actuel. Je voudrais commencer justement par ce déplacement en Pologne. Vous êtes assez sélectif dans vos déplacements internationaux.

Vous êtes allé au Royaume-Uni, en Israël, aux Émirats arabes unis, me semble-t-il. Pourquoi vous avez choisi la Pologne ? La Pologne est un pays qui compte et qui compte chaque jour un peu plus sur la scène sur la scène européenne.

D'abord, il y a des liens d'amitié historique très fort entre la France et la Pologne qui date depuis plusieurs décennies qui daterait certainement depuis Napoléon Bonaparte avec un regard toujours extrêmement singulier des Polonais pour la France, des Français pour les Polonais. Euh la Pologne est aujourd'hui la 6e économie de de l'Union européenne. Et sur un certain nombre de de sujets, ces dernières années, la Pologne s'est engagé de manière très claire pour protéger ses frontières face à des flux migratoires qui constituent un défi important pour les nations européennes.

Face à la nécessité de recouvrir une autonomie stratégique, il y a des efforts en terme de de réarmement et de défense qui qui sont déployés de manière très nette par la Pologne ces derniers mois, ces dernières années. Et puis parce que nous avons au sein du groupe des patriotes, vous rappeliez que je présidais le premier groupe d'opposition au Parlement européen, le mouvement national, le mouvement national polonais avec deux eurodéputés. Donc, j'aurai l'occasion à leur côté notamment même s'il est prévu de de rencontrer notamment des des dirigeants du PIS qui est le parti politique qui préside aujourd'hui la Pologne de pouvoir se rencontrer pour échanger et pour préparer ce que sera l'Europe demain et après-demain.

J'allais y venir le PIS donc droit à justice en français qui est un parti important. Le président Navroski avait reçu leur soutien. euh vous les voyez comme des partenaires naturels.

Euh peut-être s'ils remportent aussi euh la prochaine élection qui est prévue également l'année prochaine dans le pays. Il y aura des élections euh nationale en Pologne en 2027. Euh et donc il est euh parfaitement euh normal que nous observions aussi euh la situation électorale de chaque pays d'Europe qui va affronter un rendez-vous démocratique important.

Euh aujourd'hui euh le le parti du PIS, le parti du président Navrovsky siège euh au Parlement européen au sein du groupe ECR qui est aussi le groupe de Georgia Méloni avec lequel nous travaillons régulièrement sur euh des sujets aussi importants que la prospérité économique du continent, la simplification. Ça veut dire que vous vous pourriez former un grand groupe si tout align si l'année prochaine vous êtes au pouvoir, ils sont au pouvoir, vous dites ça peut ça peut ça peut coller quoi. Aujourd'hui, les patriotes et les souverainistes siègent dans deux groupes différents au sein du Parlement européen.

Le groupe des des patriotes que que je préside et le groupe ECR que je viens d'évoquer. Et naturellement, notre ambition, c'est de voir les choses en grand et pour construire demain cette nouvelle architecture européenne que nous appelons nos vœux, pour bâtir cette Europe des nations, des coopérations entre états, des projets qui soient capables de répondre au grand défis de nos peuples au 21e siècle, et bien nous aurons besoin très certainement de du plus grand groupe possible. et et j'ai bon espoir euh si dans quelques mois les Français nous accordent leur confiance et que nous accédons euh à la présidence de de la République française, que nous obtenons une majorité pour euh pour gouverner et que le siège euh français au Conseil bascule, euh que nous puissions élargir cette cette alliance au sein même du Parlement européen.

Mais vous savez, on travaille surtout au sein du Conseil. On travaille absolument, mais vous savez qu'on travaille déjà ensemble en étroite coopération avec le groupe le groupe CER euh à de nombreuses reprises ces derniers mois sur la simplification liée aux contraintes environnementales dans l'automobile par exemple sur la question concrète du règlement retour qui dans quelques dans quelques heures puisque nous sommes en ce cette semaine en session plainère au Parlement européen de Strasbourg euh nous allons voir aboutir très certainement la réglementation la plus dure en en Europe sur le plan migratoire qui n'est jamais existé dans les institutions européennes et ça on le droit très concrètement à ce travail d'alliance qui est le fruit c'est déjà une affaire qui roule finalement CR vous vous êtes il y a déjà un alignement de toutes ces forces font des différences qui aff c'est je dirais pas que c'est une affaire qui roule mais le parlement européen pas avoir deux grands fauxes dans le même groupe. Non non pas du tout. le Parlement européen revit des des équilibres qui sont complexes.

Vous en savez quelque chose ? suivz la la vie politique européenne qui est fait à la fois d'alliance, de coalition, de circonstances sujet par sujet, mais sous l'influence des peuples et c'est ça pour moi le plus important, les idées que nous représentons en France avec Marine Le Pen sont en train de s'installer durablement dans les les sociétés européennes et donc il faudra nécessairement composer avec cette nouvelle donne démocratique et électorale dans les prochaines années. Vous citiziez George Meloni.

George Meloni sera demain une partenaire incontournable pour la France si nous remportons les élections. De manière plus générale, nous avons vocation à travailler avec l'ensemble des gouvernements qui aspirent aujourd'hui à la puissance, à la prospérité, à l'indépendance de de l'Europe dans un climat d'incertitude, de retour de la guerre aux portes de l'Europe, de désengagement américain. On aura l'occasion d'en parler et donc face à cela, l'Europe doit prendre son destin en main et les nations européennes doivent se réveiller.

Est-ce que c'est une manière de dire, vous avez récemment aussi tendu la main au chancelier Mert qui pourtant n'est pas dans votre famille politique. Est-ce que ces déplacements euh vos vos références à Georgia Méloni qui sont nombreuses, c'est une manière de dire en fait euh même si le rassemblement national arrive au pouvoir, c'est pas la fin de l'Union européenne. Parce que beaucoup pensent ça, même à Bruxelles disent ça, un pays fondateur de l'Union européenne avec le RN au pouvoir, c'est la fin de lieu.

Vous leur dites "Non, c'est pas la fin." Nous ne souhaitons pas sortir de l'Union européenne, nous souhaitons tout changer sans rien détruire. Et je crois profondément que nous les Européens et en tout cas les les dirigeants français ne sont plus et ne sont pas dans la bonne marche qui est aujourd'hui celle du monde, dans le bon tempo par rapport à à ce nouvel ordre international qui est aujourd'hui en train de se mettre en place.

Et on voit assister depuis maintenant plusieurs années, depuis une décennie partout dans le monde au retour de tout ce que l'Union européenne a cherché à à déconstruire, à démanteler et même à détruire la nation, les frontières, la défense de l'intérêt national, la souveraineté, le peuple dans sa dans sa dimension pleinement souveraine. On voit tous ces grands concepts qui traient aussi à la fierté nationale être de retour partout dans les grandes puissances qui fonctionnent dans la mondialisation. Et donc nous nous disons tout simplement que l'Europe doit changer dans son fonctionnement parce que l'Union européenne dans sa forme actuelle qui prône la décroissance en matière économique qui a maintenrationnelle au nucléaires pendant de très nombreuses années qui a toujours considéré que l'Union européenne devait accueillir des centaines de milliers de personnes chaque année.

Il y a 30 millions de migrants qui sont arrivés sur les pardon sur le sol européen depuis plus de 10 ans. Et donc tout cela rebat de manière considérable les cartes dans les sociétés européennes. Donc les nations européennes doivent changer et nous sommes précisément l'expression de ce de ce courant qui est profondément moderne et qui doit nous permettre demain de retrouver le chemin de de la croissance et de la puissance.

On va en parler. Je voudrais revenir sur la Pologne parce que c'est là que vous allez dans quelques jours. C'est un pays qui est très exposé notamment au conflit qui se joue avec la Russie qui est sur le flanc est de l'Europe pour lequel par exemple l'OTAN c'est très important.

L'alliance transatlentique, c'est très important pour des raisons existentielles de sécurité. Vous l'autant, vous voulez plutôt vous désengager, vous voulez sortir du commandement intégré de l'OTAN, c'est dans votre programme. Est-ce que vous réaffirmez aujourd'hui cette position et surtout à quelle échéance ?

Il y a deux sujets. D'abord sur la Pologne. La Pologne a une sensibilité plus atlantiste que qu'un certain nombre d'autres pays européens pour des raisons, je dirais culturelle et pour des raisons historiques.

Cette sensibilité, elle a été pendant très longtemps en Pologne et depuis près de 30 ans un moyen de de tourner le dos à l'Union à l'Union Soviétique et de rejoindre d'une certaine manière le camp occidental. Euh ce que je dis et et et ce que nous disons au Rassemblement national, c'est que dans un contexte de désengagement américain, c'est écrit noir sur blanc dans la stratégie de sécurité nationale des États-Unis d'Amérique, dans cette feuille de route diplomatique pour les prochaines années, on voit que les États-Unis, c'est assumé par le président Trump, souhaitent se désengager de l'Europe. Face à cela, les nations européennes doivent prendre leur destin en main et doivent non seulement travailler main dans la main à des coopérations industrielles, mais doivent retrouver les moyens de leur liberté, de leur défense et de leur autonomie stratégique.

Et c'est la raison pour laquelle moi je crois que la France indépendamment de l'OTAN a un rôle très important à jouer sur la scène européenne parce que la France a un siège au Conseil de sécurité de l'ONU parce que la France détient le feu nucléaire et parce que la France et je vais répondre et parce que la France a une base industrielle de défense et technologie d'exception qui doit permettre aussi de répondre aux besoins de réarmement et de souveraineté des nations européennes. Donc c'est vrai que dans ce contexte le rôle de l'OTAN est à redéfinir. Moi, je suis un souverainiste français.

Je défends la liberté de mon pays. Nous ne sommes pas pour sortir de l'OTAN. En revanche, nous sommes pour sortir du commandement intégré de l'OTAN pour retrouver des marges de manœuvre, pour retrouver de la liberté en matière et de l'indépendance en matière diplomatique et et en matière militaire notamment.

Et c'est la raison pour laquelle nous avons été amenés à porter cette proposition qui est une proposition profondément gauliste, mais je l'ai dit et nous l'avons rappelé lors des dernières échéances. Nous ne souhaitons pas sortir de ce commandement intégré tant qu'il y aura la guerre aux portes aux portes de l'Europe parce que les ambitions russes, elles sont présentes. Elles sont présentes chaque jour davantage au aux portes de l'Europe.

Et ce déplacement en Pologne, c'est aussi un geste de solidarité à l'égard d'un pays qui a vu se réactiver à ses frontières les ambitions les ambitions impériales russes. Alors pardon, j'insiste un peu mais Marine Le Pen a dit récemment sortir dans le prochain quinquena, ce qui est pas tout à fait la même formulation. Vous maintenez que vous ne sortiriez pas avant la fin du conflit.

Bah, on ne quitte pas, on ne redéfinit pas le la carte des traités en temps de guerre et donc notre priorité si demain nous accédons à la présidence de la République française sera devré par un nouveau leadership français au retour de la paix aux portes de l'Europe. d'abord aux conditions d'incesser le feu en Ukraine et ensuite à l'instauration de garanties de sécurité qui doivent permettre à l'Ukraine et de pouvoir défendre ses frontières, de défendre sa souveraineté et d'affirmer aussi une forme d'unité face aux ambitions du président Poutine qui conteste des intérêts européens mais aussi directement des intérêts français. On l'a vu en Afrique sur nos zones d'influence historique avec les pressions de vous parler comme Vladimir Poutine, la Russie par rapport à la France aujourd'hui c'est quoi ?

C'est une menace, un danger direct ? Bah la Russie du président Poutine par les choix que la Fédération de Russie a a effectué ces dernières années est une menace multidimensionnelle aujourd'hui pour des intérêts français, pour des intérêts européens. Euh la France l'a subi euh je dirais de manière directe et indirecte euh dans nos zones d'influence historique.

Je pense à l'Afrique par exemple où on a vu euh le le jeu trouble et le jeu de à la fois de propagande antifrançaise euh et d'agression directe sur le terrain qui ont été menées notamment par les milices privées russes de de Wagner. Mais la Russie est une puissance nucléaire. La France est une puissance nucléaire.

Par conséquent, cet état de fait nous donne une responsabilité singulière dans la façon que nous avons d'aborder le dialogue avec des puissances qui disposent de l'arme suprême. Et donc viendra nécessairement le temps et je pense que c'est aussi le rôle de la France par un nouveau leadership que la France devra bâtir sur la scène européenne devrait pour d'abord qu'il y ait un cesser le feu en Ukraine pour faire en sorte que cette guerre qui a fait de trop nombreuses victimes depuis 2022 puissent cesser, que nous puissions créer les conditions de la paix et surtout que nous puissions donner à l'Ukraine des garanties de sécurité. Vous avez parlé de puissance nucléaire et c'est vrai, la France a un statut particulier.

Aujourd'hui, c'est la dernière puissance nucléaire qui reste au sein de l'Union européenne et beaucoup de partenaires en Europe regardent ça avec attention. Il y a eu récemment une mise à jour de la doctrine française sur le nucléaire, sur la dissuasion et la Pologne fait partie des neuf pays qui sont rentrés dans cette forme de coopération avancée initiée par le président Emmanuel Macron. Est-ce que demain la France avec le Rassemblement national au pouvoir sera prête à faire une frappe nucléaire pour venir au secours de ses alliés ?

Par exemple à Pologne ? Ouais, il faut mesurer la gravité du sujet et la gravité de de votre question. La France a une responsabilité, un rôle singulier en Europe de par le fait qu'elle détienne l'arme nucléaire.

Bon, nous nous inscrivons dans la droite philosophie, dans la droite doctrine du général de Gaulle qui dans une instruction aux armées au début des années 60 rappelé à juste titre que la défense des intérêts vitaux de la nation française ne s'arrêtait pas à l'hexagone et qu'à partir du moment où une menace suprême pouvait être détectée aux approches de l'hexagone, il pouvait y avoir évidemment une mise en danger de la la sécurité nationale. Donc jusqu'ici précisément de ce dialogue et cette ambiguïé stratégique. Je crois que on ne sort de l'ambiguité qu'à ses dépends et encore une fois la doctrine du Gérard de Gaul, elle est parfaitement claire.

Vous savez ce qu'il disait ? Il disait "Les intérêts vitaux de la France sont contestés à partir du moment où le Bénéluxe lui-même est potentiellement en en danger. Donc cela peut avoir un lien directement sur la sécurité du peuple français, sur la sécurité de de la France.

Mais nous nous sommes extrêmement attachés au à la souveraineté nationale en matière de défense. Et donc nous considérons et nous considérerions demain que le bouton nucléaire doit rester exclusivement entre les mains du président de la République française et ce qui est pour le coup le propos qui a été clarifié par le président de la République dans le discours de de Lilon qui était extrêmement extrêmement intéressant à l'heure des grandes menaces. Maintenant, la première des dissuasions et il faut le rappeler, avant d'être nucléaire, elle est d'abord conventionnelle.

Nous sommes tenus aujourd'hui par des accords de défense avec nos partenaires européens, avec des clauses d'assistance mutuelle, notamment dans le cadre de l'Union européenne, mais aussi dans le cadre de l'article 5 de l'OTAN. Et donc, si demain évidemment un pays de de l'Union européenne devait être attaqué par les armes, nécessairement cela provoqua une réaction de l'ensemble des autres des autres pays européens. Donc donc vous vous tiendriez ces engagements.

Bien sûr. Oui, bien sûr. Maintenant qu'il y a un dialogue, je dirais avec les autres pays européens, quand vous avez un siège au Conseil de sécurité de l'ONU et que vous aviez l'arme nucléaire, c'est parfaitement normal.

Mais la France doit retrouver les moyens de sa défense. Et c'est la raison pour laquelle nous défendons ces fameux objectifs autant qui ont vocation à amener le budget progressivement de la défense à 3 % du PIB d'ici à entre 2030 et et 2035. C'est extrêmement important.

C'est extrêmement important parce qu'il en va de la liberté de la France et évidemment de la sécurité du peuple français. Pardon, j'insiste un peu mais notamment parce que pour vos interlocuteurs polonais, je pense que ces nuances sont extrêmement intéressantes et importantes. Je voulais vous montrer quelque chose que j'ai exumé en préparant cette interview.

C'est un éditorial qui date de 1939 dans un journal français qui s'appelait Mourir pour Danic. Aujourd'hui, Dan en Pologne. Point d'interrogation.

Et ça a été beaucoup repris comme une référence historique et l'argument de de cette personne qui était un journaliste de gauche pacifiste euh disait en gros les Français ne sont pas pris à mourir pour danci donc ça va la solidarité mais il y a quand même des limites. Vous en pensez quoi ? Je pense qu'il est extrêmement dangereux de faire des parallèles entre cette période de l'histoire et ce que nous sommes en train de vivre aujourd'hui.

Il n'y a pas de d'armée nazi, il n'y a pas de troisème reich aujourd'hui au sein même. Non, mais il y a des volontaires impérialistes, il y a des parallèles. Oui, enfin il y a des je pense que les parallèles sont extrêmement doivent être maniés avec une main de velour, vous voyez, et qu'il est extrêmement délicat et périlleux de comparer des situations qui pour le coup entre hier et aujourd'hui n'ont strictement rien à voir.

Ce qui est certain, c'est qu'il y a aujourd'hui des intérêts européens qui sont contestés, une réactivation des ambitions russes à l'est de l'Europe. Et face à cela, la seule politique viable et la seule politique acceptable, c'est de permettre à la France et aux nations européennes euh non pas de transférer euh leur souveraineté en matière de défense à une Commission européenne parce que moi, je refuserai toujours que la Commission européenne puisse demain avoir le pouvoir d'envoyer des soldats français mourir sur des théâtres d'opération extérieure, mais précisément dans un contexte de désengagement américain sur la sécurité de l'Europe notamment, de renforcer nos propres capacités de défense. On a aujourd'hui des failles qui sont très largement documentées, très largement identifié. je pense à la au notamment à notre capacité de frapper en longue portée, à notre surveillance renforcé par drone et un certain nombre d'autres technologies militaires sur lesquelles nous avons aujourd'hui des failles à la défense antimissile par exemple qui sont des domaines militaires sur lequels nous devons encore nous impliquer et nous devons nous investir.

Donc des coopérations industrielles seront nécessairement mises sur la table. Moi, je me réjouis que euh sur l'avion spatial du futur euh les Français et les Allemands aient pu trouver un terrain d'entente. Je déplore que le président de la République a été euh je dirais incapable d'honorer, je dirais le deal qui avait été négocié entre français et allemand sur le sujet du scaf.

Je pense que c'est un échec pour la coopération franco-allemande, mais c'est d'abord un échec personnel pour le président de la République. Bah, depuis le départ, nous avions dit que il fallait encourager la politique du meilleur athlète, voyez, que le maître d'œuvre en matière de char devait être l'Allemagne, mais que le maître d'œuvre en matière de d'avion de chasse du futur devait nécessairement revenir à revenir à d'assaut. Donc moi, je suis en faveur de coopération industrielle, mais je veux dire aussi, puisque vous mentionnez la Pologne à l'ensemble de nos alliés, et que pour être libre, il faut d'abord acheter du matériel européen et acheter du matériel français.

Et donc le message que je souhaite délivrer à tous nos partenaires européens, c'est acheter des rafales plutôt que d'acheter des F35. Et vous vous exonéreriez dans ce cadre-là de l'extraterritorialité du droit américain qui remet en réalité entre les mains de nos partenaires transatlantiques la capacité de faire décoller ou non les avions qui sont vendus dans le cadre de la défense. Alors là on a vous puisque vous parlez de l'avion du futur, j'allais y venir mais on peut y aller directement.

Vous vous connaissez le le problème, le dilemme que ont les industriels européens aujourd'hui, c'est que ça coûte très cher de développer ces avions de 6e génération, que la France certes a une plutôt une avance technologique sur le sujet, reconnu, une expertise avec d'assaut, mais elle a pas trop d'argent par contre et que donc pour soutenir ce type de programme, le programme SCAF c'était 100 milliards d'euros à peu près je crois, il faut soit beaucoup d'export et ça ça va être compliqué quand même s'il y a une concurrence encore plus importante avec un autre avion européen qui est développé en Allemagne, soit beaucoup d'argent sur son marché comme l'ont les États-Unis, un marché suffisamment gros pour soutenir cette demande. Al là, on a ni l'un ni l'autre. Donc comment vous y prenez demain si vous dites on reste 100 % français sur l'avion du futur mais on a aussi la concurrence allemande pour en fait avoir les moyens de cette puissance.

Il faut faire le jeu de l'industrie française et il faut commencer par déverrouiller toutes les contraintes et tous les obstacles fiscaux et normatifs qui pèsent aujourd'hui sur l'industrie française. Je crois pas que ce soit le tr sujet pour si c'est un sujet si si la multiplication des normes au niveau européen dont beaucoup sont inspirés d'ailleurs du du Green Deal et du pacte vert qui a été défendu par la Commission européenne sont des normes qui pénalisent de manière très lourde l'industrie française et l'industrie européenne. Deuxièmement, il faut se battre en Europe pour la préférence européenne parce que quand vous avez des efforts financiers qui sont déployés de depuis 2022 pour soutenir l'Ukraine dans son effort de défense et que 80 % de ces hausses de budget sont affectées et attribué à des projets qui sont extraeuropéens, à des projets par exemple américains, et bien c'est naturellement l'industrie européenne et essentiellement l'industrie française qui est pénalisée.

Maintenant, vous avez raison et je vous rejoins sur ce sujet, on a besoin de moyens et on a besoin d'investissement. Alors, d'abord, on a besoin d'export et donc si demain nous sommes à la tête du gouvernement, et bien moi, je me battrai pour promouvoir le savoir-faire français et pour aller aussi dans des pays qui sont des pays partenaires de la France. Il y en a en Europe, il y en a en Grèce avec les rafales par exemple, il y en a dans un certain nombre de pays qu'on attribue traditionnellement à cette diplomatie des nonalignées, les Émirats arabes unis par exemple qui en ce moment même subissent des attaques continues de la part de l'Iran.

Il faut que la France sur la scène internationale réaffirme son leadership. Le fait c'est très bien mais il faut le problème c'est que demain il y aura une option de plus donc d'autant moins de chance de décrocher ces gros contrat ça s'appelle vous avez raison madame mais ça ça s'appelle la la compétition économique ça s'appelle la compétition mondiale. Et donc c'est précisément la raison pour laquelle il faut faire le jeu de l'industrie française et qu'il faut à la tête du pays des gens qui sont non seulement fiers de l'économie française mais qui se battent de manière acharnée sur la scène internationale pour promouvoir pour vendre le savoir-faire français.

Moi, je fais toute confiance à nos entreprises euh d'assaut un savoir-faire exceptionnel en la matière et aujourd'hui euh que ce soit sur le plan de la diplomatie non alignée ou sur le plan cher en faisant fit de l'extr territorialité d'un éventuel droit français qui n'existe pas par rapport aux Américains ou sur la la qualité du matériel qui est vendu, on citait les Émirats arabes unis, on peut aussi parler de l'Inde ou de l'Égypte, ce sont des partenaires extrêmement importants. Et donc la France demain notamment en regardant vers le sud doit aussi se battre pour que ces produits continuent d'être vendus et pour que le le carnet de commande de ces industriels soit eux pleins. Et puis vous avez raison et et j'en viens, il faut des il faut des fonds, il faut des moyens, il faut de l'investissement et nous avons aujourd'hui en France un une épargne qui est aujourd'hui extrêmement une épargne privée qui est extrêmement important dont une grande partie par les livrais réglementés finance une partie du logement social de manière très inefficace.

Nous nous souhaitons qu'une partie de cette épargne privée puisse aussi être mieux fléchée vers l'économie productive, vers l'économie réelle, par l'intermédiaire d'un fond souverain qui permettra aux Français de recevoir une rémunération un petit peu plus intéressante que ce qu'ils reçoivent aujourd'hui. Et vous savez ce qu'on dit, il y a pas plus rentable qu'un euro investi dans la dans la défense, dans une économie comme la France. D'accord.

Donc on a bien compris, on privilégie le 100 % français, les partenariats avec les Allemands, c'est pas trop le c'est pas trop l'idée il peut y avoir des coopérations industrielles. Je sur l'avion spatial du futur euh avec OBH, il y a des coopérations extrêmement fructueuses qui ont abouti à cet avion spatial du futur entre français et entre français et allemand. Mais encore faut-il que chacun soit maître d'œuvre dans ces domaines de prédilection, ce qui n'a pas été le cas sur le scave.

D'ailleurs, on va revenir à l'Ukraine. Vous en parliez, beaucoup de candidats à la présidentielle française aujourd'hui se rendent en Ukraine. On l'a vu Oui, c'est un peu le le pour eux, c'est le théâtre.

Voyez, c'est vous êtes un peu moqué d'eux. Vous vous avez pas prévu d'y aller ? Oui, peut-être aurais-je l'occasion d'y aller si demain nous sommes au pouvoir.

Mais mais l'Ukraine est un théâtre de guerre. Ça n'est pas un théâtre de communication politique. Non, mais certains pourraient dire la de l'Europe s'y joue donc c'est important d'aller vo quand on voit Édouard Philippe descendre du train avec son pyjama et ses mocassins sur un théâtre de guerre, je pense que c'est pas très sérieux.

Vous n'irez pas si oui ce qui consiste à utiliser la douleur aujourd'hui des familles ukrainiennes. Une situation de guerre extrêmement douloureuse pour le peuple ukrainien mais aussi pour les Européens qui ont consenti depuis 2022 à des efforts financiers considérables et considérer que ce théâtre de guerre doit être le lieu d'une communication politique ou d'une communication politicienne avec l'idée que ce serait un passage obligatoire. Je je trouve pas ça très sérieux.

Vous n'iraz pas avant l'élection. Je n'ai pas prévu d'y aller pour l'instant. Je me rendrai dans quelques jours en Pologne à la à la frontière avec la Biélorussie qui est un lieu de pression migratoire de la part du du gouvernement et de l'État biélorusse, mais aussi un lieu de chantage diplomatique par l'intermédiaire indirect de la Russie.

Donc, je serais présent sur ce terrain, je serai présent sur ces enjeux. Euh je considère que le sujet de la guerre doit être pris extrêmement au sérieux et qu'il ne doit pasêtre pas être le lieu d'un théâtre politicien ou d'un ou d'opération de communication pour des gens qui ont envie de faire parler d'eux. Mais vous vous rendez compte qu' il y a un peu un paradoxe dans votre position.

Vous dites euh sous Emmanuel Macron, la France a perdu de sa puissance, de sa stature internationale. Ça vous l'avez dit de nombreuses fois. Vous dites "Nous, on va on va rendre la France plus puissante, plus forte." Et en même temps euh vous vous désengagez en fait de ces forums.

Vous voulez sortir du commandement intégré de l'OTAN, vous ne voulez pas aller en Ukraine donc et vous a priori quand même plutôt dépenser moins d'argent dans des projets internationaux. Donc comment comment vous faites pour être plus fort en mettant moins sur la table Pardon, mais je ne vais pas en Ukraine parce que je ne suis pas ministre de la défense, ministre d'affaires étrangères, premier ministre ou président de la République. Donc si demain j'ai eu l'occasion d'ailleurs de rencontrer le président Zelenski lorsqu'il est venu au Parlement européen il y a quelques mois comme président de de groupe avec les autres chefs de groupe parlementaires.

Et si demain nous sommes à la tête du pays, évidemment que nous discuterons avec l'ensemble des nations européennes et nous discuterons aussi avec des pays qui aux portes de l'Europe subissent une agression depuis 2022. Vous avez dit sur vous partez, vous voyez bien que l'Europe que la France en tout cas est aujourd'hui en train de sortir des affaires du monde. Commencé par les affaires mais à quel niveau ? l'autre pas à KF vous dites vous mais je ne vais pas à KF madame pardon d'être de d'être d'être humble je ne vais pas à KF parce que je ne suis pas ministre et que ma place n'est peut-être pas sur un terrain de guerre en tant que président d'un parti politique français au moment où je vous parle mais si demain nous avons des responsabilités évidemment que nous serons amenés à à multiplier les déplacements internationaux pour recrédibiliser un leadership français qui a été considérablement abîmé.

Est-ce que vous considérez qu'en sortant du commandement intégré de l'OTAN, le général de Gaulle a restreint le leadership français sur la scène internationale ? Ma question c'est plus comment vous vous y prendez vous avez dit mais on est dans un dialogue, on discute, on a le droit de discuter. Est-ce que est-ce que vous considérez vous me dites je vais et nous allons abîmer le leadership français en sortant du commandement intégré de l'OTAN.

Je pose la question. Est-ce qu'en sortant du commandement intégré de l'OTAN, le général de Gaulle a abîmé l'image de la France sur la scène internationale alors qu'il est peut-être le dernier à avoir incarné cette vocation plurimillénaire et cette vocation universelle de notre pays sur la scène internationale qui s'est octroyé sous sa présidence je dirais le rôle de protecteur des plus petits, le rôle de protecteur des plus tout le monde se réclame du général de Gaulle en France donc c'est une référence historique que je comprends bien mais que ma question elle est vraiment sur le futur Vous avez dit à un moment il va falloir rediscuter, négocier, trouver une paix juste pour les Ukrainiens et tout le monde est assez d'accord là-dessus. C'est quoi la base de départ ?

Comment vous vous y prenez si vous êtes au pouvoir ? C'est quoi ? C'est les choses qui ont été discutées en Alaska ?

C'est quoi le le contour pour vous ? C'est la ligne de front actuelle parce que c'est des débats très importants et très compliqués aujourd'hui. D'abord, il faut que la famille occidentale se mette d'accord autour d'une table.

Et avant de se présenter à la table face au président de la Fédération de Russie, il faut d'abord que les occidentaux se mettent autour d'une table eux-même et détermine des conditions de paix, des garanties de sécurité et une position commune à opposer à la Russie. Ça a été fait, ça a été fait d'ailleurs bien avant. Ça a été fait d'ailleurs bien avant lorsque il y a eu cette fameuse réunion, vous citiziez euh l'Alaska, mais lorsqu'il y a eu avec la rencontre entre le président Poutine et le président Trump, mais il y a eu ces réunions et ces échanges entre les Américains, entre les Européens et entre tous les pays qui souhaitaient s'associer à l'effort de paix en Ukraine.

Moi ce que je dis, c'est que nous devons d'abord déterminer une position occidentale commune avant d'arriver à la table du président Poutine. Deuxièmement et dans l'immédiat, la France a aujourd'hui des partenariats de sécurité à l'est de l'Europe à honorer. Nous avons des missions dans le cadre autant.

Nous assurons par exemple la sécurité aérienne d'un certain nombre de de pays européens. Je pense notamment euh au Pays Baltes. Nous avons des éléments militaires français en en Roumanie et nous devons non seulement continuer d'honorer ces partenariats, mais euh pouvoir assumer notre leadership non seulement dans la table des négociations, mais aussi de facto par notre présence militaire à à l'est de l'Europe.

Et donc pour vous répondre, ces conditions c'est d'abord un cesser le feu et deuxièmement des garanties de sécurité. Nous avons proposé par exemple qu'il y ait demain une ligne de démarcation, une ligne grise entre la Russie et l'Ukraine qui soit placée sous l'égle et des Nations Unies. Oui, vous savez que l'ONU c'est compliqué parce que la Russie a un siège au conseil de sécurité.

Donc en fait les mandats ONU dans le contexte actuel. Madame, je vous dis pas que c'est simple he et s'il y a une solution très simple qu'on nous la donne mais je je note que depuis les troupes françaises après un cesser le feu, je note que depuis 2022, non, nous sommes opposés à la présence de de troupe françaises pavillon de l'armée française même après un cesser le feu dans le casre d'un accord de sûr en revanche nous avons bien sûr en revanche nous assurons aujourd'hui comme je l'ai dit la sécurité aérienne de pays à l'est de l'Europe et ces missions doivent naturellement se prolonger et même éventuellement être renforcé en revanche le seul biais je dirais Le seul pavillon le seul pavillon par lequel nous nous entendrions la nécessité de placer des soldats, je dire européens ou des soldats occidentaux aux portes de aux portes de la Russie serait par l'intermédiaire de l'ONU et des casques bleus après nécessairement. Mais par exemple protection aérienne, ça pourrait être une quelque chose que la France serait prête à mettre sur la table pour garantie de sécurité.

La France le fait déjà mais en Ukraine accord de garantie de sécurité. Accords de sécurité doivent être naturellement négociés. Mais euh le biais par lequel euh d'éventuelles euh troupes occidentales ou en tout cas des troupes européennes euh pourraient euh en je dirais sur terre ou dans le ciel se situer aux portes de l'Europe pourrait se faire sous l'égide des casques bleus de loin ?

Vous avez parlé de de leadership et euh du retrait américain, du désengagement. Je voudrais revenir sur cette relation. Comment vous définiriez aujourd'hui la relation transatlantique ?

Les Américains sont des alliés, ils le resteront. Mais ce sont des alliés qui n'ont plus l'intention de venir au secours de l'Europe et euh de demeurer le parapluie et le protecteur de pays européens. D'abord, il faut remercier le le général de Gaulle euh d'avoir évité des je dirais la France d'abriter des bases américaines euh parce que précisément grâce à cet état de fait nous demeurons un pays libre et donc la France a une voie singulière à porortter dans ce dans ce débat.

Donc Emmanuel Macr, on a raison de refuser aujourd'hui par exemple euh de servir euh euh pour des survols d'opération en Iran. Ça ça doit ça doit rester comme ça. Les survols peuvent peulent peuvent naturellement avoir lieu lorsqu'il s'agit euh de ravitaillon ou de ou de personnel.

Mais la position de la France aujourd'hui euh qui consiste à empêcher que des armements lourds notamment survolent le territoire français, elle doit nécessairement demeurer parce que la France est une puissance d'équilibre. Euh la France doit demeurer une puissance d'équilibre qui est aussi capable de se tenir à distance euh des conflits du monde qui ne sont pas nécessairement les siens et dans laquelle elle n'aurait pas ou très peu euh d'intérêt si ce n'est celle de la sécurité de ses ressortissants dans la zone comme c'est le cas aujourd'hui euh au Moyen-Orient ou comme c'est le cas par exemple dans l'Indo-Pacifique si demain la Chine devait s'emparer de de Taiïwan. Et pour vous répondre, les Américains demeureront des alliés, mais nous devons être capable là encore, comme le fait le président Trump avec les États-Unis d'Amérique, de défendre nos intérêts.

Et c'est la raison pour laquelle nous nous sommes opposés avec le Rassemblement national à l'accord économique est un accord de de vassalisation économique, de vassalisation économique, financière et industrielle qui a été négocié, je veux même pas dire négocié parce qu'en réalité aucun chef d'entreprise sérieux n'aurait jamais signé un tel accord mais qui a en tout cas été signé par la présidente de la Commission européenne l'été dernier et qui prévoit une une dépendance économique totale aux États-Unis avec l'achat de plusieurs centaines de milliards euh de de dollars d'énergie, d'investissement. des droits de douanes à 15 % sans aucune contrepartie. Et donc nous avons besoin pour le coup et encore une fois de faire entendre et de faire respecter une voix française singulière dans ce débat.

Comment vous vous voyez aujourd'hui l'attitude du président Trump ? Ça dépend de quel jour et il y a une attitude du lundi, une attitude du mardi, une attitude du mercredi et et en tout état de cause un positionnement qui non seulement est ératique mais qui est extrêmement mouvant et extrêmement changeant. et et le rôle de la France dans la période que nous vivons et son devoir de puissance qui est le sien, c'est aussi de remettre de l'équilibre, de la raison et de la modération euh dans ces grands dans ces grands débats.

Et donc nous avons besoin, je l'ai dit, de permettre à notre industrie de défense de produire, de permettre à notre tissu diplomatique d'être renforcé et de permettre aussi aux puissances qui sont un peu désarsonnées par les États-Unis et qui ne comprennent plus les les allées venues du président américain notamment sur la défense, de pouvoir trouver dans l'industrie de défense française un moyen de de repli, en tout cas d'épéement. Alors, tous les tous les dirigeants européens n'ont pas la même attitude vis-à-vis de lui. Carol Navroski, le président polonais chez qui vous allez bientôt, lui, il a reçu le soutien de Trump, il a une relation assez proche avec lui.

Vous, on a l'impression que vous le gardez à distance, vous vous faites attention. Non, mais moi je suis français, donc quand on est français, si vous voulez, on n pas de de soutien indéfectible pour tel ou tel. Et et ce que je regarde, c'est soutien, vous direz quoi ?

Mais je n'ai pas besoin de je n'ai pas besoin de soutien. Je veux dire le le soutien que je cherche et le soutien que nous cherchons avec Marine Le Pen, c'est le soutien des français, le soutien des électeurs français et et aucun autre soutien. Nous n'avons pas besoin de de d'accepter ou de d'ouvrir la porte à une forme d'ingérence qu'elle soit demain lorsque nous serons aux affaires.

Mais mais dès aujourd'hui, dans le casre d'une campagne électorale, nous sommes des gens totalement libres, totalement indépendants, totalement souverains et nous avons vocation à le à le demeurer. Mais vous aviez exprimé une forme d'admiration pour lui quand même sur son énergie. C'est succès chez lui.

Vous le voyez différemment aujourd'hui. Je trouve que le mandat du du président Trump, en tout cas ce deuxième mandat est très différent du premier. Euh le premier mandat du du président Trump euh a été totalement configuré et défini par une volonté de retirer l'Amérique des grands conflits mondiaux et de défendre ce qu'ils ont appelé America. sert de défendre l'intérêt américain d'abord sur l'économie, sur l'identité, sur la défense d'un certain nombre de valeurs par exemple.

Euh le deuxième mandat du président américain, il est du président Trump, il est différent. Euh, il se base d'ailleurs sur cette stratégie de sécurité américaine qui préfigure la vision du trumpisme et et la vision de de la politique étrangère américaine sur les 10 prochaines années, notamment par l'intermédiaire de de ce renou avec la doctrine Monro qui consiste à considérer que les États-Unis ne sont plus une nation mais qu'elle redevienne un empire qui doit avoir une influence, je dirais quasiment unique sur cette hémisphère occidentale. Le deuxième mandat du président américain est de manière très significative différent du premier mais différent et et plus dangereux ou plus menacant en tout cas difficilement plus difficilement lisible.

Euh il est menaçant pour l'Europe dans le sens où euh il fait peser sur beaucoup de pays européens, non pas la France, mais sur beaucoup de pays européens, cette crainte du désengagement des États-Unis euh d'Amérique et donc c'est la raison aussi de peser puisqueil commente aujourd'hui sur des affaires criminelles, des des faits d'actualité européens en disant d'ailleurs qui peuvent vous rejoindre dans certains cas. Par exemple, le vice-président VS, il a commenté sur un un meurtre au Royaume-Uni en disant que l'invasion migratoire était responsable de ce genre de fait divers. Ça c'est partagé par beaucoup de d'abord ça c'est d'abord c'est pas parce que c'est Trump qui le dit que par principe je vais vous dire l'inverse ou que c'est V en l'occurrence ce qui est en train de devenir aujourd'hui ce que sont en train de devenir beaucoup de capitales européennes et beaucoup de pays européennes européens à cause de l'immigration massive de notre incapacité à maîtriser les flux le fait que il y ait une crainte aujourd'hui demain que l'Europe ne soit plus l'Europe, que la France ne soit plus la France est partagé peut-être par les dirigeants de l'administration américaine. partagé par et partagé par beaucoup de peuples du monde.

Vous saz, il y a beaucoup de pays du monde qui sont profondément amoureux de la France et qui considèrent que la France que le monde est ce qu'il est aujourd'hui parce qu'il y a la France et parce que la France a un apport dans sa dans sa beauté, dans son élégance, dans ses valeurs, dans sa dimension universelle, dans la voix qu'elle a toujours porté qui fait la singularité et la beauté du monde. Et donc il y a beaucoup de peuples d'Europe qui sont extrêmement malheureux de voir la France affaiblie, de voir la France rabugie, de voir une France submergée par une immigration massive qui change profondément son identité et ses valeurs. Vous voyez, il y a quelques jours lorsqu'il y a eu ces déferlements de violence dans la capitale parisienne et dans un certain nombre de villes de province après la victoire du PSG en Ligue des Champions et ces scènes de guerre civile mais ça fait mal au cœur des Français, ça fait mal au cœur des Européens. cho ça ind outre des milliers de peuples dans le monde.

L'Europe brûle en gros et vous rejoignez cette vision. Vous vous trouvez qu'il son il pose un diagnostic qui est pas qui est pas mauvais finalement. Mais le diagnostic qui est posé en l'occurrence sur la situation d'insécurité majeure et de politique migratoire hors de contrôle, c'est la nôtre.

Et donc je ne vais pas vous dire le contraire au motif que des étrangers pensent la même chose que moi ou que la même chose que nous. D'accord. On va revenir on va revenir à l'Europe et à ce qui se passe sur notre continent et notamment à votre programme pour les affaires européenne.

Une des mesures phares que vous avez de nombreuses fois défendu, c'est de couper la contribution française au budget européenne. Oui. Couper au sens faire des coupement réduire absolument.

Euh c'est un point très important et vous on le sait tous, il y a besoin d'argent en ce moment. C'est des manières dont vous comptez financer certaines mesures. Comment vous allez vous y prendre concrètement ?

Parce que ce budget à long terme, il est en train d'être négocié. Euh beaucoup veulent d'ailleurs le boucler avant la présidentielle française, avant la fin. Vous vous déplorez ça ?

L'idée était évidemment de verrouiller le budget avant potentiellement un changement de majorité en France. Et l'Union européne poursuit sa politique et sa philosophie profondément antidémocratique. Je vous rappelle cette phrase qu'avait tenu un ancien je dirais un ancien ténor de l'Union européenne, monsieur Junker, qui disait qu'il n'y avait pas de démocratie contre les traités.

Et donc là, on est au cœur de la vision qui est celle de l'Europe aujourd'hui qui consiste à considérer qu'elle est au-dessus des peuples et qu'elle ne doit jamais en tenir compte ni en entendre. C'est intéressant que vous dises ça parce que vous certaines de vos mesures justement veulent un peu s'affranchir du droit européen. Je pense notamment au référendum que vous pouvez faire sur l'immigration.

Donc vous dites à la fois bah il faut respecter les traités euh le la ch qu'il faut les changer, qu'il faut une une nouvelle architecture européenne. Enfin euh je l'ai dit, le le tempo dans lequel se trouve aujourd'hui les Européens et l'Union européenne ne correspond plus à la marche du monde. c'est ce que défend l'Union européenne, ce sur quoi a été fondé l'Union européenne, la mondialisation heureuse, le tout pouvoir pour le marché, l'immigration hors de contrôle, la décroissance et l'excès de normes sur l'économie et sur les les entreprises et sur les l'industrie européenne.

Tout cela est profondément dépassé. Tout cela est profondément désuet, obsolète. C'est le nombre des années 90.

Vous voyez bien que aujourd'hui l'Union européenne est totalement obsolète et que dans sa dans sa forme actuelle, dans sa dimension actuelle, elle n'est plus capable de répondre aux grands enjeux qui vont se poser à notre pays. On a beaucoup parlé d'économie, de défense et de maîtrise des flux migratoires, mais on pourrait parler aussi du du climat, de l'intelligence artificielle, du spatial qui, si demain il fonctionne, fonctionnera d'abord par des coopérations européennes. Els c'est d'abord une coopération d'état européen avant d'être, je dirais une vision fédérale de l'Europe.

Nous devons changer le fonctionnement de l'Union européenne et c'est la raison pour laquelle demain nous souhaitons non seulement sur le plan financier que sur le modèle allemand ou sur le modèle des Pays-Bas, la France puisse contribuer moins parce qu'aujourd'hui la contribution excessive de l'Union européenne dans un budget qui projette d'augmenter de manière délirante plus 80 % de hausse prévu à la veille de l'élection présidentielle. C'est un scandale démocratique. Le prochain exécutif français, quel qu'il soit, doit avoir un mot à dire sur ce budget parce qu'il va engager la France et donc l'avenir du peuple français et le budget de nos compatriotes sur les prochaines sur les prochaines années.

Donc c'est des sujets qui sont extrêmement importants et sur lequel nous revendiquons un droit de regard bien sûr. Mais donc concrètement comment ça se passe demain si vous êtes élu ? Vous vous rendez à Bruxelles, vous tapez du point sur la table et vous dites "Non, en fait on va pas payer.

Vous arrêtez le paiement parce que ce sera tout négocié. Il y a 27 pays, c'est long. Le gouvernement français il se bat aussi pour réduire cette contribution.

Donc comment ça se passe ? Vous allez au clash en fait. Vous savez, l'Union européenne c'est une très grande copropriété.

Bon, il se trouve que la France un des un des appartements les plus grands avec une des terrasses les plus spacieuses et le plus grand nombre de places de parking. Bon, sauf que aujourd'hui la France on est pas très loin, on est juste on en est juste derrière et notre souhait c'est évidemment que la France puisse dans la décennie qui vient devenir la première la première économie européenne. On en reparlera.

Mais la France n'est plus capable aujourd'hui de défendre ses intérêts sur la scène européenne. On l'a vu sur l'énergie. grâce au nucléaire, la France devrait pouvoir bénéficier de l'électricité la moins chère et la plus décarbonée d'Europe.

Bah comment je fais très concrètement l'Allemagne par exemple, puisqu'on parle de de l'énergie puis ensuite on on rentrera dans dans le débat sur le budget, l'Allemagne permet à ces gros industriels de [grognement] bénéficier d'une électricité à 50 € le MWh. Voyez, dans l'Europe, dans l'Europe, je vais répondre sur la contribution. Dans l'Europe, vous avez des pays qui par exemple à l'est ont des niveaux de salaires beaucoup plus faibles et donc bénéficient de ce qui est pour eux un avantage comparatif sur l'industrie et sur l'économie notamment.

Euh nous nous souhaitons demain et c'est la raison pour laquelle nous effectuons notre premier déplacement à Bruxelles, que la France puisse elle aussi bénéficier d'une électricité à 50 € le MWh. Et donc nous permettrons à la France de retrouver un tarif national de l'électricité. Ça veut pas dire qu'on sort du marché européen.

La France exporte de l'énergie et elle en exporte notamment à l'Allemagne. Et donc la France continuera d'exporter de l'énergie. Elle continuera de vendre son énergie à des pays avec lesquels elle a des relations économiques.

Mais elle permettra aux familles françaises ou aux entreprises françaises, aux start-ups qui vont investir dans l'intelligence artificielle de bénéfier d'une électricité massive, décarbonée et parmi la moins chère d'Europe parce que nous souhaitons refaire de la France un paradis énergic. Je vous réponds pardon, j'ai un peu divagué mais c'était important. euh sur le budget, nous irons négocier comme l'ont fait l'Allemagne et comme l'ont fait les Pays-Bas, l'Allemagne et les Pays-Bas à postériorie.

Mais nous ferons ces ajustements et nous les ferons aussi à postériori. Et donc nous irons voir la présidente de la Commission européenne et nous lui dirons que parce que la France est un pays qui contribue plus qu'elle ne reçoit de la part de l'Union européenne, on donne chaque année en fonction des droits de douane environ une trentaine de milliards d'euros, on en récupère 15. que non seulement la France récupérera un certain nombre d'avantages comparatifs, je l'ai dit, sur le prix de l'électricité, mais qu'elle baissera sa contribution parce qu'on demande à tout le monde de faire des efforts, madame.

On demande aux Français de faire des efforts. Et quand en temps de crise, on dit aux Français qu'on va augmenter le budget de l'Union européenne de 80 %, qu'on va augmenter son budget de fonctionnement de manière considérable en augmentant par exemple le budget de jet privé des commissaires européens de 50 %. Vous croyez pas que ça choque ?

Vous croyez pas que ça indigne des millions de français à qui on vient tous les jours demander des efforts ? Donc nous ferons ces économies nécessaires, nous rendrons au Français leur argent et parce que la France a vocation à se faire respecter et à défendre ses intérêts d'abord sur la scène européenne et dans cette copropriété qui est aujourd'hui cette coopération de pays européens, et bien nous négocierons une baisse de la contribution de la France comme ont su le faire les Allemands ou les Pays-Bas. On n'est pas plus bête et je crois qu'on est même aussi intelligent que nos partenaires européens.

D'accord. Euh le comment est quand même pas très clair, mais on sait pas qu'est-ce que vous il y a 27 pays qui se mettent d'accord, c'est donné très compliqué. Par exemple, dans les 16 milliards que vous avez cité, il y a beaucoup d'argent qui va aux agriculteurs français.

La commission pourrait très bien dire bah OK, la France arrête de payer, nous on diminue les retour français, on gèle les aides de la PAC. Qu'est-ce que vous direz aux agriculteurs ? Alors, pardon, mais ça ne marche pas comme ça.

La contribution de la France, elle est votée chaque année par le Parlement et par l'Assemblée nationale. Donc, c'est le Parlement français qui détermine combien l'Union européenne reçoit et combien en théorie elle permet à la France, c'est combien combien on donne net cash chaque année à l'Union européenne. Voyez, moi je pense que et c'est ce qu'on avait proposé dans le contrebudget absolument parce qu'il y a des droits de douane mais la contribution nette de la France au budget de l'Union européenne elle est voté par le Parlement et donc au lieu de voter une contribution au budget de l'Union européenne à 12 ou 15 milliards, et bien elle sera réduite de moitié.

Et cet argent que nous allons récupérer cette maison pas de manière unilatérale puisque nous irons à Bruxelles négocier avec la Commission européenne et nous demanderons à la Commission européenne voyez de réduire par exemple ses dépenses de fonctionnement. Est-ce qu'on a besoin, je repose cette question, d'augmenter de 50 % le budget de jet privé des commissaires européens ? Est-ce qu'on a besoin d'avoir une administration européenne qui est tout aussi plétorique et qui passe son temps à créer de la norme, à créer de la paperace et à créer des contraintes normatives notamment pour nos agriculteurs ?

Je veux dire, quand on dit aux agriculteurs français, "Vous touchez l'argent de l'Europe, c'est faux. Cet argent, c'est l'argent de la France puisque la France précisément contrairement à d'autres pays européens contribue davantage au budget européen qu'elle ne reçoit." Donc c'est parfaitement clair.

Je veux dire, quand l'Allemagne permet à ces entreprises de bénéficier d'une énergie à 50 € le MWh, vous pourriez m'opposer qu'elle est hors des traités. Pourtant l'Allemagne le fait quand même. Est-ce que l'Allemagne se situe hors des traités ?

Bon, donc on peut parfaitement rester dans la coopération européenne et arrêter de considérer que les traités européens sont une religion et qu'il faudrait donc mourir parce que les traités européens ont décidé que et bien il faudrait moins d'agriculture, que on aurait plus besoin d'industrie, que il faudrait accueillir des centaines de milliers de personnes chaque année. Tout ça n'est plus possible et pardon mais il y a eu des élections, il y a eu des élections européennes à deux reprises 2019-2024, nous sommes arrivés en tête des élections européennes. Ça veut donc dire que les Français, aussi attachés soit-ils à une coopération, une construction européenne qui est nécessairement nécessaire, veulent l'avoir changé.

Nous, on est tellement attaché à la coopération européenne qu'on en veut deux. On veut une Europe des frontières et on veut une Europe de la puissance. Mais on ne veut certainement pas l'Europe de la submersion migratoire et l'Europe de la décroissance qui est aujourd'hui imposée à notre industrie et aussi à notre agriculture.

Merci. On va devoir bientôt s'arrêter. Malheureusement, je voulais quand même finir par une question un petit peu plus détente que les sujets dont on nous avait dont dont on a parlé.

Je sais pas si vous en êtes conscient mais il y a il y a un peu un mystère autour de vous. Il y a beaucoup de gens qui se demandent un petit peu qui vous êtes au fond, quelle est votre ligne économique et puis qui qui essaent de comprendre votre personnalité parce que vous êtes moins connu, vous êtes plus jeune que Marine Le Pen notamment. Euh il y a plein de gens qui m'ont dit quand j'ai préparé cet entretien ici, est-ce que est-ce que tu vas lui poser une question sur sa girlfriend ?

Du coup, je vais vous poser une question qui va forcément vous embarrasser. Je vais vous demander quelle est Mais j'ai l'habitude de répondre à depuis très longtemps malgré mon jeune âge, je fais des des interview très régulière depuis très longtemps. Donc je je suis pas très embarrassé par les questions mais quelle est votre Italienne préférée ?

Maria Carolina de Bourbond des Sicile ou Georgia Méloni ? Maria Carolina. Et pour la politique ?

Mais j'aime beaucoup Georgia Mélonie. Euh voilà une dirigeante politique qui a su donner un nouvel élan à l'Italie, ramener de la stabilité d'abord dans un pays qui n'avait jamais connu gouvernement aussi stable depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et et qui a su s'affirmer et créer un nouveau leadership pour son pays sur la scène européenne. Et puis la France et l'Italie sont euh de nations sœurs, sont deux pays qui sont extrêmement proches par l'identité, par la culture, par la géographie et et à titre doublement personnel de par mes origines et et de par la la la femme qui partage ma vie.

C'est un pays [grognement] qui lui aussi m cher. Oui. Vous pourriez faire des déplacements avec elle bientôt ?

Avec Georgia Méloni ou avec Je vous laisse répondre. Euh écoutez, elle ne fait pas de elle ne fait pas de politique maintenant. elle m'accompagne et elle est femme extraordinaire, une femme remarquable et donc je suis extrêmement ravi et et extrêmement amoureux.

Donc je suis content qu'elle partage ma vie. Maintenant, est-ce qu'elle m'accompagnera dans des déplacements politiques ? J'en sais rien.

On verra. Merci. Merci de vous prêter au jeu des questions et de nous avoir accordé cet entretien.

Merci beaucoup.