L'intervention de François Bayrou après avoir rencontré des victimes de l'affaire Bétharram
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Priorité au direct qui en chasse un autre, on écoute ces associations de victimes de Bétara. ... et des surveillants laïcs. C'est aussi des élèves qui se sont livrés à des agressions sexuelles très graves, parfois en bande organisée. J'invite tous ceux qui n'ont pas encore saisi la justice à se manifester, car un nombre colossal de victimes reste encore tapis dans l'ombre. De même, les services de l'État, et notamment ceux de l'éducation nationale, ont parfois dysfonctionné, alors que des alertes évidentes avaient été déclenchées par les enfants victimes.
Le corps enseignant, témoin des violences quotidiennes, et à quelques exceptions près n'a pas réagi et a laissé faire ses comportements délictueux pendant plusieurs décennies. La Congrégation des Pères de Bétarame porte, par son inaction et par réflexe de protection, une responsabilité immense dans cette affaire. Certains de ces prêtres ont trahi la mission qui leur avait été confiée par nos parents de participer à notre développement personnel et à notre éducation. Non seulement ils ne nous ont rien appris, mais se sont livrés sur nos corps d'enfants innocents à toutes les dépravations et les bassesses de la nature humaine.
Je pense en ce moment à tous ces coups, à ces 21 gifles donnés à un élève de 15 ans, juste pour avoir sorti un livre non autorisé par un surveillant qui aujourd'hui est tranquillement adjoint au maire d'une petite commune béarnaise. À ces humiliations répétées du perron où nous attendions, terreur au ventre et né contre le mur, le tabassage en règle à venir. À ces camarades qui se retenaient d'aller aux toilettes et préférant uriner dans leur lit plutôt que de solliciter le surveillant pour s'y rendre. À ces mises à l'air dans le bureau du surveillant général qui jouissait de cette scène.
Et à toutes ces agressions sexuelles, et notamment celles du petit Anthony, neuf ans, violés par un prêtre. Ou celles de Jean-Charles, masturbés à 12 ans par deux prêtres directeurs. J'ai entendu pendant des centaines d'heures le récit de mes camarades qui ont survécu tant bien que mal à ces épreuves qu'il fallait tant durer. Monsieur le Premier ministre, entendez comment ça fait mal à chacun de nous de nous retrouver ici pour dénoncer l'OMERTA, le non-dit, l'hypocrisie d'un système qui nous a broyés. Entendez dans ces lieux la souffrance de tous ces enfants, ceux de Bétharam, mais aussi des 5 millions de Français qui ont connu les ténèbres et qui vous obligent à agir.
Entendez ces crises indélébiles qui resteront à jamais gravées au fond de nos tripes. La violence envers les enfants n'a pas de visage, mais elle doit être combattue partout dans tous les foyers de France. C'est notre responsabilité collective de se nourrir de ce scandale de Bétharam et de s'en servir comme d'une opportunité formidable pour changer notre façon d'agir auprès de toutes les victimes de violences. Je termine cette intervention pour remercier les victimes qui témoignent, sans filtre et si courageusement donnant un visage à ces souffrances et un mot aussi à toutes ces dizaines de journalistes que j'ai rencontrés pendant près de 15 mois. Merci encore à vous tous.
Merci beaucoup. Nous avons passé trois heures et demie ensemble et c'était bouleversant à la fois par l'émotion que chacun a manifestée, celle que j'ai ressentie moi-même et c'était purement et simplement l'expression de la vérité, de la vérité de vie dont toutes ont été atteintes et certaines sans doute ont été brisées par des actes de violences intolérables et hélas d'agressions sexuelles abominables. Et c'est le travail incroyable, la chance incroyable qu'un réseau sur Internet a pu faire naître. Je voudrais signaler, on a passé beaucoup de temps ensemble, je voudrais signaler qu'il ne se connaissait pas. À deux exceptions près, il ne s'était pas rencontré autrement que numériquement.
Et ce que ces expériences disaient était insupportable, d'autant que chez nous, j'étais parent d'élèves dans cet établissement et des milliers de familles avaient des enfants dans cet établissement comme s'il y avait deux univers, l'univers des externes et l'univers des internes. Et l'univers des internes était un univers dont on ne peut pas supporter l'idée. comme ça a été publié hier, vous le savez, quand j'ai appris en 1996, alors que j'étais ministre de l'Éducation nationale, la première plainte pour une claque, j'ai fait organiser une inspection générale de l'établissement dont je n'avais aucune trace. Je savais bien que je l'avais souhaité, mais je n'avais aucune trace.
Et cette inspection a donné lieu à un rapport que vous avez lu hier et qui était un rapport au bout du compte rassurant. Et c'est toujours pareil dans les affaires de violence de cet ordre. On peut vivre à côté et ici, il y a des milliers de familles, des milliers de familles dont les enfants ont été scolarisés à Vétara. Et puis, il y a tous ceux qui, depuis cette époque, se sont tus. C'était très frappant dans la délégation que plusieurs des membres de la délégation ont dit « je ne savais pas » eux-mêmes. Et l'un d'entre eux a expliqué qu'on pensait qu'on était tout seuls à subir ça. Alors, c'est pour moi une expérience bouleversante.
C'est une expérience à laquelle je veux apporter mon soutien et prendre des décisions qui vont dans le sens de ce soutien. Mais au-delà des décisions gouvernementales, je veux dire que c'est notre société toute entière qui ne peut pas accepter, c'est du moins comme ça que je le ressens, que ces violences demeurent ignorées, notamment sur un point, ou demeurent sans suite sur un point, c'est que beaucoup des victimes qui sont là savent ou découvrent que pour un certain nombre, les actes qui les ont frappés sont prescrits. Ils demeurent qu'ils demeurent victimes. ce n'est pas parce que pénalement les actes sont prescrits que humainement les conséquences sont effacées.
Je pense qu'il convient que nous nous interrogeons sur cette situation-là. C'était une des demandes qui a émergé de la rencontre et je pense qu'il convient de la prendre en compte. Ensuite, le collectif a dit mais on a besoin de moyens supplémentaires pour que les plaintes soient examinées et ces moyens supplémentaires, je vais demander au ministère de la Justice de détacher des magistrats pour qu'on puisse aller au bout du travail sur les plaintes.
Il y a 112 plaintes si ma mémoire est fidèle et 95 ont été déjà entendues par les gendarmes ou qu'ils se trouvent dans l'hexagone ou outre-mer ou à l'étranger et il faut aller jusqu'au bout de cela parce que les coupables ne peuvent pas rester à l'abri. Il y a eu ensuite un souhait de sensibilisation des enfants dans toutes les écoles de France et comme vous savez, c'est un programme qui a été lancé le 5 février dernier par le gouvernement et le ministère et le ministère de l'éducation nationale sur l'éveil à la vie affective, relationnelle et sexuelle.
ensuite des inspections aléatoires sur les internats qui sont pas la panacée comme on l'a vu mais qui sont qui méritent d'être organisées et puis il y a la question du fonds d'indemnisation pour les victimes d'abus physiques et sexuels. Le collectif a fait valoir quelque chose qui est très frappant qui est que ce fonds d'indemnisation, le CRR, le comité de reconnaissance et de réparation prend en compte les religieux mais ne prend pas en compte les laïcs.
Or il se trouve que les laïcs surveillant par exemple dans un établissement, ces laïcs-là évidemment portent des responsabilités dont ne peuvent pas s'exonérer les responsables et donc on va ensemble examiner les moyens d'élargir la responsabilité quand il y en a non seulement aux religieux mais aux laïcs qui dépendent de ces institutions. Et on peut tout à fait imaginer, envisager l'idée que ce soit sous l'autorité de l'État et non pas de l'Église qu'on puisse examiner ces responsabilités. Et puis on va rappeler qu'il est obligatoire de signaler immédiatement tous les soupçons d'abus sexuels ou de violences physiques sous peine de sanction.
très important, il faut que nous trouvions un mécanisme pour garantir l'accompagnement psychologique des victimes. Beaucoup de ceux qui étaient là ont signalé quel investissement ça représentait pour eux de suivre des psychothérapies adaptées à ce genre de situation. et enfin, il y avait la demande de créer un numéro vert. Ce numéro vert existe mais on ne le connaît pas ou on ne le connaît pas assez. C'est le numéro 119. C'est un numéro dans lequel on peut signaler ce type de violence-là. Et enfin, j'ai fait une proposition pour ceux que ça intéresserait du collectif.
je leur ai proposé après m'être assuré que la personnalité en question l'accepterait qu'ils puissent rencontrer Jean-Marc Sauvé qui a suivi comme vous le savez les violences dans le cadre de l'Église et qui a accepté à ma demande de les rencontrer pour tous ceux en tout cas que cela intéresserait. Mais on est devant un continent méconnu, inconnu ou trop longtemps inconnu et ce continent-là il faut que on aille jusqu'au bout de la découverte de la parole de l'élucidation de ce qui s'est passé réellement et à côté de quoi c'en est un témoignage nous pouvons vivre sans le savoir.
Je rappelle que j'avais demandé cette inspection en 1996 mais que j'ai quand j'ai quitté le ministère en 1997 il y a eu nombre de ministres de l'éducation et nombre de ministres de la justice d'opinions différentes et que cependant on est resté sous les radars. et si Alain Asker n'avait pas été là dans une intuition pour proposer à ceux qui se reconnaîtraient dans ces actes-là pour leur proposer de se réunir de se regrouper ça ne serait pas arrivé. Encore une fois ceux qui sont membres de ce collectif ne se connaissaient pas entre eux.
c'est la première fois ce matin qu'ils se rencontraient et cependant la ressemblance incroyable de ce qu'ils ont vécu est une attestation de la sincérité de la vérité de ce qu'ils disent pour moi c'était bouleversant et pour nous ça doit être une obligation un devoir. Donc on a répondu j'espère en tout cas c'était une rencontre pour moi d'une authenticité terriblement marquante.
Je le répète il y a des actes intolérables et il y a des actes abominables et ces actes-là il est de notre devoir de les reconnaître de chercher enfin pas de chercher de voir la justice les punir et de se trouver ensuite avec la question de l'accompagnement et des réparations qui est une question pendante pour nous tous. Merci beaucoup. Vous nous redisez qu'à l'époque vous ne saviez pas donc. Eux ne savaient pas. Mais vous vous allez voir un juge pourtant à titre privé qui vous donne des informations sur ce thème ? Pas du tout.
Lorsque je rencontre le juge en question la personne poursuivie a été libérée et la justice par une décision de justice l'a libérée et puis il s'est suicidé et l'affaire a été de ce fait éteinte mais je suis sûr que beaucoup d'autres sont restés ignorés y compris de moi. Au vu des témoignages que vous avez rendus est-ce que vous avez des regrets des remords sur cette période ? J'ai fait tout ce que je devais faire quand j'étais ministre et j'ai fait tout ce que je pensais devoir faire quand je ne l'étais plus. Encore une fois c'est des affaires qui ont 30 ans 25 ans et depuis vous n'en avez pas entendu parler et moi non plus. et c'est une des choses qui sont inacceptables.
Vous n'avez pas demandé le résultat de votre inspection que vous aviez demandé vous-même M. le Premier ministre ? Le résultat a été publié hier et vous l'avez lu il est absolument comment je peux dire dans le sens de cette institution positive pour cette institution pour son climat pour son ambiance pour le travail qui est conduit.
La politique était très seule depuis un an alors que ça a émergé il y a un an déjà ça c'est pas normal comment vous expliquez qu'aucun politique n'est reçu ou que ce soit intéressé à cette émission ?
Ben je politique je ne sais pas si je le suis mais je suis sûr que je m'y suis intéressé on vient de passer trois heures et demie ensemble. Est-ce que c'est pas un peu tard pour faire cette réunion aujourd'hui ? Oui il y a 30 ans trop tard Est-ce que vous êtes prêt à le faire ?
Mais à coup le pas ça veut dire c'est ma faute et je vous assure que ce n'est pas de ma faute Monsieur le Premier ministre on savait vous saviez tout le monde savait ici que Bétaram était une institution dure même il y a 30 ans Je pense qu'il faut faire la différence entre l'internat et l'établissement local les externes les demi-pensionnaires c'était les familles du pays il y en a des milliers et qui ne savaient pas ça les garçons qui sont là ont dit on n'a jamais osé le dire à nos parents vous comprenez ça humainement ils n'ont pas dit non plus à vous alors est-ce qu'on aurait dû s'en apercevoir avant à coup sûr bien sûr évidemment quand il y a des violences intra-conjugales les voisins disent on aurait dû le savoir avant et puis c'est pas comme ça que ça se passe et c'est une c'est une raison de plus de construire une prévention sur ce sujet et c'est ce que nous allons faire c'est ce qu'ont demandé les victimes le collectif des victimes et c'est ce que nous allons faire est-ce que vous craignez que ça vous fragilise politiquement monsieur le premier ministre je ne suis en aucune manière dans des considérations politiques ni politiciennes écoutez j'ai tout à fait l'intention de donner la parole aux victimes sur ce sujet ils se sont exprimés avec assez de force pour ma part ayant été voisin de cette institution je n'ai que le sentiment d'être bouleversé
qu'est-ce que vous voulez dire
promettre que je n'étais pas au courant vous voulez que je vous le jure croix de broc croix de fer je n'étais pas au courant et ils ont dit eux-mêmes qu'eux n'étaient pas au courant je ne sais pas ce que promettre veut dire dans votre dans votre idée il suffit que je n'ai pas dit que c'était une polémique montée toute pièce j'ai dit que je ne savais pas je savais pour cette plainte qui avait été posée sur une claque j'ai demandé une inspection cette inspection a été conduite jusqu'à son terme et pour le reste des sévices sexuels je n'avais jamais entendu parler et mes enfants étaient élèves dans l'institution et votre femme ?
ma femme je n'avais entendu parler non plus vous imaginez pas que nous aurions mis nos enfants dans une école dans laquelle il y avait ce genre de soupçon enfin je ne sais pas il n'y a pas un parent que je connaisse qui aurait pu se trouver exposé à ce risque en tout cas il faut que nous nous posions cette question juridiquement quel est le statut des victimes dont on sait qu'ils ont été victimes mais dont les actes sont prescrits comment peut-on les reconnaître et comment peut-on les aider la question s'est posée à l'Assemblée Nationale elle a été banillée par l'un qui explique ces parlementaires là s'expliqueront il y aura des débats à l'Assemblée Nationale moi je ne fais pas de politique dans cette affaire c'est c'est suffisamment bouleversant de se dire que ses propres enfants ont été sans rien savoir sans rien voir dans une institution où il y avait des actes de cette gravité là je ne sais pas si vous voyez ce que ça veut dire pour un père de famille pas pour un politique c'est pas de l'ordre de la politique c'est de l'ordre de la responsabilité que non seulement ma famille mais des milliers de familles des milliers de familles le Tarane tout le monde connaît ici vivent en ce moment en découvrant ce qu'ils ne savaient pas que je ne savais pas et peut-être aurait-il pu en être autrement mais qu'ils ne savaient pas que leurs parents ne savaient pas et qu'ils n'ont pas osé leur dire et donc ce qui est abominable et ce qui est intolérable ne peut pas être accepté le juge Mirand alors c'est il y a 30 ans donc est-ce que les dates le juge Mirand est mon voisin donc nous nous sommes croisés sur le chemin mais je répète cette personne avait été libérée par la justice est-ce que est-ce que lui-même avait pu faire valoir son point de vue auprès de de ses collègues magistrats qui l'ont libérée je ne sais pas le juge Mirand dit qu'il vous a alerté en 1998 qu'il vous a dit c'est-à-dire qu'il était libéré je vous répète 98 cette personne je ne me trompe pas dans les dates avait été libérée par la justice concernant le père Karina vous avez été informé de ses faits bien qu'il ait été libéré est-ce qu'il n'était pas un moment politiquement de s'appuyer à quelque chose même si vous étiez plus ministre de l'éducation nationale à ce moment je ne connaissais pas non je ne connaissais pas votre femme est allure ma femme oui mais heureusement je ne connais pas tous ceux que ma femme connaît ma femme ne connaît pas tous ceux que je connais non je ne connaissais pas cette personne c'était le directeur de l'établissement dans lequel votre enfant était scolarisé et bien je ne le connaissais pas monsieur Esquière nous a dit juste avant le début de la réunion qu'ici tout le monde savait non tout le monde savait hier sur radio France sur France Bleu sur ici ça s'appelle maintenant il y avait maître Sagar Doito on ne savait pas tout le monde maître Sagar Doito était l'avocat du garçon qui a porté plainte et il a dit quelques jours on lui a dit est-ce que vous êtes au courant et il a répondu ceci que j'ai trouvé éclairant il a dit écoutez vous venez d'annoncer sur la radio qu'à Grenoble il y avait eu un attentat à la Grenade est-ce que je suis au courant oui est-ce que je sais quelque chose non et il a dit parlant de moi monsieur Bayrou c'était ça il était au courant par les articles de journaux notamment en 96 puisque j'ai demandé une inspection j'ai demandé personne d'autre demander une inspection mais je ne savais pas ce qui s'était passé et quand l'inspection dit il ne se passe rien qu'est-ce que vous qu'est-ce qu'on peut faire et donc je ne ressens aucune indulgence d'aucune sorte à l'égard de ceux qui se sont comportés de cette manière et je pense que nous devons construire mieux encore une politique de prévention contre tout ça mais il se trouve que je ne savais pas comme aucun de ceux qui sont là et qui étaient victimes ne savaient pour les autres c'est ce qu'ils ont exprimé est-ce que depuis vous en avez parlé avec vos enfants par exemple j'en ai parlé avec mes enfants et mes enfants me disent qu'ils ne savaient pas une de mes filles m'a parlé de de de gifles et de de ce genre de choses ça oui mais des violences sexuelles jamais vous vous rendez compte peut-être vous savez ce que mes enfants représentent pour moi c'est aussi ce que la religion représente pour vous non la religion est pour moi totalement extérieure à tout ça en aucune manière et je l'ai dit nous en avons parlé ensemble c'est pas parce qu'on croit qu'on a la foi en quelque chose et chacun a sa propre forme de foi c'est pas parce qu'on croit en quelque chose qu'on peut mélanger avec des actes qui sont des actes répréhensibles pénalement moralement et je vous ai dit intolérable pour certains abominable pour d'autres peut-être si vous connaissez ma vie un peu vous savez que j'ai toujours considéré jusque dans des combats acharnés que quiconque touche à un enfant ne méritait aucune forme d'excuse quiconque touche à un enfant pour moi ne mérite aucune forme d'excuse
moi je le crois
je dis tout le monde savait qu'il y avait une éducation avec des coûts et monsieur Bayrou vient de le dire pour sa fille qui lui avait qui lui en a parlé après c'était effectivement l'omerta autour de ce type d'établissement oui tout le monde savait que à Beth Aram il y avait de la discipline et que c'était très dur à vivre et pourtant malgré cette réputation les parents mettaient leurs enfants c'est en fait très bizarre comme c'est ça en fait qu'on dénonce et qui est aujourd'hui accepté par le premier ministre c'est qu'en fait on sait sans savoir alors c'est un concept un peu bizarre mais c'est très c'est très surprenant en fait comme comme analyse oui on sait qu'il y a de la mais on gratte pas peut-être parce qu'on veut pas savoir la preuve il y a une inspection et puis
vous pensez que monsieur Bayrou ne voulait pas savoir
mais pourquoi il ne voudrait pas savoir ce qui est le meilleur pour ses enfants comme tous les parents voilà est-ce que les politiques ont une responsabilité selon vous les élus à l'époque ?
dans ce contexte là effectivement c'est compliqué vous savez quand je vais voir le directeur de Betaram j'actionne mon petit réseau je saisis le maire de Coiraz et le maire de Montau pour appeler le préfet le préfet me répond je peux pas faire suspendre un surveillant comme ça il faut voir avec le procureur en fait c'est un peu c'est là où il y a une faiblesse dans notre système c'est-à-dire en fait personne se mouille c'est bizarre et François Bayrou aujourd'hui il le dit s'il n'y avait pas cet homme ordinaire qui est Alain Esquer et bien le scandale de Betaram il n'aurait pas éclaté et toutes les victimes elles resteraient avec leur poids aujourd'hui elles ont la possibilité de s'exprimer à travers le collectif en déposant des plaintes évidemment dans les gendarmeries c'est une énorme victoire c'est un jour historique et c'est un jour historique également pour toutes les victimes en France
Aujourd'hui on a crevé l'abcès question pour tous les deux cette rencontre permet de faire la lumière avancer En tout cas pour moi c'est une c'est le surgissement d'un continent que j'ignorais je suis né dans cette région j'y vis j'ai pas été élève à Betaram contrairement à ce qui a été écrit je ne sais où moi j'ai été élève dans l'enseignement public à 4 km de Betaram j'ai été parent de t'élèves et ce que j'ai entendu avec le saut de l'authenticité la plus grande ce que j'ai entendu c'est un continent que j'ignorais Abcès est crevé M. Asker aujourd'hui c'est une page qui se tourne
En tout cas je le dis c'est un jour historique vous savez j'ai 53 ans ça fait 40 ans que j'attendais ce moment 40 ans non c'est une immense victoire
et pour moi c'est une immense gratitude à leur égard parce que c'est incroyablement émouvant d'imaginer que partie du seul du seul Alain Asker un réseau internet s'est créé alors si je n'avais pas existé ils ont dit ça en riant et ils ont raison si je n'avais pas existé tout ça serait demeuré ignoré alors d'une certaine manière on a servi à quelque chose mais pour moi ce qu'il faut examiner c'est comment on peut prendre en charge les victimes même quand il n'y a pas de condamnation pénale et c'est la raison pour laquelle on va ensemble avec les associations nationales réfléchir à cette question tout à l'heure je n'ai pas dit qu'il y avait quelqu'un qui avait beaucoup réfléchi à ces questions c'est Jean-Marc Sauvé et que Jean-Marc Sauvé que j'admire beaucoup et que j'ai appelé m'a fait l'amitié de dire qu'il allait s'entretenir avec le collectif pour partager avec lui ses questions et ses interrogations et aussi avoir la certitude qu'ils seront écoutés Jean-Marc Sauvé il dit la première chose c'est de les écouter et il a raison et encore une fois c'était un continent inconnu dont le surgissement doit être utile si on peut utile à eux plusieurs d'entre eux ont exprimé ce que c'était pour eux d'être entrés dans ce chemin de reconnaissance hein semé d'embûche voilà semé d'embûche pour tout le monde pardon je n'entends pas ici le son et bien avec le procureur général il y a deux choses il y a le parquet de peau qui doit être renforcé selon les études même du ministère de l'intérieur et il y a un commande au volant pour aider à pour aider à ce que le dossier soit décrypté jusqu'au bout quand vous dites que lors de votre rencontre avec le juge l'Iran le père quelqu'un et de la liberté vous ne saviez pas qu'il avait été mis en examen je ne sais pas il avait été mis en liberté c'est la seule chose dont je me souviens c'est il y a 30 ans je ne me souviens pas non le juge m'avait parlé je crois de cette plainte oui c'est tout à fait juste en 1987 encore une fois je ne rencontrais pas le juge le juge est mon voisin en 1987 avec Philippe Douste-Blasi vous faites un déplacement à Bétarame alors qu'un élève a été gravement blessé par un surveillant qui reçoit une claque l'élève reçoit une claque de la part du surveillant vous défendez à ce moment là dans une crise de parole rapportée par Sud-Ouest l'alerte non je n'ai rien la réputation de l'établissement les Béarnais se sont sentis injustement attaqués je dis que les familles se sont sentis attaqués et qu'elles ont ressenti de l'injustice et ma citation précise est que ce que devait demander le ministre en 1996 il l'a demandé je n'avais pas cette archive je n'avais pas de trace de cette inspection et elle a été publiée hier c'est hier je crois elle a été publiée hier vous pouvez la lire pour savoir ce que je savais cette inspection elle dit que l'ambiance le travail la qualité de travail les relations avec les élèves et les relations entre enseignants étaient excellentes je n'en je n'en savais rien et je pensais en effet que c'était vrai puisque mes enfants étaient élèves qui expliquent vous avoir de vive voix non je ne connais pas cette dame je ne l'ai jamais rencontrée ah elle s'est trompée de personne je crois qu'elle dit qu'elle en a parlé à ma femme non à vous de vive voix non enfin je n'en ai pas le souvenir en tout cas je ne connais pas cette dame je sais à peu près qui je connais je ne connais pas cette dame j'ajoute que le rapport de l'inspection ne va pas dans ce sens précis monsieur le premier ministre aujourd'hui les yeux dans les yeux vous nous dites que vous êtes soulagé un je suis bouleversé et deux je suis acquis à l'authenticité de ce que j'ai entendu et que je les soutiens et que je n'ai pas l'intention de les soutenir seulement aujourd'hui j'ai l'intention que leur drame de vie car ce sont des drames de vie servent à tout le monde pour l'avenir et pour ceux très nombreux qui sont victimes de ce genre de de sévices vous vous êtes dit à un moment ça aurait pu être mes enfants non parce que je crois que si ça avait été mes enfants il l'aurait dit je crois que je n'aurais pas pu ignorer ça pour mes enfants mais oui c'est tout à fait possible que les enfants se taisent à l'égard de leurs parents beaucoup d'entre ceux qui sont ici ont témoigné ça vous regrettez vous regrettez excusez-moi on ne peut pas vivre de regrets je regrette infiniment que de tels actes aient pu être commis dans un pays ou dans une région qui est aussi humaniste que la nôtre on n'est pas ici dans un univers de violence on n'est pas dans un univers de d'écrasement on est dans un univers de respect et oui si la question est-ce que vous auriez pu imaginer ça non je n'aurais pas pu l'imaginer monsieur Esquerre c'est vous je crois qu'il a évoqué le fait qu'il y a un élu bernet parmi les auteurs prisonniers c'est ça c'est quelqu'un qui serait toujours en fonction aujourd'hui oui
le procureur communiquera de toute façon et mettra en examen je pense prochainement tous les agresseurs de de Betaram
pour l'instant juridiquement c'est une enquête préliminaire vous avez le bon espoir pour que l'enquête avance ça arrive vraiment sur le terrain judiciaire avec
écoutez j'ai quand même un peu l'impression d'y travailler depuis maintenant 15 mois et de faire ça tous les soirs le week-end pour faire avancer et pour donner suffisément d'éléments au procureur de la république de Pau
je ne le connais pas je ne le connais pas et je n'ai pas l'intention de le connaître voilà mais les témoignages sont très lourds et concordants à la lumière de ce que vous avez entendu de la souffrance qui avait été partagée aujourd'hui est-ce que à tête reposée vous avez le sentiment d'avoir eu les mots justes dans vos expressions à l'Assemblée nationale cette semaine j'ai eu les mots de la vérité qui sont je j'avais entendu l'écho de la plainte pour une gifle je n'avais jamais de ma vie entendu quand j'étais ministre de l'éducation nationale parler de sévices sexuels parce que j'aurais été doublement irresponsable j'aurais été irresponsable comme ministre et j'aurais été irresponsable comme père de famille et j'essaie de ne pas être irresponsable donc de ce point de vue là si vous croyez que vous vous avez toujours les bons mots non quand on quand on est éclairé par la suite des événements oui on se dit qu'on aurait pu sans doute avoir d'autres mots mais je n'ai dit que la vérité stricte c'est à dire et encore je n'avais aucune trace du rapport de l'inspection générale aucune trace je savais que j'avais déclaré au journal c'est vous qui l'avez rappelé que ce qui devait être fait avait été fait donc je me disais qu'il y avait un rapport mais je ne l'avais pas pourquoi a-t-il mis autant de temps à sortir je ne sais pas parce que j'imagine que ce rapport était dans l'éducation nationale alors pourquoi est-il pas sorti je n'en sais rien mais je sais avec certitude que j'ai fait ce qu'il fallait faire mais simplement on ne connaissait pas le continent inconnu je ne suis pas ministre de l'éducation nationale quand cette affaire de deuxième plainte arrive je suis ministre de l'éducation nationale jusqu'en mai je crois 97 et la plainte arrive décembre 97 et 1998 la mise en liberté intervient en 98 au printemps 98 non je ne suis plus ministre de l'éducation nationale mais pourquoi pourquoi pourquoi les ministres de l'éducation nationale de l'époque n'en ont pas été saisis c'est à l'intérieur de l'institution et pourquoi est-ce que les ministres de la justice n'en ont pas été saisis je répète je vous ai dit les choses j'ai quitté le ministère de l'éducation nationale en mai 97 c'est à dire 6 mois ou un an avant les événements que nous évoquons vous êtes encore député
à cette époque là et président
je n'en ai pas été saisis comme député c'était la justice qui était saisie et la justice a pris une décision voilà et puis je ne vais pas défendre la justice de l'époque je n'ai aucun élément pour le faire aujourd'hui comment vous allez travailler concrètement est-ce que vous envisagez un comité interministériel comment vous allez mettre les choses sur la table pour avancer c'est exactement ce que nous avons dit nous allons mettre en place non pas un énième plan parce qu'il y en a plein de plans non pas un énième grenelle parce qu'il y a plein de grenelles je veux traiter la question du statut des victimes qui n'ont pas pu être qui n'ont pas pu bénéficier d'un jugement parce que les faits étaient prescrits et dont soit reconnu le tort terrible qu'elles ont subi qu'est-ce qu'on fait je n'ai pas de réponse à l'heure qu'il est mais on va chercher cette réponse là rapidement bah oui aussi vite que possible merci beaucoup merci à l'heure j'ai une dernière question
Merci.
François Bayrou