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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 4 septembre 2025 66 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEurope & internationalAgriculture & alimentation

Droits de douane : les Européens entre soumission et colère - C dans l’air - 05.08.2025

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 50 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 58 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Bonsoir et bienvenue dans "C dans l'air" en direct. C'est le choc économique qui ébranle le monde entier: l'explosion des droits de douane décidés par D.Trump.

  • 1:00RelanceRéponse partielle

    Il a raison? Les Etats-Unis imposent et on exécute?

  • 3:00OuverteRéponse partielle

    U.von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a fait le déplacement. D.Trump n'aurait jamais fait le déplacement lui-même en Europe?

  • 4:00OuverteRéponse partielle

    Les politiques français disent qu'il y a encore moyen de négocier.

  • 5:00RelanceRéponse partielle

    On a dit oui à un accord qui n'était pas sûr?

  • 7:00RelanceRéponse partielle

    Ca veut dire qu'on se couche complètement? Si on enlève les représailles, il reste quoi, pour négocier?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:30T.BretonFait
    « C'est une injonction. On est entrés dans une phase où le président américain impose... Il n'y a pas d'autres mots. Il impose des droits de douane à la planète pour leur donner la possibilité de commercer avec les Etats-Unis, dans le seul intérêt des Etats-Unis. »
  • 3:15E.AlbertFait
    « U.von der Leyen a été convoquée dans le golf privé de D.Trump en Ecosse. Elle a dû accepter 15 % car, c'est mieux que si c'était pire. »
  • 3:30S.MatellyFait
    « Il considérait que nous étions demandeurs, puisque c'est nous qui souhaitions accéder au marché américain. Donc il imposait ses conditions. »
  • 5:15M.VignaudFait
    « Le gouvernement français joue sur les mots. Il y a des secteurs où il faut sécuriser les exemptions annoncées dans l'accord. »
  • 7:15E.AlbertFait
    « Trump ne sera jamais satisfait. Il aime être le plus fort. C'est la loi du plus fort. Il a dit 15 %. Il revient sur la pharmacie en disant que ce sera 150 ou 250 %. »
  • 9:15U.von der LeyenFait
    « Nous avons conclu un accord commercial entre les 2 plus grandes économies mondiales. C'est un accord majeur qui apportera de la stabilité et de la prévisibilité. »
  • 11:15F.GeerolfFait
    « D.Trump a intérêt à faire croire, même si ce n'est pas forcément vrai, que les droits de douane pourraient augmenter si la production ne revenait pas aux Etats-Unis. »
  • 13:15M.VignaudFait
    « Tous les secteurs sont quasiment imposés à 15 %. Ca va fragiliser tous les secteurs. L'aéronautique va y échapper. »
  • 15:15S.BrakhliaChiffre
    « Les Européens se sont aussi engagés à d'autres choses, par exemple à acheter pour 700 milliards sur 3 ans de pétrole et de gaz naturel liquéfié. »
  • 17:15S.MatellyChiffre
    « Les Européens se sont engagés sur 3 choses sur lesquelles ils n'ont pas la main: importer du gaz, acheter des équipements militaires aux Etats-Unis et investir pour plus de 600 milliards aux Etats-Unis. »
  • 19:15M.VignaudFait
    « La France n'a jamais plaidé pour prendre le risque de rentrer dans l'escalade commerciale. »
  • 21:15F.GeerolfFait
    « Ce secteur a déjà été mis à contribution et touché par les mesures de rétorsion de la Chine qu'elle avait mises en place suite aux droits de douane contre les véhicules électriques chinois. »
  • 23:15E.AlbertChiffre
    « General Motors a annoncé perdre 1,1 milliard de dollars. C'est eux qui prennent ça. »
  • 25:15M.VignaudFait
    « D.Trump fait un pari. Il dit: "Je casse tout. J'essaie de voir si ça peut être encore mieux." »
  • 27:15S.MatellyFait
    « L'industrie automobile est peut-être la moins vieillissante... C'est une vieille industrie, Un vieil avantage compétitif de l'Europe, mais elle était en train de prendre le virage de la transition énergétique et du véhicule électrique. »

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

On vous laisse rentrer à Bordeaux. ... - S.Brakhlia: Bonsoir et bienvenue dans "C dans l'air" en direct.

C'est le choc économique qui ébranle le monde entier: l'explosion des droits de douane décidés par D.Trump. J-2 pour l'entrée en vigueur. 15 % pour l'UE.

Des secteurs entiers risquent d'être fragilisés. En France, si les autorités disent que des négociations sont possibles, la Maison-Blanche semble fermer la porte en parlant d'accord quasi définitif. Le coup de massue américain d'un côté et la concurrence chinoise de l'autre.

Avec nous pour en parler, E.Albert, journaliste au "Monde" en charge des questions économiques et européennes. M.Vignaud est journaliste économiste à "L'Opinion".

Je cite votre article sur les droits de douane. F.Geerolf est économiste à l'Office français des conjonctures économiques.

Bienvenue à tous les quatre. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ces droits de douane restent en travers de la gorge de nombre de personnalités politiques. On écoute l'ancien commissaire européen T.Breton. - T.Breton: C'est une injonction.

On est entrés dans une phase où le président américain impose...

Il n'y a pas d'autres mots. Il impose des droits de douane à la planète pour leur donner la possibilité de commercer avec les Etats-Unis, dans le seul intérêt des Etats-Unis. - S.Brakhlia: Il a raison?

Les Etats-Unis imposent et on exécute? - E.Albert: C'est ce qui s'est passé, même dans la forme.

U.von der Leyen a été convoquée dans le golf privé de D.Trump en Ecosse.

Elle a dû accepter 15 % car, c'est mieux que si c'était pire. On était à 2,5 % en moyenne il y a 2 mois. On est à 15 %.

Ca va forcément faire mal à l'UE qui a refusé de répliquer. Elle veut éviter de monter en escalade en se disant que ce serait pire si on faisait ça. L'un dans l'autre, D.Trump a choisi 15 %.

Il parlait de 20 %, puis de 10 %. Finalement, c'est 15 %. - S.Brakhlia: U.von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a fait le déplacement.

D.Trump n'aurait jamais fait le déplacement lui-même en Europe? - S.Matelly: Très certainement pas.

Il considérait que nous étions demandeurs, puisque c'est nous qui souhaitions accéder au marché américain. Donc il imposait ses conditions. C'est intéressant de se rappeler que, dans le monde d'avant, un accord, c'était formalisé sur un papier.

Tout le monde était d'accord. On signait en bas du papier. Là, c'est une espèce de bout de papier griffonné que D.Trump met dans la poche de sa veste et tout le monde accepte.

Pourquoi tout le monde accepte? Tout le monde accepte, dans le cas des Européens, car il a le pouvoir. Son pouvoir, c'est le marché américain.

C'est les débouchés sur le marché américain. Force est de constater que les Européens ont aussi un grand marché. C'est étonnant de voir ces pays, et pas des moindres, Japon, Europe, Royaume-Uni...

Tout le monde plie face à D.Trump. Je pense que dans le monde d'avant, on se serait peut-être coordonnés pour s'opposer à ce D.Trump disruptif.

Ce n'est plus le cas aujourd'hui. - S.Brakhlia: Les politiques français disent qu'il y a encore moyen de négocier. - M.Vignaud: Le gouvernement français joue sur les mots.

Il y a des secteurs où il faut sécuriser les exemptions annoncées dans l'accord. On réclame les exemptions que D.Trump a normalement donné à l'UE pour qu'elle accepte cet accord.

Ca veut dire que les Américains ne respectent pas forcément leur parole. Il y a un doute. On veut obtenir l'exemption pour les spiritueux.

La Commission européenne et les ministres sont allés sur les plateaux de télé pour dire: "On a obtenu cette exemption." Finalement, on n'est pas sûrs. - S.Brakhlia: On a dit oui à un accord qui n'était pas sûr? - M.Vignaud: Certaines clauses de l'accord étaient présentées comme sûres par les Américains, mais ce n'est pas sûr finalement.

Il y a une exemption que le gouvernement français veut arracher: pour le vin. C'est un intérêt majeur des Italiens. Ils peuvent éventuellement le négocier.

C'était incertain dès le départ. Pour les spiritueux, on l'aurait obtenu, mais en fait, on voit que c'est difficile à faire confirmer par les Américains. C'est là qu'on voit le pouvoir de D.Trump de revenir sur ce qu'il a dit.

Il a encore dit ce matin: "Peut-être dans certains secteurs où j'avais promis que les droits de douane ne dépasseraient pas 15 %, des secteurs importants pour l'UE, la pharmacie, les semi-conducteurs...

Finalement, j'ai fait des enquêtes. Ces enquêtes vont aboutir à des droits de douane élevés. Dans 1 an ou 2, je mettrai 250 % de droits de douane." C'est sans préciser si l'UE est exemptée. "Nous, c'est un maximum de 15 %, y compris pour ces secteurs importants pour nous." Ce n'est pas dans l'accord. - F.Geerolf: Je me demande si le fait pour D.Trump de maintenir une incertitude stratégique sur "est-ce que je vais augmenter les droits de douane dans le futur", ne fait pas partie de sa stratégie.

Pour un industriel qui produit en France ou en Europe, il va se dire que si les droits de douane sont à 30 ou 50 %, il a intérêt à s'installer aux Etats-Unis. D.Trump a intérêt à faire croire, même si ce n'est pas forcément vrai, que les droits de douane pourraient augmenter si la production ne revenait pas aux Etats-Unis.

Il y a une incertitude pour les industriels. Ca fait partie de la stratégie de D.Trump, en partie.

Si vous voulez avoir accès au marché américain, il faut s'installer aux Etats-Unis et produire là-bas. Ca fait partie de ce qu'il veut. Dans ce monde, le problème c'est que l'UE est un peu faible, parce que l'UE a un excédent sur les biens par rapport aux Etats-Unis.

On a plus à perdre à ne pas accéder au marché américain que les Américains n'ont à perdre à ne pas accéder au marché européen. D.Trump joue sur cette carte, l'Europe a plus à perdre que les Etats-Unis. - S.Brakhlia: Il s'est passé quelque chose aujourd'hui.

Bruxelles a annoncé suspendre pour 6 mois ses représailles aux droits de douane américains. Ca veut dire quoi? On se couche complètement?

Si on enlève les représailles, il reste quoi, pour négocier? - E.Albert: Ca veut dire qu'on se couche, en gardant une petite arme, mais depuis le temps qu'on l'agite, elle n'est pas très crédible...

Trump ne sera jamais satisfait. Il aime être le plus fort. C'est la loi du plus fort.

Il a dit 15 %. Il revient sur la pharmacie en disant que ce sera 150 ou 250 %. Il n'aura jamais assez tant qu'il n'aura pas senti un peu de douleur.

C'est le harceleur de la cour de récré. Tant qu'il n'a pas pris de gifle, ça ne le calme pas. L'UE a 450 millions de consommateurs.

C'est une union douanière, les mêmes droits de douane pour tout le monde. L'Union européenne est divisée, mais commercialement, elle est forte. On avait la capacité de répliquer.

On avait même les éléments juridiques pour le faire. On pouvait répliquer en taxant les Gafam, par exemple. On pouvait mettre une taxe sur Amazon... - S.Brakhlia: On va revenir sur la balance commerciale... - E.Albert: La confrontation à court terme fait plus mal.

On se serait fait mal, mais à long terme, ça stabilisait la situation. - S.Brakhlia: La présidente de la Commission européenne a été envoyée à la rencontre de D.Trump pour sceller cet accord.

Question. - M.Vignaud: Je crois qu'il ne faut pas rêver.

Il y a très peu de choses à écrire du côté de l'UE. Tout le monde est content et di qu'on peut le rejeter, mais c'est les Etats-Unis qui décident de façon unilatérale d'imposer 15 % de droits de douanes européens. Si les Européens disent qu'ils ne signent pas d'accord...

D.Trump s'en fiche. Il va mettre 20 ou 25 ou même 30 %... - S.Brakhlia: Ca n'aurait pas été mieux de négocier chaque pays européen de son côté? - M.Vignaud: Ca aurait été catastrophique.

Il faut rester unis. A partir du moment où les Etats-Unis...

Il y a un accord...

On a fait des concessions en disant qu'ils pouvaient pénétrer en Europe avec 0 % de droits de douane pour certains secteurs...

On a un bout du deal à respecter, mais c'est les Américains qui l'écrivent. Ca voudrait dire qu'on refait la négociation qu'on aurait dû mener jusqu'à présent. Ce n'est pas le choix qui a été fait.

C'est un scénario virtuel. - S.Brakhlia: Je vous propose de revoir cette séquence: U.von der Leyen aux côtés de D.Trump.

Elle valide l'accord. - U.von der Leyen: Nous avons conclu un accord commercial entre les 2 plus grandes économies mondiales.

C'est un accord majeur qui apportera de la stabilité et de la prévisibilité. C'est important pour nos activités des 2 côtés de l'Atlantique. - S.Brakhlia: Elle parle d'accord qui offre une stabilité. - S.Matelly: C'est l'argument principal apporté pour justifier l'accord.

Le choix fait est de court ou moyen terme. On sécurise 15 % pour éviter le pire. Néanmoins, et ce qui est plus grave, c'est la suite de ce qui a été dit pour justifier l'accord, qu'on reprend le narratif de D.Trump et qu'on acte le fait que le monde d'aujourd'hui est un monde de droits de douane et que c'est D.Trump qui structure et construit ce monde, alors que c'est contraire aux valeurs européennes.

On parlait de ce marché unique de 450 millions d'habitants. des biens, des personnes, des capitaux...

On est engagés à l'OMC sur d'autres principes aussi. L'élément supplémentaire extrêmement choquant Et plus globalement dans tous les accords que tous les pays vont négocier avec D.Trump, c'est qu'on acte aussi ce retour en arrière, le fait que les règles de l'OMC n'existent plus.

La volonté de réduire les obstacles à notre commerce n'existe plus. Faciliter l'accès au marché, ça n'existe plus. - S.Brakhlia: "Pour être libres, il faut être craints.

Nous n'avons pas été assez craints." C'est ce qu'a dit E.Macron lors du Conseil des ministres.

Il était au courant des négociations. Il n'a pas découvert ça à l'issue des négociations. - F.Geerolf: Cet accord est vu comme une mauvaise chose surtout en France.

U.von der Leyen a négocié pour l'ensemble des pays européens. Elle a un mandat.

Elle a discuté avec les gouvernements européens. En Allemagne et en Italie, la priorité était de ne pas avoir ces droits de douane à 30 %. Il fallait limiter la casse.

Ils sont plutôt contents. En France, on se pose la question différemment parce qu'on est désindustrialisés, qu'on a un déficit commercial par rapport aux Etats-Unis, etc. F.Bayrou a beaucoup travaillé sur la désindustrialisation.

Il a du mal à comprendre pourquoi la France subit en quelque sorte une balle perdue, pourquoi on a des droits de douane... - S.Brakhlia: Il a carrément parlé de soumission et de "jours sombres". - M.Vignaud: Je veux apporter un point de nuance par rapport à ça.

La France ne s'est pas opposée à cette logique. Au contraire. Elle a dit: "S'il n'y a pas d'accord acceptable, sous-entendu s'il y a 30 % de droits de douane, il faut répliquer fort.

Il faut utiliser l'instrument anticoercition. Il faudra taper très fort." La France n'a jamais plaidé pour prendre le risque de rentrer dans l'escalade commerciale. "Cet accord, on n'en veut pas.

C'est une soumission." Tous les acteurs économiques français, qui sont un peu hypocrites, ont poussé en disant: "On ne veut pas entrer dans une guerre commerciale avec Trump. Débrouillez-vous, mais signez un accord." E.Lombard a dit clairement que cet accord est conforme au mandat donné par la France à la Commission européenne.

En France, on cherche toujours des responsables. Ce n'est jamais nous. C'est les autres.

C'est un peu se défausser. Elle a commis des erreurs de communication, mais il est faux de dire que la France aurait voulu résister et qu'elle aurait été mise en minorité. Elle a bien conscience des différents équilibres politiques et du fait que l'Allemagne et l'Italie, très exportatrices, voulaient absolument ce deal...

La France n'a pas défendu une position...

L'autre alternative était d'aller à la guerre commerciale avec D.Trump. C'est plus facile de dire que c'est acceptable ce qu'on a obtenu, mais quelle est l'autre alternative?

C'est la stratégie de la Chine. La Chine, qu'est-ce qu'elle a? Des trêves sont renégociées tous les mois.

Elle a 57 % de droits de douane. - S.Brakhlia: Elle a décidé de tirer un trait sur le marché américain? - M.Vignaud: On négocie la désescalade.

C'est monté à 145 %. Ils appliquent 10 % de droits de douane sur les Etats-Unis. Ils espèrent toujours qu'on va se coucher.

En attendant, ça fait mal. On s'est dit qu'on ne voulait pas risquer 145 % de droits de douane. Avec nos 15 % et nos exemptions sectorielles, on a limité la casse. - S.Brakhlia: E.Macron a promis: "Nous n'en resterons pas là." Comment inverser ce rapport de force dans le pouvoir et à Washington?

Les Européens tentent le tout pour le tout ces derniers jours. - Accord déséquilibré, dit le gouvernement français. *-La France a accepté l'inacceptable. - A peine signé, déjà critiqué.

L'accord scellé il y a une semaine entre l'UE et les Etats-Unis a décidément du mal à passer. Les négociations vont pouvoir continuer. - C'est une injonction.

On dit "accord", mais il faut voir s'il peut y avoir des exonérations. Les Etats-Unis ont besoin de nos pièces détachées d'aviation. Ils ont exonérées les droits de douane sur les pièces d'aviation.

Il ne faut pas croire que les exonérations sont pour faire des cadeaux. C'est toujours parce qu'il y a un intérêt. - Un espoir, alors que tout semblait définitif il y a quelques jours. - D.Trump: C'est génial, d'avoir conclu un accord aujourd'hui au lieu de continuer à jouer à ce petit jeu.

C'est le plus grand accord jamais conclu. - 15 % de droits de douane pour les produits européens entrant aux Etats-Unis avec des exemptions dont les contours restent à définir. - U.von der Leyen: C'est un accord énorme.

Il va apporter de la stabilité, de la prévisibilité. C'est important pour les entreprises des 2 côtés de l'Atlantique. - La patronne de l'Europe est soulagée.

Pourtant, de l'autre côté de l'Atlantique, les marchés sont rassurés par cette victoire américaine. - Wall Street s'apprête à battre un nouveau record. - Même CNN vante l'art du deal de D.Trump. - La menace de droits de douane plus élevés a porté ses fruits.

C'est une victoire politique pour les Etats-Unis. - En Europe, certains ne décolèrent pas, à commencer par le Premier ministre hongrois. - Ce n'est pas un accord que le président américain a conclu avec U.von der Leyen.

Il a dévoré U.von der Leyen au petit-déjeuner. - Que pouvait-on espérer?

Certains préfèrent y voir un moindre mal en comparaison aux 35 % imposés au Canada ou 50 % imposés au Brésil. - Je n'attendais pas grand-chose de plus de ce résultat. Ce résultat ne peut nous satisfaire, mais nous ne pouvions pas obtenir mieux dans cette situation. - G.Meloni: Le combat n'est pas terminé.

Nous devons apporter un soutien au niveau national et européen aux secteurs touchés par cette décision. - Dans cette 2e phase de négociations qui s'ouvre, les Européens ont un espoir: ramener à 0 % dans les 2 sens les droits de douane pour les spiritueux, les équipements médicaux et les produits chimiques. Une négociation qui s'annonce rude.

D.Trump n'a pas la même ambition, notamment sur les produits pharmaceutiques. *-D.Trump: Nous allons d'abord mettre un droit de douane pas sur les produits pharmaceutiques, mais dans un an ou un an et demi, ce sera 150 %.

Ensuite, ce sera 250. On veut des médicaments fabriqués dans notre pays. - En signe de bonne volonté, l'UE a annoncé suspendre pour 6 mois ses mesures de rétorsion, sans pour autant s'interdire de les réactiver.

Sont concernés notamment le soja, l'aéronautique et l'automobile. - S.Brakhlia: Question. - F.Geerolf: Je pense, encore une fois, qu'elle a négocié dans l'intérêt des Européens.

Les Européens n'ont pas tous la même vision du commerce et n'ont pas tous les mêmes intérêts. Elle a défendu les intérêts des Européens. C'est son mandat.

La politique commerciale est dans la main de l'UE, de la Commission européenne. C'est une compétence exclusive. Il est normal que la Commission européenne négocie au nom de la France dans ce contexte.

Il y a les mêmes droits de douane appliqués à la sortie de la France, de l'Italie, etc. Il est hors de question qu'on sorte de ce système. - S.Brakhlia: On a vu le mécontentement du Premier ministre hongrois pendant le reportage.

Eric et Sylvie, vous avez souri. - E.Albert: Il est notoirement antieuropéen.

En tout cas, il joue à être ça. C'est de bonne guerre. La Hongrie n'exporte pas énormément vers les Etats-Unis, sauf de l'automobile.

Les 2 pays les plus pro-Trump, la Slovaquie, avec un Premier ministre, R.Fico, pro-Trump, et V.Orban en Hongrie, sont 2 pays qui font beaucoup d'automobiles.

L'automobile avait pris 25 % depuis avril. On peut être "copains" avec Trump, mais on ne bénéficie pas de ça. Ce que V.Orban dit n'a aucun poids.

Aucun président de la Commission européenne n'a été éjecté en cours de mandat. Je crois que ce n'est jamais arrivé...

Une fois? - S.Matelly: Je crois qu'ils ont démissionné suite à une affaire. - S.Brakhlia: Ce n'était pas une question de négociations avec d'autres pays.

Qu'on comprenne bien ce qui va se passer. Ces droits de douane vont toucher des secteurs en France. Quels secteurs vont être fragilisés? - M.Vignaud: Tous les secteurs sont quasiment imposés à 15 %.

Ca va fragiliser tous les secteurs. L'aéronautique va y échapper. On craignait des droits de douane plus élevés sur des secteurs stratégiques, comme la pharmacie.

D.Trump a dit que dans un an et demi, ce sera 150, puis 250. L'Europe dit: "Dans le deal, il y a une garantie que ce sera 15 % maximum." Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent.

Trump peut changer d'avis. L'UE essaie de mettre en avant l'idée que c'est une garantie qu'elle a obtenue, que les autres pays n'ont pas eu, en comparant les accords obtenus par le Royaume-Uni et l'UE. On fait une erreur d'analyse.

Le Royaume-Uni a obtenu 10 %, mais ce n'est pas calculé pareil. Il faut ajouter des droits déjà existants. On ne va pas trop entrer dans la technique, mais en gros, si vous prenez une moyenne sectorielle, c'est 4,8 %.

Au Royaume-Uni, c'est 10 plus 4,8. On n'est pas loin des 15. Le Royaume-Uni a fait plus de concessions que nous n'en aurions jamais acceptés en tant que Français.

Il y a des quotas d'importation de boeuf américain: 13 000 t. On n'aurait jamais accepté ça. On n'accepte pas de produits qui ne pourraient pas être produits selon nos normes dans l'UE et on ne veut pas revenir sur le règlement du marché numérique.

On ne veut pas revenir sur nos règlements. Ca, ce n'est pas négociable. C'était 2 demandes importantes de D.Trump.

On a un peu lâché sur le reste pour rester fermes là-dessus. Des officiels français l'ont dit. Le ministre des Affaires étrangères a dit: "On a obtenu ce qu'on demandait à la Commission européenne d'obtenir dans cet accord si accord il y a." - S.Brakhlia: Les Européens se sont aussi engagés à d'autres choses, par exemple à acheter pour 700 milliards sur 3 ans de pétrole et de gaz naturel liquéfié.

Le gaz naturel liquéfié va à l'encontre de nos objectifs écologiques. - S.Matelly: Les Européens se sont engagés sur 3 choses sur lesquelles ils n'ont pas la main: importer du gaz, acheter des équipements militaires aux Etats-Unis et investir pour plus de 600 milliards aux Etats-Unis.

Ce n'est pas totalement du fait de la Commission européenne. Ce n'est pas dans ses compétences. - S.Brakhlia: Comment obliger les entreprises européennes à investir aux Etats-Unis? - S.Matelly: Ca pourrait arriver si les droits de douane augmentent massivement.

Je voudrais revenir sur des sujets pour compléter ce qui a été dit. J'ai l'impression que ces derniers jours, après des dissensions assez nettes le lundi, suite à l'accord entre certains pays, les Allemands et les Italiens d'un côté...

Ils se disaient satisfaits. Les Français étaient vent debout contre cet accord. J'ai l'impression qu'il commence à y avoir une convergence de vues.

Il faut éviter le cocorico. Ca ne passe pas bien à Bruxelles. Les Français se sont modérés. qu'on a évité le pire.

En Allemagne, ça commence à bouger fortement dans les milieux d'affaires. On était dans l'incertitude tant qu'on n'avait pas d'accord. La date du 1er août et du 7 août se rapprochaient.

On se prenait parfois à rêver de zéro droits de douane des 2 côtés. Ca va s'appliquer à partir du 7 août. Les entreprises font leurs comptes.

Elles se rendent compte que ça va coûter cher. Dans le cas de l'automobile, pour l'Allemagne, ils se prennent des droits de douane, mais aussi la dépréciation de l'euro. On s'est souvent plaints ou comparés aux Allemands.

Le fait qu'ils soient sur du haut de gamme, ça les pénalise, car c'est très concurrentiel aux Etats-Unis. Ils vont subir une baisse des ventes aux Etats-Unis. - S.Brakhlia: Les vins et spiritueux s'inquiètent, en France.

Ils s'attendent à 25 % de perte de volume aux Etats-Unis. Quels seraient les impacts en France au niveau des emplois? - F.Geerolf: Ils doivent ajouter les 15 % de droits de douane et les dépréciations du taux de change.

On est à 1,15 aujourd'hui. 15 %, c'est un peu surestimé. J'espère que ce ne sera pas de cet ordre.

C'est un secteur exportateur majeur en France. C'est proche d'un milliard d'euros, en gros. En plus, ce secteur a déjà été mis à contribution et touché par les mesures de rétorsion de la Chine qu'elle avait mises en place suite aux droits de douane contre les véhicules électriques chinois.

Ce secteur subit de plus en plus les assauts protectionnistes de la part de marchés dans lesquels ils exportent. Il va falloir voir... - S.Brakhlia: Ca se négocie encore? - F.Geerolf: La bonne nouvelle, c'est que nos concurrents seront soumis aux mêmes tarifs.

Les vins italiens seront soumis aux mêmes droits de douane. On peut espérer que ça fasse moins de substitution sur le marché américain. Est-ce que les vins américains vont devenir plus compétitifs? - S.Brakhlia: Question. - E.Albert: Il a gagné son pari politique.

Il voulait augmenter les droits de douane vis-à-vis du reste du monde. Il a réussi. Qui paye les droits de douane?

Ce sont les Américains d'abord. On ne sait pas si ce seront les entreprises importatrices ou les consommateurs finaux. - S.Brakhlia: Qui vont absorber la différence. - E.Albert: General Motors a annoncé perdre 1,1 milliard de dollars.

C'est eux qui prennent ça. Si c'étaient les Européens qui exportent qui acceptaient de baisser leurs marges, ça veut dire que les prix à l'importation aux Etats-Unis baisseraient. Pour l'instant, ce n'est pas le cas, sauf un peu de Chine.

Ce sont les Américains qui payent. Ce sont eux qui vont subir les conséquences de cette politique. - S.Brakhlia: Ca les gêne? - S.Matelly: C'est de l'inflation. - E.Albert: L'économie ralentit.

L'inflation va progresser doucement. C'est vrai que ce n'est pas rapide. Cet accord n'est pas gagnant pour les Américains.

Politiquement, c'est gagnant. - M.Vignaud: On commente l'actualité immédiate.

Est-ce que ce pari à long terme de D.Trump de dire: "Je vous mets des droits de douane, vous allez revenir produire aux Etats-Unis, je vais réindustrialiser le pays, je vais soigner le mal-être..." Le chagrin de l'homme blanc qui allait à l'usine et qui se retrouve dans des métiers du soin...

Ce pari va-t-il fonctionner? Il y a plusieurs problèmes dans son pari, notamment qu'il n'y a déjà aucun emploi aux Etats-Unis. La stratégie des Etats-Unis de se focaliser sur le numérique et les innovations, ça lui a donné une énorme puissance économique.

Cette stratégie a peut-être été mal redistribuée à l'intérieur, mais ça fonctionnait beaucoup. D.Trump fait un pari.

Il dit: "Je casse tout. J'essaie de voir si ça peut être encore mieux." Le problème, c'est que beaucoup d'économistes sont sceptiques.

Ils disent que cette stratégie ne marche pas forcément. C'est une vaste expérimentation, où on on teste l'idée...

Quand vous êtes aux Etats-Unis et que vous exportez vers d'autres pays, vous avez des droits de douane sur vos importations. Le commerce international est très intégré. Il y a des chaînes de valeur qui viennent de différents pays.

Certains exportateurs américains qui sont censés être protégés par les droits de douane commencent à dire qu'ils sont aussi impactés. Ca leur nuit. Les constructeurs aux Etats-Unis ne sont pas ravis de la situation.

Ils constatent que les pièces qu'ils font venir aux Etats-Unis leur coûtent plus cher, qu'il faut augmenter le prix des voitures. Les prix n'ont pas encore augmenté à la consommation aux Etats-Unis. Maintenant qu'il y a une certaine stabilité...

On voit que la plupart des accords ont été donnés. Les entreprises vont voir qu'il n'y a plus trop d'allers-retours...

On devrait rester comme ça, a priori. Ils se disent qu'ils vont augmenter les prix. C'est l'électeur qui vote pour D.Trump qui va être directement impacté. - S.Brakhlia: Dans le secteur de l'automobile, on s'inquiète, en France, entre les droits de douane américains et la concurrence chinoise.

Le secteur est sous pression. - Il avait été choisi pour redresser la barre chez Renault il y a 5 ans. L.de Meo a quitté précipitamment le navire en juin.

Un coup de massue pour le constructeur français, qui a vu son bénéfice chuter de 69 % au premier semestre 2025. Alors, le nouveau patron de Renault ne manque pas de le souligner. ...

Mais Renault n'est pas un cas isolé. Tout le marché français des voitures neuves roule au ralenti. 840 000 voitures vendues au premier semestre, toujours bien loin de son niveau d'avant le covid. - Acheter une automobile est un acte impliquant.

Quand la conjoncture est mauvaise et que la croissance est proche de zéro...

Vous avez un niveau d'épargne des ménages qui n'a jamais été aussi élevé. Donc la consommation est anormalement basse. On peut toujours reporter sa décision d'achat d'automobile. - Pour ne rien arranger, depuis plusieurs mois, les constructeurs européens craignent de subir les droits de douane promis par D.Trump, en particulier l'Allemagne, pour qui le marché américain représente 13 % de ses exportations. - L'impact serait terrible.

Les constructeurs automobiles allemands exportent environ 400 000 voitures par an depuis l'Allemagne vers les Etats-Unis. Mais les constructeurs allemands implantés en Amérique, les mêmes marques, produisent aussi plus de 400 000 voitures ici et les exportent vers plus de 100 pays dans le monde, y compris l'Allemagne. En fin de compte, ça nous menace tous. - Longtemps considérée comme la locomotive de l'Europe en matière d'industrie automobile, l'Allemagne déraille depuis plusieurs mois. 20 000 suppressions de postes chez Volkswagen d'ici 2030 et de très mauvais résultats pour BMW, Mercedes ou Porsche.

Fait rare en Allemagne, des grèves et manifestations ont émaillé le pays. - Nos modèles sont chers. Les gens n'ont pas les moyens de les acheter.

Nous n'avons pas de produits qui puissent être compétitifs. - Car la compétitivité des produits européens est rudement mise à l'épreuve par les mastodontes chinois, premiers sur l'électrique. Un tournant que les constructeurs du Vieux Continent ont loupé il y a des années. - Les industriels européens étaient leaders sur le véhicule thermique.

Malgré ça, la décision de l'Europe est d'aller vers le 100 % électrique pour décarboner, plutôt que vers les moteurs hybrides. Ca a favorisé les industriels automobiles chinois qui ont misé très tôt sur le véhicule électrique. - Aux Etats-Unis, l'industrie automobile se porte-t-elle mieux?

Pas vraiment. Les droits de douane de D.Trump pourraient empirer la situation.

Le patron de Ford s'en émeut à la télé tout en essayant de ménager son président. - Nous importons toujours des pièces du monde entier. Nous avons l'opportunité de travailler avec l'administration Trump.

Ils sont très engagés à soutenir des entreprises comme Ford, qui se sont engagées dans la base manufacturière américaine. Nous avons eu de bonnes conversations. Je suis optimiste sur le fait que l'administration sera compréhensive pour une entreprise comme Ford. - L'administration Trump espère pousser les constructeurs américains à relocaliser leur production.

General Motors va investir 4 milliards de dollars dans le pays alors que Stellantis a renoncé à produire un nouveau modèle au Mexique. - S.Brakhlia: Question. - S.Matelly: J'enlèverai le mot "automobile" dans cette question.

Toute l'industrie européenne est vieillissante. Si vous prenez les 10 plus grandes entreprises américaines, vous en avez 8 qui ont été créées il y a moins de 50 ans. Vous prenez les 10 plus grandes entreprises européennes, il n'y en a pas une qui a été créée il y a moins de 50 ans.

Tout est dit. L'industrie automobile est peut-être la moins vieillissante...

C'est une vieille industrie, Un vieil avantage compétitif de l'Europe, mais elle était en train de prendre le virage de la transition énergétique et du véhicule électrique. Sauf que, vraisemblablement, il nous manque du numérique, un certain nombre de technologies et de la compétitivité pour aller là-dedans. C'est tout le souci.

Si on a dû se plier à D.Trump, c'est qu'on est encore très dépendants de nos marchés extérieurs et qu'on n'a plus vraiment la main, face à des industries vieillissantes. Je n'invente rien, ça a été dit dès le début des années 2000.

On avait une stratégie dite de Lisbonne, où on voulait que l'Europe devienne la 1re économie de la connaissance au monde. 25 ans plus tard, on a enterré cette stratégie. Plus personne ne s'en souvient.

On devait consacrer 3 % du PIB à notre recherche et développement. On y consacre moins de 2 % alors que les Etats-Unis sont bien au-dessus de 3 %. Il y a des milliards qui ne sont pas investis en Europe, par rapport aux Etats-Unis. - S.Brakhlia: Donc un gros retard.

L'industrie automobile est le moteur de l'économie allemande. Moins de 13 % des exportations de voitures allemandes vers les Etats-Unis...

Et -25 % en mai...

Ca veut dire qu'à cause de cette dépendance à l'industrie, l'Allemagne nous amène dans une mauvaise pente? - F.Geerolf: En tout cas, ça va être difficile de continuer à exporter des surplus massifs vers les Etats-Unis, si les Etats-Unis nous refusent l'accès à leurs marchés.

Par ailleurs, le problème, c'est que sur le véhicule électrique, on est en retard par rapport aux Chinois. On a aussi raté le virage du numérique. Ca explique pourquoi, aujourd'hui, sur tout un pan des activités économiques à très forte valeur ajoutée, on est très peu présents, voire pas présents du tout.

Aujourd'hui, on a un peu peur, après le voltaïque et les véhicules électriques, que ce soit la même chose, qu'on soit un marché de consommateurs. On a garanti l'accès au marché pour 2035, du fait qu'il n'y aurait plus la possibilité de vendre des véhicules thermiques sur lesquels l'Europe avait construit une force, notamment en Allemagne. Le fait qu'on ait décidé en avance de se priver de cette force...

On espérait que les constructeurs automobiles allaient voir cette échéance En avance et s'organiser, faire de la recherche-développement. Force est de constater que pour le moment, on est très en retard par rapport aux Chinois. - S.Brakhlia: On a perdu un atout? - E.Albert: Volkswagen et Mercedes, qui exportent beaucoup aux Etats-Unis, vont beaucoup souffrir de cet accord.

Un peu moins que ces derniers mois, où on était à 25 %...

Mais est-ce qu'il va y avoir des investissements de Mercedes et Volkswagen aux Etats-Unis? J'étais en Slovaquie, il n'y a pas longtemps. C'est la 2e plus grosse usine au monde de Volkswagen, qui fabrique toutes les Porsche au monde.

Elles sont en partie exportées aux Etats-Unis. Un des responsables de l'usine me disait: "Comment voulez-vous qu'on investisse aux Etats-Unis dans une telle inconsistance? Peut-être qu'on aura 15 %, ou 20 %, ou qu'on va revenir aux négociations...

Pour construire une usine, ça prend plusieurs années. Le temps de l'ouvrir, ce sera la fin du mandat de Trump. Pas question qu'on se lance dans un investissement à 5 ou 6 milliards de dollars alors qu'on ne sait pas à quelle sauce on va être mangés." - S.Brakhlia: Ces grands patrons ne vont pas prendre la décision de délocaliser, même si c'est la volonté de D.Trump? - E.Albert: En tout cas pas dans des usines aussi lourdes de conséquences, en investissement.

Peut-on travailler avec le Mexique et le Canada, puisque l'industrie automobile est beaucoup dans les 3 pays, ou pas? C'est très difficile de prendre la moindre décision d'investissement de long terme dans les conditions actuelles. - S.Brakhlia: D.Trump s'est dit que c'était la balance commerciale qui posait problème, entre l'UE et les Etats-Unis.

Nous, on a un excédent de 200 milliards en faveur de l'UE pour les biens. Là, on peut donner raison à D.Trump.

En revanche, on a un déficit sur les services numériques, notamment. Un déficit de 148 milliards...

Faudrait-il taxer davantage les services? C'est la question qu'on se pose. C'est ce que demande G.Attal, ancien Premier ministre. - M.Vignaud: Le gouvernement français dit qu'il reste un volet.

On est OK sur la logique de D.Trump sur les biens. U.von der Leyen a d'ailleurs dit en Ecosse qu'il fallait rétablir la balance excédentaire.

Elle achète totalement le discours de Trump. On peut espérer que c'est un petit caillou pour dire dans quelques mois: "Si on est rentrés dans votre logique sur les biens, c'est à nous de vous rendre la pareille sur les services." Est-ce que c'est crédible de le faire?

Doit-on rouvrir cette négociation qui vient à peine d'être conclue? On a dit que D.Trump était très imprévisible.

Est-ce que c'est réaliste de penser que plusieurs Etats de l'UE vont vouloir appuyer sur le bouton "on va plus taxer les fournisseurs de services numériques"... - S.Brakhlia: Comme l'Irlande, par exemple. - M.Vignaud: Certains membres du gouvernement disent, quand les micros sont éteints, que c'est ce que la France va pousser.

Mais on n'est absolument pas sûrs, au niveau européen, qu'un consensus va se dégager. Au moment d'appuyer sur le bouton, est-ce qu'il n'y en a pas qui vont se dire que c'est trop dangereux et qu'ils vont se coucher? D.Trump, si on lui dit qu'on va mettre une taxe sur les services numériques et les Gafam, vous pensez bien qu'il ne va pas rester à regarder!

Il faut construire un rapport de force et toute la question est de savoir si on est prêts à tenir le bras de fer pendant un bon moment. Il y a un facteur dont on n'a pas parlé, c'est la question militaire, la dépendance européenne au parapluie militaire américain. On s'est engagés à dépenser plus pour garder l'intervention des Etats-Unis dans l'Otan, le fait que les Etats-Unis soient là pour assurer notre sécurité.

On a accepté, dans l'accord, de dire qu'on continue à acheter du matériel militaire américain. Donc a-t-on vraiment les moyens, dans ce contexte, de dire qu'on va répliquer sur les services? J'ai un petit doute.

On ne l'a pas fait avant, on aurait peut-être dû. Pourquoi on le ferait après? - E.Albert: Ca se discute avant les négociations, pas après, c'est trop tard. - S.Brakhlia: Les 27 doivent se mettre d'accord et on voit bien qu'il y a un problème sur les services.

On n'a pas de marge de manoeuvre? - S.Matelly: Sur les services, on oublie souvent un pays, l'Irlande.

C'est le 3e exportateur européen aux Etats-Unis. C'est un pays qui va être fortement impacté, qui exporte beaucoup de biens pharmaceutiques. Et la pharmacie est encore dans l'incertitude, quant à l'accès au marché américain...

C'est un pays très dépendant également de ses services informatiques. Donc il va refuser qu'on touche à ses services informatiques. Il y a quelques années, l'Irlande avait bloqué la taxation des entreprises du numérique, le projet de taxation européenne.

C'est clairement le point faible. Il semblerait qu'on ait assez peu de marge de manoeuvre. A suivre... - M.Vignaud: Il va falloir regarder les instruments juridiques d'assez près.

S'il y en a qu'on peut activer grâce à la majorité qualifiée...

Pour faire simple, il faut un certain nombre d'Etats et de population représentés pour activer ces instruments. On pourrait éventuellement se passer de l'Irlande. - S.Brakhlia: Sauf que là, on n'a pas le temps?

On voit déjà qu'U.von der Leyen est allée à la rencontre pour acter ce deal. Les dernières négociations se jouent cette semaine.

On n'a plus le temps, en fait? - M.Vignaud: Il faut distinguer les secteurs pour lesquels on veut avoir une exemption dans l'accord actuel et, à plus long terme, si on veut répliquer sur le numérique.

Ce sont 2 choses séparées qu'il ne faut pas mélanger. - F.Geerolf: Ce qui me rend pessimiste, c'est que si on avait voulu le faire, on aurait eu tout intérêt à mélanger les 2 sujets et à les négocier en même temps.

On a décidé de ne pas le faire, ça veut dire, à mon avis, qu'on n'est pas d'accord. Il y a quand même des divergences d'intérêts entre pays européens. Pour se mettre d'accord pour sanctionner les Etats-Unis, ça va être plus compliqué que pour ne pas répliquer. - S.Brakhlia: Il y a quand même quelque chose qui peut être incompréhensible, vu de notre regard d'Européens.

La stratégie Trump, pourquoi elle n'est pas appliquée par nos dirigeants européens? On a l'impression que Trump défend sa population, ses intérêts. Il décide de ne pas augmenter les impôts.

Il dit qu'il va chercher l'argent sur les importations. C'est comme ça qu'il va renflouer les caisses du Trésor... - F.Geerolf: En fait, les Etats-Unis ont un déficit global de leur balance des biens et services.

Ils ont donc moins à perdre à la guerre commerciale, dans un monde de surproduction où on cherche des marchés pour écouler des marchandises. Aujourd'hui, la Chine cherche à avoir une stratégie de dégager des surplus commerciaux. L'Europe avait jusqu'ici cette stratégie.

Elle est donc vulnérable à un pays qui se sert de l'instrument des tarifs douaniers...

L'OMC, jusqu'ici, était soutenue par les Etats-Unis. C'était un ordre dominé par les Etats-Unis. Il avait été construit à la fin de la Seconde Guerre mondiale par les Etats-Unis.

Donc on a beaucoup de mal aujourd'hui à comprendre ce qui se passe. Ce sont les Etats-Unis qui ont défendu cet ordre mondial et qui sont en train de nous dire que ça ne leur convient plus. - M.Vignaud: Attention à ne pas acheter non plus le discours des Etats-Unis.

On ne sait pas si ce sera bénéfique pour les Etats-Unis. C'est le consommateur américain qui devrait, a priori, régler la facture. Et on n'est pas sûrs que ça réindustrialise les Etats-Unis. - S.Brakhlia: Question. - E.Albert: L'UE n'est pas au bord de l'éclatement.

Mais elle a montré qu'elle était faible sur ce qui était pourtant sa propre compétence, la compétence commerciale. Elle avait la capacité mais, politiquement, elle s'est dégonflée. Sur le reste, Gaza, l'Ukraine, on a moins de puissance car ce n'est pas une compétence européenne.

Là, il y avait la possibilité de répliquer mais l'UE ne l'a pas fait. Elle ne va pas exploser à cause de ça. - S.Brakhlia: Depuis Londres, quel est le regard sur cette affaire? - E.Albert: A Londres, on doit se dire que finalement, le Brexit a eu un effet bénéfique.

Croyez-moi, il n'y a aucun effet bénéfique du Brexit! Néanmoins, les Britanniques ont réussi à négocier tout seuls, et ça c'est passé assez vite, assez bien. Après, ils n'ont pas d'excédent commercial vis-à-vis des Etats-Unis. - M.Vignaud: Toute la logique de D.Trump, c'est de dire: "Si vous avez un gros excédent commercial vis-à-vis des Etats-Unis, je vous tape très fort." L'UE avait un gros désavantage structurel là-dessus.

Jusqu'à présent, il n'y avait pas besoin de taper très fort dessus. L'UE a peut-être servi quand même à quelque chose. Si je peux me permettre: Trump avait la possibilité de jouer la division européenne.

Il pouvait très bien dire qu'il mettait des droits de douane différents, en fonction de l'excédent. Peu de droits de douane sur la France, beaucoup de droits de douane sur l'Allemagne, qui exporte beaucoup...

Il n'a pas joué de cette stratégie. On a parlé à des gens, des négociateurs européens, qui étaient presque surpris qu'il n'ait pas joué cette carte. - S.Brakhlia: Ils étaient même soulagés, c'est ce que vous dites? - M.Vignaud: Oui. - F.Geerolf: C'est une carte difficile à jouer pour les biens difficilement transportables.

Vous pouvez importer via la Belgique, par exemple, si elle était soumise à des droits de douane différentiels... - M.Vignaud: Mais il va le faire pour l'Asie.

Il va vérifier s'il n'y a pas des transbordements entre les différents pays asiatiques. - F.Geerolf: La question se pose dans la zone de libre-échange nord-américaine.

L'UE a essayé d'exporter plus vers le Mexique et le Canada, pour contourner les droits de douane américains. Est-ce que D.Trump va réussir à mettre en place un équilibre avec le Mexique et le Canada, pour que l'UE ne fasse pas cette stratégie? - S.Brakhlia: Aujourd'hui, ce sont les Américains qui nous assomment avec des droits excessifs.

De l'autre côté, les Chinois ont décidé de nous concurrencer en inondant le marché européen, mais aussi en rachetant des entreprises françaises. Reportage à Albi, dans l'usine Safra. - Pendant près de 70 ans, elle a fait la fierté des habitants.

Safra, cette entreprise albigeoise, unique fabricant de bus à hydrogène en France, vient de passer sous pavillon chinois après un redressement judiciaire. Sur les 170 emplois, Wanrun, le repreneur, s'est engagé à en sauvegarder 120. Une bonne nouvelle pour les commerçants locaux. - Ils méritent d'être repris par un groupe avec les mêmes ambitions. - C'est ce qu'on souhaite en tout cas, pour nous, pour notre activité. - Cet opticien est rassuré, il ne perdra pas une partie de sa clientèle. - Le soulagement, c'est qu'on ne va pas parler d'Albi de façon négative, avec une entreprise qui ferme, au vu des circonstances actuelles.

Elle ne va pas être délocalisée. Elle va rester dans le tissu local. - Si Safra est sauvée pour le moment, elle perd toutefois ses couleurs tricolores.

Pourtant, parmi les candidats au rachat, il y avait bien un opérateur français, mais impossible de rivaliser face au groupe chinois qui a déboursé 7 millions d'euros. - On a l'impression de rencontrer un acteur qui joue dans une autre dimension. On ne peut pas s'aligner sur les conditions de reprises qui ont été proposées par les Chinois.

Les Chinois bénéficient de fortes subventions, dans leur stratégie qui consiste aujourd'hui à pénétrer certains marchés, dont l'Europe. Nous, on ne peut pas avoir une subvention pour reprendre Safra. - Ce n'est pas la première fois que des groupes chinois rachètent des entreprises en difficulté dans la région.

Bien souvent, c'est un échec. ...

Cette représentante de la CGT du Tarn dénonce la stratégie des entreprises asiatiques. - C'est souvent leur stratégie, de reprendre les entreprises en difficulté, pour récupérer les brevets, les homologations, les habilitations...

Le risque, c'est que demain, les Chinois décident que finalement, ils ont les habilitations et les agréments et qu'ils n'aient plus besoin d'envoyer leurs bus à Albi, pour qu'ils puissent les faire ailleurs. - Délocaliser la production, un risque balayé par la direction actuelle de Safra. ...

En pleine guerre commerciale avec les Etats-Unis, la Chine cherche à conforter sa place sur le marché européen. Selon ce député, le géant asiatique profiterait des failles de la réglementation française pour gagner des parts de marché. - Il y a une naïveté dans notre pays à continuer à jouer le jeu des règles internationales, en particulier de ne pas fixer de minimum de valeur ajoutée faite sur le territoire français, là où les Etats-Unis et la Chine sont complètement décomplexés et sont sortis de ce domaine. - En 2023, les investissements chinois en France s'élevaient à 13 milliards d'euros.

C'est 5 % de plus qu'en 2022. - S.Brakhlia: Et depuis la Moselle, une question de Gérard. - F.Geerolf: C'est une question qu'on se pose souvent.

La logique de l'Europe jusqu'ici a été de privilégier plutôt le consommateur. Les prix bas sont la priorité. On peut critiquer car il y a eu des délocalisations, mais ça nous a aussi aidés sur le pouvoir d'achat d'avoir des prix bas.

Je suis assez partisan d'une relocalisation en France et en Europe, mais les prix sont plus chers. Il y a une bonne raison pour avoir accepté de faire entrer les produits chinois, mais on se demande aujourd'hui si on n'a pas eu tort, si ce n'est pas une stratégie de long terme que joue la Chine. A court terme, on est envahis de produits chinois à bas prix, on subventionne... - S.Brakhlia: Avec une qualité douteuse, aussi. - F.Geerolf: Oui, c'est une stratégie de dumping.

Mais à long terme, on construit des capacités industrielles et on sera capables de remonter les prix. Est-ce que l'Europe ne joue pas la stratégie du court terme? Il y a une vision très naïve du libre-échange, qui est de dire que si le gouvernement chinois choisit de subventionner nos entreprises, est-ce qu'il ne faudrait pas en profiter? - S.Brakhlia: L'exemple du reportage est intéressant.

Les Chinois se sont engagés à garder 120 emplois sur 170 dans l'usine Safra. Il y avait un repreneur français, mais il dit qu'il n'avait pas les moyens de se confronter à l'offre chinoise. - S.Matelly: C'est intéressant, cet exemple.

Vous avez 2 façons de vendre des produits dans un pays. Soit vous importez dans le pays, et là, les produits chinois sont à des tarifs imbattables...

Même si on commence à se protéger. Sur les voitures électriques, on a imposé des droits de douane très élevés. On a fait une enquête et on a décidé que la concurrence n'était pas loyale, donc on a imposé des tarifs.

Le 2e élément, c'est qu'on peut investir dans le pays, acheter des entreprises et produire localement. C'était une alternative envisagée pour le véhicule électrique. Pendant longtemps, les Chinois ont bénéficié des investissements européens en Chine pour apprendre à faire des centrales nucléaires, des TGV, des avions, etc.

Aujourd'hui, ils sont forts sur les technologies de la transition énergétique, ils viennent investir en Europe pour fabriquer des batteries. Il y a eu un accord avec l'ancien Areva, à Dunkerque, pour construire des batteries. Simplement, il est vrai qu'un certain nombre de cas...

Ce n'est pas nouveau. Il y a eu un scandale en Allemagne, une entreprise chinoise qui voulait racheter un géant de la robotique qui avait des technologies très avancées. L'objectif était clairement de piller les technologies.

Il ne faut pas croire qu'on est démunis là-dessus. On a des mécanismes de contrôle des investissements étrangers. - S.Brakhlia: Mais sont-ils suffisants? - S.Matelly: Oui, à condition de les appliquer.

On manque peut-être un peu de pratique. Aujourd'hui, il faut dire oui ou non, pour contrôler les investissements. Ca peut être oui, mais sous conditions, en mettant des pare-feux pour empêcher les transferts de technologies.

On ne le fait pas suffisamment. - M.Vignaud: Il y a eu un rapport de Bercy sur le contrôle des investissements.

Ca n'a jamais été aussi large, mais il commence à y avoir des outils. On peut dire oui à un investissement, mais il faut créer un conseil d'administration parallèle où on contrôle que les engagements pris vont être respectés. On est de moins en moins naïfs.

On est en train de construire un mécanisme d'ajustement aux frontières, une espèce de taxe carbone sur les produits polluants. Il y a une négociation européenne un peu dure pour savoir si cette taxe carbone va s'appliquer uniquement à l'acier et ensuite sur des produits finis, ou bien si ce sera aussi appliqué aux composants qui sont dans les produits finis. Est-ce que les voitures chinoises vont être taxées à ce titre-là?

C'est une des prochaines étapes dont parle le gouvernement français. Au niveau européen, on dit plutôt: "Maintenant, on a montré notre faiblesse. Vous avez compris qu'il faut une autonomie stratégique.

Donc ces instruments-là, il faut vraiment les mettre sur la table. Il faut que la taxe carbone aux frontières s'applique et pas seulement à des morceaux d'acier importés, mais aussi à ceux qui sont dans la voiture. Il faut dire aux Chinois qu'ils ne pourront pas sélectionner leur usine..." Il faut regarder les émissions...

Si le pays pollue plus que l'UE, il va être taxé. - S.Brakhlia: Il n'y a pas de risque de perte de souveraineté sur des secteurs stratégiques?

On fait attention aux importations et à qui rachète quoi? - E.Albert: On fait un peu attention, mais il y a eu des pertes de souveraineté réelles.

On l'a vu pendant la pandémie. Les panneaux photovoltaïques étaient faits en Europe il y a 15 ans, ils sont tous faits en Chine aujourd'hui. Il ne faut plus être naïfs, on est d'accord, mais il ne faut pas crier au loup systématiquement non plus.

Si les Chinois veulent investir dans l'UE, très bien! Dans les années 80-90, on criait que les Japonais investissaient partout...

Ca n'a pas été négatif. - S.Brakhlia: Donc, on leur dit: "Bienvenue, mais on vous surveille"? - M.Vignaud: A l'époque, quand ils étaient considérés comme un pays en voie de développement...

Maintenant, ils veulent investir sur notre sol. On est d'accord, si on peut aussi construire notre filière de batteries, de voitures électriques, de véhicules à hydrogène... - S.Brakhlia: C'est le moment des questions de nos téléspectateurs.

Question. - S.Matelly: C'est le risque.

Comme on l'a dit, les prix vont mécaniquement augmenter aux Etats-Unis, donc la demande américaine va ralentir. A très court terme, le risque direct existe mais il n'est pas majeur. Néanmoins, l'économie américaine est quand même la 1re économie au monde.

C'est un moteur de la croissance économique mondiale. On peut très bien imaginer que les conséquences sur l'économie américaine vont se faire sentir très vite. Et si l'économie américaine se fragilise, c'est l'ensemble de l'économie mondiale qui va se fragiliser.

Surtout que les conséquences seront très fortes aussi pour l'économie chinoise. Il est fort probable qu'elle aura du mal à écouler cette surproduction ailleurs, car tout le monde se protège aujourd'hui. Les conséquences à moyen terme risquent d'être très importantes.

Il y a un élément que nous n'avons pas encore évoqué, mais il y a de forts doutes également sur la dette américaine. Elle subit aujourd'hui quelques revers. C'est la guerre suivante pour D.Trump, probablement.

Mais s'il y avait des craintes sur la solvabilité de l'Etat américain, cela pourrait entraîner une crise économique et financière majeure. - S.Brakhlia: Il y a beaucoup de questions.

Je vous demanderai des réponses courtes. Question. - F.Geerolf: "Au détriment", c'est un peu excessif...

Mais oui, derrière cet accord, il y a une peur d'avoir des tarifs douaniers encore plus forts. 15 %, c'est plutôt une bonne nouvelle pour les automobiles allemandes. Après, c'est normal qu'U.von der Leyen négocie pour l'ensemble de l'UE. - S.Brakhlia: On parlait des produits pharmaceutiques.

Question. - M.Vignaud: L'idée de D.Trump, c'est de faire produire aux Etats-Unis et que les prix des médicaments produits aux Etats-Unis ne soient pas les plus chers.

Il dit que c'est très cher parce que les autres pays produisent en priorité pour eux. Il veut donc faire baisser les prix et mettre en même temps des droits de douane. Ce n'est pas très cohérent, mais l'idée n'est pas de faire payer très cher les Américains pour leurs médicaments.

C'est plutôt de reproduire, de ne plus être dépendants, pour des produits sensibles qui traitent de la santé, à des produits venus de l'extérieur. - S.Brakhlia: Question. - E.Albert: Peut-être pas.

En revanche, si on taxait les Gafam, nous, consommateurs européens, le payerons. C'est le principe de la guerre commerciale. On se fait mal mais on monte à la bataille pour trouver à terme un accord plus équilibré. - F.Geerolf: La difficulté sur les Gafam, c'est que les rendements croissants sont très importants.

Il y a la place pour des acteurs plus concentrés. Mais est-ce que l'Europe peut encore rivaliser avec les Google et autres? C'est la question. - S.Brakhlia: Question. - S.Matelly: C'est une Europe politique et là, pour le coup, vraisemblablement, les citoyens européens et notamment les Français ne la souhaitent pas. - S.Brakhlia: On n'y est pas encore.

Question. - M.Vignaud: On l'a déjà fait. - E.Albert: C'est ce qu'on a fait sur les voitures électriques. - M.Vignaud: On pourrait augmenter encore mais on a des droits de douane importants, qui sont différenciés.

C'est différencié en fonction de chaque entreprise chinoise, en fonction de ses pratiques. - S.Brakhlia: Les téléspectateurs qui nous regardent ont l'impression que D.Trump défend plus ses concitoyens que les dirigeants européens ne nous protègent nous.

Question. - F.Geerolf: Le problème, c'est que comme il n'y a plus vraiment de débouchés possibles à l'étranger, est-ce que l'Europe n'a pas intérêt à se tourner vers son propre marché?

Théoriquement, l'Europe a eu une demande interne relativement faible. Ce serait peut-être le moment qu'elle se tourne vers son propre marché. - M.Vignaud: C'est ce que vont faire les Européens. - S.Brakhlia: Question. - E.Albert: Tout ce qui fait paraître l'UE faible est forcément bon pour les extrêmes droites européennes.

V.Orban le montre très bien en se réjouissant. A mon avis, elles se frottent les mains. - M.Vignaud: Faut-il plus d'Europe pour résister à D.Trump ou bien moins d'Europe?

L'extrême droite française dit que si on avait pu négocier avec les seuls intérêts de la France, on aurait eu