Discours de Xavier Bertrand, Président des Hauts-de-France, au dîner annuel du CCAF 2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 45 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:08Xavier BertrandFait
« Et pour cela, nous pouvons aussi nous appuyer sur la résolution qui a été votée à la Quise inéliminité du Sénat le 17 janvier 2024, »
- 3:31Xavier BertrandFait
« qui demandait la suspension de l'accord gazier entre l'Europe et l'Azerbaïdjan. »
Temps de parole
- Présentateur100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
François-Olivier Gisbert m'a dit qu'à cette heure-ci de la soirée, il fallait en quelque sorte répondre à certains codes, commencer doucement le discours et ensuite essayer de retenir votre attention. J'ai décidé de ne pas suivre son conseil. Et pour commencer, je voudrais invoquer Sylvain Tesson, ou plutôt citer Sylvain Tesson. Nous sommes dans une année européenne, et Sylvain Tesson, écrivain ou poète, chacun jugera, dit la chose suivante. L'Arménie est une continuation de l'Europe, l'ambassade de nous-mêmes à la lisière turco-caspienne. Nos peuples se reconnaissent. Ce qui est plus important que de se connaître, c'est une démocratie, une nation chrétienne.
On y boit le vin, les femmes n'y portent pas le voile islamique, on y vit libre, on y parle le français, on y rêve de liberté, on prie sous les églises, on respecte les droits de l'homme. Pour tout cela, nous voyons un miroir dans ces rochers. Il y a des choses du domaine de l'inexplicable et de l'intangible. Là-bas, la lumière à travers les tunnels est de la même qualité que sur nos rivages. Nous pensions que jamais l'Europe ne laisserait mourir l'Artsak. En effet, l'Arménie est une continuation de l'Europe, et pourtant l'Europe a laissé mourir l'Artsak. Devant nous pour autant baisser les bras et définitivement nous taire.
La soirée nous montre clairement que non, car ce combat n'est pas seulement un combat pour l'Arménie et les Arméniens. Ce combat, c'est celui de l'universel, de notre humanité. Et même si nos regards sont aussi tournés vers l'Ukraine ou le Proche-Orient, plus que nulle part ailleurs, notre humanité se joue aussi au Caucase. Jean-Christophe le rappelait tout à l'heure en citant Elie Wiesel, les Arméniens ne craignent pas la mort, mais ils craignent l'oubli. C'est la raison pour laquelle nous devons continuer inlassablement à mettre la pression. La pression au niveau national, la pression au niveau européen, la pression au niveau international à l'ONU.
Et pour cela, nous pouvons aussi nous appuyer sur la résolution qui a été votée à la Quise inéliminité du Sénat le 17 janvier 2024, condamnant l'offensive militaire de l'Azerbaïdjan au Haut-Karabakh et demandant la garantie du droit au retour des populations arméniennes au Haut-Karabakh. Nous souhaitons aussi que l'UNESCO dépêche une délégation d'experts internationaux pour contrôler l'état de ce patrimoine multiséculaire, multimillénaire, qui appartient non seulement à la nation arménienne, mais à l'humanité tout entière.
Aussi ce soir, cela a été fait, mais je voudrais le redire, nous ne pouvons que manifester notre soutien aux prisonniers politiques actuellement retenus arbitrairement et illégalement dans les geôles de Bakou. Avec une pensée tout particulière pour Ruben Vardagnan, dont le fils nous fait ce soir l'honneur de sa présence, mais a eu surtout des mots qui résonnaient en chacun. Et ce n'était pas seulement les mots d'un fils pour son père, mais le mot pour tous ceux qui sont détenus arbitrairement. Merci monsieur. C'est bel et bien un combat politique qui est mené à Paris, qui doit être aussi mené dans les instances européennes.
Et à ce titre, je ne peux que regretter que le Parlement européen n'ait pas voté la semaine dernière l'amendement qui demandait la suspension de l'accord gazier entre l'Europe et l'Azerbaïdjan. Quand on renonce à son indépendance, il est quand même difficile ensuite de porter les droits humains. Chers membres du CCAF, messieurs les co-présidents, vous devez profiter des élections européennes pour demander des engagements clairs et précis à chaque liste, pour savoir qui se battra et comment ils se battront dans les années qui viennent pour la démocratie et pour l'Arménie. Ce combat n'est pas que politique. Ce combat est aussi culturel. Il est aussi humanitaire.
Culturel, ce combat, la région des Hauts-de-France, elle n'est pas la seule. a eu l'honneur d'accueillir dans son hôtel de région l'exposition Portfolio Arménie 2023 de Lydia Kasparian. Et à ce titre, elle est derrière son appareil photo, et à ce titre, permettez-moi, Madame, et pour nous tous, avoir une pensée toute particulière pour le photographe Roger Kasparian, votre père, qui nous a quittés il y a quelques semaines. Par ailleurs, la région des Hauts-de-France, et elle n'est pas la seule, va renforcer son partenariat avec la région de Vajotsdor, notamment avec une coopération économique et culturelle.
Une chose est certaine, l'investissement des collectivités territoriales françaises, la région des Hauts-de-France, beaucoup d'autres régions françaises, beaucoup de villes, beaucoup de départements, Georges, beaucoup de communautés d'agglomérations, c'est en quelque sorte un premier rempart. Un premier rempart face à la menace toujours existante et existentielle que fait peser le régime de Bakou sur l'Arménie, avec la complicité de ses terribles alliés turcs.
Alors la région des Hauts-de-France votera également un soutien financier à l'association de soutien à l'Artsac, présidée par Nelly Serkisian, afin de venir en aide aux Arméniens d'Artsac réfugiés en Arménie, arrachés de la terre de leurs ancêtres, qui mènent le combat de ce peuple qui ne veut pas mourir, et je le dis pour les membres du gouvernement qui sont toujours présents à ce moment de notre soirée, la France se doit également de soutenir le gouvernement en exil de l'Artsac, car ce peuple ne veut pas mourir, il a besoin aussi de son gouvernement et de ce gouvernement.
Pour conclure, je laisserai la parole à un autre poète en réponse à Sylvain Tesson, avec les vers du poète Ovanes Shiraz. Nous étions en paix comme nos montagnes, vous êtes venus comme des vents fous, nous avons fait front comme nos montagnes, vous avez hurlé comme les vents fous, éternels nous sommes comme nos montagnes et vous passerez comme des vents fous. Une chose est certaine, nous n'avons toutes et tous qu'une seule volonté, que tous les nuages sombres, bien sombres qu'il y a sur le ciel d'Arménie, soient chassés pour que revienne l'espoir et que reviennent les populations arméniennes dans l'Artsac. En tout cas, mesdames et messieurs, nous sommes à vos côtés, vous n'êtes pas seuls.
Vive l'Arménie, vive l'amitié franco-arménienne.