Attention ! Macron reste dangereux... Voici pourquoi
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Il y a beaucoup de gens qui disent le pays va devenir ingouvernable et Macron va rien pouvoir passer. Quand Macron va dire il faut faire un budget austéritaire, parce qu'il y a eu le quoi qu'il en coûte, la dette explose, il faut réduire les déficits, la droite va dire bah nous aussi, parce que la droite est toujours pour la baisse des dépenses publiques. Les économies sur l'éducation, sur les aides sociales, la droite est pour, le RN une grosse partie sera pour aussi, parce qu'ils vont dire les aides sociales, c'est la pompe aspirante à l'immigration, etc. Et donc là vous passez ça tranquille, tranquille, vous l'avez votre majorité là.
Bonjour tout le monde et bienvenue pour ce nouvel Instant Porchet, je suis ravie de vous retrouver, comme chaque semaine on va avoir des choses à dire, analyser et décrypter avec tous ces discours qui gravitent autour de nous, où parfois on peut s'y perdre, notre meilleure arme démocratique c'est de les connaître et de les comprendre. Au programme aujourd'hui évidemment, le second tour des législatives historiques, c'est l'Instant Porchet. Ça y est, on sait à quoi va ressembler notre Parlement et tout est bousculé ensemble à 246 sièges, l'ANUPS 142, le Rassemblement National 89, LRUDI 64, la gauche 13, la droite 9, les régionalistes 6, le centre 5 et l'extrême droite 2 sièges.
Et on note un fort taux d'abstention à 53,86%, alors on y reviendra, car ce ne sont pas tout à fait les mêmes qui se sont abstenus. Gros tour de force pour l'ANUPS, LFI passe de 17 à 72 députés, ELV ont 23 sièges, alors qu'ils n'en avaient aucun. Alors comme vous l'avez vu, la majorité absolue de 289 députés n'est pas atteinte par le parti d'Emmanuel Macron. C'est la première fois depuis la mise en place du quinquennat que le parti présidentiel n'arrive pas à convaincre législatives. L'ANUPS a réussi à s'imposer en première force d'opposition et le duel fut rude.
Pour les 61 cas où s'opposait l'ANUPS au Rassemblement National, seuls 7 candidats ensemble appelaient ouvertement à voter NUPS et 10 candidats disaient qu'aucune voix n'aille au RN. Et l'ANUPS n'est pas la seule à faire une percée. Le Rassemblement National obtient 89 sièges à l'Assemblée et peut peser très fort.
Notamment dans les duels qui opposaient l'ANUPS à un candidat ensemble, qu'ont fait les LR à ce moment-là et qu'ont fait les RN. Les électeurs républicains, les LR, ils se sont abstenus semble-t-il à 35% et ceux qui ensuite ont voté pour ensemble à 60%, donc on voit bien qu'on a eu un apport là assez substantiel, et 5% pour l'ANUPS. En revanche, les RN, ce n'est pas du tout ça. Les RN, dans cette configuration-là, ils sont restés chez eux pour 1 sur 2. 52% n'a pas voté et surtout 30% a voté plutôt pour l'ANUPS et 18% seulement pour ensemble. Donc vous voyez que dans la chute aussi de ensemble, il y a cet élément qui a joué une partie des électeurs ARN.
J'ai envie de dire qu'il a voulu se payer quand même Emmanuel Macron et ses candidats en allant voter beaucoup plus pour l'ANUPS que pour ensemble. C'était la consigne de vote de Louis Alliot, par exemple, pour faire tomber Castaner. C'est cela, en fait. Ils l'ont fait. Ils l'ont fait. Et puis on a également, quand on était dans des duels NUPS-RN, qu'est-ce qui s'est passé du côté des électeurs d'ensemble ? Alors là, les électeurs d'ensemble, ils ont refusé ce cas de figure. À 72%, ils sont restés à la maison. Ils se sont abstenus. Et puis il y a quand même une petite majorité relative, 16%, qui seraient allés voter quand même pour l'ANUPS, contre 12% pour l'ERN.
Et c'est l'inverse chez les LR, ce qui peut aussi expliquer le bon résultat du RN ce soir. Chez les LR qui se voyaient offrir donc un duel NUPS-RN, eh bien 58% sont restés à la maison, mais 30% sont allés voter à ce moment-là pour l'ERN et 12% seulement pour l'ANUPS.
Alors Thomas, que disent les résultats des législatives sur les forces en présence ?
En fait, ils confirment pour la première fois ce qui s'est passé un peu à la présidentielle. On a ces trois blocs qui sont là, qui apparaissent. On a le bloc de la majorité présidentielle, qui est important, et qui est le bloc majoritaire, même s'ils n'ont pas la majorité absolue. Puis on a le bloc de l'alliance des gauches, l'ANUPS, et on a le bloc d'extrême droite avec le RN. Donc on a ces trois blocs-là qui sont arrivés et qui ont trois forces politiques importantes à l'Assemblée nationale. Donc sans passer finalement par la proportionnelle, on a retrouvé les trois forces en présence de manière assez importante dans cette Assemblée.
On peut noter la progression extrêmement forte du RN entre 2017 et 2022. Et ça, je veux dire, quasiment tout le monde l'avait théorisé, enfin, et moi en premier lieu, c'est que les réformes libérales, partout où elles sont appliquées, et des réformes économiques libérales, partout où elles sont appliquées, elles font monter l'extrême droite. Ça a été le cas aux États-Unis, ça a été le cas au Royaume-Uni, ça a été le cas en Italie, où on nous vantait tout le temps, regardez les Italiens, ils sont encouragés, ils ont fait le Job Act, ils ont libéralisé le marché du travail, tout va bien. M. Salvini était monté à des scores de popularité extrêmement élevés. Et là, ça a été pareil.
On a eu un quinquennat où on nous dit que Macron n'a rien fait. En fait, c'est faux. Macron, il a fait énormément de choses. Il a baissé la fiscalité sur les très riches, il a passé les lois de travail, il a baissé le nombre de fonctionnaires. Il a vraiment mené une politique qui a augmenté les inégalités et donc qui a fait monter l'extrême droite. Et là, on en voit le résultat. La progression la plus forte en termes de députés est celle de l'extrême droite. Et tant qu'on aura un président qui appliquera, on va dire, une économie plutôt libérale, vous avez de l'autre côté les extrêmes, et notamment en premier lieu l'extrême droite, qui monte.
Donc là, on a finalement une assemblée qui représente les forces en présence aujourd'hui en France, qui sont divisées en trois blocs.
— Tu le dis un peu, mais beaucoup hier saluaient la mise en place d'un régime parlementaire. Est-ce qu'on doit s'en réjouir quand on voit l'énorme place du RN dans ce parlement en termes de lois après qu'il va être voté ?
— Moi, je pense que c'est absolument pas bon pour la démocratie quand vous avez quelqu'un qui va toujours au deuxième tour, enfin qui a été en 2007 au deuxième tour et qui se retrouve sans groupe à l'Assemblée. Alors ça veut pas dire que tout se passe à l'Assemblée. On a bien vu Marine Le Pen, elle a quasiment été absente. On la voyait pas du tout à l'Assemblée. Je parle pas en termes de présence, mais elle avait pas de groupe, etc. Et ça n'a pas empêché de faire des très bons scores aux européennes et de faire un très bon score à la présidentielle. Donc tout ne se passe pas à l'Assemblée.
Mais quand on fait 35% des voix, comme c'était le cas en 2017, on doit normalement avoir un certain nombre de députés. Tout le monde parlait de la proportionnelle. Là, finalement, elle a quelque part eu lieu, cette proportionnelle. Et Marine Le Pen a été plutôt absente à la fin de la présidentielle. On l'a moins vue dans les médias, mais on voit bien que... C'est là toute la dangerosité. On voit bien que le Rassemblement national est un parti aujourd'hui qui sait gagner des élections, puisqu'ils ont mis des gens, ils ont fait du terrain, etc. Et les scores ont parlé. Donc oui, oui, cette montée du Front national est extrêmement inquiétante. Elle n'est pas surprenante, parce que ça fait...
Je veux dire, Macron a eu une politique très brutale. Ça a fait monter plutôt l'extrême droite que la gauche. En tous les cas, c'est l'effet qui le montre. Et donc voilà. Et Macron a toujours voulu se retrouver face à l'extrême droite pour pouvoir faire le barrage républicain et gagner. C'était aussi sa stratégie. Donc il a joué avec le feu. On en paie les conséquences. Aujourd'hui, le seul responsable de ça, c'est Macron. Moi, j'ai tout le temps dit que Macron, c'est le premier carburant du Rassemblement national. Et là, c'est démontré par les faits.
On va revenir à la NUPS, du coup, qui fait aussi une grosse percée. C'est quoi les défis et les risques pour l'union des gauches à partir de maintenant ?
Moi, je pense qu'il faut que la NUPS reste unie. Il faut qu'elle reste unie. Alors, beaucoup de gens parient sur le fait qu'ils vont se diviser, qu'il y a certains candidats hier qui ont gagné des socialistes, qui ont dit moi, je suis indépendant, etc. Mais quand même, il y a eu un moment là, enfin, la plupart des socialistes, la plupart des communistes ont eu des postes grâce à l'alliance. Sans alliance, je crois que le parti socialiste n'aurait quasiment pas de postes. Ils l'ont eu grâce à l'alliance et les écologistes aussi, également. Ils n'avaient pas de groupe maintenant. Ils l'ont eu grâce à cette alliance. Je pense que tout le monde en est conscient.
Donc là, il faut que ces gens-là restent soudés. Alors, ils vont avoir différents groupes, mais aussi comme la majorité présidentielle a différents groupes, entre Édouard Philippe, entre Bayrou, etc. Là, il faut qu'ils aient différents groupes, mais il faut vraiment qu'ils restent unis pour peser parce qu'il va y avoir des grosses réformes. Et là, quand on voit un certain nombre de réformes, l'alliance de la majorité présidentielle d'ensemble avec la droite peut faire passer pas mal de réformes économiques.
Et puis, on se demande, beaucoup se demandent comment va être gouverner le pays avec une telle assemblée. On n'a que très peu vu ce cas de figure, pour ainsi dire jamais. Donc, comment ça va se passer ?
Alors, il y a beaucoup de gens qui disent le pays va devenir ingouvernable et Macron ne va rien pouvoir passer. Je ne suis pas aussi sûr de ça. Il faut faire très attention à ça parce que vous savez, il y a un certain nombre de réformes et notamment des réformes économiques dont tout le monde se fout. Les gens, ça les intéresse moyens parce qu'on est plutôt sur des questions qui enflamment le débat. C'est des questions de sécurité tout le temps. Sécurité, immigration, il y a un certain nombre de questions comme ça qui enflamment. Les questions économiques, jamais. Donc, quand Macron va dire moi je veux la retraite à 65 ans, est-ce que la droite va s'opposer à ça ?
Elle va dire ben non, nous on l'avait à 67 ans ou 70 ans ou je ne sais quoi d'autre mais ça va dans le bon sens donc on va voter. Voilà. Quand Macron va dire il faut faire un budget austéritaire parce qu'il y a eu le quoi qu'il en coûte, la dette explose, il faut réduire les déficits, il propose un budget austéritaire fort. La droite va dire ben nous aussi parce que la droite est toujours pour la baisse des dépenses publiques. Je veux dire quand Macron va dire je supprime, je ne sais pas moi, tant de postes de fonctionnaires où je fais des économies sur tel service public, la droite ne va pas s'y opposer. Elle va dire il ne va pas assez loin. Il ne va pas assez loin.
Nous dans notre programme on voulait supprimer 150 000 postes de fonctionnaires. Ils vont dire ça. Macron ne veut en supprimer que 120 000. Oh bon, ce n'est pas grave mais on va quand même voter ça va dans le bon sens. Puis là, il y a peut-être même le RN qui va voter pour ça parce que le RN sur l'économie c'est assez proche de Macron. Donc là, sur des réformes clés, alors la réforme des retraites il peut mettre des gens dans la rue, c'est ça le problème. Mais sur d'autres réformes, c'est-à-dire les premiers budgets votés, budgets austéritaires, la réduction du poste de fonctionnaire, les économies sur l'éducation, sur les aides sociales.
Vous faites des économies sur les aides sociales, moi je suis persuadé que la droite est pour et que le RN une grosse partie sera pour aussi parce qu'ils vont dire c'est la pompe aspirante à l'immigration, etc. Et donc là, vous passez ça tranquille. Tranquille. Vous l'avez votre majorité là. Et Macron, c'est ça qui l'intéresse au départ. Et puis après, ça va se disputer un petit peu sur une histoire, un fait divers. Ah oui, il faut plus de sécurité. Macron n'est pas ferme parce que là, on joue sur 2027. Mais sur les mesures importantes de l'économie, il y en a plein qui vont passer. Et avec l'extrême droite. Donc Macron n'est pas si isolé qu'on le pense dans les réformes qu'il doit faire.
Et en fait, ce qu'il importe lui, Macron, c'est quoi ? C'est que là, on a besoin de toucher un peu d'argent du plan de relance européen. D'accord ? On a besoin de ne pas trop se faire taper sur les mains par l'Allemagne en Europe. Et l'échange, c'est quoi ? Ça a toujours été le cas partout. C'est de montrer qu'on fait des réformes structurelles, des réformes économiques. On économise un peu sur l'hôpital. On économise un peu sur l'éducation. Bien sûr, on joue sur les mots comme Macron le fait. C'est-à-dire que, vous savez, en fait, les dépenses doivent augmenter chaque année en fonction de la population, en fonction de l'inflation. Et là, on va moins les augmenter.
On va dire, mais si on les augmente ? On les augmente moins que l'inflation, moins que la population. C'est-à-dire que, par tête, ça diminue. Mais on va dire, oui, on va les augmenter. Et là, vous allez avoir la droite, l'extrême droite, qui va dire, aucun problème. Donc, moi, je pense qu'il a sa majorité. Donc, il ne faut pas dire que le pays va être si ingouvernable que ça. Ça va crier, on va tous se montrer parce qu'il faut passer à la télé, etc. Et puis, si tu fais un petit clash, tu passes à la télé, et tu es content. Mais sur le fond, les réformes vont continuer.
Est-ce que c'est tenable, du coup, pour Emmanuel Macron et Elisabeth Borne ? Est-ce qu'ils peuvent se permettre la dissolution vu des scores extrêmement serrés ? On l'a vu, Elisabeth Borne, elle a gagné à 1 ou 2 % d'écart dans sa circonscription dans le Calvados. Est-ce que, voilà, c'est tenable pour eux ? Est-ce qu'ils peuvent risquer ?
Je répète un peu ce que je dis dans la question précédente. C'est-à-dire que là, si Macron, il arrive à passer ces réformes qui lui tiennent à cœur, c'est-à-dire la réforme des retraites et des budgets un peu plus équilibrés. Parce que c'est ça, en fait, qui lui tient à cœur, au fond, je veux dire, Macron, il a fait sa campagne de 2017 quand même sur l'économie. Il n'y a pas de souci. Sur le reste, voilà, ça va un peu crier, c'est le jeu, lui, il va laisser la basse-cour crier, puis il prendra le 20 heures pour expliquer qu'il a changé, qu'il a tenu, que c'est faux, mais les autres réformes passeront, et donc voilà, tout ira bien. Donc ça, c'est la première des choses, vraiment.
Donc, pourquoi il prendrait le risque de dissoudre l'Assemblée ? Alors, si ça devient intenable, peut-être qu'il va le faire, mais pourquoi il prendrait ce risque-là ? Parce qu'il pourrait perdre encore plus gros, parce qu'au fur et à mesure où ça avance, finalement, ce n'est pas bon pour lui. On voit qu'il y a une forme de détestation qui monte, des grandes têtes de la Macronie sont tombées. Et après, sur Elisabeth Borne, est-ce qu'il va changer Elisabeth Borne ? Alors, là, il y a un peu de la psychologie.
Je ne connais pas Emmanuel Macron, mais je l'observe depuis ce quinquennat, même avant le quinquennat, parce que j'avais écrit un bouquin là-dessus, enfin, plutôt sur sa pensée économique. Mais je ne le vois pas céder. Je ne le vois pas. Ce n'est pas son genre. Dire là, ah ben, j'ai compris, je change Elisabeth, ce ne sera pas maintenant. Je ne pense pas. Alors, peut-être que je me trompe, peut-être que je me trompe. Mais bon, là, ce serait vraiment un aveu d'échec. C'est-à-dire qu'il n'a pas la majorité absolue, plus il change sa première ministre. Pour moi, ce serait un aveu d'échec trop fort. Là, il va devoir changer les gens du gouvernement.
Peut-être qu'il va aller draguer des gens de droite, plutôt, pour montrer qu'il y a des liens possibles. Mais peut-être même pas non plus. Mais bon, peut-être qu'à terme, il remplacera Elisabeth Borne par quelqu'un comme Bruno Le Maire, qui peut faire la jonction entre LREM et la droite. Peut-être aussi. Mais sur le moment, dire je retire Elisabeth Borne tout de suite, ça veut dire qu'il est affaibli. Et je ne le vois pas, Emmanuel Macron, ce qu'il nous a montré, montrer à ce point qu'il est affaibli. Non, non, il va la garder pour dire je la garde. Et puis, le rôle du Premier ministre chez Emmanuel Macron, ce n'est pas grand-chose, en réalité. C'est ça, son Premier ministre.
Tous décident à l'Élysée. Il a toujours pris des Premiers ministres qui étaient peu connus du grand public. C'est lui qui les a faits, en réalité. Édouard Philippe et M. Castex ont été faits par Macron. Donc là, il prend Elisabeth Borne, c'est une femme. Alors, peut-être qu'il a, dans son pari, il s'était dit une femme de gauche. Donc, ça va calmer un petit peu les gens de gauche. Mais visiblement, il ne sait pas trop ce que c'est d'être de gauche parce qu'elle avait voté quand même des réformes dures dans l'assurance chômage. Mais je ne le vois pas changer comme ça. Donc, moi, je pense qu'il va y avoir un remaniement à l'intérieur avec ceux qui ont perdu.
Peut-être quelques secrétariats au ministère en plus qu'il n'y a pas eu. Mais je ne vois pas tout de suite le remaniement. Mais à terme, il est possible. Et moi, je pense que là, il mettra quelqu'un comme Bruno Le Maire qui peut bien faire la jonction entre la droite et l'REM avec un positionnement plus économique très bon et aligné à celui de Macron. Donc là, ça plaira à tout le monde. Il n'y a pas de souci. Mais pas maintenant. Je ne pense pas.
Alors, dans tout ça, il y a un homme, Jean-Luc Mélenchon, qui ne va pas devenir Premier ministre parce qu'ils n'ont pas eu la majorité absolue. Qu'est-ce qu'il va devenir ?
Alors, je pense que Mélenchon, là, Jean-Luc Mélenchon, ça a été tellement haut. C'est vrai que ça a été loin. C'est-à-dire qu'il a fait trois présidentielles. Chaque fois, il a fait plus. Tout le monde se s'est dit qu'après 2017, une grosse partie des gens ont dit qu'il n'arrivera pas à refaire l'exploit. Il a été encore plus loin. Puis là, il a réussi sur les législatives à quand même transformé ces législatives en un troisième tour. C'est quand même impressionnant. Donc Mélenchon, dans le paysage de la gauche française, je pense qu'il est inscrit comme un référent pour de très longues années. Un petit peu comme Lula au Brésil ou peut-être Bernie Sanders aux Etats-Unis.
C'est-à-dire que ça va être un pilier, un espèce de sage comme ça et personne ne pourra le critiquer. Je pense que ça va être très difficile. Même des gens du PS, on ne pourra plus le critiquer comme il a été critiqué par la présidentielle. Parce que tous, tous aujourd'hui, lui doivent leur poste. Donc Mélenchon va devenir comme ça un personnage qui va planer au-dessus de la gauche et on sera content quand on se présente dans les prochaines présidentielles d'avoir l'aval de Mélenchon que l'on mettra à côté, etc. Moi, je suis persuadé que ça va devenir ça. Après, voilà, là, il est essentiel dans l'alliance. C'est-à-dire que c'est lui qui incarne quand même toute cette alliance.
Donc je pense que sur les prochains mois, un an, on n'arrive pas à identifier, mais au moins pendant un an, c'est lui qui va être un peu chapeauté ça, etc. Et puis après, elle se posera quand même une autre question parce que comme il ne se présente pas à la prochaine présidentielle et que la politique a horreur du vide et que les hommes politiques et les femmes politiques sont ce qu'elles sont, c'est-à-dire qu'elles voient souvent le prochain coup, je pense qu'à partir de 2023-2024, il y a beaucoup de gens qui vont se positionner pour 2027. Mais ça va être pareil chez Ensemble. C'est-à-dire que là, Macron ne va pas pouvoir se représenter et ils vont se positionner.
Et après, se trouve, on va dire, se pose la question du passage de relais de grands hommes politiques. Comme ça, c'est très difficile de passer derrière un Mélenchon. Comme ça doit être très difficile de passer derrière un Macron en réalité. Donc là, il y a le passage de relais où il y a, après moi, le déluge. Non mais c'est vrai, là, il y a des questions. Donc soit on passe le relais, soit on se dit, bon ben, je ne passe pas le relais et on verra. Donc ça, c'est des vraies questions qui vont se poser.
Mais Mélenchon incarnera tout le temps, moi je pense, dans le paysage d'une gauche, d'une gauche vraiment de gauche, pas d'une gauche vendue au centre, comme l'incarnation de quelqu'un qui a réussi à faire une très bonne campagne et qui devra valider un peu les décisions et un personnage important quand on se présentera dans des élections. Ça, c'est sûr. J'en suis persuadé.
Et tu vois qui alors pour lui succéder ?
Quand vous avez quelqu'un qui a un tel poids, c'est ce que j'ai dit, c'est très difficile de voir. Après, il y a des talents qui sont montés et que là, on connaît bien maintenant à la LFI. Mais je vois aussi, moi, des gens qui vont du côté d'Europe Écologie Les Verts se dire pourquoi pas moi. Je n'ai pas de soucis. Je pense qu'aujourd'hui, même ceux qui restent du PS que je ne porte pas forcément dans mon cœur pour ce qu'ils ont pu faire avant, je ne les vois plus se vendre à Macron. Je pense que ça y est, ils ont compris. C'est fini. C'est-à-dire qu'ils ne pourront plus dire bon, cette réforme, c'est pas mal, il faut supprimer 100 000 postes de fonctionnaires, c'est bien.
Ça, ils l'ont fait avant, déjà. Ils ont fait la loi travail, ils ont fait tous ces trucs-là et le CIC. Ils ont fait plein de trucs dégueulasses avant. Mais là, ils ne le feront plus. Là, je pense qu'ils ne le feront plus. Donc, je pense que sur les votes, ils vont être assez uniformes, en fait. Europe Écologie Les Verts également. C'est-à-dire, sur les votes, je parle encore une fois de la partie économique qui est la partie dont personne ne parle mais qui est la partie où tout le monde s'est pris des trucs horribles ces dernières années. On en parle tellement peu.
Je rappelle quand même qu'on en parle tellement peu où ils étaient capables de dire que le droit du travail n'avait pas changé alors qu'il y avait eu 165 réformes les 13 dernières années sur le droit du travail et sur l'ensemble des champs liés au travail mais ils disaient que ça n'avait pas changé. Donc, vous voyez, ça, c'est des gens de gauche qui pensaient comme ça. Mais là, je pense qu'ils vont être assez uniformes sur le fond mais à un moment, on va se poser quand même la question de 2017. Et ces gens-là ont ça en ligne de mire. Non, en 2027. Ils ont ça en ligne de mire. Et à partir du moment où ils ont ça, bon, c'est la bagarre.
Et dans les parties, ça, je le rappelle aux gens, l'ennemi, il n'est pas dans un autre parti. Il est à l'intérieur de ton parti. T'élimines les gens de ton parti pour que toi, tu puisses monter. C'est ce qui s'est passé. Sarkozy, Villepin, enfin, ainsi de suite, toutes les histoires. Hollande et d'autres. Voilà, donc c'est ça le truc. Donc là, moi, j'ai peur qu'au bout d'un moment, il y ait ce truc parce qu'il n'y a plus de chef. Mais ça n'arrivera pas tout de suite, je pense. Et sur les votes, ils seront assez uniformes. Mais à terme, c'est ça le vrai risque. Et c'est aussi le risque au centre. Donc ça va être, à mon avis, cinq ans qui vont être extrêmement mouvementés.
Tant dans les débats, ce qui est une bonne chose, parce que la démocratie, il faut qu'il y ait du débat. Il ne faut plus qu'il y ait des gens qui votent comme des Playmobil. Et puis aussi, après, sur les ambitions de chacun, qui pourraient être parfois un petit peu difficiles en interne.
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Quand j'entends le mot violence policière, moi, personnellement, je m'étouffe. Je n'ai pas besoin de vérifier que la France soit prête. La France est prête. Et elle est prête parce que nous avons un système de santé extrêmement solide. Depuis trois ans, rien n'a été fait pour l'hôpital. Moins de lits, moins de personnel qu'en janvier 2020. Est-ce que c'est un scandale
que l'État, des ministères, puisse avoir recours à des cabinets de conseil ?
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À la rentrée, nous allons revenir encore plus forts, encore plus impertidents. Après avoir fait éruption dans le monde merveilleux des matinales mainstream, nous vous proposons un tout nouveau projet, plus décapant encore, nous incrusté dans la case du 18-20h.
C'est le fameux soir
où elle vous accuse de viol ?
Il ne s'est rien passé. Il ne s'est rien passé,
cher Yann. On a l'impression que vous avez quand même un mental d'acier. C'est sûr que c'est un parcours pas commun. Est-ce une bonne chose ? Non ! À 80% ! Voilà, les gars, je le vois sur les réseaux, c'est un vrai décivé. C'est fou. Vous avez envie de voir autre chose le soir en rentrant à la maison ? Eh bien, nous aussi. C'est pourquoi nous vous proposerons dès la rentrée une émission à 18h qui s'appellera Toujours debout. Alors non, ce n'est pas une reprise de la chanson de Renaud. Ce n'est pas non plus un hommage à Valérie Pécresse. Debout !
Toujours debout sera un tout nouveau terrain de débat, de critique de l'actualité politique sans détour, avec un regard neuf, un ton décalé, à contre-courant de ce que l'espace médiatique nous sert jusqu'ici, avec des reportages de terrain et des chroniques sans concession.
Cette émission, nous allons la construire avec vous. Car le Média, ce n'est pas seulement une équipe de journalistes professionnels, ce sont 4 500 sociétaires appartenant à la plus grande coopérative médiatique de France. Une coopérative engagée qui ne sera jamais sous le joug d'un milliardaire qui dicterait notre ligne éditoriale.
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Emmanuel Macron