Pourquoi la réaction d'Emmanuel Macron face à la situation en Haïti fait polémique ?
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« 64% de la population haïtienne vit avec moins de 3,60$ par jour, selon la Banque mondiale. »
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« La France, puis les États-Unis, après l'indépendance au XIXe siècle, ont exigé l'équivalent de centaines de millions d'euros à Haïti après son indépendance. »
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« En 2010, un immense séisme avait fait plus de 200 000 morts et bouleversé le pays, ses habitants ainsi que ses infrastructures. »
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« Au cours de la semaine du 11 novembre, au moins 150 personnes ont été tuées et 92 personnes ont été blessées, selon un communiqué des Nations Unies. »
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« Depuis le début de l'année, ce sont 4500 personnes qui ont été tuées en Haïti et plus de 2000 personnes qui ont été blessées, sachant que l'ONU estime que le véritable bilan est probablement plus élevé. »
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« Le nombre d'enfants recrutés par les gangs a augmenté de près de 70% en un an. »
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« C'est près de 4000 femmes, qu'elles soient adultes ou mineures, qui ont rapporté avoir subi des violences sexuelles entre janvier et octobre, et notamment des viols collectifs. »
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« Environ 700 000 personnes ont été déplacées au sein du pays. »
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« « Si le gouvernement s'entête et ne veut pas discuter, alors ce gouvernement tombera. » »
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C'est une phrase qui a choqué et provoqué une polémique importante. La semaine dernière, Emmanuel Macron a accusé les responsables en Haïti d'être, je cite, complètement cons, mais aussi d'être responsable de la situation dans ce pays, qui est donc situé dans les Caraïbes en Amérique. Sur place, la situation est extrêmement inquiétante, avec des gangs au pouvoir grandissant et une pauvreté très importante. Alors aujourd'hui, on va analyser tout cela. Salut c'est Hugo, j'espère que vous allez bien. C'est donc le sujet à la une des actualités du jour.
Alors on en a déjà parlé sur cette chaîne, ça fait maintenant plusieurs années que la situation est catastrophique en Haïti, qui est donc une ancienne colonie française et qui est l'un des pays les plus pauvres du monde. Pour vous donner une idée, 64% de la population haïtienne vit avec moins de 3,60$ par jour, selon la Banque mondiale. Et donc en Haïti, ces dernières semaines et ces derniers mois, des gangs armés sèment la terreur et font la loi depuis l'assassinat du président haïtien Jovenel Moïse. Ça s'était passé en juillet 2021. La dernière élection présidentielle dans le pays, elle a donc eu lieu en 2016. Et le poste depuis l'assassinat du président haïtien en 2021 est donc vacant.
En attendant, c'est donc le gouvernement qui dirige, ou plutôt qui tente de diriger le pays dans la situation actuelle. Le 11 novembre dernier, un nouveau Premier ministre, Alix Didier, fils aimé, a été nommé après le limogé de son prédécesseur, Gary Coney. Et c'est d'ailleurs quelques jours après que, lors d'un échange à Rio au Brésil avec un Haïtien, Emmanuel Macron a accusé les responsables locaux d'être complètement cons. Selon Emmanuel Macron, je cite, « L'ancien Premier ministre était super, je l'ai défendu, ils l'ont viré ».
Bon, et pour remettre cette phrase dans le contexte, en fait, il avait été interpellé par un Haïtien qui l'avait accusé, lui et la France, je cite, « d'être responsable de la situation dans son pays », ce à quoi Emmanuel Macron avait d'abord affirmé, je cite, « que ce sont les Haïtiens qui ont tué Haïti ». Alors, cette déclaration du président français, vous l'imaginez, elle a fait polémique, ça a d'ailleurs poussé le ministre des Affaires étrangères haïtien à convoquer la semaine dernière l'ambassadeur de France en Haïti, un ambassadeur qui a reconnu qu'il s'agissait de propos malheureux.
Mais c'est une phrase qui permet de se plonger quand même sur cette question, comment expliquer la situation actuelle en Haïti ? Alors, la première raison, qui n'est pas la raison la plus récente en quelque sorte, mais qui est tout de même avancée par certains chercheurs, c'est un contexte historique. Je l'ai dit, Haïti, c'est une ancienne colonie française qui est devenue indépendante en 1804. Or, eh bien, une enquête du New York Times, qui a été publiée en 2022, mettait la lumière sur une dette haïtienne envers la France. Et oui, la France, puis les États-Unis, après l'indépendance au XIXe siècle, ont exigé l'équivalent de centaines de millions d'euros à Haïti après son indépendance.
Des sommes d'argent justifiées, je cite, « par un besoin de réparation et sous la menace d'une guerre si Haïti n'acceptait pas ». Alors, le New York Times, dans cette enquête, décrivait, je cite, « une spirale d'endettement qui a paralysé le pays pendant plus d'un siècle et ce qui a placé le pays dans une situation économique difficile ». Bon, ça, c'est l'une des raisons historiques, mais il y a évidemment beaucoup d'autres raisons qui sont très récentes. La deuxième raison que l'on peut évoquer, ce sont les catastrophes naturelles. Haïti est située dans les Caraïbes, dans une zone où les séismes et les ouragans sont fréquents.
Par exemple, en 2010, un immense séisme avait fait plus de 200 000 morts et bouleversé le pays, ses habitants ainsi que ses infrastructures. Enfin, je l'ai dit, il y a aussi une instabilité politique qui est combinée à des problèmes économiques qui ont accentué donc des mauvaises décisions ou encore le développement de la corruption. Et ce cocktail explosif, on en parlait déjà l'an dernier, il plonge Haïti dans des scènes de violence inédites que l'on voit aujourd'hui. En fait, pour bien comprendre, actuellement, à Port-au-Prince, qui est donc la capitale d'Haïti, eh bien, 80% du territoire est aujourd'hui contrôlé par des gangs.
Et pour vous donner une idée, au cours de la semaine du 11 novembre, au moins 150 personnes ont été tuées et 92 personnes ont été blessées, selon un communiqué des Nations Unies. Plus globalement, depuis le début de l'année, ce sont 4500 personnes qui ont été tuées en Haïti et plus de 2000 personnes qui ont été blessées, sachant que l'ONU estime que le véritable bilan est probablement plus élevé. Cette nouvelle explosion de violence à laquelle on assiste depuis quelques jours, elle est attisée par une alliance appelée Vive Ensam, donc Vivre Ensemble. C'est une alliance de gangs qui a été formée au mois de février et qui était parvenue à renverser le Premier ministre de l'époque, Ariel Henry.
Et l'un des éléments particulièrement inquiétants, c'est que près de la moitié des membres des gangs armés sont désormais des enfants, c'est ce qu'indique l'UNICEF. En effet, le nombre d'enfants recrutés par les gangs a augmenté de près de 70% en un an. Et cette hausse, elle s'explique notamment par le manque d'accès à l'éducation, l'escalade de la violence, la pauvreté généralisée, mais aussi le fait que beaucoup d'enfants rejoignent ces gangs sous la menace ou dans l'espoir de soutenir leur famille.
Il y a aussi de nombreuses accusations de violences sexuelles sur les femmes, une situation qui serait en train de se généraliser dans le pays, selon l'organisation de défense des droits de l'homme, Human Rights Watch. D'après l'ONG, c'est près de 4000 femmes, qu'elles soient adultes ou mineures, qui ont rapporté avoir subi des violences sexuelles entre janvier et octobre, et notamment des viols collectifs. Ces violences, elles sont commises majoritairement par des membres des gangs criminelles, et le nombre d'enfants aussi victimes a augmenté de près de 1000% par rapport à la même période en 2023.
Mais là aussi, c'est des chiffres probablement sous-estimés, ce qui inquiète du coup beaucoup les organisations internationales. Enfin, pour ne rien arranger à cela, il faut comprendre que les violences sur place empêchent certaines ONG, par exemple Médecins Sans Frontières, de faire correctement leur travail, et notamment de fournir des soins d'urgence gratuits. Bref, face à tout cela, environ 700 000 personnes ont été déplacées au sein du pays. Il y a eu aussi, on en avait déjà parlé à l'époque sur la chaîne, depuis fin juin, une mission multinationale d'appui à la sécurité en Haïti qui est déployée sur place.
C'est quelque chose qui est mené par le Kenya qui a pour objectif d'aider la police haïtienne à tenter de rétablir l'ordre dans le pays. Mais la mission actuellement manque cruellement de moyens, donc la situation est particulièrement délicate. Et en attendant, c'est véritablement un pays qui est plongé dans le chaos. Ça me semblait donc essentiel de faire un nouveau point sur le sujet aujourd'hui. On continuera à vous informer sur la situation sur place. Je vous laisse avec Samy pour les actualités en bref et je reviens juste après. Merci Hugo et bonjour à tous. On commence avec cette actu. Le gouvernement de l'actuel Premier ministre Michel Barnier pourrait être censuré d'ici décembre.
Sans rentrer dans tous les détails, le projet de budget de la sécurité sociale sera débattu à l'Assemblée nationale le 2 décembre prochain. Mais le truc, c'est que ce projet est très contesté et le gouvernement pourrait donc utiliser l'article 49.3 qui lui permet de faire adopter un texte de loi sans passer par un vote à l'Assemblée nationale. Alors face à une telle décision, de nombreux politiques de gauche et de droite ont déjà affirmé qu'ils censuraient donc le gouvernement grâce à une motion de censure qui, si elle obtient une majorité absolue des voix, donc plus de 289 députés, pourrait forcer l'ensemble des ministres et le Premier ministre à démissionner.
Pour cela, il faudrait que les députés du Rassemblement national et les députés des partis de gauche votent la même motion de censure. Jordan Bardella, le président du RN, a affirmé que, je cite, « Si le gouvernement s'entête et ne veut pas discuter, alors ce gouvernement tombera. » Au micro de BFMTV RMC, le ministre de l'Économie, Antoine Armand, s'est dit prêche, je cite, « à faire des concessions sur les textes budgétaires afin d'éviter la tempête économique et financière qu'entraînerait selon lui la chute du gouvernement. » On suivra ça.
Deuxième actu, Israël va faire appel de la décision de la Cour pénale internationale qui a émis des mandats d'arrêt contre le Premier ministre Benyamin Netanyahou et son ex-ministre de la Défense, Yoav Galland. La CPI avait émis des mandats d'arrêt le 21 novembre contre les deux dirigeants israéliens pour crime contre l'humanité et crime de guerre. Mais l'État hébreu a depuis affirmé « Nier l'autorité de la Cour pénale internationale et la légitimité des mandats d'arrêt. » De son côté, la France est restée floue sur le fait ou non de procéder à l'arrestation de ses dirigeants s'ils se rendaient en France.
Israël a aussi demandé la suspension de l'exécution des mandats d'arrêt en attendant d'être rejugé par la CPI. Et malgré le cessez-le-feu qui vient d'entrer en vigueur ce mercredi, l'armée israélienne a affirmé ce jeudi avoir mené une frappe sur une installation du Hezbollah dans le sud du Liban. Depuis hier, Israël et le parti islamiste libanais s'accusent mutuellement de violation du cessez-le-feu. Plus tôt ce jeudi, les autorités israéliennes ont déclaré que plusieurs suspects s'étaient rendus dans le sud du Liban à bord de véhicules, violent ainsi les conditions du cessez-le-feu avant que l'armée israélienne ouvre le feu sur eux.
L'armée israélienne a aussi annoncé imposer un couvre-feu nocturne dans le sud du Liban entre 17h et 7h du matin ce vendredi. Troisième actu, en Ukraine, cette fois-ci, un million de personnes se sont retrouvées sans électricité ce jeudi matin après une attaque aérienne massive de la Russie. Selon l'armée ukrainienne, la Russie a tiré au total 91 missiles et 97 drones d'attaque en visant les infrastructures énergétiques de l'Ukraine alors que les températures sont actuellement proches des 0 degrés Celsius.
A noter aussi que ce mercredi, l'administration du président américain sortant Joe Biden a appelé l'Ukraine à abaisser l'âge minimum pour la mobilisation militaire à 18 ans au lieu de 25 ans actuellement pour compenser le manque de soldats ukrainiens alors que les forces russes gagnent du terrain. Quatrième actu, la TVA pourrait passer de 5,5% à 20% pour les eaux vendues en bouteilles en France sauf outre-mer. C'est ce qu'a voté le Sénat dans la nuit de mercredi à jeudi. La TVA, donc la taxe de valeur ajoutée est une sorte d'impôt indirect en France qui est rajouté automatiquement sur le prix de vente de produits et de services.
Cette hausse de la TVA pourrait donc augmenter le prix des bouteilles d'eau. Selon les sénateurs, cette mesure pourrait rapporter entre 150 et 300 millions d'euros à l'État par an. L'objectif affiché, favoriser l'eau du robinet après les scandales sur les pratiques des industriels de l'eau minérale. Il faut désormais que l'Assemblée nationale vote également cette mesure qui est comprise dans le projet du budget. Le ministre des Comptes Publics, Laurent Saint-Martin, s'est de son côté opposé à cette mesure en affirmant que la TVA n'était pas un outil fiscal incitatif qui devrait donc pousser les consommateurs à se diriger vers tel ou tel produit.
Cinquième actu, 9 femmes accusent l'acteur Gérard Darmont de violences sexistes et sexuelles sur le tournage de 6 films dans une enquête publiée par Politis ce mercredi. Les faits rapportés auraient lieu entre 2018 et l'été 2024. Les témoignages sont anonymes pour protéger l'emploi des personnes qui parlent mais l'article précise que certaines sont maquilleuses, habilleuses, techniciennes ou assistantes de réalisation. L'une d'entre elles était même stagiaire au moment des faits. Elles dépeignent notamment des humiliations, des insultes sexistes et un sentiment permanent d'insécurité. Selon un témoignage, Gérard Darmont aurait notamment dit « Ça va, tu vas pas me faire une MeToo ?
» après avoir mis sa main entre les cuisses d'une des femmes. Gérard Darmont qui a été contacté par Politis a nia avoir eu des propos ou des gestes déplacés et une plainte aurait été déposée contre la production d'un des films pour absence de protection face à l'acteur. Et on termine avec cette actu, la plateforme de VTC Uber a lancé ce jeudi Uber by Woman. Concrètement, cette option permet aux personnes qui le souhaitent et notamment les femmes de choisir directement sur l'application ce qu'elles veulent une conductrice au lieu d'un conducteur. L'option est pour le moment disponible uniquement sur Paris et en Ile-de-France.
Le prix d'une course ne change pas mais le temps d'attente pourrait être plus élevé. 15 minutes en moyenne contre 4 minutes sur UberX selon l'entreprise puisqu'il faut savoir qu'Uber compte seulement 1500 conductrices en Ile-de-France pour un total de 45 000 conducteurs. Merci pour ces actualités en bref.
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