Bonjour chez vous ! du 1er juin 2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 43 %Attaque 29 %Défensif 28 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 7:40OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on est en train de prendre conscience actuellement de toutes ces violences contre les enfants, notamment des violences sexuelles ?
- 8:53OuverteRéponse directe
Il y a eu une omerta de la part des adultes sur ces violences faites aux enfants, notamment dans certaines écoles, avec un problème de remontée de signalement ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Est-ce que vous comprenez la colère des familles face à cette réquisition ?
- 11:01OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes favorable à une commission d'enquête parlementaire sur ces violences dans le périscolaire ?
- 12:39OuverteRéponse directe
Comment est-ce possible que jusque-là, les recrutements des animateurs ne donnaient pas lieu à des contrôles stricts des antécédents judiciaires ?
- 13:36OuverteRéponse directe
Mettre en place une liste noire avec des personnes qui n'auraient pas été condamnées, est-ce que ça ne pose pas un problème d'État de droit ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:04PrésentateurFait
« En 2025, près de 114 000 enfants ont été victimes de violences physiques, des violences au sein du foyer familial, mais aussi dans certaines structures d'accueil et notamment les écoles avec ce scandale. »
- 8:41InvitéChiffre
« En moyenne, c'est un enfant toutes les trois minutes dans notre pays qui est agressé, violé, victime d'inceste ou de violences sexuelles. »
- 9:43PrésentateurFait
« Un homme a comparu la semaine dernière devant le tribunal de Paris pour agression sexuelle sur neuf enfants âgés de trois à cinq ans entre 2024 et 2025. »
- 9:53PrésentateurFait
« Le parquet a requis pour cet homme trois ans de prison, dont un enferme, mais sous bracelet électronique. »
- 31:27PrésentateurChiffre
« Le SMIC augmente aujourd'hui de 2,4% pour atteindre 1478 euros net par mois. »
- 31:40InvitéFait
« Non, ce n'est pas suffisant parce qu'en fait, on est dans un mécanisme automatique. »
- 32:30InvitéChiffre
« On a plus d'une centaine, 128 branches qui ont des coefficients sous le SMIC. »
- 35:02PrésentateurChiffre
« Il y a 11 coefficients de catégorie C qui sont sous le SMIC. »
- 37:08InvitéChiffre
« Il y a 60 000 postes non pourvus dans l'ensemble des fonctions publiques parce que ce sont des secteurs qui manquent d'attractivité. »
- 38:22PrésentateurChiffre
« L'exécutif répète en boucle que 130 000 emplois industriels ont été créés depuis 2017 et 300 usines ouvertes en France. »
- 38:40InvitéChiffre
« Sur 2025, on est à 200 000 emplois industriels qui ont été détruits. »
- 39:53InvitéChiffre
« Vous avez l'entreprise comme Michelin qui a annoncé 1 500 suppressions d'emplois »
- 40:13InvitéFait
« un emploi industriel détruit, ce sont 3 à 4 emplois induits qui disparaissent également et ce sont des compétences perdues »
- 41:00PrésentateurFait
« Les salariés sont extrêmement inquiets depuis longtemps »
- 48:20InvitéPromesse
« Nous voulons défendre l'idée d'un régime à la carte »
- 49:16InvitéFait
« bon nombre de salariés ont accès à l'épargne salariale »
- 49:24InvitéFait
« tous les salariés n'y ont pas accès »
- 52:04InvitéChiffre
« On compte désormais 390 interpellations »
- 52:08InvitéChiffre
« C'est plus 45% par rapport à l'an dernier »
- 52:14InvitéChiffre
« 57 fonctionnaires de police et des gendarmeries qui avaient été blessés »
- 57:25InvitéChiffre
« des dizaines de milliards d'euros pour la construction de data centers dans les Hauts-de-France »
- 57:30InvitéChiffre
« 53 milliards et un montant record pour la région »
- 57:44InvitéFait
« le fondateur du groupe Softbank, deuxième fortune du Japon qui possède 11% du capital d'OpenAI »
- 58:00PrésentateurChiffre
« dans les 10 prochaines années, 500 000 dirigeants vont partir à la retraite et presque autant d'entreprises qui seront susceptibles d'être cédées en France »
- 1:03:50InvitéFait
« Il y a des changements de bord. C'est quand même quelqu'un qui défendait la retraite à 64 ans, coûte que coûte, la non-abrogation, il y a encore quelques mois »
- 1:15:31InvitéFait
« Il veut mettre fin à l'âge légal de départ à la retraite »
- 1:16:52PrésentateurChiffre
« Gabriel Attal propose d'instaurer dans notre système des retraites une dose de retraite par capitalisation avec 1 000 euros qui seraient donnés par l'État à chaque Français dès la naissance »
- 1:17:42PrésentateurFait
« Supprimer l'âge de départ à la retraite »
- 1:19:53PrésentateurFait
« Une chose sur cette retraite par capitalisation, il faut quand même avoir en tête que c'est une rupture avec une partie de l'histoire de la France »
- 1:20:02PrésentateurFait
« Notre retraite aujourd'hui, elle est par répartition »
- 1:20:16PrésentateurFait
« Avec Agir Carco, c'est déjà un peu ce que font... »
- 1:23:03PrésentateurFait
« Certains disent qu'il est plutôt isolé dans ce bloc central, dans ce parti Renaissance »
- 1:23:32PrésentateurFait
« L'offritel, c'est l'enjeu de Gabriel Attal. Il est de plus en plus isolé »
- 1:24:53PrésentateurFait
« Gabriel Attal, il prenait la gestation pour autrui. Édouard Philippe, pas du tout »
- 1:25:15PrésentateurFait
« Gabriel Attal, il est resserré sur vraiment le noyau dur du macronisme »
Temps de parole
- Présentateur77 %
- Invité9 %
- Invité 26 %
- Invité 32 %
- Invité 42 %
≈ 0,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, très heureux de vous retrouver sur Public Sénat en ce lundi 1er juin pour faire le tour de l'information politique et de l'actualité dans vos régions. Au sommaire de cette émission, c'est le premier meeting de la campagne présidentielle 2027. Gabriel Attal a réuni samedi à Paris 5000 sympathisants et a lancé la bataille du centre face à Edouard Philippe. Alors a-t-il réussi son début de campagne ? C'est le débat du jour avec nos éditorialistes. Le SMIC augmente aujourd'hui de 2,4% pour atteindre 1478 euros net par mois.
Mais en réalité, 70% des branches professionnelles ont des salaires minimums inférieurs au SMIC. Alors comment relancer le pouvoir d'achat des travailleurs en période d'inflation ? On posera la question dans 30 minutes à Marie-Lise Léon, la secrétaire générale de la CFDT. Et puis nous parlerons de l'enjeu de la protection de l'enfance. Alors que le scandale des violences sexuelles dans le périscolaire frappe les écoles parisiennes, Xavier Iacovelli, vice-président du Sénat qui a beaucoup travaillé sur ces questions, est notre invité dans quelques instants. Et enfin, comment gérer le maintien de l'ordre autour des grands événements sportifs dans la capitale ?
Une question qui se pose après les violences samedi soir à Paris qui ont émaillé la victoire du PSG en Ligue des Champions. Nous serons en duplex avec le premier adjoint au maire du 8e arrondissement de la capitale. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. Et on commence avec le journal. Bonjour Quentin Calmet. Bonjour Alexandre, bonjour à tous. On commence par un dimanche de fête hier dans la capitale autour du Paris Saint-Germain.
Voilà, les joueurs du PSG, sacrés champions d'Europe pour la deuxième fois d'affilée, ont été accueillis hier en héros à leur retour à Paris lors de célébrations sous haute surveillance après une nuit de liesse émaillée d'incidents, endeuillée aussi par la mort d'un homme. Le récit de Clémentine Louise.
Un trophée brandi au-dessus de la foule. Pour la deuxième année consécutive, les supporters exultent. Ils étaient près de 100 000 hier sur le champ de Mars pour le retour des joueurs dans la capitale. Comme pour la première étoile, l'Elysée leur a ouvert ses portes. Le président de la République les a félicités un par un.
Vous nous avez fait vraiment vibrer jusqu'à la dernière seconde. Et qu'autant l'année dernière, ça avait été franc, massif, triomphant, là, vous avez été la chercher et on a vibré avec vous. Mais quelle équipe ! La France a fait en deux ans, grâce au PSG, ce que nous n'avions pas fait dans notre histoire en 70 ans de foot. C'est-à-dire deux titres. Et donc, merci pour ça.
Les joueurs ont ensuite rejoint leur arène favorite, le Parc des Princes, pour un dernier moment de fête. Des images pour l'éternité qui tentent de faire oublier les débordements de samedi soir. Le bilan fait état d'un accident mortel de motocross sur le périphérique parisien et de 780 d'interpellations. Un chiffre en hausse de 32% par rapport à l'année dernière.
Emmanuel Macron qui était hier à l'Elysée pour recevoir les joueurs du PSG et qui est aujourd'hui au château de Versailles pour le sommet Choose France, le dernier du quinquennat.
Oui, c'est la neuvième édition du sommet Choose France dédié aux investissements étrangers. Un sommet qui se veut historique en matière d'annonce, selon l'Elysée, notamment pour le secteur de l'intelligence artificielle. Écoutez le ministre de l'Économie. Il était hier en déplacement dans les Yvelines sur le site de l'entreprise TZ Data Center. Écoutez Roland Lescure.
On est dans une révolution industrielle. Cette révolution industrielle, la France a tous les atouts pour en être un des vainqueurs, un des vecteurs. Donc il faut qu'on continue à investir dans l'avenir en France. Nos prédécesseurs l'ont fait dans les années 70. Il faut qu'on continue à le faire pour que dans 30-40 ans, on soit fier de ce qu'on a fait. On est là, au fond, pour s'assurer que quand les gens ont envie d'investir quelque part dans le monde, ils choisissent la France. Et pour ça, il faut à la fois qu'au niveau du président de la République et du sous-préfet qui délivre le permis de construire, on soit tous alignés. C'est exactement ce qui se passe depuis 10 ans.
Dans la guerre au Moyen-Orient, de nouvelles frappes américaines en Iran.
Oui, les États-Unis qui ont annoncé hier avoir mené des frappes pendant le week-end dans le sud de l'Iran, ciblant notamment des systèmes de radars, de contrôle de drones, en dépit du cessez-le-feu en vigueur entre les deux pays. Ce matin, ce sont les gardiens de la Révolution iranien qui ont annoncé avoir ciblé une base militaire utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire. Et au Liban, la guerre d'Israël contre le Hezbollah franchit un nouveau cap, un tournant décisif, a même dit Benjamin Netanyahou, avec la prise par Israël de la forteresse de Beaufort, ce qui ouvre la voie à une progression de l'armée vers la région de Nabatillé.
Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barraud, a demandé une réunion en urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies. Alex ?
J'ai demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies. Pourquoi ? Parce que si nous reconnaissons le droit d'Israël, comme de tout pays, à la légitime défense, à se défendre contre les attaques du Hezbollah qui, le 2 mars dernier, a choisi d'entraîner le Liban dans la guerre. Rien ne peut justifier la prolongation des opérations militaires israéliennes au Liban et son occupation de plus en plus profonde dans le territoire libanais. Les relations entre l'Algérie et la France continuent de se réchauffer. Le ministre de l'Intérieur algérien est en visite à Paris aujourd'hui.
Voilà, le ministre de l'Intérieur français, Laurent Nunez, reçoit ce lundi son homologue algérien Saïd Sayoud pour une visite de travail, je cite, et qui pourrait constituer une nouvelle étape dans le réchauffement des relations entre l'Algérie et la France. Cette visite annoncée mi-mai par le ministre de l'Intérieur français s'inscrit dans la continuité de son déplacement les 16 et 17 février derniers à Algerie.
Et dans l'actualité politique française, le président du Sénat, Gérard Larcher, est candidat à sa réélection à la tête de la Haute Assemblée.
Voilà, Gérard Larcher qui explique, j'espère que mes collègues me feront à nouveau confiance en octobre, pour trois ans, en octobre, lors du prochain renouvellement du Sénat. Gérard Larcher dans les colonnes de la tribune dimanche, qui est aussi interrogé à propos de la présidentielle et de la multiplication des candidats de la droite et du centre. Le président du Sénat a dit, il va falloir qu'on trouve un système pour qu'à la fin de l'année, au plus tard, on puisse choisir notre représentant. Je prendrai, le moment venu, mes responsabilités pour proposer des initiatives et trouver une solution. Fin de citation.
Merci beaucoup, Quentin. On vous retrouve dans quelques minutes pour parler des enfants placés en foyer ou en famille d'accueil qui, à l'avenir, seront tous protégés et représentés par un avocat, car tout de suite, on va parler de la protection de l'enfance. Une émission consacrée aujourd'hui à la protection de l'enfance, une question urgente. En 2025, près de 114 000 enfants ont été victimes de violences physiques, des violences au sein du foyer familial, mais aussi dans certaines structures d'accueil et notamment les écoles avec ce scandale. qui touche les écoles parisiennes, scandale de violences sexuelles dans le périscolaire.
Le ministre de la Justice, Gérald de Damarnin, parle de MeToo des enfants. Pour en parler, j'accueille Xavier Akoveli. Bonjour. Bonjour. Vous êtes vice-président du Sénat, sénateur des Hauts-de-Seine, membre du groupe RDPI au Sénat. Le groupe RDPI, c'est le camp présidentiel. Et vous présidez aussi le parti démocrate et progressiste, c'est-à-dire l'aile social-démocrate, du Bloc central. Xavier Akoveli, est-ce qu'on est en train de prendre conscience actuellement de toutes ces violences contre les enfants, notamment des violences sexuelles ? Et est-ce qu'on peut parler de MeToo des enfants ?
Je crois que Gérald de Damarnin, le garde des Sceaux, a raison de parler d'un MeToo parce que je pense que c'est aussi grave et c'est une ampleur aussi importante que ce qui s'est passé pour les femmes. Est-ce qu'on prend conscience ? Oui, la société prend enfin conscience, en fait, elle ouvre enfin les yeux parce qu'en fait, la réalité, c'est que la libération de la parole, elle existe depuis longtemps pour les enfants. Les enfants ont toujours parlé, ils ont toujours exprimé de façon verbale ou non-verbale leur mal-être, les violences qu'ils ont subies, qu'elles soient sexuelles ou agressions.
Sauf que la réalité, c'est que la société n'était pas prête pour écouter et les adultes n'étaient pas prêts pour comprendre ce qui se passait réellement. Et donc là, je pense qu'il y a une prise de conscience collective, des défaillances qui sont pointées et sur lesquelles, maintenant, il va falloir apporter des solutions claires parce qu'on parle, vous donnez des chiffres, mais en fait, en moyenne, c'est un enfant toutes les trois minutes dans notre pays qui est agressé, violé, victime d'inceste ou de violences sexuelles. Et donc, c'est un vrai sujet de société sur lequel il faut s'emparer enfin.
– Il y a eu une omerta de la part des adultes sur ces violences faites aux enfants, notamment dans certaines écoles, dans certaines collectivités, avec un problème de remontée de signalement ? – Clairement, enfin, je veux dire, on ne peut pas avoir autant de victimes et aussi peu de condamnations ou de changements, en fait, de système. Donc oui, il y a eu une omerta, volontaire ou non-volontaire, ça, c'est les juges et la justice qui le décidera, mais la réalité, c'est qu'on n'a pas su protéger les enfants dans notre pays. Et donc, il est temps maintenant qu'on réagisse.
Et moi, je remercie vraiment le garde des Sceaux, qui a décidé de faire de la fin du quinquennat vraiment une priorité de la protection de l'enfance. – La justice qui s'est emparée du dossier du scandale de violences sexuelles dans le pays scolaire parisien, avec plusieurs enquêtes ouvertes, 84 écoles maternelles concernées, une vingtaine d'écoles élémentaires et une dizaine de crèches visées. Et d'ailleurs, un homme a comparu la semaine dernière devant le tribunal de Paris pour agression sexuelle sur neuf enfants âgés de trois à cinq ans entre 2024 et 2025. Et le parquet a requis pour cet homme trois ans de prison, dont un enferme, mais sous bracelet électronique.
Ça veut dire qu'il n'ira pas en prison. Est-ce que vous comprenez la colère des familles face à cette réquisition ? – Non, je ne le comprends pas. Et d'ailleurs, je l'ai dit dans l'hémicycle, lors du débat justement sur la loi de contrôle qui était portée par Réveille Moret de contrôle sur le périscolaire, je l'ai dit, un an seulement de bracelet électronique quand on a été bourreau de neuf enfants, officiellement, parce qu'on ne sait pas s'il y en a d'autres, mais neuf enfants, je pense qu'il y a un problème.
Alors moi, je ne suis pas, je suis législateur, je ne suis pas là pour pointer du doigt en fait et remettre en cause des jugements des juges qui sont indépendants, mais je me dis peut-être qu'il faut renforcer notre système judiciaire pour faire en sorte que les juges puissent avoir des sanctions beaucoup plus lourdes pour ceux qui aujourd'hui détruisent la vie parce qu'en fait, contre ces enfants-là, ils ont été victimes peut-être une fois, mais c'est toute leur vie qu'ils vont porter des séquelles. Et donc sur lequel, aujourd'hui, on a besoin d'avoir de la réparation pour ces victimes, d'avoir un suivi.
Et je pense que la première chose qu'on peut faire, en tout cas pour protéger ces enfants et pour montrer que la République est là pour eux, c'est de faire en sorte de condamner les bourreaux. Est-ce que vous êtes favorable à une commission d'enquête parlementaire sur ces violences dans le périscolaire, et une commission d'enquête qui est demandée par la sénatrice Les Républicains de Paris, Agnès Évren ? Oui, Agnès Évren l'a dit lors du débat. Moi, je suis complètement d'accord. Et elle est légitime, d'ailleurs, pour le dire. Elle est sénatrice de Paris. Il y a plus d'une centaine d'établissements scolaires ou périscolaires qui ont été touchés en Paris. Donc c'est évident qu'elle demande ça.
Et donc moi, je soutiendrai cette demande. Après, je pense qu'il faut l'élargir seulement à la question de Paris parce que la question des violences sur enfants, elle touche tous les territoires. Et elle touche d'ailleurs tous les territoires, et pas seulement dans le privé, comme on a pu le penser pendant un certain nombre d'années. On voit bien que les premiers scandales sont arrivés par l'école privée. Et on voit bien qu'aujourd'hui, ça touche le public. Et en fin de compte, c'est une évidence. C'est-à-dire qu'à chaque fois qu'il y a des enfants, il y a des prédateurs. Et donc il faut qu'on puisse absolument, aujourd'hui, avoir cette commission d'enquête pour montrer ce qui ne va pas.
Donc l'actuel maire de Paris, Emmanuel Grégoire, qui était premier adjoint au maire de Paris au moment des faits, doit s'expliquer devant une commission d'enquête parlementaire ? Mais tous les acteurs. Il n'y a pas que le premier adjoint qui est devenu maire, en fait. La réalité, c'est que tous ceux qui ont été en contact avec ces informations-là, qui ont eu ces informations-là sur les défaillances de notre système et qui n'ont pas été à la hauteur pour protéger nos enfants, doivent s'expliquer devant la représentation nationale. C'est le principe d'une commission d'enquête. Alors, vous en parliez.
Plusieurs textes de loi prévoient de mieux contrôler les antécédents judiciaires des animateurs du péri-scolaire. C'est le cas de la proposition de loi qui a été votée la semaine dernière au Sénat, mais aussi de la proposition de loi Betaram, qui est examinée cette semaine à l'Assemblée nationale après le scandale de cette école privée près de Pau. Comment est-ce possible que jusque-là, les recrutements des animateurs ne donnaient pas lieu à des contrôles stricts des antécédents judiciaires ? – Mais c'est tout le problème de… En fait, on a tellement fait confiance peut-être au système, de s'organiser eux-mêmes.
En fait, on a même vu que des animateurs qui étaient signalés sur des problèmes de violence ou de violence sexuelle, en fait, plutôt d'être exclus complètement de ce système, étaient juste déplacés d'une école à l'autre. Donc, en fait, on déplaçait le problème. Alors, est-ce que c'est parce qu'on n'arrivait pas à recruter assez d'animateurs, parce que c'est un vrai secteur en difficulté de recrutement ? Et donc, du coup, on fait avec ce qu'on a, mais en fait, c'est au détriment de la protection de nos enfants. Et donc, oui, il faut absolument qu'on puisse remédier à ça.
– Le ministre de l'Éducation nationale, Edouard Geffray, veut créer une liste noire des personnels qui sont évincés de l'Éducation nationale pour des comportements inappropriés avec des enfants, même s'ils n'ont pas été condamnés par la justice. Mettre en place une liste noire avec des personnes qui n'auraient pas été condamnées, est-ce que ça ne pose pas un problème d'État de droit ? – Alors, il y a un problème, effectivement, de présomption d'innocence, c'est-à-dire qu'on peut avoir des signalements qui sont parfois abusifs, mais il y a aussi un principe de précaution.
Et cette liste noire, après, il faut voir dans quelles conditions, quels critères on met ces personnes sur cette liste noire. Mais ce qui est sûr, c'est qu'on le voit bien dans la plupart des cas qui ont été signalés, notamment à Paris, ce ne sont pas des gens qui avaient été condamnés, c'est aussi des gens seulement qui avaient une… c'était une première fois, on va dire, en tout cas officiellement. Et donc, c'est pour ça que nous, moi, je prône pour une évaluation psychologique aussi, parce que quand on n'est pas inscrit dans un fichier de délinquance sexuelle, en fin de compte, la collectivité ne peut pas avoir ses antécédents et donc ne peut pas protéger les enfants.
Moi, je pense qu'il faut généraliser l'évaluation psychologique, comme on fait pour les pilotes de ligne, pour l'armée, par exemple, où on ne permettrait pas, en fait, à un pilote de ligne, par exemple, d'envoyer 300 personnes dans le mur, parce que, justement, il a la responsabilité des passagers. C'est pareil, les animateurs, les professeurs, tous ceux qui sont en contact avec les enfants ont la responsabilité de la vie et la protection des enfants, et donc, ils doivent avoir une évaluation psychologique. Moi, c'est ce que je vais porter dans les prochaines semaines. De quelle manière vous allez porter cette réforme ?
J'ai une question officielle qui va être portée dans l'hémicycle début juin directement au Sénat. Et puis, dans le cadre du projet de loi en France, je pense qu'il y aura aussi des accroches où on va pouvoir porter, effectivement. Mais je pense que c'est plus du réglementaire, d'ailleurs, que du législatif. Et donc, c'est pour ça que je voulais faire une question au gouvernement à ce niveau-là. Alors, autre grand dossier qui touche à la protection de l'enfance, la présence d'un avocat auprès de chaque enfant qui est placé ou protégé. Quentin, le Sénat a adopté un texte ce jeudi qui va en ce sens.
Oui, c'est une mesure emblématique réclamée par les professionnels et les associations. En France, on le rappelle, plus de 380 000 jeunes sont concernés par des mesures d'assistance éducative, c'est-à-dire qui sont placés en famille d'accueil, en foyer, ou bien suivis directement dans leur famille sur décision d'un juge. L'immense majorité d'entre eux ne sont pas assistés par un avocat. En avril 2025, les députés en avaient fait une recommandation dans le rapport de la commission d'enquête sur l'aide sociale à l'enfance. C'était la recommandation numéro 59.
Prévoir la désignation systématique d'un avocat dans le cadre des procédures d'assistance éducative pour chaque enfant, en capacité de discernement ou non, en veillant à ce que l'avocat en question soit spécialisé sur les questions relatives aux droits de l'enfant. Une proposition de loi pour aller en ce sens et portée par les députés socialistes a été adoptée en décembre dernier. Elle était donc examinée au Sénat la semaine dernière. On attendait donc de voir ce que le Sénat allait faire exactement en séance, Alex.
Il y a eu un grand suspense jusqu'au bout de ce texte.
Oui, vous allez pouvoir nous le raconter, Xavier Coilly, parce que vous étiez vraiment aux premières loges sur ce texte. Initialement, la proposition de loi prévoyait l'application immédiate de l'assistance d'un avocat auprès de chaque enfant. Gérald Darmanin a réaffirmé son soutien au principe du texte, mais le garde des Sceaux a longuement insisté sur les difficultés pratiques qu'entraînerait une application immédiate de la réforme. Écoutez Gérald Darmanin devant les sénateurs en séance.
Prêtez-moi de dire que, vu le nombre d'avocats dans chacun des départements et vu le nombre de mesures, pour me déplacer partout sur le territoire national, notamment si on va en Guyane, où les avocats sont concentrés exclusivement à Guyane, ça veut dire que concrètement, et notamment lorsqu'il y aura un sujet d'assistance éducative
qui concernera les gens du fleuve, bon, peut-être qu'on est un petit peu loin aussi de cette discussion et que le ministre, lui, est en responsabilité d'organisation du ministère. Et s'il y a un problème avec un enfant qui ne peut pas être placé parce que l'avocat n'est pas disponible,
c'est le ministre de la Justice qu'on ira chercher, que vous interpellerez aux questions du gouvernement, que la Cour des comptes ira contrôler.
Il y a donc eu en séance un âpre débat sur le fait de savoir quand est-ce que cette obligation de la présence d'un avocat allait commencer. Un compromis s'est dessiné finalement pour faire appliquer la loi à partir du 6 janvier 2027, avec un engagement de la part du gouvernement faire réinscrire avant l'été la proposition de loi à l'Assemblée nationale pour garantir son effectivité. Au Sénat, la députée socialiste, auteure de la proposition de loi, Aïda Adizadeh, était très heureuse. On l'a vu ici en bleu, plusieurs autres militants associatifs s'étaient réunis pour suivre la séance. On a vu ces images de rares bonheurs, vous vous prenez dans les bras.
Vous n'êtes pas du même groupe politique, Xavier Coveli. On a vu le garde des Sceaux aussi rejoindre le groupe. Il était tout sourire devant les journalistes. Écoutez la réaction de Gérald Darmanin au micro de Jérôme Rabier et de Juliane Roland. Garde des Sceaux.
Mettre la défense de l'enfant,
la défense de la victime, de la société, un peu, c'est ça qu'a l'enfant placé, avec les carences éducatives et les carences d'autres.
La défense en premier dans notre organisation. Ça demande beaucoup de nouvelles organisations. Ça demande 300 millions d'euros de plus. Mais tout ça, c'est accessoire, c'est important. Le ministre, il doit l'organiser. À partir du moment où il y a la volonté, et moi, je suis assez fier, on est trouvé un compromis pour que la loi soit effective, mais pas simplement une annonce.
Alors Xavier Coveli, qu'est-ce que ça change très concrètement ? Pourquoi c'est si important, la présence d'un avocat auprès de ces jeunes placés ?
En fait, d'ailleurs, c'est un droit qui est demandé à la fois par les anciens enfants placés depuis plusieurs années, quasiment dix ans, et le Conseil national des barreaux en a fait une recommandation depuis 2021. Moi, j'avais déposé une proposition de loi en 2025, que je n'avais pas pu inscrire au Sénat, et ma collègue Aïda Alizaï a effectivement fait voter à l'unanimité en décembre dernier ce texte à l'Assemblée nationale. Et donc, il était pour nous important qu'on puisse la récupérer au Sénat, et c'est pour ça qu'on s'est battus pour que ça soit inscrit dans un temps transpartisan, ce qui a été le cas la semaine dernière. Alors, pourquoi est-ce que c'est important ?
Parce qu'en fait, plus un enfant est vulnérable, plus il a besoin qu'on défende ses droits. Le juge, il est là pour défendre l'intérêt supérieur de l'enfant. Mais l'intérêt supérieur de l'enfant, ce n'est pas forcément en cohérence avec les droits de l'enfant. Vous voyez, il y a parfois une différence. Et donc, quand on a un juge qui prend une décision pour un enfant, c'est d'ailleurs une décision parfois lourde de placement pour quasiment toute sa vie, même s'il s'est renouvelé plusieurs fois, il y a les parents qui sont souvent assistés d'avocat, mais les enfants ne sont jamais assistés d'avocat, ils sont parfois assistés d'administrateurs ad hoc.
Et donc, il était pourtant pour nous important de défendre cette proposition, d'avoir un avocat tout au long de sa vie, tout au long de son assistance éducative, des premiers jours quand on est, puisqu'on peut être placé à partir de 5 jours, jusqu'aux 18 ans et à la fin d'un placement éventuel. Et donc, c'est aussi une continuité, un espèce de tiers de confiance qui défend les droits de l'enfant tout au long du placement, alors même que le juge peut changer, alors même que les éducateurs peuvent changer, l'avocat, lui, ne changera pas.
– Et alors, pourquoi est-ce qu'il y avait ces images de liesse, ces embrassades qu'on a vues ? Pourquoi est-ce que c'était si fort, assez rare, ces images, surtout en ce moment au Parlement ? Comment est-ce qu'on explique cette émotion particulière, jeudi dernier ?
– Parce que la protection de l'enfant, ce n'est pas un combat comme les autres, en fait. C'est un sujet qui nous prend aux tripes, et donc, forcément, Aïda et moi, on travaille sur ces sujets-là, on n'est pas de la même partie politique, on est… et puis Gérald Darmanin aussi, enfin, je veux dire, il a décidé, comme je l'ai dit tout à l'heure, de faire de ces derniers mois en tant que garde des Sceaux, des mois utiles pour la République et utiles pour la question de la protection de l'enfant. C'est la première fois qu'on a un garde des Sceaux aussi porté sur ces sujets.
Et donc, oui, effectivement, l'émotion, elle était importante, elle était importante parce qu'on arrivait enfin à l'aboutissement d'un texte qui est très attendu par les anciens enfants placés, par le secteur de la protection de l'enfance, et qui peut changer vraiment le déroulé même du placement des enfants et les mesures éducatives qui en découlent. – Merci beaucoup, Quentin, pour ces explications sur cette proposition de loi très importante. Xavier et Collier, on continue à parler de protection de l'enfance, et on va aller dans le Ménéloir, retrouver Florence Dabin, présidente du Conseil départemental du Ménéloir et vice-présidente des départements de France en charge de l'enfance.
Alors, on a parlé du périscolaire. Bonjour, Florence Dabin. – Bonjour. – Alors, je le disais, on a parlé dans cette émission du périscolaire, mais les foyers d'accueil de l'aide sociale à l'enfance qui sont gérés par les départements, et bien ces foyers sont aussi le lieu de maltraitance, de violence sur les enfants. Quelles mesures faut-il mettre en place pour lutter contre cette maltraitance ?
– Alors déjà, j'aimerais rappeler quelques chiffres. J'entendais 380 000 enfants. J'aimerais aussi rappeler tout le travail qui a été fait depuis de nombreuses années, justement, sur la capacité à mieux signaler, à mieux être en capacité d'accompagner des enfants qui ont été victimes. Je rappelle aussi que tous les départements de France se sont engagés déjà depuis de nombreuses années. Ce ne sont pas des sujets qu'ils découvrent. Et aussi, de manière très concrète, c'est 12 milliards d'euros que les départements de France investissent
à la fois dans le domaine de la prévention et la protection de l'enfance, qui est essentiel.
Alors, beaucoup d'actions peuvent être mises en place, à la fois dans le cadre d'un travail sur le recrutement, être en capacité de mieux choisir les professionnels, d'où le fait que depuis plusieurs mois, on ait supporté et réussir le fameux sujet du certificat d'honorabilité, qui permet justement d'avoir des professionnels compétents. Ça ne veut pas dire que tout est parfait.
Le sujet de l'enfance, il faut le vivre, l'accompagner avec beaucoup d'humilité.
C'est aussi tout le travail de la formation initiale et continue de tous les professionnels. C'est travailler avec tous les partenaires. Et c'est la raison pour laquelle les départements qui sont dotés de comités départementaux de protection de l'enfance travaillent avec tous les acteurs, les associations, évidemment le parquet, l'éducation nationale, l'agence régionale de santé,
tous les acteurs qui œuvrent au quotidien pour le bien-être des enfants
qui nous sont confiés. Il faut avoir l'humilité aussi d'avoir des retours d'expérience sur ce qui se vit parce que chaque situation est différente, chaque histoire personnelle est différente. Et s'il y a bien quelque chose qui fait que les départements, et on partage naturellement avec tous les présidents ce sujet-là autour de François Sauvadet, c'est que nous sommes abandonnés par l'État sur ses compétences régaliennes, sur le sujet de tout ce qui est accompagnement dans le domaine de la santé, sur le sujet de la PJJ. Et on se rend compte que si on ne partage pas, nous, nos bonnes pratiques, si on n'en fait pas des priorités budgétaires, alors que je pense que tout le monde est au clair.
Pardon ?
Non, je disais juste, je précisais la PJJ, c'est la protection judiciaire de la jeunesse.
Vous avez raison de le préciser. Et c'est vrai que si on ne travaille pas, nous, sur nos bonnes pratiques, sur justement ce que l'on peut faire ensemble, on n'arrive pas à avoir les solutions concrètes. Alors, je peux aussi évoquer le sujet du parcours de l'enfance
sur le sujet de la santé. Juste, Laurence Dabin ? Oui. Juste, Laurence Dabin, je vais faire réagir, Xavier Akoveni, sur ce que vous dites. Est-ce que l'État a abandonné les départements dans la gestion de ces foyers d'accueil de l'AZEU, de l'aide sociale à l'enfance, dans la protection de l'enfance ? Alors, moi, mon opinion personnelle, qui ne représente pas l'opinion de ma famille politique, en tout cas, je laisse les autres parler en leur nom, moi, je pense effectivement que l'État a abandonné, mais lors des lois de décentralisation.
C'est-à-dire que lorsque la DAS a été supprimée et qu'on s'est dit qui est-ce qui va récupérer le bébé, on a dit, allez, on laisse au département et ils vont gérer. Donc, effectivement, aujourd'hui, l'État n'a même plus les moyens de contrôle, les moyens d'action et de coordination des politiques essentielles de protection de l'enfance. Et donc, aujourd'hui, on a 101 départements, on a 101 politiques différentes de protection de l'enfance. Et c'est bien tout le problème. – Il faut étatiser davantage la protection de l'enfance ? – Alors, moi, je ne vais pas me désavouer, je sais que la vice-présidente n'est pas d'accord avec moi sur le sujet, mais ce n'est pas grave, c'est un débat.
Et donc, on peut évoluer, même moi, je peux évoluer sur cette question-là. Moi, j'avais fait une proposition de loi pour une expérimentation de recentralisation de la protection de l'enfance et de déconcentration. Je m'explique, recentraliser, donc, faire en sorte que l'État gère la politique publique de la protection de l'enfance et qu'on la décentralise dans les préfectures, en lien avec les préfets, pour, justement, avoir une uniformisation. Parce qu'aujourd'hui, qu'on soit à Mayotte, dans les Hauts-de-Seine, dans la Creuse ou en Alsace, on n'a pas les mêmes droits quand on est un enfant sous protection. Et c'est tout le problème, aujourd'hui, de cette décentralisation.
Moi, je suis un très grand décentralisateur, mais je pense qu'il faut que la décentralisation ne soit pas accompagnée d'une disparité des droits. – Rapidement, pour conclure, Florence Dabin, une réaction à cette proposition de Xavier Coveli qui propose de recentraliser la protection de l'enfance. – Alors, de toute façon, on n'entend plus parler.
Et pour cause, si ça avait fonctionné, on n'en serait pas là à l'heure actuelle. Ce que je peux vous dire, c'est que le groupe de travail en France à Département de France travaille tous les mois sur, justement, ces bonnes pratiques, sur une capacité, justement, à homogénéiser nos pratiques, à faire en sorte d'être plus réactif sur les situations de vie au quotidien. Je pense qu'une chose est sûre, c'est par rapport au sujet de l'avocat pour chaque enfant. Ce sera une bonne chose, à la seule condition qu'on n'ajoute pas de la lourdeur au système, que nous ayons des avocats qui soient formés.
Et encore une fois, qu'on ait des acteurs engagés, responsables à l'image des départements qui n'ont qu'une envie, c'est accompagner ces enfants et faire en sorte qu'ils retrouvent une belle situation de vie. Merci pour l'invitation.
– Merci beaucoup, Florence Dabin, pour votre intervention. Je rappelle que vous êtes présidente du Conseil départemental du Maine-et-Loire. Xavier Acovilli, on finit par des questions politiques. Sur Gabriel Attal, candidat à la présidentielle, il a tenu son premier meeting samedi à Paris devant 5000 personnes. Alors, il se présente comme le candidat de l'espoir, de l'optimisme face à ceux, je cite, qui promettent du sang et des larmes. Autrement dit, entre guillemets, Édouard Philippe. En quoi il peut… – Non, il n'a pas cité du tout Édouard Philippe. – Non, mais on a compris la comparaison, mais comment il peut rattraper Édouard Philippe dans les sondages, selon vous ?
– Non, mais attendez, je pense qu'il faut clarifier quelque chose. Il ne se présente pas contre Édouard Philippe. Il se présente effectivement comme le candidat de l'espoir face aux déclinistes, à ceux qui prônent la morosité ambiante. Et excusez-moi, mais quand on regarde les autres candidats, c'était soit mieux avant, soit pire demain. La réalité, c'est qu'on a besoin aussi de créer de l'espoir. On est dans un pays qui est un fantastique pays. Mais le problème, c'est que si on ne crée pas d'espoir, si on ne crée pas une envie d'avenir, effectivement, on va rester sur du fatalisme avec les deux extrêmes aux responsabilités.
Donc oui, on a besoin d'avoir un candidat qui puisse nous présenter un cap de l'espoir parce qu'en fait, on a tous les outils pour réussir dans notre pays. Et c'est ce que Gabriel Attal a précisé lors de son premier meeting présidentiel auquel j'assistais. Et je pense que c'est positif. On a besoin en fait un peu de positivisme dans notre pays en ce moment. – Rapidement sur le calendrier, quand est-ce qu'il faudra trancher entre Gabriel Attal et Édouard Philippe pour avoir un seul candidat du Bloc central ? – Il y a des discussions.
Il y a un comité de liaison aujourd'hui qui est organisé avec les différents partis politiques du Bloc central et donc qui nous permettent en fait de trouver la bonne solution pour avoir un seul candidat in fine. Édouard Philippe et Gabriel Attal se voient régulièrement. Ils se sont vus encore récemment. Et ce qui a été défini, c'est qu'en début d'année 2027, il n'y aura qu'un seul candidat entre les deux. Et donc en fait, c'est celui qui portera le projet qui a le plus de chances de gagner face aux extrêmes. – On parlera de ce lancement de campagne de Gabriel Attal pour la présidentielle dans notre débat dans une trentaine de minutes.
Ensuite, pour finir, Xavier Acovelli, nous avons sélectionné trois unes de la presse régionale que nous allons regarder ensemble. D'abord la une de la dépêche du midi qui est consacrée à la recherche de la petite Liana, 11 ans, qui est portée disparue depuis trois jours. Ensuite, il y a la une du courrier Picard sur ce data center sous pilotage japonais au sud de la ville d'Amiens avec ce groupe japonais SoftBank qui va investir dans notre industrie 75 milliards d'euros. C'est aujourd'hui le sommet Choose France sur l'attractivité économique de la France. Et puis à la une de la marseillaise sur les médias sous pression face à l'intelligence artificielle, l'intox et aux menaces d'antrisme.
Quelle une vous inspire, Xavier Acovelli ? – La deuxième, je pense que c'est intéressant parce que sur la question notamment de Choose France aujourd'hui, c'est quand même quelque chose de positif aussi à relever. On est aujourd'hui la septième année consécutive où la France est le pays le plus attractif d'Europe. Et donc c'est aussi grâce aux politiques de l'offre que nous avons mis en place. Et donc ça c'est un bon exemple encore des politiques qu'il faut à mon avis continuer et amplifier. – Et donc il y a des raisons d'être optimistes. – Oui il faut. – Merci beaucoup Xavier Acovelli d'avoir été notre sénateur du jour aujourd'hui.
Merci Quentin, on se retrouve dans 20 minutes pour éplucher la presse régionale.
– Oui, on a lu notamment les coulisses de ce que vous disiez sur l'IA et ça va être un investissement record des Japonais dans le Nord. On a lu les coulisses de cet investissement dans la Voix du Nord, on vous raconte tout à l'heure.
– On va suivre ça tout à l'heure. – Allez place à l'entretien avec une femme qui mène la bataille du pouvoir d'achat et des salaires en période d'inflation. On accueille Marie-Lise Léon, la secrétaire générale de la CFDT. – Bonjour Marie-Lise Léon. – Bonjour. – Vous êtes secrétaire générale de la CFDT, vous êtes avec nous pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse quotidienne régionale qui est représentée aujourd'hui par Stéphane Vernet. Bonjour. – Bonjour. – Stéphane qui est rédacteur en chef délégué à Ouest France et à la rédaction parisienne du journal Ouest France.
Marie-Lise Léon, nous sommes le 1er juin et à partir d'aujourd'hui, le SMIC augmente de 2,4% avec un nouveau SMIC net qui s'établit à 1 478 euros net par mois. Est-ce que c'est suffisant face à l'inflation ? Déjà première question. – Non, ce n'est pas suffisant parce qu'en fait, on est dans un mécanisme automatique. À partir du moment où l'inflation a atteint un certain niveau, il y a une réévaluation, en tout cas une augmentation du SMIC pour pouvoir répondre aux besoins et qu'ont les personnes qui sont au SMIC de pouvoir vivre de leur travail. C'est un mécanisme automatique qui veut dire qu'il y a de l'inflation.
Donc, les personnes qui sont au SMIC ont de plus en plus de mal à boucler les fins de mois. Elles ont de plus en plus de mal et elles sont de plus en plus nombreuses. Donc, pour la CFDT, l'enjeu, c'est que dans cette dynamique d'augmentation de l'inflation, il faut que les salaires puissent suivre. Donc, il faut beaucoup plus de négociations salariales. Dans les entreprises, dans les branches professionnelles. Et on a un chantier énorme devant nous puisque cette augmentation du SMIC fait que l'ensemble des coefficients des grilles des conventions collectives vont être percutés. Et donc là, on a plus d'une centaine, 128 branches qui ont des coefficients sous le SMIC.
Donc, c'est plus que le moment de se mettre autour de la table pour faire en sorte que les grilles dans les conventions collectives démarrent au-dessus du SMIC. Mais les négociations salariales, elles sont terminées dans les entreprises ? Vous croyez à une réouverture de ces négociations ? Elles sont très inégales. Pour les entreprises qui ont déjà conclu, on demande à pouvoir y revenir. Il y a beaucoup de négociateurs CFDT, notamment, qui ont prévu des clauses de revoyure pour se dire, attention, l'inflation est en train d'augmenter. Attendons de voir ce que ça donne pour pouvoir y revenir.
C'est important quand on est représentant du personnel, d'avoir cette prudence, mais aussi de pouvoir faire en sorte d'être collé à la réalité. Et aujourd'hui, on a de plus en plus de personnes qui sont au SMIC, et donc, il faut qu'on puisse avoir des véritables dynamiques. Après, il y a des réalités économiques très différentes en fonction des secteurs d'activité, mais c'est important de pouvoir au moins se mettre autour de la table, faire le constat de la situation dans les différents secteurs, et puis de pouvoir avoir un véritable partage de la valeur et de pouvoir avoir ces dynamiques salariales.
Le contexte économique et social est favorable aujourd'hui pour avoir ce type de négociations, ce type de dialogue avec les branches ? Tout dépend du rapport de force. On a eu une négociation assez ardue dans un secteur qui est les assistantes maternelles. Par exemple, il y a quelques mois, la CFDT a obtenu 15% d'augmentation sur la grille salariale. Donc, ça dépend de la situation économique. L'idée est de dire, lorsqu'il y a des marges de manœuvre et que les entreprises peuvent augmenter les salaires, il faut qu'elles le fassent.
Et donc, c'est aussi aux organisations syndicales, dont la CFDT, de pouvoir construire ce rapport de force et d'expliquer que les salariés attendent leur juste part. Je pense qu'on est à un moment très important aussi, avant un certain nombre de débats qui nous attendent dans la perspective de l'élection présidentielle. Je ne doute pas que vous aurez des questions à ce sujet. Donc, c'est important aussi de pouvoir mettre en lumière ce que les salaires doivent rémunérer. Et donc, les enjeux du travail sont une attente extrêmement forte des salariés et des agents des fonctions publiques. On en parle assez peu. On a aujourd'hui des grilles salariales.
Vous êtes, en fonction de vos responsabilités, vous pouvez être dans différentes catégories, des différents échelons. Aujourd'hui, cette augmentation du SMIC fait que dans le cadre des… Il y a 11 coefficients de catégorie C qui sont sous le SMIC. 10, pardon. 10 sur 11. Donc, en fait, il faut aussi que l'État employeur assume sa responsabilité et permette d'ajuster les salaires. Donc, il y a des fonctionnaires dans ce pays qui sont payés en dessous du SMIC ? Alors, ils ne sont pas payés en dessous du SMIC. Sauf que si vous êtes…
Admettons que vous soyez catégorisé sur l'un de ces échelons, le fait que vous soyez sous le SMIC fait qu'avec la réévaluation du SMIC, vous êtes payé exactement pareil. On a fait, nous, des calculs à la CFDT fonction publique. Alors, vous pouvez passer 19 ans sans aucune augmentation salariale parce que vos coefficients, les différents coefficients que vous pouvez gravir progressivement sont sous le SMIC et donc, vous n'avez aucune… Vous ne bénéficiez d'aucune augmentation tout au long de ces années. Justement, sur ce point, vous avez envoyé un courrier avec 7 autres syndicats au Premier ministre Sébastien Lecornu pour demander une augmentation du point d'indice des fonctionnaires.
C'était jeudi dernier. Est-ce qu'il vous a répondu ? À ce stade, pas de réponse. Ça fait partie des éléments qui sont fortement porcés par l'ensemble des organisations syndicales dans les fonctions publiques et à la CFDT en particulier parce qu'il y a un agenda à tenir dans les fonctions publiques. On parle beaucoup de classification, de ces coefficients. L'une des attentes des agents des fonctions publiques, c'est de pouvoir vivre correctement, dignement de leur travail. Et c'est aussi d'avoir des vraies perspectives professionnelles, de pouvoir évoluer tout au long de leur carrière, de pouvoir accéder à la formation.
Donc, il y a beaucoup de sujets que la CFDT a mis sur la table sur lesquels nous attendons le ministre David Amiel. On est en train de... Enfin, on voit que l'État est en train de couper dans les budgets pour être à l'équilibre et rester dans la trajectoire. Est-ce que, dans un contexte pareil, c'est possible pour l'État de faire un geste en direction des fonctionnaires ? Je pense que c'est une nécessité. C'est une nécessité d'avoir la juste reconnaissance des agents des fonctions publiques. Je pense qu'un gouvernement ne peut pas à la fois se désoler de ne pas réussir à recruter dans les fonctions publiques.
Vous savez qu'il y a 60 000 postes non pourvus dans l'ensemble des fonctions publiques parce que ce sont des secteurs qui manquent d'attractivité. Et la rémunération, c'est un des premiers éléments pour donner envie de pouvoir aller dans ces secteurs. Vous savez, c'est des secteurs sur lesquels on parle beaucoup de vocation, d'intérêt et d'agents qui sont extrêmement attachés aux services publics. C'est le cas. Mais plus les conditions de rémunération et les conditions de travail se détériorent, moins les agents ont envie de rester dans ces fonctions publiques. Le 1er mai, la CFDT avait décidé de faire un baromètre sur l'état du travail spécifiquement dans les fonctions publiques.
Le constat, il est sans appel. Il y a un fort attachement au travail, un fort attachement aux services publics, mais des conditions qui ne permettent plus pour beaucoup d'entre eux et un quart d'entre eux songent à quitter la fonction publique parce qu'ils ne s'y retrouvent plus. – Marie-Lise Léon, parlons de la question de l'emploi puisque le président de la République, Emmanuel Macron, organise aujourd'hui à Versailles le sommet Choose France. c'est le dernier sommet de ce quinquennat qui est destiné à attirer les investisseurs étrangers et l'exécutif répète en boucle que 130 000 emplois industriels ont été créés depuis 2017 et 300 usines ouvertes en France.
Est-ce que c'est à mettre au crédit du bilan d'Emmanuel Macron cette attractivité économique du pays et une forme de réindustrialisation ? – Non, on est loin du compte en matière de réindustrialisation. Sur 2025, on est à 200 000 emplois industriels qui ont été détruits.
Alors, d'autres ont été créés en attendant, mais je pense qu'on a une véritable problématique de maintien de l'industrie en France et les investissements qui sont annoncés, les créations d'emplois qui sont annoncées, notamment pour les data centers en Haute-France, c'est une bonne nouvelle pour le territoire, c'est une bonne nouvelle pour l'emploi avec la question tout de même de l'anticipation de ces métiers et de ces compétences dont on va avoir besoin et pour le coup, on n'est pas forcément les plus forts en matière d'anticipation. – En formation, en anticipation.
– Nous, ce que l'on dit, c'est que lorsqu'il y a des transitions comme ça à l'échelle de territoires qui sont massives, il faut pouvoir embarquer les salariés qui sont concernés et ne pas uniquement miser sur des personnes qui sont déjà formées et qui peuvent répondre tout de suite à ces emplois. Donc, il faut assurer cette transition professionnelle, sécuriser les personnes qui peuvent perdre leur emploi et qui peuvent être postulées et intégrer ces entreprises. Mais le bilan de la CFDT, il n'est pas aussi réjouissant. Vous avez l'entreprise comme Michelin qui a annoncé 1 500 suppressions d'emplois, les entreprises comme Hutchinson, comme Somfy.
Nous, on est en capacité d'égrainer les entreprises qui sont plutôt dans une dynamique de suppression d'emplois. et donc, c'est pour ces salariés-là que l'on veut aussi se battre et maintenir les emplois. C'est un impératif extrêmement important. C'est extrêmement important. Parce qu'on sait qu'un emploi industriel détruit, ce sont 3 à 4 emplois induits qui disparaissent également et ce sont des compétences perdues. Et donc, il faut pouvoir aussi être en anticipation sur ces destructions d'emplois. Justement, sur le groupe Michelin, vous parliez de ce plan de restructuration avec la suppression de 1 500 postes sur 3 ans. Qu'est-ce que vous attendez de la direction de Michelin ?
Des réponses, en tout cas, des solutions pour les personnes qui sont directement concernées. Et puis, un constat que l'on fait, c'est que les annonces, Michelin avait beaucoup fait parler d'elle en tant qu'entreprise il y a quelques mois avec la fermeture de Cholet, le site de Cholet, un autre site qui était concerné, le site de Vannes. Et des destructions d'emplois, on y revient encore quasiment un an après, voire même un peu plus. Les salariés sont extrêmement inquiets depuis longtemps. Et je pense que c'est important que l'entreprise réussisse à donner beaucoup plus de visibilité.
C'est-à-dire que c'est extrêmement anxiogène pour les salariés de ce groupe d'aller d'annonce en annonce sans savoir exactement à chaque moment quelles peuvent être les perspectives d'avenir. Donc c'est important de pouvoir avoir un peu plus d'éléments suite à ces annonces et de savoir quelles réponses individuelles on va pouvoir apporter à ces personnes concernées. Une question sur la CGT, Stéphane. Oui, la CGT ouvre aujourd'hui son congrès à Tours. Vous aurez le vôtre à la fin du mois à Bordeaux. À Bordeaux. Entre votre ligne de négociation et la ligne d'affrontement de Sophie Binet, où en est l'unité intersyndicale de 2023 ?
Est-ce qu'elle est encore réelle ?
Alors, il y a des sujets sur lesquels on est en phase. D'autres, beaucoup moins. Mais l'important, c'est de pouvoir se réunir sur les sujets qui comptent. On a adressé de façon intersyndicale un courrier au Premier ministre la semaine dernière pour rappeler l'urgence de pouvoir parler du pouvoir d'achat et de pouvoir avoir des réponses extrêmement claires pour un certain nombre de salariés, notamment ceux qui sont directement percutés par la crise au Moyen-Orient avec l'impact sur le prix des carburants. Et donc, qu'on puisse répondre à ces travailleurs qui ont besoin de leur véhicule pour aller travailler.
Donc, il y a des sujets comme celui-ci sur lesquels des urgences que l'on veut pointer sur lesquels nous sommes en phase. On n'a pas forcément les mêmes réponses ni les mêmes propositions. Mais je pense que ça fait partie de la pluralité syndicale. Et donc, je pense que c'est aussi une force d'avoir la possibilité avec l'ensemble des organisations syndicales de pouvoir alerter le gouvernement lorsque c'est important pour les salariés et pour les agents. Et quel rôle va jouer la CFDT dans l'élection présidentielle ? Alors, un rôle très syndical. On n'a jamais prétendu faire autre chose que du syndicalisme.
Je pense qu'on a aujourd'hui besoin d'avoir des vrais débats sur la place du travail dans la vie des gens, la vie des personnes qui, pour la plupart d'entre eux, et une majorité d'entre eux, sont attachées à leur travail, mais n'ont pas les conditions de réalisation de ce travail qui leur permettent de s'épanouir ou d'en vivre dignement. Je trouve que les questions de travail, on parle beaucoup d'emploi, comme ça a été le cas, on parle assez peu des enjeux du travail. Les conditions de travail.
Les conditions de travail, la façon, on l'a effleurée, malheureusement, il y a quelques mois au moment des retraites, mais je pense que la question du travail, elle est fondamentale et qu'il y a des vraies attentes. Il y a des vraies attentes des citoyens et des citoyennes qu'on leur parle de leur travail, de la façon dont ils le font, de la façon dont ils peuvent changer de travail, de la façon dont ils peuvent évoluer tout au long de leur carrière. Et donc, je pense que l'une des responsabilités de la CEDT, ça va être justement de poser ce sujet-là et de questionner les représentants des partis politiques pour savoir quelle est leur vision. Au-delà de…
Je pense qu'on est aussi face à des mutations extrêmement profondes. On parle beaucoup de numérique, d'intelligence artificielle. Ça va tout transformer. Tous les métiers, tous les emplois vont être bouleversés. L'IA, c'est un risque ou une chance pour l'emploi ? C'est un peu plus compliqué que ça. Je pense que c'est pas complètement binaire. Ce qui est certain, c'est qu'il faut pouvoir en faire un objet de dialogue dans les entreprises. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on nous vend l'IA comme étant responsable de la suppression d'emplois. Avec l'IA, on a été obligé d'eux.
Une entreprise, elle restructure et elle supprime des emplois parce que c'est sa stratégie, parce que ça répond à des objectifs qu'elle sait fixer. C'est pas l'IA qui lui fixe les objectifs. Donc, il faut en faire un objet véritablement de dialogue dans les entreprises, dans les fonctions publiques aussi, répondre à ce défi colossal qui nous attend et qui est déjà à l'œuvre. Il ne faut pas perdre de vue et je pense que le rôle de la CFDT dans la campagne présidentielle, ça va être aussi de remettre la question de la transition écologique au cœur des discussions. Je pense qu'on est trop loin maintenant de ces enjeux.
C'est devenu secondaire pour beaucoup de responsables politiques, alors que c'est une vraie attente des citoyens et des citoyennes. Donc, il y a des défis colossaux. Et puis, du coup, je pense qu'on est à un moment charnière où il faut qu'on se pose les bonnes questions. C'est quoi le modèle social post-carbone qu'on veut construire et quelles sont, du coup, les réponses des responsables politiques ? Il faut que ce soit sur ces sujets-là qu'on ait des débats. – Ça veut dire que la CFDT va auditionner tous les candidats comme le fait le MEDEF, par exemple ? – Comme on le fait depuis toujours, depuis 2017-2022, nous irons à la rencontre des…
En tout cas, on questionnera sur ces enjeux du travail en tant que CFDT l'ensemble des responsables politiques – Vous le ferez sous quelle forme ? Sous forme de débats ? – Sauf l'extrême droite, je le précise parce que ça fait partie des spécificités de la CFDT. – Pas le Rassemblement national ? – Et qu'on reste sur cette ligne – Pas reconquête ? – Tous les partis d'extrême droite, donc que ce soit s'il y a plusieurs candidats, si Éric Zemmour est candidat, il ne sera pas questionné avec Jordan Bardella par exemple.
– Ni Jordan Bardella, ni Marine Le Pen, ça fait partie, ce n'est pas un scoop, ça fait partie des éléments de positionnement de la CFDT de longue date et nous sommes extrêmement attachés à ne pas participer en tant que CFDT à leur banalisation. Nous ne considérons pas que ce sont des partis comme les autres, donc nous ne dialoguons pas avec eux. Ceci dit, ce n'est pas forcément parce qu'ils ne seront pas à la CFDT, qu'ils n'ont pas la visibilité qui est la leur aujourd'hui. – Juste une petite précision, ce dialogue, il aura lieu sous quelle forme et à quel calendrier ? Quand est-ce que vous commencez ? – Ça sera probablement entre février et mars. – Donc dans la dernière ligne droite ?
– Des débats publics ? – C'est toujours public, c'est-à-dire qu'on réunit l'ensemble des candidats et on les questionne sur un certain nombre de sujets que la CFDT a à cœur. Donc si ce sont des sujets qui ne sont pas dans le scope, à ce moment-là, la CFDT les mettra dans le débat. Et puis, il y a un autre collectif dans lequel nous sommes très investis qui est l'Alliance du pacte du pouvoir de vivre qui réunit 65 organisations de la société civile où là, on va poser aussi un certain nombre de…
questionner un certain nombre de candidats sur leur vision de la société, leur vision des services publics, leur vision de la démocratie, leur vision de la transition écologique et de la justice sociale. Ça fait partie de l'ADN de cette alliance. – Alors, la réforme des retraites sera un thème de la campagne présidentielle puisque la précédente a été suspendue par Sébastien Lecornu. Je voudrais vous faire réagir à une proposition de Gabriel Attal dans cette campagne présidentielle.
L'ancien Premier ministre propose une dose de retraite par capitalisation avec 1 000 euros offerts par l'État pour chaque Français dès la naissance, placés sur un fonds de capitalisation que les Français pourront faire fructifier. Il souhaite aussi mettre 100 à l'âge légal de départ à la retraite. Est-ce que c'est une bonne idée sur cette capitalisation ? – Alors, ce n'est pas l'idée de la CFDT. Nous, on a une ligne claire depuis de nombreuses années maintenant. Ça fait partie des sujets que nous débattons en Congrès et qui ont été tranchés il y a maintenant plusieurs années. Nous voulons défendre l'idée d'un régime à la carte.
Donc, d'avoir une plus grande liberté de choix pour les individus, de pouvoir partir au moment qu'ils le souhaitent en fonction du montant avec lequel ils peuvent partir et des modalités, par exemple, de retraite progressive. Ça fait partie des éléments que nous défendons depuis très longtemps. Donc, c'est le projet que nous défendons. – Et sur la capitalisation ? – Notamment dans la conférence Travail-emploi-retraite, qui est une conférence qui est en cours avec à la fois le gouvernement, les organisations syndicales et des organisations patronales. Et donc, c'est ce projet-là que nous défendons. La question de la capitalisation, ce n'est pas une nouveauté.
Ça faisait aussi partie des débats que nous avons eus dans le cadre du conclave sur les retraites il y a quelques mois. La CFDT, elle reste constante. Ça ne sera pas la réponse à tout. Ça n'est pas forcément tabou pour la CFDT d'avoir une part de capitalisation. Enfin, ça serait un peu hypocrite de considérer qu'aujourd'hui, ça n'existe pas puisque bon nombre de salariés ont accès à l'épargne salariale. Donc, ça, c'est un fait. La question, c'est qu'aujourd'hui, tous les salariés n'y ont pas accès. Donc, il y a une profonde injustice vis-à-vis de ce dispositif d'épargne salariale.
Et donc, la vision de la CFDT, c'est de dire qu'il faut pouvoir élargir et permettre d'accéder à tous les salariés, notamment dans les très petites entreprises, à ce système. Après, quand je dis que ce n'est pas la baguette magique de la capitalisation qui va résoudre la question du financement du régime. Donc, ce n'est pas secondaire pour la CFDT, mais en tout cas, ça ne sera certainement pas l'alpha et l'oméga et des besoins du régime pour pouvoir continuer de consolider, parce que la CFDT, elle est extrêmement attachée aux retraites. Non, mais on va le dire quand même, les retraites par répartition, c'est le fondement même de notre système.
Et quand on parle de modèle social post-carbone, c'est avec un régime de retraite solide par répartition. – Et le pilotage de ce régime de retraite, il est question que ce soit les partenaires sociaux qui l'assurent de bout en bout. Est-ce que vous êtes prêts ? Est-ce que ça va se faire ? – Alors, j'ai l'impression que c'est l'argument qu'on agite, que les responsables agitent devant les syndicalistes en leur expliquant, ça va être super, vous allez gérer le régime. Moi, en tant que CFDT, en tant que responsable syndical, ce qui m'intéresse, c'est de savoir qui définit les règles.
Donc, OK pour la gouvernance, OK pour prendre nos responsabilités, mais pas uniquement pour faire de la figuration. Ici, on a une vraie place pour décider des règles de ce gros régime, de ce régime général et complémentaire qui a besoin d'être consolidé. – Merci, merci Marie-Lise Léon, secrétaire générale de la CFDT, d'avoir été notre invité aujourd'hui. Merci beaucoup Stéphane pour cette interview. On va regarder la une de Ouest France qui est consacrée à la victoire du PSG en Ligue des champions. Le PSG champion, une joie immense, mais des violences. Allez, on va voir ce qui fait la une de l'actualité dans nos régions.
Et on retrouve Quentin Calmet qui a épluché ce matin, très tôt ce matin, toute la presse régionale. Et on commence par le sacre du PSG en Ligue des champions avec la presse quotidienne régionale qui raconte une liesse partout dans le pays.
– Voilà, la Charente libre ce matin qui titre sur le PSG qui est en son règne sur l'Europe. Le Dauphiné libéré à Grenoble qui dit que Paris fête les Parisiens. La capitale qui raconte que Paris fête ses rois. Dans les pages intérieures de la Charente, on raconte que le PSG s'installe au sommet et dans le cœur des Français. Hier, la fête a pris des airs d'une folle communion. mais le sacre du PSG terni par les violences de samedi soir. Le ministère de l'Intérieur qui a dressé un lourd bilan réactualisé ce matin sur France Inter. On compte désormais 390 interpellations. C'est plus 45% par rapport à l'an dernier.
Hier, la Charente libre qui parlait déjà de 57 fonctionnaires de police et des gendarmeries qui avaient été blessés. Le ministre de l'Intérieur pointant du doigt, Alexandre, la hausse de l'usage des mortiers d'artifice contre les forces de l'ordre.
Et donc, on compte maintenant 890 interpellations. Merci, Quentin. On va continuer à parler de cette sécurité en marge de la victoire du Paris Saint-Germain et on va retrouver le premier adjoint au maire du 8e arrondissement de la capitale en charge de la sécurité. Bonjour, Éric Chal. Bonjour. D'abord, première question, comment vous avez vécu cette soirée de samedi soir émaillée de violences en marge de la fête autour de la victoire du PSG ? Évidemment, comme vous l'imaginez, concentré sur tout ce qui se passait au soutien de nos forces de l'ordre qui, je tiens à le dire, ont fait dans les circonstances un travail absolument exceptionnel.
Mais maintenant que cette soirée est passée, la question qu'on doit se poser, c'est les enseignements qu'on doit en tirer. On est à 15 jours d'une Coupe du Monde et les Champs-Elysées, les abords des Champs-Elysées n'ont pas vocation à devenir les déversoirs de tous les saccages et de tous les pilleurs au fur et à mesure des matchs, que ce soit des matchs de l'équipe de France ou des nations qui seront très suivis. Donc quels enseignements vous tirez selon vous ? Il faut fermer ce secteur des Champs-Elysées lors des grands matchs ? Oui, c'est absolument nécessaire. On l'a vu, on a eu un dispositif vraiment exceptionnel, je viens de le dire, mais je veux vraiment insister là-dessus.
Et malgré cela, l'explosion du nombre de personnes qui ont afflué sur les champs, pas du tout, ce n'était pas des supporters. Vous savez, les supporters, ils étaient autour du Parc des Princes, ils étaient descendus dans la rue après avoir regardé dans des bars ou à leur domicile le match, ils sont sortis spontanément dans la rue. Mais aux Champs-Elysées, vous avez simplement des gens qui sont venus piller. C'était une espèce de point de rendez-vous. D'ailleurs, c'était aussi plus simple pour les forces de l'ordre de faire du maintien de l'ordre puisqu'il n'y avait pas de casseurs mêlés à des supporters puisqu'il n'y avait que des gens qui étaient venus piller.
Donc c'est plus simple pour ça. Donc l'enseignement qu'on en tire effectivement avec Catherine Lecuy et la maire du 8e arrondissement, c'est que quelle que soit l'intensité du dispositif de sécurité, ça n'empêchera pas ces scènes de pillage et cette volonté de piller. Et c'est absolument terrible pour les riverains qui n'ont pas pu sortir de chez eux, qui étaient barricadés. C'est terrible pour les commerces qui ferment 24 heures avant et qui, s'ils n'ont pas été pillés, beaucoup l'ont été, ils ferment, ils rouvrent 24 heures plus tard. C'est des images terribles. On se souvient de ce tweet hier d'Elon Musk qui a été vu près de 60 millions de fois. C'est terrible pour l'image de Paris.
Donc nous, ce qu'on pense maintenant, c'est qu'il faut un espace consacré à la fête. Ce n'est pas possible que des sincères supporters ne puissent pas avoir un endroit où se retrouver pour d'abord regarder les matchs collectivement et également pour célébrer ensuite les victoires. Et comme ce site n'existe pas, les gens convergent vers les Champs-Elysées. Ce n'est pas possible. Donc nous, avec mes collègues de Paris Liberté, on porte l'idée qu'il faut créer cette grande fanzone. On pense que le bon endroit, c'est le parc de la ville. Je serais ravi de vous en dire plus si vous le souhaitez. – Éric Chal, le maire socialiste de la capitale, Emmanuel Grégoire, finalement avait raison.
Il portait cette idée de la création d'une fanzone. – Alors, d'abord, la concertation, c'est toujours positif parce qu'il a lancé l'idée de la fanzone en l'air, sans en parler avec le préfet. Et en creux, tout le monde a compris que probablement le site auquel il pensait, c'était la place de la Concorde. Place de la Concorde, Champs-Elysées, vous connaissez la géographie parisienne, c'est exactement la même chose, la même concentration en centre urbain, la même proximité d'habitation, la même proximité de commerce et ce n'était donc pas une solution. Mais effectivement, on tend la main à Emmanuel Grégoire, on a 15 jours pour le début de la Coupe du Monde, on peut penser ce site.
Je pense que le parc de la Villette est le bon endroit. D'abord, on a un précédent, il y a eu des Jeux Olympiques, c'était le lieu du Club France, les gens naturellement convergeaient là-bas. On est suffisamment loin des habitations, il y a suffisamment peu de commerce autour, c'est suffisamment bien desservi pour qu'on puisse y créer cet espace. Et encore une fois, je ne veux pas voir ça de manière négative avec un esprit chagrin. Le but, ce n'est pas de dire qu'il faut empêcher les gens de faire la fête. Au contraire, il faut organiser les conditions d'une fête réussie. Je pense que site réunit toutes les qualités. Merci beaucoup, Eric Schall, d'être venu dans notre émission.
Je rappelle que vous êtes premier adjoint au maire du 8e arrondissement de Paris et on suivra les décisions qui vont être prises, notamment en termes de maintien de l'ordre pendant la Coupe du Monde de football. Allez, on continue, Quentin, à faire le tour de la presse quotidienne régionale et on parle de la lutte contre un métal cancérigène et toxique, le cadmium.
Oui, ce métal lourd, effectivement, se retrouve dans le blé, le riz, les pommes de terre, certains légumes. On voit plusieurs unes du groupe Hebra, le groupe de presse de l'Est de la France à ce sujet ce matin. Un métal lourd qui affecte particulièrement les enfants, raconte le journal L'Alsace, même chose à la une du journal de l'Est républicain, cadmium, une bombe sanitaire à l'Assemblée car les députés doivent examiner cette semaine une proposition de loi visant à réduire progressivement le cadmium dans les engrais. Et puis le sommet Toos France se tient aujourd'hui à Versailles.
Emmanuel Macron qui rejoint et qui annonce aujourd'hui que de grands investissements étrangers vont se faire dans l'Hexagone, parmi eux des dizaines de milliards d'euros pour la construction de data centers dans les Hauts-de-France. 53 milliards et un montant record pour la région, dit ce matin La Voix du Nord. Dans le journal Les Pages Intérieures, on raconte comment Emmanuel Macron a convaincu le fondateur du groupe Softbank, deuxième fortune du Japon qui possède 11% du capital d'OpenAI d'investir en France. C'était en voyage officiel au Japon, raconte le journal.
On continue à parler d'économie et notamment de reprise d'entreprises. C'est un enjeu de taille pour le tissu économique car au total dans les 10 prochaines années, 500 000 dirigeants vont partir à la retraite et presque autant d'entreprises qui seront susceptibles d'être cédées en France. On va aller en Vendée car des réseaux existent pour faciliter l'arrivée de nouveaux dirigeants d'entreprises. Regardez ce reportage de nos partenaires de TV Vendée signé un reportage signé Jeanne Bell. Depuis 1953, l'entreprise résiste une production fabrique des lits en métal. Mais depuis quelques années, l'arrivée de nouveaux dirigeants a diversifié la marque.
Aujourd'hui, on a diversifié l'activité pour fabriquer du mobilier pour toute la maison, pour le particulier mais aussi beaucoup pour les professionnels et entre autres les hôtels. Le défi, ça a été de relever l'entreprise qui était en difficulté quand on est arrivé. Donc, retrouver une nouvelle stratégie, redévelopper la partie commerciale en changeant notre cible de clients. Angélique Giraud et Clément Bernagou ont repris les rênes à deux, guidées pendant quelques temps
par l'ancien dirigeant. Depuis, ils continuent de côtoyer régulièrement d'autres chefs d'entreprise.
C'est des moments d'échange qui sont vraiment très importants parce que souvent, on est confronté aux mêmes problématiques, aux mêmes conjonctures qui font qu'on a souvent intérêt à échanger ensemble pour échanger de bons procédés. et puis, quand c'est plus difficile, c'est toujours intéressant de pouvoir en parler, entre guillemets, partager aussi les difficultés et trouver ensemble des solutions. Donc, c'est des réunions qui sont toujours hyper riches. Pour créer des liens, les gérants de Résistube Production se sont tournés vers le réseau Entreprendre qui accompagne les créateurs et repreneurs d'entreprises. Lauréats de la promotion 2024, ils perçoivent une aide humaine et financière.
L'accompagnement chez nous, il est long, il est humain. Ils doivent apprendre à nous connaître et nous, on doit apprendre à les connaître pour mieux identifier leurs besoins, leurs talents, leurs expertises et ce qu'ils n'ont pas, aller les chercher parmi nos entrepreneurs qui sont des membres bénévoles impliqués. Parmi les lauréats du réseau Entreprendre en Vendée, il y a plus de repreneurs que de créateurs d'entreprises, une tendance qui devrait se confirmer dans les années à venir.
Voilà pour ce reportage de nos partenaires de TV Vendée. Quentin, on termine avec Presse Océan et ce titre des frites pour apprendre.
Oui, c'est ce qu'on a lu ce matin dans Presse Océan, un festival qui s'est tenu ce week-end à Nantes. Les enfants ont pu découvrir les principes du mutualisme en cuisant des frites. C'était l'incroyable idée de ce festival, faire comprendre le principe, par exemple, de la sécurité sociale. Chacun met la main à la pâte, travaille pour fabriquer les frites et ensuite, on mange en fonction de sa faim. Une façon de sensibiliser le grand public à l'énergie mutualiste, a dit l'inventeur du concept. Un message fort pour l'économie de demain, écrit Presse Océan ce matin.
Quentin, ça veut dire que si on mange plus de frites au sein de la rédaction, ça va créer une énergie et une cohésion. Il va falloir travailler plus pour pouvoir manger
plus de frites, ça c'est sûr.
Merci Quentin pour cette revue de la presse régionale qui donne la frite, je peux le dire, Allez, c'est l'heure de notre débat. On va parler de Gabriel Attal et de son lancement de campagne présidentielle. Il se veut le candidat de l'espoir face à ceux, je cite, qui promettent du sang et des larmes. Gabriel Attal a organisé samedi à Paris le premier meeting de la campagne présidentielle 2027 devant 5000 soutiens. L'ancien Premier ministre lance la bataille du Bloc central face à Édouard Philippe. Alors est-il le candidat de l'optimisme ? On va en parler avec nos éditorialistes. J'accueille sur ce plateau Lou Frittel, bonjour. Bonjour.
Vous êtes journaliste politique à Paris Match, j'accueille également Bérangère Bonte, bonjour. Vous êtes journaliste politique, auteur de plusieurs biographies, notamment celle de Gabriel Attal intitulée L'ange exterminateur, publiée aux éditions de l'Archipel. Et puis je cite également l'épisode numéro 12 de votre podcast Bérangère, votre podcast dans l'hémicycle avec un épisode consacré au backlash écologique quand le Parlement fait marche arrière sur l'écologie. Et puis on accueille également Pablo Piau-Vivien. Bonjour Pablo. Bonjour, bonjour. Vous êtes rédacteur en chef de la revue Regards. Premier meeting de cette campagne présidentielle, lancement de campagne de Gabriel Attal.
C'était samedi à Paris. On va l'écouter. Je vous fais cette confidence. Nous allons gagner cette élection présidentielle. Bérangère Bonte, vous qui connaissez bien Gabriel Attal, qu'est-ce que vous avez pensé de ce premier meeting ?
Qu'est-ce qu'il vous a inspiré ? C'est assez conforme à ce que j'ai vu moi depuis, enfin, en un an et demi d'enquête. C'est-à-dire qu'on a toujours un peu de mal à situer le bonhomme. Ça se confirme. Il y a des changements de bord. C'est quand même quelqu'un qui défendait la retraite à 64 ans, coûte que coûte, la non-abrogation, il y a encore quelques mois, qui aujourd'hui ne veut plus d'âge légal. On peut prendre beaucoup d'exemples comme ça avec beaucoup de changements. Là, on est encore, pour l'instant, dans la com, ce qui était le cas de sa déclaration de candidature, ce qui les a beaucoup agacés visiblement dans son équipe.
À tel point, d'ailleurs, qu'ils ont fait un brief la veille, vendredi, où ils ont dit on va faire du fond, du fond, du fond. Je n'ai pas vu énormément de fond, mais après tout, dans le timing, ce n'est peut-être pas encore le moment. Après tout, on est à 10 mois, c'est encore loin. Donc voilà, c'est beaucoup de com et c'est de l'incantation. Personne ne va dire qu'on veut être pessimiste, personne ne va dire qu'on ne veut pas avoir de force d'agir. Là aussi, peut-être que c'est le fait de toutes les campagnes, mais c'est quand même frappant que pour l'instant, c'est toujours ça qui prime chez lui et qu'on ne sait toujours pas ce qu'il va faire.
La force d'agir, c'est son slogan, Lou Frittel, il se veut le candidat de l'espoir, de l'optimisme, c'est de la communication ? C'est triste pour Gabriel Attal parce qu'en fait, tout ce qu'il fait passe pour de la communication. C'est vrai que moi, il me fait énormément penser à Laurent Wauquiez. D'ailleurs, depuis, c'est simple, il a eu son moment vraiment de gloire après les législatives de 2024 où il avait pu emporter, en tout cas réussir à limiter la casse.
Il avait obtenu l'adhésion des députés Renaissance et puis ensuite, souvenez-vous, la bataille sourde entre lui et Laurent Wauquiez pour faire finalement, faisant tomber Michel Barnier, beaucoup de gens ne lui ont pas pardonné et c'était aussi la pire période pour lui, c'est-à-dire qu'il avait pris la présidence du groupe à l'Assemblée, la présidence du parti, mais en fait, il a très mal vécu son départ du gouvernement, certains parlent même
de sorte de dépression, donc pendant six mois, ça a été dur pour lui, mais finalement, six mois qui lui ont aussi donné cette terre de tâtonner
et de ne pas vraiment avoir de colonne vertébrale idéologique et j'ai l'impression que c'est ce qui paye encore aujourd'hui. Pablo Piauvé vient, il y a cette phrase qu'on retient de ce meeting, je suis le candidat de l'espoir et de l'optimisme et je laisse à d'autres le sang et les larmes, je vous promets, de l'action et de l'espoir. C'est quoi ? C'est une pique à Édouard Philippe dont on attend un programme de réforme massive avec de la rigueur et c'est la bataille du centre qui est engagée ? Oui, je le pense. De toute façon, c'est là qu'aujourd'hui il est en train de se passer quelque chose pour Gabriel Attal.
Il se dit que s'il a un précaré, c'est celui-là, c'est le centre et pour l'instant, il y a deux candidats déclarés pour ce centre droit, c'est Édouard Philippe et Gabriel Attal. La question de savoir comment est-ce qu'ils vont se départager ? Est-ce que ça va être les sondages qui vont les départager ? Pour l'instant, Édouard Philippe est en tête dans ces sondages. Comment est-ce qu'il va réussir à rattraper ce retard-là ? Là, dans ce premier meeting, on n'a pas tellement vu les voies et moyens qu'il allait pouvoir mobiliser pour passer devant Édouard Philippe.
Mais il faut faire attention à quelque chose, c'est que nous, on regarde ce que fait Gabriel Attal depuis le début, on a un avis assez précis sur son bilan, à la fois dans les différents ministères qu'il a visités et son bilan en tant que Premier ministre et là, son bilan en entrée de campagne, enfin, les premières choses qu'il fait dans son entrée de campagne. Ce n'est pas certain que tous les Français voient les choses de la même manière. C'est-à-dire que pour beaucoup de Français, c'est avant tout un ancien Premier ministre, jeune, qui a l'air vaguement sympathique, qui fait des selfies.
Bon, s'il arrive à raconter quelque chose, s'il arrive à saisir quelque chose de ce que veulent les Français à un moment donné, peut-être que ça peut faire l'affaire. J'en ai de très, très grands doutes. Ce n'est vraiment pas, je ne pense pas. Pour moi, la phrase la plus importante, c'est quand il dit je ne veux pas être pris dans la tenaille des extrêmes. Je pense qu'il fait une erreur d'analyse de la société profonde à cet endroit-là.
C'est-à-dire que les gens, ils ont plutôt envie de renverser la table et c'est d'ailleurs pour ça qu'ils vont plutôt du côté de la France insoumise ou du Rassemblement national pour des raisons qui sont très divergentes mais parce qu'ils ont envie de renverser la table. Alors, ce que propose Gabriel Attal, c'est de dire à moins, je suis optimiste donc finalement, la vie, ça va, ne changeons pas grand-chose ou juste à la marge et continuons comme ça. Avec ça, je ne suis pas certain qu'on réussisse à emporter une majorité de Français ou même à créer une dynamique qui puisse le porter de manière triomphante jusqu'à la présidentielle.
Béron Gerbond, quand on écoute certains soutiens de Gabriel Attal, notamment Priska Thévenot, l'ancienne ministre, elle dit, bon, la présidentielle, c'est une incarnation, quelques idées puis un lien avec les Français. Est-ce que justement, cet atout de la communication au cas Gabriel Attal, ça peut suffire pour monter dans les sondages et avoir cette popularité avec les Français ?
Si on regarde les réseaux sociaux de Gabriel Attal, il est élu, quoi. Donc effectivement, ça s'appelle encore de la com', justement, de vendre ce lien qui existe sur le terrain, mais il faut l'avoir vu opérer. Même, il suffit de regarder ses réseaux sociaux pour voir que... C'est assez stupéfiant, quoi. Vous avez Gabriel Attal qui avance dans la tête, vous avez un téléphone qui arrive, il se rit, et puis le téléphone s'arrête et il poursuit sa route. À un moment, moi, j'ai du mal à croire que les gens... Alors, il y a ceux qui en ont ras-le-bol, de beaucoup de choses et qui se disent bah, le petit jeune, voilà, il est sympa.
Il y a ceux peut-être aussi, c'est vrai, je suis assez d'accord avec ce qui vient d'être dit, c'est qu'après tout, il va être tellement présent, il a prévu, enfin, il a promis une campagne permanente et je pense qu'il va labourer, labourer, labourer, labourer. Et donc, ça, ça agace pas mal de gens. Les gens ont dit la candidature sur la place du village avec la ligue aux saucisses, c'est un peu too much. Les drapeaux trop grands, bon. Mais n'empêche qu'il va être là tout le temps, tout le temps, tout le temps, tout le temps. C'est pas très réjouissant sur ce qu'on peut espérer d'une campagne présidentielle, mais ça peut aussi produire son effet.
Donc, voilà, mais c'est un peu tout pour le dire maintenant.
Alors, l'objectif de Gabriel Attal, c'est de rattraper Édouard Philippe, l'autre candidat du Bloc Central, dans les sondages, mais en tout cas, dans ce meeting, il se positionne officiellement dans un match face aux extrêmes. On l'écoute. Mes adversaires, ce sont les marchands de haine, les apôtres du déclin, les artisans de la nostalgie. Mes adversaires, c'est la France insoumise et le Rassemblement national qui veulent briller. Vous fritez-t-elle ? Est-ce que Gabriel Attal a intérêt à jouer ce match face aux extrêmes pour rassembler, renforcer le Bloc Central ? Je pense qu'il n'a pas beaucoup le choix, honnêtement, même si je suis complètement d'accord.
C'est-à-dire que c'est une ancienne qui date maintenant de... Alors, on parlait juste du FN à l'époque, mais depuis 2017, il y a aussi la France insoumise, mais donc c'est une ancienne depuis 2002 et depuis 2017 très, très, très profondément. Donc, il peut presque paraître asbine sur la situation. Je veux dire, oui, c'est un jeune de 34 ans ou 35 ans, mais qui finalement recycle la même chose que son prédécesseur, Emmanuel Macron, dont il ne se revendique même pas. Ce qui est peut-être un problème aussi parce que quand même, le Bloc Macroniste c'est 15% à peu près de l'électorat. C'est toujours pas mal de l'avoir dans un match où effectivement, il faut arriver au second tour.
C'est bien de commencer parce qu'effectivement, pour arriver au second tour, il ne faudra peut-être pas plus de 16 ou 17%. Donc, c'est déjà avoir une certaine manne électorale. Mais le problème aussi pour Gabriel Attal, c'est de réussir à refaire son match avec Jordan Bardella. D'ailleurs, on a l'impression qu'il lui court un peu après dans la façon qu'il s'est mis en scène avec... Il a mis en scène ses retrouvées avec Stéphane ces journées comme après que Jordan Bardella se soit fait prendre en photo en une de Paris match avec Maria Caruana de Bourbondet de Sicile. Donc, c'est une sorte de mimétisme qu'on avait déjà vu durant les européennes.
Honnêtement, copier, ce n'est pas ce qui permet de gagner une élection. Et pour revenir sur ce qu'on disait tout à l'heure, c'est-à-dire la partie communication et réseaux sociaux. Nous, en 2022, 2021-2022, quand on couvrait le bloc nationaliste, on avait quand même un phénomène qui s'appelait Éric Zemmour et qui était très, très, très présent sur les réseaux sociaux qui avait des meetings absolument délirants avec un véritable entrain et nous, on a pu même être un peu abusés. Il y avait des sondages très flatteurs. Pour Sarah Knafo, c'était à peu près pareil aussi à Paris. À la fin, ce n'est pas sur les réseaux sociaux que se fait une campagne.
Et d'ailleurs, on l'a vu dans les résultats et encore qu'Éric Zemmour, c'est sa première campagne présidentielle, il était assez novateur dans la thématique identitaire qu'il avait vraiment appuyée. Là, Gabriel Attal, comme on vient de le dire, il n'est pas très novateur. Donc, attention aussi à cette partie-là. Pablo, Gabriel Attal rejoue la stratégie de la tripartition de la vie politique sur laquelle s'est bâti le Macronisme, c'est-à-dire un bloc central, fort, et puis, en tout cas, il l'espère, et puis, à sa droite, le Rassemblement National, à sa gauche, les filles.
Oui, avec une grosse différence, c'est qu'Emmanuel Macron, en 2016-2017, lorsqu'il fait cette proposition de, genre, transcender la gauche et la droite, il fait une proposition. Alors, on en pense ce qu'on veut, on peut considérer que c'est bullshit total, etc., mais il fait une proposition de Startup Nation, de, genre, redonner l'envie, reprendre un peu à gauche, un peu à droite, etc. Là, Gabriel Attal ne fait pas de proposition pour l'instant. Et, alors, certes, il prend acte d'une partition de la vie politique et il dit, voilà, moi, je suis au milieu entre le RN et LFI. D'accord, mais, genre, le problème, c'est que ce n'est pas actif.
La proposition d'Emmanuel Macron en 2016 et en 2017, elle était active, elle était propulsive, elle donnait un horizon à la France et c'est d'ailleurs grâce à ça qu'il a réussi à mobiliser, à un moment, une majorité de Français sur son nom. Gabriel Attal, il ne dessine pas d'horizon pour la France. D'ailleurs, ce truc d'optimisme, c'est précisément le refus de dessiner un horizon. C'est-à-dire, regardez, déjà, ça ne va pas mal. Donc, genre, pas besoin de se projeter dans le futur puisque, genre, ce qu'on a aujourd'hui, c'est bien. Juste une chose, il y a deux jours, l'Institut, la Fondation Jean Jaurès a publié une étude qui est très intéressante.
C'est sous la plume, enfin, c'est Antoine Bristiel qui l'a, qu'il a concocté avec pas mal de données et il s'interroge sur, en gros, les presque 10 millions de voix de 2022 qui se sont portées sur Emmanuel Macron. C'est les 27% et quelques virgules, quelques chiffres après la virgule. Et, en gros, il montre que ces 27% de Français qui ont voté Emmanuel Macron en 2022, en gros, il y en a 35% qui aimeraient bien voter pour un héritage du macronisme, quel qu'il soit. La première personnalité qu'il considère comme étant la héritière du macronisme, c'est Édouard Philippe. En deuxième, c'est Gabriel Attal, mais c'est que 35%.
Le reste, c'est pour la gauche, pour l'extrême droite, enfin, la droite, voire l'extrême droite, où il y en a 15% qui ne veulent plus voter du tout parce qu'ils en ont marre, ils ont été trop désabusés. Donc, voilà comment ça se répartit. Et on se dit, si Gabriel Attal, son but, c'est juste les 35% des 27%, en fait, ça n'est pas grand-chose. Et ce n'est pas avec ça qu'on arrive à passer au second tour. Donc, il va falloir qu'il trouve un moyen, des idées forces, une proposition à faire aux Français qui arrive à exploser, en fait, justement, cette tripartition dans laquelle il semble vouloir s'enfermer. Alors, il en fait quand même des propositions dans ce début de campagne présidentielle.
Berger Bond, vous sembliez penser qu'il n'y avait que de la communication. Mais quand même, il a parlé de plusieurs propositions de son programme, notamment de la question de la réforme des retraites. Il veut mettre fin à l'âge légal de départ à la retraite dont on a beaucoup débattu, notamment dans la réforme borne de la retraite à 64 ans. Est-ce qu'il a raison de mettre cette question des retraites sur la table ?
Alors, ça fait quelques mois qu'il avance cette idée-là. On notera que Jordan Bardella, désormais, défend exactement la même chose. S'il matche un jour, il finit par y avoir
au mariage.
Il ne sera pas au mariage. On va être un peu plus prudents, mais pourquoi pas ? Donc, bon, voilà. Beaucoup d'économistes, quand même, vous diront, ont déjà dit ces dernières semaines qu'on replongerait avec ce système, avec ce qui est proposé, c'est-à-dire suppression d'un âge légal de départ et une part de capitalisation. On replongerait dans les problématiques déjà qui étaient pointées avec la réforme précédente, c'est-à-dire les carrières hachées et les femmes. Et de ce point de vue-là, pardon, mais moi, je note une énorme fake news dans le discours de samedi, c'est-à-dire, il explique qu'il va faire ça précisément pour les carrières hachées. Mais c'est exactement l'inverse.
Tous les économistes, moi, je ne suis pas économiste, mais pour avoir un peu creusé le sujet, on a quand même parfois comme ça avec des incantations chez Gabriel Attal, un souci de crédibilité, de crédibilité, de véracité qui est quand même un sujet. Vous parliez
de retraite par capitalisation. Effectivement, dans son programme, Gabriel Attal propose d'instaurer dans notre système des retraites une dose de retraite par capitalisation avec 1 000 euros qui seraient donnés par l'État à chaque Français dès la naissance et l'ouverture d'un fonds de capitalisation que chaque Français pourrait faire fructifier. On va écouter ce qu'en pense la patronne de la CFDT. Marie-Lise Léon qui était il y a quelques minutes sur ce plateau. La question, c'est qu'aujourd'hui, tous les salariés n'y ont pas accès.
Donc, il y a une profonde injustice vis-à-vis de ce dispositif d'épargne salariale et donc, la vision de la CFDT, c'est de dire qu'il faut pouvoir élargir et permettre d'accéder à tous les salariés, notamment dans les très petites entreprises, à ce système. Après, quand je dis que ce n'est pas la vaguette magique de la capitalisation qui va résoudre la question du financement du régime. Lou Frittel, supprimer l'âge de départ à la retraite et parler plutôt de retraite par capitalisation, est-ce que ça peut convaincre les Français et structurer le débat de la campagne présidentielle ? Alors, pour le coup, moi, je suis assez d'accord avec Bérangère.
Le problème, c'est que de supprimer l'âge de départ, en tout cas le premier, parce qu'il y a trois âges en réalité, mais le premier, c'est un sujet qui est déjà arrivé sur la table en 2022. Moi, je me souviens, j'en ai discuté avec des gens du RN déjà, la question de savoir si la retraite de 60 à 62 ans, ce n'était pas compliqué à faire comprendre aux gens, est-ce qu'il ne fallait pas rester justement sur les nombres d'annuités ? Donc, c'est un sujet qui existe déjà depuis longtemps et qui a été exploré. Et c'est vrai que c'est compliqué.
En fait, c'est effectivement beaucoup plus injuste si on se retrouve dans une situation où vous avez plusieurs enfants dans votre carrière, vous n'avez pas des boulots stables, vous commencez peut-être à travailler à 24, 25 ans. Donc, effectivement, c'est plutôt les plus faibles qui risquent de payer la note. En revanche, la dose de capitalisation, je vois que c'est un sujet qui vient de plus en plus sur la table, même que ce soit au Rassemblement national, donc Jordan Bardella, apparemment devant la presse, l'aurait évoqué, mais aussi par des tenants un peu plus populistes. Et puis, également, moi, j'entends de plus en plus auprès de gens du PS. Donc, il y a un sujet sur ce point.
C'est vrai que ça me fait penser aussi à la situation italienne des années 90 où avant, ils avaient à peu près notre système. Et en l'occurrence, il y a eu une dose de capitalisation qui a été rajoutée. Mais ils ont gardé les mesures d'âge. Et eux avaient le même problème que nous, c'est-à-dire une inversion de la pyramide des âges qui s'est accentuée depuis à peu près 30 ans d'avance sur nous, sur ce sujet-là. Et puis, on a entendu, Marie-Isle-Léon, on n'a pas l'air d'être totalement contre cette idée de la capitalisation. Donc, ça peut restructurer ce débat sur les retraites de la campagne présidentielle ? Oui, le relancer.
Je ne suis pas certain que ça soit forcément très bon pour Gabriel Attal que de vouloir relancer précisément un des marqueurs de l'opposition au macronisme. Et il se dit, tiens, je vais remettre 10 balles dans la machine et je vais rappeler que justement Emmanuel Macron... Pour son électorat, cet électorat, il est attaché à une réforme des retraites, à des finances publiques. 35% de 27%. Je reviens aux chiffres que je donnais tout à l'heure. C'est-à-dire que moi, je veux bien qu'il se concentre sur les 35% des 27% qui ont voté Emmanuel Macron et qui croient encore au macronisme. Mais le problème, c'est que ça réduit son périmètre de façon extrême.
Une chose sur cette retraite par capitalisation, il faut quand même avoir en tête que c'est une rupture avec une partie de l'histoire de la France. Je veux dire, nous, notre retraite aujourd'hui, elle est par répartition. C'est comme ça qu'on l'a construite au sortir de la Seconde Guerre mondiale, passer à une retraite par capitalisation, c'est-à-dire de façon individuelle. Moi, j'appelle ça du chacun pour soi. Avec Agir Carco, c'est déjà un peu ce que font... Je suis d'accord. Il y a eu déjà des doses de capitalisation. Il y a eu déjà des doses de capitalisation. Mais le déficit des retraites actuelles reste quand même un problème entier. Mais vous avez tout à fait raison.
Il faut trouver d'autres recettes pour abonder ce système dans le cadre des problèmes démographiques auxquels on fait face et aussi du ralentissement de notre économie éventuelle, etc. Vous avez toute une foultitude de choses qui font que la question des retraites doit être une question qui est traitée. C'est la question du temps libre, en fait, à partir d'un certain âge, à partir d'un certain nombre de temps travaillé. C'est comment est-ce qu'on se répartit le travail. Et ça, mais tout à l'heure, ici même, Marie-Élise Zéon disait on ne parle pas assez du travail, on ne parle pas assez des conditions de travail, on ne parle pas assez de... En fait, qu'est-ce que c'est la vie ?
Qu'est-ce que... Là, les candidats à la présidentielle et les candidates, ce qu'ils doivent nous proposer aux Français, ce à quoi on doit réfléchir collectivement, c'est comment est-ce qu'on organise notre vie ? Combien de temps on étudie ? Combien de temps on travaille ? Jusqu'à quand ? Qu'est-ce qu'on fait dans notre temps libre ? Comment est-ce que ce temps libre est financé ? Etc. Comment tout ça se répartit ? Les gens qui vont nous faire des petits rafistolages en disant « Ouais, capitalisation, on va... » Tout ça, les Français n'en veulent plus. On voit bien que le système tel qu'il existe aujourd'hui, il est à bout de souffle. Donc, on a besoin d'une proposition, mais c'est compliqué.
Et je ne suis pas sûr qu'en un an, des candidats qui partent d'une page blanche comme Gabriel Attal arrivent à faire quoi que ce soit. Mais, c'est ce sur quoi nous devons travailler. et sinon, on va aller tous dans le mur. Mais il y a des gens qui ont de l'avance. Je veux dire, à la fois le Rassemblement National et la France Insoumise, eux, ils ont déjà des projets qui sont beaucoup plus propulsifs que la page blanche du Gabriel Attal. Mais le Rassemblement National hésite un peu sur la question des retraites. Oui, vous avez raison, mais ils ont quand même un projet. C'est complexe. Ça ne veut pas dire qu'ils n'ont pas un projet.
La déclésion en proposition n'est pas facile en fait, mais il y a quand même un projet.
Après, il va y avoir aussi un sujet quand même de comment les uns, les autres font voter tout ça. Parce qu'en fait, on peut proposer tout ce qu'on veut. S'il n'y a pas de majorité à l'Assemblée. À l'arrivée, je n'ai pas de boule de cristal, mais on peut quand même penser qu'on ne va pas avoir une Assemblée, même en cas de dissolution, on ne va pas récupérer une Assemblée avec une majorité claire, sauf peut-être celle du RN d'ailleurs. Mais donc, il y a quand même un sujet. Alors les uns, les autres, de plus en plus, quasiment tous d'ailleurs, commencent de plus en plus à parler de référendum comme une solution. Mais pourquoi pas ?
Gabriel Attal notamment. Gabriel Attal notamment.
Mais Édouard Philippe en a parlé, Raphaël Glucksmann également. Bon, ok. Mais il y a un vrai sujet d'adoption de ces mesures.
Alors on a parlé de ce premier meeting de Gabriel Attal, de ses premiers éléments de programme notamment sur les retraites. Mais quand même, parlons de la nécessité pour Gabriel Attal de rassembler son camp. Car certains disent qu'il est plutôt isolé dans ce bloc central, dans ce parti Renaissance. Tiens, on va écouter Elisabeth Borne, de l'ancienne premier ministre qui a claqué la porte de la direction de Renaissance. Elle était ce matin sur RTL.
L'essentiel de l'énergie qui devrait être consacrée à montrer aux Français qu'on entend leurs préoccupations et à répondre à ces préoccupations, je crains qu'une partie soit plutôt consacrée à faire baisser l'autre ou passer devant.
L'offritel, c'est l'enjeu de Gabriel Attal. Il est de plus en plus isolé. Il va devoir rassembler son camp. Bon, alors, quand même, disons-le, Elisabeth Borne, c'est la meilleure ennemie de Gabriel Attal dans son camp et elle ne manque jamais une occasion de l'effleurer. D'ailleurs, elle s'entend extrêmement bien avec Édouard Philippe. Il faut bien se rendre compte que sur les circos, là où ils se retrouvent, là où ils sont élus, c'est la Seine-Maritime, c'est un creuset. En l'occurrence, Gabriel Attal, lui, ses troupes, elles sont à l'Assemblée nationale. Il y en a de moins en moins et même certains n'ont pas apprécié la façon dont il s'est un peu enfermé aussi dans une sorte de mutisme.
Il n'était pas très présent. Il était moins présent que d'autres avant lui. Ça lui a été reproché. Il y a eu aussi ce tâtonnement et par exemple, tout à l'heure, on parlait du problème de technicité sur les retraites mais c'est aussi le cas sur la justice des mineurs. Ici, c'était Francis Spiner qui avait sévèrement sonné la charge contre lui parce qu'effectivement, ça ne tenait pas vraiment la route. Ce n'était pas très bien d'emmancher. Gabriel Attal, comme Pablo disait tout à l'heure, il part de loin. C'est aussi pour ça qu'il n'y a pas beaucoup de paris qui sont faits sur lui. On a l'impression que c'est un peu un diviseur.
Et en même temps, honnêtement, je ne suis pas partisane des grands blocs avec un seul candidat. Je trouve que franchement, à la démocratie, il faut en avoir plusieurs. C'est ce qui donne envie aux gens d'aller voter. Si vous avez quelqu'un qui… Par exemple, Gabriel Attal, il prenait la gestation pour autrui. Édouard Philippe, pas du tout. Si vous avez Gabriel Attal en candidat unique de la droite et du centre, vous pensez vraiment que les gens qui soutiennent aujourd'hui Édouard Philippe vont vouloir voter pour la gestation pour autrui ? Non. En revanche, s'ils ont Édouard Philippe qui se présente à la présidentielle, ils y iront voter.
Pablo, Édouard Philippe est plus rassembleur qu'un Gabriel Attal dont certains disent qu'il mène son aventure vraiment de manière individuelle ? C'est-à-dire que Gabriel Attal, il est resserré sur vraiment le noyau dur du macronisme. C'est-à-dire qu'il s'est complètement éloigné de la gauche même s'il en vient. Mais c'était quand même maintenant, il y a très très longtemps et beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. Édouard Philippe, lui, comme ils ont gouverné, il vient de la droite, de la droite conservatrice traditionnelle, il est passé au macronisme sans vraiment y passer, même s'il a quand même été Premier ministre pendant quatre ans.
Mais il y a une espèce de proximité du macronisme et de la droite qui est beaucoup plus forte que celle du macronisme avec la gauche. Donc, naturellement, Édouard Philippe, il a un parapluie, enfin, il couvre un périmètre qui est plus large et plus surtout raccord avec ce qu'est le macronisme aujourd'hui qui s'est largement déporté sur le côté droit. Donc, de fait, si tant est que les électeurs, ils sont propriétaires de... Enfin, il n'y a pas de propriété aux électeurs. Ils bougent un peu comme... Et il n'y a pas de propriété non plus aux militants. Enfin, je veux dire, les militants, il faut quand même rappeler qu'aujourd'hui, nos partis politiques, qui n'existent plus vraiment.
Enfin, je veux dire, on parle de quelques dizaines de militants. Ce n'est pas parce qu'on remplit un meeting avec quelques milliers de personnes que ça veut dire que c'est super. Il y a des dizaines de milliers de gens ou des centaines de milliers de gens qui vont se mobiliser dans la France. Ce n'est pas le cas. C'était le cas il y a 50 ans. Maintenant, ça ne marche plus comme ça. Donc, aujourd'hui, Édouard Philippe, il a un endroit qui m'apparaît comme beaucoup plus stratégique politiquement que celui de Gabriel Attal. Bérangère, vous avez enquêté sur ces deux personnages politiques. Vous pensez qu'Édouard Philippe est plus rassembleur qu'un Gabriel Attal ?
Édouard Philippe est plus clair, plus identifié, plus identifiable. Gabriel Attal, ça m'amuse toujours quand on le présente venant de la gauche. Factuellement, OK, il a eu sa carte au PS, etc. Mais moi, quand je discute avec lui, on en a vraiment discuté longuement. Finalement, pourquoi, au moment de ses études à Sciences Po, il bascule vers le PS ? Eh bien, il me donne des arguments de droite. Je veux dire, c'est pas... Ça n'a jamais été un mélanchoniste. Moi, je n'appelle pas ça à gauche. Et tout son programme, et notamment économique, c'est un programme de droite.
Merci, merci à tous les trois d'avoir participé à cette émission. Une émission qu'on conclut en annonçant la mort qui a été rendue publique aujourd'hui, la mort d'André Santini, maire centriste d'ici les Moulineaux. Il avait 85 ans. Il était maire de cette ville des Hauts-de-Seine depuis 1980. C'était le maire le plus âgé d'Île-de-France encore en activité. André Santini qui a également été ministre sous Jacques Chirac, notamment. Voilà, c'est la fin de cette émission. Merci de l'avoir suivie. Et puis, on se retrouve demain pour suivre toute l'actualité politique et l'information dans vos régions. Très bonne journée sur Public Sénat.
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